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La paix de Paris et la Société des Nations

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Avec la thèse « au début était Versailles », on parle de Versailles dans un sens strict et dans un sens large. Dans un sens strict, on parle des traités issus de la conférence de la paix de Paris avec le traité de la Versailles en 1919 en ce qui concerne l’Allemagne, le traité de Saint Germain en Lay pour l’Autriche[6][7][8][9], le traité de Neuilly pour la Bulgarie[10][11][12][13], le traité de Trianon et le traité de Sèvres en 1920 respectivement en ce qui concerne la Hongrie et la Turquie.[14][15][16][17][18] En 1922, va avoir lieu une conférence économique et financière à Gênes qui va essayer de régler les questions économiques encore ouvertes.[19][20][21][22][23][24] Va être invitée l’Allemagne et va voir la participation de la Russie. Ce sont les deux parias de Versailles qui ne peuvent participer à la paix de Paris. Au sens large, Versailles est aussi le traité de Laval entre l’Allemagne et les Soviétiques, mais aussi au traité de Lausanne qui a amené à la révision du traité de Sèvres avec la Turquie en 1923, ainsi que le traité de Munich en 1938 lorsque l’Allemagne obtient la révision de la paix de Versailles.[25][26][27]

Le nouvel ordre territorial de l’Europe[edit | edit source]

C’est avec le traité de paix de Versailles que les conflits du XXème siècle avec les minorités engendrent une situation explosive.

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La ville de Fiume fait partie de l’Istrie qui est des territoires annexés par l’Italie après la Première Guerre mondiale. Les irrédentistes italiens avaient commencé à partir des années 1880 à répertorier de façon nomenclaturâtes des territoires. Fiume appartient à la partie hongroise de la monarchie austro-hongroise. L’empereur d’Autriche a deux couronnes. Le 29 octobre 1918, Fiume est annexé au Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes qui se met en route sous la bénédiction de Charles Ier. Le 30 octobre, le conseil municipal de la ville de Fiume s’autoproclame comme consiglio nazionale italiano.

C’est un mouvement en octobre 1918 qui prend de l’ampleur avec des conseils nationaux qui vont proclamer l’autodétermination avec l’élite qui se proclame en conseil national. Le 4 novembre 1918, la ville de Fiume est soumise à une commission interalliée qui prend le contrôle de la ville. En, juillet 1919, il y a une action militaire avec Gabriele D’Annunzio qui enrôle des légionnaires afin d’annexer la ville de Fiume. Dans le traité de Londres de 1915, Fiume n’était pas considérée comme un cadeau territorial.[28][29][30][31][32] Les troupes italiennes vont s’emparer de Fiume. Gabriele D’Annunzio va établir la reggenza Italiana, mais c’est un État qui n’est pas accepté par les autres puissances. En 1930, il y a un traité avec la Yougoslavie qui va définir Fiume comme ville libre. En 1920, des troupes régulières italiennes vont combattre les troupes irrégulières italiennes afin d’établir un État libre et souverain. En 1922, un coup militaire fasciste met un gouvernement provisoire en place. En 1924, Fiume va être annexé de manière légale suite à un traité entre l’Italie et la Yougoslavie puis va devenir un provincia italiana. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, entre 1943 et 1945, il y a la repubblica sociale italiana qui est l’État contrôlé par Hitler. À travers les nazis, il y a un contrôle direct militaire. En 1945, Fiume va être occupée par les troupes yougoslaves et en 1947, suite au traité de Paris avec l’Italie, Fiume va devenir officiellement partie de la Yougoslavie. En 1992, il y a l’implosion de la Yougoslavie et la création de la Croatie qui va faire de Fiume une ville croate. C’est une ville entre 1918 et 1992 qui a connu un changement brutal de sa propre appartenance étatique territoriale.

Au commencement était Versailles est une thèse provocatrice pour dire qu’on pourrait lire le XXème siècle comme un long siècle dans la perspective de la paix de Paris faite en 1919. Cet ordre change complètement la carte européenne sous la thèse que c’est avec le traité de paix de Paris que les conflits du XXème siècle entre les minorités obtiennent une nouvelle dimension explosive. La question des minorités nationales se libère au cours du XIXème siècle et va mener à l’implosion des grands empires pendant la Première Guerre mondiale.

