Actions

La Société des Nations comme organisation pour la coopération technique, économique, sociale et humanitaire

From Baripedia


Nous allons voir la Société des Nations comme une organisation pour la coopération technique, économique, sociale et humanitaire. Nous avions vu Versailles comme une clef interprétative pour le XXème siècle. Les questions territoriales traitées à Versailles restent explosives tout comme celle des minorités. Versailles a été un moment clef pour la décolonisation et les nationalismes qui marque une évolution de l’ordre colonial avec la création du système des mandats. La Conférence économique et financière de Genève de 1922 suit la conférence de Versailles qui marqua le début des tentatives d’organisation du système international qui va aussi permettre au système de Bretton Woods de se mettre en place en 1945. La thèse est que la Société des Nations n’a pas échoué, mais elle a été torpillée. La paix de Paris marque un nouvel ordre international. L’article 231 du traité de Versailles va déclencher en Allemagne une véritable hystérie nationale parce que tout le peuple allemand se sent coupable. Le gouvernement allemand commence à soutenir l’ouverture des archives qui va engendrer une démocratisation de l’accès aux sources. Les historiens en 1914 touchaient à des sujets qui allaient probablement, au maximum, jusqu’à Napoléon soit une histoire qui avait au moins presque cent ans. Aussi, avec Versailles se profile l’histoire contemporaine comme discipline scientifique et académique. Ce n’est qu’après la Deuxième Guerre mondiale qu’il va y avoir l’établissement des chairs contemporaines.

Zara Steiner a publiée une œuvre monumentale sur les relations internationales entre les deux guerres sous le titre de « ’The Lights That Failed. European International History, 1919–1933“. Même si Steiner conceptualise les relations internationales d’une manière classique, le « Geneva dream » ne reste qu’un rêve et rejette le « failed » du système de Versailles, une histoire des relations internationales qui ouvre sa perspective sur des dimensions transfrontalières et transformationnelles va montrer que ce rêve de l’entre-deux-guerres s’est matérialisé beaucoup plus que ce qu’on avait pensé : l’ordre international est beaucoup plus marqué par l’histoire de la Société des Nations.

Dans « ’Paris 1919: Six Months That Changed the World » publié en 2007, Margaret MacMillan relate que le 28 juin 1919, lorsque le président Wilson quitta Paris, il se tourna vers sa femme et dit : « Well, little girl, it is finished, and, as no one is satisfied, it makes me hope we have made a just peace ». Nous allons regarder la Société des Nations et montrer comment elle s’organise pour la coopération technique, économique, sociale et humanitaire.

Les organes principaux de la Société des Nations[edit | edit source]

Il y a le Conseil, l’Assemblée, le Secrétariat, des organes subsidiaires politique et technique ainsi que des organismes reliés à la Société des Nations. Le but de la Société des Nations est d’essayer d’empêcher la guerre. Le but est d’encourager la coopération entre les Nations, de garantir la sécurité internationale en vue de la préservation de la paix mondiale. Cela devait régler non seulement les conflits internationaux et les dangers qui leur étaient liés, mais aussi les troubles latents. La Société des Nations était un élargissent vers une organisation universelle et était moins orientée vers l’Europe que ne l’avait été le Concert européen. L’organisation de la Société des Nations obligeait l’ouverture vers toute nation civilisée. Pour être admis dans la Société des Nations, il n’était pas nécessaire d’être complètement souverain comme les dominions. Être européen n’était pas une condition préalable. L’absence des États-Unis va être décisive pour l’histoire de la Société des Nations faisant en en faisant une organisation qui n’arrive pas à être universelle.

L’organisation est comparable avec la structure de l’ONU avec des membres permanents et non permanents au Conseil, une Assemblée et une Cour de justice. Il n’y avait pas de droit de véto pour la Société des Nations ou autrement dit tout le monde avait un droit de véto puisque le concept était un État égal une voix. Le système de la Société des Nations était bien plus que seulement une organisation centrale. Il y avait de riches mouvements internationaux formés avant la guerre qui ont été intégrés dans la Société des Nations en tant qu’organisation technique. C’est un élément nouveau du XXème siècle. Le Conseil devait mettre sur pied la Cour internationale de justice à l’article 14 de la Charte et constituée à La Haye en 1920.

