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Sociologie de la discipline

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Nous allons d’abord nous interroger sur comment replacer les différentes approches et théories dans leur contexte d’énonciation, puis nous allons aborder l’histoire et l’historiographie des Relations Internationales. Ensuite, nous verrons les grands débats et regarder dans cette approche sociohistorique les enjeux de la construction de ces débats et de leur fonction mythique. Cela soulève les problèmes de la structure en grand débat qui ramène à la structure de la science elle-même à savoir qu’elle est la cumulabitilé des ces différentes approches. Enfin nous verrons l’histoire de la discipline pour finir sur les grands débats afin de voir les différents enjeux qui sont censés être l’histoire et le narratif de la discipline des relations internationales.

Qu’est-ce qu’une sociologie d’une discipline ?[edit | edit source]

Lorsque l’on retrouve face à un texte, il va se retrouver dans le cadre d’une approche faisant référence à toute une tradition, à d’autres auteurs et une école de pensée. Afin d’aborder ces textes, il faut replacer ces discours dans leurs conditions d’énonciations. Il ne faut pas regarder exclusivement la qualité intrinsèque d’un argument théorique afin d’expliquer son succès.

Par exemple le débat sur le choc des civilisations de Samuel Huntington[9] est représentatif des personnes qui ont du succès en relations internationales. Il est multipositionné dans le cadre universitaire, il est d’autre part très écouté dans le milieu politique.

Dans la controverse entre le choc de civilisations et la fin de l’histoire de Fukuyama[10], pour Fukuyama, avec la fin de la Guerre froide, on arrive dans un monde libéral qui voit l’émergence d’un monde de plus en plus pacifié selon les canons du libéralisme.

La façon dont ces textes ont circulé raisonne sur les personnes qui les ont énoncés d’une certaine manière. Huntington avait un discours pour une population beaucoup plus prête à l’accepter, cette thèse avait l’oreille des domaines de policy-making et des cercles plus politiques. C’est pourquoi il faut replacer les discours dans leurs conditions d’énonciation.

La lutte pour la connaissance est subordonnée à la lutte pour la reconnaissance. Écrire en relations internationales ou dans n’importe quelle discipline est écrire pour et par rapport à d’autres gens. Il faut formater les idées pour qu’elles passent. Nous sommes face à des gens positionnés dans un champ qui ont plus ou moins de pouvoir, le but étant d’avoir de plus en plus de pouvoir s’exprimant dans le domaine scientifique sous la forme de la reconnaissance.

Pourquoi aborder l’histoire et l’historiographie des Relations Internationales ?[edit | edit source]

Il faut aborder l’histoire et l’historiographie des relations internationales. L’objet est d’être face à des approches concurrentes qui ne sont pas forcément à aborder comme elles sont présentées d’habitude. Par exemple, la discipline est face à de nombreux débats, certaines fois ces débats n’ont pas eu lieu ou bien on les a mystifiés tandis que différents chercheurs vont chercher à écrire leur propre histoire de la discipline.

L’historiographie elle-même pour de De Certeau en 1975 est « l’écriture historienne est une pratique sociale délimitant les frontières d’une identité et d’un autre ». L’enjeu en relations internationales est d’exister en tant que discipline, car elles ont du mal à se légitimer ou s’autonomiser par rapport à d’autres disciplines comme la science politique aux États-Unis ou en Suisse. L’IHEID est né pendant les années 1920 après la création de la Société des Nations pour former des gens qui vont y travailler. Ce sont les restes d’une autre vision des relations internationales, la structure même du BARI est héritière de cela. IHEID est représentative d’une autre histoire de la discipline.

En d’autres termes, il y a des liens entre l’identité d’une discipline et la [re]présentation de son histoire, de sa justification en tant que discipline qui est le reflet des pratiques des acteurs dans le champ.

