« Le Civil Rights Movement aux États-Unis » : différence entre les versions
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Les | Les Afro-Américains du Sud ont été parmi les principaux acteurs du mouvement des droits civiques. Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Afro-Américains du Sud sont revenus de leur service militaire. Ils n'étaient plus disposés à accepter la ségrégation et la discrimination raciales systémiques auxquelles ils étaient confrontés. | ||
Ces Afro-Américains ont été inspirés par l'exemple d'autres groupes opprimés dans le monde qui se battaient pour leurs droits et leurs libertés. Ils ont commencé à s'organiser et à protester contre les injustices auxquelles ils étaient confrontés. Ils ont formé des organisations de défense des droits civiques, organisé des manifestations et des sit-in, et se sont engagés dans d'autres formes de résistance non violente pour remettre en cause le statu quo. | |||
Le courage et la détermination des Afro-Américains du Sud, qui ont risqué leur vie et leurs moyens de subsistance pour réclamer l'égalité des droits et la justice, ont été un facteur essentiel du succès du mouvement des droits civiques. Leur activisme a permis d'attirer l'attention sur les injustices auxquelles ils étaient confrontés, de galvaniser le soutien du public et de faire pression sur le gouvernement pour qu'il mette fin à la ségrégation et à la discrimination. | |||
Sans la bravoure et l'engagement des Afro-Américains du Sud, il est peu probable que le Mouvement pour les droits civiques aurait été aussi fructueux qu'il l'a été en apportant des changements et en garantissant l'égalité des droits pour les Afro-Américains. | |||
== La Cour Suprême == | == La Cour Suprême == | ||
La Cour suprême a joué un rôle important dans l'orientation des droits civils et de l'égalité aux États-Unis, et l'orientation de sa politique a changé au fil du temps, devenant plus progressiste dans certains cas. | |||
Au milieu du XXe siècle, la Cour suprême a rendu plusieurs décisions historiques qui ont contribué à faire avancer la cause des droits civils et de l'égalité. Par exemple, en 1954, dans l'affaire Brown contre Board of Education, la Cour suprême a déclaré que la ségrégation dans les écoles publiques était inconstitutionnelle, ouvrant la voie à l'intégration des écoles dans tout le pays.<ref>Horwitz, Morton J. (Winter 1993). "[https://scholarlycommons.law.wlu.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1814&context=wlulr The Warren Court And The Pursuit Of Justice]". Washington and Lee Law Review. 50.</ref><ref>Powe, Jr., Lucas A. (2002). The Warren Court and American Politics. Harvard University Press.</ref><ref>Swindler, William F. (1970). "[https://web.archive.org/web/20191003223936/https://core.ac.uk/download/pdf/73968804.pdf The Warren Court: Completion of a Constitutional Revolution]" (PDF). Vanderbilt Law Review. 23.</ref><ref>Driver, Justin (October 2012). "The Constitutional Conservatism of the Warren Court". California Law Review. 100 (5): 1101–1167. JSTOR 23408735.</ref> | |||
Outre l'affaire Brown v. Board of Education, la Cour suprême a rendu un certain nombre d'autres décisions importantes au milieu du XXe siècle qui ont contribué à faire avancer la cause des droits civils et de l'égalité. Par exemple, en 1964, dans l'affaire Heart of Atlanta Motel v. United States, la Cour suprême a confirmé la constitutionnalité de la loi sur les droits civils de 1964, qui interdisait la discrimination dans les logements publics fondée sur la race, la couleur, la religion ou l'origine nationale. | |||
Ces décisions et d'autres décisions de la Cour suprême ont contribué à établir le cadre juridique des droits civils et de l'égalité aux États-Unis et continuent d'avoir une grande influence aujourd'hui. Le rôle de la Cour suprême dans l'orientation des droits civils et de l'égalité reste un aspect important de l'histoire et du droit américains. | |||
= Contexte intérieur et international = | = Contexte intérieur et international = | ||
Version du 14 février 2023 à 22:48
| Faculté | Lettres |
|---|---|
| Département | Département d’histoire générale |
| Professeur(s) | Aline Helg[1][2][3][4][5][6][7] |
| Cours | Les États-Unis et l’Amérique Latine : fin XVIIIème et XXème siècles |
Lectures
- Les Amériques à la veille des indépendances (A. Helg)
- L’indépendance des États-Unis
- La Constitution des États-Unis et la société du début du XIXème siècle
- La Révolution haïtienne et son impact dans les Amériques
- Les indépendances des nations d’Amérique latine
- L’Amérique latine vers 1850 : sociétés, économies, politiques
- Les États-Unis du Nord et du Sud vers 1850 : immigration et esclavage
- La Guerre de Sécession et la Reconstruction aux États-Unis : 1861 - 1877
- Les États-(ré) Unis : 1877 - 1900
- Régimes d’Ordre et de Progrès en Amérique latine : 1875 - 1910
- La Révolution mexicaine : 1910 - 1940