Le cas de Fiume pour la population avec les changements étatiques fait qu’à chaque fois il y a un changement de toute l’administration, c’est-à-dire tout l’appareil étatique change, la monnaie, les timbres postaux, il y a des bouleversements énormes qui montrent la dynamique qu’il y a dans la région. Fiume qui a été énormément discutée pendant à la paix de Paris s’appelle aujourd’hui Rijeka est un lieu de mémoire transnationale par excellence parce qu’il a des mémoires qui sont liées encore à l’Autriche, à l’Empire austro-hongrois, à la Croatie et surtout à l’Italie. Ce canon monte certains éléments importants. Le cas de Fiume nous montre les conventions impérialistes des grandes puissances pendant la guerre. Pendant la Première Guerre mondiale le traité de Londres de mars 1915 avec les puissances de l’Entente fait entrer l’Italie qui est neutre en guerre en lui faisant des cadeaux territoriales. Dans ce traité, même s’il y a des zones de la Dalmatie qui sont contemplées, il n’y a pas la ville de Fiume. En 1915, quand les puissances font des calcules géostratégiques, il y a encore l’Empire austro-hongrois et même pour les puissances de l’Entente il est clair que l’Empire autrichien a besoin d’un accès vers la mer. La raison pour laquelle Fiume ne faisait pas partie des cadeaux territoriaux à l’Italie et se fait de laisser à la Hongrie un port en Méditerranée. Le cas de Fiume montre aussi les négociations très difficiles à Paris. Si on regarde les procès-verbaux du conseil des quatre et les débats, la question de Fiume est récurrente. À cause de la question de Fiume, la délégation italienne qui fait partie des quatre, va quitter pendant une période la conférence de Paris pour contester contre le fait que la ville de Fiume ne fait pas partie des cadeaux territoriaux faits à l’Italie. Le cas de Fiume montre aussi que le résultat des négociations qu’il y a eu à Paris pouvait aller aussi à l’encontre de la volonté de la majorité de la population donc qu’il y a un non-respect du principe du droit d’autodétermination des peuples. En effet, la majorité des habitants de la ville de Fiume était italophone parlant le dialecte du vèneto et avait proclamé le 30 octobre 1918 l’annexion à la mère patrie Italie. Cette annexion proclamée n’a pas été acceptée par les faiseurs de paix à Paris. Le cas de Fiume montre aussi que des légions nationalistes ou protofascistes peuvent réussir à imposer des faits accomplis. C’est une chose qu’il n’y a pas seulement dans cette région. On retrouve sur les frontières entre la Pologne et la Lituanie des légions qui ne sont pas tout à fait officielles, mais qui sont acceptées par les officiels créant des faits accomplis. Le cas de Fiume montre aussi que l’ordre de Versailles peut être révisé assez vite. Par exemple, le traité de Sèvres est révisé par le traité de Lausanne, mais est avec le traité de la Rapallo entre l’Italie et la Yougoslavie, une décision claire a était prise. À Paris, un État indépendant, même si c’était seulement une cité-État sous forme d’un État indépendant va disparaître. Le cas de Fiume montre aussi la réorganisation territoriale après la Deuxième Guerre mondiale donc que tout ce qu’il va se mettre en place dans cette région centrale de l’Europe centrale et orientale n’est donc pas seulement la frontière dans l’Istrie et la Dalmatie, mais c’est également toute la question des frontières allemandes orientales. Ce cas montre aussi la fuite jusqu’au début des années 1950 donc après la Deuxième guerre mondiale de plus de 70 % de la population de Fiume pour aller en Italie sous le nom de l’« esodo istriano ». C’est un chapitre douloureux qui entre dans le chapitre des transferts de population, un chapitre qu’on a vu commencer avec la paix de Lausanne en 1923. À partir de 2005, chaque 10 février, l’Italie commémore « il giorno del ricordo » soit la « journée du souvenir » et c’est-à-dire que le 10 février est le jour de 1947 de la signature du traité de paix de Paris avec les alliés et l’Italie.[33][34] Il y a un peu partout un mouvement qui rouvre cette blessure de la Première Guerre mondiale.

Le nouvel ordre des colonies[edit | edit source]

Cette carte montre le remaniement du Moyen-Orient suite au traité de Lausanne de 1923.[35][36][37] Il y a toujours dans le contexte de l’impérialisme la solution de la construction de mandats pour les territoires des États vaincus, mais il n’y a pas un changement de statut des colonies des puissances victorieuses. Va se mettre en place la création des mandats en Orient avec la Syrie qui va être sous mandat français, la Palestine, la Jordanie et l’Irak sont des mandats de la Grande-Bretagne, également l’Égypte qui est mise sous administration britannique.