La fonction mythique des « Grands Débats »[edit | edit source]

Souvent c’est une histoire qui n’est pas complètement honnête s’inscrivant dans une vision naturalisante de la science comme pratique, c’est dans l’ordre du naturel de s’intéresser aux guerres entre les différents États du point de vue réaliste par exemple puisque déjà dans l’antiquité il y avait des conflits armés, ce serait la « nature de l’homme ».

Pour ce faire, nous allons adopter une démarche scientifique. Les relations internationales s’inscrivent dans une approche kuhnienne comme vue dans le cours d’introduction aux méthodes de la science-politique de M. Giugni. Un paradigme va être remplacé par un autre après avoir démontré qu’un paradigme avait tort.

L’idée est qu’une science s’améliore en apportant de nouveaux évènements autour d’un nouveau paradigme qui vise à éclairer l’objet de cette science. Aussi, l’intérêt de se présenter de cette manière est qu’il y a une logique de cumulabilité, d’autres approches développent la connaissance amenant à une meilleure connaissance ce qui est le but de toute science.

Cela permet aussi de mettre en place un discours légitimateur de sa science. Les relations internationales sont extrêmement tributaires de la science politique américaine qui, elle-même, a vécu dans les années 1960 et 1970 une révolution behavioriste avec la scientifisation des idées.

S’appuyer sur des travaux qui ressemblent le plus possible à de la science dure devient une façon de légitimer ses idées de base ce qui ne veut pas dire que dans certains cas il y a des travaux quantitatifs pertinents. Nous sommes dans une perspective plus longue de la discipline ou certains enjeux, choix d’écoles de pensée permettant de se structurer dans un débat, disqualifier l’autre ou légitimer sa propre vision du monde, sa propre identité. Cette structure sert à situer la discipline des relations internationales dans une vision naturalisante de la science comme pratique.

Pour Schmidt, le but est de « démontrer que des avancées scientifiques ont été faites et que le champ dans son ensemble progressait », mais aussi que cette structure sert à démontrer « soit une cohérence soit une incohérence » au sein de la discipline. Par conséquent, cette structure sert à fournir une identité propre à la discipline des relations internationales.

Les « Grands Débats » : de la mytho-histoire à l'histoire[edit | edit source]

Lorsqu’on raconte l’histoire, il y a toujours une certaine téléologie. On passe d’un moment à un autre parce que quelque chose se passe et on essaie d’expliquer. Il y a une cumulabilité du savoir et on progresse. Il y a des transformations qui doivent être intégrées et expliquées permettant l’émergence de quelque chose. Par exemple, dans le cadre de la fin de la Guerre froide, les néoréalistes disent que comme nous sommes dans une bipolarité nous sommes dans une situation stable il n’y a pas de guerre majeure entre les puissances de ce système. Avec la fin de la Guerre froide le néoréalisme est remis en cause montrant qu’il y a d’autres dimensions. Il y a aussi la guerre en ex-Yougoslavie ou on se rend compte que les identités sont importantes. Il faut trouver des façons et des approches théoriques.

Les problèmes de la structure en « Grands Débats »[edit | edit source]

Pour Schmidt, il y a une surévaluation du poids des événements mondiaux sur la discipline c’est pourquoi il adopte une approche contextualiste [contextualiste]. Il faut comprendre comment la discipline fait face à de nouveaux éléments, comme de nouvelles idées qui falsifient la théorie. Schmidt montre qu’on ne peut expliquer la présence de nouvelles approches par la présence de ce contexte, il y a une sous-évaluation de la place des « discours internes » dans la discipline. Comment peut on expliquer que le néoréalisme soit encore une approche forte et vivante en relations internationales alors qu’elle a été falsifiée dans les années 1990 ?

L’histoire est souvent celle des « vainqueurs » ou des « dominants » qu’on appelle « Whig history ». Lorsqu’on raconte l’histoire, il y a toujours une certaine téléologie. Ce sont souvent les vainqueurs qui racontent l’histoire, ce sont ceux qui ont les capacités, le pouvoir symbolique de légitimer l’histoire qui vont commencer à la raconter. Cela permet de comprendre pourquoi il y a une dominance des relations internationales anglo-états-uniennes. C’est une dimension légitimatrice que Schmidt qualifie de « présentisme ».

