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La politique urbaine

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Nous allons voir ce que sont les politiques urbaines, la façon dont elles ont été mise en œuvre et comment elles ont mutées afin de répondre aux demandes et aux besoins qui changent. Aujourd’hui, un peu de plus de 50% de la population mondiale habite dans les villes. D’un point de vue descriptif, Genève est une ville de taille moyenne qui a gardé ses équilibres toute proportion gardée avec son environnement naturel, et Los Angeles avec le L.A. River qui a été complètement bétonné fait qu’il ne reste de la rivière de Los Angeles qu’un canal d’eaux usées qui étant emblématique de la plupart de ces villes en rupture avec leur environnement naturel. Quelles sont les politiques urbaines ? Qui est-ce qui est gouverné ? Qu’est-ce qui est gouverné ? Quel est l’espace urbain ?

NASA.

En temps réel, on voit une représentation d’une partie de la planète avec quelques éléments très frappants. Les concentrations lumineuses correspondent à des régions urbanisées de façon importante. Les moyens sont tels que les possibilités d’éclairage ne sont pas représentatives du développement global. Autant pour les zones qui sont le long des côtes que pour le nord de l’Inde, il y a un développement urbain qui s’est accéléré sur tout le siècle passé à proximité immédiate des écosystèmes importants. On peut être interpellé sur la proximité de zones étendues à côté d’écosystèmes très fragiles que sont par exemple les montages et les mers.

L’estimation de l’ONU propose une projection de 5 milliards d’urbains en 2025. Les villes de 8 millions et plus seront les normes. Déjà en 2015, 33 villes à travers le monde avaient atteint une population de 8 millions et plus. Les villes et les métropoles continuent à attirer la population, encourager une immigration urbaine parce qu’elles concentrent les facilités économique, culturelle, mais également les ressources qui sont naturelles et financières. Il y a aussi dans ce contexte un renversement des tendances d’agglomération. Il y a une fragmentation de l’ensemble du territoire. Entre Genève et Lausanne, il y a des zones presque périurbaines si on prend l’ensemble de cette grande agglomération future, mais en pleine campagne. Il y a une fragmentation territoriale qui rend complètement obsolète les classifications qu’on avait jusqu’à présent. Les tendances ont changé, les définitions deviennent de plus en plus floues et correspondent de moins en moins aux réalités territoriales.

Le XXIème siècle soulève la question de savoir s’il sera la fin des proximités. C’est une tendance que tout urbaniste aujourd’hui doit intégrer dans sa vision de la ville et tout décideur responsable de la ville qui est la nécessité absolue de la proximité du lieu de travail tout simplement en raison de l’empreinte écologique des villes et la manière dont sont utilisées les ressources. Il y a la volonté d’intégrer de nouveaux concepts d’urbanisation, de nouvelles politiques urbaines dans la conception de la ville et du fait urbain.

En deux siècles, on passe d’une vision très disparate des zones urbaines aux mégalopoles. En 1961 dans Megalopolis : The urbanized Northeaster Seaboard of the united States, John Gottman a commencé à qualifier ces zones urbanisées de « Megalopolis ». On ne peut plus parler véritablement d’une ville, c’est un espace énorme qui est urbanisé. L’origine des mégalopoles est une vision plus politique qu’une réalité territoriale qui datait de 370 avant Jésus Christ au moment de la paix de Péloponnèse. En rejoignant les forces des cités, il est possible de développer une masse critique et une puissance sur le plan militaire qui pouvait développer une puissance au contraire des cités isolées.

Qu’est-ce que la ville aujourd’hui[edit | edit source]

Il faut comprendre quel est l’objet de la politique urbaine. La ville est une représentation d’une pensée connective, une association à la formation ou à l’expression d’une civilisation. Shanghai est devenu par excellence la métropole du XXIème siècle de par sa densité avec la population, de par son échelle, de par sa forme urbaine avec les immeubles et de par sa spécialisation économique. De Machu Picchu en passant par Rome, la ville d’aujourd’hui nécessite et demande des politiques différentes. La mutation qui fait de Shanghai l’exemple parfait de la zone urbaine du XXIème siècle fait que les villes continuent comme par le passé à être le lieu de développement de sociétés humaines, accélère les échanges entre être humain, mais également l’innovation. Ces mêmes villes sont de plus en plus des lieux de production d’inégalité, de pauvreté et de dégradation de l’environnement. Malgré ces éléments négatifs, les villes constituent à se développer.

