Régimes d’Ordre et de Progrès en Amérique latine : 1875 - 1910

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Les régimes "d'Ordre et de Progrès" en Amérique latine, qui ont été mis en place à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, visaient à moderniser et à industrialiser leurs pays, à promouvoir la croissance économique et à créer un gouvernement fort et centralisé. Ces régimes, dirigés par des leaders autoritaires, ont souvent mis en œuvre des politiques telles que la modernisation des infrastructures, le développement de l'éducation et de la santé publique, et la suppression de la dissidence politique. Cependant, ils ont également entraîné des violations généralisées des droits de l'homme, la suppression des populations indigènes et ouvrières, et la concentration des richesses et du pouvoir entre les mains d'une petite élite.

Au Mexique, le régime de Porfirio Díaz, qui a régné de 1876 à 1910, a mis en œuvre des politiques d'"ordre et de progrès" afin de moderniser le pays. Le gouvernement de Díaz a construit des chemins de fer, des routes et d'autres infrastructures, et a encouragé les investissements étrangers. Cependant, ces politiques ont également conduit à la suppression de la dissidence politique, à la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite et à des violations généralisées des droits de l'homme. Cette situation a suscité un mécontentement généralisé au sein du peuple mexicain, en particulier parmi la classe ouvrière et les populations indigènes, qui a finalement conduit à la révolution mexicaine de 1910-1920.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les idéologies occidentales telles que le racisme et le darwinisme social étaient largement acceptées et ont joué un rôle important dans la justification du statu quo social en Amérique latine. Ces idéologies ont été utilisées pour justifier l'exploitation disproportionnée des travailleurs, en particulier ceux issus de groupes marginalisés tels que les indigènes et les Afro-Latino-Américains. Le racisme, selon lequel certaines races sont intrinsèquement supérieures aux autres, a servi à justifier l'assujettissement des populations indigènes et afro-latino-américaines. Le darwinisme social, selon lequel certains groupes ou classes sont biologiquement supérieurs et ont donc le droit de dominer les autres, a également été utilisé pour justifier l'exploitation des travailleurs et la concentration des richesses et du pouvoir entre les mains d'une petite élite.

Dans le contexte de l'Amérique latine, ces idéologies ont été utilisées pour justifier la poursuite des pratiques d'exploitation du travail, telles que le travail forcé et le péonage pour dettes, même après l'abolition officielle de l'esclavage dans de nombreux pays. Elles ont également joué un rôle dans la suppression de la dissidence politique et des violations des droits de l'homme par les régimes de "l'ordre et du progrès".

Le libéralisme économique, qui met l'accent sur une intervention minimale de l'État dans l'économie et sur la protection des droits de propriété privée, s'est développé en Amérique latine durant le dernier quart du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Toutefois, il est important de noter que ce système économique ne s'est pas développé dans le vide, mais plutôt avec une intervention et des subventions importantes de l'État. Les gouvernements d'Amérique latine de cette période, souvent dirigés par des leaders autoritaires, ont mis en œuvre des politiques visant à promouvoir la croissance économique et la modernisation, telles que la construction d'infrastructures, l'encouragement des investissements étrangers et la suppression des dissensions politiques. Ils ont également accordé des subventions et une protection aux grands propriétaires fonciers et aux industriels, tout en réprimant les protestations et la dissidence des travailleurs et des petits agriculteurs.

En outre, des politiques migratoires soutenues par l'État ont été mises en œuvre pour "blanchir" la population en encourageant la migration des Européens vers la région. Cette mesure visait à créer une nouvelle population qui serait plus favorable aux politiques économiques de l'État et aux intérêts de l'élite dirigeante.

L’idéologie positiviste[modifier | modifier le wikicode]

Le contexte en Amérique latine[modifier | modifier le wikicode]

Au cours du dernier quart du XIXe siècle, de nombreux États d'Amérique latine ont été influencés par l'idéologie positiviste, qui soulignait l'importance de la pensée scientifique et rationnelle pour comprendre le monde et promouvoir le progrès social. Cette idéologie était considérée comme un moyen d'imiter le développement et la modernisation rapides des États-Unis et de contrer la menace perçue de l'impérialisme américain dans les Amériques.

Le positivisme a été adopté par de nombreux dirigeants latino-américains comme moyen de moderniser leurs pays et de promouvoir la croissance économique. Ils pensaient qu'en mettant en œuvre des politiques fondées sur des principes scientifiques et la pensée rationnelle, ils pourraient créer un État fort et centralisé, améliorer les infrastructures et promouvoir l'éducation et la santé publique.

Cependant, le positivisme a également été utilisé pour justifier la suppression de la dissidence politique et les violations des droits de l'homme par les régimes d'"Ordre et Progrès". Les positivistes pensaient que le progrès social ne pouvait être atteint qu'en supprimant les éléments "arriérés" de la société et en créant une population homogène par la suppression des cultures indigènes et des politiques migratoires.

Le développement des voies de communication et l'accroissement de la population en Amérique latine au milieu du 19e siècle ont joué un rôle important dans l'augmentation de la production et des exportations de matières premières. La construction de chemins de fer, de routes et de ports a amélioré les transports et a facilité l'extraction, le transport et l'exportation de ressources telles que les minéraux, les produits agricoles et les fibres naturelles.

La croissance démographique a également entraîné une augmentation de la demande de matières premières et de produits agricoles, tant au niveau national qu'international, ce qui a encouragé l'expansion de ces industries. De plus, l'expansion de ces industries a créé des emplois et a contribué à la croissance économique.

L'augmentation de la production et de l'exportation de matières premières a également eu un impact important sur les économies de nombreux pays d'Amérique latine. Ils sont devenus dépendants de l'exportation de ces ressources, ce qui les a rendus vulnérables aux fluctuations des prix du marché mondial. Cela a conduit à la concentration des richesses entre les mains d'une petite élite qui contrôlait ces industries, tandis que la majorité de la population restait pauvre et exclue des bénéfices de la croissance économique.

Le fossé entre l'Amérique latine et les États-Unis du Nord et de l'Ouest s'est considérablement élargi à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Cela était dû à un certain nombre de facteurs, notamment les différences économiques, politiques et sociales entre les deux régions.

Sur le plan économique, les États-Unis du Nord et de l'Ouest avaient une économie plus développée et diversifiée, tandis que l'Amérique latine était fortement dépendante de l'exportation de matières premières. Cela rendait l'Amérique latine plus vulnérable aux fluctuations des prix du marché mondial et a entraîné un accroissement de l'écart de richesse et de niveau de vie entre les deux régions.

Sur le plan politique, les États-Unis avaient un gouvernement plus stable et plus démocratique, tandis que l'Amérique latine était caractérisée par des régimes autoritaires, une instabilité politique et des violations des droits de l'homme. Cela faisait des États-Unis une destination plus attrayante pour les investissements étrangers et l'immigration.

Sur le plan social, les États-Unis disposent d'un système d'éducation et de santé plus développé et d'un niveau de vie plus élevé, alors que l'Amérique latine présente d'importantes inégalités sociales et économiques.

En outre, la dépendance de l'Amérique latine en matière de commerce et d'investissement a commencé à se déplacer de l'Angleterre vers les États-Unis, ces derniers étant devenus une puissance économique et politique dominante dans la région. Ce changement de dépendance a entraîné une influence économique, politique et culturelle accrue des États-Unis sur l'Amérique latine, qui a eu des conséquences à la fois positives et négatives.

L'influence du darwinisme social[modifier | modifier le wikicode]

Aux États-Unis, le darwinisme social a été utilisé pour expliquer le succès économique du pays en affirmant que la race anglo-saxonne était biologiquement supérieure aux autres groupes. Cette croyance a été utilisée pour justifier l'assujettissement des groupes non blancs et non anglo-saxons, notamment les immigrants, les Afro-Américains et les Amérindiens. Le darwinisme social a servi à justifier des politiques discriminatoires telles que la ségrégation et l'exclusion des opportunités politiques, sociales et économiques.

