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Globalisations : définition et situation

From Baripedia


Qu’est-ce que la globalisation ?[edit | edit source]

Définitions et enjeux disciplinaires[edit | edit source]

Faut-il parler de globalisation ou de mondialisation ? Il n’y a pas de différence, en français, il est admis que l’on peut utiliser les deux termes de manière interchangeable.

Il n’y a pas de définition consensuelle, c’est un débat ouvert. Au sein des débats sur la globalisation, c’est un débat particulièrement ouvert parce que le fait de définir ce qu’est la globalisation est un enjeu. La globalisation est une notion difficile à étudier parce qu’on a tous une certaine perception de ce que c’est.

Quelques lieux communs[edit | edit source]

La globalisation a un impact des actions à distance quand les actions d’agents sociaux en un endroit ont des conséquences à l’autre bout de la planète. Il y a une compression du temps et de l’espace. Il est beaucoup plus facile de communiquer, les barrières géographiques et territoriales ont tendance s’amenuiser. D’autre part, il y a une accélération de l’interdépendance avec l’augmentation de l’interconnexion entre économies et sociétés nationales.

Lorsqu’on parle de globalisation, il y a l’idée d’un monde qui rétrécit aussi, dit en anglais « a shrinking world ». Avec l’érosion des barrières humaines et géographiques au profit de l’activité socioéconomique, cela donne l’impression d’un monde plus petit. L’intégration est globale par un réagencement des rapports de pouvoir interrégionaux créant une conscience d’une condition globale et une intensification de l’interconnexion entre régions. Cela implique une homogénéisation qui engendre des visions et des pratiques communes qui seraient imposées par le système économique et politique selon une vision néolibérale.

Une définition ?[edit | edit source]

La globalisation peut être connue comme un discours, un processus, une grille analytique ou encore un projet commun. Selon les études, l’accent va être mis sur des aspects matériels, spatiotemporels ou encore cognitifs.

Ce sont des débats très hétérogènes, ce sont des approches qui représentent des investissements disciplinaires en fonction des mérites de lectures. Selon une approche conservatrice ou socialiste pour qui la globalisation est une menace des valeurs importantes, la lecture sera différente. Par exemple, une approche marxiste de la globalisation va partir du principe que depuis la fin de la guerre froide, il y a un agenda néolibéral imposé par certains agents internationaux au reste du monde. Pour les réalistes, la mondialisation serait imposée par un hégémon pour ses propres intérêts en utilisant des moyens militaires ou d’autres moyens de pression. La théorie réaliste se veut dynamique par le fait que les hégémons évoluent au cours de l’histoire ; ainsi, il n’y aurait aucune raison que la globalisation serait une phase.

Dans The Global Transformations Reader de Held et Macgrew publié en 2000[9], il y a une coexistence de multiples conversations plutôt qu’un véritable dialogue. C’est quelque chose d’extrêmement pluridisciplinaire. Wellerstein dans The Modern World-System propose la théorie du système-monde, d’autres proposent une approche par l’économie politique ou encore certains comme Kehohane et Nye dans Transnational relations and world politics publié en 1973 mettent en avant une logique d’interdépendances complexes.

Sceptiques vs globaliste[edit | edit source]

Ce type de distinction n’est là que pour clarifier une entrée dans le débat. Pour certains, la globalisation n’est pas un phénomène très original, comme pour Hirst et Thompson dans Globalization in question: the international economy and the possibilities of governance[10], on devrait plutôt parler d’internationalisation. Pour eux, la globalisation est vraiment un mythe qui permet de justifier et de légitimer l’avènement d’un projet néo-libéral comme pour Hirst dans From Statism to Pluralism[11] publié en 1997 et Gordon dans The Global Economy: New Edifice or Crumbling Foundations[12] publié en 1988 en prenant exemple sur le consensus de Washington, la dérégulation, la privatisation ou encore les programmes d’ajustements structurels, etc.

Des auteurs adoptent une ontologie réaliste comme Waltz dans Theory of International Politics[13] et Gilpin dans The Theory of Hegemonic War[14] remettant en cause la mondialisation comme cadre analytique pour comprendre des phénomènes. Certains adoptent une ontologie marxiste comme Van der Pijl dans Transnational Classes and International Relations[15], Negri et Hardt dans Empire[16] publié en 2000.

