Les Amériques à la veille des indépendances
Territories in the Americas colonized or claimed by a European great power in 1750.
| Faculté | Lettres |
|---|---|
| Département | Département d’histoire générale |
| Professeur(s) | Aline Helg[1][2][3][4][5][6][7] |
| Cours | Les États-Unis et l’Amérique Latine : fin XVIIIème et XXème siècles |
Lectures
- Les Amériques à la veille des indépendances (A. Helg)
- L’indépendance des États-Unis
- La Constitution des États-Unis et la société du début du XIXème siècle
- La Révolution haïtienne et son impact dans les Amériques
- Les indépendances des nations d’Amérique latine
- L’Amérique latine vers 1850 : sociétés, économies, politiques
- Les États-Unis du Nord et du Sud vers 1850 : immigration et esclavage
- La Guerre de Sécession et la Reconstruction aux États-Unis : 1861 - 1877
- Les États-(ré) Unis : 1877 - 1900
- Régimes d’Ordre et de Progrès en Amérique latine : 1875 - 1910
- La Révolution mexicaine : 1910 - 1940
- La société étasunienne des années 1920
- La Grande Dépression étasunienne et le New Deal : 1929 - 1940
- De la politique du Big Stick à celle du Good Neighbor
- Coups d’État et populismes latino-américains
- Les États-Unis face à la Deuxième guerre mondiale
- L’Amérique latine pendant la Deuxième guerre mondiale
- La société étasunienne de l’Après-guerre : Guerre froide et société d’abondance
- La Guerre froide en Amérique latine et la Révolution cubaine
- Le Civil Rights Movement aux États-Unis
À la veille des mouvements d'indépendance, les vastes territoires des Amériques étaient majoritairement sous l'emprise de puissances européennes telles que l'Espagne, le Portugal, l'Angleterre, la France, la Hollande et le Danemark. Toutefois, une portion importante de ces terres consistait en zones frontalières ou territoires non colonisés, peuplés par des nations et tribus indigènes. En dépit de leur vaste étendue, ces régions étaient relativement peu peuplées et échappaient en grande partie au contrôle des puissances coloniales. Elles offraient aussi un asile pour ceux fuyant l'esclavage, la persécution ou même la loi, comme les esclaves en fuite, les paysans et les criminels. Au sein des colonies, une mosaïque de populations coexistait: colons européens, Africains asservis et peuples autochtones. L'économie reposait essentiellement sur l'agriculture et l'exportation de matières premières vers l'Europe, tandis que la hiérarchie sociale était dominée par un système d'esclavage rigide et des divisions nettes entre les colons et les populations asservies ou autochtones. Politiquement, ces territoires étaient tenus d'une main ferme par les métropoles européennes, offrant peu de voix ou d'autonomie aux peuples colonisés.
Cette composition démographique des Amériques durant l'ère coloniale, associée aux déplacements et relocalisations des populations autochtones, a marqué de manière indélébile le développement post-colonial de la région, tant socialement qu'économiquement et politiquement. Aujourd'hui, l'empreinte de la colonisation est toujours perceptible dans le paysage des Amériques. De nombreuses communautés indigènes font encore face à la discrimination et à la marginalisation. De surcroît, les conséquences tragiques de l'esclavage, résultant du déplacement forcé de millions d'Africains lors de la traite transatlantique, demeurent profondément ancrées dans les structures sociales de la région. Ces cicatrices du passé continuent d'influencer et de façonner le panorama contemporain des Amériques.
Répartition des populations selon l’origine
À la veille des mouvements d'indépendance, le paysage démographique des Amériques présentait une concentration distincte de populations dans des zones spécifiques. Les régions les plus densément peuplées étaient la côte est de la future nation des États-Unis, ainsi que la côte atlantique et pacifique de l'Amérique du Sud. Les Caraïbes, l'Amérique centrale, et le territoire correspondant à l'actuel Mexique abritaient également des densités de population élevées. Ces concentrations étaient largement le résultat de facteurs historiques, économiques et environnementaux qui ont façonné la colonisation et l'installation dans ces territoires. Ces régions étaient non seulement stratégiquement situées pour le commerce et l'exportation, mais offraient également des terres arables et des conditions climatiques favorables à l'agriculture et à la vie.
Ces régions densément peuplées étaient un véritable creuset de diversité culturelle et ethnique. Les peuples autochtones, présents bien avant l'arrivée des Européens, possédaient des cultures et traditions profondément enracinées. Avec la colonisation, les Européens sont venus s'installer, apportant avec eux leurs propres traditions, langues et religions. Le sombre chapitre de la traite transatlantique des esclaves a également introduit une importante population africaine dans les Amériques, principalement dans les Caraïbes, le Brésil et certaines régions de l'Amérique du Nord. Ces Africains ont été arrachés de leurs terres, culture et familles, et ont été contraints de travailler principalement dans les plantations. Malgré l'oppression, ils ont réussi à préserver et à adapter leurs traditions, religions et arts, influençant ainsi profondément les cultures américaines.
Le métissage, fruit des unions entre différentes ethnies, a joué un rôle prépondérant dans la définition du panorama culturel des Amériques. Les métis, nés de l'union entre les Européens et les Amérindiens, sont devenus une composante majeure de la population dans de nombreux pays, notamment au Mexique, en Amérique centrale et dans certaines parties de l'Amérique du Sud. Ces individus ont combiné les traditions de leurs ancêtres européens et amérindiens, créant ainsi des cultures, des cuisines, des musiques et des traditions uniques. De même, les mulâtres, descendants d'Africains et d'Européens, ont formé une part importante de la population, en particulier dans les Caraïbes et certaines régions de l'Amérique du Sud comme le Brésil. Ils ont également influencé la culture régionale avec une fusion d'éléments africains et européens, donnant naissance à des traditions musicales, culinaires et artistiques distinctes. L'émergence de ces nouvelles identités ethniques et culturelles a non seulement enrichi le paysage culturel des Amériques, mais a également influencé la dynamique sociale et politique des nations nouvellement formées après l'indépendance. Ces identités métissées sont aujourd'hui célébrées comme des symboles de résilience, d'adaptation et d'unité dans la diversité.
La complexité de l'histoire démographique des Amériques a produit une mosaïque de cultures qui est sans doute l'une des plus riches au monde. Dès le début, les sociétés indigènes avaient déjà une histoire riche et variée, avec des empires tels que les Aztèques, les Mayas et les Incas qui avaient élaboré des systèmes complexes de gouvernement, d'agriculture et d'art. Avec l'arrivée des Européens, et plus tard des Africains, chaque groupe a apporté avec lui sa propre tapisserie de traditions, de croyances et de systèmes sociaux. La convergence de ces cultures n'a pas été sans conflits ou tragédies, notamment la répression des peuples indigènes et la traite transatlantique des esclaves. Cependant, au fil du temps, le métissage culturel a aussi conduit à la naissance de nouvelles traditions, musiques, danses, cuisines et formes artistiques qui ont été influencées par plusieurs cultures à la fois. Chaque pays, voire chaque région à l'intérieur d'un pays, a sa propre histoire unique de métissage et d'interaction culturelle. Par exemple, le tango en Argentine, le reggae en Jamaïque, ou le samba au Brésil sont tous le fruit d'un mélange de traditions africaines, européennes et indigènes. Ainsi, les identités nationales et régionales qui ont émergé des Amériques ne sont pas statiques, mais sont plutôt le produit d'un processus dynamique d'échange, d'adaptation et de fusion. Ces identités continuent d'évoluer et de s'adapter tout en honorant l'héritage complexe et multiculturel qui a formé la base de leur développement.
