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De la politique du Big Stick à celle du Good Neighbor

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Nous allons parler de la montée des États-Unis en tant que puissance impériale jusqu’à la politique de Big Stick et de Good Neighbor.

Rappel[edit | edit source]

Carte des acquisitions territoriales des États-Unis d’Amérique.

Il y a une poussée vers l’Ouest et vers le Sud avec la guerre contre le Mexique et toute cette expansion pendant la première moitié du XIXème siècle s’est faite par la guerre, l’achat de territoires et la colonisation.

Cette poussée et cette expansion a été faite au nom de deux doctrines majeures à savoir la Doctrine Monroe et la Doctrine de la Manifest Destiny qui a dominé toute l’histoire des États-Unis la suite de ce milieu du XIXème siècle.

Vers 1850, la carte des États-Unis d’aujourd’hui est presque complète, la frontière de l’Ouest a été conquise et puis à la suite de l’accord avec l’Angleterre de 1812 l’expansion vers le nord c’est-à-dire le Canada n’est plus possible.

Après la prise du nord du Mexique, ce sont des territoires pris parce qu’ils sont relativement peu peuplés, mais après cela se pose chaque fois le problème de l’équilibre entre États esclavagistes et abolitionnistes compromettant toute expansion vers le Sud.

Les tentatives privées d’annexion[edit | edit source]

William Walker.

Il y a quand même des tentatives d’annexions privées dans ces territoires considérés comme des zones naturelles des États-Unis, dont les Caraïbes et l’Amérique centrale.

De 1849 à 1851, des groupes d’aventuriers débarquent à Cuba dans le but d’annexer Cuba aux États-Unis. William Walker a occupé le Nicaragua entre 1855 et 1857 rétablissant l’esclavage afin d’attirer de planteurs du sud des États-Unis, c’est justement parce que ces tentatives privées risquaient de faire basculer l’équilibre en faveur de l’esclavagisme qu’elles rencontrent l’opposition de Washington et qu’elles échouent.

L’expansion des États-Unis continue d’être suspendue pendant la guerre civile entre 1861 et 1865, mais elle reprend juste après que l’esclavage ait été aboli.

L’expansion par l’acquisition de territoires comptoirs[edit | edit source]

1898 political cartoon: "Ten Thousand Miles From Tip to Tip" meaning the extension of U.S. domination (symbolized by a bald eagle) from Puerto Rico to the Philippines. The cartoon contrasts this with a map of the smaller United States 100 years earlier in 1798.

Dès 1867, les États-Unis achètent l’Alaska à la Russie pour un peu plus de 7 millions de dollars, au même moment ils prennent possession des iles Midway dans le pacifique et en 1878 ils acquièrent une station de charbon dans les iles Samoa.

Avec l’achat de l’Alaska et l’acquisition de ces iles, on entre dans le sud du pacifique, dans un différent type d’expansion territorial ; il s’agit désormais d’acquérir des territoires comptoirs pour faciliter la pénétration par les entrepreneurs des États-Unis de nouveaux marchés qui se situent en dehors des frontières du pays au moment où il y a une très forte reprise des impérialismes européens, russes et japonais.

Au fond, pour les États-Unis, en 1890, il s’agit bien d’étendre les marchés commerciaux puisqu’ils sont devenus une grande puissance industrielle et agricole avec 76 millions d’habitants regardant désormais vers les mers et aussi la frontière sud des États-Unis donc le Mexique.

Au Mexique, sous Diaz, il y avait 15 000 Américains installés au nord du Mexique, mais il n’y est plus question de coloniser ; ce qu’ils font est qu’ils contrôlent les mines, l’industrie récente et une partie des haciendas.

Ce n’est plus une question de repousser la frontière comme fait pendant la conquête de l’Ouest en élimant les Amérindiens afin de faciliter la colonisation ; on comprend que c’est parce que le Mexique, mais au-delà du Mexique, l’Amérique centrale sont des territoires densément peuplés et peuplés par des races inférieures et que même la minorité blanche de ces régions est sujette à caution pour les Américains qui prônent la « one drop of blood rule »[1][2][3][4][5][6][7][8][9][10][11].

Nouvelle conception de la Manifest Destiny[edit | edit source]

Alfred Mahan en 1904.

