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Guerre, paix et politique en Afrique depuis la fin de la Guerre froide

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L’enjeu va être de réintroduire le politique au cœur des guerres. La guerre depuis les années 1970 a été dépolitiser et il faut la repolitiser pour la comprendre qui n’est pas simplement un enjeu académique, mais c’est aussi un enjeu concret parce que la vision dépolitisante de la guerre a eu un effet sur la façon dont les guerres furent perçues par les policy markers. Il y a eu des vases communicants entre les théories et les analyses de la guerre. On retrouve la même dépolitisation de l’analyse de la guerre dans l’analyse de la paix.

La fin de la Guerre froide fut accompagnée d’un immense espoir avec l’idée qu’elle allait apporter une paix beaucoup plus large dans l’ensemble du monde parce qu’on avait une perception de conflits qui tiraient en longueur dans le cadre de guerres de proxy n’étant pas des guerres réelles, mais permettant l’affrontement indirect des deux grands blocs. L’idée était que la fin de l’affrontement des deux grands blocs permettrait la paix dans le monde.

Concernant l’Afrique, jusqu’au début des années 1990, on constate une augmentation du nombre de conflits, un changement dans la violence de ces conflits et une augmentation de leur brutalité. C’est l’impression qu’on a eu face à cet immense drame humanitaire comme ceux concernant le Rwanda, l’Angola, le Libéria ou encore la Sierra Léone, le Congo, la Somalie ou la Corne de l’Afrique. L’augmentation de ces conflits semblait incohérente produisant une violence gratuite, sans but et sans soubassements politiques. Il y a aussi eu une augmentation presque exponentielle de victimes civiles.

Ces guerres n’étaient apparemment pas liées à un programme politique cohérent qui serait amené sur le terrain militaire parce qu’il ne peut pas être mené sur le terrain politique. Le discours dominant qui s’est développé dans ces années est un discours relié à l’analyse des États en Afrique. On a vu l’augmentation impressionnante du nombre de conflits et de la brutalité de ces conflits comme une expression de la faillite des États n’étant plus capables d’avoir le monopole du contrôle de la violence légitime qui permet la prolifération de mouvements rebelles qui s’en prennent à l’État ou bien une conséquence directe de la faillite. Cependant, c’est un biais simplificateur et réducteur qui ne permet pas de comprendre ces conflits et trouver de bonnes solutions.

Main theories of war in the 1990s[edit | edit source]

Nous allons aborder trois modèles qui ont émergé dans les années 1990 :

  • Robert Kaplan a analysé ces conflits comme l’expression de la montée d’un nouveau barbarisme avec l’entrée dans une période d’anarchie complète.
  • Paul collier fait une opposition entre les causes économiques et politiques de la guerre [greed vs. Grievances]
  • Mary Kaldor a analysée ces « nouvelles guerres » des années 1990 comme étant radicalement différente de « vieilles guerres ».

Si on met ensemble ces différents modèles explicatifs de la guerre, on obtient une vision dépolitisante.

Kaplan’s coming anarchy[edit | edit source]

Morton Kaplan

Dans The Coming Anarchy. How scarcity, crime, overpopulation, tribalism, and disease are rapidly destroying the social fabric of our planet[9], Kaplan a produit une pièce plus polémique qu’académique, mais elle a une influence dans les sphères de policy-making américaines. Kaplan annonce une nouvelle anarchie qui va s’emparer du monde comme étant le résultat d’une double évolution à savoir :

  • une évolution écologique due au changement climatique renforçant encore les problèmes de santé à l’échelle du globe sur le socle d’une démographie galopante et incontrôlée. C’est une vision néomalthusienne de la société qui voit l’expansion démographique comme étant source d’une anarchie à venir.
  • un clash des civilisations entre les parties du monde selon une approche essentialiste.

C’est une vision réductive qui à la fois construit des ensembles civilisationnels et homogènes reprenant la notion de clash des civilisations de Huntington donnant le tableau sombre d’un monde sans aucun avenir.

Greed vs. Grievances [P. Collier][edit | edit source]

Collier at the World Economic Forum Annual Meeting in 2013.

La dichotomie entre la question de l’avidité et des revendications politiques comme source de conflit et le résultat de recherches menées par Collier et une série d’économistes rattachés à la Banque mondiale dans le milieu des années 1990. C’est une étude qui se base sur des données macroéconomiques afin d’essayer de comprendre la part des facteurs économiques afin d’expliquer l’origine des guerres civiles dans le monde. La conclusion est que c’est principalement dans les pays où il y a une abondance de ressources de type minéral que l’on trouve la plus forte incidence de guerres civiles, de guerres civiles qui reprennent après les tentatives de paix et que l’on trouve les guerres civiles qui durent le plus longtemps.

