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La Guerre froide en Amérique latine et la Révolution cubaine

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La Guerre froide en Amérique latine[edit | edit source]

1944 - 1946 : vague démocratique[edit | edit source]

Il y a une crise démocratique qui semble souffler en Amérique latine et notamment dans sept pays, Argentine, Brésil, Guatemala, Bolivie, Pérou, Haïti et au Venezuela ou la dictature est renversée pour faire place à une démocratie ; seul Cuba, le Honduras, le Nicaragua, le Salvador et le Paraguay continuent à être aux mains de dictateurs.

En général, les partis réformistes sont projetés au pouvoir par des classes moyennes de villes et gagnent avec l’appui des partis communistes et socialistes.

Avec la guerre, on a une reprise de l’industrialisation, mais l’entrée des États-Unis dans la guerre froide va plonger l’Amérique latine dans une longue période de perte de la démocratie et de renforcement militaire.

1947 : Ouverture stoppée par l’entrée des États-Unis dans la Guerre froide qui renforce le pouvoir militaire en l’Amérique latine[edit | edit source]

Les États-Unis imposent la politique antisoviétique aux autres nations américaines dans des réunions interaméricaines qu’ils dominent complément, ils obtiennent la signature du traité de Rio[1][2] d’assistance mutuelle faisant que la paix et indivisible dans les Amériques et qu’une attaque armée ou une simple menace contre les nations américaines et une attaque contre tous.

Les États-Unis se considèrent comme attaqués par les communistes et l’URSS alors toutes les nations latino-américaines doivent les suivre dans cette lutte.

L’OEA siège dans l’édifice de la « ’Pan American Union » à Washington DC.

En 1948, l’Organisation des États américains est créée, même si le principe de non-ingérence et de non-intervention est stipulé dans l’OEA, l’organisation est complètement dominée par les États-Unis qui font adopter une résolution qui spécifie que le communisme est incompatible avec la démocratie.

En 1960, les États-Unis considèrent l’Amérique latine comme une proie possible du communisme et d’une attaque militaire soviétique, or selon le traité de Rio, toute menace contre une partie des Amériques et une menace contre les États-Unis.

Le Congrès des États-Unis, au nom de la doctrine Monroe, vote une assistance militaire aux pays d’Amérique latine. Ces sommes servent à renforcer les armées latino-américaines, mais servent aussi à financer la vente d’armes de firme américaine aux nations américaines.

Cette aide est de l’argent qui va servir aux pays latino-américains afin d’acheter des armes à l’industrie étatsunienne.

Il y a également tout un programme de formation des armées avec très rapidement la mise en place de programmes de contre-insurgency c’est-à-dire des programmes de contre-révolte coordonnée par les États-Unis.

À partir de 1953, toute prétention à maintenir une façade prodémocratique dans la lutte de la menace communiste et la subversion étatsunienne et veine, toute prétention à la démocratie disparait et le but de l’administration étatsunienne devient de favoriser et de consolider des régimes anticommunistes en Amérique latine même s’ils sont aux antipodes de la démocratie.

Aux yeux de Washington, la dictature est devenue la forme la plus efficace de gouvernement afin de lutter contre le communisme.

Dès 1947 : vague antidémocratique[edit | edit source]

Des élites dirigeantes profitent de cette guerre froide. Ces élites se sentaient menacées par les classes moyennes pendant la guerre qui en profite pour museler les classes moyennes et liquider les opposants.

Tranvía en llamas frente al Capitolio Nacional durante el Bogotazo.

Des coups d’État mènent à l’établissement de dictatures en Équateur, au Pérou, au Venezuela ainsi qu’en Argentine et au Guatemala.

En Colombie, la violence politique de la droite fascisante débouche en 1946 à la victoire d’un conservateur qui va mener à la guerre civile appelée la Violencia qui fait au moins 250 000 morts jusqu’en 1954.

Dans les pays qui n’ont pas de couverture démocratique s’installent de véritables dynasties comme Batista qui règne sur Cuba entre 1934 et 1959, les Duvalier père et fils à Haïti, les Somoza au Nicaragua.