Pour les globalistes comme pour Held et McGrew dans The Global Transformations Reader[17], la globalisation engendre des transformations nettes de processus qui permettent de comprendre le monde par opposition aux relations internationales qui en générales ont comme référant principale l’État ne suffisant plus à comprendre le monde d’aujourd’hui. Il y a des logiques de globalisation bien présentes qui relèvent d’un réel phénomène de changement structurel dans l’échelle d’organisation sociale du monde. L’État n’est plus le référent principal, ce sont des aller-retour, des articulations complexes. Pour les globalistes, la mondialisation touche tous les autres domaines sociaux.

Ri2 Sceptiques vs globaliste.png

Enjeux disciplinaires : le cas des relations internationales[edit | edit source]

Enjeux disciplinaires.png

C’est un classement des disciplines en fonction de leur publication. Les relations internationales arrivent péniblement en septième place avec devant l’économie, la géographie, la sociologie et même la science politique. D’autre part, ce ne sont pas les chercheurs en relations internationales qui font le débat. Les relations internationales ne sont pas la discipline qui s’est le plus intéressée à la globalisation à la différence de l’économie, la sociologie et la science politique.

Dans Globalization : An Analytical Framework, Walker souligne la dépendance des relations internationales envers l’État qui n’arrive pas à échapper au double cloisonnement intellectuel et territorial autour de la question de l’État.

Temps et globalisation[edit | edit source]

Emergence du terme de globalisation[edit | edit source]

Friedman at the Miami Book Fair International, 1990

Il est très intéressant de commencer par aborder la question sur les origines de la globalisation en s’interrogeant sur l’itinéraire de cette notion qu’il faut distinguer des processus que nous décrivons. Même si le terme de globalisation apparaît dans le dictionnaire d’Oxford des années 1930, on peut aussi trouver le terme dans The Economist dans les années 1950 – 1960. C’est vraiment à partir des années 1980 que le terme explose avec un âge d’or dans les années 1990. Dans les années 1980 – 1990, c’est une nouveauté. Avant d’être dans un débat scientifique, le débat sur la globalisation vient de l’économie politique et va très rapidement se greffer sur un débat politique entre le néoréalisme et l’altermondialiste qui incarne une contreculture qui se réclame de la globalisation, mais souhaitant un usage différent.

Le terme se diffuse de la sphère financière et économique à d’autres sphères sociales. Le journaliste du New York Time Thomas Friedman a vulgarisé le terme. Friedman publie deux livres, un en 1900 The Lexus and the Olive tree[18] expliquant sa vision de la mondialisation dans le monde d’aujourd’hui, et en 2005 The world is flat[19] qui est une analyse sur les grandes tendances de la mondialisation et les forces qui l’animent.

Évolution terme globalisation.png

Pour illustrer que le terme de « globalisation » est arrivé tardivement, ces deux graphiques montrent que le terme de « globalisation » passe d’une occurrence dans les années 1980 à une forte utilisation dans les années 2000.

Datation[edit | edit source]

Il est important de faire la distinction entre l’émergence de la notion et le fait que quand les gens parlent de « mondialisation ». Sur la datation, on est dans la même logique. La question du « quand » est particulièrement importante, parce que pour les historiens, la manière dont est présentée la globalisation souffre d’anhistoricisme. Cela pose une limite au discours sur la globalisation parce qu’on ne sait pas jusqu’où remonter.

Pour certains auteurs, aujourd’hui, on a l’aboutissement d’un processus historique qui met en exergue des avis différents. Les trois approches qui reviennent le plus sont :