Si l’on souhaite vraiment comprendre l’évolution des approches, pourquoi des approches émergent et disparaissent comme par exemple la place des théories internationales nigériennes dans le début des années 1970, il faut considérer que l’évolution de cette discipline n’a pas lieu parce que des évènements arrivent. La discipline évolue parfois parce que des gens parlent entre eux, ce sont des discours internes. Les éléments externes n’ont pas nécessairement d’importance, mais on surévalue pour raconter une histoire dans laquelle on progresse.

Une (?) histoire de la discipline[edit | edit source]

Perspective Contextualiste[edit | edit source]

La perspective contextualiste de Schmidt met en exergue des événements importants et des approches différentes. Ce graphique illustre la manière dont on peut raconter l’histoire de façon contextualiste. Par exemple, le constructivisme émerge après la Guerre froide parce qu’avant il n’y avait pas de phénomène identitaire, mais bien évidemment cela n’est pas vrai. Pour comprendre l'histoire, il faut voir les évènements utilisés comme étant des moments clefs. On trouve rarement une histoire des relations internationales qui montre la décolonisation comme un événement important.

Ri2 Perspective Contextualiste.png

La lecture présentisme[edit | edit source]

L’histoire est structurée en termes de débats. Dans un débat, la personne qui a le meilleur argument va gagner. C’est l’idée du « télos » [Τέλος], si on prend les débats dans leur fonction de progrès scientifique. Il y a une tension créée disant qu’il y a des approches qui ne permettent pas de comprendre quelque chose d’autre. Il y a des vainqueurs expliquant qu’il y a un progrès parce que le vainqueur est celui qui a le meilleur argument.

Ri2 lecture présentisme.png

Ici, nous pouvant voir la dimension progressiste. Pour certains, il y a quatre débats. Cela dépend de la perspective que l’on donne sachant que Weaver est une grande théorie de la sécurité. Il va recréer le débat entre le « néo-néo ». Ce débat a été présenté par ses acteurs comme par Waltz, disant qu’il y a un accord fondamental qui est une structure anarchique et il y a deux manières de comprendre la structure anarchique :

  • High politics dans le cadre de la survie de l’état avec tout ce qui est militaire.
  • Low politics.

Les néoréalistes montrent qu’on est arrivé à un moment stable où ils sont d’accord de diviser le travail avec les néoréalistes qui s’occupent de la guerre et les libéraux de l’économie. Les relations internationales sont arrivées à la fin comme le suggérait Fukuyama. Ce que Weaver a montré de façon assez pertinente est comment, en lisant ce tableau en reprenant la notion de présentisme, on les débats construisent les relations internationales. Ce sont l’aboutissement d’un certain nombre de tensions et d’impulsions dans la discipline.

Weaver est un chercheur central des approches critiques de la sécurité. Il faut quelque chose d’intéressant ici. Il fait une sociologie de la discipline afin de revenir sur la question des débats en revenant lui-même sur les enjeux de la construction de l’histoire de la discipline. Il va parler lui-même d’un quatrième débat et se positionner.

Cette mise en garde contre des lectures téléologiques de différentes approches en relations internationales doit être appliquée à tous les mondes même à ceux qui sont « soi-disant » critiques. Dans Who contextualizes the contextualizers ? Disciplinary history and the discourse about IR discourse, Gerard Holden amène ce débat. Ce sont des outils que nous devons appliquer à nous-mêmes.

Ri2 lecture présentisme 2.png

Peut-être qu’après la guerre en ex-Yougoslavie s‘est-on dit que le constructivisme allait avoir de la force. Il faut nuancer ce type de propos relevant d’une logique téléologique. Ce que le constructivisme apporte en relations internationales, notamment en matière linguistique, est des choses qui ont été développées il y a plusieurs décennies en anthropologie ou encore en sociologie. Ce n’est pas parce que le contexte international leur donne raison qu’on peut le dire. Il faut faire la part des choses entre le monde social et les enjeux des gens qui essaient d’expliquer ce qui se passe.