Seul l’Uruguay demeure une véritable démocratie.

Les trois éléments de la croisade anticommuniste en Amérique latine[edit | edit source]

La « croisade antidémocratique » comporte trois éléments :

  • élimination des partis communistes en les rendant illégaux. De 400 000 membres estimés en 1947 on en est à la moitié de ce nombre en 1952.
  • éviction de communistes des syndicats qui passent sous le contrôle de l’État. Washington place dans toutes ses ambassades des syndicalistes de l’AFL afin de créer des syndicats anticommunistes en Amérique.
  • exclusion diplomatique et coupures de relations diplomatiques avec l’URSS dans toutes les Amériques.

Le cas du Guatemala[edit | edit source]

Jacobo Arbenz Guzmán sur une fresque à Guatemala.
1954 Guatemalan “coup d’état”: the CIA memorandum (May 1975) which describes the role of the Agency in deposing the Guatemalan government of President Jacobo Árbenz Guzmán in June 1954. (1-5).

Le Guatemala symbolise l’essai d’ouverture démocratique pendant et après la guerre et les méthodes utilisées par les États-Unis afin de contraindre l’Amérique latine à l’obéissance après la guerre froide.

Le Guatemala est un petit pays avec un peu plus de 3 millions d’habitants dont les ¾ sont des Mayas, des paysans illettrés et qui parlent mal l’espagnol. L’économie dépend principalement de l’exportation du café et des bananes, la majorité des terres appartiennent à la United Fruit Company.

En 1954, après 13 ans de dictature, Juan Jose Arevalo est élu président de la république avec 85 % des voies avec un programme de démocratisation et de modernisation du pays.

Le pays se dote d’une nouvelle constitution inspirée de celle du Mexique et d’un code moderne du travail en même temps qu’est menée une campagne d’alphabétisation.

Succède à Arevalo, Jacobo Arbenz qui est de centre gauche, il a pour objectif de faire du Guatemala un État indépendant avec une économie capitaliste.

Il ne peut réaliser ce projet qu’en faisant une réforme agraire promulguée en 1952. Cette réforme autorise l’expropriation des terres non cultivées des grandes plantations avec une indemnisation par le gouvernement selon la valeur que les propriétaires ont déclarée aux impôts l’année précédente[3].

En 18 mois, 700 000 hectares sont distribués à 18 000 familles. Immédiatement, il y a opposition de la United Fruit Company parce qu’elle possède d’énormes étendues de terres dont 85 % ne sont pas cultivées, ce sont des réserves pour son expansion avenir.

Operation PBSUCCESS: US President Dwight D. Eisenhower and Secretary of State John Foster Dulles, the executor and the advocate of the 1954 Guatemalan “coup d’état” that deposed President Jacobo Árbenz Guzmán.

Le gouvernement offre 627 000 dollars d’indemnité. Il y a immédiatement une opposition au Guatemala, mais aussi depuis les États-Unis qui lancent des accusations de communisme[4][5].

Le gouvernement américain agit au nom de la United Fruit Company et demande 25 fois l’indemnité proposée en accusant Arbenz de communiste.

L’idée est que les petites nations d’Amérique centrale sont les maillons d’une seule chaine et que si le Guatemala tombe les autres nations vont tomber jusqu’à remettre en cause le canal de Panama qui pourrait tomber aux mains des Soviétiques.

Les États-Unis demandent à l’OEA une intervention militaire au Guatemala qui est refusé, la CIA organise une attaque depuis le Honduras en même temps que des exilés guatémaltèques organisent un coup d’État[6][7][8][9].

Arbenz est forcé à démissionner, mais il accuse directement la United Fruit Company et Washington provocant des manifestations antiyankees dans toute l’Amérique latine.

Eisenhower clame sa victoire contre les communistes et Moscou faisant remplacer le gouvernement de Arbenz par une dictature militaire, les expropriations sont annulées, les syndicats détruits et les personnes soupçonnées de communisme sont arrêtés, on ira jusqu’à interdire les misérables de Victor Hugo[10] et 18 000 personnes seront exécutées laissant libre champ à la United Fruit Company.