En Amérique latine, l'idéologie du darwinisme social a été utilisée de manière similaire pour justifier le statu quo économique et social en affirmant que la majorité de la population, d'origine africaine et amérindienne, est inférieure et donc responsable du retard de la nation. Cette croyance a été utilisée pour justifier la suppression des cultures indigènes, l'assimilation forcée des populations indigènes et afro-latino-américaines, et la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite.

Pour de nombreuses élites d'Amérique latine, l'arriération perçue de leurs nations n'était pas considérée comme une loi de Dieu, mais plutôt comme le résultat d'actions et de décisions humaines. Cette croyance a conduit au sentiment que la situation pouvait être corrigée par l'effort humain, tel que la modernisation et le développement économique.

Cette perspective est différente de celle de nombreuses élites protestantes aux États-Unis, qui considéraient souvent le succès économique et la domination de leur pays comme un signe de la faveur de Dieu et voyaient l'assujettissement des groupes non blancs et non anglo-saxons comme faisant partie d'un plan divin. Cette croyance a été utilisée pour justifier les politiques discriminatoires et oppressives à l'égard de ces groupes, et pour résister aux efforts de réforme et de changement social.

De nombreuses élites latino-américaines, composées pour la plupart de Blancs, pensaient que les indigènes, les métis et les non-Blancs étaient inférieurs et responsables de l'arriération de leurs nations. Elles considéraient souvent ces groupes comme une entrave à la modernisation et au développement économique.

Cependant, ces mêmes élites pensaient également que ce retard pouvait être comblé en mettant en place des régimes "d'ordre et de progrès" fortement influencés par le positivisme. Le positivisme, qui met l'accent sur la pensée scientifique et rationnelle, est considéré comme un moyen de moderniser et d'industrialiser le pays, et de créer un gouvernement fort et centralisé. Les élites pensaient qu'en mettant en œuvre des politiques fondées sur le positivisme, elles pourraient améliorer les infrastructures, promouvoir l'éducation et la santé publique, et apporter le progrès social.

Cette perspective des élites s'est avérée très problématique, car elle a conduit à des violations généralisées des droits de l'homme et à la suppression des populations indigènes et ouvrières. Les politiques mises en œuvre sous le couvert de "l'ordre et du progrès" ont souvent abouti à la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite, tout en laissant la majorité de la population marginalisée et exclue des bénéfices de la croissance économique.

La philosophie positiviste[modifier | modifier le wikicode]

Le positivisme est une philosophie qui a été développée par le philosophe français Auguste Comte au milieu du 19e siècle. Elle met l'accent sur l'importance de la pensée scientifique et rationnelle pour comprendre le monde et promouvoir le progrès social. Selon le positivisme, les sociétés humaines évoluent de manière linéaire et prédéterminée, en passant par trois étapes : l'étape théologique, l'étape métaphysique et l'étape scientifique ou positive. Selon Comte, le stade positif est le stade ultime du développement humain, dans lequel la société est guidée par des principes scientifiques et la rationalité, plutôt que par des croyances religieuses ou surnaturelles.

Dans cette philosophie, Comte croyait également que les sociétés progresseraient par un processus naturel de sélection, où les sociétés les mieux dotées survivraient et évolueraient, tandis que les autres s'éteindraient. Il pensait que le progrès de la société humaine pouvait être mesuré par le degré d'intégration sociale et le degré de connaissance scientifique.

Le positivisme a été largement adopté en Amérique latine comme un moyen d'imiter le développement et la modernisation rapides des États-Unis et de l'Europe, et de contrer la menace perçue de l'impérialisme américain dans les Amériques. Cependant, comme nous l'avons vu précédemment, il a également été utilisé pour justifier la suppression de la dissidence politique et les violations des droits de l'homme par les régimes d'"Ordre et Progrès". Il a également conduit à la suppression des cultures indigènes et à l'assimilation forcée, ainsi qu'à la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite.

Selon le positivisme, l'évolution des sociétés peut être accélérée par le libéralisme économique, qui met l'accent sur une intervention minimale du gouvernement dans l'économie et la protection des droits de propriété privée. Les positivistes pensaient qu'en créant un environnement favorable à la croissance et au développement économiques, les sociétés progresseraient naturellement vers le stade positif.

Les positivistes croyaient également qu'un gouvernement fort dirigé par une petite élite était nécessaire pour guider la société vers le progrès, car ils pensaient que les masses n'étaient pas capables de prendre des décisions rationnelles. Cette croyance a conduit à la mise en œuvre de politiques autoritaires et à la suppression de la dissidence politique par les régimes d'"Ordre et Progrès" en Amérique latine.

En outre, le positivisme rejetait l'idée de protéger les droits des classes laborieuses, car il pensait que le progrès social ne pouvait être atteint qu'en supprimant les éléments "arriérés" de la société et en créant une population homogène. Cela a conduit à la suppression des droits des travailleurs, au travail forcé et au péonage pour dettes, ainsi qu'à la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite.

Le positivisme a tenté de concilier l'idée de progrès avec l'ordre social traditionnel, ce qui a séduit de nombreuses élites latino-américaines qui cherchaient à moderniser leur pays sans modifier fondamentalement les hiérarchies économiques et socio-raciales existantes. Ces élites étaient souvent réticentes à remettre en question les structures de pouvoir existantes et n'étaient pas disposées à accorder des droits de citoyenneté complets aux classes ouvrières.

L'idée de concilier progrès et tradition a permis à ces élites de justifier le maintien de leurs propres privilèges et de leur pouvoir, tout en favorisant la modernisation et la croissance économique. Elles pensaient qu'en mettant en œuvre des politiques fondées sur le positivisme, elles pouvaient améliorer les infrastructures, promouvoir l'éducation et la santé publique, et apporter le progrès social sans modifier fondamentalement les structures de pouvoir existantes ni accorder des droits égaux à tous les citoyens.

Cependant, cette approche a conduit à des violations généralisées des droits de l'homme et à la suppression de la dissidence politique, ainsi qu'à la suppression des populations indigènes et de la classe ouvrière. Les politiques mises en œuvre sous le couvert de "l'ordre et du progrès" ont souvent abouti à la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite, tout en laissant la majorité de la population marginalisée et exclue des bénéfices de la croissance économique.

Le positivisme en Amérique latine[modifier | modifier le wikicode]

Le positivisme s'est rapidement répandu en Amérique latine à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, et sa philosophie reflète les caractéristiques de la région à cette époque. Les élites, qui étaient principalement composées de Blancs, utilisaient le positivisme pour justifier le maintien de leurs propres privilèges et de leur pouvoir, tout en promouvant la modernisation et la croissance économique. Elles pensaient qu'en mettant en œuvre des politiques fondées sur le positivisme, elles pourraient améliorer les infrastructures, promouvoir l'éducation et la santé publique, et apporter le progrès social sans changer fondamentalement les structures de pouvoir existantes ou accorder des droits égaux à tous les citoyens.

Cependant, cette approche a conduit à des violations généralisées des droits de l'homme et à la suppression de la dissidence politique, ainsi qu'à la suppression des populations indigènes et de la classe ouvrière. Les politiques mises en œuvre sous le couvert de "l'ordre et du progrès" ont souvent abouti à la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite, tout en laissant la majorité de la population marginalisée et exclue des bénéfices de la croissance économique.

Les élites ont également continué à manipuler les principes du libéralisme économique et politique pour maintenir une hiérarchie socio-raciale coloniale qui leur assurait le contrôle des ressources économiques, notamment le contrôle des terres par la concentration de la propriété foncière et le contrôle de la main-d'œuvre par la répression de toute contestation.

Drapeau du Brésil avec la notion "ORDEM E PROGRESSO" qui est la devise du positivisme fondé par le philosophe français Auguste Comte.

À partir du dernier quart du 19e siècle, nous assistons à l'émergence d'une ère où les puissants disposent d'une plus grande liberté, mais où les droits et la représentation démocratique de la majorité de la population sont supprimés. Les politiques mises en œuvre par les "régimes d'ordre et de progrès" en Amérique latine visaient à promouvoir la croissance économique et la modernisation, mais elles étaient souvent appliquées au détriment des droits et du bien-être de la majorité de la population.

