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L’ONU et la Guerre froide de 1945 à 1973 : crises et coopérations

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Nous allons chercher à analyser le rôle de l’ONU dans la guerre froide et essayer d’évaluer l’efficacité de l’ONU dans cette période.

L’ONU et le début de la Guerre froide[edit | edit source]

La situation après la Deuxième Guerre mondiale[edit | edit source]

En 1945, les conséquences de la Deuxième Guerre mondiale sont devenues évidentes, les pertes humaines et les dommages matériels surpassaient ce qui avait été connu jusqu’à là. Le plus atteint était l’URSS avec 25 millions de morts, la Chine, l’Allemagne, la Pologne et aussi le Japon. Les évènements de la guerre et les atrocités devaient être traités moralement et juridiquement. Comme après la Première Guerre mondiale, des combats isolés ont continué sans interruption et se sont insérés dans le contexte de la Guerre froide. Les découvertes techniques et scientifiques pendant la guerre ont offert de nouvelles possibilités pour le civil. Ce sont surtout les domaines de l’avion, de l’avion spatial, de la technologie informatique, des médicaments et des procédés médicaux. L’énergie atomique a donné à la société civile une nouvelle forme d’énergie suscitant des problématiques. La Deuxième Guerre mondiale a suscité des élans de démocratisation avec des groupes dans le suffrage féminin, des tentatives de chercher de supprimer les classes sociales pour trouver un équilibre social plus stable autant du côté libéral que du côté communiste. Il faut aussi situer le constat du droit des Roms.

Les premières tensions[edit | edit source]

La constellation mondiale des puissances a également évoluée, la coalition des alliés était restée étonnamment forte. Après la défaite de l’Allemagne, la coalition des vainqueurs s’est rapidement désintégrée. Déjà pendant la Deuxième Guerre mondiale, des tensions se faisaient sentir notamment concernant l’ouverture d’un deuxième front et l’organisation de l’après-guerre à travers les conférences de guerre. Les deux camps ont fait de grandes concessions. Les alliés occidentaux s’opposaient à Staline en particulier sur les questions territoriales. Les Pays baltes et les pays orientaux avaient déjà été à l’agenda dès la conférence de Téhéran. En janvier 1944, les alliés ont décidé de diviser l’Allemagne en zones d’occupation. En 1944, Staline et Churchill ont établi à Moscou des zones d’influence en Europe de l’Est et de l’Est du Sud. Ces zones d’influences étaient définies avec un pourcentage de contrôle de la part de l’Union soviétique. Par exemple, la Roumanie devait être une zone à 90 % et la Bulgarie à 80 % sous contrôle communiste. Cela allait contre ce que Roosevelt voulait et son concept de « one world » alors que Staline et Churchill restent dans leur manière de penser dans l’ancien style impérialiste. On peut voir que Staline qui en août 1939 entre le pacte Molotov–Ribbentrop qui avait divisé l’Europe en deux camps, avec les alliés occidentaux, il reçoit même plus que ce qu’il avait négocié avec Hitler. Staline s’opposait aux alliés occidentaux sur la question du droit des peuples et l’ordre d’après guerre basé sur des principes démocratiques. Les démocraties signifiaient pour Staline des coups d’État avec le soutien de l’Armée rouge.

Les tensions entre les alliés de guerre se sont fait sentir de manière toujours plus forte à partir de la conférence de Postdam quand l’Allemagne est déjà défaite, mais il y a encore la guerre avec le Japon. À cette conférence, les personnalités ne sont plus les mêmes, Truman remplace Roosevelt et Attlee remplace Churchill qui n’avait pas été réélu. Au contraire, Staline est encore là. Truman ne cache pas devant Staline qu’il est assez irrité quant à l’intervention soviétique en Europe de l’Est. Des questions ouvertes n’ont pas pu être réglées à Postdam et principalement la question allemande primordiale pour la Guerre froide et la question des compensations des destructions pendant la guerre. Il n’y a pas de traité de paix avec l’Allemagne, mais il y en a un avec l’Italie. Les deux bombes atomiques ont explosé au Japon pendant cette conférence. Il y a tout un débat pour savoir si l’administration démocrate n’a pas donné trop de concessions à Staline vu que pour l’entrée en guerre de Staline contre le Japon, les États-Unis vont faire beaucoup de concessions et la guerre va se terminer par l’engagement de la bombe et non pas par l’engagement soviétique.

