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Les origines et l’évolution des États

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Qu’est-ce que c’est un « État » ?[edit | edit source]

Malgré les transformations politiques et sociales constatées depuis la fin de la Guerre froide avec les défis des entreprises transnationales, les mouvements sociaux, l’émergence des villes comme organisation politique, l’État reste l’organisation primordiale. La plupart de ce qui détermine les normes et les règles a pour origine l’État.

Political World Map.

Cette carte est la vision du monde divisé en États. Les questions comme l’émergence d’un nouvel État, la division d’un État existant parait difficile à résoudre. Selon les statistiques de l’ONU parmi la liste des 206 États souverains, 16 sont contestés comme la Palestine, l’Arménie, les deux Corées. Des mouvements indépendantistes comme en Écosse sont de plus en plus nombreux.

L’État moderne est une apparence assez récente. La première organisation politique en termes d’État était plutôt sous la forme de ville. En dehors de la cité-État, on a connu les empires comme organisation politique. L’évolution des États soulève la question de savoir s’il est vraiment possible d’expliquer l’émergence des États par une seule théorie. Généralement, la réponse est « non » parce qu’il y a une diversité d’États. Au lieu d’essayer d’avancer une seule théorie de l’émergence, l’emphase est mise sur les processus de formation.

Les définitions des États tels qu’ils existent sont extrêmement larges :

  • Painter et Jeffrey dans Political Geography: An Introduction to Space and Power publié en 2009 proposent une définition large : « (1) des réseaux complexes de relations entre un ensemble changeant d’institutions et de groupes sociaux ; (2) le produit de leurs propres processus de développement institutionnel et de changement historique ».
  • Dans Coercion, Capital, and European States publié en 1990, Tilly propose aussi une définition large : « des organisations autres que les groupes familiales, exerçant de la coercition et ayant priorité claire sur toutes autres organisations à l’intérieur d’un territoire substantiel ».

De nombreux auteurs se posent la question de savoir si l’État est un mythe, une idée ou encore une construction sociale. D’un côté la réponse peut être « non », de l’autre un « oui » qualifié dans la perspective que les mythes peuvent se comprendre comme des phénomènes sociaux qui donnent une structuration aux pratiques quotidiennes. L’État se manifeste et se traduit par nos habitudes et nos pratiques dans le quotidien. En passant une frontière, on met en existence un État. Selon Painter et Jeffrey, l’État n’est pas unifié, mais l’effet des processus sociaux fait sembler que l’objet existe.

Dans la perspective de la géographie politique, Painter et Jeffrey identifient cinq caractéristiques :

  • des frontières précises ;
  • des territoires substantiels, administrés à travers d’institutions territoriales comme, par exemple, des gouvernements locaux et régionaux ;
  • une géographie institutionnelle qui se traduit en localisation des agences, parlements, Cours, bases militaires, etc. ;
  • un appareil de l’État qui lui permet de surveiller, gouverner et essayer de contrôler la population ;
  • bien que jamais complète, la surveillance a toujours eu tendance à augmenter.

Origines des États[edit | edit source]

Cadre explicatif[edit | edit source]

Pour tenter de systématiser l’émergence et la formation des États, il faut se référer à Charles Tilly qui introduit dans Coercion, Capital, and European States publié en 1990 un schéma afin de diviser les différentes explications. Il pose deux questions :

  • Est-ce que la formation de l’État est indépendante ou bien dérivé de l’économie ?
  • Est-ce que l’influence sur la formation des États vient de l’intérieur ou de l’extérieur ?

À travers ces deux questions qui rassemblent les facteurs principaux, on a un schéma qui permet de cibler les explications.

Source : Charles Tilly, 1990, Coercion, Capital, and European States, AD 990–1992.
Source : Charles Tilly, 1990, Coercion, Capital, and European States, AD 990–1992.

Les théories étatiques sont les plus populaires parmi les historiens. La formation est considérée indépendante de l’économie suivant des facteurs internes. Les changements politiques sont considérés comme précédents les changements économiques et l’institutionnalisation de l’État est le produit de facteurs intérieurs comme par exemple la préparation et la conduite de la guerre. Par exemple, Samuel Huntington parle de « différences culturelles » tandis que Paul Kennedy traite de la « croissance économique inégale ».

