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Monnaie, finance et l'économie mondiale : 1974 – 2000

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Nouveau régime monétaire[edit | edit source]

En décembre 1971 sont les accords du Smithsonian à Washington conclu par le groupe des dix consacrant la dévaluation du dollar. Une once d’or passe de 35 dollars à 38 dollars. On voit un retour à la fixité autour du dollar avec des marges de fluctuation élargies à 2,25%. On voit une réinstallation du système, mais dans des conditions différentes. La position extérieure des États-Unis se dégrade toujours, les créances en dollar continuent. En 1972, une nouvelle vague de spéculation mène à une dévaluation du dollar de 10% menant à l’émergence d’un nouveau système monétaire international.

1973 est une date importante dans l’histoire monétaire parce qu’il y a un changement de système et une véritable plongée vers l’inconnu. Jusqu’à là, l’objet de la politique monétaire internationale est de fixer des taux de change sauf dans des périodes limitées comme les guerres, les périodes de reconstruction ou de dépression. En 1973, lorsque la décision de laisser flotter le taux de change est prise, la politique monétaire s’émancipe, mais on voit certaines hésitations à l’égard de cette décision. Suite à l’échec du Smithsonian, des décisions sont prises sans pour autant trouver une solution au système mondial. On parle de grands pays pour lesquels les transactions internationales jouent un rôle limité. Pour les États-Unis, l’incertitude liée au flottement est tolérable. Pour des économies plus petites ou plus ouvertes vers l’extérieur, le taux de change flottant est dérangeant. Les économies européennes exportent 25% de leur pays, et le taux de change flottant n’est pas une bonne idée. Il en va de même pour des pays en développement qui s’inquiètent du taux de change flottant pour la stabilité de leur économie. Les européens cherchent une solution régionale.

Les pays de la Communauté économique européenne réalisent près de 50% de leur commerce international là l’intérieur de leur zone. Ils ont intérêt à maintenir une stabilité entre leurs monnaies respectives. Les économies européennes cherchent à créer des conditions monétaires stables afin de promouvoir les conditions d’un commerce intraeuropéen. Le serpent monétaire dure de 1972 à 1978 ensuite le système monétaire européens de 1978 jusqu’à la création l’Union européenne. C’est une volonté qu’on voit tout de suite après la fin du système de Bretton Woods. Pour les autres pays qui ont moins de capacités institutionnelles que les européens, ils s’adaptent au système comme ils peuvent. Beaucoup de pays en voie de développement cherchent à maintenir un taux de change fixe par rapport à leurs plus importants partenaires commerciaux.

Avec l’arrivée du nouveau régime de taux de change flottant, il y a tendance à croire que ce changement de système va de pair à une libéralisation des flux de capitaux internationaux. Il y a de bonnes raisons, dans une perspective logique, de penser ainsi, car les taux de change flottant permettent de libéraliser les échanges de flux de capitaux sans transgresser le trilemme de Mundell. Avec la transition au taux de change flottant, certains pays du monde et surtout des pays qui prétendent rivaliser pour la domination du marché financier international libéralisent leurs transactions internationales en capital. Les changements les plus importants se produisent aux États-Unis qui essaient de regagner du terrain suite à la suppression du contrôle des capitaux et s’engagent à la libéralisation du secteur financier. Pour d’autres pays, on voit un « va-et-vient » pendant les années 1970 en ce qui concerne même les contrôles de flux de capitaux sans parler de la libéralisation de leur secteur financier.

L’Allemagne libéralise les contrôles sur les flux de capitaux, mais ces contrôles se durcissent encore à la fin des années 1970 face à la faiblesse de la valeur du dollar et face à la puissance du mark. C’est un résultat que les allemands cherchent à limiter étant donné l’implication d’une monnaie forte pour ses exportateurs. Les allemands ne s’intéressent pas à avoir une réserve de monnaie officielle en dollar puisqu’ils veulent avoir une monnaie pas trop chère afin de vendre ses produits à l’étranger. Il y a toujours ce conflit dans les pays qui dépendent beaucoup des exportations et ne veulent pas avoir une monnaie qui coûte trop cher. Les allemands et les suisses imposent un contrôle et une restriction sur l’arrivée des capitaux. Les suisses imposent même un coût aux investisseurs étrangers pour mettre leurs investissements en Suisse. On ne constate pas une libéralisation financière tout de suite pendant les années 1970 en termes de déréglementation des règles qui pèse sur les systèmes financiers du monde. Même pour la France et l’Italie, on constate une hésitation par rapport à la libéralisation, mais aussi en Grande-Bretagne avant l’arrivée des conservateurs ne 1979.

La plupart des pays développés hormis les États-Unis n’ont pas démantelé leur protection en termes de flux de capitaux avant les années 1980. C’est à partir des années 1980 que s’effectue une libéralisation pour les pays européens avec l’Acte unique européen de 1986. C’est surtout dans les années 1990 qu’on voit une libéralisation profonde des flux de capitaux.

Recyclage des pétrodollars : 1973 – 1982[edit | edit source]

Comment est-il possible de ne pas voir une diminution des règlementations de la finance et d’avoir une intégration financière ? L’intégration financière mondiale et liée à l’essor des marchés de l’eurodollar. Ces marchés existent hors des marchés nationaux. La libéralisation des euromarchés est provoquée par le recyclage des eurodollars suite à la décision des pays de l’OPEP en 1973 de doubler le prix du pétrole et encore le doubler une nouvelle fois dans les mois qui suivent. Cela veut dire que le revenu des pays exportateurs de pétrole passe de 24 milliards de dollars avant le choc pétrolier à 117 milliards de dollars. Les pays exportateurs accumulent des dépôts à terme en eurodollar qu’on appelle les pétrodollars. Des banques internationales détiennent ces dépôts et cherchent des possibilités afin de recycler ces pétrodollars. Les pays en voie de développement s’entendent pour financer leur déficit qui augmente à cause de la hausse des pays pétroliers et les banques qui détiennent les pétrodollars prêtent à ces pays en voie de développement pour financer leurs investissements. On voit le recyclage des pétrodollars qui arrive aux pays exportateurs de pétrole, qui sont mis à Londres et ensuite qui sont exportés aux pays en voie de développement pour payer leur déficit causé par l‘augmentation du prix du pétrole.