La Suisse s’engage afin qu’elle ne soit pas intégrée dans le réseau de la Société des Nations. Cela tient du fait que l’exclusion initiale des empires centraux était vue comme la preuve que la Société des Nations n’était pas neutre. Ce manque de neutralité était vu comme un problème faisant que la Suisse essaie de garder les anciens réseaux en dehors de la Société des Nations, cela permet aussi à la Suisse de garder un contrôle sur l’ancien système de relations internationales qui lui permettait de garder un contrôle sur le système administratif. Après le pacte de Locarno de 1925, il y a une détente, mais cela ne change pas le regard concernant l’intégration des anciens réseaux. Il y a toute sorte d’autres organisations internationales qui ne faisaient pas partie de la Société des Nations et qui vont s’établir à Genève. Il y a donc le système de la Société des Nations, mais aussi un système parallèle d’organisations et de bureaux internationaux qui est un système gouvernemental, mais pas intégré dans la Société des Nations. C’est l’une des différences les plus substantielles entre le système de la diplomatie multilatérale entre les deux guerres et ce qui va se mettre en place après la Deuxième guerre mondiale avec l’établissement de Nations Unies qui va intégrer avec succès les vieux réseaux internationaux du XIXème siècle.

La Société des Nations a ouvert un chapitre nouveau dans l’histoire des organisations internationales étant donné qu’elle avait un système autonome signifiant que le secrétariat à Genève avait un statut égal à celui d’une ambassade. Selon Madeleine Herren, les deux éléments nouveaux étaient l’élargissement du système de la politique internationale et le début de l’intégration d’États qui n’étaient pas encore souverains. Il y a un très fort élargissement de la politique internationale. D’autre part, il y a le changement de la fonction de la diplomatie. Par rapport à l’ancienne diplomatie secrète du type de Conseil européen, l’instrument de la négociation est devenu un moyen de convaincre et d’effectuer de la propagande publique multilatérale. Il y a l’établissement d’un vrai discours international.

Le Conseil[edit | edit source]

Une séance du Conseil de la Société des Nations.

Le Conseil avait en principe les mêmes compétences que l’Assemblée avec des membres permanents et non permanents. Était prévu comme membre permanent des États prestigieux, la Grande-Bretagne, la France, l’Italie et le Japon. Les membres non permanents devaient être élus par l’Assemblée avec, le Brésil, la Belgique, la Grèce et l’Espagne. Le vote a lieu régulièrement jusqu’à la dissolution de la Société des Nations. Après le désistement des États-Unis, les membres permanents n’étaient plus que quatre. En 1936, l’Allemagne quitte la Société des Nations, en 1937 c’est l’Italie et en 1939, l’URSS est expulsée. De 1939 avant la grande crise de la Deuxième Guerre mondiale, seule la Grande-Bretagne et la France avaient le statut de membre permanent montrant en quoi la Société est extrêmement faible et ne peut rien faire pour éviter la Deuxième Guerre mondiale. Plusieurs penseurs et politiciens ont souligné l’importance des rencontres régulières. Ce postulat des rencontres régulières a été réalisé avec le Conseil de la Société des Nations ce qui fut un développement important au regard de l’ancien système du Concert européen.

L’Assemblée[edit | edit source]

L’Assemblée était compétente pour tous les domaines liés à la question de la paix mondiale et technique. Tous les pays possédaient un siège et une voix, en réalité, il y avait toujours trois représentants par pays qui avait une voix. L’Assemblée remettait en cause le principe de la souveraineté. C’était un pas important en vue de la réforme de l’Empire britannique et sur la question de la décolonisation. À l’origine, la Société de Nations était composée de 42 membres à savoir 32 États victorieux et 10 États neutres. 22 États supplémentaires vont être admis avec notamment l’Allemagne en 1926 et l’URSS en 1934. Le retrait de la Société des Nations pouvait être fait à tout moment, mais prenant effet après deux ans. Entre 1922 et 1934, il y a eu 20 États qui se sont retirés de la Société des Nations. Lorsque Hitler arrive au pouvoir, il quitte la Société des Nations, l’Italie fasciste suite à la crise éthiopienne ainsi que le Japon qui a aussi un régime autoritaire. Il y a eu aussi l’exclusion de l’Union soviétique.