Les théories géopolitiques sont des théories considérant que la formation des États est indépendante de l’économie, mais cette fois les facteurs qui poussent à la formation des États viennent de l’extérieur. La formation des États est réponse au système international. James Rosenau identifie quatre types de réponse : consentant, intransigeant, promotionnel, conservateur. Ces réponses ont différentes conséquences pour des dimensions étatiques.

Source : Charles Tilly, 1990, Coercion, Capital, and European States, AD 990–1992.

Les théories du mode de production mettent l’accent sur les mécanismes du féodalisme, mercantilisme ou capitalisme dans le cadre d’une perspective marxiste. Par exemple, Perry Anderson étudie les relations entre aristocrates, paysannerie et villes. C’est de l’extérieur que vient l’impulsion de la formation des États.

La théorie du système mondial postule que la souveraineté doit se construire à travers un système interétatique de reconnaissance mutuelle. Immanuel Wallerstein s’intéresse à l’extension de la division entre le capital et le travail à l’échelle mondiale dans le cadre de relations centre-périphérie.

Pour Tilly, il n’y a pas de positionnement. Il met en avant d’une part la coercition militaire qui est l’intérêt du souverain à contrôler les frontières précises et d’autre part le capital avec l’intérêt des villes qui a constitué la forme d’État prédominante. Dans chaque coin de ce schéma, il y a une prédominance de certains facteurs.

Aspects militaires[edit | edit source]

Pour expliquer l’émergence des États, Geoffrey Parker dans The Military Revolution: Military Innovation and the Rise of the West publié en 1988 parle de « révolution militaire ». L’introduction des armes à feu notamment en Chine dès le XIIème siècle, en Arabie ainsi qu’en Europe au XIVème siècle et au Japon au XXème confère des avantages aux infanteries. Les frontières équipées de forteresses participent à une construction militaire du territoire tout comme l’expansion européenne outre-mer.  Selon Claval dans Les espaces de la politique publié en 2010, la construction militaire de l’État a amené à la création d’un espace qui est en droit uniforme. Les frontières floues deviennent des réalités géographiques. La compétition sociale commence à s’exercer par d’autres moyens que par l’emploi direct de la force, nouvellement monopolisée par le pouvoir absolu du prince.

Aspects économiques[edit | edit source]

Avec la monétarisation croissante des États, l’unification monétaire est indispensable pour lever les impôts. Pour la production, l’échange économique demande la définition et la garantie des poids et des mesures ainsi que la fixation des taux de conversion. C’est une nouvelle responsabilité du souverain absolu. Pour Claval, il n’y a pas de notion économique, mais on parle de mercantilisme : « Dans tout ceci, il n’y a pas la moindre considération économique au sens moderne du terme […] son point de vue est strictement mercantiliste ».

La souveraineté et le contrat social[edit | edit source]

La souveraineté absolue[edit | edit source]

Avec la consolidation de la souveraineté va émerger le contrat social pour légitimer les États en rupture avec le monde féodal. Machiavel publie Le Prince en 1532 supposant que le Prince assume le monopole du pouvoir, reçu de Dieu en délégation, afin de faire régner la paix à l’intérieur du territoire qu’il contrôle.

Les premiers théoriciens de la souveraineté qui légitiment ce pouvoir sont Jean Bodin (1530 – 1596) et Hugo Grotius (1583 – 1645) qui proposent une définition de l’État : « un corps parfait de personnes libres qui se sont jointes ensemble pour jouir paisiblement de leurs droits et pour leur utilité commune ».


C’est dans le contexte d’une transition d’une monarchie médiévale vers une monarchie absolue que la souveraineté se sépare de l’individu pour aller vers un État souverain. Le Traité de Westphalie de 1648 est un moment important dans le processus de construction des États postulant que le droit de conduire ses propres affaires diplomatiques demeure avec les États territoriaux et non avec les empires dont ils font partie.

Le contrat social : origines[edit | edit source]

Dans Les espaces de la politique, Claval met l’accent sur le contrat social. Dans cette période et dans les œuvres des principaux instigateurs des pensées autour du contrat social, il y a beaucoup d’éléments qui sont encore aujourd’hui important dans la construction entre l’espace et les faits politiques.