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Le système des mandats[edit | edit source]

Le nouvel ordre des colonies soulève la question que Versailles avec le système du mandat a déclenché la décolonisation. C’est une thèse assez forte. Ce qui est très controversé parmi les chercheurs en ce qui concerne l’ordre d’après-guerre qui a été mis en œuvre à Paris était, à l’époque et encore aujourd’hui, le système du mandat qui est l’invention d’un nouveau système sous le titre de « mandat ». Le système des mandats a été créé pour administrer certaines colonies de l’Allemagne qui ont été conquises par les puissances victorieuses et pour celles qui correspondent aux parties arabes de l’Empire ottoman. Les observateurs contemporains ont évalué l’influence du système de mandat de manière assez différente. Il y a par exemple Edward Mandell House et Charles Seymour qui ont publié en 1923 un ouvrage qui s’appelle Ce qui se passa réellement à Paris.[38] Pour lui, les mandats sont soit des annexions cachées, soit au contraire l’extension de l’ordre juridique en vue de protéger les indigènes. Ce sont deux éléments qui vont encore aujourd’hui définir le débat. Est-ce que les mandats sont un système pour cacher le fait qu’on va faire une annexion des colonies allemandes et de certaines parties de l’Empire ottoman ou est-ce que ce sont vraiment une amélioration de la situation pour protéger les indigènes.

Le colonel House était le collaborateur le plus influent du président Wilson.[39] Selon le colonel House qui était à Paris, les mandats représentaient une nouvelle expérience dans le domaine de la morale et de leur comité international.[40][41][42] C’est une interprétation euphorique du mandat qui mène à un nouvel échelon dans le développement moral de l’humanité. Sur le fond, cette discussion dure encore aujourd’hui. En 1999, le chercheur Michael Callahan défendait la thèse selon laquelle le système des mandats avait joué un rôle important dans la réformation de l’impérialisme et il qualifiait le système des mandats d’idéologie impérialiste profonde et de grande envergure.[43] Jürgen Osterhammel qui est un historien allemand très fameux écrivait que le mandat est une rhétorique qui ne pouvait pas dissimuler les réalités colonialistes.

Tout le monde est d’accord pour dire que le mandat est quelque chose de nouveau dans les relations internationales qui se mettent en place après 1919. Il faut clairement distinguer entre la volonté des hommes d’État de 1919 et l’influence de ce qui est mis en place sur le long terme a eu. Pendant la Première Guerre mondiale, les puissances coloniales traditionnelles comme la Grande-Bretagne et la France se sont vues confrontées à la montée de la critique impérialiste dans leur propre pays. Le partage du monde est déjà pendant dans la guerre de plus en plus difficile à justifier même à l’intérieur des puissances coloniales. Il n’était réellement pas question de supprimer l’empire colonial à cette époque, mais plutôt, il n’y avait de plus pas la requête de réorganiser l’empire colonial. La composante inconnue dans le jeu des colonies dans le cadre des relations internationales était naturellement les États-Unis pour lesquelles il n’était pas question de garder une conception coloniale dans leur concept de paix. Le président Wilson ne s’est jamais concrètement exprimé sur ce problème, mais il semblait clair que les États-Unis suivant la tradition intellectuelle de leur propre impérialisme indirect, percevaient le rôle de puissance coloniale comme celui d’administrateur de la population dominée plutôt que de propriétaires de ce territoire.

Lorsqu’il apparut de plus en plus clairement que les puissances de l’Entente ne voulaient plus restituer les colonies allemandes conquises, Wilson a dû se rallier à cette opinion. L’Allemagne devait finalement renoncer dans le traité de Versailles à l’article 119 à toutes ses possessions outre-Atlantique. Il est intéressant de constater que les puissances victorieuses ne se sont pas servi seulement de la culpabilité de l’Allemagne pour la guerre qui est très importante pour la légitimation du traité de Paris, mais que les puissances victorieuses ont aussi commencé à reprocher à l’Allemagne d’avoir échoué dans sa fonction de souveraine colonie.