Selon la théorie dominante, absorber ces territoires ferait régresser les États-Unis ; avant on pouvait massacrer sans problème les Indiens de l’Ouest, mais maintenant ce n’est plus envisageable. Dès lors, on n’envisage plus l’annexion de ces territoires, mais l’exploitation de leurs ressources en matière première et en force de travail bon marché.

Plusieurs politiciens, théologiens et stratèges fusionnent les doctrines Monroe et de la Manifest Destiny avec le darwinisme social clamant qu’en étant de supériorité morale et raciale, la destinée divine des Américains est d’étendre leur domination et civilisation sur tout l’hémisphère.

Plus concrètement vers 1890 des hommes d’affaires, des entrepreneurs des États-Unis s’installent non seulement en Amérique latine, mais aussi à Hawaï. Ce qu’il faut savoir est que ces entrepreneurs, soi-disant choisis par le darwinisme social, n’agissent pas seul. Ils sont généreusement épaulés par le gouvernement fédéral étasunien et par des finances publiques.

Sous Alfred Maham les États-Unis se dotent d’une marine de guerre moderne capable non seulement de protéger les côtes des États-Unis, mais aussi de concurrencer la marine royale britannique qui jusque-là avait la domination des mers.

Le but est de protéger le nouvel empire commercial des États-Unis et d’appuyer la politique d’outre-mer de Washington.

Le premier test de cette marine sera dans le pacifique à Hawaï qui était déjà à l’époque un lieu où beaucoup de planteurs étatsuniens y cultivaient le sucre avec un nombre important d’esclaves et des travailleurs en provenance d’Asie.

Afin de pouvoir continuer à dominer ce territoire, en 1893 ces planteurs organisent un coup d’État appuyé par la marine des États-Unis renversant le gouvernement royal de la reine ; en 1898 les États-Unis annexent cette ile stratégique ou ils construiront plus tard la base navale de Pearl Harbour.

L’impérialisme déclaré sous le Président William McKinley : 1898, Guerre contre l’Espagne[edit | edit source]

Affiche électorale de 1900 montrant McKinley debout sur l’étalon-or soutenu par des soldats, des marins, des hommes d’affaires et des ouvriers.

1898 est aussi et surtout l’année où les États-Unis sous le président américain William McKinley entrent en guerre contre l’Espagne pour le contrôle de Cuba.

Cuba a déjà à cette époque beaucoup de planteurs étatsuniens ou ils ont des plantations de canne à sucre.

Dans cette guerre contre l’Espagne Cuba sera la première visée, mais aussi Puerto Rico, Guam et les Philippines.

Au début des années 1829, l’Espagne perd toutes ses colonies américaines orientales sauf Cuba et Puerto Rico parce qu’il y a eu la révolution haïtienne et que les élites créoles blanches ont trop peur qu’une guerre d’indépendance dans leurs iles ne déclenche une révolte massive de leurs propres esclaves ; à Cuba surtout l’élite profite depuis le début du XIXème siècle de la chute de Saint-Domingue étant devenue la première terre de production de sucre du continent la nouvelle perle des Antilles grâce à 1,5 million d’esclaves africains importés entre 1800 et 1850 ; cette élite créole ne veut pas non plus risquer sa fortune dans une guerre d’indépendance.

Après l’abolition de l’esclavage aux États-Unis en 1865 les planteurs cubains lancent une première guerre d’indépendance en 1868 dans laquelle ils sont appuyés par de nombreux Afro-Cubains notamment par le général Antonio Maceo. Cette guerre va s’éterniser pendant 10 ans sans arriver à l’indépendance, l’Espagne abolie l’esclavage à Cuba en 1886, mais il faut attendre 1895 pour que des Cubains lancent une nouvelle guerre d’indépendance sous le leadership intellectuel de Jose Martin et le leadership militaire de Maceo.

Malgré des victoires ces deux leaders meurent rapidement, 1896 la situation semble dans l’impasse ; à ce moment, les États-Unis traversent une crise économique et les milieux économiques cherchent de nouveaux marchés à l’extérieur et Cuba semble enfin être mûre afin d’être saisie, mais pour cela il faut saisir l’opinion publique des États-Unis.

Washington envoie un navire de guerre qui s’appelle le Maine et qui va exploser tuant 260 marins et officiers ; même si la responsabilité de l’Espagne n’a jamais été avérée c’est le prétexte que les États-Unis vont utiliser pour déclencher la guerre.

