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Fonctionnalisme et Systémisme

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Le Fonctionnalisme[modifier | modifier le wikicode]

Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : « c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie »[1].

Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.

La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.

On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ».

Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.

Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu[modifier | modifier le wikicode]

Bronislaw Malinovski est polonais d’origine étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue.

L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.

Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide,les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.

Phénomène de la kula.png

Il décrit le phénomène de la Kula qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.

C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue.C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.

Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est fabriquée en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.

La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie.

Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.

L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puis qu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.

Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955[modifier | modifier le wikicode]

Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales. Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques.

Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.

Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité.La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.

Ainsi tout processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer . L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :

  • écologique ;
  • institutionnel ;
  • culturel.

Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société.

Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs.

Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.

Talcott Parsons : 1902 - 1979[modifier | modifier le wikicode]

Talcott Parsons.

Parsons est un biologiste qui a soutenu un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie Politics and Social Structure’’ qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie Social Systems and the Evolution of Action Theory et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine Action Theory and the Human Condition.

C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.

Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.

Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :

  1. adaptation : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est allé chercher des ressources et les adapter aux besoins.
  2. poursuite des buts : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.
  3. intégration : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises, c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.
  4. latence : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permette de les résoudre.

Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.

Parson moyen but.png

Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.

Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée[modifier | modifier le wikicode]

Robert King Merton.

Influencé par Durkheim, il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :

  • le rôle des individus

Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.

  • la question de l’anomie et du dysfonctionnement social

Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec.

Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social.

Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons.

L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts.

En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.

Dans Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.

Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :

  • les conflits institutionnels ;
  • la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;
  • l’anomie.

Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroger sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très important, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.

Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.

La théorie systémique[modifier | modifier le wikicode]

Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :

  • système biologique : motivations élémentaires de l’individu ;
  • système de la personnalité : organisation psychique de l’individu ;
  • système social : ensemble des rapports d’interaction ;
  • système culturel : ensemble des valeurs.

Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?

Dans l’approche traditionnelle de l’analyse du politique on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.

Dans l’analyse systémique, l’analyse systémique du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.

Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision et rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite il cherche à définir les processus d’action, commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action.Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien,si le processus ne fonctionne pas il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.

David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques[modifier | modifier le wikicode]

Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.

Dans son ouvrage The Political System publié en 1953 il dit qu’au fond cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais comme étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres.

La vision systémique en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique et mondial. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.

L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.

Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.

Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.

Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :

  1. proposer des critères pour identifier les variables à analyser
  2. établir des relations entre ces variables
  3. expliquer ces relations
  4. élaborer un réseau de généralisation
  5. découvrir de nouveaux phénomènes

Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.

Jean-William Lapierre (1921 - 2007)[modifier | modifier le wikicode]

Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage L’analyse des systèmes politiques publié en 1973.

Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser

Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs.

  • input : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer.
  • output : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.

Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : « -monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution ! »[2]. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire.

Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.

Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité.

Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.

Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.

Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».

Les limites de ces deux approches[modifier | modifier le wikicode]

Limites de l’approche fonctionnaliste[modifier | modifier le wikicode]

C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.

Limites de l’approche systémique[modifier | modifier le wikicode]

Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.

Annexes[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.
  2. Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.