Malgré le fait que la Société des Nations a ouvert le parquet des relations internationales à toute sorte de pays qui n’étaient pas européens, malgré sa très vaste étendue, la Société des Nations n’a jamais réussi à atteindre l’universalité qui l’a rendu faible. D’un côté, la Société des Nations dépasse les limites de l’Europe et elle n’arrive pas vraiment à être universelle. Contrairement au Conseil de l’ONU, les membres permanents ne possédaient pas de droit de véto, une unanimité devait être requise tout comme à l’Assemblée. C’est cette procédure qui a été critiquée le plus souvent. Cette règle de l’unanimité correspondait aux règles du droit international public. De plus, au vu de la composition de la Société des Nations, cela était démocratique accordant un poids aux petits États et à ceux qui n’avaient pas encore obtenu leur indépendance. De ce fait, les États restaient souverains. Le seul moment où les États devaient renoncer à leur souveraineté était le renoncement au droit de la guerre. La guerre est du point de vue moral reste une continuation légitime de la politique, mais doit se mettre dans les règles prévues par le pacte. C’est seulement dans le cadre de médiation que l’article 15 qui prévoyait l’unanimité n’était pas nécessaire. Dans le cas des conflits, il suffisait un vote majoritaire pour recommander un règlement pacifique.

Secrétariat[edit | edit source]

Le secrétaire général était actif dans différents secteurs. Jusqu’à la guerre, les secrétaires généraux étaient typiquement issus de la Grande-Bretagne ou de la France. Les fonctionnaires à Genève étaient issus de tous les États membres et devaient toute leur allégeance à la Société des Nations et non pas à leur État d’origine. La logique d’appartenance nationale restait tout de même importante. Les fonctionnaires ne pouvaient rien accepter de son propre État et n’étaient pas autorisé à faire de la propagande pour son propre État. Le secrétariat fonctionnait selon les règles de l’administration européenne et plus précisément selon les règles de l’administration anglaise.

Eric Drummond en 1932.

Le premier secrétaire s’appelait Sir Eric Drummond établi directement à la conférence de Paris. La tenue du secrétariat était assumée par tous les États membres et la répartition financière des coûts était faite à travers la clef des répartitions des coûts déjà établie dans l’organisation de l’Union postale universelle. L’Union postale universelle est aujourd’hui une institution spécialisée de l’ONU, mais elle ne faisait pas partie de la Société des Nations aussi à cause des réticences suisses. Le siège de Genève pouvait théoriquement être déplacé à tout moment. L’article 7 établissait aussi de manière très claire que les tous les services du secrétariat étaient ouverts aux femmes également. C’est un élément important de la Société des Nations. Les délégués et le secrétariat possédaient le statut diplomatique.

Sir Eric Drummond était secrétaire général de 1920 à 1932. Il était issu d’une famille noble d’Écosse et faisait partie des proches de Ballefour dans le cadre du Foreign office pendant la conférence de Versailles. Lorsqu’il démarre à la Société des Nations, Sir Eric Drummond avait 44 ans. Sa carrière est très typique pour une carrière diplomatique anglaise à savoir qu’il était issu d’une famille noble, fils du vicomte de Strathallan et son demi-frère était le comte de Perth. Il a étudié dans des universités prestigieuses comme l’Eton college et a travaillé au Foreign office. En 1933, il entre dans le service diplomatique britannique devenu ambassadeur à Rome jusqu’en 1939.

Joseph Avenol en 1932.

Joseph Avenol est secrétaire général de 1933 à 1940. Il avait travaillé pour le ministre des affaires étrangères français, haut-fonctionnaire et avait participé à de nombreuses conférences économiques et financières. En 1922, il est nommé secrétaire général suppléant de la Société des Nations et responsable de la question des finances. À Versailles, il y avait eu un accord officieux qui avait décidé que le premier secrétaire général devait être anglais et le second français. Il faut aussi savoir que Sir Eric Drummond avait empêché la nomination de son successeur. La nomination de Avenol se fait dans un contexte où le Japon quitte la Société des Nations suivie de l’Allemagne nazie en 1933. Sous sa fonction, il y a de grands échecs. Avenol va jouer la carte de l’apaisement dirigé vers les puissances de l’axe. Il s’aligne sur la politique extérieure de la France et du Royaume-Uni. Pendant l’invasion de l’Éthiopie, il cherche à éviter le fait que l’Italie quitte la Société des Nations. La défense de l’Éthiopie pour garder la sureté de la Société des Nations ne quitte jamais la politique de Avenol. Lorsqu’il quitte son poste en 1940 suite à l’invasion de la France par l’Allemagne, il reste proche du régime de Vichy. En tant que collaborateur, il refuse de rentrer en France. À partir de 1940, Avenol mène une réorganisation des effectifs qui voit des licenciements massifs.