L’augmentation de la dette des pays en développement dans les années 1970 explose. Au début des années 1980, les taux d’intérêt au niveau international commencent à augmenter à cause des efforts des pays libéralisés de contrôler leur taux d’inflation poussé vers le haut par l’augmentation des prix du pétrole. Les pays en voie de développement ont déjà une dette extérieure importante qui coûte beaucoup plus cher. On voit qu’avec l’augmentation du taux d’intérêt aux États-Unis et en Grande-Bretagne, il y a une grande récession provoquée dans ces pays industrialisés parce que la décision de faire augmenter le taux d’intérêt et une décision déflationniste. On voit une récession provoquée qui fait tomber les exportations des pays en voie de développement qui exportent leurs produits aux États-Unis ou en Europe. Les pays en voie de développement font face au coût de la dette et à une diminution de leur revenu étant moins capable de payer leur dette. En 1982, le Mexique provoque un moratoire sur sa dette qui provoque une crise internationale. Il y a un déclenchement de crises qui rappelle la période d’avant les années 1930. Face à ce moratoire, les banques internationales craignent le non-paiement.

The proportion of countries with banking crises, 1900 - 2008, weighted by their share of world income.png

La période où le système de Bretton Woods est en place est une période remarquable avec presque aucune crise bancaire. Ensuite, le problème des crises reprend avec des crises systémiques importantes dans la période après la chute du système de Bretton Woods.

Face au moratoire du Mexique et d’autres pays en développement, les banques internationales craignent le non-paiement de leurs prêts et refusent de prêter plus. Par exemple, la City bank se retrouve dans une situation délicate à cause de ces dettes. Ce sont surtout des pays débiteurs et en particulier des pays d’Amérique latine qui sont dans la situation la plus terrible.

Crise de la dette des années : 1982 – 1989[edit | edit source]

Le FMI, les États-Unis et le groupe de Paris qui est un groupe informel de créanciers publics s’engagent à rééchelonner la dette des pays en développement pour les aider à payer dans une perspective à plus long terme. Toutefois, le fardeau de la dette augmente et une nouvelle crise est provoquée en 1987. Avec le plan Brady en 1987 est réduite particulièrement la dette des pays en voie en développement. On parle d’une restructuration et d’une réduction de dette achevées à condition que les pays concernés s’engagent à libéraliser leur économie et à ouvrir leurs portes aux flux de capitaux internationaux. Ce n’est pas par hasard que les pays en développement s’engagent à libéraliser leur système financier à la fin des années 1980 puisque c’est une condition afin de réduire leur dette.

Le FMI trouve une deuxième vie dans les années 1980 qui pendant le système de Bretton Woods s’occupe de problèmes de pays industrialisés. On voit cela lorsqu’on voit les prêts octroyés au FMI pendant cette période parce que 2/3 des prêts sont destinés aux pays industrialisés. Dans les années 1980, les États-Unis vont promouvoir avec le FMI des politiques néolibérales. On voit une transformation similaire de la Banque mondiale créée sous le nom de Banque internationale pour la reconstruction et le développement [BIRD]. Au départ, elle est créée pour aider le Japon à reconstruire son économie, mais va passer à une aide aux pays en développement sous condition d’une restructuration des pays concernés. Les flux de capitaux reprennent à la fin des années 1980 et l’intégration financière mondiale reprend un nouvel essor pendant les années 1990.

Intégration financière mondiale : 1990 – 2008[edit | edit source]

Gross international capital movements, per cent of wold GPD.png

On voit une diversification des flux. Il y a une reprise des émissions obligatoires, une montée des investissements directs à l’étranger et une augmentation des émissions des actions. On voit tous les mécanismes pour le développement des flux internationaux de capitaux. Cela en concerne qu’une partie des marchés internationaux parce qu’il faut ajouter le marché des changes qui sont un marché de transactions à court terme.

Opérations financières internationales en milliards de dollars - Source: Cassis, Les Capitales du Capital, p. 353

On voit que le montant des changes est très important et on voit que s’il y a un prix accordé pour l’importance des échanges, cela est aux produits dérivés échangés à l’international pendant cette dernière période constituant une innovation importante de la fin du XXème siècle. Les produits dérivés sont des contrats dont la valeur est dérivée de produits sous-jacents.

« [h]istory confirms that there is something different and disturbing about our age. »

— Bordo, Eichengreen, Klingebiel, and Martinez-Perez, 2000

Quelque chose se passe de nouveau et d’inquiétant. Il y a une tolérance pour les crises financières jusqu’à récemment puisque lorsque les crises financières se regroupent, on les interprète comme des problèmes localisés et comme la faute des pays en voie de développement. Les économistes constatent que ces crises peuvent être résolues sur place avec l’aide du FMI, des banques créditrices et des pays créditeurs. Au long des années 1990, on voit un rôle grandissant du FMI dans les pays en voie de développement touchés par les crises monétaires. Il y a une volonté de la part des pays en voie de développement à contrôler leur propre destin.

Il y a une augmentation importante des réserves pendant cette période.

Crise actuelle : 2008 –[edit | edit source]

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]