  • Théorie de la modernisation dans The consequences of modernity[20] de Giddens publié en 1990. Dès le XVIIème siècle, on arrive à une uniformisation du temps par une banalisation des montres qui a permis de désencastrer du temps des individus du temps dans sa conception spatiale. Ce qui est important est l’individualisation, car la compression du temps permet de concevoir ce phénomène à partir de l’individuation. Ulrich Beck a parlé de société du risque dans son livre éponyme de 1986. Dans la société individualisée, interconnectée et globale, les questions sont beaucoup plus perçues en termes de risques.
  • Théorie du système-monde de Wallerstein : cette théorie s’articule autour d’un ouvrage paru en trois volumes publiés entre 1974 et 1989 qui s’intitule The Modern World-System[21] dans le cadre d’une approche marxiste. Selon Wallerstein, la logique de la mondialisation peut être retracée depuis le XVIème siècle avec la mise place des canons qui font la libéralisation d’aujourd’hui. Dès cette époque, il y a une structuration du monde en trois régions qu’est le centre [1], la périphérie [2] et la semi-périphérie [3]. Selon Wallerstein, la globalisation n’est pas un enthousiasme, mais c’est quelque chose que l’on peut tracer remplaçant le développement. Au-delà de sa conception positive, il y a une critique du développement notamment marxiste disant que le développement est un projet qui permet au centre de continuer à dominer la périphérie. Dans une approche marxiste et de longue durée basée sur la longue durée de l’école française des annales fondée par Lucien Febvre et Marx Bloch, ont est dans un projet de développement et de domination des États du centre sur la périphérie. Ce sont les canons du marxisme, le capital ne fait que s’étendre et dominer le monde entier.
  • Théorie de la compression de l’espace-temps : Harvey est un géographe aussi d’obédience marxiste qui constate dans son ouvrage The Condition of Postmodernity[22] publié en 1989 une accélération dans la contraction de l’espace-temps où on est vraiment dans une expression du capitalisme à l’échelle mondiale.

Il faut voir la globalisation actuelle dans une logique de longue durée et dans une logique de mise en place d’un processus qui date de plusieurs siècles.

Pour les sceptiques la mondialisation est juste un terme euristique. Il n’y a rien de nouveau, car le système économique préexiste. Par exemple, au XIXème siècle, il y a eu une très importante migration avec notamment 60 millions d’émigrants européens qui partent. À l’époque on circulait sans passeport. C’est une critique historique de la globalisation cherchant à mettre en exergue qu’on était peut-être dans un monde beaucoup plus mondialisé au XIXème siècle. Historiquement il y a eu un certain nombre de phénomènes qui n’ont rien à envier à la mondialisation actuelle avec les diasporas, le Printemps des peuples en 1848, le cosmopolitisme, le système international notamment avec le congrès de Vienne de 1815 ou encore le libéralisme.

L’État malmené[edit | edit source]

Lorsqu’on parle de la datation, ce qui revient principalement est la question de l’État. Du moment où l’on doit dater la globalisation et son processus, on se pose la question de l’érosion de l’État. Il y a un discours sur la temporalité de la globalisation principalement centrée autour de la disparition de l’État nation. C’est un point qui revient systématiquement lorsqu’on parle de globalisation. Dans Denationalization: Territory, Authority and Rights in a Global Digital Age[23], Saskia Sassen montre que peut être la globalisation est liée à une forme d’affaiblissement de l’État, mais il faut faire attention, car si on historicise la construction de l’État, on voit que la construction de l’État moderne peut être lue comme un effort pour rendre nationaux tous les aspects essentiels de la société. Toutefois, l’État perd peu à peu certaines de ses prérogatives notamment pour mener la guerre, contrôler l’économie ou encore promouvoir une culture nationale.

C’est une critique en grande partie injustifiée, car l’État est pensé de manière anhistorique. Sassen pense qu’il faudrait plutôt parler de reconfiguration de l’État plutôt que d’une érosion. Dans The Retreat of the State : The Diffusion of Power in the World Economy[24], Strange montre que ce n’est pas un autre référant politique qui va prendre la place de l’État. L’État est lui-même un des principaux acteurs de la mondialisation des marchés. C’est une certaine conception de comment l’État devrait être géré qui va pousser à affaiblir l’État, mais ce ne sont pas des forces extérieures qui vont l’affaiblir. La transformation de la citoyenneté est une logique qui est venue au sein de la conception de la citoyenneté au sein des États. La question des diasporas s’insère plutôt dans la reconfiguration que d’une érosion de l’État, car depuis un certain temps en fait beaucoup d’États reprennent le contrôle sur ses diasporas. L’image de l’érosion est plutôt fausse, on est dans une logique de reconfiguration de l’État.

Espace est globalisation[edit | edit source]

Sassen s’interroge si nous sommes dans un « tipping point », donc dans un rééchelonnage des autorités, des territoires, etc., tous ces niveaux, local, global et régional sont en train de s’articuler différemment.