Sur la base de cette observation empirique. Collier et ses collègues tirent la conclusion que la rébellion ou les rebellions des années post Guerre froide un peu partout dans le monde et en particulier dans l’Afrique de l’Est, sont avant tout une forme de criminalité qui se structurent autour et ont pour but la prédation à large échelle des activités productives à savoir l’extraction de minerais. Les nouvelles guerres des années 1990 se caractérisent avant tout par le fait qu’elles sont des guerres à objectifs économiques et les rebelles deviennent des entrepreneurs et des opérateurs économiques liés à des réseaux criminels et mafieux globaux ayant pour but avant tout un enrichissement qui passe par la captation de positions politiques de premier ordre. Il n’y a aucun projet politique derrière ces rébellions, étant motivé uniquement par l’aspect économique.

Il y a encore des débats importants. Le principal élément positif à retenir selon Paul Collier est que ses équipes ont mené sur le terrain l’analyse des facteurs économiques qui furent mis de coté durant la Guerre froide. Avec l’après Guerre froide, on change de cadre explicatif qui nécessite d’avoir une autre compréhension de ces guerres. Collier a une vision d’économiste et économiciste de l’économie ayant une vision économique qui domine le tout. Il fait partie d’un certain nombre de chercheurs qui cherchent à trouver l’élément qui va permettre de comprendre toutes les guerres. C’est une réduction drastique qui fait qu’on essaie d’expliquer que toutes les guerres essaient d’expliquer qu’il y a des ressources en abondance dans tel ou tel pays. On ne peut réduire les guerres à un seul élément. Ce qui a aussi souvent été remis en cause est l’échantillonnage, car elles proviennent de pays où les données statistiques sont très mal récoltées. Il y a aussi une espèce de confusion avec les ressources comme moyen de faire la guerre et des ressources de faire la guerre. L’un des atouts de cette approche est d’avoir réintroduire la notion d’avidité. En quelque sorte, derrière l’analyse des guerres selon Paul Collier, il y a l’idée que l’État est toujours la victime de la guerre. Il y a un État faible, failli ou encore décadent, il est là, objet de la guerre parce qu’il est sujet d’attaques des rebelles. Or, des études montrent que les guerres civiles se comprennent aussi comme étant des processus comme faisant partie intégrante de la formation de ces États. On ne peut pas nécessairement interpréter l’attaque des rebelles comme étant un élément neutre où l’État est en position défensive.

and New Wars [M. Kaldor][edit | edit source]

Mary Kaldor en 2000.

Mary Kaldor établie une distinction entre les « vieilles guerres » et les « nouvelles guerres » dans son ouvrage New and Old Wars: Organised Violence in a Global Era[10]

  • idéologie : les guerres d’avant été structurées autour et par des questions avant tout politique. La préoccupation durant la Guerre froide était une logique de bloc. Un des éléments frappants de ces nouvelles guerres des années 1990 est que ce sont avant tout des questions identitaires qui sont au centre. L’identité a pris le pas sur le politique, on ne se bat plus au nom d’idéaux, mais de qui « est-on » dans le cadre d’une vision essentialiste et d’identitaire. Alors que les guerres construites autour de l’idéologie étaient inclusives, les guerres identitaires sont exclusives parce que ce sont les barrières et les distinctions ontologiques qui justifient les massacres, les structures et les expliquent.
  • les anciennes guerres étaient faites pour la défense des intérêts du peuple alors que dans les nouvelles guerres on se bat contre le peuple. Elle se base sur les statistiques de pertes civiles dans les guerres. Au moment de la Première guerre mondiale, il y a un rapport de 1:8 soit 1 civil pour 8 soldats décédés ; dans l’après Guerre froide le rapport est de 7:1. Dans les guerres de l’après Guerre froide, les rebelles n’ont aucun scrupule à tuer en masse afin d’atteindre leurs objectifs. Il y a une extrême violence qui s’exerce envers les civils montrant qu’on est passé de guerres pour le peuple à des guerres contre le peuple.
  • il y a un changement dans l’économie de la guerre induit par la globalisation ayant un impact très direct sur la façon dont on mène la guerre et les réseaux criminels et mafieux ont un impact sur ces guerres qui se nourrissent de minerais avec une valeur que s’ils sont exportés d’où la nécessité de réseaux organisés.

Elle arrive à la conclusion que les ressources pour combattre et atteindre un but sont devenues les buts, les rebelles ont pour objectif uniquement leur enrichissement personnel.

