L’Amérique latine vers 1850 : sociétés, économies, politiques

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Au milieu du XIXe siècle, il existait des contrastes importants entre l'Amérique latine et les États-Unis. Ces contrastes étaient motivés par les différentes voies de développement et d'indépendance que ces régions avaient empruntées. Si les deux régions ont connu le libéralisme économique, les impacts de ce système économique ont été ressentis différemment dans chaque région. L'Amérique latine a vu se développer une petite classe riche tandis que la majorité de la population restait pauvre, sans terre et exploitée. Aux États-Unis, le libéralisme économique a également conduit à l'élargissement du fossé entre les riches et les pauvres, le Nord s'industrialisant et se modernisant grâce à l'immigration tandis que le Sud, fortement dépendant de la production de coton par les esclaves, a conduit à la guerre civile. En outre, il y avait également des différences au sein de ces deux régions, avec des expériences et des résultats différents selon les pays ou les régions spécifiques en Amérique latine et aux États-Unis.

Le libéralisme économique était également mis en œuvre en Amérique latine. Ce système économique, qui met l'accent sur les marchés libres et une intervention minimale du gouvernement, était censé apporter prospérité et croissance à la région. Toutefois, les avantages de ce système économique ne sont pas répartis de manière égale. Une petite minorité d'individus et d'entreprises riches ont pu profiter des nouvelles opportunités offertes par le libéralisme économique, tandis que la grande majorité de la population était laissée pour compte. En conséquence, la majorité des habitants d'Amérique latine sont devenus de plus en plus pauvres, sans terre, exploités et précaires. Cela a conduit à une inégalité sociale et économique croissante et à un mécontentement au sein de la population, ce qui a eu des effets durables sur la région.

À cette époque, le libéralisme économique était également mis en œuvre aux États-Unis. Ce système économique mettait l'accent sur les marchés libres et une intervention minimale du gouvernement, et l'on pensait qu'il conduirait à la prospérité et à la croissance du pays. Cependant, comme en Amérique latine, les avantages de ce système économique n'étaient pas répartis de manière égale et le fossé entre les riches et les pauvres se creusait. Le Nord, qui s'industrialisait et se modernisait en partie grâce à l'arrivée d'immigrants, est devenu plus prospère et développé par rapport au Sud, qui dépendait fortement de la production de coton par les esclaves. Cela a conduit à un fossé croissant entre le Nord et le Sud, qui a finalement contribué au déclenchement de la guerre civile en 1861. La guerre civile a opposé les États-Unis d'Amérique, représentés principalement par le Nord, et les États confédérés d'Amérique, représentés principalement par le Sud, sur la question de l'esclavage et des droits des États, entre autres, et a duré jusqu'en 1865.

1825 - 1850 : instabilité et ajustements[modifier | modifier le wikicode]

Les guerres d'indépendance en Amérique latine sont une série de conflits qui se sont déroulés au début du XIXe siècle, entre 1810 et 1825, dans le but d'obtenir l'indépendance vis-à-vis des régimes coloniaux espagnol et portugais. Ces guerres ont été menées par des personnalités telles que Simon Bolivar au Venezuela et Jose de San Martin en Argentine. Après avoir obtenu leur indépendance, les pays nouvellement formés ont connu une période d'instabilité et d'ajustement, entre 1825 et 1850, alors qu'ils mettaient en place de nouveaux gouvernements et systèmes de gouvernance. Dans le cas du Brésil, il est devenu un empire sous Pedro Ier en 1822, mais l'esclavage est resté une institution importante sans qu'aucun changement politique majeur ne soit intervenu. Pour les anciennes colonies continentales de l'Espagne, l'indépendance a signifié un bouleversement politique et social important. Les colonies étaient sous domination espagnole depuis des siècles et étaient profondément ancrées dans la culture, les lois et les institutions espagnoles. Avec l'indépendance, les colonies ont dû créer de nouveaux systèmes politiques et structures de gouvernance, souvent avec peu de conseils ou d'expérience. En outre, les pays nouvellement indépendants ont dû faire face à des problèmes tels que la propriété foncière, le développement économique et les relations avec leurs anciens colonisateurs. Le processus d'établissement de nouveaux gouvernements et de nouvelles sociétés était souvent complexe et tumultueux, entraînant une période d'instabilité et d'ajustement dans les années suivant l'indépendance.

Les nouvelles nations qui ont obtenu leur indépendance de l'Espagne ont rejeté l'autorité suprême du roi d'Espagne, qui était considéré comme une figure protectrice et avait justifié son règne par la tradition et la religion catholiques. Avec l'indépendance, les nouvelles nations ont établi le principe de l'autorité constitutionnelle, selon lequel le pouvoir suprême est conféré à un document écrit, une constitution, qui régit le pays. Toutefois, cela a posé plusieurs problèmes, car la population de ces nations était en grande partie analphabète, ce qui rendait difficile la compréhension ou l'identification avec la constitution. En outre, les constitutions étaient souvent inspirées de celles des États-Unis et de la France, qui n'étaient pas forcément applicables ou pertinentes dans le contexte local, ce qui a entraîné des difficultés dans leur mise en œuvre. Cela a ajouté à l'instabilité et à la période d'ajustement que les nouvelles nations ont traversées après avoir obtenu leur indépendance.