L’Espagne est très vite vaincue et cède presque la totalité de ce qui reste de son empire : Cuba, Porto Rico, Guam et les Philippines pour 20 millions de dollars. Aucune des iles n’aura son mot à dire dans ce traité signant le début de l’impérialisme étatsunien à proprement dit ou en termes moins brutaux « la mission civilisatrice de l’homme blanc ».

Le racisme derrière l’entreprise des États-Unis est ouvert. Les États-Unis transforment Porto Rico en protectorat, Cuba est occupé militairement jusqu’en 1902, mais les États-Unis forcent le congrès cubain à approuver l’amendement Platt qui limite la souveraineté cubaine et qui autorise les États-Unis à intervenir militairement afin de défendre la vie, la propriété et la liberté à Cuba ce qu’ils feront plusieurs fois.

Avec l’amendement Platt, Washington force Cuba à lui louer à quasi-perpétuité pour 1000 dollars par an une base militaire à Guantánamo.

À partir de 1900 c’est aussi la politique de la porte ouverte soit l’Open Door Policy déjà défini à la fin du XIXème siècle en Asie exigeant que les pouvoirs impériaux respectent le principe d’égalité des chances en commerce à toutes les nations.[12][13][14][15][16][17][18][19]

Cette politique devient la pierre angulaire de la politique étrangère des États-Unis c’est-à-dire que les États-Unis exigent l’ouverture des marchés aux compagnies étasuniennes puis ensuite le but est d’arriver à dominer ces marchés.

Le canal de Panama[edit | edit source]

Travaux de construction sur la coupe Gaillard en 1907.

Ce sont les Amériques qui demeurent leur zone d’expansion privilégiée, les caraïbes, l’Amérique centrale avec au centre du dispositif l’ouverture d’un canal entre l’Atlantique et le Pacifique est quelque chose déjà de préconisé depuis les années 1870 ; pour les hommes politiques des États-Unis, c’est la meilleure façon de dominer le commerce interocéanique et de prévenir de toute attaque contre le territoire des États-Unis.

Ce sera le président Theodore Roosevelt qui le réalisera. Il a été volontaire à Cuba dans les rifles riders, lorsqu’il a été président des États-Unis il a dirigé l’ouverture du canal de Panama.

À l’époque, le Panama est un département de la Colombie, mais à la fin du XIXème siècle la Colombie est en proie à l’une de ces nombreuses guerres civiles et le gouvernement de Roosevelt pousse les rebelles panaméens à déclarer l’indépendance de Panama envoyant des vaisseaux de guerre afin d’assurer leur victoire.

La Colombie cède et en 1903 et les États-Unis signent un traité avec la nouvelle nation de Panama obtenant qu’ils aient la zone du canal ainsi que 100 ans de contrôle du canal, le canal sera achevé en 1914 grâce à une main d’œuvre qui viendra principalement de la Jamaïque et de la Barbade.

Dès 1903, les États-Unis s’approprient les Caraïbes et l’Amérique Centrale[edit | edit source]

Interventions et occupations militaires étasuniennes en Amérique Latine : 1903 - 1934[edit | edit source]

The letter in which Roosevelt first used his now-famous phrase.

Dès 1903, mais surtout dès l’éclatement de la première guerre mondiale en 1914, les États-Unis considèrent les Caraïbes comme leur propre méditerranée et ils y interviennent à leur gré : « speak softly and carry a big stick »[20][21][22][23][24].

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La marine intervient beaucoup à Cuba, au Mexique en 1914 et à partir du moment où les Européens se lancent dans la première guerre mondiale alors les États-Unis peuvent faire ce qu’ils veulent occupant Haïti, la République dominicaine, le Nicaragua et en 1917 ils achètent les iles Vierges au Danemark.

Occupations militaires des États-Unis[edit | edit source]

Derrière les occupations il y a toujours la doctrine Monroe, mais complétée au corolaire Roosevelt qui provient de la peur d’une ingérence des puissances européennes qui ont prêté de l’argent aux nations d’Amérique centrale et des caraïbes ; les nations européennes voyant que l’Amérique centrale et les Caraïbes ne peuvent pas rembourser cette dette interviennent militairement.