Dans New and Old Civil Wars: A Valid Distinction?[11] de Kalyvas montre qu’on trouve à travers l’histoire des éléments de nouvelle et de vieille guerre à toutes les époques et que la distinction de Kaldor n’est pas une distinction nouvelle, mais qu’il faut nuancer. Il est important de voir les continuités entre les différentes manières de faire la guerre au lieu de parler de rupture très stricte et que l’extrême brutalité des guerres n’est pas en soi un nouveau phénomène, mais qu’il faut essayer de retrouver la trace de la violence des guerres à travers les différentes époques de l’histoire récente. Comparer le ratio de victime civile et militaire est arbitraire parce que les technologies de la guerre ont beaucoup changé.

Ces différentes théories ont un point commun qui est de voir les nouvelles guerres par la place très infime que prend le politique, par la place que l’idéologie prend dans les revendications des rebelles. La guerre n’est non plus vue comme un phénomène politique, mais comme un phénomène de crime organisé et plus comme l’expression d’inégalités sociales et politiques. Selon Paul Richards dans No Peace, No War. An Anthropology of Contemporary Armed Conflicts[12], toutes ces théories établissent une distinction très nette qui apparaît évidente avec d’un côté la guerre comme étant quelque chose de mauvais et la paix comme étant l’idéal même de vie en société et qui est l’espace régit par les principes. Dans une perspective sociologique, il ne sert à rien de prendre la guerre hors de son contexte, de l’isoler et d’en faire quelque chose d’ontologiquement mauvais. D’une part, il faut s’éloigner de la recherche des causes des conflits, mais aussi se dégager de l’illusion qui voudrait qu’on puisse expliquer les guerres d’une cause principale afin d’essayer d’avoir une vision plus complète. De plus, toutes ces théories, implicitement, ne voient la guerre plus comme quelque chose qui détruit plus qui n’existe. Si on se place dans la situation des civils syriens réfugiés au Liban ou ailleurs, la guerre est avant tout destructrice de tout ordre social.

Comme analyste et comme peace-builder, on ne pourra jamais comprendre les guerres si on n’essaie pas d’avoir de nouveaux ordres qui émergent. Charles Tilly remarque que même en pleine période de guerre civile, les activités quotidiennes de vie sociale et individuelle se passent avant tout en dehors de la guerre. Il faut essayer de comprendre cet ordre pour mieux comprendre les causes de la guerre et surtout mieux comprendre de comment mener les situations de guerre en des situations de paix et d’établir des institutions politiques au niveau local ou national. Il faut essayer de comprendre comment mettre en place des institutions entre gouvernance locale et globale pour instituer la paix.

Bringing politics back in: the legitimacy of rebellion[edit | edit source]

Klaus Schlichte dans In the Shadow of Violence. The Politics of Armed Groups[13], montre les résultats principaux d’un programme de recherche fait en Allemagne. L’un des points de départ de cette étude concerne aussi bien les terrains africains que les Balkans ou l’Amérique latine. On constate empiriquement que dans des après-guerres, certains anciens mouvements rebelles s’en sortent mieux que d’autres. Certains ont des succès en tant que mouvement politique alors que d’autres n’arrivent pas à faire le passage du mouvement armé au mouvement politique. Il cherche à expliquer ces variations.

L’argument central est de dire que si on veut comprendre comment certains anciens mouvements rebelles s’en sortent bien, il faut essayer de comprendre comment certains mouvements essaient et se forcer à construire leur légitimé au niveau local, national et international. La construction de la légitimer est centrale allant à l’encontre de Collier ou Kaldor. Pour Schlichte, il faut mettre la notion de légitimité au cœur de l’analyse. D’autre part, elle n’est pas évidente avec une tension entre l‘utilisation de la violence et la recherche de la légitimer. La violence a un effet de légitimation et délégétimation jetant une ombre sur les populations envers lesquelles les groupes armés utilisent la violence. Le défi pour les mouvements rebelles est de lutter contre cette ombre, de sortir de l’ombre afin d’avoir une certaine légitimité. Un des éléments principaux pour construire cette légitimité est de réinscrire les raisons qui poussent les mouvements à rendre des armes. Il faut développer des narratifs explicatifs de la guerre faisant sens à tous les niveaux locaux, nationaux et internationaux pour contrer la guerre. C’est seulement ceux qui arrivent à légitimer ces narratifs qui finalement auront un succès politique ou pourront avoir un succès politique après la fin du conflit.