Le contrat social émerge dans le contexte de Reforme au XVème siècle et XVIème siècle dans le contexte des idéologies égalitaristes naissantes du rationalisme et de la critique des religions : « l’épaisseur du tissu sociale est enfin reconnue par les gouvernants ». La réponse proposée par les puritains est que l’État et l’autorité sont nés d’un covenant qui témoigne de la volonté d’assumer en commun un destin. Thomas Hobbes (1588 – 1679) prive les hiérarchies religieuses traditionnelles de leur influence politique et délivre le prince du magistère moral de l’Église. Hobbes est aussi connu pour la notion du Léviathan comme métaphore de l’État qui vient protéger les sociétés, mais aussi à qui on se soumet. En se soumettant au Léviathan, les citoyens fondent un ordre nouveau qui assure l’harmonie entre tous. On passe de l’État de nature à l’État civil.

Le contrat social : versions libérales[edit | edit source]

Pour John Locke (1632 – 1704), les parties du contrat social doivent être indépendants pour que l’accord soit valable. Il met en avant le droit de propriété, qui est antérieur au contrat social trouvant sa justification dans le travail comme part essentiel de l’être. Ratzel met aussi un fort accent sur le sol. Le contrat social n’installe pas le pouvoir dans un absolu, mais donne pour mission qui est de permettre l’épanouissement de chacun.

Selon les arguments de Locke, il y a une double exigence pour qui la souveraineté n’a de fondement que dans la population qu’elle concerne [1] et le gouvernement doit connaître les problèmes sociaux et assurer la représentation du public en élaborant la loi en son nom [2]. Locke propose une division du pouvoir entre exécutif et législatif.

Dans les versions libérales, on place nation comme fondement de la souveraineté. C’est une géographie de l’autorité et de la légitimité qui est bouleversée. Pour qu’un pouvoir soit légitime, il doit être l’émanation d’une communauté, d’une entité sociale qui lui préexiste. Le territoire politique doit se confondre sur la nation. La distribution des groupes avec une conscience commune permet de dessiner les frontières. Le régime libéral qui répond aux attentes de tous est le système administratif qui est doublé d’un circuit autonome à savoir une représentation populaire à travers un Parlement élu et des circonscriptions électorales.

Le contrat social : versions révolutionnaires[edit | edit source]

Avec Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778), le problème social n’est pas de défendre l’humain contre soi-même, mais de préserver l’individu des influences délétères de la vie en groupe. Le contrat social sert à sauver ce qui est de nature religieuse, émotive ou mystique et non de l’exclure.

Kant (1724 –1804), Hegel (1770 – 1831) et Marx (1818 – 1883) amènent ces argumentations qui s’opposent déjà à l’époque aux versions libérales et dominantes qui ont contribuées à la formation de l’État. Pour Kant, afin de penser le monde, l’espace politique doit s’orienter à l’individu et l’humanité entière. Hegel postule que l’État est l’instrument de la raison pure, tout le devenir est expliqué et est justifié par l’État futur. Pour Marx, la fin de l’histoire c’est l’homme enfin réalisé, le prolétariat est l’instrument de la dernière phase de l’histoire.

L’État et la société[edit | edit source]

Le contrat social se focalise sur la relation entre l’État et la société. C’est un élément crucial qui se retrouve régulièrement à savoir les manières de l’État d’entrer en relation avec la société, de concevoir la séparation ou l’unité de la société et de l’État, les influences réciproques de l’État et de la société et les manières dont les sociétés s’inscrivent dans l’État dans le cadre de perspectives spatiales.

Pour Ratzel dans Géographie politique publié en 1897, l’État est le peuple sont une unité faisant référence à Hegel pour qui l’État est une réalisation de l’esprit manifesté dans la population. Dans The Nature of Geography: A Critical Survey of Current Thought in the Light of the Past publié en 1939, Hartshorne refuse la notion ratzélienne de l’État comme organisme, mais accepte sa définition de l’État comme sélection de terres et une sélection de l’humanité organisée comme unité singulière. Harvey publie Monument and Myth en 1979. Pour lui, l’État fait partie de la société et est intégrale pour le fonctionnement des sociétés capitalistes. Dans Du Gouvernement des vivants publié en 1979, Foucault aborde la gouvernementalité avec le fait que l’État commence à s’intéresser à la « population » au XXème siècle au dehors de la survie de l’État, « l’art de gouvernement » devient « science politique », l’approvisionnement des biens publics nécessite des nouvelles ressources et connaissances. Jessop publie en 2002 Liberalism, Neoliberalism, and Urban Governance: A State–Theoretical Perspective. Il refuse la réification de l’État en mettant l’accent sur la nature relationnelle et processuelle de la formation de l’État.