Le feu aux poudres a été mis entre le communisme et le capitalisme. Cette dualité va changer tout de suite les logiques qu’il y avait au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale déjà avec la question de la dénazification qui va être stoppée par le début de la Guerre froide, il s’agit d’intégrer les élites nazies pour lutter contre le danger communiste. Les fascistes vont être réintégrés dans le système politique afin de pouvoir avoir une élite contre la peur d’un coup d’État ou d’une prise de pouvoir communiste. Il y a une grande continuité des élites dans les pays fascistes et c’est le cas surtout dans le domaine de la justice.

La fin de la Seconde Guerre mondiale est liée d’une manière inextricable au début de la Guerre froide. La Guerre froide est une conséquence de la guerre de conquête nationale-socialiste, la question allemande est au centre de la Guerre froide. Il est important de retenir que l’année 1945 marque un changement majeur par rapport à la période d’entre-deux guerre. Alors que dans l’entre-deux-guerres, la plupart des grandes puissances mondiales n’étaient qu’en partie entrées dans le système mondial, à savoir les États-Unis, l’URSS et l’Allemagne jusqu’en 1926, cela change fondamentalement après la Deuxième Guerre mondiale. Et les États-Unis et l’Union soviétique participent à l’ordre d’après la Deuxième Guerre mondiale. La création des Nations Unies avec le discours des discontinuités avec la Société des Nations est en premier lieu avec les États-Unis et l’Union soviétique pour garder leur position et entrer dans cette organisation en appuyant sur le fait qu’il ne s’agit pas de la continuation d’un système qui n’a pas fonctionné. Le poids politique des puissances européennes traditionnelles a massivement reculé même si en 1945, à Londres et Paris ce n’est pas clair et difficile à accepter. Par contre, pour le Japon et l’Allemagne cela est clair. Cela a permis de faciliter l’intégration des pays qui ont perdu la Seconde guerre mondiale dans la communauté des États démocratiques même si l’intégration des deux Allemagnes aux Nations Unies prendra beaucoup de temps.

Les premières tensions qui se produisent pendant le début de la Guerre froide ont eu une répercussion tout de suite au sein de l’ONU. Au début déjà des oppositions sont apparues et donc il y a des oppositions dans le système des Nations Unies à travers l’utilisation du droit de véto. En 1946, l’URSS a retardé son retrait de troupes en Iran du Nord, les Britanniques avaient des troupes en Grèce, en Palestine, les arabes comme les juifs essayaient d’obtenir leur indépendance en Palestine. Le coup d’État en Tchécoslovaquie a représenté un défi pour les États démocratiques tandis que le blocus de Berlin a marqué un tournant important dans l’histoire des alliés et à s’assurer la rupture définitive.

La décolonisation[edit | edit source]

La création de l’Organisation des Nations Unies (1946) - atlas-historique.net

La décolonisation est probablement le développement le plus significatif dans l’après-Deuxième Guerre mondiale. L’année 1960 est dite l’« année de l’Afrique ». C’est l’année de la décolonisation, l’année «magique» pour l’Afrique, l’année où la plupart des États africains ont obtenu leur indépendance. Les débuts de la décolonisation sont difficiles à fixer. C’est surtout lors de la conférence de Paris que le droit à l’autodétermination des peuples et le système de mandat ont marqué un pas important dans l’indépendance des colonies même si l’indépendance ne s’est pas imposée. L’idée était que ces territoires pouvaient devenir un jour indépendants.

La décolonisation - atlas-historique.net

Pendant l’entre-deux-guerres, la suprématie des blancs est restée incontestée même si la contestation est devenue plus grande sans cesse. L’élite indigène de ces colonies souvent formée en Europe commençait à revendiquer la participation au profit économique et politique dans leur pays. À partir des années 1920, les intellectuels indigènes insatisfait se rattachaient au parti communiste, partageant un combat commun pour les peuples coloniaux. L’établissement de l’élite et l’attractivité du système soviétique qui se veut anticolonialiste font que les élites vont se réunir en partie derrière le communisme. Les colonies ont perdu l’importance économique qu’elles avaient réussi à obtenir dans les années 1920. Dans les années 1930, avec la crise économique et politique, il y a un déclin des colonies qui va changer durant la Deuxième Guerre mondiale pour fournir des matières premières et des combattants. Il y a une détérioration de la perception du rôle des métropoles blanches vu que les promesses faites ne sont pas maintenues. En 1945, les pouvoirs coloniaux font face à la question difficile de savoir comment assurer les promesses faites. Les caisses des États étaient vides, les foyers étaient endettés. L’idée d’accorder l’indépendance aux colonies n’était pas au premier plan. Les Français, les belges et les Néerlandais ne voulaient pas se séparer de leurs possessions en tout cas pas immédiatement. Cette situation s’est encore aggravée au début de la Guerre froide. Roosevelt n’avait pas caché son rejet du colonialisme et mis ses alliés sous pression.