- La société étasunienne des années 1920
- La Grande Dépression étasunienne et le New Deal : 1929 - 1940
- De la politique du Big Stick à celle du Good Neighbor
- Coups d’État et populismes latino-américains
- Les États-Unis face à la Deuxième guerre mondiale
- L’Amérique latine pendant la Deuxième guerre mondiale
- La société étasunienne de l’Après-guerre : Guerre froide et société d’abondance
- La Guerre froide en Amérique latine et la Révolution cubaine
- Le Civil Rights Movement aux États-Unis
Le mouvement des droits civiques aux États-Unis était un mouvement social et politique visant à mettre fin à la ségrégation raciale et à la discrimination à l'encontre des Afro-Américains au milieu du 20e siècle. Les jeunes, en particulier les étudiants, ont joué un rôle crucial dans ce mouvement. Ils ont organisé et participé à des sit-in, des Freedom Rides et d'autres formes de protestation non violente pour exiger l'égalité de traitement devant la loi. Les actions de ces jeunes ont contribué à attirer l'attention nationale sur la lutte pour les droits civils, et leur courage et leur détermination ont inspiré d'autres personnes à rejoindre le mouvement. Certains des leaders les plus célèbres du mouvement des droits civiques, tels que le révérend Martin Luther King Jr, étaient jeunes lorsqu'ils se sont engagés dans cette cause. Leurs efforts ont finalement conduit à l'adoption d'une législation importante, notamment la loi sur les droits civils de 1964 et la loi sur le droit de vote de 1965, qui ont interdit la discrimination fondée sur la race dans les établissements publics et le vote. Le mouvement des droits civiques reste un élément important de l'histoire américaine et son héritage inspire les jeunes d'aujourd'hui à lutter pour la justice et l'égalité.
L'anniversaire de Martin Luther King Jr., le 15 janvier, est célébré comme le Martin Luther King Jr. Day aux États-Unis. Il s'agit d'un jour férié fédéral qui rend hommage à la vie et à l'héritage de l'un des leaders les plus influents du mouvement des droits civiques. Ce jour férié a été promulgué par le président Ronald Reagan en 1983 et a été observé pour la première fois en tant que jour férié fédéral le 20 janvier 1986. Il est désormais célébré le troisième lundi de janvier de chaque année. Il s'agit d'une journée de service, où les gens sont encouragés à faire du bénévolat et à redonner à leur communauté en l'honneur du message de paix et de justice sociale de King.[8][9][10][11]
Discours prononcé le 28 août 1963 devant le Lincoln Memorial, à Washington, D.C., est généralement considéré comme l’un des plus grands et des plus marquants du xxe siècle.[12] Selon le député américain John Lewis, qui prit également la parole ce jour-là au nom du Comité de coordination des étudiants non violents. « En parlant comme il l’a fait, il a éduqué, il a inspiré, il a guidé non pas simplement les gens qui étaient là, mais les gens partout en Amérique ainsi que les générations à venir ».[13]
Lors des célébrations de la Journée Martin Luther King Jr., il est courant d'entendre des extraits des célèbres discours de Martin Luther King, notamment son discours "I Have a Dream", prononcé lors de la marche sur Washington pour l'emploi et la liberté en 1963. Les discours de Martin Luther King continuent d'inspirer les gens du monde entier par leur message d'égalité, de justice et de résistance non violente. Ses discours sont souvent utilisés comme un moyen de rendre hommage à la diversité et aux droits des minorités aux États-Unis et de célébrer les progrès réalisés dans la lutte pour les droits civils. Ils servent également à rappeler le travail qu'il reste à accomplir pour réaliser la vision de King d'une société juste et égale. Les discours de Martin Luther King sont intemporels et son message d'espoir, d'amour et de réconciliation reste tout aussi pertinent aujourd'hui qu'il l'était dans les années 1960. Ils constituent une partie importante de l'histoire américaine et continuent d'inspirer des personnes de tous âges et de tous horizons à œuvrer pour une société plus juste et plus égale.[14][15][16][17]
Le discours "I Have a Dream" de Martin Luther King Jr. était une critique puissante de l'inégalité raciale et de la discrimination des Afro-Américains aux États-Unis. Il a évoqué les injustices et les indignités profondément ancrées que subissent les Afro-Américains, notamment la ségrégation, la discrimination dans l'emploi et l'absence de droit de vote. Cependant, malgré les dures réalités qu'il abordait, le discours de Martin Luther King était aussi une puissante expression d'espoir et la vision d'un avenir meilleur. Il rêvait d'un jour où tous les individus, quelle que soit leur race, seraient jugés non pas en fonction de la couleur de leur peau mais en fonction de leur caractère. Il a parlé d'un avenir où ses quatre enfants ne seraient "pas jugés par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère".