Il y a la création de ce que la propagande allemande dans les années 1920 et 1930 va nommer comme le « Kolonialschuldlüge ».[44] Ce terme allemand est primordiale pour comprendre la propagande qui va se déclencher en Allemagne même avant 1933 et la prise de pouvoir des nazis. Pendant toutes les années 1920, il y a des activités énormes qui sont financées par l’État allemand pour remettre en cause le « kriegsschuldlüge ».[45] Les Allemands cherchent à contester les allégations selon lesquelles ils ne seraient pas capables de conduire leurs propres colonies qui vont être administrées par l’intermédiaire de mandats. Le fait qu’à Paris les alliés ont créé l’argument qu’il fallait enlever les colonies à l’Allemagne parce qu’elle n’était pas capable de le gérer, cela a obligé de manière indirecte les puissances victorieuses à faire mieux. Cela a poussé à développer des nouvelles et de meilleures formes d’administration coloniales. Ils savaient très bien que les Allemands observaient avec attention ce que les nouveaux mandataires faisaient. Une fois que le président Wilson s’est laissé convaincre que ce système de mandat était la bonne solution pour gérer les colonies, il l’a poussé avec toutes ses forces. Il faut rappeler que le droit à l’autodétermination des peuples comme Wilson l’a formulé dans les Quatorze points n’était absolument pas anticolonial.[46] L’autodétermination des peuples dans le concept même de Wilson concernait les peuples civilisés d’Europe. Même s’il n’y avait pas eu de l’anticolonialisme, il était clair pour Wilson que la concurrence qu’il y avait eue entre les grandes puissances européennes pour la course aux colonies était l’un des facteurs à l’origine de la Première Guerre mondiale étant la raison pour laquelle Wilson ne souhait pas voir de nouvelles annexions. On peut dire que le système des mandats est une sorte de compromis avec le fait que les États-Unis ne voulaient pas des changements territoriaux sous la forme annexions coloniales et les intérêts des puissances pour les États-Unis peut-être était vraiment ce que le colonel House avait dit à savoir une nouvelle expérience de la morale internationale et pour les puissances européennes cela était peut-être un moyen pour inventer un discours qui permettait de légitimer une annexion de facto.

Le concept de mandat était encore tout à fait raciste. La construction de trois différents types de mandats se faisait selon une conception raciste du monde avec une géographie des peuples non civilisés à civiliser avec des potentiels d’indépendance et des condamnés pour l’éternité à être soumis à un mandat d’une puissance occidentale.

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Cette carte est la carte des pays membres de la Société des Nations et aussi des pays non membres comme les États-Unis et toute la Russie.

Mandats du type A[edit | edit source]

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Les mandats du type A sont les mandats qui concernent le Moyen-Orient et la partie arabique de l’Empire ottoman. Pendant la guerre, le 16 mai 1916, la France et la Grande-Bretagne ont fait un accord secret intitulé accord Sykes-Picot. Cet accord avec l’aval de la Russie et de l’Italie prévoyait le partage du Moyen-Orient à la fin de la guerre avec un espace compris entre la mer Noire et la mer Méditerranée ainsi que la mer Rouge, l’océan Indien à la mer Caspienne. C’est un partage en zones d’influences entre puissances dans le but de contrer les ramifications ottomanes.

L’accord Sykes-Picot était en opposition avec ce que les grandes puissances avaient déclaré pendant dans la guerre envers les Arabes, avec les juifs et la promesse de construire un État en Palestine. En vérité, à la place des promesses faites, il y a la séparation de ces territoires en mandats allant à la France et à la Grande-Bretagne. Il est évident que dans ce contexte, il n’y a pas seulement des questions territoriales, mais également des questions économiques et stratégiques. L’Irak qui va à la Grande-Bretagne était déjà extrêmement important en ce qui concerne la question du pétrole.[47][48]

Dans le contexte de la Société des Nations, les mandats de type A sont des mandats renvoyant à l’article 22 du pacte où l’indépendance sera reconnue « à la condition que le conseil et l’aide de mandataire guident l’administration jusqu’au moment où elle sera capable de se conduire seule ». Les mandats de type A sont les pays ou les peuples pour lesquels dans la vision européenne, il y a le potentiel de devenir un jour une puissance indépendante et jusqu’à la il faut une puissance européenne qui les guide. Dans les discussions et dans les plans, il n’y a aucun délai pour ce développement et dans toute la période des deux guerres il y aura un seul État qui va obtenir l’indépendance qui est l’Irak devenant indépendant en 1932.

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C’est une photographie de la ville de Damas qui montre un fort degré d’urbanisation, mais qui ne serait pas encore capable de se gouverner par elle-même.