Après l'obtention de l'indépendance, il y a eu une continuité significative en termes de structure économique de ces nouvelles nations, la propriété foncière restant la principale source de richesse, de statut et de pouvoir. Cependant, avec le changement de pouvoir politique, l'acquisition de terres est devenue un objectif clé pour les nouveaux dirigeants et les élites, car elle était considérée comme un moyen d'obtenir et de conserver le pouvoir politique. Les terres des Espagnols qui avaient quitté le continent après l'indépendance étaient considérées comme un "domaine national" et pouvaient être acquises, tout comme les terres des communautés indigènes, qui n'étaient plus protégées par le gouvernement colonial. En outre, de nombreux paysans qui travaillaient la terre n'avaient pas de titre de propriété sur les terres qu'ils exploitaient, ce qui les rendait vulnérables à l'accaparement des terres. Cette situation a entraîné une concentration de la propriété foncière entre les mains de quelques individus et groupes puissants, souvent au détriment de la majorité de la population.

Le type de constitution adopté par une nouvelle nation peut être une question litigieuse et entraîner des désaccords, voire une guerre civile. La constitution est l'autorité suprême qui gouverne un pays et elle définit le cadre du système politique et des institutions du pays ainsi que les droits et les responsabilités de ses citoyens. Les désaccords sur le type de constitution peuvent survenir lorsque différents groupes de la société ont des visions et des idées différentes sur la manière dont le pays devrait être gouverné et sur les droits et libertés à protéger. Par exemple, certains groupes peuvent souhaiter un gouvernement plus centralisé avec un pouvoir exécutif fort, tandis que d'autres peuvent préférer un système plus décentralisé avec plus de pouvoir accordé aux États ou aux régions. Ces divergences d'opinion peuvent conduire à des divisions et des conflits politiques et, dans certains cas, à une guerre civile si elles ne sont pas résolues par des moyens pacifiques.

Pour bien comprendre les défis auxquels sont confrontées ces nouvelles nations après leur accession à l'indépendance, il est important de considérer le contexte dans lequel elles ont émergé. Les économies et les entreprises de ces pays ont été partiellement détruites par les guerres d'indépendance, les laissant dans un état d'incertitude économique. Les élites créoles, qui avaient traditionnellement détenu le pouvoir sous le régime colonial, avaient peu d'expérience en matière de gouvernement, ce qui rendait difficile l'établissement de structures de gouvernance efficaces et efficientes. L'État en tant qu'organisation manquait de personnel, était sous-financé et devait préconiser des taxes et des impôts pour générer des revenus. En outre, les institutions chargées de l'application de la loi et de la sécurité étaient faibles et restaient à construire, ce qui rendait difficile le maintien de l'ordre et la protection des citoyens. Tous ces facteurs ont contribué à l'instabilité et à la période d'ajustement que ces nouvelles nations ont traversées après avoir obtenu leur indépendance, et ont rendu difficile la gouvernance et le développement efficaces de leur pays .

Au lendemain des guerres d'indépendance, l'institution la plus forte dans bon nombre de ces nouvelles nations était souvent l'armée. Ces armées étaient souvent formées dans le feu de l'action et n'étaient pas formées professionnellement, ce qui les rendait moins efficaces pour maintenir la paix et la stabilité. En outre, dans le contexte de la crise économique de l'après-guerre, l'armée est restée la principale voie de mobilité sociale, car elle était l'une des rares institutions à offrir des possibilités d'avancement et de stabilité économique. Cela a conduit à une situation où les militaires ont joué un rôle important dans la politique et la gouvernance, et ont souvent été impliqués dans des conflits internes, des coups d'État et des luttes politiques. Cela a contribué à l'instabilité et à la période d'ajustement que ces nouvelles nations ont traversées après avoir obtenu leur indépendance.

Après avoir obtenu leur indépendance, de nombreuses nouvelles nations d'Amérique latine ont traversé une période où la politique et l'État étaient dominés par des caudillos, ou hommes forts. Ces dirigeants étaient souvent issus des armées indépendantistes et avaient réussi à prendre le contrôle des terres et des ressources pendant la guerre. Ils exerçaient le pouvoir aux niveaux régional et national par le biais du contrôle de l'armée et d'un réseau de clientélisme aux niveaux local et régional. Ils se sont également souvent appuyés sur l'utilisation de la force brutale pour maintenir le pouvoir, ce qui a entraîné un manque de gouvernance démocratique et de stabilité. Cette période, connue sous le nom de "l'ère des Caudillos", a duré plusieurs décennies et se caractérise par un manque de stabilité politique, des guerres civiles, des coups d'État et la répression de l'opposition politique. Elle est considérée comme l'une des périodes les plus difficiles de l'histoire de ces nouvelles nations.

L'équivalent local du caudillo dans de nombreux pays d'Amérique latine est le cacique, un terme qui désigne une figure puissante locale, souvent un grand propriétaire terrien, qui exerce un contrôle important sur une certaine région ou communauté. Le cacique dispose généralement d'un réseau de personnes à charge, notamment des paysans, des métayers, des travailleurs asservis et parfois même de petits fonctionnaires municipaux, qu'il peut mobiliser et protéger. Ces personnes sont souvent redevables au cacique pour leur subsistance et leur protection, et le cacique, à son tour, utilise ce pouvoir et cette influence pour maintenir son contrôle sur la région et ses ressources. Le système cacique est souvent considéré comme une continuation du système colonial traditionnel, dans lequel une petite élite exerce son pouvoir et son contrôle sur la majorité de la population. Cela a également contribué à l'absence de gouvernance démocratique et de stabilité dans ces nouvelles nations.