Après le discours "I have a dream" de King, le mouvement des droits civiques a pris de l'ampleur et la pression s'est accrue sur le gouvernement fédéral pour qu'il prenne des mesures afin de mettre fin à la ségrégation et à la discrimination raciales. Cette pression culmine avec l'adoption de la loi sur les droits civils de 1964, qui interdit la discrimination raciale dans les établissements publics et l'emploi. Cette loi a également donné au gouvernement fédéral les moyens de faire respecter la déségrégation. En outre, la loi sur le droit de vote de 1965 a été adoptée, interdisant les pratiques électorales discriminatoires qui avaient été utilisées pour empêcher les Afro-Américains d'exercer leur droit de vote. Cette loi prévoit également une surveillance fédérale des élections dans les États et les localités ayant des antécédents de discrimination électorale. Ces deux textes de loi ont constitué des étapes importantes dans la lutte pour les droits civils et ont contribué à mettre fin à la ségrégation et à la discrimination légales aux États-Unis. Ils sont le fruit du travail acharné et de la détermination des militants des droits civiques, dont Martin Luther King Jr. Ils ont marqué un tournant majeur dans la lutte pour l'égalité et la justice pour les Afro-Américains.
Le 14e amendement à la Constitution des États-Unis, adopté en 1868, prévoit qu'aucun État ne peut "refuser à toute personne relevant de sa juridiction l'égale protection de la loi." Cet amendement visait à fournir des protections juridiques aux esclaves nouvellement affranchis et à garantir qu'ils bénéficient des mêmes droits et protections juridiques que les autres citoyens. Le 15e amendement, adopté en 1870, prévoit que le droit de vote des citoyens des États-Unis "ne sera pas refusé ou restreint par les États-Unis ou par tout État en raison de la race, de la couleur ou de la condition antérieure de servitude". Cet amendement a été promulgué pour garantir que les hommes afro-américains puissent voter et participer au processus politique sans se voir refuser le droit de vote en raison de leur race ou de leur statut antérieur d'esclave. Les 14e et 15e amendements ont constitué des étapes importantes pour garantir l'égalité des droits et des protections aux Afro-Américains à la suite de la guerre civile et de l'abolition de l'esclavage. Cependant, malgré ces amendements, la discrimination et la ségrégation ont continué à persister, et le mouvement des droits civiques des années 1950 et 1960 a été nécessaire pour faire avancer la cause de l'égalité et de la justice pour les Afro-Américains. La loi sur les droits civils de 1964 et la loi sur le droit de vote de 1965 ont contribué à fournir des protections juridiques et des mécanismes d'application supplémentaires pour les droits garantis par les 14e et 15e amendements.
Les États-Unis ont été l'un des derniers pays au monde à abolir l'esclavage. C'était le seul pays des Amériques à avoir un système de ségrégation légale et de discrimination fondée sur la race. Malgré les garanties d'égale protection et de droit de vote inscrites dans les 14e et 15e amendements à la Constitution, la discrimination et la ségrégation ont persisté pendant de nombreuses décennies. Même après la guerre civile et l'abolition de l'esclavage, de nombreuses autres formes de discrimination et d'inégalité ont persisté aux États-Unis, notamment les lois Jim Crow, le redlining et l'incarcération de masse. Si des progrès ont été accomplis pour réduire les inégalités raciales, l'héritage de la discrimination et de l'inégalité continue de se faire sentir aujourd'hui, et des efforts continus sont nécessaires pour résoudre ces problèmes. Si les États-Unis sont le seul pays des Amériques à avoir un système de ségrégation légale et de discrimination fondée sur la race, la discrimination et l'inégalité fondées sur la race, l'origine ethnique et la couleur de la peau sont très répandues dans d'autres pays du monde, y compris dans les Amériques. Dans de nombreux pays, ces formes de discrimination persistent à ce jour, et des efforts continus sont nécessaires pour y remédier.
