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Les bases structurelles du comportement politique

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Les dimensions structurelle et culturelle sont fortement et intimement liées mais nous allons les traiter de manière séparée. Il est cependant difficile de faire une distinction nette, cette distinction n’est qu’analytique.

Les bases structurelles du comportement politique renvoient à la notion de structure qui est utilisée dans différentes disciplines notamment en science politique et en psychologie mais utilisée avec des connotations quelquefois différentes. Certains parlent des structures comme un ensemble de règles établies qui ensuite définissent et influencent les comportements. D’autres parlent de structures plus simplement en disant que les aspects structurels concernent surtout les aspects institutionnels à savoir le rôle des institutions en tant que structure qui donnent un cadre à l’action politique notamment. D’autres parlent de structure en faisant références à la composition du système social comme par exemple le rôle des classes sociales. Plus en général, par rapport à la notion de structure, il faut retenir trois aspects principaux qui sont :

  • la structure fait référence aux bases matérielles de l’existence et aux bases objectives ;
  • il y a l’idée d’une certaine durabilité dans le temps, une structure n’est pas quelque chose qui change à court terme. On distingue les éléments structurels des éléments conjoncturels qui peuvent changer à plus court terme ;
  • la ou les structures sont vues comme quelque chose qui influence ou qui peuvent influencer l’action et en particulier l’action politique à savoir les comportements politiques, les comportements de vote, les comportement non-électoraux, ou encore l’engagement dans des mouvements sociaux.

Nous allons voir quelles sont les bases structurelles qui, dans la durée, peuvent influencer les comportements politiques.

Les clivages[edit | edit source]

Le concept de clivage est utilisé par plusieurs sous-disciplines de la science politique et a été proposé par Stein Rokkan. Un clivage est un terme qui est utilisé dans le langage quotidien dans les journaux et les médias, on parle notamment du clivage « gauche – droite ». En Suisse, on parle également d’un clivage entre la partie francophone et germanophone. Nous allons tenter de définir ce concept qui peut nous aider à comprendre l’idée du comportement politique.

Du point de vue scientifique, le clivage a été défini selon deux plus une dimension principale. La notion de clivage telle qu’elle a été formulée par Rokkan contenait les deux premiers aspects et d’autres auteurs ont proposés une troisième dimension avec le clivage politique. Par ailleurs, il y a des synonymes utilisés dans la science ou dans le langage commun, on parle aussi de « division » ou de « fracture sociale ». Il faut entendre le clivage comme élément qui capture la dimension structurelle et qui influence ensuite les comportements :

  • base structurelle : division sociale – c’est l’existence objective d’une division sociale, d’une fracture, d’une opposition d’intérêts. Souvent, la notion de clivage a été rapprochée à l’idée de conflit d’intérêt. Ce clivage peut se baser sur plusieurs « lignes de démarcation » en terme de classe ou ethnique. Au sens général du terme, cela peut être une division qui sépare deux groupes au sein d’une société. L’idée de l’existence d’une base structurelle ou d’une composante sociale n’est pas suffisante. Il faut encore une deuxième composante.
  • base identitaire : identité collective – il est possible de qualifier cette composante de base culturelle ou ce qu’on peut appeler également la base identitaire. Un clivage doit reposer aussi sur l’existence d’une identité commune au sein des deux groupes qui s’opposent. Il faut qu’il y ait un sentiment d’appartenance dans un clivage. Il y a une dimension subjective ou culturelle voire identitaire pour qu’on puise parler d’une clivage. Certains parlent d’une composante subjective normative qui « renvoie à l’ensemble des valeurs et des représentations symboliques qui modèlent l’identité, les attitudes et les acteurs sociaux impliqués ». Il faut qu’il y ait une base structurelle mais aussi que les groupes qui s’opposent dans ce clivage doivent aussi pouvoir s’identifier avec le groupe en question. Pour Rokkan, ce sont les deux éléments qui marquent un clivage.
  • base organisationnelle : politisation – pour d’autres, il faut encore quelque chose d’autre afin que l’on puisse parler d’un clivage politique, il faut une politisation, que le clivage soit politisé par certaines organisations qui peuvent être des partis politiques mais cela peut être d’autres types d’organisation avec les partis politiques, les groupes d’intérêts qui n’entrent pas dans le jeu de la compétition électorale mais défendent certains intérêts qui sont fortement liés à l’appartenance à un groupe dans un clivage. On peut passer d’un niveau institutionnalisé avec les partis politiques ou les groupes d’intérêts, puis finalement l’organisation de mouvements qui est encore plus externe au système.