Le rôle des États-Unis met en premier plan les États-Unis de manière globale, à savoir son rôle prédominant dans le champ occidental et aussi une attractivité pour ces pays qui voulaient atteindre l’indépendance. Cette orientation anticolonialiste de Washington envers les vieux pays européens et leurs colonies s’est par exemple manifestée avec l’octroi de l’indépendance aux Philippines en 1946. En même temps, il y a le fait que l’URSS se conçoit dans son discours de manière active comme anti-impérialiste. Il y a une forme de concurrence entre les États-Unis et l’Union soviétique qui met en crise les anciennes puissances européennes et leur système coloniaux. L’ONU a fait une prescription du racisme enlevant presque complètement la légitimité du système colonial. Tous ces facteurs ont permis le déclenchement des négociations.

Dans les États, il y avait une administration indirecte, à savoir les colonies britanniques, il y a eu moins de problèmes que dans le modèle où il y avait un modèle d’administration direct. Les États qui se sont décolonisés en partant du système indirect britannique ont eu moins de problèmes. C’est avant tout l’existence de grandes communautés d’immigrants blancs qui a rendu la décolonisation compliquée. Ces populations ne pouvaient être ni abandonnées ni rapatriées. Souvent, les mouvements d’indépendance qui se sont fondés sur la lutte contre le colonialisme européen se sont très rapidement désintégrés menant à des guerres civiles dans plusieurs pays. Cette situation était particulièrement dévastatrice du fait que dans le contexte de la Guerre froide, elle a très rapidement offert l’occasion aux puissances mondiales dans les troubles en terme de chercher à reprendre le contrôle aussi et surtout pour les anciens pays coloniaux. Même dans le cas où il n’y avait pas de guerre civile, Moscou et Washington ont essayé de ramener certains États dans leur camp, mais aussi parce qu’en faisant comme ça, les deux superpuissances voulaient renforcer leur influence au sein de l’Assemblée générale de l’ONU.

L’élargissement de l’ONU aux nouveaux États indépendants (1946-1989) - atlas-historique.net

Ces nouveaux États ont tenté de se retirer de la Guerre froide lançant le mouvement des non-alignés à Bandung en 1955. Ce mouvement doit se lire dans le contexte d’une tentative de ces pays à grand potentiel de chercher et trouver une place à côté du système bipolaire des superpuissances. Ce mouvement des non-alignés était porté par l’Inde, la Yougoslavie, mais aussi par l’Égypte. Ce mouvement était pratiquement une illusion de penser échapper à la Guerre froide. C’est pays ont aussi eu un rôle, leur développement étant fortement marqué par la Guerre froide. En revanche, les non-alignés ont joué un rôle important dans la décolonisation et la politique de développement surtout aux Nations Unies.

L’ONU s’est occupée de la décolonisation de manière variée. Les territoires sous de s l’ONU ont remplacés le système des mandats de la Société des Nations par un statut de tutelle. L’idée était de redéfinir ce qu’étaient des « territoires dépendants ». L’ONU a dû clarifier ce qu’elle entendait par territoire dépendant. L’ONU a joué un rôle important pour tenter de définir le statut de ces deux pays.