Les acteurs du changement
Les droits des Afro-Américains ont été reconnus au milieu des années 1960 grâce aux efforts du Civil Rights Movement, un mouvement politique et social visant à mettre fin à la ségrégation et à la discrimination raciales. Le Civil Rights Movement n'a pas été un développement soudain, mais plutôt le résultat de décennies d'organisation, de protestation et d'activisme par les Afro-Américains et leurs alliés.
L'un des facteurs clés de la reconnaissance des droits des Afro-Américains au milieu des années 1960 a été le développement de la lutte pour la liberté des Noirs. Ce mouvement de masse visait à contester et à mettre fin à la ségrégation et à la discrimination. Des militants tels que Martin Luther King Jr, Rosa Parks et d'autres ont eu recours à des protestations pacifiques, à des boycotts et à la désobéissance civile pour attirer l'attention sur les injustices dont étaient victimes les Afro-Américains et exiger des changements.
Un autre facteur important a été l'évolution du paysage politique des États-Unis dans les années 1960. Le président John F. Kennedy, qui était en fonction lorsque le mouvement des droits civiques prenait de l'ampleur, a d'abord hésité à prendre des mesures en faveur des droits civiques. Toutefois, il a fini par soutenir le mouvement et a fait pression pour obtenir des lois sur les droits civils, notamment la loi sur les droits civils de 1964 et la loi sur le droit de vote de 1965.
En outre, le mouvement des droits civiques était une réponse aux changements sociaux, culturels et politiques plus larges qui se produisaient aux États-Unis au milieu des années 1960, notamment la montée de la contre-culture, le mouvement féministe et le mouvement anti-guerre. Ces mouvements ont contribué à créer un climat d'effervescence sociale et politique dans lequel le mouvement des droits civiques a pu s'épanouir.
Enfin, la reconnaissance des droits des Afro-Américains au milieu des années 1960 est également due à la pression internationale et à l'impact du Civil Rights Movement sur la scène mondiale. Le monde observait les États-Unis aux prises avec la question de l'inégalité raciale, et les actions du Mouvement pour les droits civiques ont contribué à inspirer des mouvements similaires pour la justice sociale et l'égalité dans le monde entier.
Les Afro-Américains du Sud
Les Afro-Américains du Sud ont été parmi les principaux acteurs du mouvement des droits civiques. Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Afro-Américains du Sud sont revenus de leur service militaire. Ils n'étaient plus disposés à accepter la ségrégation et la discrimination raciales systémiques auxquelles ils étaient confrontés.
Ces Afro-Américains ont été inspirés par l'exemple d'autres groupes opprimés dans le monde qui se battaient pour leurs droits et leurs libertés. Ils ont commencé à s'organiser et à protester contre les injustices auxquelles ils étaient confrontés. Ils ont formé des organisations de défense des droits civiques, organisé des manifestations et des sit-in, et se sont engagés dans d'autres formes de résistance non violente pour remettre en cause le statu quo.
Le courage et la détermination des Afro-Américains du Sud, qui ont risqué leur vie et leurs moyens de subsistance pour réclamer l'égalité des droits et la justice, ont été un facteur essentiel du succès du mouvement des droits civiques. Leur activisme a permis d'attirer l'attention sur les injustices auxquelles ils étaient confrontés, de galvaniser le soutien du public et de faire pression sur le gouvernement pour qu'il mette fin à la ségrégation et à la discrimination.
Sans la bravoure et l'engagement des Afro-Américains du Sud, il est peu probable que le Mouvement pour les droits civiques aurait été aussi fructueux qu'il l'a été en apportant des changements et en garantissant l'égalité des droits pour les Afro-Américains.
La Cour Suprême
La Cour suprême a joué un rôle important dans l'orientation des droits civils et de l'égalité aux États-Unis, et l'orientation de sa politique a changé au fil du temps, devenant plus progressiste dans certains cas.