Si on parle de globalisation et d’espace, on est dans une articulation entre des flux et des territoires. La constitution d’un État est un bon exemple, les cités-États étaient dans une logique de flux alors que les empires sont dans une logique de territoires par la coercition. Charles Tilly parle dans War Making and State Making as Organized Crime[25] de « war making – state making ». Les États se seraient formés en faisant la guerre. Il ne faut pas réifier l’État, c’est-à-dire que lorsqu’on parle de l’État comme référent ultime cela est une fiction.

Deux approches se dégagent. Le grand penseur en termes de flux est Castells qui recompose la géographie autour d’un espace de flux dans son ouvrage La société en réseau. Il y a une logique de flux déterritorialisés, de sociétés en réseaux et de capitalisme informationnel.

Deux penseurs importants s’intéressent à la nécessité de localiser la globalisation. Ce sont Appadurai et Robertson.

Pour Appadurai, les flux sont disjoints, ils circulent dans des paysages différents, soit ethniques, médiatiques, techniques, financiers ou encore idéologiques. La conception du local va évoluer en fonction de ces différents paysages, il y a une interaction et une articulation entre le local et le global, c’est une médiation entre le global et le local. Robertson est dans la même logique. La globalisation est un mélange indissoluble du global et du local, c’est-à-dire que la globalisation n’est pas forcément une homogénéisation. Le rapport au territoire est un dialogue permanent entre le local et le global qui vont s’interpréter.

Articulation d’échelles[edit | edit source]

Il faut se poser la question de comment articuler différentes échelles géographiques, car nous sommes dans un antagonisme entre flux et localité. Il y a un besoin des outils pour articuler toutes ces échelles. En d’autres termes, comme le préconise Dicken dans Location in space : a theoretical approach to economic geography[26], il faut penser une approche en termes de réseaux situés. Apparaît l’idée que la globalisation est un phénomène qui est à la fois multiscalaire et topologique ayant des applications à différents endroits en fonction de ces échelles.

Changement d’échelles[edit | edit source]

Les formations et les processus globaux peuvent être et sont une cause de déstabilisation de la hiérarchie des échelles fondées sur l’État national. Le global se constitue en partie grâce à la dénationalisation d’éléments particuliers qui avaient été intégrés dans les domaines institutionnels du national.

L’histoire de l’État moderne peut être lue comme un effort pour rendre nationaux tous les aspects essentiels de la société. La modification des hiérarchies ne veut pas dire disparition des anciennes au profit des nouvelles, mais que de nouvelles surgissent à côté des anciennes. Il faut être attentif, car cela veut aussi dire que certains États n’ont jamais été complètement souverains en pratique.

Les villes comme mondialisation située[edit | edit source]

Sassen parle des villes comme mondialisation située utilisant l’image et le rôle des villes parce qu’aujourd’hui apparaissent des villes polarisées avec une polarisation de l’activité économique mondiale. Il y a une dispersion des moyens de production qui favorise la concentration, la gestion et la coordination.

Les villes globales sont des villes à différencier des villes mondiales, car ces villes ont en commun qu’à partir du moment où l’économie s’est mondialisée, elles deviennent des hubs et des nœuds très importants faisant que les villes globales sont intrinsèquement liées entre elles.

Mobilité globale[edit | edit source]

La mobilité est devenue impérative, devenant un moyen pour circuler, mais qui n’est pas donnée à tout le monde, générant des inégalités. Le cosmopolitisme concerne avant tout une grange favorisée de l’humanité. Mais il existe d’autres mondialisations compartimentées.

Touristes et vagabonds[edit | edit source]

Dans Le coût humain de la mondialisation[27], Zygmunt Bauman montre comment la globalisation par l’impératif de mobilité va avoir quelque chose de clivant au sein de l’humanité. On assisterait à un nouveau clivage relevant de l’accès à la mobilité. La mobilité devient un facteur de stratification sociale. Il est très intéressant aujourd’hui de s’interroger entre le lien sur la mobilité nationale et la mobilité globale.

Cosmopolitisme[edit | edit source]

C’est une approche plutôt perçue comme étant positive avec une idée tout à fait noble. Ulrich Beck voit dans le cosmopolitisme l’apanage d’une société globale déterritorialisée, mais qui est avant tout l’apanage des classes supérieures, car les classes inférieures vont avoir du mal à participer au mouvement global. Il y aurait une souveraineté cosmopolite pour apprivoiser la globalisation. Apparaît une tension autour d’une notion très positive, mais qui se doit d’être discutée autour de la notion de stratification qui est la question de la société civile globale.