L'élite, qui était souvent composée de Blancs, utilisait son pouvoir pour maintenir le contrôle des ressources économiques, notamment le contrôle de la terre par la concentration de la propriété foncière et le contrôle de la main-d'œuvre par la répression de toute contestation. Ils ont également réprimé la dissidence politique et les violations des droits de l'homme pour maintenir leur pouvoir et leurs privilèges.

Ces politiques ont conduit à des violations généralisées des droits de l'homme, à la suppression de la dissidence politique, à la suppression des populations indigènes et de la classe ouvrière, et à la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite. Les droits et la représentation démocratique de la majorité de la population ont été sacrifiés au nom de la croissance économique et de la modernisation. Si la situation était désastreuse et injuste, il est important de se rappeler que toutes les élites de la région n'avaient pas les mêmes opinions et que les politiques mises en œuvre par les régimes "d'Ordre et de Progrès" n'étaient pas toutes négatives. Certaines ont eu un impact positif dans des domaines tels que l'éducation, la science et la technologie.

Pour les élites d'Amérique latine, le progrès était souvent défini par la croissance des exportations de produits tropicaux et de l'exploitation minière, ainsi que par la confiscation des terres des petits agriculteurs et des communautés indigènes par les grands propriétaires terriens. Cela était considéré comme un moyen de moderniser le pays et d'augmenter la croissance économique.

La construction de chemins de fer et la modernisation des villes étaient également considérées comme un moyen d'ouvrir le pays aux investissements étrangers et de promouvoir la croissance économique. Cependant, ces politiques ont souvent entraîné le déplacement de petits agriculteurs et de communautés indigènes, ainsi que la concentration des terres entre les mains d'une petite élite.

Ces politiques, bien qu'elles aient favorisé la croissance économique, ont également eu des conséquences négatives pour la majorité de la population. Les petits agriculteurs et les communautés indigènes ont souvent été déplacés de leurs terres et se sont retrouvés avec peu de moyens de subsistance. La concentration des terres entre les mains d'une petite élite a entraîné une pauvreté généralisée et des inégalités sociales, la majorité de la population étant exclue des bénéfices de la croissance économique. Ces politiques n'étaient pas propres à l'Amérique latine, des politiques similaires ont été mises en œuvre dans d'autres régions du monde au cours de cette période, entraînant des conséquences similaires.

Le concept d'"ordre" dans les "régimes d'ordre et de progrès" en Amérique latine impliquait souvent le développement et la modernisation de l'armée, souvent avec l'aide de missions militaires de pays comme l'Allemagne. L'armée a été renforcée et utilisée pour supprimer la dissidence politique et maintenir le contrôle social.

La restauration de nombreuses prérogatives de l'Église catholique, qui avaient été supprimées sous les gouvernements libéraux, était également considérée comme un élément clé de l'"ordre". Cela inclut le retour de l'influence de l'Église dans l'éducation et la vie publique, ainsi que la suppression des minorités religieuses et des mouvements laïques.

L'opposition à ces politiques était souvent réduite au silence par la censure, le retour du vote censitaire, qui limitait le droit de vote à une petite partie de la population, et la répression brutale des travailleurs et des petits agriculteurs qui se mobilisaient contre ces changements. Ces politiques ont entraîné des violations généralisées des droits de l'homme, la suppression de la dissidence politique et la concentration du pouvoir entre les mains d'une petite élite.

Les régimes positivistes, fortement influencés par les idées d'"Ordre et Progrès", ont été mis en place dans de nombreux pays d'Amérique latine à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Parmi les exemples de ces régimes, citons les régimes de Rafael Reyes en Colombie et de Manuel Estrada Cabrera au Guatemala.

Deux pays particulièrement remarquables pour leur association avec ces régimes sont le Mexique et le Brésil. Au Mexique, le régime de Porfirio Díaz, qui a régné de 1876 à 1911, a été l'un des plus influents et des plus durables de ces régimes. Le gouvernement de Díaz a encouragé la modernisation et la croissance économique, mais a également réprimé la dissidence politique et maintenu une forte emprise autoritaire sur le pouvoir.

De même, au Brésil, la Première République (1889-1930) s'est également proclamée comme un régime "d'ordre et de progrès". Ce régime visait à promouvoir la modernisation, l'industrialisation et la croissance économique, mais il a également supprimé la dissidence politique et maintenu une forte emprise autoritaire sur le pouvoir. La phrase "Ordem e Progresso" (Ordre et Progrès) a été inscrite sur le drapeau brésilien pendant cette période, reflétant l'engagement du gouvernement envers ces idéaux.

Le Porfiriato ou régime de Porfirio Díaz au Mexique : 1876 - 1911[modifier | modifier le wikicode]

General Porfirio Díaz.

Le Porfiriato, également connu sous le nom de régime de Porfirio Díaz, est une période de l'histoire du Mexique qui a duré de 1876 à 1911 et qui a été caractérisée par le fort pouvoir autoritaire du président Porfirio Díaz. Ce régime était fortement influencé par le positivisme, qui mettait l'accent sur la pensée scientifique et rationnelle comme moyen de promouvoir le progrès social.

Pendant le Porfiriato, le gouvernement de Díaz a mis en œuvre des politiques visant à moderniser et à industrialiser le Mexique, notamment la construction de chemins de fer, l'expansion des investissements étrangers et la promotion de l'éducation et de la santé publique. Toutefois, ces politiques ont souvent été mises en œuvre au détriment des droits et du bien-être de la majorité de la population. Le régime a supprimé toute dissidence politique et maintenu une forte emprise autoritaire sur le pouvoir, tandis que la concentration des terres entre les mains d'une petite élite a entraîné une pauvreté et des inégalités sociales généralisées.

Le Porfiriato a également vu une résurgence de l'influence de l'Église catholique dans la vie publique et la suppression des minorités religieuses et des mouvements laïques. Ce régime a souvent été critiqué pour avoir violé les droits de l'homme et ne pas avoir répondu aux idéaux de progrès et d'ordre, car la majorité de la population était exclue des bénéfices de la croissance économique et restait marginalisée.

Le Porfiriato s'est terminé par l'explosion de la Révolution mexicaine, un conflit de dix ans qui allait aboutir au renversement de Porfirio Díaz et à l'instauration d'une république constitutionnelle au Mexique.

En 1876, le Mexique est un pays beaucoup plus petit qu'au moment de son indépendance, car une partie importante de son territoire a été annexée par les États-Unis à la suite de la guerre américano-mexicaine (1846-1848). Cette perte de territoire a eu un impact important sur l'économie et la société du pays.

En plus de cette perte territoriale, le Mexique a également connu des changements importants en termes de propriété foncière et de droits de propriété. La loi Lerdo de 1856, adoptée sous le Second Empire mexicain, a permis la privatisation des propriétés appartenant à l'Église catholique, ainsi que des terres des communautés et villages indigènes. Cette loi a permis à de riches Mexicains, y compris des investisseurs étrangers, d'acquérir de grandes étendues de terre, souvent au détriment des petits agriculteurs et des communautés indigènes.

Cette loi aura un impact important sur les inégalités sociales et économiques et sera également l'un des facteurs qui mèneront à la révolution mexicaine, car de nombreux petits agriculteurs et communautés indigènes exigeront la restitution de leurs terres.

Porfirio Díaz était un homme politique et un chef militaire mexicain qui a été président du Mexique pendant plus de 30 ans, de 1876 à 1911. Il était d'origine mixte, avec un mélange d'ascendance indigène et espagnole, et venait d'un milieu modeste - ses parents étaient aubergistes. Il reçoit une éducation catholique et s'engage ensuite dans l'armée, gravissant les échelons pour devenir un dirigeant régional puis national.

En 1876, il est élu président sur un programme libéral, promettant de mettre en œuvre des politiques de modernisation et d'industrialisation du pays. Cependant, à la suite d'élections frauduleuses, il s'impose comme un dictateur, et son régime est connu sous le nom de Porfiriato. Il a dirigé le Mexique d'une main de fer, supprimant l'opposition politique et maintenant une forte emprise autoritaire sur le pouvoir.