Mandats de type B et C[edit | edit source]

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Les mandats de catégorie B et C. Dans ce cas, l’indépendance était prévue dans un futur lointain. Dans la vision des faiseurs de paix de Paris cela devait être dans des siècles à venir. Les ex-colonies allemandes sont partagées avec une partie du Cameroun qui va la France et une partie qui va à la Grande-Bretagne, mais aussi le Togo partagé entre la France et la Grande-Bretagne, le Tanganyika va à la Grande-Bretagne et le Rwanda va à la Belgique.

C’est une photographie de la ville de Damas qui montre un fort degré d’urbanisation, mais qui ne serait pas encore capable de se gouverner par elle-même.

Dans le contexte prévu de l’article 22 du pacte de la Société des Nations, les puissances européennes mandataires font une administration directe du territoire. Si avec les mandats de type A il y a une forme ambiguë de la puissance européenne qui aide et qui conseille, avec le mandat du type B c’est une administration directe du territoire. Le mandat de type B garantit une liberté de conscience et de religion. On garde les vieilles structures coloniales, mais en donne certains droits. Il y a un mouvement vers la prohibition des abus comme l’alcool, mais aussi la prohibition de l’esclavage et du trafic d’armes. Dans ce territoire, il y a une interdiction de recruter des troupes. Il y a l’idée que ces territoires ne peuvent pas être utilisés comme réservoir pour les puissances européennes pour alimenter les propres troupes. Les puissances européennes ne pouvaient construire des fortifications dans ces territoires. Ces territoires sont mis sur une condition d’égalité commerciale pour tout le monde de la Société des Nations, c’est-à-dire que les puissances mandataires, même si elles administraient directement un territoire, devaient ouvrir la porte aussi aux autres pays pour permettre le commerce.

Pour ce qui concerne les mandats du type C, l’indépendance n’est pas prévue dans le siècle à venir. Dans la vision du monde des faiseurs de paix de 1919 à Paris, ce sont des pays qui ne pourront pas obtenir leur indépendance. Dans la hiérarchie des races, les mandats de type C sont les plus bas. Les dominions qui sont des colonies blanches de la Grande-Bretagne et le Japon deviennent mandataires. Des puissances comme les dominions qui sont des colonies deviennent des puissances coloniales eux-mêmes parce qu’ils contrôlent des mandats. L’Afrique du Sud-Ouest est gérée par le domaine de l’Afrique du Sud, les îles Samoa vont à la Nouvelle-Zélande, Nauru et la Nouvelle-Guinée vont à l’Australie tout comme des îles du Pacifique qui vont également au Japon. La définition dans l’article 22 du pacte de la Société des Nations est qu’un mandat de type C est administré comme une partie intégrante du territoire de la puissance mandataire. C’est une partie intégrale de cet État et cet État peut faire ce qu’il veut.

Même si la version définitive du concept des mandats constitue un compromis fondé sur des représentations tout à fait racistes, on peut tout de même soutenir la thèse selon laquelle le système des mandats combiné avec le potentiel que donnait le droit des peuples à l’autodétermination représenta un catalyseur pour la décolonisation. En interdisant l’annexion tout court et le transfert de propriété des mandats à des puissances, mais en confiant le mandant à la Société des Nations, le droit des États coloniaux d’occuper d’autres territoires est mis fondamentalement en question. D’autre part, le mandat avait aussi contemplé le droit des peuples à se plaindre et donc que ce droit de se plaindre auprès de la Société des Nations. Ce droit de plainte permettait aux populations indigènes d’avoir un discours public international sur la politique coloniale des États souverains. Le fait de pouvoir se plaindre et d’amener des questions coloniales à l’agenda international était quelque chose d’important pour ces peuples. Les contrats de mandat concernant les mandats de type A et de type B contournaient la condition de conduire les territoires administrés à l’indépendance. La Société des Nations confie ce mandat aux puissances, la tâche au moins du point de vue discursif est de conduire les territoires administrés à l’indépendance. À la longue, cela devient extrêmement difficile ou cela devient absolument incompréhensible pour les habitants des colonies traditionnelles. Les puissances victorieuses de la Première Guerre mondiale avaient encore leurs propres colonies traditionnelles qui naturellement n’étaient pas soumises à des mandats. Si les territoires des puissances qui ont perdu la guerre obtiennent au moins en théorie la possibilité un jour d’obtenir l’indépendance, cela devient incompréhensible pour les colonies traditionnelles des États vainqueurs de comprendre pourquoi ils ne peuvent pas devenir indépendant un jour.