Beaucoup de caudillos en Amérique latine étaient d'origine métisse ou mixte, ou étaient des cow-boys autodidactes, qui avaient accédé au pouvoir grâce à leurs compétences militaires et politiques. Parmi les exemples, citons Jose Antonio Páez au Venezuela, qui a régné de 1830 aux années 1850, Juan Manuel de Rosas en Argentine, qui a dominé de 1829 à 1832 et de 1835 à 1852. Benito Suarez, au Mexique, qui a détenu le pouvoir dans une grande partie du pays au milieu du XIXe siècle, était également d'origine mixte. Ces dirigeants, malgré leur manque d'éducation formelle, ont réussi à obtenir et à conserver le pouvoir grâce à une combinaison de force militaire, de sens politique et de charisme. Cependant, leur règne était souvent caractérisé par l'autoritarisme, la répression de l'opposition politique et l'absence de gouvernance démocratique, ce qui a contribué à l'instabilité et aux défis auxquels ces nouvelles nations ont été confrontées.

Les caudillos, même s'ils étaient d'origine modeste, n'avaient pas l'intention de changer la structure sociale existante, car ils en tiraient profit. Ils ont maintenu un système de hiérarchie socio-raciale où l'élite continuait d'être blanche et créole tandis que les classes populaires étaient principalement métisses, bien qu'il y ait des exceptions. Cependant, avec l'ascension de ces dirigeants, quelques hommes ont pu gravir les échelons dans l'armée ou dans l'administration régionale, ce qui était auparavant impossible sous le régime colonial. Cela est dû au fait que les caudillos, malgré leur autoritarisme et leur manque de gouvernance démocratique, ont créé des opportunités de mobilité ascendante pour certains individus issus des classes sociales inférieures, principalement par le biais de l'armée. Cela a conduit à un changement dans la hiérarchie traditionnelle qui était basée sur la caste et la pureté du sang, et qui est devenue une hiérarchie socio-raciale, où des individus de différents milieux sociaux pouvaient accéder à des postes de pouvoir.

Après avoir obtenu leur indépendance, les nouvelles nations ont adopté des constitutions et des lois républicaines qui, en principe, ne limitaient pas la position des individus en fonction de leur caste et de la pureté de leur sang, comme c'était le cas sous le régime colonial. Il s'agissait d'un changement important, car il offrait à des personnes issues de milieux sociaux différents la possibilité d'accéder à des postes de pouvoir et d'influence, et remettait en question la hiérarchie traditionnelle fondée sur la caste et la pureté du sang. Toutefois, dans la pratique, l'ascendance raciale est restée un facteur important dans la détermination du statut social et des opportunités, et il était difficile pour les personnes d'origine sociale inférieure, en particulier celles d'origine indigène ou africaine, d'accéder au pouvoir politique et aux opportunités économiques. Cela a conduit à la persistance d'une hiérarchie socio-raciale, où la classe d'élite est restée blanche et créole, tandis que les classes populaires étaient principalement métisses et que les personnes d'origine indigène et africaine étaient sous-représentées dans le pouvoir politique et économique.

Les caudillos, qui sont les figures politiques dominantes de cette période, dirigent des groupes d'intérêt et cherchent à prendre le contrôle de l'État par le biais de différentes institutions. Ils ont également cherché à acquérir davantage de terres en se faisant concurrence lors d'élections ou de guerres civiles. Cependant, ces guerres civiles se limitaient souvent à de petites régions et le nombre de morts n'était pas aussi élevé que dans d'autres conflits. Cela s'explique par le fait que ces guerres civiles opposaient souvent différents caudillos et leurs partisans, plutôt que différentes classes ou groupes de la société. En outre, les caudillos bénéficiaient généralement du soutien des communautés locales, qui comptaient sur eux pour leur protection et leurs moyens de subsistance, ce qui limitait encore l'ampleur des conflits. Cependant, malgré la portée et l'impact limités de ces guerres civiles, elles ont contribué à l'instabilité et aux défis rencontrés par ces nouvelles nations dans leurs efforts pour établir une gouvernance et un développement efficaces.

Pendant la période du règne des caudillos, les divers groupes d'intérêts et factions se sont progressivement transformés en partis politiques, prenant le nom de "conservateurs" et "libéraux". Cependant, il y avait peu de différences économiques et idéologiques entre ces groupes, car les élites conservatrices et libérales vivaient toutes deux de l'agriculture, du commerce, des recettes douanières et de la politique. Ces élites s'accordent sur la nécessité d'instaurer des régimes républicains plutôt que des monarchies, car les républiques sont considérées comme une forme de gouvernement plus moderne et plus progressiste, et elles sont en phase avec la tendance en Europe, qui est alors majoritairement sous contrôle monarchique. Toutefois, malgré leur accord sur la forme de gouvernement, ces partis politiques se livrent souvent à des luttes de pouvoir et à des conflits, ce qui contribue à l'instabilité et aux défis auxquels sont confrontées ces nouvelles nations.

La différence idéologique fondamentale entre les conservateurs et les libéraux concerne le contrôle social, plus précisément la manière dont les élites prévoyaient de contrôler la société de couleur, située dans un vaste territoire où la présence de l'État était faible. Les conservateurs prônent généralement le maintien de la hiérarchie sociale existante et des structures de pouvoir traditionnelles, et estiment que l'Église catholique doit continuer à jouer un rôle dans le contrôle social, comme elle l'a fait à l'époque coloniale, en conservant le monopole de la religion et le contrôle de l'éducation. Les libéraux, quant à eux, préconisaient un modèle plus moderne de séparation de l'Église et de l'État, ainsi que la sécularisation de la société, afin de créer un nouveau système de contrôle social. Cela pourrait être réalisé par des institutions telles que la police, les organisations professionnelles et un système d'éducation plus avancé et plus répandu. L'idée des libéraux était de créer une société plus séculaire et progressiste, où l'église aurait moins de pouvoir sur le peuple et où l'État aurait plus de contrôle sur la société.