Dans la période de guerre froide, il y a un exemple différent où on essaie de faire une réforme au bénéfice de la population qui est la Bolivie.

La Révolution cubaine[edit | edit source]

Prélude[edit | edit source]

Fidel Castro firma como Primer Ministro de Cuba el 16 de febrero de 1959.

À la fin de 1958, le dictateur Batista est renversé par la guérilla de Fidel Castro représentant le plus gros échec des États-Unis.

En 1952, alors que les Cubains espèrent enfin des élections libres, Batista organise un coup d’État pour garder le pouvoir. Ses méthodes deviennent de plus en plus violentes faisant que rapidement il n’a plus que le soutien de Washington, de l’armée, de la garde rurale et le soutien de ses acolytes.

La quasi-totalité de l’économie cubaine ainsi que sa politique sont aux mains de corporations étatsuniennes et de Washington. Dans le cas de Cuba l’opposition à Batista est très diverse allant de partis catholiques à des groupes d’actions directes.

Premiers pas[edit | edit source]

Quand en décembre 1956, le jeune avocat Fidel Castro débarque dans l’est de Cuba avec son frère Raul et Guevara, personne ne croit à Cuba qu’ils peuvent renverser Batista.

Ils vivent cachés dans la montagne de la Siera Maestra protégée par les paysans locaux. À ce moment, ce sont les mouvements urbains qui mènent la lutte contre Batista.

Castro (right) with fellow revolutionary Camilo Cienfuegos entering Havana on January 8, 1959.

C’est seulement à partir de 1958 que les guerreros sous les ordres de Castro menacent Batista au moment où les États-Unis renoncent à approvisionner Batista en armes permettant à ce mouvement de grandir.

Les rebelles derrière Castro attaquent plus systématiquement l’armée et Batista répond par une répression qui touche de plus en plus les classes moyennes. Des partisans joignent le mouvement et le parti communiste cesse de les considérer comme des aventuriers.

En même temps, l’armée commence à lâcher Batista permettant au guerreros d’avancer vers La Havane sur trois fronts séparés.

Le 31 décembre 1958, Batista s’enfuit en avion, et trois jours plus tard, les troupes de Castro entrent à La Havane.

Même si quelques-uns de ces guerreros sont marxistes, Castro ne l’est pas.

En janvier 1959, les révolutionnaires n’ont pas vraiment de plan de gouvernement sauf quelques lignes générales qui sont l’indépendance nationale, donner du travail aux 600 000 cubains sans emplois, améliorer les conditions de vie dans les campagnes, baisser les loyers du logement dans les villes et développer l’éducation ainsi que la santé publique surtout dans les campagnes.

Ce programme tout comme au Guatemala n’a rien de communiste, mais s’oppose aux intérêts de Washington.

Fidel Castro et ses fidèles savent qu’ils ne se laisseront pas renverser par Washington, l’autre chose est qu’ils ne veulent pas partager le pouvoir avec les autres groupes.

Ils établissent des coalitions afin d’unir une majorité de Cubains derrière des buts communs, infléchir la corruption, la démocratie, la justice sociale et l’indépendance nationale. Très vite, cette coalition se divise et il y a lutte pour le contrôle du pouvoir. Fidel Castro neutralise tous ceux qui le menacent ou font de l’ombre à son pouvoir en mobilisant la populace dans une relation directe avec lui.

En même temps, il choisit de conserver et d’utiliser à son avantage le parti communiste puisque c’est le seul parti non corrompu qui a une infrastructure solide ainsi que l’expérience de la mobilisation populaire.

La mobilisation de la population derrière Castro débute déjà pendant la marche triomphale qui amène Castro de Santiago jusqu’à La Havane.

1959 - 1961 : Création ou restructuration des organisations de masse[edit | edit source]

Après 1959, la méthode populiste de Castro est diffusée à travers la télévision et la radio ; il convainc les audiences qu’il agit pour le peuple.

Très rapidement, il crée des organisations de masses avec l’aide du parti communiste. Tout d’abord, il y avait des organisations qui existaient déjà comme la Fédération des Étudiants Universitaires et la Fédération des Travailleurs Cubains.