Haute politique, basse politique[edit | edit source]

Haute politique et basse politique 1.jpg

La haute politique concerne la politique de guerre, de paix, de diplomatie, tout ce qui concerne l’existence de l’État, les préoccupations primaires des États. Cette garde résume les dépenses militaires en pourcentage du PIB.

La basse politique concerne la politique, les transports, les dépenses de santé, l’éducation, les prestations sociales notamment qui émergent dans le contexte d’une transformation de la relation entre État et société. Pour Foucault, les États commencent à mieux comprendre les sociétés pour mieux les contrôler renvoie au concept de basse politique.

L’indicateur de gauche représente les dépenses en santé par habitant. L’indicateur de droite représente les dépenses par personne liées à l’éducation supérieure.

On constate une tendance générale de transition vers les politiques basses. Le type d’État qui émerge à la fin du XIXème et à la fin du XXème siècle est un État qui va investir plus dans les politiques basses. Cela ne veut pas dire que la haute politique disparaît. En général la tendance est que les investissements des États se concentrent sur la basse politique. On parle généralement de l’émergence de l‘État providence.

L’État-providence et sa géographie[edit | edit source]

Qu’est-ce que c’est un État providence ?[edit | edit source]

L’État providence est un système d’unités administratives fournissant des services de santé, éducation ou un type d’État qui est un concept unifiant qui émerge après l’évolution fragmenté de services. On utilise le concept d’État providence pour décrire des États d’origine libérale. Le système de l’État providence est un compromis politique dans le cadre d’une radicalisation de la société afin de réduire l’attrait à des solutions plus radicales. C’est un compromis politique qui sert comme force opposé au communisme.

Le développement de l’État providence se fait en Europe à partir des 1890 jusqu’aux années 1920 à travers des systèmes de sécurité sociale en cas de blessures industriels, d’incapacité à travailler, ou encore la mise en place de pensions de retraite. Au États-Unis, l’État providence se manifeste à la fin du XIXème siècle et au début du XXème et avec la mise en place du « New Deal » dans les années 1930 suite à la Grande Dépression.

John Maynard Keynes : 1883 – 1946[edit | edit source]

Le concept d’État providence est devenu synonyme du keynésianisme. Il prône une plus grande implication de l’État dans l’économie. Keynes publie en 1936 The General Theory of Employment, Interest and Money qui postule que le gouvernement peut influencer la demande des produits et services ce qui affecte le taux d’emploi. Pendant une récession, le gouvernement doit stimuler la demande en réduisant les impôts ou en augmentant les dépenses publiques. La dette se rembourse quand l’économie se rétablit. Les paiements de sécurité sociale assurent un minimum de consommation économique afin de prévenir qu’une récession devient une dépression. Le keynésianisme obtient ses meilleurs résultats lorsque les économies nationales sont relativement indépendantes. Pendant les années 1970 à et 1980, les États keynésiens vont commencer à rencontrer des problèmes.

On trouve plusieurs types d’État providence avec des variations libérales comme aux États-Unis et au Canada, conservateur-corporatistes comme en Allemagne, en France, en Grande-Bretagne ou encore en Italie et sociale-démocrate dans les pays scandinaves.

La géographie des services publics[edit | edit source]

Il y a toute une réflexion géographique derrière l’émergence de l’État providence avec un fort engagement politique de l’universalisme géographique qui vise à assurer l’accès aux services devant être garanti indépendamment du lieu de résidence. Toutes les politiques basses impliquent une forte dimension spatiale. En pratique, les inégalités sont fréquentes. Avec le concept de « justice territoriale » impliquant une forte dimension spatiale, on vise à analyser la localisation des services publics comme les universités, les hôpitaux
ou encore les réseaux transports publics.