Sean Lester.

En août 1940, l’irlandais Seán Lester remplace Avenol et la Société des Nations ne compte plus que cent employés alors qu’à l’origine la Société des Nations avait un personnel à la hauteur de 700 employé. La Société des Nations entre dans une période d’hibernation. Seán Lester est le troisième et dernier secrétaire général de la Société des Nations issu du jeune État irlandais. Journaliste, il entre au service du gouvernement du jeune État libre d’Irlande au sein du département des Affaires étrangères en 1923. Il devient délégué permanent de son pays à la Société des Nations en 1929. Il est nommé haut-commissaire pour la Ville libre de Dantzig en 1934 et occupe ce poste jusqu’en 1936. Bien que la Société des Nations existe toujours, l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale a rendu de facto la Société assez inactive. Lester n’a pu faire que très peu et supervise la dissolution de la Société des Nations dans la transition vers la nouvelle Organisation des Nations Unies.

L’organigramme de la Société des Nations[edit | edit source]

Organigramme de la Société des Nations.jpg

Il faut faire la distinction entre organe subsidiaire technique et politique, il y a aussi des organismes reliés à la Société des Nations qui sont des organismes qui ne sont pas intégrés directement dans l’organigramme de la Société des Nations. Dans les organes subsidiaires techniques, on sépare organes techniques et commissions techniques.

Les travaux humanitaires de la Société des Nations[edit | edit source]

La période entre les deux guerres est l’ère des réfugiés. Il y a plus de 5 millions de réfugiés entre 1919 et 1939. Avant même le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, la question des réfugiés est importante. Les phases principales de ces mouvements liés à la question des réfugiés est la phase du rapatriement des réfugiés de guerre, à partir des années 1920, le secours aux réfugiés russes, grecs, arméniens, turcs et bulgares et ensuite le secours aux réfugiés allemands y compris juifs entre 1933 et 1939 puis les Espagnols entre 1936 et 1939.

Bureau Nansen pour le rapatriement des prisonniers de guerre[edit | edit source]

Bureau Nansen pour le rapatriement des prisonniers de guerre.png

Le bureau Nansen est extrêmement important afin de gérer la crise des réfugiés. Il y a un million de réfugiés russes. Avec la paix de Lausanne, il y 1,5 million de Grecs, 300 000 Turcs et 400 000 Arméniens déplacés pour définir des espaces nationaux homogènes. Le bureau Nansen pour les réfugiés est le prédécesseur du Haut commissariat pour les réfugiés. La logique de l’État national qui se veut avec des régions qui sont ethniquement homogènes, des guerres et des conflits entre minorités et gouvernements et il y a l’établissement des dictatures en Europe avec la prise du pouvoir par les fascistes en Italie et en 1933 la prise du pouvoir par les nationaux-socialistes créant de problème à ceux qui ne sont pas dans la logique de système dictatorial.

Le Passeport Nansen et l’émergence d’un droit international des réfugiés[edit | edit source]