Le régime de Díaz était fortement influencé par le positivisme, qui met l'accent sur la pensée scientifique et rationnelle comme moyen de promouvoir le progrès social. Il a mis en œuvre des politiques visant à moderniser et à industrialiser le Mexique, notamment la construction de chemins de fer, l'expansion des investissements étrangers et la promotion de l'éducation et de la santé publique. Cependant, ces politiques ont souvent été mises en œuvre au détriment des droits et du bien-être de la majorité de la population. La concentration des terres entre les mains d'une petite élite a entraîné une pauvreté et une inégalité sociale généralisées.

Le Porfiriato se terminera par le déclenchement de la Révolution mexicaine, un conflit de dix ans qui aboutira au renversement de Porfirio Díaz et à l'instauration d'une république constitutionnelle au Mexique.

Après avoir pris le pouvoir, Porfirio Díaz s'est entouré d'un groupe d'intellectuels positivistes connus sous le nom de "científicos" (scientifiques). Ces intellectuels pensaient qu'ils incarnaient la modernité au Mexique et qu'ils se trouvaient au dernier stade d'évolution du positivisme. Ils pensaient qu'en mettant en œuvre des politiques fondées sur le positivisme, ils pourraient améliorer les infrastructures, promouvoir l'éducation et la santé publique, et apporter le progrès social sans changer fondamentalement les structures de pouvoir existantes ni accorder des droits égaux à tous les citoyens.

Les "científicos" étaient un petit groupe d'intellectuels d'élite qui étaient nommés à des postes clés du gouvernement et jouaient un rôle important dans l'élaboration des politiques du Porfiriato. Ils étaient chargés de conseiller Díaz sur diverses questions, notamment le développement économique, l'éducation et la santé publique. Ils ont également contribué à supprimer la dissidence politique et à maintenir une forte emprise autoritaire sur le pouvoir. Les intellectuels mexicains n'ont pas tous soutenu le régime du Porfirio, et les "científicos" ont été critiqués par d'autres intellectuels et groupes sociaux pour leur rôle dans la mise en œuvre de politiques qui ont conduit à des violations généralisées des droits de l'homme, à la suppression de la dissidence politique et à la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite.

Le Progrès[modifier | modifier le wikicode]

Pour le régime porfirien et ses partisans, le progrès était étroitement lié à la modernisation et à l'industrialisation du Mexique, ce qui signifiait à leurs yeux la confiscation des terres des petits paysans et des communautés indigènes au profit des grands propriétaires terriens et des investisseurs étrangers. Cette politique a été accélérée par des lois adoptées en 1884, telles que la "ley de desamortización" (loi de désamortissement), qui décrétait que les richesses de la surface et du sous-sol de la terre appartenaient à son propriétaire, et la "ley del español" (loi de l'Espagnol) qui stipulait que toute parcelle de terre dont l'occupant ne pouvait pas produire de titre de propriété pouvait être saisie par le premier acheteur.

Ces lois ont permis à de riches Mexicains, y compris des investisseurs étrangers, d'acquérir de grandes étendues de terre, souvent au détriment des petits agriculteurs et des communautés indigènes. La concentration des terres entre les mains d'une petite élite a entraîné une pauvreté généralisée et des inégalités sociales, la majorité de la population étant exclue des bénéfices de la croissance économique. Ces politiques n'étaient pas propres au Mexique. Des politiques similaires ont été mises en œuvre dans d'autres régions du monde au cours de cette période, entraînant des conséquences similaires. En outre, ces politiques ont été fortement critiquées pour avoir violé les droits de l'homme et ne pas avoir respecté les idéaux de progrès et d'ordre, car la majorité de la population était exclue des bénéfices de la croissance économique et restait marginalisée.

Le résultat des lois adoptées en 1884 a été une concentration spectaculaire de la propriété foncière au Mexique. Aux alentours de 1900, environ 20 % des terres du Mexique avaient été retirées à leurs occupants, une part importante étant acquise par de grands propriétaires terriens et des investisseurs étrangers. Cela a entraîné une augmentation significative de la taille des grandes propriétés foncières et une diminution du nombre de petits agriculteurs.

En outre, environ 90 % des communautés indigènes du plateau central ont perdu leurs terres communales. Cela a été un coup dur pour leur mode de vie, leur économie traditionnelle et leur culture. Ces politiques ont entraîné une pauvreté et une inégalité sociale généralisées, la majorité de la population étant exclue des bénéfices de la croissance économique et restant marginalisée. Ces politiques ont eu des conséquences importantes à long terme pour le pays, car elles ont contribué aux inégalités sociales et économiques, ainsi qu'au mécontentement qui allait conduire à la révolution mexicaine. L'appel à la réforme agraire sera l'une des principales revendications des révolutionnaires, ce qui conduira aux lois de réforme agraire et à l'établissement d'ejidos (propriétés foncières communales) qui seront mises en œuvre après la révolution.

Les lois adoptées en 1884 ont accru la spéculation financière, les riches Mexicains et les investisseurs étrangers pouvant acquérir de grandes étendues de terre aux dépens des petits agriculteurs et des communautés indigènes. Cependant, ces lois n'ont pas augmenté la productivité agricole, car de plus en plus de paysans et d'indigènes se retrouvaient sans terre, ce qui entraînait un surplus de main-d'œuvre sans terre. Cette situation a eu un effet négatif sur le marché du travail, car il n'y avait aucune incitation à mécaniser l'agriculture, ce qui aurait augmenté la productivité.

De plus en plus de terres étaient cultivées pour l'exportation, et de moins en moins pour nourrir la population mexicaine croissante. Cette situation était d'autant plus problématique que la population du Mexique augmentait rapidement, passant d'environ 10 millions d'habitants en 1877 à 15 millions en 1900, en partie grâce aux progrès de la médecine qui ont entraîné une baisse des taux de mortalité.

En outre, le passage à une agriculture orientée vers l'exportation a entraîné une baisse de la production de denrées alimentaires de base telles que le maïs et les haricots, qui étaient essentiels au régime alimentaire de la plupart des Mexicains. Cette situation a entraîné une insécurité alimentaire et une malnutrition au sein de la population, en particulier parmi les sans-terre et les groupes marginalisés.

La propriété des terres étant aux mains d'une petite élite, moins de biens ont été produits pour la consommation intérieure, ce qui a entraîné une hausse des prix des denrées alimentaires. Dans le même temps, les salaires ont baissé, car il y avait trop de demandeurs d'emploi sur le marché, ce qui a entraîné une baisse du niveau de vie pour la plupart de la population.

Comme de plus en plus de terres étaient utilisées pour les cultures d'exportation, moins de terres étaient disponibles pour la culture des aliments de base tels que le maïs et les haricots, qui étaient essentiels au régime alimentaire de la plupart des Mexicains. Cette situation a entraîné une pénurie de ces aliments de base et une augmentation des prix des denrées alimentaires, ce qui était particulièrement problématique pour les groupes sans terre et marginalisés qui ne pouvaient pas se permettre d'acheter de la nourriture à ces prix.

En outre, le surplus de main-d'œuvre sans terre a entraîné une baisse des salaires, les employeurs pouvant payer des salaires plus bas en raison de la forte concurrence pour les emplois. Cette situation, combinée à la hausse des prix des denrées alimentaires, a entraîné une baisse du niveau de vie de la majorité de la population.

Le gouvernement de Porfirio Díaz a investi massivement dans la construction de chemins de fer, faisant passer la longueur totale des voies ferrées au Mexique de 800 kilomètres en 1877 à 24 000 kilomètres en 1900. Ces voies ferrées ont été construites pour relier le nord et le sud du pays, et certaines des réalisations techniques étaient assez impressionnantes. La construction des chemins de fer a permis de déplacer les marchandises, les personnes et les idées plus rapidement, plus efficacement et à moindre coût, ce qui a contribué à stimuler la croissance économique. Néanmoins, elle a également eu un impact social et environnemental important.