Le règlement pacifique des différends[edit | edit source]

Les Nations Unies visent à régler pacifiquement les différends. L’article 33 dit « Les parties à tout différend dont la prolongation est susceptible de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationale doivent en rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation, d’enquête, de médiation, de conciliation, d’arbitrage, de règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux, ou par d’autres moyens pacifiques de leur choix. Le Conseil de sécurité, s’il le juge nécessaire, invite les parties à régler leur différend par de tels moyens ». Les instruments qui se mettent en place relèvent de la Conférence de La Haye de 1892 et qui était en partie contenue dans le Pacte de la Société des Nations. L’article 36 dit que « Le Conseil de sécurité peut, à tout moment de l’évolution d’un différend de la nature mentionnée à l’Article 33 ou d’une situation analogue, recommander les procédures ou méthodes d’ajustement appropriées », soulignant le rôle important du Conseil de sécurité. L’article 39 règle les compétences du Conseil de sécurité : « Le Conseil de sécurité constate l’existence d’une menace contre la paix, d’une rupture de la paix ou d’un acte d’agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises conformément aux Articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales ». L’article 40 dit que le Conseil de sécurité peut prendre des mesures provisoires : « Afin d’empêcher la situation de s’aggraver, le Conseil de sécurité, avant de faire les recommandations ou de décider des mesures à prendre conformément à l’Article 39, peut inviter les parties intéressées à se conformer aux mesures provisoires qu’il juge nécessaires ou souhaitables. Ces mesures provisoires ne préjugent en rien les droits, les prétentions ou la position des parties intéressées. En cas de non-exécution de ces mesures provisoires, le Conseil de sécurité tient dûment compte de cette défaillance ». L’article 41 règle les mesures qui sont prises avant de prendre des mesures militaires « Le Conseil de sécurité peut décider quelles mesures n’impliquant pas l’emploi de la force armée doivent être pris pour donner effet à ses décisions, et peut inviter les Membres des Nations Unies à appliquer ces mesures. Celles-ci peuvent comprendre l’interruption complète ou partielle des relations économiques et des communications ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radioélectriques et des autres moyens de communication, ainsi que la rupture des relations diplomatiques ». Ces mesures qui étaient déjà prévues par la Société des Nations, si on est dans un système peu universelle, cela n’a pas beaucoup d’effet. Si on est dans un système universel, cela signifie que ces mesures peuvent avoir un certain poids puisqu’un État soumis à ces mesures devient un parti. L’article 42 dit : « Si le Conseil de sécurité estime que les mesures prévues à l’Article 41 seraient inadéquates ou qu’elles se sont révélées telles, il peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu’il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales. Cette action peut comprendre des démonstrations, des mesures de blocus et d’autres opérations exécutées par des forces aériennes, navales ou terrestres de Membres des Nations Unies. ». L’article 43 stipule que « 1. Tous les Membres des Nations Unies, afin de contribuer au maintien de la paix et de la sécurité internationales, s’engagent à mettre à la disposition du Conseil de sécurité, sur son invitation et conformément à un accord spécial ou à des accords spéciaux, les forces armées, l’assistance et les facilités, y compris le droit de passage, nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales. ». Il y a un nouvel élément des relations internationales à savoir une organisation internationale qui a une propre force armée ce qui n’était pas le cas dans le cadre de la Société des Nations.

La question de Berlin et le Blocus de Berlin[edit | edit source]

Après la défaite Allemagne, l’Allemagne a été divisée entre puissances victorieuses partagées entre les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’URSS et la France. L’Allemagne n’est plus considérée comme un État autonome. Les alliés, avec la déclaration de Postdam en 1945, sont allés contre le droit international qui était valable jusqu’à présent. Le droit international est quelque chose de dynamique est qui reflète toujours le développement réel de la situation politique. La Suisse ne va jamais accepter l’autorité suprême des alliés sur l’Allemagne, la Suisse ne veut pas liquider les avoirs allemands comme voulaient le faire les alliés.

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Le Blocus de Berlin est la première crise de la Guerre froide dans le sens où elle oppose les deux grandes superpuissances. Truman va définir le containment et le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe. Le plan Marshall devait aussi s’appliquer aux pays communistes avec une tentative insidieuse d’y introduire le capitalisme. Le ministre des affaires soviétique Molotov quitte la conférence des ministres des Affaires étrangères sur la question du plan Marshall à Paris signant une première grande rupture le 12 juillet 1947. Aux yeux de l’ouest, les troubles en Tchécoslovaquie en 1948 symbolisent l’attitude hostile de Moscou. En réaction la Grande-Bretagne, la France et les Benelux signent le pacte de Bruxelles donnant la naissance en 1949 de l’OTAN en dehors du système des Nations Unies. Ce développement est considéré comme l’Union soviétique comme une grande provocation. L’URSS va réagir à cette provocation par le Blocus de la capitale allemande qui était aussi divisée en quatre parties.