Nansen qui était un explorateur des régions polaires et qui a obtenu le prix Nobel de la Paix a également été à l’origine du passeport Nansen. L’établissement du passeport Nansen a lieu à la suite d’une conférence internationale de la Société des Nations en 1922 qui va créer un passeport provisoire reconnu internationalement. Il servait au rapatriement des prisonniers des guerres et aux personnes qui étaient dénouées de citoyenneté qui disposait ainsi d’au moins un document reconnaissant leur statut d’apatride. Marc Chagall avait un passeport Nansen, mais aussi Igor Stravinski ou encore la danseuse Anna Pavlova. En réalité, ce sont en particulier des réfugiés russes qui ont bénéficié du passeport Nansen en essayant d’échapper à la Révolution bolchévique. Plus tard, ce sont d’autres apatrides par la guerre gréco-turque et la guerre civile en Espace. Ce document était reconnu internationalement, mais n’était pas un vrai passeport. Cela était une manière de montrer sa propre identité et met en œuvre une tradition qui veut que les organisations internationales puissent établir des papiers pour les apatrides. En 1930, l’Office Nansen pour les réfugiés n’était pas apprécié par les États à l’exception de la France et des États nordiques qui le soutenait. En 1935, le passeport Nansen va couvrir les réfugiés allemands de la Sarre.

La Sarre : un autre type de mandat de la Société des Nations[edit | edit source]

Le règlement était aux articles 45 et suivant de du traité de Versailles relatif aux compensations. Sur les cinq gestionnaires de La Sarre, une devait être allemand et l’autre Française. Les mines de la Sarre devaient pouvoir être économiquement exploitées par la France. En 1923, la Sarre a aussi connu des grèves très fortes visant à s’opposer à la scission d’avec l’Allemagne. Rault a fait venir les troupes françaises dans le territoire de la Sarre et a fait valoir son droit à la guerre. La Grande-Bretagne a réagi en menaçant de mettre en examen la question de la Sarre. Suite à la grève générale dans la Sarre, le Conseil de la Société des Nations en est venu à la conclusion qu’il fallait revoir cette question. En 1935, un plébiscite est organisé par la Société des Nations. Les experts mobilisés étaient issus de différents États neutres. La Société des Nations a sécurisé le vote par un ensemble de troupes internationales. Avec l’exemple de la Sarre, la Société des Nations constitue une troupe de plus de 3000 soldats. Le résultat au plébiscite de la Sarre était sans équivoque, la grande majorité était en faveur du rattachement à l’Allemagne dans un rapport de 1 à 10. Le premier mars 1935, la Société des Nations a réuni la région de La Sarre à l’Allemagne après quoi 8000 ont émigrés en usant du passeport Nansen.

L’exemple de la Sarre montre l’idée wilsonien de ne pas chercher à résoudre tous les problèmes pendant la conférence de paix, mais d’établir un système permettant de résoudre de manière pacifique les contentieux territoriaux.

Dantzig (Danzig, Gdansk) : « Cité-libre » sous mandat de la Société des Nations[edit | edit source]

Une autre question territoriale explosive est le Haut commissariat à Dantzig qui est une Cité-libre sous mandat de la Société des Nations. En novembre 1920, la ville de Dantzig a été déclarée « ville libre » sans recourir à des votations populaires. Le nouvel État-nation polonais se battait pour obtenir une position de grande puissance en Europe. En 1926 règne une dictature avec Piłsudski à sa tête et obtint le statut de membre permanent à la Société des Nations.

La Pologne est un État marqué par la présence de grandes minorités nationales autant de langue allemande que de langues slaves. Pendant toute l’histoire de la Société des Nations, des minorités nationales de Pologne se sont tournées vers le Conseil de la Société des Nations afin de leur adresser leurs plaintes qui étaient désagréables et irritantes pour la Pologne. En janvier 1934, la Pologne a conclu un accord avec l’Allemagne prévoyant des solutions bilatérales concernant les conflits avec les minorités. En septembre 1934, la Pologne suspendait sa coopération avec la Société des Nations concernant les minorités montrant la faiblesse de la Société de Nations. Les faiseurs de paix à Paris avaient prévu qu’il fallait signer des traités pour la protection des minorités. En mai 1933, les élections à Dantzig ont résulté en une majorité pour les national-socialistes. Ce qui se passe en Allemagne se reflète à Dantzig, d’autant plus que ce qui se passe à Dantzig rend attractifs le national-socialisme et l’idée de retrouver un grand empire allemand. Avoir un mandat sur la ville était une protection contre un régime qui se fait de plus en plus comme un régime de terreur et qui agit comme un régime d’agressivité.