Au milieu du XXe siècle, la Cour suprême a rendu plusieurs décisions historiques qui ont contribué à faire avancer la cause des droits civils et de l'égalité. Par exemple, en 1954, dans l'affaire Brown contre Board of Education, la Cour suprême a déclaré que la ségrégation dans les écoles publiques était inconstitutionnelle, ouvrant la voie à l'intégration des écoles dans tout le pays.[18][19][20][21]
Outre l'affaire Brown v. Board of Education, la Cour suprême a rendu un certain nombre d'autres décisions importantes au milieu du XXe siècle qui ont contribué à faire avancer la cause des droits civils et de l'égalité. Par exemple, en 1964, dans l'affaire Heart of Atlanta Motel v. United States, la Cour suprême a confirmé la constitutionnalité de la loi sur les droits civils de 1964, qui interdisait la discrimination dans les logements publics fondée sur la race, la couleur, la religion ou l'origine nationale.
Ces décisions et d'autres décisions de la Cour suprême ont contribué à établir le cadre juridique des droits civils et de l'égalité aux États-Unis et continuent d'avoir une grande influence aujourd'hui. Le rôle de la Cour suprême dans l'orientation des droits civils et de l'égalité reste un aspect important de l'histoire et du droit américains.
Contexte intérieur et international
Changements structurels internes
Dans la société étatsunienne, il y a des changements structurels, pendant la guerre il y eut la mécanisation d’une partie de la culture de coton qui a diminué l’emploi rural accélérant le processus d’urbanisation dans les États du Sud, de nombreux métayers, petits paysans noirs et blancs émigrent vers le Nord, pour le nord des États-Unis et la côte ouest, entre 1940 et 1959 il y a un total de 3 millions de noirs du Sud qui « vote avec le pied », partent et immigrent au Nord et à l’Ouest afin d’être des citoyens appart entier.
Avec cette migration ils ont gardé de la famille au Sud, un processus de communication s’intensifie avec l’extension des possibilités d’entraide entre les noirs du Sud et du Nord et de l’Est. Cela renforce le poids électoral des noirs dans les États de la côte est et de Californie ; par la suite, les politiciens devront s’occuper de la question raciale.
Au sud avec le début de la modernisation, ce changement conjoncturel modifie la mentalité d’une partie des blancs notamment grâce aux migrants blancs qui viennent vers la sun-belt ; le contrôle absolu sur les noirs par la ségrégation est désormais superflu.
La Guerre froide et la décolonisation
Nous sommes en pleine guerre froide et décolonisation, les contradictions entre l’idéal affiché de liberté et de démocratie que les États-Unis veulent montrer au monde est en complète contradiction avec la réalité de la ségrégation dans le Sud qui sera utilisé de plus en plus par les détracteurs des États-Unis pour les dénoncer de racistes voire de fascistes.
En 1944, Gunnar Myrdal publie An American dilemma: The negro problem and modern democracy. [22] Dans ce livre, il insiste sur la contradiction entre le discours démocratique du gouvernement étatsunien et la pratique de la ségrégation ainsi que la discrimination des noirs aux États-Unis le pointant comme le talon d’Achille des États-Unis.
Les noirs avaient déjà commencé à s’opposer à la violation des XIVème et XVème amendements. Les noirs mobilisés pour combattre le fascisme et défendre la démocratie étaient caractérisés par la ségrégation et la discrimination. Les forces de l’axe utilisaient cet argument dans leur propagande forçant le Congrès à voter le Soldier Voting Act.[23][24][25][26]
Lorsque les soldats noirs reviennent de la guerre, ils tentent de s’inscrire sur les listes d’électeurs ; ils étaient sûrs que cette nouvelle législation allait leur permettre de voter dans leurs États d’origine ; les blancs les en empêchent souvent par la violence.
Ils font toujours face à la ségrégation, malgré cela ils vont se montrer de plus en plus opposés à cela et manifester ouvertement.
Dans les années 1948 et 1949 le maccarthysme bat son plein limitant ce que les noirs américains vont pouvoir faire. Le FBI est dominé par Hoover de 1924 à 1972 étant obsédé par l’infiltration communiste dans le pays ; pour tous les noirs qui demandent, des droits civiques ainsi que la demande de réformes sont accusés de communisme et d’antiaméricanisme ; ceux qui critiquent le racisme encourent la confiscation de leur passeport.[27][28]
Le maccarthysme domine le Congrès et bloque toute initiative du département d’État contre la ségrégation, car plusieurs fonctionnaires du département d’État sont accusés d’activités antiaméricaines et communistes. D’autre part, Truman est peu intéressé à la cause des noirs, mais il est obligé en 1949 de faire passer un décret qui abolie la ségrégation raciale dans l’armée américaine.[29][30]
L’autre chose est qu’en 1949 il y a l’inauguration du siège de l’ONU à New York, pour les États-Unis cela va être de plus en plus difficile de se porter défenseur de la démocratie et du monde libre face aux nations nouvellement décolonisées d’Afrique et d’Asie qui vont siéger à l’ONU.