Les interprétations historiques ont souvent interprété ce blocus soviétique de la capitale comme une grande erreur de la part de l’Union soviétique parce que cette mesure touchait en premier lieu une population civile déclenchant une grande vague internationale de solidarité vers le camp de l’ouest. Cela a donné lieu à la mise en place d’un pont aérien pour apporter de l’approvisionnement et rapporter des documents réquisitionnés. On aurait dû appliquer l’article 33 de la Charte de l’ONU, mais cela n’était pas possible vu que quatre parmi les cinq puissances qui avaient un droit de véto étaient directement impliquées dans cette affaire ne rendant pas les choses plus simples. L’Union soviétique était du point de vue que les affaires liées à l’Allemagne concernaient que les alliés et pas l’ONU donc il fallait organiser une rencontre des ministres des Affaires étrangères des alliés. S’opposant à la volonté des l’Union soviétique, le Conseil de sécurité décida de traiter de la question de Berlin. On peut retenir que pour finir, c’est dans les coulisses que les États-Unis et l’Union soviétique ont dû se mettre d’accord étant un succès de la diplomatie onusienne. 

IEG-MAPS, Institute of European History, Mainz / © A. Kunz, 2004 - German History in Documents and Images (GHDI)

La question de savoir à quel point le rôle de l’ONU a été décisif est une question qui est encore controversée dans l’interprétation des historiens. Cette histoire a renforcé l’image de l’ONU parce qu’elle a montré que l’ONU dispose d’organes capables et de moyens variés. Ce blocus a eu lieu jusqu’en mai 1949 est la création de la République fédérale d’Allemagne. C’était toujours la partie occidentale qui a fait le premier pas avant d’avoir une réaction du côté communiste.

La question de Berlin va être une deuxième fois le théâtre de l’opposition forte au sein de la Guerre froide. En 1961, lorsque le régime communiste de la république communiste allemande construit le mur de Berlin. Ce mur devait en particulier empêcher la fuite des jeunes Allemands de l’Est. Cette frontière menaçait sévèrement le développement économique et l’existence même de la République démocratique allemande. En été 1961, de milliers de jeunes allemands quittaient l’Allemagne communiste pour arriver en Allemagne fédérale. Déjà dans les années 1950, les communistes de l’Allemagne démocratique avaient commencé à construire un système de frontières assez fortes. Ce qu’il est important de retenir est qu’en 1961, le secrétaire général du parti communiste, Khrouchtchev a essayé d’intimider le nouveau président des États-Unis Kennedy. Cela n’a pas marché et il faut voir qu’au-delà de la propagande américaine, c’était un soulagement pour les États-Unis d’avoir ce mur afin d’apaiser une situation qui pouvait tourner de façon dangereuse.

Les conflits classiques de la Guerre froide[edit | edit source]

Conflit du Cachemire[edit | edit source]

L’indépendance et la partition de l’Inde (1947-1948) - atlas-historique.net

Le conflit du Cachemire est un très bon exemple qui nous permet d’observer toute sorte de questions à savoir les structures précoloniales, comment les Britanniques ont exercé le pouvoir, les questions liées à la religion. Une partie était islamique et une partie était de religion hindoue. Cela amène à toute sorte de développement et les Britanniques qui contrôlent ces territoires acceptent la théorie des deux nations et permet la création des États différents. L’exemple du Cachemire montre clairement que le processus de décolonisation a pu raviver d’anciens et de nouveaux conflits qui pour certains comme pour le cas du Cachemire durent encore aujourd’hui.

Cachemire : une guerre à plus de 4 000 m d’altitude - atlas-historique.net

Le problème de la décolonisation a ouvert d’anciens conflits qui durent aujourd’hui. Le Pakistan, a été intégrée dans le bloc de l’ouest pendant la Guerre froide et on peut même voir le rapport étroit qu’il y a eu entre l’Inde et l’Union soviétique même si l’Inde était un pays non- aligné signant un traité d’amitié avec Moscou. Il y a une ambiguïté du rôle des superpuissances dans le contexte des guerres de décolonisation.