La géographie des Amériques a joué un rôle déterminant dans la répartition de la population. Si les côtes étaient particulièrement prisées pour leurs ressources et leur accessibilité aux routes commerciales maritimes, l'intérieur des continents, en revanche, restait moins peuplé. Les vastes forêts, les montagnes, les déserts et d'autres terrains difficiles d'accès rendaient l'installation et la communication complexes. Les rivières navigables étaient des artères vitales pour le commerce et la communication à l'intérieur des continents. Bien que leurs rives aient été plus peuplées que les terres intérieures éloignées, elles n'avaient pas la densité de population des zones côtières. Les principales villes coloniales, quant à elles, étaient des centres d'activité bourdonnants. Souvent situées sur la côte ou près d'une importante voie navigable, elles étaient des carrefours commerciaux, administratifs et culturels. Que ce soit Mexico, Lima, Salvador, Québec ou Philadelphie, ces villes ont attiré un mélange de colons, de commerçants, d'artisans et d'autres résidents à la recherche d'opportunités. L'estimation de 15 millions d'habitants dans les Amériques en 1770 témoigne de l'ampleur de la présence humaine sur ces continents. Toutefois, il est important de noter que ce chiffre est bien inférieur à la population estimée avant l'arrivée des Européens. Les maladies apportées par les colons ont eu un impact dévastateur sur les populations indigènes, réduisant considérablement leur nombre au cours des siècles suivant le contact.
La diversité ethnique et culturelle des Amériques à la veille de l'indépendance a façonné le destin de ces nations d'une manière profonde et durable. Avant l'arrivée des Européens, les Amériques étaient habitées par des millions de personnes appartenant à une multitude de nations, tribus et empires indigènes. Même après avoir subi des déplacements et des pertes massives dues aux maladies et aux conflits, l'héritage de ces peuples a continué de marquer profondément la formation des nations américaines, tant sur le plan culturel que social et politique. Originaires principalement d'Espagne, du Portugal, de France et d'Angleterre, ces colons ont introduit leurs traditions, leurs systèmes politiques et leurs pratiques économiques dans le Nouveau Monde. En tant que classe dominante dans de nombreuses colonies, ils ont jeté les bases des structures administratives et économiques qui allaient perdurer bien après les indépendances. La majorité des Africains sont arrivés en tant qu'esclaves, jouant un rôle central dans l'économie coloniale, surtout dans les régions des Caraïbes, du Brésil et du Sud des États-Unis. Malgré des siècles d'oppression, ils ont conservé et adapté de précieux éléments de leur héritage, fusionnant ces traditions avec celles des autres groupes pour créer de nouvelles formes d'expression. Issus du mélange des cultures européennes, africaines et autochtones, ces groupes ont souvent occupé une position unique dans la hiérarchie sociale coloniale. Avec le temps, ils ont acquis une influence considérable, jouant un rôle crucial dans l'évolution des identités nationales et régionales des Amériques. La complexité de cette mosaïque ethnique et culturelle a été fondamentale dans la formation des États post-coloniaux. Chaque groupe a apporté ses propres expériences, traditions et perspectives, influençant ainsi les trajectoires politiques, économiques et sociales des nations émergentes. Les interactions, parfois harmonieuses, parfois conflictuelles, entre ces groupes ont tracé le cours de l'histoire du continent.
La distribution démographique des Amériques à la veille des mouvements d'indépendance est un reflet de l'histoire coloniale, de l'économie, de la géographie et de la politique de chacune des régions. Environ 70 000 habitants peuplaient la Nouvelle-France, englobant des territoires comme la Louisiane et le Canada actuels. La faible densité de population, par rapport à certaines autres colonies, s'expliquait par des facteurs comme le climat plus rude du Canada, les relations commerciales axées sur la traite des fourrures plutôt que sur l'agriculture intensive, et une immigration plus limitée depuis la France. Avec une population d'environ 3 millions d'habitants, les 13 colonies étaient une région densément peuplée et dynamique. Ces colonies ont bénéficié d'une immigration européenne substantielle, d'une agriculture florissante et d'une croissance économique rapide. Les villes portuaires telles que Boston, Philadelphie et Charleston étaient des centres d'activité commerciale et culturelle. La Vice-royauté d'Espagne, englobant le Mexique, la Californie, le Texas et l'Amérique centrale, avait une population similaire à celle des 13 colonies, soit environ 3 millions d'habitants. La vice-royauté d'Espagne était un centre administratif et économique majeur pour l'Empire espagnol. Englobant des territoires tels que la Colombie, le Venezuela, le Chili, l'Argentine, Cuba, Porto Rico et l'actuelle République de Saint-Domingue, ces régions totalisaient environ 4 millions d'habitants. Chacune de ces colonies avait son propre ensemble de ressources, d'économies et de défis. Avec une population d'environ 1,5 million d'habitants, le Brésil portugais s'étendait sur une vaste superficie, dotée d'une grande diversité géographique. Bien que sa population soit plus faible par rapport à certaines colonies espagnoles, le Brésil était riche en ressources, et sa côte était un centre vital pour la traite transatlantique des esclaves. Ces chiffres montrent la diversité démographique et les disparités de peuplement des Amériques à la fin de la période coloniale. Chaque région avait son propre caractère, façonné par des décennies, voire des siècles, d'interactions entre les populations indigènes, les colons européens et les Africains déplacés.
La présence d'une population massive d'esclaves dans les Antilles françaises et britanniques témoigne de l'importance économique et stratégique de ces îles pour les puissances coloniales européennes, en particulier dans la production de sucre, de café et d'autres cultures commerciales. Les dynamiques démographiques étaient complexes et avaient des implications majeures pour la culture, la politique et la société. Avec une population totale de 600 000 habitants, les Antilles françaises étaient un bastion majeur de l'empire colonial français. Haïti, alors connu sous le nom de Saint-Domingue, était la perle de cette couronne, avec une population d'environ 500 000 habitants. Le nombre impressionnant de 80% d'esclaves dans cette population témoigne de la dépendance de l'économie de l'île à l'égard de la production agricole, en particulier le sucre. La société était stratifiée, avec une minorité blanche au pouvoir, une classe de gens de couleur libres, et une majorité écrasante d'esclaves. Dotées d'une population d'environ 300 000 habitants, les Antilles britanniques étaient également dominées par l'agriculture de plantation et l'esclavage. Tout comme les colonies françaises, ces îles étaient essentielles pour l'économie métropolitaine britannique. Les plantations produisaient du sucre, du rhum et du coton, marchandises très demandées en Europe. Malgré les effets dévastateurs des maladies, des conflits et de la colonisation, entre 1,5 et 2 millions d'indigènes non colonisés vivaient encore sur le continent américain. Ces populations représentaient les survivants de civilisations autrefois florissantes et complexes. Dans de nombreuses régions, elles conservaient une autonomie relative, vivant selon leurs traditions et souvent en marge des structures coloniales.