Il y a ces trois types d’organisation qui constituent la base organisationnelle qui contribuent à la politisation d’un clivage politique, sociale et culturel et qui permet de parler d’un véritable clivage politique. Ainsi, pour la base organisationnelle, « la composante organisationnelle politique suppose l’organisation de la division sociale par des institutions ou des organisations telles que les partis politiques, les syndicats, les groupes d’intérêts ou les associations d’intérêts, les mouvements sociaux, etc. ». Un clivage politique existe dans la mesure où il y a ces trois dimensions présentent en même temps. En d’autres termes, s’il y a les deux premières dimensions, on peut parler d’un clivage social mais ce clivage reste latent et il ne constitue qu’un potentiel ou un potentiel de mobilisation. Lorsqu’on parle de « mobilisation », on parle en général de mobilisation électorale et non-électorale. C’est seulement lorsqu’il y a la base organisationnelle qu’il est possible de parler de clivage politique. Rokkan et Lipset ont synthétisés les clivages dans une théorie du clivage. En ce qui concerne la politisation, il faut citer les travaux de Bartolini et Mair dans leur ouvrage dentity, Competition, and Electoral Availability publié en 2010 qui ont mis l’accent sur le fait qu’il faut une politisation du clivage.

Rokkan a proposé une théorie afin d’expliquer de par l’émergence des partis politique en Europe, à savoir la formation des systèmes politiques en Europe, pourquoi certains électeurs votent pour certains partis et pas pour d’autres. En d’autres termes, il a formulé une théorie des bases sociales et structurelles du comportement électoral en particulier mais que l’on peut appliquer également dans les théories sur les mouvements sociaux. Une des théories du comportement de vote, à savoir le modèle sociologique de l’école de Columbia s’appuie implicitement voire largement sur la théorie des clivages.

Les clivages traditionnels[edit | edit source]

Rokkan a formulé une théorie de formation des partis à partir de deux grands processus. L’idée de base est que la société change, que la société européenne a changée à partir notamment du XVème siècle et du XVIème siècle, il y a eu plusieurs transformations et en particulier deux grandes transformations qu’il appelle la « révolution nationale » d’une part et la « révolution industrielle » d’autre part. On parle aussi d’un « processus de modernisation politique » et d’autre part d’un « processus de modernisation économique et social ».

Comportement politique clivages traditionnels 1.png

La révolution nationale consiste en deux sous-processus qui sont la formation de l’État-national qui encore aujourd’hui, malgré la globalisation, les changements induisent et structurent encore largement les outputs politiques au niveau mondial. Donc, le processus de formation de l’État-national est un processus de centralisation et de laïcisation de l’État, et d’autre part le processus de démocratisation avec la naissance du concept de citoyenneté. La modernisation pourrait être réduite à ces deux processus. D’autre part, la modernisation économique et sociale se fait avec l’avènement du capitalisme et de la révolution industrielle.

Ces deux grands processus ont donnés lieu dans la théorie de Rokkan des quatre grands clivages qui sont des grandes fractures en Europe à partir du XVIème siècle qui ont été responsables dans la formation et qui expliquent largement la formation des différentes parties, autrement dit qui expliquent l’offre politique, en tout cas telle qu’elle était présente au moment où Rokkan écrivait. Il faut généralement situer les travaux scientifiques dans le moment historique. Rokkan écrivait dans les années 1960. Ces quatre clivages, ces quatre fractures sont les clivages traditionnels, à savoir le clivage centre – périphérie, le clivage État – Église, le clivage ville – campagne et le clivage de classe entre la bourgeoisie et le prolétariat. Pour Rokkan les deux clivages sont des clivages de type culturel ; sur le schéma nous pouvons voir l’imbrication entre la dimension structurelle et la dimension culturelle.

Le clivage centre – périphérie est le clivage qui représente le conflit entre la culture ou les cultures centralisatrices qui était celle de la formation de l’État-Nation. La formation de l’État-Nation était l’idée de centraliser dans une seule sphère de pouvoir un système qui était beaucoup plus fragmenté dans l’ancien régime. En d’autres termes, c’est un conflit centraliste de la formation des États et les résistances croissantes des populations distinctes du point de vue ethnique, linguistique ou religieuse. La religion joue un rôle très important dans ce premier clivage. Ce clivage, comme chaque clivage, se faisait sur des enjeux principaux qui étaient en particulier des enjeux religieux du contrôle de la religion ou encore de la langue.

Le clivage religieux a mené à l’émergence notamment des partis catholiques. On parle aussi de clivage entre l’État et l’Église dans un processus de modernisation mais à un moment un peu plus tardif de l’histoire. Selon Rokkan, chaque clivage se précède dans le temps. L’enjeu principal est le contrôle de l’instruction publique. L’État, à un moment de sa création, a voulu prendre en main l’éducation des enfants. Avec l’éducation nationale, on est dans une éducation qui n’est pas une éducation religieuse. Évidemment, l’Église qui contrôlait l’éducation, à ce moment historique, s’opposait à cette perte de pouvoir.