Guerre de Corée[edit | edit source]

La guerre de Corée, juillet-septembre 1950 - atlas-historique.net

Les deux zones d’occupations se mettent en place autour du 38ème parallèle après la Deuxième Guerre mondiale. Il y a eu un rôle intéressant au sein des Nations Unies. Lorsque le gouvernement de la Corée du Sud s’est tourné vers les Nations Unies vu qu’il y avait cette situation de guerre, l’URSS était absente de cette commission parce qu’elle boycottait cette commission depuis le début des années 1950 comme réaction comme non-reconnaissance de la République populaire de Chine et s’était la Chine de Taiwan qui représentait la Chine aux Nations Unies. Dans ce contexte, le Conseil de sécurité a décidé à 9 voix contre 0 de punir la Corée du Nord sans mentionner aucune sanction économique.

La guerre de Corée, janvier 1951-juillet 1953 - atlas-historique.net

Les États-Unis sont intervenus avec des troupes. À la suite de cette intervention américaine, le Conseil de sécurité a décidé d’accorder tout son soutien à la Corée du Sud. L’Union soviétique a déclaré que cette résolution était illégale du fait qu’elle n’avait pas participé à la réunion. 16 États ont pris part à des opérations militaires conduites par l’ONU même si la majeure partie des troupes était américaine. En juillet, le Conseil de sécurité a décidé que les troupes en Corée sous drapeau de l’ONU pouvaient agir plaçant les États-Unis à la tête de la coalition avec MacArthur à sa tête. L’ONU ne joue plus aucun rôle dans les négociations d’armistice qui suivent se prolongeant jusqu’en 1953.

La Guerre de Corée a longtemps été comme oubliée parce que perdue de vue à la suite de la Guerre du Vietnam. La Guerre de Corée n’était pas moins brutale que la Guerre du Vietnam. Dans le cas de la Corée, l’ONU a assurée le rôle en tant qu’instance du maintien collectif de la paix qui en tout cas était une affaire unique qui ne va plus se répéter pendant toute la durée de la Guerre froide sauf cette intervention de l’ONU à cause du fait que l’Union soviétique ait boycotté les travaux de l’ONU. La prochaine aura lieu après la chute du mur de Berlin et l’occupation du Koweït par l’Irak.

Guerre du Vietnam[edit | edit source]

La guerre d’Indochine (1946-1954) - atlas-historique.net

C’est un conflit qui prend lieu sous la colonisation française. Il faut dire que dans le contexte de la Guerre froide, le Conseil de sécurité et l’Assemblée ne se sont pas du tout occupés du conflit. Même s’il n’y a pas eu du point de vue formel d’engagement de l’ONU, le secrétaire général U Thant a joué un rôle important parlant aux partis en guerre et ses efforts vont être couronnés par un succès à la conférence de Paris de 1973. Ce sont ces entretiens qui finalement en 1972 ont amené à un cessé le feu entre les deux pays.  De 1883 à 1954, le Vietnam fait partie de la colonie française d’Indochine avec le Cambodge et le Laos. En 1930 est créé le Parti communiste vietnamien par Hô Chi Minh. En 1941, l’Indochine devient une partie de la sphère d’influence militaire du Japon. C’est durant cette même année qu’est fondé le Vietminh qui est la Ligue pour l’indépendance du Viêtnam. En mars 1945, le Japon met fin à l’administration coloniale française. En septembre est proclamée la République démocratique du Vietnam. En 1968, U Thant est parvenu à mener des négociations menant à un cessez-le-feu. Même si les Nations Unies n’ont pas joué un rôle direct, la fonction du secrétaire général a joué un rôle assez important.

De 1941 à 1945 a lieu la guerre du Vietminh contre le Japon. De 1946 à 1954 prend place la Guerre d’Indochine entre la France et le Vietminh. Une période de transition a lieu de 1954 aux années 1964 – 1965. De 1965 à 1973 a lieu la Guerre du Vietnam entre le Sud-Vietnam allié des États-Unis USA contre le Nord-Vietnam et le Vietcong soutenu par l’URSS et la Chine. De 1973 a 1975 a lieu une guerre civile entre le Nord-Vietnam et le Sud-Vietnam. En 1978, le Vietnam envahit le Cambodge et en 1979 a lieu une guerre contre la Chine.

La question palestinienne[edit | edit source]

La fin du protectorat britannique en Palestine et la création de l’État d’Israël (1948) - atlas-historique.net

En 1947, la Grande-Bretagne remet son mandat à l’ONU. En novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU vote à la faveur une séparation de la Palestine entre un État juif et un État arabe. Jérusalem doit être sous administration internationale. Il y a eu une situation complexe qui continue encore aujourd’hui. Ce conflit est un conflit compliqué en plusieurs phases. Il y a des conditions ethniques et religieuses très stratifiées rendant difficile la construction de territoires géographiques homogènes.