La juxtaposition de ces sociétés esclavagistes insulaires, hautement lucratives, avec les vastes étendues du continent encore habitées par des peuples indigènes, illustre la diversité des réalités et des expériences vécues à travers les Amériques durant la période coloniale. D'un côté, les îles des Caraïbes, avec leurs sociétés esclavagistes, étaient le cœur battant d'une économie coloniale basée sur l'exploitation. Les plantations de canne à sucre et de tabac requéraient une main-d'œuvre abondante, souvent obtenue par la traite des esclaves africains. Ces îles étaient de véritables moteurs économiques pour les empires coloniaux, produisant des richesses immenses pour les élites européennes, mais à un coût humain terrible pour les esclaves. En revanche, les vastes étendues du continent, habitées par des peuples indigènes, racontent une histoire différente. Ces régions étaient moins directement touchées par la machine coloniale esclavagiste. Les peuples indigènes avaient leurs propres cultures, systèmes sociaux, économiques et politiques. Même s'ils ont certainement ressenti les effets de la colonisation, notamment par la pression pour se convertir, les maladies et les conflits, de nombreux groupes ont réussi à préserver une certaine autonomie. La coexistence de ces deux réalités – l'une axée sur une exploitation intense et l'autre sur des sociétés indigènes préservant leurs traditions – montre la complexité du paysage social, économique et culturel des Amériques à la veille des indépendances. Elle souligne également les contradictions et tensions inhérentes à la période coloniale, qui ont jeté les bases des défis et des luttes postcoloniaux à venir.
Cette répartition de la population a effectivement influencé la trajectoire de développement de chaque nation des Amériques après leur indépendance. Les zones densément peuplées avec des économies esclavagistes insulaires, axées sur les plantations, ont souvent connu des transitions tumultueuses vers l'abolition de l'esclavage, des conflits socio-économiques et des luttes pour l'égalité raciale. L'impact de ces systèmes esclavagistes se ressent encore aujourd'hui, notamment dans les inégalités socio-économiques et les tensions raciales. Par ailleurs, les vastes régions du continent, habitées principalement par des peuples indigènes, ont vu leurs cultures et leurs terres traditionnelles bouleversées. Les pressions pour s'assimiler, les confiscations de terres et la marginalisation continue ont défini une grande partie de leur expérience post-coloniale. De nombreux pays ont connu des conflits et des tensions entre les gouvernements et les communautés indigènes au sujet des droits fonciers, de la reconnaissance culturelle et de l'autodétermination. Les zones urbaines, qui étaient les centres du pouvoir colonial, sont devenues des métropoles vibrantes, façonnant la direction politique, économique et culturelle de leurs nations respectives. Les décisions prises dans ces centres urbains ont souvent eu des répercussions à travers le continent, affectant à la fois les régions rurales et les populations autochtones. Ainsi, la mosaïque démographique des Amériques à la veille des indépendances a laissé un héritage complexe. Les nations qui ont émergé ont dû naviguer dans les courants de leur histoire coloniale tout en cherchant à définir leur propre identité et à poursuivre le développement. Le paysage démographique actuel des Amériques, avec ses défis et ses opportunités, est le reflet direct de ces réalités historiques et des choix faits à l'époque post-coloniale.
Importance de l’appartenance « raciale »
L'histoire de la colonisation et de l'esclavage dans les Amériques n'est pas seulement une série d'événements du passé, mais une empreinte indélébile sur la psyché, la société et la politique de la région. Le mélange complexe de cultures, d'ethnies et de races qui ont convergé, volontairement ou non, sur ce continent a créé une tapestry diversifiée, mais souvent en conflit, d'identités.
Les peuples indigènes, qui habitaient ces terres bien avant l'arrivée des colonisateurs, ont été confrontés à la dépossession, à la maladie et à la violence. Beaucoup ont été contraints d'abandonner leurs terres, leurs langues et leurs traditions. Malgré les tentatives systématiques d'assimilation, de nombreuses communautés indigènes ont préservé leur culture et leurs traditions, mais elles demeurent souvent marginalisées, économiquement désavantagées et victimes de discriminations. La traite transatlantique des esclaves a amené des millions d'Africains dans les Amériques, où ils ont été soumis à des conditions inhumaines, à des traitements brutaux et à la déshumanisation. Bien que l'esclavage ait été aboli depuis longtemps, ses séquelles perdurent. Les descendants d'esclaves africains continuent de lutter contre la discrimination systémique, la stigmatisation sociale et l'inégalité économique. Dans de nombreux pays des Amériques, la couleur de la peau est encore un prédicteur puissant des opportunités économiques et éducatives. L'ascendance mixte, ou métissage, est également une réalité importante dans les Amériques. Les métis, les mulâtres et d'autres groupes mixtes représentent des populations uniques qui ont leurs propres défis et expériences. Bien qu'ils soient souvent célébrés comme symboles du mélange culturel, ils sont également confrontés à des questions d'identité et à la discrimination.
Les problèmes actuels de discrimination et d'inégalité dans les Amériques ne peuvent être pleinement compris sans reconnaître ces racines historiques. Cependant, il est également important de noter que, malgré ces défis, les peuples des Amériques ont démontré une résilience remarquable, créant des cultures vibrantes, de la musique, de l'art et des mouvements politiques qui cherchent à rectifier les injustices du passé et à construire un avenir plus inclusif et équitable.
Les régions à majorité amérindienne
Les régions à majorité amérindienne, éparpillées à travers les Amériques, incarnent la persévérance des peuples indigènes face à l'adversité. Ces territoires, s'étendant de l'Alaska au sud de l'Amérique du Sud, illustrent la diversité culturelle et historique qui existait bien avant l'arrivée des Européens. L'une des premières et des plus dévastatrices conséquences de l'arrivée des Européens a été le "choc microbien". Des maladies comme la variole, la grippe et la rougeole ont été introduites accidentellement par les Européens. Ces pathogènes, contre lesquels les populations autochtones n'avaient aucune immunité, ont balayé le continent, causant des taux de mortalité allant jusqu'à 90% dans certaines communautés. Les chiffres exacts sont sujets à débat, mais il est largement accepté que des millions de personnes sont décédées suite à ces épidémies. Outre les maladies, la violence directe et indirecte de la conquête a joué un rôle majeur dans le déclin de la population indigène. Nombreux sont ceux qui ont été tués lors de confrontations militaires, tandis que d'autres ont été asservis et soumis à des conditions de travail éprouvantes dans des mines, des plantations ou des encomiendas, un système où les colons se voyaient attribuer un certain nombre d'indigènes pour travailler pour eux. Alors que de vastes régions ont été désertées ou décimées, certaines régions, en raison de leur isolement ou de la résistance des communautés locales, sont restées à majorité amérindienne. Des lieux tels que les Andes centrales, certaines régions du Mexique, ou des zones reculées de la forêt amazonienne ont maintenu une forte présence autochtone, qui persiste jusqu'à ce jour.
Selon les estimations, la population indigène des Amériques est passée de 50 à 60 millions de personnes en 1500 à moins de 4 millions en 1600. Le déclin démographique massif a non seulement eu des conséquences immédiates, mais a également façonné le développement ultérieur des Amériques. Les puissances coloniales, en particulier l'Espagne et le Portugal, ont importé des esclaves africains pour compenser la perte de main-d'œuvre indigène, ce qui a profondément influencé la composition démographique et culturelle de la région. De plus, le bouleversement social et culturel causé par la perte de tant de vies a souvent déstabilisé les structures sociales et politiques des civilisations indigènes, facilitant la domination européenne.
La région des Caraïbes est particulièrement remarquable pour l'extinction rapide et complète de sa population indigène. Avant la colonisation européenne, on estime qu'environ 5 millions d'indigènes vivaient dans les Caraïbes. Cependant, en 1770, la population avait été presque entièrement décimée et en 1800, il ne restait pratiquement plus d'indigènes dans les Caraïbes.