Les clivages ville – campagne et bourgeoise – prolétariats sont des clivages qui, à un moment, reposaient sur des modes de production différents. Le clivage ville – campagne est le conflit entre les intérêts de la terre et les intérêts de la classe montante qui était la bourgeoisie. C’est cette opposition qui a caractérisée une bonne partie de l’historie européenne. D’autre part, le clivage de classe est l’opposition entre la bourgeoisie et le prolétariat, ce qui opposait ces deux classes sociales, à savoir les propriétaires, les moyens de production et le capital.

À chaque clivage correspondant ce que Rokkan a appelé un « moment critique » (« critical juncture ») qui représente une sorte de début de politisation du clivage. C’est grâce à la politisation de ces quatre clivages qui se sont succédés dans l’histoire européenne que l’on peut expliquer dans cette perspective la structuration des systèmes politiques et donc l’offre politique qui existe aujourd’hui. L’offre est importante parce qu’elle est liée à une demande politique. Il y a des conflits entre groupes sociaux qui ont des intérêts différents.

Cette idée fondamentale de Rokkan et donc l’idée de système de parti qui est largement déterminée par cette division sociale. Il y a un élément supplémentaire important pour l’étude du comportement politique qui est l’idée de seuil que nous avons du passer à travers l’histoire européenne. Selon Rokkan, pour comprendre comment un conflit social ou socioéconomique, un clivage avec ces deux premières dimensions sociales, se transforme en une opposition entre partis, il faut étudier les conditions pour l’expression de la mobilisation. Il faut comprendre aussi la représentation des intérêts dans chaque société qui est la représentation politique du clivage. Et donc, il faut comprendre, par exemple, comment les traditions du processus décisionnel dans un processus politique peuvent agir. Il y a des systèmes qui se basent principalement sur une idée de concertation ou de négociation entre les différents groupes qui s’opposent dans ce clivage comme par exemple en Suisse avec l’idée de « paix du travail ». Il y a d’autres clivages, traditions et pays qui sont dans une optique de dirigisme. Il faut comprendre aussi, étudier et connaître les canaux qui existent ou l’expression de la mobilisation et de la protestation. Il faut également comprendre les opportunités de bénéfice mais aussi les coûts des alliances, à savoir les coûts et les conditions afin de créer des alliances politiques. Il faut aussi comprendre les possibilités et les implications de la règle majoritaire dans les systèmes politiques, à savoir quelles sont les chances d’acquérir le pouvoir.

Impact des clivages sur le systèmes des partis[edit | edit source]

Toutes ces conditions suggèrent une séquence de seuil dans la perspective de Rokkan, dans le chemin à faire et que chaque mouvement doit poursuivre et faire vers un nouveau système de demande dans un système politique. Ces seuils représentent et permettent d’expliquer quels impacts ont les clivages sur les systèmes de parti. On distingue quatre seuils qui mènent vers l’intégration complète :

  • légitimation : ce seuil fait références aux mobilisations acceptées par les autres forces politiques dans le système. C’est un seuil faible d’intégration ou qu’il faut franchir pour être en tant que force politique intégré à plein titre. De nouveaux mouvements apparaissent à un certain moment et donc ces mouvements doivent d’abord être considérés comme des interlocuteurs ou des représentants légitimes de certains ensembles d’intérêts. La question est de savoir dans quelle mesure un groupe qui fait parti d’un clivage socioculturel arrive à acquérir le pouvoir à différents degrés. Les dates et les seuils peuvent être vues comme des seuils à travers lesquels un clivage doit passer afin d’aller de la dimension sociale et culturelle à la dimension politique ;
  • incorporation : c’est la participation au processus politique au même titre que les opposants. Le seuil d’incorporation décide de quels groupes, quels mouvements au sein de la société ont le droit de participer à des mobilisations dans le processus politique ;
  • représentation : ce sont les conditions d’accès aux institutions représentatives, à savoir le parlement. Le seuil de représentation détermine la manière par laquelle un groupe ou un mouvement peut avoir accès aux institutions représentatives. Cela dépend de tout un tas de conditions à savoir le système électoral ou encore les conditions pour la création d’alliances ;
  • majorité : c’est le pouvoir d'apporter des changements dans le système. Ce seuil détermine les procédures institutionnelles par lesquelles un parti, une alliance peut obtenir le pouvoir d’apporter des changements structurels dans le système. Autrement dit, c’est le seuil qui permet de faire parti d’un gouvernement.

Selon Rokkan, c’est grâce à ces quatre étapes qu’une fracture objective et identitaire au sein de la société peut se politiser, s’organiser et acquérir un certain pouvoir.