Des divergences peuvent avoir lieu sur le nombre de débats. Cela montre qu’il y a plusieurs positions. Ce sont ces gens qui vont essayer de construire cette discipline montrant pourquoi ils ont une pertinence et pourquoi doit-on les écouter. Ces débats vont avoir lieu afin d’essayer d’imposer un narratif pour imposer sa propre approche et sa propre place dans la discipline.

Le premier débat : « réalistes » vs. « idéalistes »[edit | edit source]

Mytho-histoire[edit | edit source]

Ce débat a lieu dans l’entre-deux-guerres entre « réalistes » et « idéalistes » donnant lieu à une victoire incontestable des réalistes sur les idéalistes. Le président Wilson fait notablement partie de ces idéalistes avec son projet de Société des Nations.

Les idéalistes se sont lancés dans un optimiste sans limites après la Première guerre mondiale, mais la Deuxième guerre mondiale a réduit à néant ces illusions. Les idéalistes étaient enfermés dans une définition normative des relations internationales. La discipline s'est orientée vers une vision plus « réelle » des relations internationales et vers plus de scientisme.

Histoire[edit | edit source]

Edward Hallett Carr

Ce débat n’a pas eu lieu, c’est une invention de certains penseurs réalistes dont le principal artisan de la construction de ce débat est E. H. Carr qui propose une relecture dans son ouvrage La crise de vingt ans de l’entre-deux-guerres[11] comment à travers le réalisme sommes-nous arrivés à la Deuxième guerre mondiale.

Pendant l’entre-deux-guerres, il n’y avait pas vraiment de département de relations internationales la première date de 1919 à University College of Wales au Pays de Galle, le deuxième est l’IHEID à Genève. Cela nous mène à nous interroger sur la mauvaise foi des premiers grands penseurs réalistes en relations internationales qui vont « sortir la grosse artillerie » afin d’inscrire leur approche dans une vision naturalisante où depuis la Grèce Antique nous sommes face à de mêmes logiques entre dispositifs politiques, lorsqu’on sort de la hiérarchie c’est l’anarchie qui prime comme l’a décrit Thucydide.

Dans ce débat, il y a une véritable forme de malhonnêteté intellectuelle avec Carr, mais aussi Morgenthau qui a posé les canons du réalisme en relations internationales, mais qui reste encore pertinent pour bon nombre de chercheurs encore aujourd’hui. On ne juge pas la qualité des travaux, mais la stratégie pour légitimer la pertinence de leurs travaux.

L’idéalisme en tant que courant de relations internationales, il est possible de le dire sans exagérer que c’est une invention du réalisme. Il n'y a jamais eu de tradition « idéaliste » ou « progressiste » en tant que telle. Les propositions et positions des auteurs « idéalistes » ou « progressistes » ont été déformées et tronquées par les « réalistes ». Ainsi, le « Premier Débat » est le fruit d’une reconstitution arbitraire de la part de personnes comme Carr s’identifiant comme « réalistes ».

Le deuxième débat : « traditionalistes » vs. « behavioristes »[edit | edit source]

Mytho-histoire[edit | edit source]

Il faut comprendre la continuité avec le premier débat. Des auteurs comme Carr ou Morgenthau reconstruisent un certain nombre d’acteurs et d’auteurs pour créer un nouveau « puzzle ». Ces auteurs ont créé le courant idéaliste, c’est un « straw man ». Il est possible de comprendre en grande partie la prédominance du réalisme comme approche centrale des relations internationales, cette approche qui cristallise les relations internationales à partir des années 1950.