Crise et mutations[edit | edit source]

Claval met en évidence un certain nombre d’éléments qui mènent à la crise de l’État providence. Le niveau des prélèvements effectués par le système politique après la guerre était rendu possible par une configuration économique favorable aux pays industrialisés. Il y a toute une série d’éléments et de structures internationales comme le système de Bretton Woods qui a permis la mise en place du système de l’État providence.

Pour Claval, la crise de l’État provient des bouleversements de l’économie mondiale et de la perte de souveraineté par le haut, par le bas à travers la décentralisation et la déconcentration et par le latéral avec les entreprises multinationales et plurinationales ainsi qu’avec les organisations non gouvernementales.

Ce qui reste à l’État, c’est la surveillance postulant que « l’évolution contemporaine conduit à dépouiller les systèmes étatiques de la quasi-totalité de leurs prérogatives. Ils n’en gardent qu’une : le pouvoir de coercition ». Ainsi, « ce qui est remis en cause aujourd’hui c’est une conception de la politique insensible aux difficultés et aux souffrances d’aujourd’hui ». Par conséquent, l’autorité n’est accordée que pour des mandats très courts et doit être renégociée en permanence, selon le principe de la bonne gouvernance, avec les divers groupes sur le territoire. L’autorité de l’État de faire appliquer la loi est révocable, la loi devient de nature provisoire : « L’État-nation est mort ».

De nouveaux problèmes de gestion de territoire émergent. La crise de l’État providence se base sur une décentralisation avec un besoin de maintenir une cohérence nationale et une concurrence entres entités territoriales. On constate aussi une compétition économique qui s’intensifie avec des implications spatiales notamment des distributions spatiales de plus en plus marquées comme par exemple avec l’émergence des pôles de croissance autour des métropoles. Cette crise se caractérise aussi par le concept de « Not in my backyard » ayant pour enjeu la localisation d’usines d’incinération, dépôts de déchets, parcs, réserves, centres nucléaires, etc. ce sont des défis qui posent des problèmes pour l’État providence.

Pour Claval, « la disparition de l’État n’est pas envisageable ». La question se situe au niveau de la transformation de l’État. L’État providence n’a pas disparu, mais il a été restructuré sur des fondements néolibéraux. Ce qui a changé est la façon dans laquelle les budgets pour les services publics sont accordés et la nature de la prestation de service. L’État devient plus interventionniste ciblant des groupes particuliers avec une croissance de la conditionnalité. Le workfarisme est le fait que les bénéficiaires doivent « gagner » les prestations par le biais de changements comportementaux.

Résumé[edit | edit source]

L’établissement des États est un processus social complexe, ce n’est pas un développement unilinéaire vers un « État moderne » qui est plus efficace, plus démocratique, ou plus éclairé. Il n’y a pas une théorie de l’État. Le contrat social peut se comprendre comme mythe qui se crée pour délivrer la souveraineté de sa tradition religieuse. Dans la nouvelle organisation politique de l’État souverain, la légitimité vient du peuple. Pour les libéraux, l’État peut déjà assumer la responsabilité de tous les choix ; pour les révolutionnaires, la responsabilité revient aux minorités que sont les intellectuels et le prolétariat. La dimension géographique de la formation des États se manifeste dans la délimitation précise des frontières, l’exclusivité des territoires, la localisation de l’appareil étatique et le développement des outils de surveillance de la population.

L’État providence apparaît en Europe après 1890 et aux États-Unis après la Grande Dépression. Il vise la provision des services en éducation, santé, logement, etc. avec une perspective géographique universaliste. Bien que ses formes varient, l’État providence ne se trouve que dans les pays les plus riches. L’État providence commence à souffrir à partir des années 1970 avec les bouleversements de l’économie mondiale
menant à une perte de souveraineté par le haut, par le bas et par le latéral. Ce modèle souffre de contradictions internes : ses activités menacent les apports qui sont essentiels pour sa survie ; les processus administratifs deviennent trop complexes. L’État providence se transforme vers le workfarisme qui est le fait que l’individu devient responsable pour son bien-être, les prestations sont soumises à des conditionnalités.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]