Relations centre – périphérie en géographie

De Baripedia
Aller à : navigation, rechercher

Quand on s’intéresse au rapport centre – périphérie en géographie cela veut dire que l’on se s’intéresse à la dimension spatiale de ces relations et en particulier les rapports de dominations et d’exploitation entre les lieux.

Ces approches se retrouvent au cœur de la géopolitique d’une part, et puis elle se trouve également dans les études en aménagements du territoire à différentes échelles à savoir international, locales, infra-urbaines.

Définition

Pour comprendre ce concept des défiions élaborées sont nécessaires.

Selon Christian Grataloup[1], faire appel à la notion de centre – périphérie est une métaphore géométrique du centre et de la périphérie[2] qui est souvent utilisée pour décrire l’opposition entre les deux types fondamentaux :

  • lieux qui disposent du commandement ;
  • lieux qui subissent le commandement.

Le fait que l’on parle de relation centre – périphérie renvoi à la géométrie et il faut avoir conscience que les lieux de commandements ne se situent pas nécessairement au « milieu ». Le centre est le lieu de commandement et la périphérie correspondant au lieu dominé.

C’est un concept qui peut être utilisé à différentes échelles. Le recours à cette métaphore permet de décrire une situation en donnant des éléments d’explication. Lorsque l’on parle de domination d’une périphérie par un centre il va falloir expliquer sur quoi est fondée la domination, soit par un différentiel ou uniquement par des questions de rapport de force et de rapports politiques.

Pour que le couple entre centre et périphérie et périphérie ait du sens, il faut qu’il y ait des relations entre les deux types de lieux qui se traduit par des liens et des flux qui peuvent être des flux de biens, de richesses des flux d’informations, des flux de personnes. Il faut que ces flux soient déséquilibrés pas forcément quantitativement, mais au moins qualitativement et donc que ce déséquilibre profite au centre qui est en position dominante.

Ce système d’exploitation d’une périphérie par le centre est dynamique et peut dans le temps soit se renforcer ou éventuellement évoluer vers une atténuation des différences et éventuellement une égalisation entre les lieux voire une inversion des rapports de dominations. Tout est théoriquement possible même si le centre a tendance à mettre en place un système qui soit de nature à maintenir sa domination voire à la renforcer ce qui est plus ou moins efficace dans le temps.

Un auteur majeur sur le sujet (Alain Raynaud) et une actualisation à l’heure de la mondialisation (Fred Scholz)

Concertant le sujet des relations centre - périphéries, Raynaud a tenté de théoriser les inégalités entre les lieux et les rapports de domination. Dans son ouvrage Sociétés, Espaces, et Justice il développe la notion de classes sociospatiales. Il explique que les sociétés peuvent être lu en termes de groupe qui défendent des intérêts de nature différente selon leur position dans la société, mais il l’élargit en allant au contraire de la définition marxiste qui l’utilise uniquement sur la base des rapports de production, plutôt il faut tenir compte de la position dans la société en termes socio-économiques, mais qu’au sein de la société il y a d’autres clivages qui sont par exemple les clivages qui peuvent exister entre les générations. Du coup on peut aussi raisonner en termes de classes sociogénérationnelles, socio sexuelle et socio spatiale. C’est-à-dire que selon le lieu où ‘n se trouve on défendra des intérêts différents que par l’ensemble des personnes qui résident ou travaillent dans un autre lieu. Cependant cette vision a été rejetée par les tenants de l’analyse marxiste qui critiquaient le fait de mettre sur le même niveau des clivages ne permet pas de prendre en compte les positions dans les rapports de production, il a été rejeté par ailleurs parce qu’il utilisait une terminologie des rapports de classes qui renvoyaient à l’analyse marxiste.

Son travail donne toute sa place à la question de la position dans l’espace au sein des rapports politiques.

Alain Reynaud typologie des relations centre périphérie.png

Il a essayé de modéliser de manière relativement simplifiée toute la gamme des rapports qui peuvent exister dans les rapports centre – périphérie à différentes échelles. Cette table résume les différents types de rapports qui peuvent exister et qui peuvent éventuellement se succéder. Les éléments de légendes sont aussi appelés « figuré ». À partir du moment où l’on a un cercle fermé on a une situation où on utilise et on contrôle sur place une partie des capitaux et de richesse produite sur place ; c’est la situation minimale pour ne pas être en position périphérique intégrale, au contraire l’ensemble de richesses repart vers un centre dominant qui exploite.  À partir du moment où les capitaux sont réutilisés sur place on est dans une situation qui n’est pas une situation de domination et d’exploitation extrême. C’est le cas des centres qui disposent de la quasi-totalité des richesses produites sur places.