La théorie du système de partis de Rokkan et Lipset dans Party systems and voter alignments: cross-national perspectives publié en 1967 est l’idée que le fait de franchir ces quatre seuils influence le marché électoral en conditionnant les critères d’accès à ce marché électoral. En particulier, il y a l’idée que ceux qui viennent en premier dictent les règles. C’est pour cela qu’il y a l’idée de cumul avec l’idée que ceux qui sont d’abord légitimés et incorporés dans le système, représentés, voire qui acquièrent le pouvoir exécutif peuvent dicter les règles du jeu et donc dicter les conditions d’accès pour de nouveaux partis ou organisations politiques. D’autre part, il y a l’idée que ceux qui entrent en premier créent et forgent des identités politiques. C’est-à-dire qu’historiquement, les premiers partis qui ont franchis ces seuils, pour une raison ou pour une autre, ont ensuite mobilisés un électorat et à travers la mobilisation de cet électorat ont créés des identités politiques. Une fois que ces identités politiques sont créées, selon Lipset et Rokkan, ce système politique est en quelque sorte gelé, c’est-à-dire qu’il devient difficile de modifier ces identités et donc il devient très difficile de modifier la configuration des systèmes de parti. Dans les années 1960 et 1970, le système de parti reflétait largement la configuration des clivages sociaux telle qu’elle était faite à l’époque de la Révolution russe des années 1910 et 1920. Aujourd’hui, en 2015, beaucoup de choses ont changées. Il y a eu un processus nommé de « globalisation » qui a vraisemblablement brouillé les cartes avec l’émergence de nouveaux partis.

Il y une théorie importante qui met l’accent sur le rôle des divisions et des fractures sociales afin d’expliquer à la fois la configuration de l’offre politique, c’est-à-dire des systèmes de parti mais aussi pour expliquer notamment les comportements de vote. Cette théorie qui met l’accent sur les clivages et leur politisation à travers différents seuils, met également l’accent sur le fait que ces forces politiques qui ont été des précurseurs ont pu créer des identités politiques qui sont fortement explicatives notamment du comportement de vote. Avec le modèle de Michigan appelé modèle psychologique ou encore « modèle de l’identification partisane » pour expliquer le comportement électoral, même si ces théoriciens ne font pas explicitement un lien avec la théorie des clivages de Rokkan, ils mettent l’accent sur l’idée qu’il y a un électorat qui s’identifie fortement avec une organisation ou un parti permettant d’expliquer pourquoi on vote pour tel ou tel parti.

Potentiel de mobilisation des clivages[edit | edit source]

Tous les clivages n’influencent pas de la même manière les comportements politiques. Autrement dit, le potentiel de mobilisation des clivages varie. Au-delà de toute considération de type historique, le clivage aujourd’hui et actuel, certains de ces clivages sont plus mobilisateurs que d’autres. Il y a beaucoup de facteurs qui peuvent expliquer mais il faut souligner deux éléments qui caractérisent les clivages et qui permettent d’expliquer pourquoi ces clivages sont plus ou moins explicatifs des comportements de vote mais aussi des comportements non-électoraux. :

  • degré d’ouverture – segmentation, intégration : un clivage se caractérise également par son degré d’ouverture. Différents clivages peuvent être plus ou moins ouverts ou plus ou moins fermés. Cela est lié à la définition même du clivage se référant à deux dimensions qui sont d’une part la segmentation d’un clivage et l’intégration. Autrement dit, un clivage, dans ce type de théorie, est d’autant plus mobilisateur qu’il est fortement segmenté, c’est-à-dire que les groupes qui composent ce clivage sont fortement distinct objectivement et subjectivement dans la mesure où ils s’auto-définissent comme étant différent de l’autre groupe. D’autre part, le degré d’ouverture se caractérise par la plus ou moins forte intégration au sein de l’un et de l’autre groupe qui s’oppose. C’est un clivage qui permet d’expliquer d’autant plus les comportements de vote et autres que les groupes qui font parti de ce clivage sont fortement distincts et différents et par le fait qu’il soit fortement intégré en leur intérieur. La dimension subjective est importante pour la dimension d’intégration parce que l’intégration dépend aussi de la création d’une forte identité collective au sein du groupe d’où le fait que les identités collectives impactent la mobilisation.
  • degré de pacification – saillance : cet aspect est plus lié au degré de politisation qui est le degré de saillance ou de pacification. Un clivage est d’autant plus mobilisateur qu’il n’est pas pacifié ou qu’il n’a pas été pacifié par des procédures institutionnelles comme par exemple la « paix du travail » en Suisse qui est une forme de pacification. Le degré de pacification signifie que le conflit qui oppose les deux composantes d’un clivage est réduit. Plus un clivage est pacifié, moins il est saillant.
Comportement politique CATNET Tilly 1.png

Certains ont conceptualisés cela de façon différente dont Charles Tilly qui a parlé de CATNET dans From Mobilization to Revolution publié en 1978. Pour Tilly, le potentiel de mobilisation des mouvements sociaux, pour la mise en place d’une action collective, dépend de deux dimensions qui ont amenées à la formation de catégories qui sont des catégories plus ou moins définies mais aussi du degré de réseau à l’intérieur, à savoir la différence entre segmentation et intégration. La flèche représente le développement du degré et de l’intensité du potentiel mobilisateur d’un clivage en fonction du niveau et d’intensité de catégorie et de réseau.