La construction de chemins de fer a permis l'exportation de produits agricoles et miniers du Mexique vers les marchés étrangers, ce qui a contribué à stimuler la croissance économique du pays. Cependant, la construction de chemins de fer a également entraîné le déplacement de nombreuses communautés, la destruction d'habitats naturels et l'introduction d'espèces envahissantes. La construction de chemins de fer a été une réalisation majeure pour le pays, mais elle a également eu un impact considérable sur l'environnement et les communautés qui vivaient à proximité des voies ferrées. En outre, les chemins de fer ont été principalement construits pour servir les intérêts des élites et des investisseurs étrangers, et non ceux de la majorité de la population.

El ferrocarril representó uno de los avances de la economía del Porfiriato y fue expuesto ante el mundo como símbolo de progreso. La cultura mexicana en la época de Díaz tuvo rasgos de la economía, como este cuadro de José María Velasco, en que se refleja el ferrocarril del Valle de México.

La construction de chemins de fer sous le régime porfirien a permis l'expansion de l'appareil d'État et la mobilité de l'armée, ainsi que l'augmentation du nombre de fonctionnaires. Le gouvernement a également tenté d'attirer des migrants européens au Mexique afin de "blanchir" la population. Cependant, très peu d'entre eux sont venus, car les conditions de vie au Mexique n'étaient pas assez attrayantes.

Le gouvernement de Díaz a également encouragé l'éducation primaire publique et l'hygiène comme moyens d'"améliorer la race". Le gouvernement pensait qu'en éduquant et en améliorant la santé de la population, il pourrait améliorer la qualité générale de la population et réduire le nombre d'individus "inférieurs". Cependant, ces politiques n'ont pas été mises en œuvre au profit de la majorité de la population, mais plutôt au profit des élites et des investisseurs étrangers. Ces politiques ont été fortement critiquées parce qu'elles étaient fondées sur des idées racistes et eugéniques et qu'elles ne répondaient pas aux idéaux de progrès et d'ordre, puisqu'elles n'amélioraient pas les conditions de vie de la majorité de la population. En outre, l'accent mis sur le "blanchiment" de la population a été critiqué pour son caractère raciste et pour avoir favorisé la marginalisation des communautés indigènes et afro-mexicaines.

Les chiffres économiques de la période porfirienne sont impressionnants, puisque le produit national brut (PNB) a augmenté de 8% par an en moyenne entre 1884 et 1900. Cette période a connu une expansion économique importante, et une véritable économie nationale s'est formée avec un marché intérieur. La construction de chemins de fer, l'expansion d'une agriculture orientée vers l'exportation et la modernisation de l'industrie ont contribué à cette croissance économique.

Cette période a également vu une augmentation des investissements étrangers et la modernisation du pays, avec la construction d'infrastructures, telles que des chemins de fer, des ports et des lignes télégraphiques, et la modernisation de l'industrie et des mines du pays. L'expansion de l'économie axée sur les exportations a contribué à stimuler la croissance économique. Cependant, elle a également conduit à une concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite, et elle était fondée sur l'exploitation de la terre et du travail de la majorité de la population. La croissance économique de cette période a été impressionnante, mais elle a également eu des conséquences sociales et environnementales importantes. La concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite a entraîné une pauvreté et des inégalités sociales généralisées, ainsi que l'exploitation de la terre et du travail de la majorité de la population. En outre, ces politiques ont été fortement critiquées pour ne pas avoir répondu aux idéaux de progrès et d'ordre, car la majorité de la population était exclue des bénéfices de la croissance économique et restait marginalisée.

Alors que l'économie était en pleine croissance durant la période porfirienne, la majorité des Mexicains étaient exclus des bénéfices de ce progrès. L'économie était de plus en plus dominée par les investisseurs étrangers, en particulier ceux des États-Unis, qui possédaient une part importante des plantations tropicales, des mines, des chemins de fer, du pétrole, des banques et de l'industrie légère. Cette situation a conduit à une concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite, et elle était basée sur l'exploitation de la terre et du travail de la majorité de la population.

La majorité des Mexicains, notamment les petits agriculteurs et les communautés indigènes, ont été déplacés et dépossédés de leurs terres. La majorité de la population est restée marginalisée et exclue des bénéfices de la croissance économique. En outre, ce modèle économique était fortement tributaire de l'exploitation des ressources naturelles, ce qui a entraîné une dégradation de l'environnement et la destruction des modes de vie traditionnels. Il convient de noter que ces politiques ont été fortement critiquées car elles ne répondaient pas aux idéaux de progrès et d'ordre, la majorité de la population étant exclue des bénéfices de la croissance économique et restant marginalisée. En outre, la dépendance à l'égard des investissements étrangers et l'exploitation des ressources naturelles ont été critiquées pour ne pas être durables et ne pas favoriser le développement à long terme du pays.

Pendant la période porfirienne, les disparités régionales dans le pays se sont considérablement accrues. La région centrale du Mexique, qui était connue comme le grenier à blé du Mexique, continuait à produire principalement du maïs, du blé et des haricots, mais cela ne suffisait pas à nourrir la population qui augmentait rapidement. De petites industries se développent dans la région, mais elles ne peuvent pas répondre à la demande croissante de nourriture et d'autres biens.

La plupart des terres de la région centrale sont occupées par de grands propriétaires terriens, qui se concentrent sur les cultures d'exportation, comme la canne à sucre, ce qui signifie que moins de terres sont disponibles pour la culture des aliments de base comme le maïs, le blé et les haricots. Cette situation a entraîné une pénurie de ces aliments de base et une augmentation des prix des denrées alimentaires, ce qui était particulièrement problématique pour les sans-terre et les groupes marginalisés qui ne pouvaient pas se permettre d'acheter de la nourriture à ces prix.

En outre, le surplus de main-d'œuvre sans terre a entraîné une baisse des salaires, les employeurs pouvant payer des salaires plus bas en raison de la forte concurrence pour les emplois. Cette situation, combinée à la hausse des prix des denrées alimentaires, a entraîné une baisse du niveau de vie de la majorité de la population de la région centrale.

Pendant la période porfirienne, la région nord du Mexique a connu des changements importants, devenant une importante région minière. La production de cuivre, de plomb, de zinc et d'argent s'est développée, de même que la culture du coton et l'établissement d'industries légères. La population du Nord a également augmenté, en raison de la migration de 300 000 Mexicains appauvris, en particulier des paysans du Mexique central qui avaient perdu leurs terres, ainsi que de l'installation d'environ 15 000 Américains qui étaient des investisseurs, propriétaires de mines et de grandes haciendas.

Le développement de l'exploitation minière et des industries légères dans le Nord a créé de nouvelles opportunités d'emploi, qui ont attiré de nombreux migrants d'autres régions du pays. Cependant, la majorité de ces emplois étaient peu rémunérés et dangereux, et les conditions de vie de la majorité de la population du Nord étaient mauvaises. En outre, la concentration de la propriété foncière entre les mains d'une petite élite et le passage à une agriculture orientée vers l'exportation ont entraîné une pauvreté et une inégalité sociale généralisées.

L’Ordre[modifier | modifier le wikicode]

Afin de mettre en œuvre les politiques de progrès et de développement, le régime porfirien a fortement insisté sur le maintien de l'ordre et le contrôle de la société. Pour ce faire, il utilise diverses méthodes, dont les principes "diviser pour régner" et "le pain ou le bâton".

Le principe de "diviser pour régner" était utilisé pour affaiblir le pouvoir de toute opposition potentielle en jouant différents groupes les uns contre les autres. Par exemple, le gouvernement favorisait certaines régions ou certains groupes ou créait des divisions au sein de la classe ouvrière ou des communautés indigènes.

Le principe du "pain ou du bâton" était utilisé pour contrôler la population en lui offrant des incitations ou des récompenses pour qu'elle se conforme au régime, ou en utilisant la répression et la force pour punir ceux qui s'opposaient au régime. Par exemple, le gouvernement offrait des emplois, des terres ou d'autres incitations à ceux qui soutenaient le régime ou utilisait l'armée et la police pour réprimer ceux qui s'y opposaient.

Le régime porfirien a également eu recours à la censure, à la propagande et à la surveillance pour maintenir son contrôle sur la population. Il a également réprimé l'opposition politique, supprimé la liberté d'expression et de la presse, et restreint les libertés civiles. Cette répression a été particulièrement ressentie par les travailleurs, les petits agriculteurs, les communautés indigènes et les dissidents politiques.