La disparition presque complète de la population indigène des Caraïbes est l'une des conséquences les plus tragiques et dramatiques de la colonisation européenne. L'ampleur et la rapidité de cette disparition sont un triste témoignage des effets combinés de maladies, de travail forcé, de conflits et d'oppression. Avant l'arrivée des Européens, les Caraïbes étaient habitées par divers peuples autochtones, principalement les Taïnos (ou Arawaks) et les Caribs (ou Kalinago). Ces peuples avaient développé des cultures complexes et des sociétés organisées, basées principalement sur l'agriculture, la pêche et le commerce. Comme dans le reste des Amériques, l'introduction de maladies européennes auxquelles les indigènes n'étaient pas immunisés a été dévastatrice. La variole, la grippe et la rougeole, entre autres, ont eu un impact majeur sur la population, souvent avec des taux de mortalité extrêmement élevés. Les Européens, en particulier les Espagnols, ont soumis les indigènes à des systèmes de travail forcé comme l'encomienda. Sous ce système, les indigènes étaient contraints de travailler dans des plantations et des mines, où les conditions étaient souvent brutales. Les affrontements entre les colons européens et les populations indigènes ont été fréquents. Les Caribs, en particulier, ont été décrits par les Européens comme étant plus belliqueux et ont souvent été en conflit avec eux. Cependant, la supériorité technologique et militaire des Européens a souvent abouti à de lourdes pertes pour les peuples autochtones. Face à la diminution drastique des populations indigènes, les Européens ont commencé à importer des esclaves africains pour fournir la main-d'œuvre nécessaire à leurs colonies. Les Caraïbes sont rapidement devenues l'épicentre de la traite transatlantique des esclaves, avec des millions d'Africains qui ont été amenés, et cela a profondément influencé la composition démographique et culturelle des îles.
Dans les territoires de la Méso-Amérique et des Andes, notamment au sein des civilisations inca et maya, les populations autochtones ont connu une période de reconstitution de leur population entre 1650 et 1680 environ. Les régions mésoaméricaines et andines, avec leurs civilisations avancées comme les Incas et les Mayas, avaient déjà établi des structures complexes et sophistiquées avant l'arrivée des Espagnols. Ces structures ont en partie permis aux populations de ces régions de résister, du moins démographiquement, aux conséquences dévastatrices de la colonisation. La Méso-Amérique et les Andes étaient caractérisées par des centres urbains denses et développés, avec des marchés, des temples, des palais et des places publiques. Ces centres, tels que Cuzco pour les Incas et Tikal pour les Mayas, étaient des noyaux d'activité économique, sociale et culturelle. Avec des systèmes avancés d'irrigation et d'agriculture en terrasses, ces civilisations étaient en mesure de soutenir de grandes populations, ce qui a contribué à leur résilience face à la pression coloniale. Les systèmes hiérarchiques de gouvernance, les routes bien entretenues comme le Qhapaq Ñan chez les Incas et les réseaux commerciaux chez les Mayas ont joué un rôle essentiel dans la récupération et la reconstitution des populations. Même après la chute de leurs capitales et l'effondrement de leurs empires centraux, ces structures organisationnelles ont persisté à plus petite échelle, permettant une certaine forme de résilience. Bien que les conquérants espagnols aient imposé leur domination, ils ont également établi des alliances avec certains groupes indigènes, utilisant ces relations pour contrôler et gouverner la région. Cette interaction a permis à certains segments de la population indigène de survivre et même de prospérer, bien que souvent dans des conditions modifiées et subordonnées. Les traditions, les langues et les croyances des peuples mésoaméricains et andins ont persisté malgré les efforts des colonisateurs pour les éradiquer ou les convertir. Dans de nombreux cas, les pratiques religieuses et culturelles indigènes ont été fusionnées avec celles des Espagnols, donnant naissance à des traditions hybrides qui perdurent jusqu'à aujourd'hui.
La résistance des peuples autochtones face à la colonisation européenne est un chapitre fondamental dans l'histoire des Amériques. Ces peuples n'ont pas été de simples victimes passives de la conquête. Au contraire, de nombreux groupes indigènes ont combattu avec acharnement pour défendre leurs terres, leur culture et leur autonomie. Ces mouvements de résistance étaient souvent une réponse directe aux abus des colonisateurs, que ce soit l'esclavage, l'exploitation ou la conversion religieuse forcée. Un exemple notable est la Révolte des Pueblos de 1680. Sous la houlette de Popé, un chaman des peuples Pueblo dans l'actuel Nouveau-Mexique, les indigènes ont réussi à chasser les Espagnols pendant près de 12 ans. Cette rébellion a été un cri puissant pour l'autonomie et un refus de l'oppression. Dans le sud du Chili et de l'Argentine, une autre résistance notable s'est manifestée par les Mapuches. Pendant près de 300 ans, ils ont repoussé la colonisation espagnole, démontrant une détermination farouche à préserver leur mode de vie. Mais la résistance n'était pas limitée à l'Amérique du Sud. Dans les Andes, la révolte de Tupac Amaru II en 1780-1781 a vu des dizaines de milliers d'indigènes et de métis s'élever contre l'oppression espagnole. Bien que cette révolte ait été réprimée, elle a laissé une empreinte indélébile sur la gouvernance coloniale. En parallèle, les esclaves africains évadés se sont souvent alliés aux peuples autochtones pour former des communautés "cimarrón" ou "marron", qui ont mené des attaques contre les colonies européennes, fusionnant ainsi la lutte pour la liberté des deux groupes. L'un des derniers bastions de la résistance indigène s'est manifesté lors de la "Guerre des Castes" au Yucatán entre 1847 et 1901. Les Mayas ont résisté contre les Mexicains d'origine européenne pendant plus de 50 ans, prouvant leur résilience face à des adversaires puissamment armés. Ces mouvements de résistance, bien qu'ayant connu des succès variés, ont façonné l'histoire des nations des Amériques. Leur héritage de résilience et de détermination continue d'influencer les générations actuelles.
Les vastes étendues géographiques des Amériques, avec leurs divers paysages allant des forêts denses aux hautes montagnes, ont offert des refuges naturels pour les populations autochtones face à l'avancée des colonisateurs. Dans ces zones reculées, loin du contrôle direct des puissances coloniales, de nombreuses communautés indigènes ont pu échapper aux pires effets de la colonisation. Dans la forêt amazonienne, par exemple, la densité de la végétation et l'inaccessibilité du terrain ont fourni une protection naturelle contre les incursions européennes. Même aujourd'hui, il existe des tribus dans l'Amazonie qui n'ont eu que peu ou pas de contact avec le monde extérieur. Ces communautés ont préservé leurs traditions et leurs modes de vie en grande partie grâce à leur isolement. Dans les Andes, des communautés entières ont fui les vallées pour échapper à l'assujettissement espagnol, trouvant refuge dans les hautes montagnes. Ces régions montagneuses, difficiles d'accès, ont offert une protection contre les expéditions militaires et les missions religieuses. De telles tactiques de refuge ont permis à ces groupes de préserver leur autonomie et leurs traditions culturelles pendant des siècles. En Amérique du Nord, des régions comme le Grand Bassin et certaines zones des Grandes Plaines ont vu des peuples comme les Utes, les Shoshones et les Paiutes maintenir une certaine distance avec les colonisateurs en utilisant le terrain à leur avantage. Ces zones de refuge ont joué un rôle crucial dans la survie des cultures et des modes de vie autochtones. Même après la période coloniale, lorsque les nations modernes ont cherché à étendre leur contrôle sur ces régions, de nombreux peuples autochtones ont continué à résister, s'appuyant sur leurs connaissances traditionnelles et leur relation intime avec la terre. En fin de compte, bien que confrontées à des défis monumentaux, ces communautés ont démontré une résilience remarquable, adaptant et préservant leurs cultures dans un monde en constante évolution. En 1770, on estime qu'environ 2/3 de la population de certaines régions des Amériques étaient des autochtones qui s'étaient réfugiés dans ces territoires non colonisés.