"Long Live Socialism" CDR billboard in countryside on the way from Havana to Pinar del Río.
Federacion de Mujeres Cubanas.jpg

De nouvelles organisations de masse sont créées, une milice de 500 000 membres pour 6,7 millions d’habitants appelés le Comité de Défense de la Révolutio, sert à soutenir le pouvoir et à éliminer les ennemies intérieures. La mission de ces organisations est d’identifier les ennemies de la révolution et d’appliquer au niveau local les politiques sociales et de santé du gouvernement. Très vite, la plupart des adultes font partie de CDR.

En 1960 est créée la Fédération des Femmes Cubaines pour intégrer les femmes dans le processus. Est créé même temps l’Association de la Jeunesse Révolutionnaire et en 1961 c’est l’Association Nationale des Petits Agriculteurs afin d’organiser la paysannerie.

Pareillement de cette mise en association, Castro et ses proches concentrent tout le pouvoir politique entre leurs mains, tous les démocrates et les modérés ont démissionné.

Il n’y a plus de congrès, la justice est alignée sur le pouvoir exécutif sous l’égide de Fidel Castro, la presse et les églises sont passées sous contrôle gouvernemental, la plupart des associations privées ont disparu ; on est presque dans un régime quasi totalitaire, mais pas socialiste.

Diplomatie et réformes économiques[edit | edit source]

En même temps, le gouvernement envoie Guevara chercher de l’appui dans les pays non-alignés et socialistes.

L’exécutif lance un vaste programme de réformes économiques en mai 1959 et une réforme agraire qui exproprie avec compensations toutes propriétés de plus de 40 hectares les redistribuant à des coopératives, il est interdit aux étrangers d’acquérir de nouvelles terres.

En 1960, le secteur privé est nationalisé qu’il soit cubain ou étranger allant du pétrole, à l’électricité, au sucre, aux transports, aux commerces, aux petits commerces.

Réformes sociales[edit | edit source]

Le gouvernement lance aussi des réformes sociales spectaculaires dont en 1960 la fameuse campagne d’alphabétisation à l’issue de laquelle l’analphabétisme est pratiquement éradiqué, les conditions de travail se sont améliorées, les salaires augmentés, les loyers sont baissés.

Pendant les premières années de la révolution, c’est une véritable transformation, les pauvres vont s’installer dans les beaux logements des réfugiés cubains partis vers Miami, des vaches sont tuées en masse afin de donner de la viande et la nation se transforme fondamentalement grâce aux programmes menés servant de vitrine et propulsant Cuba aux Nations-Unies.

Tentatives des États-Unis de supprimer la révolution[edit | edit source]

Photographie de deux hommes se serrant la main tandis que de nombreux observateurs applaudissent.
Rencontre entre Fidel Castro et Khrouchtchev en 1961.

Pour les États-Unis, c’est une catastrophe, ils vont tout faire pour supprimer cette révolution. En 1958, en même temps qu’ils lâchent Batista, ils tentent de lui trouver un remplacement.

Avec la victoire de Castro, ce n’est plus possible et les relations avec Eisenhower se tendent. La réforme agraire va avoir d’importantes conséquences aux États-Unis, car de nombreuses terres appartenaient à l’United Fruit Company ou à des particuliers tandis que les communistes percent dans le gouvernement américain.

Du côté cubain, on est convaincu qu’aucune transformation profonde ne peut se faire sans changer les relations avec les États-Unis. Dès 1960, il y a une montée des tensions, la CIA tente d’assassiner Fidel Castro et essaie d’envahir Cuba.

Rembarquement des missiles soviétiques à Cuba.

Les révolutionnaires cubains se rapprochent de l’Union soviétique qui dès 1960 accepte d’aider Cuba économiquement. En octobre 1960, les Cubains exproprient tous les avoirs américains et les États-Unis imposent un embargo à Cuba qui est toujours en effet.

En 1961, les deux pays rompent leurs relations diplomatiques.