Créer le discours des mandats amène à une certaine dynamique sur la question coloniale qu’il n’y avait pas avant. Dans un monde qui était marqué par le nationalisme et par le darwinisme social, le système des mandats et quand même un peu encore étranger, car il porte atteinte à la souveraineté des États nationaux et européens, tout ce système a changé le discours de légitimation des colonies. Pour cette raison, il ne faut pas sous-estimer l’importance des traités de Paris pour l’évolution des colonies au XXème siècle. Peu importe la manière de juger l’intention et les effets de la politique coloniale conçue à Versailles, les évolutions qui ont commencé à Paris ont sûrement conduit en 1960 à l’année de la décolonisation de l’Afrique. Ces développements ont véritablement commencé à Versailles. Versailles a mis en route un mécanisme qui arrive à aboutir en 1960.

La dimension économique[edit | edit source]

Nous allons voir les éléments qui vont se développer après au XXème siècle. La thèse est que la conférence économique et financière de Gênes qui a lieu en 1922 fut la première tentative multilatérale de diriger l’économie mondiale. En créant la Banque des règlements internationaux en 1930, Versailles marque aussi le début des tentatives d’orientation et de manipulation du système monétaire international comme on va le voir après la Deuxième Guerre mondiale.[49][50][51]

La question qui touche à la question des réparations est omniprésente. Ceci est aussi en corrélation avec la dimension que cette question prend dans l’historiographie qui a commencé immédiatement après la paix de Paris et pour finir continue encore aujourd’hui. Il y a d’un côté l’immense indignation en Allemagne pour la paix de Versailles et il y a aussi la brillante critique économique de John Maynard Keynes qui fait une critique sur pourquoi le système de réparation va à nuire au système économique européenne et pourquoi c’est une mauvaise solution.

Cette question des réparations a profondément marqué le débat et il est intéressant de s’intéresser aux travaux de Wolfgang Mommsen qui à juste titre dit qu’il faut finalement arrêter de se demander et donc de continuer avec cette question qui est une discipline de savoir si et comment l’Allemagne devait payer des réparations et est comment elle pouvait le faire. En réalité, d’après les résultats de nouvelles recherches, les Allemands ont payé jusqu’en 1932 environ 25 milliards de Reichsmarks en réparation. Si en compte cette somme avec les 5 milliards que la France a payés parce qu’elle avait perdu la guerre de 1871, ces 25 milliards pour une guerre qui a durée quatre ans, pour une guerre totale comme la Première Guerre mondiale, pour une guerre qui avait dépassé toutes les limites connues jusqu’à présent, cette somme est vraiment à voir comme une somme en dehors de ce qu’on pouvait s’imaginer. La recherche a montré, et presque tous les chercheurs sont actuellement d’accord sur le faite, que l’Allemagne a obtenu de façon générale une somme plus élevée par le biais des emprunts faits à l’étranger que celle qu’elle a payée pour les réparations. Contrairement à un regard porté jusqu’à présent sur les réparations, ce sont des problèmes économiques fondamentalement plus importants auxquels les peacemakers furent confrontés à Paris et qui maintenant devraient vraiment attirer l’attention des chercheurs plutôt que cette question des réparations. Grâce aux travaux de Georges André, nous en savons désormais beaucoup sur les objectifs économiques pendant la Première Guerre mondiale.

Nous sommes encore trop peu sur la dimension économique des négociations de paix parisiennes. Il existe dans ce domaine encore de grandes lacunes, car en réalité, la paix de Paris était bien plus qu’un ensemble arithmétique de réparations. La partie X du traité de Versailles réglait les relations économiques. C’est ainsi que des questions qui étaient liées en principe au principe de la nation la plus favorisée, des principes des douanes et des principes de propriété ont été réglées. Il serait faux de ne voir ici seulement qu’un résultat négatif. Par exemple, il y a le principe de la nation la plus favorisée, cet élément a indirectement une forte connotation multilatérale. Ce principe dit que quand deux pays font un traité bilatéral, il y a une clause qui dit qu’on va appliquer les normes et les tarifs douaniers de la nation la plus favorisée. C’est une clause qui est bilatérale, mais qui a en interne un élément qui est fortement multilatéral. En plus de ces principes, toute une série d’accords était purement technique étant vu comme pas politique ont permis au régime international de se renforcer dans de nombreux domaines. Dans le traité de Versailles on règle par exemple question de la protection des câbles sous-marins qui est primordial si on veut dans un monde global sauvegarder la télécommunication. Le traité de Versailles règle même l’uniformisation des chemins de fer. Le traité de Versailles essaie d’uniformiser ces questions. Il y a par exemple la question des publications des tarifs douanière qui est aussi réglée dans le traité de Versailles il y a même la question de l’uniformisation des statistiques du commerce, il est abordé la suppression du travail de nuit des femmes, il y a une l’interdiction du phosphore qui faisait mourir beaucoup de deux travailleurs. Il y a une tentative pour améliorer le système métrique, il y a des contrats des postes et des télégraphes. Ce n’est pas seulement une question d’une paix dictée à l’Allemagne, mais c’est véritablement une tentative de construire un système qui se veut de plus en plus international. Dans la partie XII du pacte sont réglées les questions économiques relatives aux ports, aux voies fluviales et aux chemins de fer. La commission chargée de traiter ces questions devait élaborer une convention générale des transports. Cet objectif ne fut pas atteint, mais fut abordé à la conférence de Gênes en 1922. Ce sont des témoignages de la volonté de réorganiser le monde dans le domaine économique.