On a deux types de flèches qui correspondent à des flux de capitaux et à des flux de matières premières. Enfin l’auteur a tenu à figurer « l’esprit d’entreprise » qui ne peut s’épanouir que dans une situation qui n’est pas une situation d’exploitation systématique.

Alain Reynaud périphérie.png

On part d’une situation de domination absolue pour aller jusqu’à une situation d’inversion des flux ou c’est l’ancienne périphérie qui devient centre et l’ancien centre qui devient périphérique. À la base du système, il y avait l’exploitation des ressources naturelles, car c’est la région qui produit les ressources naturelles qui est devenue centre, tout le reste va au profit de la région anciennement dominé qui est devenu un centre à l’issue du processus.

On a une situation avec un drainage des richesses naturelles, des capitaux et des personnes avec des phénomènes d’exode rural et de transplantation de personnes en âge de travailler vers la région dominante. Le centre draine l’ensemble des richesses et on a une périphérie totalement dominée. La situation la pire est la situation de périphérie dominée puis de situation de périphérie délaissée qui n’est pas forcement basé sur un pillage des ressources naturelles, mais qui n’est pas nécessaire au développent du centre.

Dans le premier cas, la périphérie est dominée, mais elle est nécessaire au centre parce qu’il a les richesses naturelles. Dans le deuxième cas, il y a le drainage des richesses, mais pas nécessaire au développement du centre. Cette périphérie est à fois dominée et délaissée.

Ensuite, on arrive à des situations de périphéries intégrées, car il se met à y avoir une relative distribution vers cette périphérie donc elles prennent place dans un système qui n’est pas forcément à sens unique. C’est toujours un déséquilibre, mais qui est entretenu par une volonté d’entretenir cette périphérie par un certain niveau de développent et l’envoie d’un certain nombre de ressources. Ces retours peuvent parfaitement être important, car on est dans une phase on va avoir une périphérie qui est annexée. On passe de la domination à l‘annexion ce qui est sensiblement différent parce que quand il y a annexion on veut développer la périphérie.

Ensuite, on a des stades de véritable développement de la périphérie avec des conditions minimales requises pour qu’il y ait développement d’un «esprit d’entreprise » qui débouche sur une situation de quasi-égalité entre le centre et la périphérie.

Alain Reynaud centre périphérie situation en 1981.png

Cette carte relève de l’opposition entre le bloc occidental et le bloc soviétique. Une application de cette grille de lecture à l’échelle mondiale donne la mise en place de deux centres principaux, mais qui ont des périphéries intégrées qui sont des relais directs de ces centres avec le clan occidental dans lequel on doit aussi situer l’Europe occidentale et le japon. Une très vaste périphérie est dominée avec différents modes de relations qui parfois découchent de l’exploitation pure et simple et parfois débouche sur une sorte d’annexion de ces périphéries avec des retours. Par exemple, Cuba était à la fois un espace du sud dans le clan soviétique qui pouvait être considéré comme faisant partie des espaces exploités, notamment un certain nombre de richesses produites étaient drainées vers l’URSS, mais en même temps, il y avait un retour important vers cette alliée de la part de l’Union soviétique qui était une périphérie intégrée et annexée par le centre.

Grasland différence pnb par hab.png

Cette carte est une tentative de représenter les principaux clivages qui existent à l’échelle mondiale en termes de richesses mesurées par le produit national brut est critiquable, car il y a des États qui disposent d’un produit national brut élevé par personne, mais qu’une grande partie de la richesse est captée par un pouvoir qui ne le redistribue pas est n’investit pas dans des infrastructures qui ne se traduit pas par un développement humain, par contre c’est un bon indicateur pour mesurer le niveau de richesses.

Ces clivages rendent compte de ces rapports centre – périphérie. De part et d’autre de ces lignes de clivage on a des États qui sont soit de centres sont des périphéries annexées au centre et qui profitent du développement du centre et a li et a l’inverse on peut avoir des périphéries dominées et exploitées.