En 1948, Ben Gourion déclare la proclamation de l’État d’Israël menant à la Première Guerre judéo-arabe qui dura jusqu’à 1949. Le Conseil de sécurité s’est réuni afin de trouver une solution à cette situation. Il n’y a pas d’unanimité trouvée à l’intérieur du Conseil de sécurité.

La Guerre froide et la constellation politique vont définir de manière déterminante la politique de la politique de l’ONU. Avant que la Guerre froide n’éclate complètement, les deux superpuissances à savoir les États-Unis et l’URSS ont la même politique et arrivent à créer une puissance suffisante faisant qu’il y a une unanimité au Conseil de sécurité menant à un armistice permettant à Israël d’étendre son territoire. Et le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale ont continué sans cesse de s’occuper de cette question.

La crise de Suez[edit | edit source]

En 1956, Nasser va étatiser le canal de Suez ce qui pour Paris et Londres était un abus menant à une action militaire organisée avec l’État d’Israël qui débute avec l’atterrissage d’un parachutiste israélien au Sinaï. C’est dans ce contexte que les Nations Unies vont mettre en route pour la première fois dans l’histoire de l’ONU une décision prise communément par les États-Unis et l’URSS condamne l’attaque contre l’Égypte, mais menant au véto de la Grande-Bretagne et de la France. Cela montre de manière très claire que les États-Unis étaient décidés à pousser la décolonisation. Suite à l’armistice, le secrétaire général de l’ONU va imposer une troupe d’armistices. C’est un projet qui est l’un des plus importants pour l’évolution de l’histoire de l’ONU. Cette troupe est les Casques bleus qui sont l’instrument le plus efficace dont dispose la communauté mondiale pour le maintien de la paix.


La Guerre de six jour, la Guerre du Kippour et accord de Camp David[edit | edit source]

Cette a guerre menée à une guerre écrasante contre les Arabes qu’Israël va utiliser pour étendre son territoire de manière décisive sur le plateau du Golan, la Cisjordanie, la prise de la bande de Gaza, le Sinaï et Jérusalem. En 1953 a lieu la Guerre du Kippour où les Arabes sont vaincus par les Israéliens. En 1958 ont lieu les accords de Camp David posant une base pour la paix entre Israël et l’Égypte redonnant la péninsule du Sinaï à l’Égypte.

La crise des missiles de cuba[edit | edit source]

La crise des missiles de Cuba est l’un des plus grands défis que l’ONU a dû surmonter. En 1959, Castro entre de manière victorieuse dans la capitale de Cuba et prend possession du pouvoir chassant le dictateur Batista. Dans cette première phase, à partir de 1959, il y a des relations assez détendues entre les États- Unis et Cuba. La situation va se détériorer lorsque les Cubains communistes vont commencer à étatiser les biens américains. Il y a une escalade de la crise. Cuba avait peur d’une invasion américaine exigeant une réduction du personnel de l’ambassade des États-Unis. La Suisse va reprendre les intérêts américains à Cuba. En janvier 1961, une note américaine demande à la Suisse de reprendre et défendre les intérêts américains à Cuba[6].

À la suite de cette crise, il y a une tentative soutenue par le gouvernement américain d’une invasion de Cuba dans la baie des cochons. La situation va s’empirer vers octobre 1962, le président américain Kennedy va annoncer à la radio que les États-Unis ont la preuve que les soviétiques sont en train d’installer des rampes de missiles à Cuba pouvant atteindre les États-Unis.

Les États-Unis vont créer une zone de quarantaine par un blocus naval. Dans la charte de l’ONU est inscrite la liberté de circulation sur les mers, les États-Unis vont parler de « quarantaine » pour outrepasser cette limite. Il va y avoir une concession des deux côtés, Khrouchtchev acceptant d’enlever les missiles de Cuba et les États-Unis vont accepter de retirer les missiles stationnés en Turquie. L’ONU a eu un grand rôle à jouer dans le règlement de cette crise et les efforts de U Thann ont permis de diminuer la tension et de trouver des solutions. C’est grâce aux Nations Unies que des pourparlers et de discussions ont été amorcées même si la crise s’est réglée entre les deux superpuissances.