Un détachement de Rurales en uniforme de campagne pendant l'ère Diaz.

L'approche "du pain ou du bâton" du régime porfirien pour maintenir l'ordre et contrôler la société visait principalement l'élite et les piliers du régime, comme l'armée et l'église. Le régime offrait des incitations ou des récompenses, comme des emplois, des terres ou d'autres avantages, à ceux qui le soutenaient et étaient prêts à coopérer avec lui. Il s'agissait d'"acheter" le soutien de certains membres de l'élite et de les empêcher de s'opposer au régime.

Cependant, pour la majorité de la population, en particulier la classe ouvrière et les communautés indigènes, le régime s'appuyait principalement sur la répression et la force pour maintenir son contrôle. L'armée et la police ont été utilisées pour réprimer toute opposition au régime et pour maintenir le contrôle sur la population. Cette approche était particulièrement efficace dans les zones rurales, où la présence et le contrôle du gouvernement étaient plus faibles.

Porfirio Diaz, lui-même ancien officier militaire, a compris l'importance de contrôler l'armée afin de maintenir son emprise sur le pouvoir. Pour y parvenir, il a créé une force parallèle, connue sous le nom de "rurales", qui dépendait directement du gouvernement central et maintenait l'ordre dans les zones rurales. Cela permettait à Diaz d'exercer un contrôle sur la population rurale et de prévenir toute rébellion ou opposition potentielle.

Diaz a également cherché à maintenir la loyauté de l'armée régulière en augmentant les salaires et les avantages des soldats et des officiers, et en modernisant l'armée avec de nouvelles armes et de nouveaux équipements. En jouant sur la concurrence entre les rurales et l'armée régulière, Diaz espérait prévenir tout renversement potentiel.

Soulèvement des Indiens Yaqui - Guerriers Yaqui en retraite, par Frederic Remington, 1896.

Porfirio Diaz a entretenu une relation prudente et pragmatique avec l'Église catholique pendant son régime. Il n'a pas officiellement réformé la constitution pour supprimer les dispositions anticléricales de la constitution libérale de 1857, mais a préféré les ignorer. Diaz a rendu à l'Église catholique les monastères et les écoles religieuses qui avaient été confisqués sous le régime libéral précédent, et a permis à l'Église de continuer à jouer un rôle important dans la société.

En retour, l'Église soutient Diaz et son régime, et ne s'oppose pas ouvertement à ses politiques ni ne les critique. Cet accord informel entre l'Église et le gouvernement a permis à Diaz de conserver le soutien de l'Église et de ses fidèles, qui était considéré comme une source importante de pouvoir politique au Mexique à l'époque.

Les critiques, cependant, ont affirmé que cet accord informel entre Diaz et l'Église, bien que permettant à Diaz de conserver le soutien de l'Église, a conduit à l'ingérence de l'Église dans la politique et à la suppression des libertés religieuses, et a également eu un effet négatif sur l'éducation. En outre, le soutien de l'Église à Diaz et à son régime a été considéré comme une légitimation des politiques autoritaires du régime et de la répression de la dissidence politique.

Le régime de Porfirio Diaz s'est caractérisé par une politique de répression sélective, où il ciblait ceux qui s'opposaient à lui tout en permettant aux grands propriétaires terriens, aux banquiers et aux entrepreneurs de prospérer. Diaz a utilisé cette approche pour conserver le soutien de l'élite économique, tout en l'empêchant de devenir une menace politique pour son régime.

Diaz donnait souvent des terres, des concessions ou d'autres avantages à ceux qui le soutenaient politiquement, tout en lançant une répression contre ceux qui s'opposaient à lui. Cette approche permettait à Diaz de conserver le soutien d'une partie importante de l'élite économique, tout en les empêchant de devenir trop puissants ou de contester son propre pouvoir.

Comme le régime porfirien a investi massivement dans le développement des infrastructures et l'expansion de l'État, de nouveaux postes de fonctionnaires ont été créés pour gérer ces efforts. L'un des exemples les plus notables est l'expansion du réseau ferroviaire, qui permet le transport efficace de troupes et de fournitures vers différentes parties du pays.

Cette expansion du réseau ferroviaire a permis au gouvernement de répondre rapidement et efficacement à toute révolte ou soulèvement potentiel dans les zones rurales, en transportant des troupes et en réprimant toute opposition. Cette stratégie était considérée comme essentielle pour maintenir le contrôle et l'ordre sur la population, car elle permettait au gouvernement de répondre rapidement à toute menace potentielle pour son pouvoir.

Pendant le régime porfirien, plusieurs révoltes et soulèvements ont eu lieu dans les zones frontalières, notamment parmi les communautés indigènes telles que le peuple Yaqui dans le nord du Mexique. L'économie des Yaqui était basée sur l'agriculture, essentielle pour alimenter les zones minières, mais leurs terres ont été saisies par le gouvernement et les grands propriétaires terriens, ce qui a conduit à leur révolte.

Le gouvernement a répondu en envoyant l'armée pour réprimer ces révoltes, ce qui a souvent entraîné des massacres des communautés indigènes. De nombreux survivants ont ensuite été déportés de force pour servir de travailleurs forcés dans d'autres régions du pays, comme la péninsule du Yucatán. Le gouvernement et les officiers de l'armée y voyaient un moyen de tirer profit du travail forcé des indigènes et de réaliser des bénéfices sur leurs déportations.

Par exemple, en une seule opération, un colonel a réussi à déporter 15 700 hommes, femmes et enfants Yaqui en seulement trois ans. Les planteurs du Yucatán payaient 65 pesos pour chaque Yaqui, dont 10 pesos allaient au colonel et 55 pesos au ministère de la Guerre.

Cette politique de déportation et de travail forcé a été considérée comme une violation des droits de l'homme et des droits des indigènes. Elle a également été critiquée car elle a détruit les communautés, la culture et le mode de vie traditionnels des Yaqui. En outre, elle a entraîné l'exploitation des peuples indigènes pour une main-d'œuvre bon marché, ce qui a contribué au mécontentement croissant et à l'opposition au régime.

Le peuple Yaqui n'était pas le seul à être visé par la répression et la violence sous le régime porfirien. Les travailleurs, les opposants politiques et d'autres groupes qui s'opposaient au régime ont également fait l'objet de massacres et de déportations. Les grèves et les manifestations ouvrières ont fait l'objet d'une répression brutale de la part de la police et de l'armée, et de nombreux travailleurs ont été tués, blessés ou arrêtés.

Les opposants politiques au régime ont également été pris pour cible, et nombre d'entre eux ont été arrêtés ou exilés en raison de leur opposition au gouvernement. Cette situation a engendré un climat de peur et de répression, dans lequel de nombreuses personnes avaient peur de s'exprimer contre le gouvernement ou de participer à des activités politiques.

Diaz a pu maintenir son régime pendant une longue période en éliminant et en muselant l'opposition par la répression et la violence. Cependant, plusieurs facteurs s'accumulaient qui allaient finalement conduire au déclenchement de la révolution mexicaine en 1911.

Tout d'abord, le mécontentement croissant des classes ouvrières et des paysans, dû à la concentration de la propriété foncière et à la suppression des droits du travail. Le fossé entre l'élite riche et la majorité pauvre se creusait, et de nombreux Mexicains avaient du mal à gagner leur vie. En outre, le manque de représentation politique et la suppression de la dissidence ont suscité la frustration et la colère de la population.

Deuxièmement, une crise économique se développe en raison de la dépendance excessive à l'égard de l'exportation de matières premières et de la négligence des industries nationales. Cela a entraîné une baisse des exportations et une diminution de la croissance économique globale.

Troisièmement, l'approche musclée du régime pour maintenir l'ordre, notamment la répression brutale des grèves et de l'opposition politique, a suscité un ressentiment croissant au sein de la population. Ainsi que la migration forcée et le travail forcé de la population indigène.