Aux États-Unis Kennedy est élu président, mais il ne va pas changer de politique envers Cuba et donne le « feu vert » à l’invasion de la baie des cochons se terminant par un fiasco[11][12][13][14][15][16]. La presque totalité des 1300 envahisseurs est emprisonnée à Cuba et Castro en profite pour faire arrêter 100 000 suspects dans la population cubaine.

En 1965, Castro déclare la révolution marxiste-léniniste. En 1962, Castro décide d’installer des missiles nucléaires à Cuba en provenance d’URSS. Sans que les Cubains ne soient consultés Khrouchtchev accepte de retirer ses missiles contre la promesse de ne pas envahir l’ile.

Conclusion[edit | edit source]

Dans les années 1960, il est possible de constater une montée des régimes autoritaires et dictatoriaux en Amérique latine, jusqu’à la chute de l’Union soviétique en 1989 la guerre froide se poursuit en Amérique latine au prix des libertés fondamentales.

Ce sont des années vraiment très difficiles pour l’Amérique latine de dictatures, de néolibéralisme, l’Amérique latine ne va s’ouvrir qu’après la Guerre froide.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]

  1. The treaty text hosted by the Organization of American States
  2. GENERAL INFORMATION OF THE TREATY: B-29
  3. Paterson, Thomas G. et al (2009) ; American Foreign Relations: A History, Volume 2: Since 1895, Cengage Learning, ISBN 0547225695, p. 304
  4. Holly, Susan K., and David S. Patterson. Foreign Relations of the United States, 1952-1954. U.S. G.P.O., 2003. url: https://books.google.fr/books?id=jY89Lqr5QnYC&lpg=PA106&dq=guatemala%20psywar&pg=PA106#v=onepage&q=guatemala%20psywar&f=false
  5. Immerman, Richard H. The CIA in Guatemala: the Foreign Policy of Intervention. University of Texas, 1982. url: https://books.google.fr/books?id=erAkfz6c9HoC&lpg=PA113&dq=guatemala%20psywar%20bernays&pg=PA113#v=onepage&q&f=false
  6. http://www.coha.org/NEW_PRESS_RELEASES/Matt%20Ward/MW_Appendix_A.htm
  7. AA, teleSUR -. “Invasión De EE.UU. En Guatemala, Causas y Consecuencias.” TeleSUR, TeleSUR, 27 June 2019, www.telesurtv.net/news/golpe-estado-guatemala-eeuu-20180627-0007.html.
  8. Jiménez, Hugo Murillo. “LA INTERVENCION NORTEAMERICANA EN GUATEMALA EN 1954. DOS INTERPRETACIONES RECIENTES.” Anuario De Estudios Centroamericanos, vol. 11, no. 2, 1985, pp. 149–155., www.jstor.org/stable/40682697.
  9. Chúa, Luis Morales. “El Papel De Guatemala En Asambleas De La OEA.” Prensa Libre, 25 Aug. 2017, www.prensalibre.com/opinion/el-papel-de-guatemalaen-asambleas-de-la-oea/.
  10. Le Livre noir de la CIA: Les archives dévoilées, Yvonnick Denoël
  11. Kornbluh, Peter. 1998. Bay of Pigs Declassified: The Secret CIA Report on the Invasion of Cuba. The New Press ISBN 1-56584-494-7 ISBN 978-1-56584-494-0
  12. Terrorismo "made in U.S.A." en el continente americano; una enciclopedia básica
  13. Higgins, Trumbull. 1987, 2008. The Perfect Failure: Kennedy, Eisenhower, and the CIA at the Bay of Pigs. Norton ISBN 0-393-30563-5, 978-0-393-30563-0
  14. Hunt, E. Howard. 1973. Give Us This Day. Arlington House ISBN 978-0-87000-228-1
  15. Johnson, Haynes. 1964, 1974. The Bay of Pigs: The Leaders' Story of Brigade 2506. W.W. Norton & Co ISBN 0-393-04263-4
  16. Jones, Howard. 2008. Bay of Pigs (Pivotal Moments in American History). OUP US ISBN 0-19-517383-X, 978-0-19-517383-3