« L’injustice chronique ou l’impuissance qui résulte d’un relâchement général des règles de la société civilisée peut exiger, en fin de compte, en Amérique ou ailleurs, l’intervention d’une nation civilisée et, dans l’hémisphère occidental, l’adhésion des États-Unis à la doctrine de Monroe peut forcer les États-Unis, à contrecœur cependant, dans des cas flagrants d’injustice et d’impuissance, à exercer un pouvoir de police international »

— Theodore Roosevelt, Roosevelt Corollary[25]

Cette doctrine somme les nations latino-américaines de stabiliser leurs finances et leurs régimes si elles ne veulent pas être l’objet d’une intervention civilisatrice des États-Unis. En plus, les États-Unis s’arrogent la mission de protéger ces petites nations.

Contrairement à la France et à l’Angleterre, les États-Unis parviennent dans ces années à développer un empire sans posséder de nombreuses colonies, c’est donc un empire beaucoup moins onéreux à maintenir.

C’est un empire qui se caractérise par le contrôle politique et économique ponctué par des envois de marine. Dans tous les cas sauf au Mexique l’intervention est justifiée tant auprès du public étasunien qu’à l’extérieur par l’argument selon lequel l’application judicieuse de la force militaire conduira à l’établissement de la démocratie dans la région.

Scénario des interventions[edit | edit source]

Caricature de 1904 montrant Roosevelt armé de son « gros bâton » (« 'big stick ») en train de patrouiller dans la mer des Caraïbes.

Comme l’exprimait cruellement Wilson « je vais apprendre aux nations américaines à élire des hommes biens »[26].

À l’époque même aux États-Unis la démocratie est limitée, le mouvement ouvrier est durement réprimé, les femmes ne votent qu’à partir de 1920 et les noirs dans le Sud qu’à partir de 1964.

Ce que les politiciens étasuniens imaginent comme démocratie en Amérique latine sont des républiques aristocratiques ou les seuls intérêts représentés sont de l’élément respectable de la « better class » et non pas du « rabble ».

Tout cela est particulièrement intéressant, car on voit qu’il y a une racialisation du rapport de la politique étrangère des États-Unis qui fait écho des rapports entre noirs et blancs à la même époque ; les dominés sont des barbares turbulents presque nus, mais pas dangereux qu’un bon maitre doit former et dompter pour en faire des adultes responsables ; dans la même période Ku Klux Klan se développe notamment à travers le film The Birth of a Nation acclamé entre autres par le président Wilson.

D’abord, les interventions étasuniennes visent à prévenir que les puissances européennes n’agissent militairement contre les nations latino-américaines qui ne paient pas leurs dettes. Pour cela, Washington encourage des banques étatsuniennes à assumer les dettes des banques européennes en garantissant le remboursement des dettes ; on appelle cela la Dollar Diplomacy.

Au fur et à mesure que l’Europe s’enfonce dans la Première Guerre mondiale ces interventions veulent garantir aux banques étasuniennes le remboursement des prêts financiers, mais aussi la domination géopolitique des États-Unis dans la région contre les puissances européennes, mais aussi protéger les plantations, les mines qui appartiennent à des citoyens étatsuniens sur le continent et notamment tout ce qui appartient à la United Fruit Company, protéger le canal de Panama et convertir les caraïbes en une méditerranée étasunienne.

L’armée et la marine des États-Unis débarquent en grande pompe dans un pays endetté, déposent ses autorités sans combats, occupent militairement le pays tout en installant un gouvernement provisoire composé des hauts gradés de l’armée étatsunienne et de quelques représentants dociles de l’élite du pays.

De hauts fonctionnaires des États-Unis prennent le contrôle des douanes et s’approprient les taxes d’import – export qu’ils versent aux banques étasuniennes qui récupèrent ainsi leurs prêts.

Les marines préparent aussi l’après-occupation pour que le pays reste sous le contrôle des États-Unis ; ils forment des forces de l’ordre afin de protéger le nouveau régime, les grands propriétaires terriens et les grandes plantations. Parfois, ils forcent le pays à réformer sa constitution comme à Haïti[27] qui devra supprimer l’interdiction de la propriété de la terre aux non-blancs qui existait depuis la révolution haïtienne, mais aussi ils réalisent des élections nationales avec un gagnant quasiment assuré acquis aux États-Unis.