Les conflits des années 1825 et 1850 entre les conservateurs et les libéraux, s'ils n'ont pas été dévastateurs en termes de pertes humaines, n'ont touché qu'une petite partie de la population de chaque pays, mais ils ont ralenti la production et le commerce. Ces guerres civiles obligeaient les pays à entretenir des armées importantes et coûteuses, ce qui pesait sur l'économie. De plus, les secteurs des matières premières et de l'agriculture, qui étaient le pilier de l'économie, ont mis du temps à se rétablir, ce qui a entravé le développement d'une économie d'exportation. Il en a résulté un manque de croissance et de développement économiques, ce qui a contribué aux difficultés rencontrées par ces nouvelles nations dans leurs efforts pour établir une gouvernance et une stabilité efficaces.

D'autre part, la population étant très appauvrie, elle a résisté à l'augmentation des impôts, ce qui a rendu difficile la collecte efficace des impôts par les nouvelles administrations. En outre, les nouvelles administrations ne disposaient pas de suffisamment de fonctionnaires et de ressources pour collecter efficacement les impôts. Le principal secteur taxé étant le commerce, de nombreux pays ont dû contracter des emprunts auprès de puissances étrangères, notamment les Britanniques, pour financer leurs dépenses gouvernementales et militaires. L'Amérique latine, y compris des pays comme Haïti, est ainsi entrée dans un cycle d'endettement et de contrôle de son économie par l'étranger, car ces prêts devaient être remboursés avec des intérêts et le fardeau de la dette entravait le développement économique. Cela a contribué aux difficultés rencontrées par ces nouvelles nations dans leurs efforts pour établir une gouvernance et une stabilité efficaces.

1850 - 1870 : l’ère libérale[modifier | modifier le wikicode]

La période allant de 1850 à 1870 est souvent qualifiée d'"ère libérale" en Amérique latine. Au cours de cette période, de nombreux pays ont connu d'importants changements politiques et économiques. Les mouvements libéraux qui avaient émergé pendant la période du caudillo ont pris de l'ampleur et de nombreux pays ont connu un processus de libéralisation, caractérisé par la mise en œuvre de réformes plus progressistes, telles qu'une plus grande participation politique, la liberté de la presse et une liberté économique accrue. Les libéraux ont cherché à créer une société plus laïque et progressiste, où l'église aurait moins de pouvoir sur le peuple et l'État aurait plus de contrôle sur la société. Le rôle de l'État dans l'économie est réduit et le secteur privé est encouragé à se développer. Cette période a été marquée par un certain nombre de guerres civiles, de coups d'État et de luttes politiques, mais elle a également débouché sur une société plus stable et progressiste à long terme.

Génération née après les indépendances[modifier | modifier le wikicode]

Alors que l'ère du caudillo touchait à sa fin, une nouvelle génération de dirigeants est apparue, née après l'indépendance et éduquée en dehors du contrôle colonial et ecclésiastique. Cette génération de dirigeants avait une perspective plus moderne et progressiste et était plus disposée à mettre en œuvre des politiques plus libérales. Grâce à leur leadership, les exportations de plusieurs pays d'Amérique latine, notamment du Brésil, ont augmenté. Cette nouvelle génération de dirigeants a également joué un rôle important dans la promotion de réformes plus progressistes et libérales, telles qu'une plus grande participation politique, la liberté de la presse et une liberté économique accrue. Ils ont également cherché à créer une société plus laïque et progressiste, où l'église aurait moins de pouvoir sur le peuple et où l'État aurait plus de contrôle sur la société. Le rôle de l'État dans l'économie est réduit et le secteur privé est encouragé à se développer. Cette période a marqué une transition de l'ère caudillo vers une société plus stable et plus progressive.

La période de 1850 à 1870 a été marquée par une croissance économique et un développement accrus en Amérique latine, dus en grande partie à la demande croissante de matières premières et de produits agricoles tropicaux en Europe, suite à l'industrialisation de l'Europe. L'Europe avait besoin de quantités croissantes de cacao, de sucre, de blé, d'engrais pour son agriculture, de laine pour son industrie textile et de métaux pour la production d'outils et de machines. Cela a créé de nouvelles opportunités pour les pays d'Amérique latine d'exporter ces produits, ce qui a entraîné une croissance économique et un développement accrus. Cette période a également vu une augmentation des investissements étrangers en Amérique latine, les pays européens cherchant à s'assurer un accès à ces précieuses ressources. Ces investissements étrangers ont permis le développement des infrastructures et de l'industrie en Amérique latine, ce qui a encore renforcé la croissance économique et le développement.

Pour répondre à cette demande croissante de matières premières et de produits agricoles tropicaux, les gouvernements des pays d'Amérique latine ont commencé à investir dans les infrastructures nécessaires à l'exportation de ces produits en grandes quantités. Par exemple, le Pérou a commencé à exporter du guano comme engrais, le Brésil a exporté du café, le Venezuela a exporté du cacao, le Mexique a exporté des minéraux et les pays des Caraïbes ont exporté du sucre. Cette activité d'exportation accrue a entraîné une croissance et un développement économiques et a ouvert de nouvelles voies d'enrichissement et de mobilité sociale au-delà de l'armée. Cette période a marqué le début de "l'ère libérale" en Amérique latine, caractérisée par des politiques plus progressistes et une plus grande liberté économique, qui ont contribué à stimuler la croissance économique et le développement. Grâce à ces changements, davantage de personnes ont eu accès à des opportunités économiques et à la mobilité sociale, ce qui a contribué à une société plus stable et progressiste.

