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Crises et réglementations : 1930 – 1945

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Crise des échanges internationaux[edit | edit source]

Evolution des importations 100 = 1926-1929 – Source: Asselain, 1995, p. 175

C’est avec l’effondrement brutal des importations américaines liées à la crise de 1929 annonces le début d’une véritable crise mondiale. Les conséquences sont brutales pour l’économie internationale.

On peut voir qu’en 1903, les importations américaines sont 20 fois inférieures en valeur. Il y a une chute en valeur, mais aussi une chute des prix. On parle d’une économie importante, c’est pourquoi les conséquences sont importantes pour d’autres pays notamment pour ceux qui exportent vers les États-Unis.

Importations étatsuniennes en millions de dollars – Source: Historical Statistics of the United States, Table Ee551-568.

En 1929, Cuba exporte principalement vers les États-Unis en 1929 ; en 1932, ce n’est plus que ¼ du montant de 1929 qui est exporté. Presque toutes les économies du monde sont touchées par ce développement. Le changement en termes d’importation des États-Unis pèse sur l’économie internationale.

Il y a un mécanisme indirect qui est que, si, par exemple, le Japon ne peut plus exporter vers les États-Unis qu’auparavant, il y a moins de devises qui entrent et une diminution de la capacité d’importer des produits. Les pays exportateurs comme le Japon et Cuba cessent d’acheter des marchandises étrangères. En 1928 et 1929, les pays producteurs de matières premières les plus touchés représentent un tiers des importations des industriels. Il y a un multiplicateur négatif qui coûte cher non seulement aux pays qui exportent vers les États-Unis, mais aussi aux pays qui exportent ailleurs dépendent des revenus des pays aux États-Unis.

Échanges internationaux pour de différentes régions [valeur en dollars or] – Source: League of Nations, 1939.

Il y a une crise par le biais du multiplicateur négatif qui touche presque tous les pays du monde. Les États-Unis contribuent également à la diminution des échanges mondiaux par le passage du Smoot-Hawley Tariff Act qui est un tarif inaugurant une surenchère du protectionnisme mondiale c’est-à-dire une vengeance tarifaire d’autres pays. Cela rend une situation difficile encore plus difficile.

Grande Dépression, 1929-1932 – Source: Blum, Cameron, Barnes, The European World, 1970, p. 885

De spécialistes de la Grande dépression parle de cette crise comme la fin de la mondialisation. La réduction du commerce international est tellement importante qu’il est possible de faire une telle affirmation. L’effondrement des échanges internationaux est le multiplicateur négatif déclenchent la première étape d’une crise économique internationale.

Crises financières et bancaires internationales[edit | edit source]

Des vulnérabilités de la crise internationale sont liées à des vulnérabilités financières du système économique de l’époque. Des pays sont pris très tôt entre la valeur de leurs exportations et la valeur élevée de leur dette. Ces pays montrent qu’il y a la possibilité pour une dépendance financière de créer une vulnérabilité aux chocs internationaux. La chute des importations rend la situation plus pénible pour eux, malgré leurs efforts notamment de dévaluer la monnaie, leur situation s’aggrave notamment avec des défauts de paiements qui aggravent la situation. Ils sont déjà frappés par la crise des échanges internationaux, et le fait qu’ils sont dans une situation financière qui est particulièrement vulnérable fait que la situation soit particulièrement pénible.

On voit la même interaction entre crise financière et problèmes économiques plus généralement pour certains pays européens. Suite aux défauts de paiement qui se développent pour les pays exportateurs de matières premières, le marché financier devient de plus en plus inquiet vis-à-vis des défauts de paiement. Cela concerne en particulier l’Autriche, l’Allemagne et la Hongrie où les investisseurs internationaux trouvent différents types de vulnérabilités financières. Ce sont des pays qui sortent de la Première guerre mondiale avec des économies très affaiblies et leur système bancaire est particulièrement affaibli à cause de l’hyperinflation que l’on voit dans les années 1920. Ce système bancaire dépend de plus en plus de la dette étrangère et en particulier de la dette à court terme. La particularité de ces systèmes bancaires est que la dépendance de la dette à court terme va très mal avec une autre caractéristique de leur système bancaire qui est qu’ils font partie de la tradition bancaire universelle conduisant les banques à investir dans l’industrie avec une partie importante de la ressource qui est immobile, c’est-à-dire à prêter à long terme ou à moyen terme. On voit une incohérence grandissante entre leur dette à court terme qui est très volatile et leurs avoirs à long terme qui sont presque immobiles. C’est cette incohérence qui est à l’origine du problème de financement de ces systèmes bancaires dans les années 1930.