Dans Rebel Rulers: Insurgent Governance and Civilian Life During War[14], Mampilly prend pour point de départ le fait que même en pleine guerre civile, des institutions de gouvernances se forment, mais ne se forment pas de la même manière partout n’ayant pas la même durée de vie partout. Il essaie de comprendre les raisons qui font qu’il existe des institutions de gouvernance mises en place par les rebelles et les différences empiriques entre rébellions. Les conclusions principales sont que d’une part, toutes les rébellions sont confrontées aux mêmes difficultés. Si elles veulent essayer d’obtenir une certaine légitimité au-delà du pouvoir de nuisance, elles doivent faire quelque chose pour les populations pour lesquelles elles disent se passe. Pour Mampilly, il faut :

  • que les rebelles puissent assurer la sécurité afin de juger leur rôle de gouvernant ;
  • un système de justice de règlement des différends ;
  • que comme toute institution qu’elle soit étatique, pré-étatique ou rebelle, elle doit mettre en place des services comme des systèmes d’éducation, de santé, d’approvisionnement d’eau.

La façon dont ils arrivent plus ou moins bien à gérer ces défis aura une incidence sur leur longévité en tant que mouvement rebelle et politique. Une des conclusions principales est de dire qu’il y a une relation pas mécanique, mais historique et politique de la façon dont les rebellions prennent place dans ces sociétés à travers la structure de la société. L’ethnographie fine permet de comprendre ces conflits. La question centrale de la construction de la légitimité à travers les accords de paix et après l’indépendance est une question que les praticiens se sont peu posée au contraire des académiciens.

On passe d’un paradigme où on isole la guerre et on la replace dans une histoire sociale et politique beaucoup plus « normal » considérant comme un fait social « normal » dans le sens où la guerre peut dans certaines circonstances être un projet politique comme un autre. Si on s’empêche de la considérer comme un projet politique comme un autre, on s’empêchera de trouver des solutions qui puissent être durable. Un des enjeux est de voir les continués sociologiques entre la guerre et la paix. La dépolitisation de la guerre a eu des conséquences pratiques concrètes et historiques qui furent dommageables pour un certain nombre de pays. Ce n’est pas seulement un discours académique, mais quelque chose qui peut avoir des incidences pratiques. La dépolitisation des conflits peut avoir des incidences qui peuvent être néfastes dans la stabilisation des pays dans lesquelles on essaie d’amener la paix.

Peace-building from technocratic to political?[edit | edit source]

Emergence of peace-building: context[edit | edit source]

En parallèle a à la dépolitisation du conflit, il y a l’émergence du peace-building comme politique internationale émergeant comme une technique de faire la paix plutôt que comme une façon politique d’amener la paix. L’émergence du peace-building est la Guerre froide. En 1992, Fukuyama publie La fin de l’histoire.

« What we may be witnessing is not just the end of the Cold War, or the passing of a particular period of post-war history, but the end of history as such [...] That is, the end point of mankind's ideological evolution and the universalization of Western liberal democracy as the final form of human government. »

— Francis Fukuyaman, The End of History, 1992

Establishing Peace-building[edit | edit source]

La notion de peace-building émerge en 1992 avec Boutros Boutros Ghali Secrétaire générale de l’ONU qui a mis en place des programmes d’interventions pour essayer de pacifier le monde entier. Dans un contexte où on estime que la fin de l’histoire s’est terminée par la fin de l’affrontement des grandes idéologies, apparait le peace-building comme un ensemble d’outils d’ordre technique censés pouvoir permettre la transition entre la guerre et la paix.

The liberal peace-building model[edit | edit source]

C’est l’idée qu’on va pouvoir travailler sur un certain nombre de valeurs et d’outils puisque s’ils sont appliqués correctement, ils pourront permettre une transition pacifique et de longue durée entre la guerre et la paix. Pour obtenir une paix durable, il faut que les négociations de paix soit le plus inclusif possible ouvrant la table des négociations à tous les acteurs du conflit pour entendre leurs revendications et les conditions de faire la paix. Il faut mettre en place des élections, travailler sur la séparation des pouvoirs dans une vision wébérienne de l’État, travailler sur la réforme du secteur de la sécurité pour les démocratiser. Tout cela n’est possible que s’il y a une libéralisation économique.

C’est un modèle de démocratie libérale tel qu’en Europe ou aux États-Unis que l’on voit appliqué dans différents pays pour essayer d’amener une paix inclusive et durable.