Cela va être d’autant plus difficile que des représentants vont essayer de voyager dans le pays et être empêchés d’accéder aux facilités normalement dans les États du Sud en tachant l’image des États-Unis. L’URSS va utiliser cette ségrégation comme une arme contre les États-Unis.
Ce ne sont pas seulement les représentants africains, mais aussi souvent ceux d’Asie et des caraïbes. C’est quelque chose qui commence à faire une mauvaise impression créant des problèmes démocratiques toutefois la pression internationale est encore trop faible pour voir le gouvernement des États-Unis agir dans le Sud.
Les premières étapes de la lutte : de 1955 à 1960
En 1954, les choses commencent à changer pour les Afro-Américains ; jusque-là la Cour suprême était dominée par les sudistes, soudainement elle devint plus progressiste. Le rôle de la Cour suprême est essentiel pour tous les citoyens des États-Unis.
Un évènement mineur eut des conséquences majeures ; en 1955 la Cour suprême commence à débattre de l’affaire Brown v. Board of Education ; la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) au nom d’un citoyen s’attaque à la doctrine « separeted but egal » qui avait été approuvée par la Cour suprême en 1896.[31]
C’est une question très importante, lorsque les juges sont en train de débattre l’un des juges suprêmes meurt ; il faut le remplacer. Eisenhower nomme Earl Warren qui fut procureur général et un gouverneur populaire en Californie ainsi que républicain, un homme de son temps, il considère que la justice doit évoluer avec son temps et ne plus être aussi marquée qu’elle l’était avant.[32][33][34][35][36][37]
Les avocats de la NAACP arrivent à démontrer que la ségrégation scolaire conduit les enfants noirs à recevoir une éducation non pas égale, mais très inférieure à celle que reçoit les blancs ;la Cour suprême décide de rendre la ségrégation scolaire illégale et oblige les écoles publiques à s’intégrer racialement dans les plus brefs délais sans toutefois définir de degrés légal.[38]
Cette décision liée à la nomination du juge Warren aura beaucoup d’effets sur d’autres décisions prises par la suite, Warren va dominer la Cour suprême de 1954 à 1969 ; durant cette période la Cour suprême va prendre plusieurs décisions qui réinterprètent la constitution américaine en faveur des exclus.
Non seulement il va défendre les droits égaux des noirs, mais aussi des femmes, des Indiens, des Latino-Américains, des pauvres et des handicapés qui vont acquérir de nouveaux droits qui garantissent leur liberté et leur égalité.
La décision de la Cour suprême rendant la ségrégation dans les écoles anticonstitutionnelle est suivie de deux décisions qui rendent la ségrégation illégale dans les autorités fédérales et dans les lieux publics.
Cela a une signification énorme pour les mouvements noirs, car cela oblige l’État fédéral à soutenir cette décision partout sur le territoire, l’État fédéral doit même fournir l’armée en appui de l’exécution de ces nouvelles lois et le FIB doit être aussi garant de l’application de ces lois fédérales.
Après 1954, de nombreux noirs vont tenter de rentrer dans les écoles, les collèges et les universités publics, d’autres vont tenter de s’imposer dans les transports publics voyant la réponse des blancs à chaque fois comme une vague de violence.
Rosa Parks à Montgomery en 1955 refuse de céder son siège dans le bus à un blanc resté debout. Elle est arrêtée puis emprisonnée, elle est à l’origine du fameux boycott des bus de Montgomery par les noirs pendant plus d’un an propulsant le jeune Martin Luther King alors âgé de 26 ans et la Christian Leadership Conference à la tête du mouvement pour l’égalité raciale.[39][40][41][42]
Rosa Parks n’était pas seulement qu’une modeste couturière, mais aussi une activiste de la NAACP et elle sait très bien le risque qu’elle prend ; pendant plus d’un an, les noirs vont marcher pour aller au travail forçant à terme l’intégration dans les transports publics.