Ces aspects économiques ont constitué la première pierre pour la conférence économique internationale de Gênes en 1922. C’est la première fois où on essaie de réintégrer les puissances qui n’étaient pas présentes à Paris à savoir l’Allemagne et la Russie. La conférence de Gênes qui a été interprétée souvent dans l’historiographie comme l’histoire d’un échec est quand même extrêmement intéressante et importante pour toutes sortes de développements qui vont aboutir aussi après la Deuxième Guerre mondiale. Par exemple, la Banque des règlements internationaux sera créée en 1930 à Bâle dans le cadre du plan Young pour la question des réparations. En créant cette banque des règlements internationaux, Versailles marquait aussi le début des tentatives de régulation du système monétaire international. C’est grâce à Versailles qu’il fut possible dans la dernière phase de la Deuxième Guerre mondiale de penser le système de Bretton Woods et la mise en œuvre d’une banque mondiale.

Le système international[edit | edit source]

La thèse est que la Société des Nations n’a pas échoué, mais elle a été torpillée. Le système de l’ONU n’est que la simple la continuation de la Société des Nations sous un nouveau pavillon. En ce sens, Versailles marque le début d’une nouvelle époque du droit international public et du système international. Cette thèse cherche à réviser les interprétations courantes qui veulent la Société des Nations seulement comme l’histoire d’un échec.

Avec Versailles c’est une nouvelle époque de l’histoire du droit international public qui a commencé même si ni le traité de Versailles ni la Société des Nations n’a réussi à mettre en route un ordre de paix international efficace. Dans un sens historique respectivement hégélienne, le traité de Versailles peut paraître avoir été nécessaire à la construction après la Deuxième guerre mondiale d’un ordre de paix fondée sur les idées de compréhension, d’humanité, de justice internationale et d’autodétermination démocratique de la communauté internationale. Dans le système de la Société des Nations avec l’idée de l’interdiction de la guerre d’agression, il y a l’idée d’une organisation internationale universelle dont le but serait d’imposer ce principe. Rétrospectivement, la Société des Nations a été décrite surtout comme un rendez-vous manqué, un jugement qui n’a jamais rendu justice aux intentions de ses fondateurs et à ses éléments innovateurs. La Société des Nations rassembla les énergies nées des courants les plus différents et jusqu’à là qui étaient aussi concurrents et qui arrivent après à être organisés d’une certaine manière dans cette Société des Nations qui est une espèce de condensation de ces développements qu’on a vus dans la deuxième moitié du XIXème siècle.

Le système de la Société des Nations indiquait la direction de l’ONU en ce qui concerne sa diversité thématique. Ce fut en fait avant toute une institution de modernisation. C’est un moteur de modernisation des relations internationales. Il y a eu une organisation pour le transport et le transit, il y a eu une organisation pour la santé publique, pour le travail intellectuel et bien d’autres encore. Le personnel de la Société des Nations provenait de tous les États membres et toutes ces personnes travaillaient ensemble à Genève. Les institutions de Genève qui se créées avec le traité de Paris ont jouées un rôle déterminant dans la dimension sociale des relations internationales.