Légence centre périphérie geoA.png

Fred Scholz a développé la théorie du développement fragmenté en s’intéressant au monde contemporain post guerre froide en lien avec la question de la globalisation contemporaine. Le principal intérêt et qu’il tente de ne plus raisonner en termes de pays, mais de lieux et de régions. Il y a l’idée que même à l’échelle mondiale raisonner en termes de pays c’est effacé des clivages majeurs qui peuvent exister à l’intérieure même des pays et qu’il y a des régions qui sont en position centrale de type transnational et inversement des périphéries transnationales. En d’autres termes, on a de grandes métropoles qui peuvent être voisines des unes des autres, mais qui se situent sur plusieurs régions qui constituent une vaste région que l’on doit associer à une certaine centralité et inversement on a des régions de confins qui peuvent être transnationales et qui sont en situation de périphérie. En fait, si on raisonne uniquement en termes de frontières nationales on va passer à côté de ces clivages majeurs qui existent à l’intérieur des pays et qui correspondent à des régions transnationales. Il propose de sortir de l’analyse uniquement en termes de niveau développent par pays à l’échelle mondiale et chercher à identifier les régions ou les lieux qui jouent un rôle dominant dans le cadre de la globalisation contemporaine.

Il différencie global places des globalized places, ce sont des lieux globalisés qui sont des lieux qui participent à la globalisation, mais ne concentrent pas les fonctions dominantes qui sont dans les lieux globaux.

Si on se réfère à la théorie de Raynaud on n’est pas dans des situations intégrale ni de centralité intégrale à l’échelle mondiale. On est dans une situation intermédiaire, cela correspondrait à des périphéries annexées au centre. On aurait là à l’échelle mondiale puis les nouvelles périphéries annexées qui on fonction de relais et les nouvelles périphéries qui sont les espaces dominés et délaissés.

Map of global fragmentation.png

Ce qui est intéressant et la typologie qu’il utilise et du coup de proposer un carte qui ne reprend pas les fournières internationales, mais qui permet d’identifier des vastes régions en position centrale et puis inversement des périphéries plus ou moins exploitées et délaissées qui sont transnationales.

L’intérêt aussi de cette théorie est d’être applicable à différentes échelles comme pour analyser les clivages à l’intérieur d’une ville.

Scholtz lugares globales.png

Il différencie les lieux globaux, les relais des centres et les nouvelles périphéries.

Du côté des lieux globaux présents dans ces mégapoles du sud on va avoir des centres de directions d’entreprises, de centres de productions liés aux hautes technologies et enfin des zones industrielles et de production liée au mode de production fordiste.

Parmi les lieux globalisés, on a des lieux de production ou de service de toute autre nature lié à ces activités globales, mais qui sont des lieux plutôt d’exploitation de la misère sous différentes formes. Ce sont toutes les formes d’exploitation des ressources du sud en lien avec les échanges internationaux. Les périphéries dominées ou délaissées qui sont particulièrement résidentielles à avoir l’habitat sous intégré de type bidonville et l’habitat de type autoproduit qui se développe avant les opérations de viabilisation et de raccordement aux principaux services urbains.

Nous avons alors deux théories, Alain Raynaud et sa théorie des relations centre - périphérie, et Scholz et sa théorie du développement fragmenté et sa tentative de typologie des lieux et des régions selon le rapport a la globalisation contemporaine.

Les questions de la justice sociospatiale

Cohésion ou compétitivité ?

Il faut d’abord savoir si on veut privilégier la cohésion ou la compétitivité et ne soit pas traversé par des clivages très importants entre ceux qui bénéficient du système et ceux qui en sont exclus. Cela marche pour les groupes sociaux, mais aussi pour les lieux et les régions. Donc se pose régulièrement et la différente échelle la question de savoir s’il faut privilégier la question de la cohésion ou la compétitivité.

En d’autres termes, faut-il mettre de manière la cohésion ou la compétitivité en considérant que c’est une condition nécessaire pour pouvoir éventuellement redistribuer.