Il y a deux éléments à prendre en compte :

  • Le concept de centralité : un élément majeur est toujours d’actualité est la question de centralité sans laquelle la ville ne peut pas exister. Dans le concept de centralité, il y a quelques éléments importants qui est le lieu de culte commun et permanent, le lieu du marché, la concentration des organes de décision comme les mairies et les municipalités comme lieu de conception de la ville et de gestion d’une société. Genève comme toutes les autres villes devient polycentrique. C’est une particularité à intégrer dans les politiques urbaines qui est la mutation de l’espace urbaine dans le sens d’une morphologie.
  • L’apparition et le développement des villes supposent des conditions précises : jusqu’à présent, il fallait que la ville soit à proximité d’une zone agricole. Il y a beaucoup d’exemples dans l’histoire de la civilisation urbaine de villes qui ont été conçues et rêvées par le fait d’un prince et qui n’ont pas survécu. L’exemple de l’île de Pâques est assez révélateur de la tension entre le développement de la ville et l’extraction de ressources issues de l’environnement.

L’économie urbaine est essentiellement basée sur la spécialisation économique d’une ville et la façon dont cette spécialisation peut croitre selon une nouvelle division du travail. Genève est une ville globale et mondiale en termes de gouvernance globale avec des centres de décisions très importants permettant à la ville de se développer et de s’accroitre.

La ville n’est pas une création isolée, elle est en relation avec l’espace qui l’environne selon des dispositions morphologiques. Certaines villes se développent selon une pensée ou un mode de vie très particulier. La ville de Salt Lake City date de fin du XIXème siècle dans l’État d’Utah et fut pensé en vue de devenir la capitale des Mormons. La ville est le lieu à partir duquel s’établit le contrôle du territoire. La ville, ne se réduit pas à des objets urbains, elle regroupe une population avec une composition démographique, sociale et ethnique.

De la ville à la politique urbaine[edit | edit source]

La ville exerce des fonctions politiques et administratives qui vont dans le sens de l’encadrement territorial, c’est le lieu d’échange et de centralité et le lieu de diffusion des idées, d’expression et de luttes. C’est un lieu qui encourage une certaine croissance sans fin si on n’intègre pas l’ensemble de ces éléments dans les politiques urbaines.

Sur la base de la fonctionnalité de la ville, on peut définir la politique urbaine :

  • garantir les possibilités des régulations en lien avec ses fonctions notamment le choix de l’autorité publique dans le cadre de ces fonctions ;
  • la ville laisse la place à l’expression des organisations formelles et informelles ;
  • elle doit faciliter la réponse face aux changements et la nécessité d’intervention rapide.

La Cité et l’État : scène et acteur des politiques urbaines[edit | edit source]

La question soulevée est celle du pouvoir décisionnel et d’intervention. Si on a un État fort, une municipalité est faible, l’acteur principal dans cette configuration est l’État. D’autres configurations font que la municipalité représente une place importante dans la prise de décisions. Le pouvoir décisionnel et d’intervention font des Cités et des États les acteurs principaux de la décision.

D’après Tribillon, les conditions externes de l’intervention urbaine dépendent de :

  • la vitesse d’urbanisation : à partir d’une vitesse d’urbanisation et d’une « quantité démographique », à savoir l’accession à la ville soit par la migration soit par la naissance, toute politique urbaine devient impraticable si elle n’est pas repensée.
  • coûts d’urbanisation et ressources disponibles : ce sont les coûts d’urbanisation très élevés et les ressources insuffisantes qui sont coûts principalement supportés par la population. Si le coût d’urbanisation n’est pas reparti à l’ensemble du territoire, cela va engendrer des problèmes d’équité et d’égalité.
  • puissance de l’État et collectivité publique : peut instaurer un urbanisme réformiste. En absence d’une puissance publique forte, la ville légale bourgeoise se soustrait de la population démunie.

Afin de déterminer qui est en charge de la politique urbaine, il y a deux points majeurs. Appréhender les politiques urbaines c’est comprendre les rapports entre les groupes sociaux et la transformation du rôle des acteurs de gouvernance urbaine :

  • le contrôle sociale : positionnement idéologique d’une ville à une autre et le positionnement socioéconomique ;
  • la gouvernance urbaine doit également intégrer le rôle de l’État en matière d’approvisionnement des services publics : approvisionnement des services publics notamment à travers l’État providence, c’est aussi la promotion économique en dehors des prérogatives traditionnelles comme les entreprises privées qui prennent des risques.

Le contrôle – contrat social[edit | edit source]

L’ensemble de ces éléments font de la collectivité locale au même titre que l’État les acteurs majeurs de la gouvernance urbaine. La politique urbaine tient de deux pôles extrêmes.