L’idée de degré de pacification est importante parce qu’il y a certains auteurs qui ont formulés l’hypothèse que la place qui est laissée pour l’émergence et la mobilisation de nouveaux clivages, à savoir de clivages qui ne sont pas l’un des quatre clivages traditionnels de Rokkan, est inversement proportionnel au degré de saillance du clivage traditionnel. Autrement dit, plus les clivages traditionnels sont saillants, moins il y a de l’espace pour l’émergence et l’expression politique de nouveaux clivages. Plus les clivages traditionnels et particulièrement les clivages religieux et de classes ont été pacifiés par des procédures informelles ou institutionnelles, plus il y a de l’espace pour l’émergence de nouveaux clivages. C’est par exemple de cette manière que certains ont expliqués pourquoi ce qu’on appel les « nouveaux mouvements sociaux » qui sont des mouvements qui ont émergés après les années 1970 avec la nouvelle gauche, ont pu se mobiliser fortement dans certains pays plus que dans d’autres. L’idée est qu’ils ont pu se mobiliser dans les pays où justement, les clivages traditionnels étaient pacifiés, donc affaiblis, les identités politiques qui se basaient sur le clivage traditionnel se sont elles aussi affaiblies, ce qui a laissé plus de marge de manœuvre pour de nouveaux groupes politiques afin de capturer un électorat et mobiliser des groupes et des secteurs de la société. Les notions d’ouverture et de pacification permettent de faire le lien entre une théorie macro-politique de Rokkan des clivages historiques, et ce que l’on veut expliquer, à savoir les comportements politiques.

Impact des clivages sur le comportement politique[edit | edit source]

Par rapport à l’idée de savoir dans quelle mesure les clivages traditionnels soulignés par Rokkan et notamment les clivages religieux et de classe influencent les comportements politiques, il y a différents positons dans la littérature.

Une première position est celle de Bartolini et Mair qui est de dire que les clivages traditionnels continuent à influencer la politique, même si ce n’est pas nécessairement de la même manière. Nous verrons comment certains auteurs ont essayés de montrer de quelle manière le clivage de classe est toujours important aujourd’hui, montrant qu’en se transformant, il a pu garder une certaine importance en terme d’explication des comportements politiques qu’il n’aurait autrement pas eu.

La deuxième position dit que les divisions sociales structurent de moins en moins les choix électoraux individuels, ceci étant dû à la résolution des conflits sociaux représentés par les clivages traditionnels. Autrement dit, cela est dû à la pacification des clivages de classe traditionnel en Europe et grâce à la pacification des clivages religieux qui serait le résultat des processus de sécularisation. Il faut souligner que cette position ne met pas en avant l’émergence de nouveaux clivages. Autrement dit, ils admettent une position de désalignement où la volatilité électorale à savoir le passage de voix d’un secteur à l’autre ou d’un parti à l’autre devient de plus en plus importante et fréquent.

La troisième position est que les clivages traditionnels s'affaiblissent, mais de nouveaux clivages émergents tels que le clivage entre orientation matérialiste et post-matérialiste ou alors le clivage entre les gagnants et les perdants de la mondialisation. Ces nouveaux clivages qui n’étaient pas conceptualisés par Rokkan et qui n’étaient même pas présent tout au fil de l’histoire européenne jusqu’à récemment ont en quelque sorte remplacés ou remplacent de plus en plus les clivages traditionnels et preuve en est l’émergence de nouveaux partis qui s’appuient sur de nouveaux mouvements sociaux sortant de l’axe principal de la ligne traditionnelle. Pour ceux qui s’inscrivent dans cette troisième position, cela prouve que les clivages traditionnels n’expliquent plus les comportements politiques et qu’il y a de nouveaux clivages qui les ont remplacés.

Le vote de classe[edit | edit source]

Ceci nous amène à parler de la transformation des clivages et de l’émergence des nouveaux clivages. Le clivage le plus étudié dans la littérature est le clivage de classe. Le quatrième clivage selon Rokkan s’appui sur la division cristallisée dans le moment critique représenté par les révolutions du début du XXème siècle opposant la bourgeoisie et le prolétariat.