Les Libéraux au pouvoir[modifier | modifier le wikicode]

L'année 1848 est marquée par une révolution en Europe, connue sous le nom de "printemps des peuples", qui a vu le renversement des monarchies et la montée des mouvements libéraux sur tout le continent. La révolution de 1848 en France a conduit au renversement de la monarchie de Juillet et à l'abolition de l'esclavage dans les dernières colonies françaises d'Amérique, comme la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. De même, l'Angleterre avait aboli l'esclavage en 1838. Ces événements ont eu un impact important sur l'Amérique latine, car l'abolition de l'esclavage en Europe a entraîné une pression accrue sur les pays d'Amérique latine pour qu'ils fassent de même. Ces événements ont contribué au déclin de l'ère des caudillos, qui dépendaient largement du travail des esclaves, et ont laissé la place à une nouvelle génération de dirigeants plus disposés à mettre en œuvre des politiques plus progressistes. En outre, les mouvements libéraux qui ont émergé en Europe au cours de cette période ont également influencé la montée des mouvements libéraux en Amérique latine, ce qui a contribué à la libéralisation de la société et de l'économie.

Les bouleversements politiques de 1848 en Europe ont également eu un impact significatif sur l'Amérique latine, car les mouvements libéraux qui ont émergé à cette époque ont également influencé la montée des mouvements libéraux en Amérique latine. Cela a conduit à la libéralisation de la société et de l'économie et, presque partout, les libéraux ont pris le pouvoir, par le biais d'élections ou de coups d'État. Les artisans ont formé des clubs pour se mobiliser contre l'esclavage, et l'idéologie des nouveaux hommes au pouvoir était le libéralisme. Cela a contribué à ouvrir la voie à une société et une économie plus progressistes et libérales, où l'esclavage a été aboli et où davantage de personnes ont eu accès aux opportunités économiques et à la mobilité sociale. Cette période a marqué la transition entre l'ère du caudillo et une société plus stable et progressiste.

Durant cette ère libérale, l'idéologie du libéralisme a non seulement influencé les politiques économiques, mais aussi la pensée, la religion et les mouvements. Cela a conduit à une série de réformes progressistes. Presque toutes les nations devenues indépendantes ont aboli l'esclavage entre 1851 et 1854, dans de nombreux pays des milliers d'esclaves ont été libérés sans recevoir aucune compensation. Cependant, dans certains endroits, l'esclavage a persisté plus longtemps, par exemple en Bolivie et au Paraguay jusqu'aux années 1830, dans les Caraïbes jusqu'en 1873 à Porto Rico, et à Cuba jusqu'en 1886. Au Brésil, l'esclavage a été aboli en 1888. Cette abolition de l'esclavage a constitué une étape importante vers une société et une économie plus progressistes et libérales, où davantage de personnes avaient accès aux opportunités économiques et à la mobilité sociale.

Les nouvelles constitutions qui ont été mises en œuvre durant l'ère libérale étaient presque toutes de nature libérale et garantissaient la séparation entre l'Église catholique et l'État. Cette séparation de l'Église et de l'État était un aspect essentiel du libéralisme, car elle a contribué à créer une société plus laïque et progressiste. Toutefois, le Brésil fait exception à cette tendance car il est encore un empire et maintient une relation étroite entre l'Église et l'État. Dans la plupart des pays, l'État a saisi les biens de l'Église catholique et des congrégations religieuses dans le cadre du processus de libéralisation, ce qui a encore réduit le pouvoir de l'Église sur la société et l'État.

Au cours de l'ère libérale, le suffrage s'est démocratisé et de nombreux pays ont supprimé l'obligation de posséder des biens ou de savoir lire et écrire pour pouvoir voter. Par exemple, en Colombie en 1853, et au Mexique en 1857, le suffrage universel a été adopté pour les hommes, et tout le monde a été décrété citoyen. En outre, les titres de noblesse ont été abolis dans le cadre du processus de libéralisation. Ces changements ont contribué à créer une société plus démocratique et plus inclusive, où davantage de personnes avaient leur mot à dire dans le processus politique. L'introduction du suffrage universel pour les hommes a constitué une étape importante vers une plus grande participation et représentation politiques de tous les citoyens.

L’augmentation des exportations[modifier | modifier le wikicode]

Pendant l'ère libérale, les gouvernements ont appliqué les principes du libéralisme économique, qui met l'accent sur le rôle du secteur privé dans la croissance et le développement économiques. Cela a conduit à l'augmentation des exportations, le secteur privé étant encouragé à développer et à exporter des matières premières et des produits agricoles pour répondre à la demande croissante en Europe. Cependant, ces politiques ont également eu des conséquences négatives, car l'État a souvent mis les ressources publiques au service du secteur privé, ce qui a eu pour effet de détourner les ressources des besoins de la grande majorité de la population. Cela a conduit à une augmentation des inégalités, les bénéfices de la croissance économique n'étant pas largement partagés au sein de la population. Les politiques économiques de l'ère libérale, tout en contribuant à stimuler la croissance économique et le développement, ont également eu des conséquences négatives pour la majorité de la population, en particulier la classe ouvrière et les communautés autochtones.

Les gouvernements ont mis en œuvre des politiques visant à promouvoir les exportations et à encourager le secteur privé à être le moteur de la croissance économique et du développement. Pour ce faire, ils ont fourni des terres fertiles aux grands entrepreneurs, offert des prêts gouvernementaux pour développer les infrastructures de transport et veillé à ce qu'une main-d'œuvre abondante soit disponible pour travailler sur ces projets. Ces politiques étaient conçues pour créer les meilleures conditions possibles pour les entrepreneurs et les exportateurs, mais elles ont souvent eu des conséquences négatives pour la majorité de la population. Ces politiques ont entraîné le déplacement de petits agriculteurs et de communautés indigènes, l'exploitation de la classe ouvrière et la négligence d'autres domaines importants tels que les services sociaux et les infrastructures dont la population aurait pu bénéficier.