Quand on raisonne en géographie cette question se traduit en termes de priorité en termes d’aménagement du territoire et pour le développement régional : va-t-il falloir donner la priorité aux espaces pour renforcer leur compétitivité ou donner la priorité aux régions périphériques marginalisées qui ne bénéficient pas des avantages des régions compétitives afin d’assurer une cohésion territoriale et faire en sorte que certaines régions ne soit pas la traine et qui ne bénéficient absolument pas des retombées de la croissance. Cette se pose a toutes les échelles pour définir les politiques publiques et notamment elle s’est posée à l’échelle continentale et européenne.

Faut-il d’abord renforcer les régions ou les lieux qui disposent d’un fort potentiel en sacrifiant les régions périphériques ou d’abord penser à redistribuer la richesse existante au profit de la périphérie qui souffrent d’un certain nombre de handicape. Faut-il maintenir des services publics, des services aux entreprises, des infrastructures dans des régions marginales et périphériques pour assurer une certaine cohésion territoriale ou est-ce qu’il faut les sacrifier afin de renforcer les métropoles qui sont des lieux essentiels de la production contemporaine.

Plusieurs réponses sont possibles comme dans le cadre de la politique régionale européenne. L’Union européenne mais d’abord la Communauté Economique Européenne s’est constituée au sortir de la Seconde guerre mondiale pour tenter de créer un espace de coopération et pour en finir avec la rivalité entre les nations qui ont été traduite par deux conflits tragiques.

Pour réussir ce modèle, les promoteurs de la communauté européenne se sont dit qu’il fallait se doter de politiques publiques en définissant une politique publique commune. C’est-à-dire que les États acceptent de transférer une partie de leurs compétences ; il y a eu une tentative assez radicale qui a été de créer une Union européenne autour de l’unification de la politique de défense qui fut un refus. Du coup les promoteurs de la communauté européenne ont commencé par une politique sectorielle dans un domaine moins sensible.

Il y a d’abord eu une tentative d’une communauté européenne du charbon et de l’acier, ce ne fut pas très enthousiasmant, car s’unifier autour d’un secteur en déclin ne pouvait pas être pérennisé. C’est pourquoi on a décidé de s’unifier autour de la politique agricole commune. À partir des années 1970 une autre politique est intervenue qui est symboliquement important qui on découché sur par exemple le programme Erasmus. En termes d’ampleur et de part du budget, cela reste limité.

Avec l’entrée du Royaume-Uni et de l’Irlande, il y a eu une nouvelle politique publique qui était une politique publique de l’aménagement du territoire. L’objectif était qu’en puisse bénéficier l’Irlande au titre de la cohésion qui figure dans le traité de Rome afin qu’il n’y ait pas de clivages trop importants. À partir de 1974 il se décline sur un plan spatial afin d’appuyer le développement des régions qui ont des problèmes soit parce qu’elles sont très en retard, sont en position périphérique et ne bénéficies pas des avantages des régions métropolitaines comme une bonne partie de l’Irlande, soit parce que leur tissu productif et en déclin.

Le principe est acquis à partir des années 1970, mais va prendre une importance réelle à partir des années 1980 cette fois en direction de nouveaux adhérents qui avaient un niveau de développent inférieur a la moyenne européenne.

D’où la nécessité, si on accueille ces nouveaux membres, de mettre en place une politique volontariste pour tenter d’appuyer un rattrapage de développement au titre de la cohésion. En 1984, la Grèce entre à l’intérieur de l’Europe orientale, mais séparée de l’Europe occidentale par des États d’Europe médiane qui sont complètement intégré ou partiellement intégrés dans le bloc soviétique. La politique de développement régional au nom de la cohésion va se développer considérablement, une part non négligeable du budget qui va être transférée vers la politique régionale.

Un système sophistiqué se met en place pour aider au nom de la cohésion des régions au titre du développement.

Zones éligibles au fonds structurel 1989 1993.png

Des régions vont pouvoir être éligibles, ce sont les régions en rouges dit d’objectif 1. Les régions en retard de développent ont un produit intérieur brut inférieur à 75% de a moyenne européenne. On calcule le produit intérieur brut de tous les États membres et si une région à un niveau de développement inférieur a cette moyenne on décide que cette région est éligible et va pouvoir bénéficier de la politique d’aide au développement au titre de la cohésion. Les régions d’objectif 2 sont les bassins industriels qui ont des problèmes de reconversion parce que leur produit intérieur brut n’est pas forcément inférieur à 75% de la moyenne européenne. Les régions en jaune sont les régions rurales qui connaissent des problèmes de par le milieu montagnard ou l’éloignement des principaux centres. On est dans la mise en place d’une politique publique volontariste qui est conçue explicitement comme étant une politique de cohésion. Ce que l’on aide ce sont les régions qui ont des difficultés de développement.