Enfin, le régime de Diaz devenait de plus en plus autocratique et antidémocratique, Diaz lui-même étant au pouvoir depuis plus de 35 ans et manipulant les élections pour rester au pouvoir. Cela a conduit à un sentiment croissant de désillusion au sein de la population, qui était prête à un changement de gouvernement.

Tous ces facteurs ont contribué au déclenchement de la révolution mexicaine en 1910, qui a finalement abouti au renversement du régime porfirien et à l'établissement d'un nouveau gouvernement au Mexique.

La Première République du Brésil : 1889 - 1930[modifier | modifier le wikicode]

La proclamation de la République, par Benedito Calixto.

Après l'abolition, l'élite brésilienne a été confrontée à la question de l'organisation de la main-d'œuvre pour l'économie en pleine croissance du pays. En 1889, la monarchie brésilienne a été renversée par un coup d'État sans effusion de sang, et une république a été établie avec la devise "Ordre et progrès". Le nouveau gouvernement, dirigé par une petite élite de riches propriétaires terriens, d'industriels et de chefs militaires, a cherché à moderniser le pays et à promouvoir la croissance économique.

La Première République du Brésil, comme on l'a appelée, a mis en œuvre un certain nombre de politiques visant à promouvoir la modernisation et la croissance économique. Elle a notamment investi dans les infrastructures, comme la construction de chemins de fer et de ports, et créé une banque nationale. Le gouvernement a également encouragé les investissements étrangers et a cherché à inciter les immigrants européens à s'installer au Brésil.

Toutefois, ces politiques ont été mises en œuvre principalement au profit de l'élite du pays et des investisseurs étrangers, plutôt que de la majorité de la population. L'approche du gouvernement en matière de main-d'œuvre était fortement influencée par le darwinisme social, selon lequel certaines races étaient supérieures aux autres. Par conséquent, les politiques du gouvernement favorisent les immigrants blancs et discriminent les Afro-Brésiliens et les autochtones.

Le gouvernement a également maintenu un contrôle étroit sur la sphère politique, supprimant toute opposition ou dissidence. Il en résulte un manque de représentation politique pour la majorité de la population et un manque de responsabilité du gouvernement.

La Première République du Brésil a été marquée par un fossé croissant entre l'élite et la majorité de la population et par un manque de représentation politique et de responsabilité du gouvernement. L'économie du pays s'est développée au cours de cette période, mais cette croissance n'était pas répartie de manière égale, et la majorité de la population a continué à vivre dans la pauvreté. Ces facteurs ont contribué à la chute de la Première République du Brésil en 1930 et à l'avènement d'un nouveau gouvernement.

La Première République du Brésil, qui a duré de 1889 à 1930, était principalement contrôlée par une petite élite de riches propriétaires terriens, d'industriels et de chefs militaires qui cherchaient à moderniser le pays et à promouvoir la croissance économique, mais d'une manière qui leur profitait principalement à eux-mêmes et aux investisseurs étrangers. Ils ont utilisé l'idéologie du positivisme pour justifier leurs actions et maintenir la hiérarchie socio-spatiale qui existait sous la monarchie. Ils ont mis en œuvre des politiques telles que l'investissement dans les infrastructures, l'encouragement des investissements étrangers et de l'immigration. Néanmoins, ces politiques ont été mises en œuvre principalement au profit de l'élite, plutôt que de la majorité de la population, ce qui a conduit à un fossé croissant entre les riches et les pauvres, ainsi qu'à un manque de représentation politique et de responsabilité du gouvernement.

La population du Brésil pendant la Première République était encore largement concentrée sur les côtes et dans l'État du Minas Gerais, avec une population totale d'environ 14 millions d'habitants. Le vaste intérieur du pays était relativement peu peuplé, et l'accent mis par le gouvernement sur la modernisation et la croissance économique a principalement profité aux régions côtières et à l'État du Minas Gerais, plutôt qu'à l'intérieur. Cela a entraîné des disparités supplémentaires en matière de développement économique et de représentation politique entre les différentes régions du pays.

Au cours de la première République du Brésil, des changements socio-économiques importants se sont produits, notamment avec le déplacement du pouvoir économique du Nord-Est vers les États de Minas Gerais et de São Paulo, où la production de café augmentait rapidement. Les bénéfices des exportations de café ont été utilisés pour investir dans la création de nouvelles industries, ce qui a contribué à stimuler la croissance de centres urbains comme São Paulo. Dans le même temps, l'augmentation rapide de la population a créé un marché intérieur plus important pour les biens, ce qui a permis de remplacer les biens importés par des biens produits localement. Cela a entraîné un déplacement du pouvoir économique de l'élite traditionnelle vers une nouvelle élite urbaine d'industriels et d'entrepreneurs.

La première République du Brésil, bien qu'officiellement une république, était en fait dominée par les producteurs de café de São Paulo. Cela a conduit à un système de gouvernement qui ressemblait davantage à une fédération d'États relativement autonomes, chacun étant gouverné par de grands propriétaires terriens qui détenaient un pouvoir et une influence considérables. Ce groupe d'élite contrôlait également le gouvernement fédéral et l'armée. Le droit de vote était limité à un petit pourcentage de la population. Seuls les hommes de plus de 21 ans sachant lire et écrire et disposant d'une certaine somme d'argent avaient le droit de voter. Cela signifie que la majorité de la population, y compris la classe ouvrière et les pauvres des zones rurales, est effectivement exclue du processus politique. Ce système de gouvernement et d'exclusion politique a fini par entraîner la montée des mouvements populistes et des troubles sociaux, ce qui a conduit à la chute de la Première République en 1930.

Le Progrès[modifier | modifier le wikicode]

Le programme de progrès de cette république comprend, comme sous la monarchie, la construction des chemins de fer, la modernisation des ports, et la modernisation de la ville sur le modèle de Paris, en empruntant aux Anglais. Le gouvernement de la Première République du Brésil a cherché à moderniser les villes du pays, en mettant l'accent sur Rio de Janeiro et Sao Paolo. Pour ce faire, il a investi dans la construction de nouvelles infrastructures, telles que des routes et des bâtiments publics, et a encouragé la planification et le zonage urbains. Ils ont également cherché à rendre ces villes plus esthétiques en reproduisant l'architecture et l'aménagement urbain des villes européennes, notamment Paris. Ils ont notamment créé de larges boulevards, des parcs et des places publiques, et construit de grands bâtiments et monuments publics. Cette modernisation des villes a apporté quelques améliorations, mais a également entraîné le déplacement de nombreux habitants de la classe ouvrière et la destruction de quartiers historiques.

L'abolition de l'esclavage au Brésil s'est faite progressivement, avec la "loi d'or" de 1888, qui a officiellement aboli l'esclavage mais n'a prévu aucune compensation ou aide pour les anciens esclaves. En conséquence, de nombreux anciens esclaves ont été contraints de continuer à travailler dans les mêmes plantations qu'auparavant, mais désormais en tant que salariés mal payés. L'abolition de l'esclavage n'a pas amélioré la vie de la majorité des Afro-Brésiliens, car ils étaient toujours exclus des structures de pouvoir politique et économique du pays. Le "progrès" de la première République du Brésil a principalement profité aux élites et aux investisseurs étrangers, laissant la majorité de la population, en particulier les Afro-Brésiliens, marginalisés et défavorisés.

La première république a également vu la poursuite de l'accaparement des terres, en particulier dans la région de l'Amazonie, où de grandes plantations de caoutchouc ont été établies, souvent grâce au travail forcé des populations autochtones. Cela a conduit à la décimation de nombreuses populations indigènes de la région. En outre, le gouvernement a continué à soutenir la concentration de la propriété foncière entre les mains d'une petite élite, ce qui a entraîné le déplacement des petits agriculteurs et de la population indigène. Malgré la rhétorique du progrès, ces politiques ont perpétué les inégalités socio-économiques et l'exploitation qui existaient sous la monarchie.

Malgré ces efforts, très peu d'Européens ont effectivement migré au Brésil, de sorte que la population est restée majoritairement composée de personnes d'origine africaine et indigène. Le fossé entre les riches et les pauvres s'est également creusé, une petite élite contrôlant les ressources économiques et le pouvoir politique du pays. Dans le même temps, la majorité de la population est restée appauvrie et marginalisée. Cette hiérarchie socio-économique, associée à la répression brutale des travailleurs et des opposants politiques, a finalement conduit à un mécontentement généralisé et au renversement de la première république en 1930.