Dans l’histoire de son analyse, on distingue trois générations. Une première génération se situe dans les années 1950. Le behaviorisme qui est l’étude des comportements individuels de vote, né quelque temps avant cette phase historique et donc dans les débuts de l’analyse des votes de classe. On voulait mettre en avant l’idée que l’appartenance de classe est fortement explicative du comportement de vote. La position sociale explique, voire, détermine les choix électoraux. La deuxième génération, dès la fin des années 1960, a essayée d’introduire plus de variables explicatives. Dans l’analyse statistique, on a essayé de contrôler l’effet que la position sociale avait sur le vote en tenant compte de nombreux autres aspects. Cette deuxième génération va aussi commencer à s’intéresser aux variations et en particulier aux variations internationales, c’est-à-dire que la classe sociale est fortement explicative dans un certain contexte et beaucoup moins dans un autre contexte peut être aussi à cause du potentiel mobilisateur du clivage de classe de classe qui résulte du degré d’ouverture ou de fermeture voire de segmentation ou d’intégration et du degré de pacification. Et enfin troisième génération, dès le milieu de années 1980, où il y a eu une redéfinition des classes sociales et du vote de classe. Ces chercheurs avaient constatés que les conclusions et les théories sur lesquelles s’étaient appuyés les chercheurs des années précédentes se baisaient sur des conceptualisations et des définitions trop simplistes à la fois de ce qu’est une classe sociale et de ce qu’est le vote de classe et de la manière dont on la mesure.

Les résultats peuvent être résumés en deux éléments. Premièrement les classes ouvrières manuelles tendaient à soutenir les partis de gauche alors que les classes non-manuelles tendaient à soutenir les partis de droite. C’est une idée désormais désuète que l’on se fait du vote de classe. Le deuxième élément concerne les résultats, on constate d’importantes variations entre les pays.

Impact du vote de classe[edit | edit source]

Comment mesure t-on la classe et le vote de classe ? Pour résumer, par rapport au vote de classe, il y a trois positions qui reflètent largement ou en grande partie les positions évoquées par rapport au rôle des clivages traditionnels :

  • des travaux montrent une forme de persistance, comme le fait que la classe continue à structurer le comportement de vote ;
  • il y a l’idée du déclin de vote de classe, à savoir un désalignement soit la correspondance entre une offre politique et une demande politique ;
  • il y a également l’idée d’une transformation. Le clivage de classe est toujours important mais il structure différemment le vote. Il y aurait eu un réalignements entre les classes sociales d’une part et les partis qui représentent les intérêts des classes d’autre part.
Leduc, L., R. Niemi et P. Norris, éds. (1996). Comparing Democracies. Thousand Oaks: Sage.

De nombreux chiffres abondent dans le sens du déclin. Avec ce graphique, on cherche à voir dans le long terme. Apparaissent plusieurs figures allant de 1945 à 1995 concernant des pays différents montrant que partout, il y a eu un déclin du vote de classe, en tout cas à partir de la fin de la Deuxième guerre mondiale. Cette différence existe autant dans les pays où le vote de classe est important.

Les chercheurs de la troisième génération reprochent à ce type de représentation de s’appuyer sur une définition trop simpliste à la fois de la classe sociale et du vote de classe. C’est suite à l’hyper-simplification de ces deux concepts qu’on arrive à un constat de déclin. Ces chercheurs disent que si on redéfinit la classe sociale et le vote de classe, on arrive à relativiser le déclin.

Leduc, L., R. Niemi et P. Norris, éds. (1996). Comparing Democracies. Thousand Oaks: Sage.

Ce tableau montre les variations internationales. Il n’y a pas seulement le vote de classe mais il y a aussi tous les autres clivages traditionnels de Rokkan. Les chiffres sont des coefficients de corrélations entre les caractéristiques sociales et les préférences partisanes. Il faut souligner qu’il y a de fortes variations, comme la deuxième génération l’avait montrée.

Pour certains chercheurs, les courbes qui spécifient le vote de classe sont basées sur l’index d'Alford, à savoir le pourcentage de classe ouvrière affirmant qu’il préférait un parti de gauche moins le pourcentage de la classe moyenne qui vote pour la gauche. C’est une mesure qui a été utilisée, spécifique et, selon certains, trop simpliste, cachant une réalité beaucoup plus complexe et si on mesure différemment, on pourrait arriver à des conclusions différentes.

Définition et mesure des classes sociales[edit | edit source]

On distingue deux approches, à savoir une approche que nous pouvons qualifier de « traditionnelle » se basant sur un schéma à deux classes avec d’une part les travailleurs manuels et d’autre part toutes les autres classes. Cette manière a été traditionnellement utilisée pour évaluer l’impact du vote de classe jusqu’aux années 1980. À un certain moment, certains chercheurs, notamment Erikson et Goldthorpe qui ont proposés un schéma de classe différent et beaucoup plus détaillé.

Erikson, R. et J.H. Goldthorpe (1993). The Constant Flux. Oxford: Clarendon Press.

On part d’une distinction entre employeurs et employés mais on introduit aussi l’idée des indépendants et on rajoute des distinctions supplémentaires afin d’arriver à treize classes sociales différentes.