Une des innovations fondamentales et sorties du faite qu’on a reconnu l’injustice sociale, la misère et que la misère et les privations pouvaient mener à des conflits et à des guerres étant inscrit dans le préambule de l’Organisation internationale du travail. L’OIT fait partie intégrante du traité de Versailles. L’OIT était l’un des éléments les plus progressistes du nouvel ordre international, car elle comprenait, pour ainsi dire, des éléments d’une organisation internationale venant d’en bas. C’était également une réponse des puissances occidentales donc du monde libéral face aux défis de la Révolution russe. L’importance de l’Organisation internationale du travail pour les États est apparue de manière particulièrement éclatante lorsque les États qui n’appartenaient pas ou plus à la Société des Nations ont quand même décidé de devenir ou de rester membre. Les États-Unis deviennent membre en 1934 en même temps que l’Union soviétique qui adhère aussi à la Société des Nations. L’Allemagne et l’Autriche appartenaient à l’OIT avant 1926 lorsqu’ils sont entrés dans la Société des Nations. Même le Japon qui quitte la Société des Nations faisait partie de l’OIT jusqu’en 1940 même justement s’il avait quitté la Société des Nations en 1935. Même s’il y a la grande politique qui fait que les puissances sortent de la Société des Nations, il y a des éléments qui font que certains pays restent membres pour y participer. L’OIT faisait partie des organisations techniques du système de la Société de Nation qui plus ou moins d’une manière directe après la Deuxième Guerre mondiale n’entre pas dans les Nations Unies.

Le système de Versailles des organisations internationales a fourni quelque chose de considérable aussi dans le domaine international général et aussi dans les relations transnationales. Ces normes et ces règles avec un haut niveau de légitimité ont formé des standards qui avaient une efficacité qui n’est absolument pas à sous-estimer pour les l’État. Si on compare avec l’ONU, la Société des Nations disposait déjà dans le domaine de la sécurité collective d’un répertoire assez ingénieux. Elle souffrait cependant d’un grand déficit dans un deuxième domaine dans lequel l’ONU joue aujourd’hui un rôle essentiel qui est celui des droits de l’homme. La période entre les deux guerres est une période où va se mettre en route les droits collectifs donc l’autodétermination des peuples, mais pas encore les droits sur le plan individuel. Toute l’histoire de l’échec de Versailles est une préparation pour ce que va se mettre en route avec les Nations Unies et plus tard avec la déclaration de droits de l’homme de l’ONU.

L’histoire autant que poursuite de la guerre par d’autres moyens[edit | edit source]

Versailles a signifié aussi le début de l’établissement de l’histoire contemporaine des relations internationales en tant que discipline scientifique. Dans le paragraphe 231 du traité de Versailles, les vainqueurs ont défini que l’Allemagne et ses alliés étaient coupables pour avoir déclenché la guerre. Cet article qui définit la culpabilité était quelque chose de nouveau dans les relations internationales. Dans le contexte de l’article 231, il y a un lien direct avec l’histoire. Si on pouvait avec des preuves d’archives montrer que l’Allemagne n’était pas coupable pour avoir déclenché la guerre, on aurait pu faire une révision du traité de Versailles. Si on arrive à montrer que l’Allemagne n’est pas coupable, on peut avoir une révision du traité de Versailles.

C’est la raison pour laquelle l’État allemand va véritablement investir des millions pour ouvrir les archives allemandes et publier les documents. C’est grâce à la publication des documents allemands qui touchent l’histoire très récente que va voir se développer surtout aux États-Unis une école révisionniste qui suit le point de vue allemand et qui étaient convaincus que l’Allemagne n’était pas coupable seulement coupable pour le développement de la Première Guerre mondiale. L’ouverture des archives pour la recherche est une avancée de Versailles parce qu’en ouvrant les archives, les Allemands voulaient montrer ne pas être les seuls coupables, mais que cela était vraiment la course au colonialisme à partir des années 1880 qui avaient mené à cette guerre. La France et la Grande-Bretagne se voient forcées aussi d’ouvrir leurs propres archives et publier leurs propres documents.

Vers la fin des années 1930, pour la première fois dans l’histoire, les historiens ont à disposition des documents qui sont récents touchant la période à peine écoulée et qui ne sont pas falsifiés et qui sont authentiques. C’est ainsi qu’on peut dire aujourd’hui que l’établissement de la discipline scientifique de l’histoire contemporaine sort aussi de Versailles. Versailles a aussi porté à une conception plus scientifique basée sur des sources et plus démocratique de l’histoire parce que grâce à ses sources les chercheurs de tout le monde pouvaient reconstruire l’histoire à partir de la fin du XIXème siècle.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]

  1. Profil de Sacha Zala sur Documents Diplomatiques Suisses
  2. CV de Sacha Zala
  3. Profil wikipedia de Sacha Zala
  4. Profil de Sacha Zala sur le site de l'Université de Berne
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