Avec le deuxième débat, on se trouve dans une situation paradoxale ou des gens viennent d’une tradition réaliste étant attaquée par d’autres réalistes. C’est la distinction entre « traditionalistes » et « behavioristes ».

Morgenthau a une pensée éthique très développée, il y a une pensée analytique et éthique fine. Dans son œuvre, il y a toute une dimension éthique sur la logique de décision, en 1945 – 1946 il a écrit un texte montrant pourquoi la prise de décision en relations internationales et difficiles, car les relations internationales est le monde du mal loin de l’approche kantienne. Morgenthau a développé une pensée subtile sur comment agit-on dans une situation où l’on doit faire des choix durs moralement. Carr est un très fin lecteur de l’histoire. Il s’est basé sur une réflexion historique et juridique.

Hedley Bull

Hedley Bull fut à la tête de l’école anglaise qui est très populaire en Grande-Bretagne qui est la synthèse de Carr et de Morgenthau avec la dimension juridique et normative. Cette école va faire du constructivisme surtout avec des textes dans les années 1950 et 1960. Ils cherchent à comprendre les relations internationales comme des relations de pouvoir, partants aussi du principe réaliste que nous sommes dans une situation d’anarchie, en même temps ils vont essayer de prendre en compte la dimension de la civilisation. Si on regarde l’évolution du « système international » plus précisément de la « société internationale », ils vont essayer de comprendre comment l’idée de civilisation va socialiser certains États à se comporter différemment.

Les « traditionalistes » représentent un peu la synthèse entre Carr et Morgenthau attachés à comprendre les relations internationales selon une perspective historique et juridique. Les « behavioristes » adoptent une approche différente disant qu’il faut faire des sciences, il faut objectiver, compter faire des statistiques, des modèles, faire de la science comme des sciences dures.

Ce sont les behavioristes qui ont gagné. Avec la dimension téléologique, nous allons vers plus de progrès. Comme nous sommes dans les sciences sociales, il faut faire comme la science et faire quantitatif. Le concept de paix démocratique est par exemple un raisonnement de type statistique. La discipline s'est orientée vers une conception plus scientifique, dans le sens des sciences naturelles.

Histoire[edit | edit source]

Morton Kaplan

Si on regarde l’histoire, Morton Kaplan se pose la question d’une discipline parce que les relations internationales ne produisent pas quelque chose de scientifique. Il n’est pas vraiment clair qu’il y eut un vrai débat. Il n’y a aucune trace de débat, rien ne montre dans les travaux des historiens internationaux l’existence du premier débat.

Pour ce débat des auteurs rentrent en confrontation par articles interposés, mais ce débat n’est pas clair. Ce que l’on peut constater est qu’il y a eu un tournant scientiste des relations internationales surtout à partir des années 1960 se trouvant essentiellement en Amérique du Nord.

Si on regarde concrètement il y a une distinction entre les relations internationales nord-américaines qui sont dans une position mimétique vis-à-vis de la sociologie nord-américaine et les autres perspectives européennes. L’école anglaise n’a toujours pas disparu.

Cela a éloigné la communauté épistémique des autres, mais aussi cela est lié à des phénomènes où les universités américaines ont pris de plus en plus de poids mondialement. En Asie, les professeurs ont étudié aux États-Unis ; en Turquie, les collègues scientifiques ont fait leur thèse de doctorat aux États-Unis.

Ce qu’il faut comprendre est que c’est un phénomène américain, mais il y a aussi des phénomènes de circulation de personnes importants avec ces logiques. Même si de facto ce débat n’a pas amené à une dominance des perspectives scientistes, on crée cette situation dans une certaine mesure. Dans les pays scandinaves, la dimension scientiste et dominante alors qu’en Grande-Bretagne elle est une parmi d’autres.

L’accord entre néolibéraux et néoréalistes se base sur l’acceptation d’une dimension scientiste de ce qu’est la science. La conséquence est l’éloignement des relations internationales de questions d’ordre politique ou normative qui vont réémerger dans les années 1980 à travers les perspectives dites critiques.