Ce schéma s’appui sur une premier distinction qui est ensuite développée à travers des sous-catégories un peu plus fines et correspondant à la réalité actuelle de notre société. La position de classe de base s’appuie sur la distinction binaire entre employeurs et employés, a été ajouté également la catégorie des indépendants. Cela constitue un premier niveau très général afin de distinguer entre plusieurs positions de classe et ce qui nous intéresse est de savoir comment les individus s’insèrent dans cette position de classe et le côté objectif du clivage social. Il y existe des distinctions supplémentaires. En ce qui concerne les employeurs, il y a une distinction entre la taille des entreprises et une autre distinction entre le secteur industriel et le secteur de l’agriculture. Cela donne quelques classes sociales avec une catégorisation des classes. En ce qui concerne les employés, Erikson et Goldthorpe ont fait la distinction entre les travailleurs qui s’appuient sur la contrainte du travail par opposition à une relation de service.

Il y a deux distinctions avec la première qui est entre employeurs, employés et indépendants, et la deuxième entre ceux qui s’appuient sur l’existence d’un contrat de travail. Par contre l’autre catégorie est basée sur des relations de services. Il y a d’autres sous-catégories qui sont moins intéressantes selon le niveau d’éducation.

Erikson, R. et J.H. Goldthorpe (1993). The Constant Flux. Oxford: Clarendon Press.

Le résultat de ce type de schéma est quelque chose qui est beaucoup plus élaboré par rapport à la distinction traditionnelle entre classes manuelles et non-manuelles. C’est en fait un schéma qui détails 11 classes sociales différentes. Ce schéma peut être agrégé. Il est possible d’avoir des niveaux d’agrégation avec un regroupement.

Définition et mesure du vote de classe[edit | edit source]

On distingue deux approches afin de mesurer le vote de classe.

Une première approche est celle du vote absolu dont la mesure traditionnelle est l’index d’Alford, à savoir qu’on regarde la différence dans le soutien pour les partis de la gauche entre les classes manuelles et les autres. À partir de là, on regarde dans les deux groupes quelle est la proportion des personnes qui appartient à ces deux groupes et qui votent plutôt pour la gauche ou pour la droite. C’est un raisonnement binaire au niveau de la classe sociale et au niveau du vote. En d’autres termes, l’index d’Alford est la différence entre les occupations manuelles et non manuelles dans le soutien pour les partis de gauche.

Il n’y a pas d’unanimité afin de savoir si le vote de classe a diminué, donc est-ce que le rôle de clivage de classe a diminué ou pas. Ceux qui critiquent ce schéma à deux classes et l’index d’Alford, qui est binaire afin de calculer le vote de classe, s’appuient sur le schéma de classe de Thomson et l’index de Kappa. On appel cela le vote relatif. On s'appuie sur la probabilité que les citoyens qui appartiennent à l’une ou l’autre classe puisse voter pour la gauche ou un autre parti. La différence entre l’index de Thomson et l’index de Kappa se trouve dans le fait que l’index de Thomson garde l’idée binaire entre gauche et droite en regardant la proportion des membres des classes différentes à voter pour la gauche ou pour la droite. L’index de Kappa s’appuie sur l’index de Thomson mais il introduit une multidimensionnalité en regardant la probabilité que les membres de différentes classes sociales ont de voter pour un parti qu’un autre. On abandonne la distinction un peu grossière de voter pour la gauche ou pour la droite. Il y a l’idée implicite qu’il est difficile de faire la distinction aujourd’hui entre gauche et droite. Pour calculer l’index de Thomson, cela revient à faire une régression logistique binaire tandis que l'on effectue une régression multinomiale pour l’index de Kappa.

En fonction de la définition que l’on prend des classes et du vote de classe, le résultat peut changer drastiquement. Il y a ceux qui s’appuient sur une distinction traditionnelle avec une distinction binaire et l’index d’Alford et constatent un déclin, alors que ceux qui s’appuient sur l’index de Thomson et de kappa arrivent à des conclusions différentes avec une transformation plutôt qu’un déclin.

Facteurs explicatifs du vote de classe[edit | edit source]

Il est possible de faire une énumération des facteurs explicatifs qui influenceraient le vote de classe. Ces facteurs sont plutôt des facteurs structurels de long terme, mais il peut y avoir des changements conjoncturels qui peuvent faire varier le vote de classe :