Limits of peace-building[edit | edit source]

  1. Inclusive peace negotiations and power sharing agreements : l’agenda pour la paix a montré ses limites. Inclure tout le monde aux négociations de la paix a pour effet inattendu que l’opportunité des gains qu’on peut obtenir en prenant les armes est plus important. Il devenait de plus en plus intéressant pour des mouvements politico-mafieux et éventuellement militaires de prendre les armes. L’une des conséquences négatives et de légitimer en quelque sorte a posteriori l’utilisation de la guerre comme moyen d’obtenir des bénéfices politiques grâce à l’inclusion de ces évènements à la table des négociations.
  2. Elections and peace-building : l’autre problème est que les élections qui sont l’élément principal de toute transition par les élections est censé asseoir la légitimé politique des autorités que cela soit au niveau local, ou national. Dans les conflits qui ont duré très longtemps, au niveau local, la légitimé se comprend rarement dans les mêmes termes qu’elle se comprend dans la théorie de démocratie la à l’européenne. Dans bien des cas, les détenteurs de la légitimité politique sont peu être plus les anciens mouvements armés, les mouvements religieux, d’autres formes d’autorités plus traditionnelles. Il y a toute sorte de types d’autorité publique pouvant être perçu comme pouvant être légitime au niveau local. Amener des élections n’assure pas qu’on ait des autorités respectées en tant que légitimé telle que le voudrait la théorie démocratique.

Criticisms of liberal peace-building[edit | edit source]

Pour Roland Paris, le problème de la théorie du libéral peace-building est de ne pas respecter une transition en voulant du résultat sans se poser des questions fondamentales notamment des régimes légitimes au niveau local. Les transformations qui sont amenées par le peace-building ont de fortes chances d’envenimer les choses est de faire surgir des tensions locales du fait que c’est une espace de marche forcée vers une modernisation ou une libéralisation pour lesquels les sociétés en question ne sont pas prêtent.

Alex de Waal montre que lorsqu’on ouvre une libéralisation politique donnant une valeur concrète à des institutions de pouvoir qu’il n’y avait pas avant pouvait renforcer la compétition clientéliste ou néopatrimoniale pouvant avoir des effets contraires en termes de stabilisation.

Conclusion[edit | edit source]

Le problème du peace-building tel qu’appliqué jusqu’à maintenant est une vision avant tout technocratique des changements sociétaux plus qu’une vision politique. Cela est basé dans l’idée très présente que les changements sociaux peuvent être le résultat d’une ingénierie sociale bien pensée. La réflexion sur le peace-building et le développement dans des États fragiles ou de post conflit est influencés par la vision ou non politique ou dépolitisée de l‘intervention dans ces contextes. Si on s’interdit de comprendre la guerre comme un fait social qui s’inscrit dans une histoire et des contextes particuliers, on s’interdira la façon de comprendre comment y intervenir.

« The default switch for most development [and peacebuilding] practitioners is to see local governance problems [in post- conflict contexts] as precisely technical matters, requiring injections of knowledge and money, and maybe some technical advice. »

— P. Uvin, Local Governance After War: Some Reflections On Donor Behavior In Burundi

Annexes[edit | edit source]

Bibliographie[edit | edit source]

Références[edit | edit source]

  1. Page de Stephan Davidshofer sur Academia.edu
  2. Page personnelle de Stephan Davidshofer sur le site du Geneva Centre for Security Policy
  3. Compte Twitter de Stephan Davidshofer
  4. Page de Xavier Guillaume sur Academia.edu
  5. Page personnelle de Xavier Guillaume sur le site de l'Université de Édimbourg
  6. Page personnelle de Xavier Guillaume sur le site de Science Po Paris PSIA
  7. Page de Xavier Guillaume sur Academia.edu
  8. Page personnelle de Xavier Guillaume sur le site de l'Université de Groningen
  9. Kaplan, Robert D. The Coming Anarchy: How Scarcity, Crime, Overpopulation, Tribalism, and Disease Are Rapidly Destroying the Social Fabric of Our Planet. Boston, MA: Atlantic Monthly, 1994.
  10. Kaldor, Mary. New and Old Wars: Organised Violence in a Global Era. Cambridge: Polity, 2002.
  11. Kalyvas, Stathis N. "“New” and “Old” Civil Wars: A Valid Distinction?" World Politics 54.01 (2001): 99–118.
  12. Richards, Paul, and Bernhard Helander. No Peace, No War: An Anthropology of Contemporary Armed Conflicts. Athens: Ohio UP, 2005.
  13. Schlichte, Klaus. In the Shadow of Violence: The Politics of Armed Groups. Frankfurt: Campus Verlag, 2009.
  14. Mampilly, Zachariah Cherian. Rebel Rulers: Insurgent Governance and Civilian Life during War. Ithaca, NY: Cornell UP, 2011.