En 1957, en Arkansas, lorsque le collège de Little Rock doit intégrer des élèves noirs, le gouverneur ségrégationniste refuse de laisser neuf jeunes noirs entrer dans le collège forçant le président Eisenhower à réquisitionner plus de 1000 soldats pour garantir l’intégration du collège ; les images de violences vont faire le tour du monde et provoquer une grande vague de protestations tout en offrant l’opportunité à l’URSS de faire oublier ses interventions en Europe de l’Est.[43][44][45][46]
En Caroline du Nord ont lieu des seating, des boycotts à l’encontre des commerces qui refusent de servir les noirs comme à Greensboro en 1960 ; les activistes de ces mouvements reprennent la résistance non violente voulue par Gandhi encaissent les coups de la population et de la police finissant par contraindre les établissements à accepter les noirs.
La présidence de John F. Kennedy dès janvier 1961
Dans ce contexte est élu Kennedy, c’est la politique extérieure notamment de faire face à la politique d’expansion de l’Union soviétique en Asie, en Afrique et à Cuba qui l’intéresse, il est aussi très soucieux de garder le soutien des votes des démocrates des États du Sud, il ne va pas vraiment toucher à la question raciale dans le sud des États-Unis.
Pour garder le soutient des États du Sud, il tente d’empêcher le projet de la Congress of Racial Equality qui a pour projet de faire voyager en bus dans les États du Sud un groupe de blancs et de noirs qu’on appelle les « Freedom Riders » ; le but de ces jeunes était de tester les États du Sud pour voir si l’État fédéral allait faire respecter la ségrégation dans les bus et les gares routières.[47][48][49][50][51][52]
Ce projet a aussi une portée internationale, car la ségrégation le long des routes fédérales affectait aussi les diplomates africains et asiatiques qui voulaient voyager de New York à Washington ; en Alabama et au Mississippi, les Freedom Riders sont brutalement attaqués par des membres du Ku Klux Klan.[53]
Le cas du Voter Education Project dans le Mississippi
Kennedy s’efforce de rediriger ce mouvement vers la préparation des noirs afin de s’enregistrer en tant qu’électeurs : les noirs étaient soumis à des tests « d’aptitude électorale ».[54][55] Cette voie était moins risquée que les Freedom Riders.
Il crée en 1962 le Voter Education Project sous la protection du gouvernement fédéral et du FIB, mais au Mississippi cela montre la limite de l’engagement de Kennedy en faveur des noirs poussant une partie des noirs à renoncer à la non-violence.[56][57]
Le Mississippi est l’un des États les plus pauvres et un bastion de la ségrégation ; les noirs engagés dans lutte pour les droits civiques depuis 1945 sont victimes de licenciements, on les chasse des fermes dans lesquels ils habitent, on les passe à tabac et il y a énormément de meurtres.
Ce qui va commencer à mobiliser l’opinion est le lynchage d’un jeune noir à Chicago qui avait 14 ans, Emmet Till ; sa mère à Chicago a décidé d’autoriser la diffusion par la presse nationale et internationale la photo de son cadavre défiguré.[58][59][60][61][62][63]
Il y eut un procès avec un jury entièrement blanc et par deux fois le jury a acquitté tous les accusés ; en même temps, cela a fait une montée du courage des noirs au Mississippi qui ont commencé à manifester plus directement.[64]
Ce changement va s’accélérer avec l’arrivée de la SNCC (Student Nonviolent Coordinating Committee) qui est une autre organisation de jeunes créée en 1960, mouvement multiracial de jeunes chrétiens.[65][66][67][68]
Les buts de ce mouvement sont non seulement d’enregistrer les noirs dans les bureaux de vote, mais aussi de développer au niveau local des organisations de base qui privilégient les jeunes et les femmes ; les jeunes qui adhèrent au SNCC abandonnent leurs études pour participer au changement social dans les petites villes du Sud, ils représentent l’aile radicale pour le mouvement de représentation des noirs qui poussent la lutte de Martin Luther King vers le centre.
Au Mississippi ils vont faire un travail énorme de recrutement de communautés avec des assemblées afin de mobiliser les gens à lire, à écrire, à prendre leur vie en charge décidant de travailler pour le Voting Education Project de Kennedy ; mais le test d’aptitude électorale fait face.[69]
Au Mississippi, en 1960, il y a seulement 5 % des noirs en position de voter ; lorsqu’ils ne sont pas attaqués, les candidats inscrits sur ces listes d’électeurs sont rejetés, un an après le lancement de cette campagne 63 militants sont assassinés sans que le gouvernement de Kennedy réagisse.
Washington dénonce le manque de réussite du Voting Education Project cessant de lui donner des fonds.
En 1963, lorsqu’un groupe d’étudiants arrive au Mississippi pour encadrer le Voting Education Programm, le FBI commence à protéger les noirs.