Cependant, la grande majorité de ces immigrants n'ont pas pu trouver un emploi dans les villes et ont été contraints de travailler dans les plantations de café dans de mauvaises conditions. Malgré ces efforts, la population d'origine africaine et indigène constituait toujours la majorité de la population et la hiérarchie socio-raciale restait inchangée. Le progrès des élites n'a pas amélioré la vie de la majorité de la population et a plutôt conduit à une exploitation et une oppression accrues.

L’Ordre[modifier | modifier le wikicode]

Pendant la première République du Brésil (1889-1930), les planteurs des États du sud ont utilisé des fonds publics pour faire venir des migrants européens afin de créer un marché du travail dominé par la libre concurrence. Toutefois, en réalité, cette stratégie a été utilisée comme un moyen de marginaliser les Afro-Brésiliens sur le marché du travail. Cette tactique a été efficace dans les régions les plus prospères et les emplois les mieux rémunérés, où les migrants ont systématiquement déplacé les travailleurs afro-brésiliens, ce qui a entraîné leur exclusion des usines et leur remplacement dans l'artisanat par des immigrants. En conséquence, les Afro-Brésiliens ont été relégués au travail domestique et à d'autres occupations marginales, avec un accès limité à l'éducation, aux soins de santé et aux autres services sociaux. Cette situation historique est un exemple de racisme et de discrimination systémiques qui a eu un impact durable sur la société brésilienne, perpétuant les inégalités économiques et sociales jusqu'à aujourd'hui.

La marginalisation des Afro-Brésiliens n'était pas seulement due au manque de qualifications, mais aussi au racisme qui régnait dans la société. Au moment de l'abolition, de nombreux Afro-Brésiliens n'étaient plus esclaves et étaient tout aussi qualifiés, sinon plus, que les migrants européens qui ont été amenés pour les remplacer sur le marché du travail. En outre, nombre de ces migrants étaient analphabètes, sans profession et ne parlaient pas portugais. Pourtant, ils bénéficiaient d'un traitement préférentiel par rapport aux Afro-Brésiliens en raison du racisme omniprésent dans la société. Cette situation historique illustre la façon dont le racisme et la discrimination peuvent créer des obstacles aux opportunités économiques et sociales pour les groupes marginalisés, même s'ils sont tout aussi qualifiés, voire plus, que les personnes qui sont choisies à leur place.

L'intégration sociale des Afro-Brésiliens, qui étaient autrefois réduits en esclavage, a été entravée par la discrimination et l'exclusion dont ils ont fait l'objet sur le marché du travail pendant la première République du Brésil (1889-1930). En conséquence, de nombreux hommes afro-brésiliens ont été confinés dans des emplois peu rémunérés dans les régions les plus pauvres ou dans les plantations, où les salaires étaient insuffisants. Parallèlement, les femmes afro-brésiliennes étaient principalement reléguées au service domestique, car il s'agissait de l'une des rares options d'emploi à leur disposition. Cette situation a contribué à la perpétuation de l'inégalité économique et sociale parmi les Afro-Brésiliens, rendant difficile leur intégration sociale et leur accès aux opportunités de mobilité ascendante. Ces facteurs historiques continuent d'influencer le bien-être économique et social des Afro-Brésiliens à l'heure actuelle.

La discrimination et l'exclusion auxquelles les Afro-Brésiliens ont été confrontés sur le marché du travail pendant la Première République du Brésil (1889-1930) ont entraîné la séparation des familles, la mère devenant souvent le principal soutien de famille. Cette situation a eu un double impact sur les pères afro-brésiliens, non seulement parce qu'il leur est difficile de trouver un emploi correctement rémunéré, mais aussi parce qu'ils sont marginalisés au sein de la famille. Il ne s'agit pas seulement d'un problème économique, mais aussi d'un problème social et culturel, car il va à l'encontre de la dynamique familiale traditionnelle et peut conduire à l'érosion de la structure patriarcale des familles afro-brésiliennes. Cela a contribué à la perpétuation des inégalités économiques et sociales parmi les Afro-Brésiliens, ce qui rend difficile leur intégration sociale et leur accès aux opportunités de mobilité ascendante.

Le positivisme racial, une idéologie qui met l'accent sur les différences biologiques et culturelles supposées entre les races et sur la supériorité supposée de certaines races sur d'autres, a eu un effet particulièrement pernicieux au Brésil. Contrairement à d'autres pays où la ségrégation est codifiée par la loi, au Brésil, il s'agit d'une forme de racisme plus subtile et discrète qui se manifeste dans la vie quotidienne. Malgré cela, il a toujours un impact important sur les Afro-Brésiliens, qui représentent une très petite minorité de la population et sont touchés de manière disproportionnée par la pauvreté, l'inégalité et l'accès limité à l'éducation, aux soins de santé et aux autres services sociaux.

L'élite brésilienne proclame souvent que le pays est une république et une démocratie raciale, mais cela est contredit par la réalité : seule une très petite minorité d'Afro-Brésiliens, généralement des mulâtres, parvient à s'élever socialement. Cela permet à l'élite de nier l'existence du racisme dans le pays et perpétue la marginalisation des Afro-Brésiliens. Cette situation historique illustre la manière dont des formes subtiles et discrètes de racisme peuvent avoir un impact significatif sur les groupes marginalisés, rendant difficile leur intégration sociale et leur accès aux opportunités de mobilité ascendante.

L'affirmation du Brésil comme une démocratie raciale, souvent utilisée par l'élite et l'État pour nier l'existence du racisme et de la discrimination dans le pays, a joué un rôle important dans la perpétuation de la marginalisation des Afro-Brésiliens. Ce récit permet à l'élite et à l'État de se décharger de toute responsabilité quant à la mauvaise condition socio-économique des Afro-Brésiliens après l'abolition de l'esclavage et de rejeter la faute sur la communauté afro-brésilienne. Cela implique que leur condition est le résultat de leur propre faute ou qu'ils sont racialement inférieurs.

Ce récit crée un cercle vicieux de racisme. Non seulement il absout l'élite et l'État de toute responsabilité, mais il perpétue également les stéréotypes et la discrimination auxquels les Afro-Brésiliens sont confrontés quotidiennement. Elle rend difficile l'accès des Afro-Brésiliens à l'éducation, aux soins de santé et aux opportunités d'emploi. Cela perpétue la marginalisation sociale et économique des Afro-Brésiliens et rend difficile leur intégration sociale et leur mobilité ascendante.

Il est important de noter que le mythe brésilien de la démocratie raciale, qui affirme que le racisme n'existe pas dans le pays, a coïncidé avec la transition de l'esclavage vers un système de travail libre et la transition d'une monarchie vers une république, plus précisément la Première République du Brésil (1889-1930). L'État et l'élite ont utilisé ce récit pour masquer la réalité de la structure socio-raciale qui s'est perpétuée après l'abolition de l'esclavage.

Pendant cette période, l'État et l'élite ont cherché à établir un régime d'ordre et de progrès autoritaire et élitiste. Ils ont utilisé le récit de la démocratie raciale pour cacher la réalité de la discrimination et de l'exclusion dont sont victimes les Afro-Brésiliens sur le marché du travail et dans la société en général. Ce récit a servi d'outil pour maintenir la structure socio-raciale qui existait sous l'esclavage, où les Afro-Brésiliens étaient marginalisés et se voyaient refuser l'accès à l'éducation, aux soins de santé et à la promotion économique.

Le mythe brésilien de la démocratie raciale, qui affirme que le racisme n'existe pas dans le pays, a coïncidé avec le passage de l'esclavage à un système de travail libre et la transition d'une monarchie à une république. L'État l'a utilisé, ainsi que l'élite, pour masquer la réalité de la structure socio-raciale qui s'est perpétuée après l'abolition de l'esclavage, et pour maintenir un régime autoritaire et élitiste qui reproduit l'ancienne structure socio-raciale.

Annexes[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]