Géopo politique urbaine contrôle social 1.png

Les dynamiques entre différents groupes et le contrôle social sont le résultat de compromis entre l’État et la ville. Pour les marxistes, les politiques urbaines renforcent le rôle de la ville lieu de revendications et de lutte des classes tandis que pour les fonctionnalistes, les politiques urbaines sont un instrument d’amélioration de la ville. Ces deux lectures différentes participent aux négociations qui existent entre les acteurs que sont l’État et les collectivités.

La gouvernance urbaine[edit | edit source]

L’État peut gouverner une ville par décret en confiant des compétences d’administration territoriale, en le dotant d’un plan de développement, en lançant des programmes d’embellissement et de rénovations urbaines.

Dans la dichotomie entre État et collectivité urbaine, la politique urbaine peut être décrétée, mais cela trouve difficilement le support des groupes sociaux pour prendre le relais engendrant une crise de légitimité. La politique urbaine ne crise prise de vitesse par la mondialisation soulève de question de rapport à l’espace, à la nature ou encore au travail qui ont évolué. La crise économique avec l’arrivée de nouveaux acteurs économiques et le paradigme de l’intérêt général sont intégrés à la politique urbaine tout comme la prise de conscience écologique avec la mobilisation de l’ensemble des acteurs locaux et l’émergence de nouvelles idéologies urbaines. L’État va intervenir de plus en plus afin de réguler la globalisation et subvenir aux besoins de sa population. La collectivité locale se développe comme un garant de l’équilibre entre l’État providence et la globalisation.

De la ville sanitaire du XIXème siècle à la ville durable du XIXème siècle[edit | edit source]

Les villes sont les principaux foyers de développement et d’agrégation de vie et les principaux foyers de dégradation de l’environnement. La dégradation environnementale motive de plus en plus le politique qui vont dans le sens de protection de l’environnement et la promotion de certains comportements.

Le débat de la ville hygiéniste du XIXème siècle devait résoudre et régler le problème de salubrité et de santé publique. La croissance urbaine qui a suivi la Révolution industrielle a demandé une relecture de la ville qui était la ville hygiéniste afin de se servir des moyens et des technologies à disposition afin d’assainir la ville. On a vu une nouvelle vision de la ville qui s’éloignait de la ville comme foyer de dégradation et d’insalubrité. C’est un concept de réinventer la ville en injectant à petite dose l’environnement naturel. C’est une vision idyllique de la ville où la nature peut être réimplantée dans la ville afin de répondre au problème de salubrité et rendre la ville plus saine. La question de l’environnement naturel était accompagnée d’une série d’autres mesures comme l’assainissement des eaux usées. Le symbole même de cette transition a été le parc urbain et un discours autour de la ville hygiéniste. La ville du XXème siècle avec Olmsted a fait du parc urbain le lieu d’implantation d’un paysage qui était très éloigné de la ville qui est l’espace vert. C’est tout un effort de transformer la ville de façon à se sentir en pleine campagne. La conception de la nature en ville a été le déclencheur d’une nouvelle vision de la ville pas seulement comme toute sorte de problèmes, mais source de bien-être. Cela a du être réintégré dans une nouvelle lecture de la ville. Aujourd’hui, le discours qui tient à ces espaces verts n’est plus d’actualité. Les réformateurs sociaux étaient préoccupés par les quartiers défavorisés et la nature devient comme un antidote aux méfaits de la ville. La standardisation des parcs urbains fait que ce sont des lieux de récréation sécurité et débarras des méfaits de la nature.

La réalité de la ville est la proximité immédiate des zones de production de dégradation environnementale. Cette proximité fait de cette vision de la nature une vision complètement obsolète et dépassée. La question est de savoir comment intégrer la nature dans la ville à travers des politiques urbaines. Les villes, une fois réaménagées avec les politiques adaptées peuvent avoir un impact positif sur l’environnement naturel. Il y a le besoin d’une gestion nouvelle des villes et d’intégrer de nouvelles connaissances urbaines.

La nouvelle nature urbaine engendre un débat sur l’environnement et sur les villes en tant qu’environnements. D’autre part, la ville est un foyer de dégradation à cause du changement climatique et de pollution diverses mais des réaménagements peuvent jouer un rôle positif. La nature urbaine contribue à la qualité environnementale et la nature urbaine est importante pour le bien être de la population, de l’économie et de l’équité dans la ville. L’économie verte est la promotion de politiques durables et des énergies renouvelables encourageant la transition des énergies fossiles vers les énergies renouvelables.