Toute une série de travaux s’intéresse et promeut l’idée. Sikking et Keck dans Activists Beyond Borders: Advocacy Networks in International Politics[28], se sont intéressées aux advocacy network ; dans Epistemic Communities and International Policy Coordination[29], Haas s’est intéressé à la notion de communauté épistémique. Une communauté épistémique est un ensemble des scientifiques avec une autorité reconnue au niveau international, par exemple dans le domaine d’environnement. Les advocacy networks s’inscrivent dans la littérature des normes en relations internationales où l’idée est de pouvoir faire avancer des idées au niveau global sur une scène qui dépasse les frontières étatiques, donc la capacité de pouvoir parler à une arène globale, afin de rendre ces idées plus pertinentes et plus fortes.

Ce type de littérature nous amène à nous interroger sur les mouvements sociaux transnationaux. Lorsqu’on regarde de plus près, l’activisme transnational garde un enracinement national. Si on ne s’interroge pas sur les conditions spécifiques de chaque pays, on risque d’avoir une analyse assez simpliste en faisant un raccourci selon lequel les intérêts dans un monde cosmopolite sont les mêmes. C’est une contradiction avec des mouvements progressistes, mais venant de catégories supérieures déconnectées des populations auxquelles ils s’adressent. Ainsi, c’est un projet cosmopolitiste socialement situé au niveau des classes les plus favorisées comme le remarque Gobille dans Les altermondialistes : des activistes transnationaux ?[30] Si on prend le projet cosmopolite comme un projet élitiste, alors, on peut s’interroger sur savoir s’il faut posséder un capital cosmopolite pour pouvoir accéder à ces mouvements.

On peut avoir l’impression que ces idées de rapport au monde et au global positif sont répandues dans notre société. Il faut faire attention à ne pas différencier ce que certains comme Skrbis et Woodward appellent le « cosmopolitisme ordinaire » dans The Ambivalence of Ordinary Cosmopolitanism : Investigating the Limits of Cosmopolitan Openness[31]. Dans les pays occidentaux, on aurait tendance à valoriser les rapports à l’étranger à la culture, mais de rejeter la figure de l’étranger et du monde à partir du moment où l’étranger touche l’immigration et la culture nationale. L’adhésion aux thèses cosmopolites ne sont pas si données que ça et ne touchent pas tout le monde.

Mobilité par le bas[edit | edit source]

La mobilité par le bas serait le fruit d’une compartimentation de la mobilité qui va générer les inégalités du monde d’aujourd’hui. L’idée de la construction européenne est l’établissement d’un certain nombre de libertés, dont la liberté de circuler. L’idée de cet accord, est justement de donner une contrepartie sécuritaire à la libre-circulation des personnes avec une multiplication des murs physiques et électroniques. Il y aurait même un apartheid fonctionnel qui révèle un rapport paradoxal à la mobilité qui a des effets politiques et éthiques.

Les laissés pour compte de la mondialisation et de la mobilité, vont, soit être bloqués, soit vont pouvoir bouger en suivant des couloirs notamment au niveau des trajets migratoires. Le cas des remittances révèle qu’on a longtemps sous-estimé l’argent qui est renvoyé par les travailleurs pauvres de la globalisation dans leur pays d’origine, ainsi il y a des pays ou les remittances représentent 10 % des PIB voire plus que leurs propres recettes. C’est d’ailleurs quelque chose de très présent. On se retrouve dans cette stratification générée par la mobilité dans la globalisation.

Les diasporas qui au-delà des gouvernements qui s’y intéressent de plus en plus, nous avons à faire de plus en plus à la possibilité pour les diasporas de communiquer avec leur pays d’origine. C’est un flux qui n’est pas forcément des « gagnants » de la globalisation. Les entrepreneurs transnationaux représentent un flux particulier d’entrepreneurs qui s’inscrivent dans les logiques binationales ? Dans Le Gouvernement du monde. Une Critique politique de la globalisation[32], Bayard va parler de classe moyenne transnationale. Ce sont des gens qui par leur socialisation aux nouvelles règles économiques globales, ont un point commun faisant partie d’une classe moyenne transnationale.

Avec la mobilité, il y a un phénomène transnational qui se passe par le haut, pour les autres la mobilité et soit transnational soit compartimenté.