Le but de ces occupations n’est pas d’apporter la démocratie. Lorsqu’on regarde le travail de ces occupations, presque rien n’est investi par les États-Unis dans les infrastructures qui seraient pour le développement national et dans l’éducation, rien n’est fait non plus pour former des fonctionnaires publics afin d’améliorer l’agriculture ou de changer la culture politique.

Le but est bien d’affirmer la domination étasunienne dans la région et d’y protéger les intérêts économiques et stratégiques étasuniens qu’ils soient bancaires ou de la United Fruit Company.

1933 : Roosevelt et la politique du Good Neighbor[edit | edit source]

Avec l’arrivée du démocrate Franklin Roosevelt au pouvoir en 1933 la politique de Washington envers l’Amérique latine semble changer brusquement.

De 1930 à 1935, la quasi-totalité de l’Amérique latine est sous le choc de la grande dépression et connait des changements politiques de régimes plus ou moins violents, mais Washington ne répond plus par l’intervention militaire.

Roosevelt proclame que les interventions unilatérales dans les affaires d’autres nations engendrent le désordre, mais aussi l’aversion contre les États-Unis. Il va tourner son pays vers la politique du Good Neighbor.

Il faut voir que comme les États-Unis eux-mêmes sont en proie à la crise économique la plus profonde leur histoire, ils ne peuvent pas continuer à appliquer la politique du Big Stick puisque dans les années 1930 il leur faudrait intervenir dans presque toute l’Amérique latine puisqu’il y a des troubles politiques et sociaux dans presque tous les pays.

La Good Neighbor Policy est un avatar de la politique du Big Stick. En effet, Roosevelt ne met pas en question l’hégémonie américaine ni la protection des intérêts étatsuniens dans la région ; il propose un autre moyen d’assurer et de consolider cette suprématie.

Il constate que la politique menée jusqu’à là a été inefficace et coûteuse constatant qu’elle a suscité la montée du nationalisme et du protectionnisme ainsi qu’un rejet des États-Unis dans la plupart des pays d’Amérique latine.

Roosevelt voit aussi que le déclin de l’influence politique et économique de l’Europe depuis la Première Guerre mondiale a considérablement réduit le besoin pour les États-Unis d’intervenir militairement. Il envisage d’utiliser en priorité la pression économique et diplomatique afin d’obtenir l’alignement des nations latino-américaines sur les besoins des États-Unis.

Pour convaincre l’Amérique latine qu’il y a changement, Washington signe avec les nations latino-américaines des accords de non-intervention et de non-ingérence dans les affaires des uns et des autres ; toutefois, le gouvernement américain n’hésite pas à interpréter à son avantage certains principes de non-intervention en affirmant que la défense active des intérêts économiques des citoyens et des compagnies étasuniennes à l’étranger n’est pas une intervention dans les affaires intérieures d’autres pays, mais une simple protection de ses citoyens.

La nouvelle arme est l’influence économique d’abord par l’accroissement du commerce et depuis 1934 le gouvernement fédéral a créé une banque d’import – export qui accorde des prêts aux exportateurs étasuniens afin de stimuler la reprise économique aux États-Unis. Cette banque étatique fait aussi de gros projets de développement en Amérique latine réalisés par des entreprises étasuniennes.

En plus, Washington signe des traités de commerce bilatéraux avec les nations latino-américaines auxquels il donne le statut de nation la plus favorisée avec pour résultat la dépendance accrue de ces pays à l’égard des États-Unis qui était déjà assez substantielle avant 1929 et qui s’accroit dramatiquement dans les années 1930. Cette dépendance profite aux compagnies étasuniennes contribuant aux États-Unis à sortir de la crise économique.

La culture est le dernier volet de la politique du Good Neighbor ; le gouvernement de Roosevelt cherche à souligner l’unité du Nouveau Monde contre l’ancien.

Selon lui alors que l’Europe de la grande dépression succombe au totalitarisme, les Amériques défendent la justice et la démocratie. Pour cela, le département d’État crée une division culturelle dont le but est de promouvoir le progrès et l’entente dans les Amériques, mais surtout de promouvoir une image positive des États-Unis.

Brazilian President Getúlio Vargas (left) and US President Franklin D. Roosevelt (right) in 1936.

La division culturelle du département d’État diffuse des émissions de radio en Amérique latine, elle publie un magazine largement distribué, contrôle la production de film à Hollywood et interdit la diffusion de films qui critiquent les États-Unis.