Utilisation du droit de véto[edit | edit source]

Il y a une transition claire et nette de la période 1946 à 1965. Dans ces premiers 20 ans, il n’y a presque que des vétos qui sont placés par l’Union soviétique. À partir de 1966, il y a une transformation radicale et ce sont les États-Unis qui vont de plus en plus utiliser le droit de véto. L’augmentation du nombre d’États qu’il y a aux Nations Unies à partir de 1960 a amené à une perte de soutien de l’occident et donc ce il y a eu à long terme une compensation par un recours de plus en plus souvent au véto.

Utilisation du droit de véto depuis la fin de la seconde guerre mondiale.jpg

Les Casques bleus[edit | edit source]

Cette carte date d’avant les évènements du 11 Septembre. Cette carte montre les contingents de l’ONU avec des impacts financiers importants avec notamment prés de 3 milliards pour l’Afrique. La question des Casques bleus est importante pour l’histoire des relations internationales à partir de la moitié des années 1950.

En novembre 1960, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une évolution définissant l’autodétermination comme un droit. C’est une forme d’adoption définitive et radicale du principe que Lénine et Wilson avaient proclamé à la fin de la Première Guerre mondiale.

La question de la décolonisation[edit | edit source]

Apparaissent les pays décolonisés avant 1960. Ce n’est pas seulement une décolonisation qui touche l’Afrique. La colonie néerlandaise dans le Pacifique est occupée par des troupes japonaises. D’un côté la soumission de la population locale était pire que celle des puissances coloniales, d’un autre côté, les Japonais avaient pris des mesures pour rendre plus fort le mouvement autochtone local comme avec l’interdiction de l’utilisation de la langue de colons favorisant la langue locale, mais aussi en favorisant la création d’une armée nationalise. En août 1945, Soekarno va proclamer l’indépendance de l’Indonésie menant à des complications avec le gouvernement néerlandais. Les Néerlandais pensaient qu’en temps qu’allié européen, il aurait obtenu le soutien des États-Unis afin de garantir leur présence en tant qu’État.

La Guerre froide montre que les questions liées à la décolonisation se sont entremêlées entre Guerre froide et décolonisation et ce n’était plus le temps des puissances coloniales traditionnelles. Les États-Unis ont pris conscience et ont montrés que l’aide que les États-Unis avaient payée aux Pays-Bas dans le cadre du plan Marshal était similaire à la somme dépensée par les Néerlandais dans la guerre en Indonésie. C’est dans ce contexte que Truman a fini par rappeler les alliés néerlandais leur disant de mettre fin à leur pouvoir colonial. Le premier juillet 1950, sous la médiation américaine, les Néerlandais ont accepté l’indépendance totale des États-Unis d’Indonésie.

Annexes[edit | edit source]

  • Monde-diplomatique.fr,. (2015). Bandung ou la fin de l’ère coloniale, par Jean Lacouture (Le Monde diplomatique, avril 2005). Retrieved 17 July 2015, from http://www.monde-diplomatique.fr/2005/04/LACOUTURE/12062 (Archive copy)
  • Foreign Policy,. (2015). The Untold Story of the U.S. and Cuba’s Middleman. Retrieved 4 August 2015, from http://foreignpolicy.com/2015/08/03/the-untold-story-of-the-u-s-and-cubas-middleman/?utm_content=bufferebc5d&utm_medium= (Archive copy)
  • W.P. Deac. ‘Duel for the Suez Canal.’ Military History, Vol. 18 Issue 1. Apr2001, pp. 58- 64.
  • P.H.J. Davies. 2012. Intelligence and Government in Britain and the United States, Vol. 2. ‘Ch 7: The Great Centralization, 1957-66’, pp. 163-177.
  • R.J. Aldrich. 2001. The Hidden Hand. ‘Ch 21: Defeat in the Middle East: Iran and Suez’, pp. 464-494.
  • W.S. Lucas. ‘The missing link? Patrick Dean, Chairman of the Joint Intelligence Committee.’ Contemporary British History. Vol.13 No. 2. 1999, pp. 117-125.
  • P. Cradock. 2002. Know Your Enemy: How the JIC Saw the World. ‘Ch 18. Intelligence and Policy.
  • “Security Council.” International Organization, vol. 1, no. 1, 1947, pp. 74–98. JSTOR, https://www.jstor.org/stable/2703520.

Références[edit | edit source]