Annexes[edit | edit source]

Cours[edit | edit source]

Références[edit | edit source]

  1. Page de Stephan Davidshofer sur Academia.edu
  2. Page personnelle de Stephan Davidshofer sur le site du Geneva Centre for Security Policy
  3. Compte Twitter de Stephan Davidshofer
  4. Page de Xavier Guillaume sur Academia.edu
  5. Page personnelle de Xavier Guillaume sur le site de l'Université de Édimbourg
  6. Page personnelle de Xavier Guillaume sur le site de Science Po Paris PSIA
  7. Page de Xavier Guillaume sur Academia.edu
  8. Page personnelle de Xavier Guillaume sur le site de l'Université de Groningen
  9. Held, David, and Anthony G. McGrew. The Global Transformations Reader: An Introduction to the Globalization Debate. Cambridge, UK: Polity, 2000.
  10. Sklair, Leslie, Paul Hirst, Grahame Thompson, Tony Spybey, and Steven Yearley. "Globalization in Question: The International Economy and the Possibilities of Governance." The British Journal of Sociology 48.2 (1997): 333.
  11. Hirst, Paul Q. From Statism to Pluralism: Democracy, Civil Society, and Global Politics. London: UCL, 1997.
  12. Gordon, David M. "New Left Review - David Gordon: The Global Economy: New Edifice or Crumbling Foundations?" New Left Review - David Gordon: The Global Economy: New Edifice or Crumbling Foundations?
  13. Waltz, Kenneth N. Theory of International Politics. Reading, MA: Addison-Wesley Pub., 1979.
  14. Gilpin, Robert. "The Theory of Hegemonic War." Journal of Interdisciplinary History 18.4 (1988): 591.
  15. Pijl, Kees Van Der. Transnational Classes and International Relations. London: Routledge, 1998.
  16. Hardt, Michael, and Antonio Negri. Empire. Cambridge, MA: Harvard UP, 2000.
  17. Held, David, and Anthony G. McGrew. The Global Transformations Reader: An Introduction to the Globalization Debate. Cambridge, UK: Polity, 2003.
  18. Friedman, Thomas L. The Lexus and the Olive Tree. New York: Farrar, Straus, Giroux, 1999.
  19. Friedman, Thomas L. The World Is Flat: A Brief History of the Twenty-first Century. New York: Farrar, Straus and Giroux, 2005.
  20. Giddens, Anthony. The Consequences of Modernity. Stanford, CA: Stanford UP, 1990.
  21. Wallerstein, Immanuel Maurice. The Modern World-system. San Diego: Academic, 1974.
  22. Harvey, David. The Condition of Postmodernity: An Enquiry into the Origins of Cultural Change. Oxford: Blackwell, 1990.
  23. Sassen, Saskia. Territory, Authority, Rights: From Medieval to Global Assemblages. Princeton, NJ: Princeton UP, 2006.
  24. Strange, Susan. The Retreat of the State: The Diffusion of Power in the World Economy. New York: Cambridge UP, 1996.
  25. Tilly, Charles, Peter B. Evans, Dietrich Rueschemeyer, and Theda Skocpol. War Making and State Making as Organized Crime. Cambridge: Cambridge UP, 1985.
  26. Lloyd, Peter E., and Peter Dicken. Location in Space: A Theoretical Approach to Economic Geography. New York: Harper & Row, 1972.
  27. Zygmunt Bauman, Le coût humain de la mondialisation, Hachette, 1999
  28. Keck, Margaret E., and Kathryn Sikkink. Activists beyond Borders: Advocacy Networks in International Politics. Ithaca, NY: Cornell UP, 1998.
  29. Haas, Peter M. Knowledge, Power, and International Policy Coordination. Columbia, SC: U of South Carolina, 1997.
  30. Gobille Boris, « Les altermondialistes : des activistes transnationaux ? », Critique internationale 2/ 2005 (no 27), p. 131-145
  31. Skrbis, Zlatko, and Ian Woodward. "The Ambivalence of Ordinary Cosmopolitanism: Investigating the Limits of Cosmopolitan Openness." The Sociological Review 55.4 (2007): 730-47.
  32. Schlichte, Klaus. "Jean-François Bayart: Le Gouvernement Du Monde. Une Critique Politique De La Globalisation." Politische Vierteljahresschrift 47.2 (2006): 329-30.