À cette époque, les gouvernements ont mis en œuvre des politiques visant à promouvoir le libéralisme économique en accordant des subventions et d'autres formes de soutien financier au secteur privé à l'aide de fonds publics. L'idée derrière ces politiques était de stimuler la croissance et le développement économiques en encourageant l'entreprise privée. Dans le même temps, le gouvernement a également assuré la protection de l'État en mettant en œuvre des mesures visant à réglementer et à contrôler l'entreprise privée. Ces mesures visaient à garantir que le secteur privé opère dans le meilleur intérêt du pays et de la population dans son ensemble. Cependant, ces politiques ont souvent été critiquées pour avoir favorisé les intérêts des riches et des puissants au détriment de la classe ouvrière et des communautés marginalisées.

Les trois conditions indispensables[modifier | modifier le wikicode]

Le contrôle de la terre[modifier | modifier le wikicode]

Pendant l'ère libérale, les gouvernements ont mis en œuvre des politiques visant à mettre les terres les plus productives entre les mains d'entrepreneurs qui s'engageaient à investir dans ces terres et à en maximiser la valeur. Cela s'est fait par la vente de terres qui appartenaient auparavant à la couronne espagnole. Ces terres étaient souvent vendues sans tenir compte des droits des personnes qui vivaient sur ces terres et n'avaient pas de titre de propriété privé. Cela a entraîné le déplacement des petits agriculteurs et des communautés indigènes, ainsi que la concentration des terres entre les mains d'un petit groupe de riches propriétaires terriens. Ce contrôle des terres était considéré comme l'une des conditions essentielles permettant au gouvernement de stimuler la croissance économique et le développement, mais il a également eu des conséquences négatives pour la majorité de la population.

La loi Lerdo au Mexique, adoptée en 1858, est un exemple de la manière dont les gouvernements ont utilisé des moyens légaux pour déposséder certains groupes de personnes de leurs terres. Cette loi visait les biens de l'Église catholique sous couvert d'une loi contre la propriété collective, et elle a été utilisée comme un outil pour transférer de grandes quantités de terres de l'Église à des particuliers. Cette loi a également été utilisée pour déposséder les communautés indigènes de leurs terres communales au nom de la propriété privée, ce qui a entraîné la perte de terres et de ressources pour ces communautés. Ce type de loi a été utilisé pour justifier la concentration des terres entre les mains d'un petit groupe de riches propriétaires terriens, ce qui a eu des conséquences négatives pour la majorité de la population.

L'ère libérale a été marquée par des transferts de terres à grande échelle, qui ont souvent bénéficié aux propriétaires créoles, aux entreprises étrangères et à un petit nombre d'immigrants, au détriment des peuples autochtones et des paysans de toutes races et couleurs. Le résultat de ce processus est que de nombreuses personnes ont été déplacées de leurs terres et se sont retrouvées sans moyens de subsistance. Les politiques du gouvernement en matière de propriété foncière ont contribué à créer une main-d'œuvre docile, abondante et bon marché, car les personnes déplacées ont été contraintes de travailler pour de faibles salaires sur les terres qui leur ont été retirées. Ce processus de concentration des terres a entraîné une augmentation des inégalités et de l'injustice sociale, car la majorité de la population n'a pas pu bénéficier de la croissance économique et du développement en cours.

La modernisation des transports[modifier | modifier le wikicode]

Pendant l'ère libérale, l'une des principales priorités de nombreux gouvernements était la modernisation des transports. Avant cette période, le transport se faisait principalement par des sentiers sur des mules ou par la main d'œuvre humaine. Cependant, à mesure que les besoins d'exportation augmentaient, il est devenu évident que l'infrastructure de transport existante n'était pas suffisante pour répondre aux demandes de l'économie croissante. Pour résoudre ce problème, de nombreux gouvernements libéraux ont signé d'importants contrats, souvent avec des entreprises britanniques, pour construire des routes, des chemins de fer, des canaux et des ports maritimes. Il s'agissait d'un pas important vers la modernisation des transports en Amérique latine, et cela a contribué à accroître l'efficacité du commerce et des exportations. Mais elle a également eu un impact important sur l'environnement et sur les communautés indigènes qui vivaient dans les zones où l'infrastructure a été construite.

Dans le cadre du processus de modernisation des transports, de nombreux gouvernements se sont endettés davantage, car le coût de construction de ces projets d'infrastructure était élevé. Ces réseaux de transport étaient principalement conçus pour faciliter l'exportation de produits tropicaux et miniers, plutôt que pour créer un système de communication qui intégrerait les différentes régions d'un pays ou permettrait de voyager entre les nations d'Amérique latine. Le développement de ces réseaux a souvent négligé les régions frontalières, qui étaient principalement habitées par des populations indigènes et n'avaient que peu ou pas de liens avec l'État. Le manque d'infrastructures et de communication dans ces régions a marginalisé davantage ces communautés et a entravé le développement de ces zones.