Zones éligibles au fonds structurel 1994 1999.png

Avec l’entrée de nouveaux entrants qui sont plutôt riche qui ont un produit intérieur brut supérieur à la moyenne européenne. Ce sont des contributeurs, mais ils réclament des contreparties. Avec les pays scandinaves on rajoute un objectif dédié à des régions qui non pas un retard mesuré en termes de produit intérieur brut, mais qui par contre connaissance un véritable problème lié aux régions très peu densément peuplées pour arriver a desservir la population cela a un coût énorme, pour des populations extrêmement dispersées le maintien de ces services coûte cher. C’est un problème d’aménagement de régions périphériques au titre de la cohésion. 

Zones éligibles au fonds structurel 2007 2013.png

On a une extension du périmètre de la communauté européenne avec l’entrée de très nombreux États européens qui étaient dans l’orbite soviétique. Il y a extension vers l’est de l’Union européenne. Du coup, la politique régionale tel que conçu nécessite d’être repensé, car la plupart des États qui rentrent ont un niveau de produit intérieur brut inférieur a la moyenne européenne. Si on garde le système de définition des zones périphériques, les régions de l’est deviennent éligibles et presque plus de régions de l’Ouest sont éligibles.

Certaines régions ont connu un rattrapage très important. Cependant d’autres continuent à être éligibles au titre de la politique régionale. Les nouveaux entrants le sont également.

La politique régionale est maintenue au nom de la cohésion, mais il y a eu un basculement complet vers l’est et un problème de délocalisations vers l’est.

L’Irlande a bénéficié massivement d’un appui européen tout en utilisant des politiques d’attraction des investissements directs étrangers. Dès lors on ne prend plus seulement le principe de cohésion, mais aussi le principe de compétitivité afin que certaines régions dispose d’un certain appui pour développer leur tissu économique avec un filigrane la peur que les régions qui bénéficient d’aide les utilisent pour mettre en place de nouvelles infrastructures et attirer des entreprises.

Ce n’est pas seulement un basculement idéologique d’une conception keynésienne avec un principe redistributif à un concept néolibéral, il a aussi la question de délocalisation à l’intérieur de l’Union européenne. La politique régionale ne se fait plus seulement au nom de la cohésion et ne bénéficie plus seulement aux régions en retard de développement ou qui connaissent des problèmes de reconversion. On est passé d’une politique ambitieuse volontariste qui fonctionnait sur le principe de cohésion à une politique régionale toujours volontariste, mais qui essaie de trouver un équilibre entre la question de la cohésion et de la compétitivité.

Rapport banque mondial 2009 couverture.png

La Banque mondiale a édité un rapport en 2009[3] qui propose une vision très spatiale et géographique du développement. En même temps, ce rapport adopte les principes de la nouvelle économie géographique, c’est un courant qui s’intéresse aux atouts et aux handicaps des différents lieux. Les agglomérations qui concentrent des tissus productifs performants bénéficient d’un avantage considérable qui s’auto entretient, ce qui s’appelle les effets d’agglomération, la nouvelle l’économie géographique a essayée de quantifier ces effets d’agglomération.

La banque mondiale a essayé de montrer comment les sud jouent à fond ces effets d’agglomérations. La première conclusion est que les villes du sud sont des atouts pour le sud. Auparavant, le discours était de dire que ces agglomérations étaient plus des problèmes que des atouts, parce qu’on a des populations urbaines très importantes qui ne reposent pas sur un outil productif important. Il faudrait faire en sorte et que les populations soient stabilisées dans les campagnes, mais ne viennent pas s’entasser dans les grandes villes du sud.

L’autre conclusion est que si on veut avoir une croissance importante, rapide et soutenue dans les sud il faut arrêter de disperser les efforts et il faut se concentrer sur des espaces qui ont des atouts importants dans le cadre de la mondialisation contemporaine.

Quelle est l’échelle légitime pour la prise des bénéfices de l’exploitation des ressources naturelles ?