Ce deuxième débat se situe entre le milieu des années 1960 et des années 1970. Les années 1980 sont le moment du consensus strict entre les « néo-néo ». Bob Keohane a eu une influence extrêmement puissante sur la dénomination de ce qu’est la discipline des relations internationales.

Le troisième débat : « néopositivistes » et « postpositivisme »[edit | edit source]

Mytho-histoire[edit | edit source]

Ce sont des gens qui s’inscrivent dans la droite lignée des behavioristes entre « néopositivistes » et « postpositivisme ». Ceux qui ont émergé de cette victoire du second débat et confrontés au postpositivisme vont rejeter complètement ou partiellement cette vision scientiste avec une place pour l’analyse de discours.

L’enjeu de l’analyse de discours est de dire que la vision cognitive qui fait que le langage ne fait qu’aigrir ce que dit le langage et ne fait que décrire quelque chose qui existe indépendamment de ce qu’on dit. Pour les postpositivistes, il y a des effets de langages si on crée une situation à travers le langage. Dans le cadre de la sécurité, on peut créer par le langage de situations qui n’existent pas objectivement. L’immigration rentre dans cette vision, c’est un thème qui émerge à la fin des années 1980 et 1990 ou l’immigration devient un enjeu de sécurité alors qu’il n’y a aucun changement qui pourrait expliquer ceci. Il y a des gens qui font du « framing ». Le langage permet de créer une réalité sociale qui n’a pas forcément d’objectivité.

Alexander Wendt

Dans ce débat, on voit qu’émerge le « constructivisme » qui a une certaine naturalité parce que le constructivisme chez les gens comme Finnemore et Wendt vient de la même université avec Duvall comme directeur de thèse. Ces doctorants ont créé le constructivisme. La force des constructivistes est qu’il dit qu’ils pensent que le monde social et construit il y a des phénomènes intersubjectifs qui créés des phénomènes d’ordre normatif. Même si on part du principe que le monde est construit, nous allons le faire de façon scientifique, d’une manière dont le mode de raisonnement et d’explication du monde rentre dans le positivisme.

Ce qui est intéressant est que ce constructivisme a pris alors que des auteurs constructivistes dans les années 1980 ne se sont pas construit comme le constructivisme qu’on nous explique parce qu’ils ne font pas appelle à la science. Ils avaient une position historienne, historique, en utilisant le droit.

La discipline s’est stabilisée, tout le monde a eu un consensus et maintenant il y a une nouvelle division sociale du travail en « néo-néo ». Maintenant, il y a un troisième acteur qui est le constructivisme sur les normes et les identités. Toutefois, tout le monde devrait faire la même chose.

Histoire[edit | edit source]

Robert Keohane

Il n'y a pas eu de débat et la littérature. Wendt refait lui-même de la reconstruction de ce qui se passe, mais concrètement il n’y a pas de débat. Bob Keohane a écrit plusieurs articles dont un fameux disant qu’il y a deux façons de faire des relations internationales, il y a les « perspectivistes » et les « réflexivistes ». Il a créé la meilleure partie et pour les réalistes et néoréalistes et les constructions que s’ils s’accordent à nos idéaux. De l’autre côté, il tolère les réflexivistes, il faut bien des poètes…

Ce ne sont pas trois courants qui émergent, mais c’est une explosion de différents courants, les néomarxistes, le courant postcolonial, des réalistes néoclassiques comme Schweller revenant vers de dimension historienne pour faire du réalisme.

Ce cours permet de se rendre compte de l’élargissement et de cette explosion d’approches qui permet de comprendre ce que sont les relations internationales. Il faut comprendre le mécanisme entre ce qui se passe réellement comme avec la Guerre froide qui a permis aux relations internationales de se concevoir pour comprendre la complexité du monde. Les effets extérieurs on eut effet de créer des modes de pensée, des paradoxes afin d’expliquer le monde. Les relations internationales ne sont pas que les États, c’est aussi une servante philippine à Hong Kong qui se fait battre, car il y a une circulation de biens avec une fonction économique transnationale, des phénomènes interculturels, religieux et autres. Des gens vont s’intéresser à cette servante philippine et cela est tout aussi légitime que de s’intéresser à la Guerre froide entre superpuissances.