En 1770, les Amériques présentaient une mosaïque complexe de peuplements et de dynamiques démographiques. Si la colonisation européenne avait profondément modifié la composition démographique du continent, certaines régions, notamment celles qui étaient géographiquement éloignées ou difficilement accessibles, demeuraient des bastions où les populations autochtones pouvaient préserver leur mode de vie, leurs traditions et leur autonomie. Dans ces zones, la présence européenne était soit absente, soit minime. L'estimation selon laquelle les deux tiers de la population de ces régions étaient autochtones parle de la capacité de ces peuples à résister à l'expansion coloniale, du moins temporairement. Cependant, même dans ces refuges, la vie des peuples autochtones n'était pas nécessairement facile. La pression des colonies environnantes, le désir d'accéder à des ressources précieuses et la simple expansion territoriale menaçaient constamment ces zones. De plus, les maladies introduites par les Européens pouvaient se propager bien au-delà des colonies elles-mêmes, atteignant des populations qui n'avaient jamais eu de contact direct avec les colons. Globalement, en 1770, malgré ces zones de résistance, la population autochtone des Amériques était tragiquement réduite par rapport à ce qu'elle avait été avant l'arrivée des Européens. Les maladies, les conflits, l'asservissement et d'autres formes d'oppression avaient décimé d'innombrables communautés. Toutefois, la persistance des populations autochtones dans certaines régions est le témoignage de leur résilience, de leur capacité d'adaptation et de leur volonté indomptable de survivre et de préserver leurs cultures face à des défis monumentaux.
Les régions à majorité d’origine européenne
Aux prémices de l'indépendance, dans les régions principalement habitées par des descendants d'Européens, telles que les 13 colonies qui allaient former la base des États-Unis, le concept d'appartenance "raciale" avait déjà commencé à prendre une importance prépondérante. En particulier, dans les États du Nord, qui étaient plus urbanisés et où le commerce et l'industrie étaient florissants, cette notion de race a influencé la dynamique sociale et les politiques de façon significative.
Les 13 colonies, bien que largement peuplées d'Européens, étaient loin d'être monolithiques. Les Anglais, dominants, coexistaient avec d'autres groupes européens, tels que les Néerlandais, les Allemands ou encore les Écossais. Chacun apportant avec lui ses propres traditions et convictions. Toutefois, au-delà des différences culturelles et religieuses, un dénominateur commun s'est imposé : la couleur de la peau est devenue un critère de distinction et, souvent, de hiérarchisation. Les colons européens, en établissant leurs sociétés sur le Nouveau Monde, ont introduit le système d'esclavage, réduisant les Africains en esclavage. Ces derniers, dépourvus de droits et considérés comme des propriétés, se sont retrouvés au bas de l'échelle sociale. Parallèlement, les peuples autochtones ont été progressivement marginalisés et chassés de leurs terres ancestrales. Ainsi, une hiérarchie raciale s'est mise en place, avec les Blancs européens au sommet. Ce système de classement basé sur la race a non seulement renforcé les inégalités socio-économiques mais a également façonné le paysage politique des colonies. Les Blancs, jouissant des pleins droits de citoyenneté, ont pu participer activement à la vie politique, tandis que les esclaves noirs et les peuples autochtones ont été exclus du processus décisionnel. Ce contexte racial complexe allait laisser une empreinte indélébile sur la jeune nation américaine. Même après l'indépendance, la question raciale serait au cœur de nombreux débats et tensions, jouant un rôle central dans la formation de la République et influençant profondément l'identité américaine.
La croissance explosive de la population européenne, de 30 000 en 1700 à 2,5 millions en 1770, ne saurait masquer le fait que ces Européens n'étaient pas la majorité absolue. Les peuples autochtones, présents depuis des millénaires, et les Africains, tragiquement amenés en tant qu'esclaves, constituaient une part importante de la population. Cette diversité démographique a entraîné des dynamiques de pouvoir complexes. Les Européens, malgré leur nombre croissant, devaient naviguer dans une réalité où ils coexistaient avec d'autres groupes importants. Cette coexistence n'était cependant pas égalitaire. Les colons européens, cherchant à s'établir et à dominer économiquement, ont établi un système où la couleur de la peau et l'origine ethnique déterminaient largement le statut et les droits d'un individu. Les peuples autochtones, autrefois souverains sur leurs terres, ont été confrontés à des déplacements, à des maladies et à une pression constante pour céder leurs territoires. Leur influence politique et culturelle a été progressivement érodée. Les Africains réduits en esclavage, quant à eux, ont été placés au bas de l'échelle sociale, exploités pour leur travail et privés de leurs droits fondamentaux. Néanmoins, l'organisation sociopolitique des colonies a été façonnée par cette réalité démographique. Les élites européennes, conscientes de leur minorité numérique potentielle, ont mis en place des lois et des pratiques pour maintenir leur contrôle. Cela s'est manifesté par des lois sur l'esclavage, des restrictions concernant les droits des peuples autochtones et une culture qui valorisait l'héritage européen au détriment des autres. Ces dynamiques ont profondément influencé l'évolution de la société coloniale. La question de savoir comment intégrer ou marginaliser divers groupes, comment équilibrer le pouvoir et comment structurer une société en mutation a été au cœur des préoccupations des colons. Ces questions, bien que spécifiques à cette période, ont jeté les bases des débats futurs sur l'égalité, la justice et l'identité nationale qui allaient façonner la jeune nation américaine après son indépendance.
La structure des 13 colonies, qui allaient devenir les États-Unis, a été profondément influencée par les vagues successives d'immigration européenne. Ces nouveaux arrivants, porteurs de leurs propres préjugés et systèmes de valeurs, ont rapidement établi une hiérarchie sociale qui reflétait leurs propres conceptions de la supériorité et de l'infériorité raciales et ethniques. Les Européens blancs se positionnèrent au sommet, considérant leur culture, leur religion et leur technologie comme preuves de leur supériorité. Le système qui en a résulté n'était pas simplement informel ou basé sur des préjugés individuels, mais il a été codifié et renforcé par la loi. Par exemple, des codes noirs ont été promulgués pour réglementer tous les aspects de la vie des Africains et de leurs descendants, tandis que les politiques à l'égard des peuples autochtones visaient souvent à les déposséder de leurs terres et à réduire leur influence. En outre, cette hiérarchisation n'était pas seulement basée sur la couleur de la peau ou l'origine ethnique. Elle comprenait également des distinctions entre différents groupes d'Européens. Les Anglais, par exemple, se considéraient souvent comme supérieurs aux autres groupes européens tels que les Irlandais, les Allemands ou les Français.
Ce système de caste raciale et ethnique, ancré dans la législation et la politique des colonies, a créé des divisions durables. Après l'indépendance, alors que les États-Unis se sont lancés dans l'expérience audacieuse de construire une république démocratique, les vestiges de cette hiérarchie coloniale sont restés. Les luttes pour l'égalité des droits, qu'il s'agisse des droits civils, des droits des femmes ou des droits des peuples autochtones, peuvent toutes être tracées jusqu'à cette période initiale. Aujourd'hui, bien que de grands progrès aient été réalisés dans la lutte contre la discrimination et pour l'égalité, les ombres de cette hiérarchie passée persistent. Les débats sur les questions raciales, l'équité et la justice reflètent les luttes de plusieurs siècles contre un système qui a tenté de catégoriser et de hiérarchiser les êtres humains sur la base de critères arbitraires. Ces discussions sont essentielles pour comprendre l'identité nationale américaine et les défis qui se posent à la nation en matière d'égalité et de justice.