Nouvelles politiques urbaines pour les transitions urbaines ?[edit | edit source]

Mutations urbaines[edit | edit source]

On parle de plus en plus de transition urbaine. Le concept de ville en transition est la somme d’initiatives locales à atténuer les effets d’une future crise liée aux pressions environnementales, de consommation et de mode de consommation. Les politiques urbaines ne peuvent en aucune manière modifier la ville, mais elles peuvent intégrer des éléments de transition urbaine. Cela peut est des changements en profondeur avec des mesures citoyennes pour adopter un modèle de « vivre en ville » durable qui concerne toutes les dimensions de la ville. De l’état des villes d’aujourd’hui à ce qu’elles vont être passe par une transition avec des incitations et des taxes. Il ne va pas y avoir un changement radical, mais on s’engage dans une ville en transition.

La ville d’aujourd’hui résulte de l’intégration d’un système viaire sur des grilles fondatrices qui font de la ville d’aujourd’hui des villes très complexes.

Autopia, E-topia, Utopia[edit | edit source]

Autopia et l’Environnement[edit | edit source]

Les réseaux autoroutiers entrainent de la pollution, de l’encombrement et doivent faire face aux lois sur l’air. D’autre part, la mobilité vient se placer au centre des préoccupations des villes, par exemple, aux États-Unis, cela représente 94% des déplacements. Certaines autorités locales préconisent un sage croissant de l’internet et des actions sur le coût du transport avec une individualisation des coûts de trajet et des péages urbains. Internet économie influencerait le nombre des trajets, mais le e-commerce passe par un redéploiement massif sur le territoire maxi-dépôts-minicentres de distribution.

E-topia et transformations de l’espace physique[edit | edit source]

Publié en 1999, Etopia de James Mitchell montre comment internet transforme l’urbain. La révolution industrielle a forcé à la séparation du travail et du domicile tandis que la révolution digitale va les rassembler de nouveau. Les principes de strategic planning doivent être revus a l’échelle de la ville faisant que le lieu de travail et l’habitation ne doivent plus être séparés. Il faut encourager la mixité. Le e-commerce à petite échelle est une interface online qui devient la façade du magasin, mais aussi l’arrière-boutique déplaçable et anonyme, et à grande échelle, le e-commerce défie la grande distribution avec une gestion plus économe des ressources et du sol menant à un réaménagement du territoire.

Utopia[edit | edit source]

C’est un urbanisme fondé sur le transport en commun. La mobilité virtuelle est un renforcement du prestige du lieu et de la proximité. L’avenir est celui de New Urbanism soit le Transit oriented development (TOD). C’est une urbanisation qui suscite la baisse du trafic automobile et l’utilisation des transports en commun entre TOD. Ailleurs, un mouvement de récupération valorise le centre. Se produisent des changements démographiques et sociaux avec un plus grand attrait du centre au détriment des périphéries.

Mobilité et urbanisme durable[edit | edit source]

Mobilité[edit | edit source]

On distingue deux hypothèses avec la mobilité virtuelle comme renforcement du prestige du lieu et de la proximité et la mobilité au centre de la préoccupation de la ville durable notamment avec l’explosion des mobilités qui teste les limites écologiques de la ville moderne.

Les déplacements en ville à l’origine de multiples dysfonctionnements du système urbain avec de la pollution, du bruit, de la congestion, de l’insécurité routière, du civisme. Tout projet urbain dans le sens de durabilité doit être inscrit dans le développement équilibré et prudent des fonctions urbaines en harmonie avec l’environnement (naturel).

Les territoires de transports collectifs[edit | edit source]

L’extension du réseau de transport collectif et une priorité au transport intermodal formant la colonne vertébrale des politiques publiques de TU. La mutation du marché de transports collectifs se place dans la logique de l’offre qui remplace la logique de la demande. Le TU n’est plus cantonné dans le secteur des mobilités, mais devient aussi instrument de cohésion territoriale et sociale

De la ville mobile à la ville durable[edit | edit source]

Les problèmes liés à la mobilité spatiale en tenant compte des phénomènes d’exclusion écologique, économique et des générations futures est l’objet de recherche en matière de politique urbaine.

Conclusion[edit | edit source]

L’idée de la ville intelligente est de nouveaux modes de régulation urbaine fondés sur l’apprentissage collectif, la participation et la concertation publiques et privées. Les nouveaux politiques urbains visent la transformation des territoires citadins par les mobilités, la globalisation économique et phénomène de métropolisation.

La nouvelle réflexion des politiques urbaines s’oriente vers une maîtrise et une limitation de la mobilité quotidienne comme inverser la relation entre niveau de développement et niveau de mobilité, arrêter de tendance d’allongement des distances de déplacement ou encore discuter de la prééminence de la croissance économique sur la logique de durabilité écologique en intégrant le coût de non-action.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]