Les problèmes commencent avec le Kredit Anstalt qui est la plus grande banque de dépôt autrichienne qui subit une crise en mai 1931. Les prêts du Kredit Anstalt sont de plus en plus liquides. Cette banque dépend de plus en plus de dépôts liquides à court terme. Avec la crise internationale qui se développe, il y a une certaine inquiétude la part des investisseurs internationaux qui commencent à retirer leurs dépôts liquides de cette banque. En mai 1931, Le Kredit Anstalt reconnait des dettes plus grandes que son capital réclame l’aide du gouvernement autrichien. L’intervention du gouvernement n’a pas pour effet de rassurer et les dépôts continuent à être retirés non seulement du Kredit Anstalt, mais aussi des autres banques autrichiennes. L’État fournit massivement des liquidités pour faire augmenter la confiance en la stabilité des banques, mais avec une telle création de liquidité, se pose la question de la convertibilité du shilling. Créant la dévaluation, les déposants transfèrent leur fonds à l’étranger. La fuite de l’épargne fait fondre l’économie du pays. L’Autriche cherche à avoir un prêt international qui arrive, mais qui est trop tardif et trop petit.

Ces prêts sont controversés puisque durant les négociations est révélé que l’Autriche et l’Allemagne sont en train de mettre en place une union douanière que la France dénonce comme une violation du traité de Versailles. Finalement, il est nécessaire d’établir un contrôle des changes mis en place d’abord informellement par les banques autrichiennes puis formellement fin septembre.

La crise passe de l’Autriche à la Hongrie parce que la Kredit Anstalt contrôle la plus grande banque hongroise. Avec l’Allemagne, le lien avec la crise bancaire est moins clair. La question qui se pose à l’époque est de savoir si les investisseurs étrangers sont capables de distinguer allemands et autrichiens parce qu’on ne comprend pas pourquoi il y a un éclatement de cette crise. Il y a les mêmes vulnérabilités structurelles du système bancaire expliquant peut-être l’origine de la crise et les problèmes de la situation financière.

La communauté internationale essaie d’agir pour éviter le pire et le président Hoover lance un 1931 un moratoire menant à une suspension temporaire du paiement des réparations de l’Allemagne à la France. Toutefois, la solution arrive trop tard. La faillite d’une entreprise textile cliente de la Nadnat Bank précipite la crise en Allemagne. Cependant, on voit une séquence banale qui mène à la fin l’Allemagne à imposer le contrôle des changes. C’est la forte dépendance de la dette à court terme qui est la caractéristique la plus importante que l’Allemagne partage avec l’Autriche et la Hongrie. C’est cette caractéristique qui rend ces systèmes vulnérables et les trois pays vulnérables. En Allemagne, un contrôle des changes est établi, mais il y a une nuance à apporter. Avec l’établissement du contrôle des changes, l’Allemagne n’est plus contrainte. Pourtant, Brüning continu à suivre la mentalité de l’étalon-or en suivant une politique déflationniste forte parce qu’il y a une peur de l’inflation galopante. C’est une peur qui ne touche pas seulement Brüning, mais aussi Hitler. Brüning est prêt à laisser aller la politique déflationniste qui développe une crise économique profonde avec une augmentation du chômage participe à la prise du chômage par Hitler.

La volonté des élites politiques européennes en Europe est de continuer sous la discipline de l’étalon-or. Ces trois crises bancaires vont être suivies par un déplacement de la crise vers Londres. Les grandes banques britanniques de dépôts n’en sont pas menacées. Les banques menacées sont les banques d’affaires. Le problème principal est le rôle important en finançant le commerce international et le commerce allemand parce que les paiements de leurs dettes sont gelés. Il n’est pas possible de rembourser les dettes aux banques d’investissements à Londres, mais on arrive un accord avec certains paiements en devise pour les intérêts, mais que leur principal reste gelé. Cette négociation et cet accord font qu’on ne peut pas vraiment parler d’une crise bancaire en Grande-Bretagne. Toutefois, en Grande-Bretagne, on voit une crise monétaire. Le livre reste vulnérable en 1931. Il y a une surévaluation de la livre signifiant qu’il y a des problèmes pour la balance commerciale du pays faisant qu’il est beaucoup plus difficile pour la Grande-Bretagne d’exporter des produits et des services. Avec la diminution des échanges internationaux, cela pèse même plus lourd sur la balance des transactions courantes de la Grande-Bretagne. De plus en plus, les investisseurs internationaux considèrent qu’il est difficile pour la Grande-Bretagne de maintenir la parité de sa monnaie. Il y a aussi le problème du niveau d’activité économique en Grande-Bretagne qui est trop bas notamment à cause de la dépression déflationniste. Les investisseurs s’attendent à que quelque chose se passe avec le développement d’une crise sociopolitique. Des pertes d’or commencent et en septembre 1931. Le gouvernement de la Grande-Bretagne suspend la convertibilité en or de la livre. Il devient de plus en plus difficile de sauver la valeur de la livre.

Avec les États-Unis il y a une bataille entre la banque centrale est les investissements pour garder l’étalon-or, mais les pressions sur le dollar sont trop élevées. L’une des premières actions de Roosevelt élu président est de suspendre la convertibilité du dollar. Il y a d’autres pays qui continent à garder la convertibilité de la monnaie en or jusqu’à plus 1936 comme pour la France. On voit l’éclatement du système monétaire international avec la décision de la Grande-Bretagne et des États-Unis de quitter l’étalon-or.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]