Les régions à majorité d’origine africaine
//Dans les régions à majorité d'origine africaine, comme les Caraïbes et certaines régions du Brésil, le concept d'appartenance "raciale" a joué un rôle important dans le façonnement du paysage social et politique. La colonisation des Amériques s'est faite en grande partie par la migration forcée d'Africains réduits en esclavage. Par conséquent, ces régions comptaient une importante population de personnes asservies et de leurs descendants. Le nombre d'Africains déportés vers les Amériques était quatre fois plus élevé que celui des Européens ayant émigré volontairement entre 1500 et 1780.
Ces régions étaient principalement agricoles et se caractérisaient par de grandes plantations tropicales où les Africains réduits en esclavage étaient forcés de travailler, produisant des cultures telles que le sucre, le cacao et le tabac. Ces régions comptaient également une population importante d'Afro-descendants, comme la région de Lima et la côte Pacifique où il y avait des mines, la région de Guyane où il y avait des plantations de sucre, et la région du Maryland aux États-Unis où il y avait une grande population d'esclaves et de nombreux produits agricoles.
À cette époque, la quasi-totalité du service domestique était entre les mains de personnes asservies. Dans de nombreuses villes des Amériques ibériques, comme Buenos Aires, les personnes d'ascendance africaine représentaient une proportion importante de la population. Cette histoire d'esclavage et de migration forcée a eu un impact durable sur la région, façonnant le paysage social et politique et contribuant aux problèmes actuels d'inégalité raciale et ethnique.
Les régions à majorité métisse, mulâtre ou zambo
L'arrivée des esclaves et des Européens sur le continent américain a entraîné un nombre important de mariages et de croisements, notamment en Amérique latine. Ces mariages ont eu lieu entre les populations indigènes survivantes, les personnes réduites en esclavage et les Européens, les hommes s'unissant souvent aux femmes indigènes et aux femmes réduites en esclavage. Ce métissage accéléré a suscité une grande inquiétude chez les colons européens quant à leurs propres origines raciales. Une forme d'art connue sous le nom de "peintures de métissage" a été développée pour représenter ces individus métis et, dans l'imagination des colons, il y avait un désir de "blanchir" la population[8].
Dans les Amériques ibériques, il y avait une forte obsession de la "pureté du sang" qui remontait à la colonisation des chrétiens dans la péninsule ibérique et qui s'est poursuivie jusqu'au milieu du XIXe siècle. Pour pouvoir étudier, exercer des professions supérieures ou occuper des postes royaux ou ecclésiastiques, les individus devaient prouver leur pureté de sang. Cette exigence était appliquée par la monarchie espagnole, qui considérait que les personnes d'origine africaine et leurs descendants étaient disqualifiés en raison de "l'impureté de leur sang". Cependant, les indigènes n'étaient pas soumis à ce critère car cela aurait contredit le principe de la colonisation de l'Amérique.
Les Amérindiens
Amérique ibérique
Dans les Amériques ibériques, il existait un système complexe de stratification raciale et sociétale fondé sur des idées de pureté et d'illégitimité de la naissance. Ce système, qui avait ses racines dans la péninsule ibérique, a été exporté vers les Amériques et a eu un impact considérable sur la vie des populations autochtones.
Les personnes d'origine européenne étaient considérées comme faisant partie de la caste la plus élevée et formaient une petite élite possédant la plupart des pouvoirs et des richesses. Cependant, toutes les personnes d'ascendance européenne n'étaient pas considérées comme pures, car le concept de "pureté du sang" était souvent lié au mariage religieux et à la pratique de certains métiers manuels.
Les esclaves d'origine africaine et les personnes métisses, considérées comme illégitimes, formaient la majorité de la population. Ils étaient souvent relégués à des emplois subalternes et n'étaient pas considérés pour des postes importants s'ils ne répondaient pas à la norme de "pureté du sang".
Dans la région andine, les indigènes sont contraints de travailler dans les mines et les usines textiles et sont considérés comme des "mineurs" devant être protégés par le roi d'Espagne. Les autochtones étaient également soumis à un système de travail forcé et de tribut et étaient obligés de travailler pour payer des impôts au roi. Ce système de travail forcé et de tribut était souvent contesté par les autochtones, qui y voyaient une violation de leurs droits fonciers.
Il est important de noter que dans de nombreux endroits, les autochtones étaient opposés au processus d'indépendance, car il allait souvent de pair avec le libéralisme, qui menaçait directement leurs terres.
Dans les Amériques ibériques, la plupart de la population vivait dans des zones rurales et les villes étaient relativement petites. La plus grande ville, Mexico, comptait environ 100 000 habitants. Les villes étaient le lieu de concentration de la plupart des pouvoirs, mais leur contrôle sur le territoire était limité, la majorité du pouvoir.[9][10]
Amérique Anglo-Saxonne
Dans l'Amérique anglo-saxonne, il y avait une stratification sociospatiale des peuples indigènes comme étant sous-humains et sauvages, malgré le fait que certains groupes indigènes, comme les Cherokees, s'étaient convertis au christianisme. Les colonisateurs anglais étaient principalement intéressés par l'acquisition de terres indiennes, ce que reflète l'expression "Un bon Indien est un Indien mort", souvent utilisée à cette époque.[11][12][13][14][15] Au 19e siècle, les États-Unis ont continué à chercher à acquérir davantage de terres, souvent par le biais de déplacements forcés et de violences à l'encontre des populations indigènes.
Avec le développement de l'esclavage dans les Amériques, le racisme a également augmenté. Il est important de noter que la colonisation de l'Amérique britannique était également le fait de serviteurs et de criminels blancs pauvres à qui l'on offrait la possibilité de travailler pendant un certain nombre d'années en échange de terres et de liberté.
L'esclavage s'est répandu progressivement en Amérique anglo-saxonne, alors qu'il n'existait pas en Grande-Bretagne. Les règles concernant l'esclavage étaient souvent inventées au fur et à mesure que la pratique se développait, et toutes les personnes asservies étaient considérées comme noires, quelle que soit leur origine, ce qui renforçait le racisme.
L'immigration vers l'Amérique anglo-saxonne était principalement le fait de familles, souvent des réfugiés religieux, qui étaient prêts à travailler manuellement sur les terres.
L’esclavage
L'esclavage aux Amériques était une pratique très répandue qui touchait tous les aspects de la société. Les esclaves travaillaient dans les plantations, dans le service domestique, dans les magasins, dans les transports, dans les ports, dans l'artisanat et même dans des domaines créatifs comme la poésie et la musique. Par conséquent, les conditions de vie des esclaves étaient très variées et dépendaient fortement de l'endroit et du type de travail auquel ils étaient astreints.
Dans la péninsule ibérique, un code de loi datant du 13e siècle a été exporté vers les Amériques, qui était similaire à l'esclavage de l'Empire romain. Ce code permettait aux personnes asservies d'acheter leur liberté, un droit qui n'existait pas dans les Amériques anglo-saxonnes. Cela a conduit à la formation d'une classe d'"affranchis de couleur", descendants d'anciens esclaves ayant acheté leur liberté. Cependant, la possibilité de manumission va progressivement devenir plus difficile au fil du temps.
Dans les Amériques espagnoles, il y a bientôt plus d'affranchis de couleur que d'esclaves, mais cette possibilité n'existe pas dans l'Amérique anglo-saxonne. Le seul dénominateur commun entre toutes les Amériques est que la mère détermine le statut de l'individu.