L’existence d’une main-d’œuvre abondante, docile, flexible et bon marché[modifier | modifier le wikicode]

Les gouvernements libéraux de l'époque cherchaient également à créer une main-d'œuvre abondante, docile, flexible et bon marché. Les anciens esclaves ne bénéficiaient d'aucune aide de l'État pour s'intégrer dans la société et étaient souvent livrés à eux-mêmes. Dans certains cas, comme au Pérou, les propriétaires d'esclaves ont été indemnisés pour la perte de leur "propriété humaine", ce qui a perpétué l'exploitation de ces personnes. Les gouvernements ont également promulgué des lois anti-vagabondage qui permettaient de condamner les vagabonds au travail forcé ou de les enrôler de force dans les armées. Cette mesure visait à garantir un approvisionnement constant en main-d'œuvre bon marché pour répondre à la demande d'une économie en pleine croissance. Ce processus de travail forcé et de conscription a eu un effet néfaste sur les individus qui ont été contraints de travailler et a contribué à la poursuite de l'inégalité et de l'injustice sociales.

Outre les anciens esclaves et les vagabonds, les personnes qui ont été dépossédées des terres qui les font vivre, comme les petits agriculteurs sans titre de propriété et les autochtones, sont venues s'ajouter à la main-d'œuvre disponible. Ces personnes devenaient souvent des métayers qui devaient verser une partie de leur récolte aux propriétaires terriens ou devenaient des péons, c'est-à-dire des travailleurs agricoles asservis aux haciendas et aux grandes plantations par un système d'endettement, également appelé "péonage pour dette". Ce système les obligeait à acheter des biens au magasin de l'hacienda à des prix exagérés, en utilisant des jetons prélevés sur leur salaire anticipé. Cela les maintenait dans un cycle d'endettement et les obligeait à rester attachés à l'hacienda, sans pouvoir en sortir. Ce système de travail forcé et d'endettement contribuait à la poursuite de l'inégalité et de l'injustice sociales.

Afin de créer cette main-d'œuvre abondante, même avant la fin de l'esclavage, des pays comme le Pérou et Cuba se sont tournés vers l'Asie pour importer des coolies, c'est-à-dire des travailleurs venus d'Inde ou de Chine, principalement utilisés pour des travaux manuels comme le ramassage du guano et le travail dans les plantations de canne à sucre. Par exemple, un total de 100 000 Chinois ont été importés pour ramasser le guano et le sucre au Pérou et 150 000 pour les plantations de sucre à Cuba. Comme les esclaves africains, ils étaient soumis à de mauvaises conditions de vie, sous-alimentés, battus et fouettés, ce qui entraînait souvent la mort. L'importation de ces coolies s'inscrit dans la continuité des pratiques d'exploitation de la main-d'œuvre mises en place à l'époque coloniale et perpétue le cycle de l'inégalité et de l'injustice sociales.

Malgré la montée du libéralisme, le travail forcé s'est poursuivi sous diverses formes. L'esclavage persiste au Brésil et à Cuba, mais aussi des formes plus modernes comme le péonage pour dette et l'importation de main-d'œuvre engagée en provenance d'Asie. Ce système multiforme de travail forcé perpétue le cycle d'inégalité sociale et d'injustice qui s'est établi pendant l'ère coloniale, et il restera un défi majeur pour les pays d'Amérique latine tout au long du siècle suivant.

L'augmentation des exportations s'accompagne d'une augmentation des importations en Amérique latine. Les pays importaient des outils, des instruments, des armes, des machines et parfois même des textiles et des biens de consommation courante, principalement de pays industrialisés comme l'Angleterre. Cette dépendance à l'égard des importations étrangères a entraîné un déséquilibre commercial et une dépendance économique accrue à l'égard des pays développés, ce qui aurait des conséquences à long terme sur le développement économique de l'Amérique latine.

Cette forte dépendance aux importations a eu un impact important sur l'artisanat local en Amérique latine. Les artisans locaux, dont les techniques remontaient à l'époque coloniale, produisaient pour un marché intérieur très restreint et n'étaient pas en mesure de concurrencer les produits fabriqués en série dans les usines, notamment en Angleterre. En effet, les produits européens étaient plus compétitifs, même avec les coûts de transport, car les salaires en Europe étaient beaucoup plus bas, ce qui permettait une production massive. Cette situation a entraîné le déclin de l'artisanat local et une dépendance économique accrue vis-à-vis de l'étranger, ce qui a eu des conséquences à long terme sur le développement économique de l'Amérique latine.

L'industrie nationale de l'Amérique latine ne s'est pratiquement pas développée pendant cette période en raison de cette politique économique libérale. Les gouvernements n'ont pas pris de mesures pour protéger les industries locales de la concurrence étrangère, ce qui a entraîné le déclin de l'artisanat et de la fabrication locale. Ce manque de protection des industries nationales a perpétué la dépendance économique vis-à-vis des importations étrangères et a eu des effets négatifs à long terme sur le développement économique de la région.

Pourquoi le choix du libéralisme économique ?[modifier | modifier le wikicode]

Le libéralisme économique a été choisi comme politique économique dominante en Amérique latine dans les années 1850 et 1860 pour diverses raisons. L'une des principales raisons était la conviction que les produits manufacturés importés étaient de meilleure qualité et que le protectionnisme limiterait la capacité à générer des revenus grâce aux taxes à l'importation et à l'exportation. En outre, de nombreuses élites dirigeantes d'Amérique latine ont été influencées par les idées économiques qui prévalaient en Europe et aux États-Unis à l'époque, lesquelles mettaient en avant les vertus du libre-échange et des politiques économiques de laissez-faire. En outre, de nombreuses élites dirigeantes étaient fortement investies dans l'économie d'exportation et auraient bénéficié de la poursuite de ce modèle économique.