Dans quel cadre doit capter des revenus de l’extraction des ressources naturelles ? Quand on réfléchit au cadre légitime de la captation de la rente. Il faut d’abord savoir si on estime que les ressources naturelles sont des biens ou si on estime que ce sont des biens appropriables.

Si on estime que c’est un bien commun, on va penser que l’organisation quel qu’elle soit qui capte cette rente va devoir redistribuer ces bénéfices. Si on estime que c’est un bien appropriable, on va considérer que l’acteur privé qui capte cette rente n’est pas obligé de redistribuer les bénéfices.

Quelque chose peut paraitre évident, c’est que de toute façon le local à savoir le lieu et le groupe humain directement concerné par les opérations d’extraction de la ressource naturelle, il parait évident qu’il doit bénéficier d’une compensation parce qu’il y a des externalités négatives et une appropriation du lieu où s’effectue l’extraction.

Le principe de la compensation est communément admis. Quand vient la question de la rente, il faut savoir si elle doit bénéficier au groupe humain sur le lieu de l’extraction ou à un groupe humain plus large qui peut être la région ou la nation ou éventuellement un ensemble de nations.

On voit très souvent des revendications du local qui revendiquent la captation de la rente soit au titre de la compensation soit au titre d’une légitimité évidente pour le local de capter cette rente. Si on considère que c’est un bien commun on peut considère que cela soit illégitime que la rente soit captée par le local, mais qu’elle bénéficie a un collectif beaucoup plus large et équitable de ces bénéfices. SI on est dans une situation ou la rente est accaparée par des acteurs qui n’ont pas envie de la redistribuer la logique est évidente ; si on est dans une perspective de bien commun la légitimé du local n’est pas évidente.

Ces questions peuvent se poser dans des contextes différents comme les concessions sur les barrages de montagne et les barrages hydroélectriques.

Ces équipements arrivent aujourd’hui en fin de concession et vont nécessiter des fonds importants pour la maintenance, mais qui peuvent générer des revenus importants d’autant plus qu’aujourd’hui l’hydroélectricité peut jouer sur les différentiels du prix de l’énergie à l’échelle européenne. Il y a des réseaux qui ont été plus ou moins intégrés et il est possible d’injecter de l’électricité dans une caste réseau européen. À l’échelle européenne, il y a des États ou des régions qui produisent de l’énergie de manière continue y compris quand on a besoin de moins d’énergie. C’est la même chose pour les fermes éoliennes.

Cela veut dire que l’on va avoir de l’énergie abondante et bon marché et on va avoir des périodes durent.

Le vrai problème de l’électricité est de stocker ce qui va permettre de produire de l’énergie électrique quand on en a besoin, en l’occurrence l’eau en hauteur. Cela génère des revenus importants. On peut considérer que l’échelle de légitimité de ces revenus est l’Europe tout en tiers parce que c’est grâce au système intégré européen que cette opération est possible.

Du coup, cela pose la question de savoir si le cade légitime pour recevoir les bénéfices d’extraction naturelle est le cadre local. Dans cette optique, ce serait l’échelle européenne qui est légitime pour bénéficier des retombées. Cela se discute et la réponse n’est pas évidente sauf qu’il est évident que le local doit disposer d’une compensation.

Si on estime que c’est des biens communs, le local n’est pas le mieux placé pour bénéficier de ces avantages.

Le Nigéria est un pays de dimension très important, c’est le pays le plus peuplé d’Afrique. Il bénéficie d’une abondance en ressources naturelles et notamment en pétrole. Les champs exploités se situent essentiellement dans le delta du Niger. L’exploitation de ce pétrole se fait au profit de grandes compagnies et d’intermédiaires au niveau national et régional qui s’enrichissent considérablement avec des retombées qui sont assez réduites que cela soit au niveau local, régional et national.

Inversement, les externalités négatives ne sont pas réduites, l’exploitation se fait dans des conditions à fortes externalités avec un milieu très abimé dans le delta intérieur du Niger alors qu’il s’agit d’une région très densément peuplée, l’impact écologique et social est très important.

Carte nigéria geoA.png

Annexes

Références

  1. Christian Grataloup. (2015, octobre 30). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 09:30, décembre 27, 2015 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Christian_Grataloup&oldid=119996447.
  2. http://www.hypergeo.eu/spip.php?article10#
  3. World Development Report 2009 url:http://go.worldbank.org/FAV9CBBG80