La traite négrière
La traite transatlantique des esclaves a constitué un élément majeur du processus de colonisation des Amériques, qui a débuté au 17e siècle et s'est poursuivi jusqu'au 19e siècle. On estime que plus de 12 millions d'Africains ont été amenés de force en Amérique comme esclaves au cours de cette période. La majorité de ces esclaves ont été envoyés au Brésil, puis dans les Caraïbes anglaises et françaises. Les futurs États-Unis, en revanche, comptaient relativement peu d'esclaves par rapport à la période initiale de la colonisation. Le nombre d'esclaves aux États-Unis a augmenté de manière significative au XIXe siècle en raison de l'amélioration des conditions de vie et de travail, ce qui leur a permis de survivre et de se reproduire plus efficacement.
La traite des esclaves a atteint son apogée au 18e siècle, pendant la période des Lumières. Il s'agit d'une contradiction importante, car les idéaux du mouvement des Lumières, tels que la liberté, l'égalité et les droits de l'homme, n'étaient pas étendus aux Africains réduits en esclavage. À partir de 1815, la traite des esclaves a été progressivement interdite et finalement abolie dans la plupart des Amériques, bien que l'esclavage lui-même n'ait pas été aboli dans tous les pays avant le XIXe siècle.
Production agricole
Amérique ibérique
Au cours de la période coloniale de l'Amérique ibérique, les descendants des colons européens ont souvent acquis de grandes propriétés foncières, tandis que les communautés autochtones et les petits agriculteurs ont été contraints de s'installer dans des zones moins fertiles. Ce modèle de répartition inégale des terres a persisté tout au long de l'histoire et reste un problème important dans de nombreuses régions des Amériques. En outre, la concentration des terres entre les mains de quelques-uns a contribué à la persistance des problèmes de pauvreté et d'inégalité pour les communautés marginalisées, en particulier les groupes autochtones et d'ascendance africaine.
Amérique Anglo-Saxonne
Au début de la colonisation anglo-saxonne en Amérique, la répartition des terres était relativement égale, avec de nombreuses exploitations familiales. Au fil du temps, cependant, la structure de la propriété foncière a commencé à changer et l'inégalité s'est accrue, avec une concentration croissante des terres entre les mains de grandes plantations. En outre, l'essor de l'agriculture de plantation, en particulier dans le Sud, reposait sur le travail des Africains réduits en esclavage, ce qui a contribué à accroître les inégalités raciales et économiques dans la région. L'héritage de cette histoire continue de façonner le paysage agricole des États-Unis aujourd'hui, avec des problèmes permanents de propriété foncière et d'inégalité économique qui affectent de nombreuses communautés rurales.
Commerce des villes portuaires
Le commerce des villes portuaires des Amériques était largement impacté par les mauvaises voies de communication, rendant les échanges commerciaux plus difficiles et plus longs que ceux entre les villes portuaires d'Europe.
Le mercantilisme était la doctrine économique dominante pendant cette période, qui stipulait que la richesse principale des États réside dans leur stock d'or et d'argent, et qui était associée à un protectionnisme et un monopole de la métropole sur le commerce. Les grandes métropoles avaient besoin de grandes quantités d'or et d'argent pour financer les guerres constantes. Les Amériques étaient considérées comme la principale source de capitaux pour ces métropoles à travers les importations et les exportations.
Cependant, la mise en place du mercantilisme variait d'une colonie à l'autre. Certaines colonies étaient plus libérales dans leurs échanges commerciaux tandis que d'autres étaient plus restrictives, avec des règles et des tarifs plus stricts pour les importations et les exportations.
Amérique Anglo-Saxonne
Pendant la période coloniale, le commerce des villes portuaires de l'Amérique anglo-saxonne, en particulier dans les colonies britanniques, a largement contribué à la prospérité économique de la région. La production de tabac, d'indigo et de sucre, très demandés en Europe, alimente la croissance de ces villes portuaires et contribue au développement de l'économie américaine. Les autorités britanniques ignorent largement la contrebande de ces marchandises, car le commerce légitime suffit à remplir leurs coffres. Cette prospérité a entraîné le développement rapide de ports tels que Boston et Philadelphie, qui sont devenus d'importants centres d'échanges et de commerce. Cette prospérité économique a également eu un impact important sur la révolution industrielle en Angleterre, car les matières premières et les marchés fournis par les colonies américaines ont joué un rôle clé dans le développement de nouvelles technologies et techniques de fabrication.
Amérique ibérique
Contrairement à l'Amérique anglo-saxonne, le commerce des villes portuaires de l'Amérique ibérique était fortement contrôlé et monopolisé par les puissances colonisatrices. La métropole, généralement l'Espagne ou le Portugal, avait des règlements stricts qui interdisaient aux colonies de commercer entre elles ou avec d'autres pays. Cela a entraîné un manque de développement économique et de prospérité dans les colonies. Ce système a également conduit à la croissance d'une classe de contrebandiers extrêmes qui faisaient de la contrebande de marchandises et du commerce illégal. Ce commerce illicite était l'un des rares moyens pour les colonies d'accéder à des biens ou de générer des revenus. Ce système de contrôle et de restriction du commerce a eu un impact durable sur le développement économique de la région et a contribué aux problèmes actuels de pauvreté et d'inégalité.
Administration politique
Amérique ibérique
En Amérique ibérique, les puissances colonisatrices ont maintenu un système d'administration politique strict et rigide. La métropole, généralement l'Espagne ou le Portugal, exerçait un grand contrôle sur les colonies et ne tenait guère compte de l'autonomie locale. Pour les Amériques espagnoles, le Conseil des Indes détenait un pouvoir important et prenait les décisions pour les colonies. Le pouvoir exécutif était entre les mains d'un vice-roi, qui était toujours un Espagnol et exerçait un contrôle étendu sur le territoire. Il y avait peu de pouvoir local, même pour les élites et les membres aisés de la société. Le seul type de régime qui existait était celui des conseils locaux qui représentaient les minorités. Cette centralisation du pouvoir et ce manque d'autonomie ont eu un impact durable sur la région et ont contribué à la persistance des problèmes d'inégalité politique et économique.
Amérique Anglo-Saxonne
Contrairement à l'Amérique ibérique, les colonies britanniques de l'Amérique anglo-saxonne avaient un système d'administration politique décentralisé. La Grande-Bretagne établit des assemblées législatives locales dans chaque colonie, dans lesquelles siègent les élites locales et qui jouissent d'une certaine autonomie dans la prise de décision et la gestion des impôts et des finances de la colonie. Toutefois, ce système ne s'étendait pas à l'ensemble de la population. Il n'était pas démocratique, car il excluait une grande partie de la population, comme les esclaves, les autochtones et les femmes. Malgré cela, l'expérience de l'autonomie et la participation des élites coloniales aux assemblées législatives leur ont permis d'acquérir une expérience et des connaissances précieuses en matière de gouvernance, qui leur seront utiles au moment de l'indépendance.
Religions et diversité culturelle
Amérique Anglo-Saxonne
Dans l'Amérique anglo-saxonne, la religion dominante était le christianisme, la majorité de la population étant protestante, en particulier celle des confessions anglicane, presbytérienne et congrégationaliste. Cependant, il y avait également une population importante de catholiques, en particulier dans le Maryland et parmi les Français en Louisiane. Il y avait également des populations plus modestes de Juifs, de Quakers et d'autres groupes religieux.
La diversité culturelle de l'Amérique anglo-saxonne a été façonnée par les origines diverses des colons européens, notamment ceux d'Angleterre, d'Écosse, d'Irlande, d'Allemagne et d'autres pays. Cette diversité s'est également reflétée dans les coutumes, les langues et les traditions des différentes communautés. Les Africains réduits en esclavage ont également apporté leurs propres pratiques culturelles, telles que la musique, la danse et la religion, qui se sont mêlées à la culture européenne dominante pour créer des expressions culturelles uniques.