En outre, les nouveaux gouvernements libéraux considéraient souvent le libéralisme économique comme un moyen de se moderniser et de rattraper les pays industrialisés d'Europe et d'Amérique du Nord. Ils pensaient qu'en ouvrant leurs économies au commerce et aux investissements étrangers, ils seraient en mesure d'importer de nouvelles technologies, de nouvelles connaissances et de nouvelles idées, et donc de stimuler la croissance économique et le développement. Cependant, la réalité est que les politiques économiques mises en œuvre ont souvent favorisé les intérêts des entreprises étrangères et de l'élite locale, au détriment de la majorité de la population. Cela a conduit à une augmentation de la pauvreté et des inégalités, et à une perpétuation de la dépendance vis-à-vis des puissances étrangères, plutôt qu'à un véritable développement économique.

En outre, l'élite dirigeante de ces pays avait souvent peu d'intérêt à promouvoir l'industrie nationale, car elle était elle-même souvent impliquée dans l'exportation de matières premières et de produits agricoles, et avait donc tout intérêt à maintenir le statu quo. En outre, bon nombre de ces élites ont été éduquées en Europe et ont été fortement influencées par les idées du libéralisme classique, qui mettait l'accent sur le libre-échange et une intervention minimale du gouvernement dans l'économie. Cette idéologie, combinée à la pression des commerçants et investisseurs étrangers, a conduit de nombreux gouvernements latino-américains à adopter le libéralisme économique comme modèle économique.

Les élites voyaient dans le libéralisme économique un moyen de se libérer du contrôle de la monarchie espagnole et de l'Église catholique, ainsi qu'un moyen de se moderniser et de rattraper les nations industrialisées d'Europe et d'Amérique du Nord. Ils pensaient qu'en adoptant des politiques économiques libérales, ils pourraient augmenter les exportations et attirer les investissements étrangers, ce qui conduirait à la croissance économique et au développement. Cependant, comme nous le voyons dans la pratique, la mise en œuvre du libéralisme économique a souvent abouti à la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains d'une petite élite, tandis que la majorité de la population restait appauvrie et marginalisée.

En conclusion, le choix du libéralisme économique en Amérique latine au cours du 19e siècle a été motivé par une combinaison de facteurs, dont les croyances idéologiques en la liberté du commerce, l'influence des commerçants et des institutions financières étrangères, et le désir de l'élite de conserver le contrôle de la propriété de la terre et de la main-d'œuvre tout en restant au pouvoir. Le résultat a été la poursuite du travail forcé et la suppression de l'industrie nationale, ce qui a conduit à un manque de développement économique pour la majorité de la population.

Les tentatives de résistance[modifier | modifier le wikicode]

Cependant, il existe aussi des formes de résistance plus organisées, comme la formation de syndicats et d'associations de travailleurs, ainsi que des mouvements politiques qui défendent la justice sociale et économique. Ces mouvements et organisations sont souvent confrontés à la répression et à l'opposition du gouvernement et des élites puissantes. Malgré cela, ils continuent à faire pression pour le changement et à repousser les injustices imposées par le système économique et politique.

En conclusion, la période 1850-1870 en Amérique latine a été caractérisée par la montée du libéralisme économique et la domination des caudillos et des élites qui ont cherché à contrôler la terre et la main-d'œuvre pour leur propre bénéfice. Cela a entraîné le déplacement et l'exploitation de la majorité de la population, qui a tenté de résister par divers moyens. L'idéologie du libéralisme économique et la croyance en la liberté du commerce, combinées à la hiérarchie socio-raciale, maintenues par les élites, ont assuré leur contrôle et leur pouvoir tandis que la majorité de la population luttait pour survivre.

Outre les révoltes et les actes de résistance, certains dirigeants et mouvements ont également tenté de remettre en question le libéralisme économique imposé par les élites au pouvoir. Par exemple, certains ont préconisé des politiques protectionnistes pour soutenir les industries nationales et réduire la dépendance aux importations étrangères. D'autres ont demandé des mesures de réforme agraire pour redistribuer les terres des riches propriétaires terriens aux populations indigènes et paysannes. Ces tentatives de remise en cause du statu quo se sont souvent heurtées à la résistance et à la répression des élites dirigeantes, qui y voyaient une menace pour leur pouvoir et leur contrôle. Malgré ces défis, les disparités économiques et sociales en Amérique latine ont continué à se creuser au cours de cette période.

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

Les politiques libérales de l'époque ont entraîné une concentration des terres et des richesses entre les mains de quelques-uns, tandis que la majorité de la population, en particulier les communautés indigènes et afro-descendantes, ont été dépossédées de leurs terres et contraintes à un système de travail forcé et de péonage pour dettes. L'économie est devenue fortement dépendante des exportations, sans se soucier de développer l'industrie nationale ou de répondre aux besoins de la majorité de la population. Malgré les tentatives de résistance, l'exploitation et l'oppression des classes laborieuses persistent, entraînant une pauvreté généralisée et une fragmentation sociale. Dans l'ensemble, l'ère libérale des années 1850-1870 a marqué un recul important pour les droits et le bien-être des communautés marginalisées en Amérique latine.

Cette période a également vu la poursuite du travail forcé sous diverses formes, le déplacement et l'appauvrissement de la classe ouvrière, et un manque de protection de l'industrie nationale. La croyance dans le libéralisme économique et le désir de maintenir le pouvoir et le contrôle sur la terre et la main-d'œuvre ont été les principaux facteurs de cette période de l'histoire de l'Amérique latine. Malgré les tentatives de la majorité exploitée de résister par des révoltes et d'autres moyens, la majorité de la population n'a pas été en mesure de remettre en question le système dominant.

Annexes[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]