  • prospérité économique : elle influencerait le vote de classe en le faisant diminuer. C’est ce qu’on appel aussi la théorie de la modernisation avec la monté des classes moyennes avec la perte d’une importance entre clivages de classes. C’est un effet qui peut être plutôt négatif sur le vote de classe.
  • chômage : il aurait tendance à faire augmenter le vote de classe lié à l’insécurité de l’emploi notamment. Ce sont des théories qui s’inscrivent dans l’idée des théories de la modernisation.
  • emploi dans l’industrie : la diminution du secteur industriel et l’augmentation du secteur des services qui caractérise les sociétés post-industrielles aurait tendance à faire décliner le vote de classe, ne serait-ce que parce qu’il y aurait une diminution de la classe ouvrière. Il y aurait également l’émergence de nouvelles classes par l’émergence de nouveaux conflits et de nouvelles lignes de démarcation, à savoir de nouveaux clivages qui ferraient diminuer le clivage de classe et le pouvoir explicatif du clivage de classes. Il ne faut pas confondre la force explicative des clivages en général, à savoir le rôle qu’ont les clivages dans l’explication dans les comportements politiques et le rôle et les forces explicatives de ce clivage.
  • taille de la classe ouvrière : il y a une diminution de la classe ouvrière qui amènerait à une diminution du vote de classe.
  • densité syndicale : le vote de classe augmente avec la densité syndicale mais il y a une certaine ambiguïté dans cette relation. Il n’y a pas toujours un consensus en sciences sociales. Cette ambiguïté est liée au fait qu’il peut y avoir une forte syndicalisation des travailleurs non-manuels qui implique une forte que les travailleurs non-manuels vont travailler pour la gauche et ce faisant, ils diminuent le rôle ou l’opposition gauche – droite traditionnelle et donc le rôle du clivage de classe dans l’explication du vote.
  • inégalités de revenu : les différences de revenu sont liées au niveau de vie des différentes classes sociales. Des grandes différences de revenus prédisent des fortes importances dans le vote de classe.
  • fragmentation religieuse et taille du groupe séculaire : c’est l’un des facteurs étudié traditionnellement dans la politique comparée, à savoir l’importance du clivage religieux qui est l’un des quatre clivages traditionnels de Rokkan. Beaucoup d’études montrent que si ce clivage est important, cela fait diminuer le rôle de la classe sociale parce que les ouvriers qui pourraient potentiellement s’inscrire dans un vote de classe gauche – droite, ceux qui sont croyant s’inscrivent dans un clivage religieux. Le clivage de classe et le clivage religieux sont étudiés comme les deux grands clivages qui sont en concurrence par rapport à l’étude de l’effet des clivages sociaux sur le comportement électoral.
  • polarisation gauche – droite : les études montrent que la polarisation tend à augmenter le vote de classe.
  • impact de la nouvelle politique des valeurs : cela renvoi aux nouveaux clivages.

Ce sont des facteurs explicatifs qui résultent d’une revue de la littérature. Les transformations de la société post-industrielle produisent une diminution du vote de classe mais cela dépend de la manière on dont définit la classe; le vote de classe; de la manière dont on les mesure . Certains auteurs sont arrivés à un constat opposé, à savoir que non, il n’y a pas un déclin du vote de classe mais du moins, il y a une stabilité qui peut aussi parfois se transformer en une augmentation. Surtout, si on adopte une définition de la classe et du vote de classe plus sophistiquée, on arrive non pas à un constat d’une diminution mais à un constat d’une transformation du vote de classe qui reste important mais qui s’est transformé dans ses mobilités.

Les nouveaux clivages[edit | edit source]

Les nouveaux clivages sont les clivages autres que les quatre clivages traditionnel de Rokkan. Il faut prendre cela avec une certaine prudence. Un de ces nouveaux clivages remonte aux années 1960. Cela est nouveau part rapport aux clivages traditionnels de Rokkan :

  • matérialisme – postmatérialisme : l’accent est mis plutôt sur l’épanouissement personnel plus que sur la satisfaction des besoins personnels. Certains parlent de ce clivage comment étant un clivage de valeurs parce qu’il est difficile de voir quel est l’encrage social ou l’encrage dans une structure sociale de cette opposition de valeurs. Il faut qu’il y ait la base structurelle qui est la base identitaire subjective et la politisation ensuite. Il ne suffit pas qu’il y ait un clivage de valeur qui serait un ensemble de valeurs qui s’opposerait à un autre ensemble de valeurs.
  • nouvel individualisme : c’est le passage d’un système de valeur hétéronome, à savoir respectueux de l’ordre social, moral ou encore religieux, à un système de valeur autonome, subordonné à la raison ou encore au besoin de l’individu. Certains ont qualifié ce passage d’un ethos du devoir à un ethos de l’épanouissement personnel. L’individu est érigé en finalité suprême.
  • ouverture – tradition (gagnants – perdants de la globalisation) : ce clivage est souvent articulé et mobilisé dans la littérature aujourd’hui. C’est le conflit engendré par les changements structurels liés à la mondialisation et au niveau politique qui s’exprime sur une dimension d’ouverture plutôt que sur une tradition. C’est un clivage qui a plutôt été utilisé afin d’expliquer l’émergence de la droite radicale qui s’appuierait ou serait ancrée dans ce clivage.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]