Il y a une multiplication du nombre d'approches liées aux traditions critiques, multiplication des objets d'étude et élargissement de la notion d' « international ».

Bilan[edit | edit source]

Pourquoi réfléchir sur la forme du champ et comment nous en tant que producteur de connaissances quelle sont nos pratiques ? Il y a un enjeu de savoir qui sommes nous. On raconte une histoire pour justifier qui somme-nous.

Dans la sociologie et l’histoire de la « discipline », il y a un enjeu important pour l'identité d'un champ. Il faut une fonction légitimatrice de cette mytho-histoire mais l’importance d'avoir une distance critique [historiographique] par rapport à cette mytho-histoire.

Il faut se rendre compte de la distance critique par rapport à ce qu’on entend d’habitude. Il ne faut jamais croire de « but en blanc », cela veut dire qu’il y a des gens qui ne se rendent pas compte de leur effet sociologique.

Pour Schmidt, il y a une surévaluation du poids des évènements extérieur et de l’autre la sous-évaluation des discours intérieurs. Pour Cox, dans son article Social Forces, States and World Orders: Beyond International Relations Theory publié en 1981 « Theory is always for someone and for some purpose », les théories ne sont pas neutres, il y a toujours des éléments qui sont cachés.

Annexes[edit | edit source]

Bibliographie[edit | edit source]

  • Ashworth, Lucian M. (2014) A History of International Thought : From the Origins of the Modern State to Academic International Relations. London: Routledge
  • Cox, R. W. (1981). Social Forces, States and World Orders: Beyond International Relations Theory. Millennium: Journal of International Studies, 10(2), 126–155.
  • Callis, H. G. (1947) The Sociology of International Relations. American Sociological Review. [Online] 12 (3), 323–334.
  • De Certeau, M. (1975). L'écriture de l'histoire. Paris: Gallimard.
  • Donnelly, J. (2000). Realism and International Relations. Cambridge: Cambridge University Press.
  • Lapid, Y. (1989). The third debate: On the prospects of international theory in a post-positivist era. International Studies Quarterly, 33(3), 235–254.
  • Schmidt, B. C. (2002). On the History and Historiography of International Relations, in Walter Carlsnaes, Thomas Risse and Beth Simmons (eds.) Handbook of International Relations. London: Sage, 3–22.
  • Wæver, O. (1996). The rise and fall of the inter-paradigm debate, in Steve Smith, Ken Booth and Marysia Zalewski (eds.) International Theory: Positivism & Beyond. Cambridge: Cambridge University Press, 149–185.
  • Wæver, O. (1998). The sociology of a not so international discipline: American and European developments in international relations. International Organization, 52(4), 687–727.a

Références[edit | edit source]

  1. Page de Stephan Davidshofer sur Academia.edu
  2. Page personnelle de Stephan Davidshofer sur le site du Geneva Centre for Security Policy
  3. Compte Twitter de Stephan Davidshofer
  4. Page de Xavier Guillaume sur Academia.edu
  5. Page personnelle de Xavier Guillaume sur le site de l'Université de Édimbourg
  6. Page personnelle de Xavier Guillaume sur le site de Science Po Paris PSIA
  7. Page de Xavier Guillaume sur Academia.edu
  8. Page personnelle de Xavier Guillaume sur le site de l'Université de Groningen
  9. Huntington, Samuel P. The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order. New York: Simon & Schuster, 1996.
  10. Fukuyama, Francis. The End of History and the Last Man. New York: Free, 1992.
  11. Carr, E.H. The Twenty Years' Crisis, 1919-1939: An Introduction to the Study of International Relations. London: Macmillan, 1946