La meilleure preuve que la politique de bon voisinage ne change pas grand-chose est que dans les années 1930 la presque totalité des pays qui ont subi le Big Sticks sont dirigés par des dictateurs pro-Washington issus des armées ou des gardes rurales formées sous l’occupation par les marines ; ce sont les Duvalier à Haïti, Rafael Trujillo en République Dominicaine Somoza au Nicaragua Batista à Cuba sont des exemples de ces hommes sortis de ces gardes rurales ou nationales qui deviennent présidents et dictateurs ou directement dictateur.

Roosevelt aurait dit de Somoza “he is a son of a bitch but at least he is our son of a bitch[28][29]”. Tout en s’enrichissant de façon astronomique, ces dictateurs assurent la domination étatsunienne et protègent les intérêts économiques étatsuniens dans leur pays en muselant l’opposition et en répriment violemment les classes laborieuses.

Réponses latino-américaines aux politiques du Big Stick et du Good Neighbor[edit | edit source]

Le rapport de force est fondamentalement inégal, dès 1950 les dernières tentatives de fonder une fédération latino-américaine ont échoué et l’immense région est divisée en plus de 20 nations différentes divisées et sans presque aucune communication entre elles.

Pendant la révolution mexicaine, le Mexique sous Cárdenas réussi à nationaliser sont industrie pétrolière tandis que les États-Unis renoncent à y intervenir militairement.

Ce qu’il faut voir aussi est que ces occupations militaires ne se font pas sans résistance. À Haïti, l’organisation des Cacos qui sont des paysans guerreros est matée dans le sang. Dans le cas de Augusto Sandino, à peine des accords conclus que le dictateur Somoza le fait assassiner au Nicaragua.

Immigration des Latino-Américains aux États-Unis[edit | edit source]

Finalement, sur la longue durée, les interventions militaires et le bon voisinage n’ont pas seulement facilité la pénétration économique des États-Unis en Amérique latine, mais elles ont aussi encouragé la pénétration démographique des Latino-Américains aux États-Unis.

Un siècle plus tard, ces immigrants hispaniques sont en train de changer non seulement la démographie, les rapports radicaux, la culture et la politique des États-Unis.

Annexes[edit | edit source]

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  • Beale, Howard K. (1957), Theodore Roosevelt and the Rise of America to World Power, Johns Hopkins Press
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  • Investigación más completa sobre William Walker en el mundo
  • Harrison, Brady. William Walker and the Imperial Self in American Literature. University of Georgia Press, August 2, 2004. ISBN 0-8203-2544-9. ISBN 978-0-8203-2544-6.

Références[edit | edit source]

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  19. Vevier, Charles. "The Open Door: An Idea in Action, 1906-1913" Pacific Historical Review 24#1 (1955), pp. 49-62 online.
  20. Martin, Gary. "Speak Softly And Carry a Big Stick"
  21. Martin, Gary. "Speak softly and carry a big stick"
  22. Wikipedia contributors. (2019, September 16). Big Stick ideology. In Wikipedia, The Free Encyclopedia. Retrieved 08:24, September 19, 2019, from https://en.wikipedia.org/wiki/Big_Stick_ideology
  23. National Geographic Society. “Big Stick Diplomacy.” National Geographic Society, 18 July 2014, www.nationalgeographic.org/thisday/sep2/big-stick-diplomacy/.
  24. Britannica, The Editors of Encyclopaedia. “Big Stick Policy.” Encyclopædia Britannica, Encyclopædia Britannica, Inc., www.britannica.com/event/Big-Stick-policy.
  25. Theodore Roosevelt, Roosevelt Corollary. (en) « Chronic wrongdoing, or an impotence which results in a general loosening of the ties of civilized society, may in America, as elsewhere, ultimately require intervention by some civilized nation, and in the Western Hemisphere the adherence of the United States to the Monroe Doctrine may force the United States, however reluctantly, in flagrant cases of such wrongdoing or impotence, to the exercise of an international police power. »
  26. Statement to British envoy William Tyrrell (November 1913), explaining his policy on Mexico
  27. Constitution de 1918, présentée le 12 juin 1918. Constitution préparée par les États-Unis qui occupent le pays depuis 1915. Adoptée par plébiscite.
  28. Brainy Quote, FDR
  29. Blood on the Border: Prologue