Cependant, malgré cette diversité, l'accent a été mis sur la culture anglo-saxonne et la suppression des cultures des Africains réduits en esclavage et des peuples indigènes. Les puissances coloniales ont imposé leur propre religion, langue et culture aux peuples colonisés.
En outre, les colonies britanniques avaient un lien culturel et politique fort avec la Grande-Bretagne, ce qui a influencé leur développement politique et social. Elles partageaient une langue, un système juridique et des idéaux politiques communs, qui ont finalement joué un rôle dans leur décision de s'unir et de déclarer leur indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne.
Le paysage religieux de l'Amérique anglo-saxonne à la veille de l'indépendance était marqué par une grande diversité de dénominations protestantes, chacune ayant ses propres idéologies et pratiques. Cette diversité était souvent qualifiée de "Babylone protestante" en raison des croyances et pratiques conflictuelles entre les différentes dénominations. Les quakers faisaient partie des quelques groupes qui prônaient la tolérance religieuse et le pacifisme.
Au début du 18e siècle, la religiosité dans les colonies était en déclin. Pour y remédier, certains pasteurs ont lancé un renouveau religieux connu sous le nom de "Grand Réveil". [16][17] Ce mouvement cherchait à revitaliser la ferveur religieuse et soulignait l'importance de la foi personnelle et la menace de la damnation éternelle. Le Grand Réveil a été un événement important qui a touché les treize colonies et a contribué au développement d'une identité religieuse commune parmi les colonies, ce qui a été l'une des premières idées des États-Unis.
L'un des éléments clés du Grand Réveil était l'idée de la supériorité de la loi divine et la conviction que les lois naturelles étaient données par Dieu. Cette idée a renforcé la croyance en l'importance de la foi personnelle et de l'autorité des chefs religieux. Elle a également renforcé l'idée que les colonies faisaient partie d'un plan divin et qu'elles avaient une destinée spéciale dans le monde. Cette idée jouera un rôle important dans le développement d'une identité nationale et dans la déclaration éventuelle d'indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne.
Amérique ibérique
En Amérique ibérique, le paysage religieux était complexe et varié. L'Église catholique était la religion dominante, mais elle était loin d'être universelle. Les grands bastions du catholicisme étaient les grandes villes à forte population espagnole et portugaise. Cependant, dans les zones rurales, des vénérations locales de vierges se sont développées, créées sur place, mêlant des éléments amérindiens à des éléments de la tradition catholique qui persistent encore aujourd'hui.
En raison de l'immensité du territoire et de la faiblesse des infrastructures de communication, l'Église catholique était peu présente dans les zones rurales et dans les régions tropicales. En conséquence, il y a eu un syncrétisme rapide entre les religions africaines et le catholicisme, et de nombreuses religions ont été créées, se cachant derrière le catholicisme.
L'accès aux idées des Lumières était limité à une petite partie de la population. Cependant, parmi les idées clés qui ont atteint l'Amérique ibérique, on trouve le concept de lois naturelles et la conviction que nous pouvons essayer de comprendre et de changer les choses grâce à elles. En outre, le philosophe John Locke a écrit que le rôle de l'État est d'assurer le bien-être et la sécurité des individus ayant des droits inaliénables à la vie, à la liberté et à la propriété. Cette idée aura un impact significatif sur le développement politique et social de l'Amérique ibérique après les guerres d'indépendance.[18][19]
Annexes
- Lewin, Boleslao. La inquisición En Hispanoamerica Judios, Protestantes y Patriotas. Paidos, 1967. p.117 url: http://historiayverdad.org/Inquisicion/La-inquisicion-en-Hispanoamerica.pdf
- Rico Galindo, Rosario (Septiembre de 2008). «Terminologías». Historia de México (3ra. Edición edición). Santillana. pp. 64. ISBN 970-2-9223-08.
- León Portilla, Miguel (1983). De Teotihuacán a Los Aztecas: Antología de Fuentes e Interpretaciones Históricas. México: UNAM, pp. 354. ISBN 978-9-68580-593-3. El autor estima en 100 000 a 300 000 la población de la ciudad.
- ↑Mieder, Wolfgang. "'The Only Good Indian Is a Dead Indian': History and Meaning of a Proverbial Stereotype." The Journal of American Folklore 106 (1993):38–60.
- Origins of Sayings - The Only Good Indian is a Dead Indian, http://www.trivia-library.com/ - About the history and origins behind the famous saying the only good indian is a dead indian.
- Lambert, Leslie. Inventing the Great Awakening, Princeton University Press, 1999.
- "Bush Tells Group He Sees a 'Third Awakening'" Washington Post, 12 septembre 2006.
- ENA MENSUEL - La revue des Anciens Élèves de l’Ecole Nationale d’Administration NUMÉRO HORS-SERIE, "POLITIQUE ET LITTÉRATURE", DÉCEMBRE 2003 - JEFFERSON, LE PERE DE LA DECLARATION D’INDEPENDENCE DES ETATS-UNIS par André KASPI
- « pour leur conservation, pour leur sûreté mutuelle, pour la tranquillité de leur vie, pour jouir paisiblement de ce qui leur appartient en propre, et être mieux à l’abri des insultes de ceux qui voudraient leur nuire et leur faire du mal » - John Locke.Traité du gouvernement civil, 1690, édition française, C. Volland éd., Paris, 1802, p. 164
- ↑ Aline Helg - UNIGE
- ↑ Aline Helg - Academia.edu
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- ↑ En anglais, « The only good Indian is a dead Indian. »
- ↑ Who Said the Only Good Indian Is a Dead One?
- ↑ Mieder, Wolfgang. "'The Only Good Indian Is a Dead Indian': History and Meaning of a Proverbial Stereotype." The Journal of American Folklore 106 (1993):38–60.
- ↑ Comanche Chief Tosawi reputedly told Sheridan in 1869, "Me, Tosawi; me good Injun," to which Sheridan supposedly replied, "The only good Indians I ever saw were dead." Sheridan denied he had ever made the statement. Biographer Roy Morris Jr. states that, nevertheless, popular history credits Sheridan with saying "The only good Indian is a dead Indian." This variation "has been used by friends and enemies ever since to characterize and castigate his Indian-fighting career." - Philip Sheridan
- ↑ Origins of Sayings - The Only Good Indian is a Dead Indian, http://www.trivia-library.com/ - About the history and origins behind the famous saying the only good indian is a dead indian.
- ↑ Lambert, Leslie. Inventing the Great Awakening, Princeton University Press, 1999.
- ↑ "Bush Tells Group He Sees a 'Third Awakening'" Washington Post, 12 septembre 2006.
- ↑ ENA MENSUEL - La revue des Anciens Élèves de l’Ecole Nationale d’Administration NUMÉRO HORS-SERIE, "POLITIQUE ET LITTÉRATURE", DÉCEMBRE 2003 - JEFFERSON, LE PERE DE LA DECLARATION D’INDEPENDENCE DES ETATS-UNIS par André KASPI
- ↑ « pour leur conservation, pour leur sûreté mutuelle, pour la tranquillité de leur vie, pour jouir paisiblement de ce qui leur appartient en propre, et être mieux à l’abri des insultes de ceux qui voudraient leur nuire et leur faire du mal » - John Locke.Traité du gouvernement civil, 1690, édition française, C. Volland éd., Paris, 1802, p. 164