Ils décident de jouer le jeu invitant plusieurs centaines d’étudiants du Nord et de l’Est pour forcer le FBI à protéger leur campagne pour le vote au Mississippi. C’est alors que deux volontaires, deux blancs et un noir du Sud disparaissent. Le gouvernement envoie des centaines de policiers et d’agents du FBI afin de les retrouver. Ce n’est que deux mois plus tard que leurs corps sont retrouvés, les deux blancs fusillés et le noir torturé à mort.
Au cours de leur recherche, le FBI a trouvé une quantité de cadavres de noirs sans ouvrir d’enquêtes ; cela augmente le sentiment que les blancs veulent saper le processus d’autodétermination local ; il y a un changement de stratégie et ils vont se passer de la protection des étudiants blancs prenant les armes d’autant plus que le FBI ne réagit pas face aux meurtres dans le Mississippi.
À partir de 1953, la violence du Ku Klux Klan redouble ainsi que celle de la police et des gouverneurs du Sud commençant à être diffusé sur les écrans de télévision rendant de plus en plus difficile la légitimité d’avoir le siège de l’ONU à New York.
Le grand tournant pour John F. Kennedy
President John F. Kennedy's Civil Rights Address on June 11, 1963.[70][71][72]
Kennedy ne se décide à agir qu’en 1963 lorsque la police de l’Alabama réprime une manifestation pour les droits civiques et l’intégration, ce sont surtout des jeunes et des enfants des écoles qui vont manifester ; ces évènements se produisent au moment même où un mouvement pour l’unité africaine a lieu à Addis-Abeba.
La presse soviétique se saisie de cela afin de critiquer les États-Unis et Kennedy fait un discours à la télévision appelant le Congrès à passer une loi-cadre sur les droits civiques.[73][74][75]
En août 1963, l’ensemble du mouvement pour les droits civiques réunis plus de 200 000 personnes pour une marche vers Washington menant à un accord tacite entre Kennedy et les organisateurs qui soit d’éviter les discours radicaux en échange d’une loi-cadre permettant de diffuser des images apaisantes de cette marche.
Une partie du discours visionnaire de Martin Luther King est dans laquelle il se présente dans le rôle de Moïse devant l’ensemble de l’Amérique réconciliée avec elle-même. Après l’assassinat de Kennedy en 1963, Lyndon B Johnson, premier président originaire du sud reprend le flambeau et obtient l’approbation par le Congrès qui garantit le suffrage des noirs ; l’histoire se termine sur un triomphe législatif.
Martin Luther King, Jr. delivering his "I Have a Dream" speech.
Après 1965 : division du mouvement noir
Après 1965, le mouvement noir se divise avec le Civil Right de 1964 qui interdit la ségrégation menant à la création d’une commission visant à contrôler le fait « ségrégationniste » ; c’est une fin en soi pour ceux dont Martin Luther King qui prônent la lutte pour l’égalité concrète, l’égalité socioéconomique et une intégration totale, toutefois une franche veut le séparatisme noir.[76]
Il ne faut pas oublier qu’il y a une énorme différence entre les noirs du Nord, du Sud et de la côte ouest, car le Voting Act de 1965 ne représente une victoire que pour les 11 millions de noirs du Sud, mais non pas pour les 7 millions de noirs qui vivent dans les ghettos.
On entre dans une période d’émeutes dans les ghettos du Nord et de la Californie explosant dans des révoltes violentes caractérisées par le pillage, des incendies, la répression policière et militaire ; ces années sont marquées par une énorme violence et par des meurtres après celui de Kennedy en 1963 par ceux de Malcom X en 1965, ceux de Luther King et de Robert Kennedy en 1968.
C’est le fossé entre les ghettos du Nord et les zones de villas suburbaines qui expliquent l’explosion et la solution qui serait une sorte de plan Marshall.
Johnson lance une politique pour lutter contre la pauvreté, mais en même temps il s’enfonce dans la guerre du Vietnam ou les noirs sont tués de façon disproportionnée. En 1968, des révoltes de jeunes secouent le monde et les États-Unis menant à l’élection de Nixon à la présidence du pays.
Le sud profond réagi encore à toutes ces lois avec la candidature de Wallace qui crée un American Independant Party afin d’avoir un ségrégationniste comme président, mais qui échoue montrant que les mentalités mettent beaucoup de temps à évoluer et qu’il faut continuer à réclamer des droits qui ne sont jamais acquis pour tout le monde.
Annexes
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