Lester allait devenir victime de la propagande nazie. Carl Jacob Burckhardt calme l’atmosphère, mais va aussi faire plusieurs compromis avec le national-socialisme afin de garder la paix à Dantzig. En 1937, les national-socialistes ont défait à Dantzig ce qui restait à l’opposition et ont imposé leur domination. Au début de la Deuxième Guerre mondiale, cette ville sous contrôle théorique de la Société des Nations est de facto sous contrôle national-socialiste.

L’organisation de l’hygiène[edit | edit source]

La coopération internationale dans le domaine de la santé avait une longue tradition qui remonte en 1907. En 1907, à Rome est fondé l’Office international d’hygiène publique avec pour siège Paris et organisé avec un Conseil et une Assemblée avec des pays membres. Les États comprennent que pour gérer des questions de santé, les frontières des États nationaux sont des problèmes et il faut chercher à régler ces questions au niveau international. Lorsque la Société des Nations est devenue active dans le domaine de la santé, beaucoup ont pensé que l’Office d’hygiène publique serait intégré dans la Société des Nations. Les États-Unis qui étaient actifs de l’office international de l’hygiène publique étaient contre l’intégration de cette organisation au sein de la famille des organisations de la Société des Nations. Dans cette période il y a deux organisations qui ont coexisté pendant les deux guerres : l’Organisation internationale d’hygiène publique et l’Organisation d’hygiène de la Société des Nations. Ces deux organisations ont quand même cherché à collaborer après une période d’opposition initiale de la part des États-Unis.

Activité géographique de la section d’hygiène de la Société des Nations.png

Sur cette carte on voit la répartition de l’activité géographique de la section d’hygiène de la Société des Nations. Par son activité et sa composition, cette organisation d’hygiène de la Société des Nations était d’envergure mondiale cherchant à couvrir tout le monde.

En 1946, les deux organisations séparées ont fusionné dans l’Organisation mondiale de la Santé. L’histoire de ces deux organisations est très importante afin de montrer des différences substantielles entre le résultat des organisations internationales et ce qui va se mettre en place après la Deuxième Guerre mondiale. On pourrait même invoquer la thèse que la force relative de l’ONU est donnée du fait que les puissances qui gagnent la Deuxième Guerre mondiale arrivent à trouver des solutions pour les faiblesses qui avaient marqué les faiblesses de la Société des Nations.

Régime de protection des minorités en Europe de l’Est[edit | edit source]

Lorsque les faiseurs de paix à Paris établissent les nouveaux États, ils créent le système de protection des minorités. Cela renvoie aux articles 10 et 19 du pacte de la Société des Nations. Le but était de garantir des droits fondamentaux aux minorités nationales notamment avec une codification du droit à la vie, à la liberté, à la liberté religieuse, à l’égalité devant le droit, à la liberté politique et matérielle, à la liberté d’utiliser sa langue maternelle, mais aussi le droit des groupes et des particuliers. Dans l’entre deux guerres, on n’est pas encore dans une période où il y a des droits individuels. Il n’y a pas encore les droits de l’homme, mais des droits collectifs.

Les droits donnés collectivement sont des droits qui en vrai font sens au titre individuel. La préparation de ce qui va se mettre en place après la Deuxième guerre mondiale avec la conception des droits de l’Homme se prépare déjà aux droits donnés aux minorités. Cette conception de la protection des minorités était la tentative des faiseurs de paix à paris de trouver des solutions avec une grande stratification éthique. Le rôle de la Société des Nations et la manière dont cela devait fonctionner étaient des plaintes individuelles ou des groupes de minorités qui peuvent s’adresser à la section des minorités du secrétariat des minorités de la Société des Nations. C’est l’établissement d’un système où les ressortissants d’un État peuvent faire pression sur leur propre État.

Il y a une transformation de la diplomatie secrète vers une diplomatie publique. Avec l’agenda setting, beaucoup de minorités vont mettre leurs questions sur l’agenda international et le secrétariat de la Société des Nations va mettre à l’ordre du jour ces décisions. L’État concerné devait répondre à cette accusation. Pendant la période de l’entre-deux-guerres, plus de 200 plaintes sont enregistrées. 81 plaintes contre la Roumanie concernant des minorités hongroises, bulgares et russes, 47 contre la Yougoslavie, 44 contre la Grève, 13 contre la Turquie et 2 contre la Bulgarie. Les minorités pouvaient au moins chercher à mettre à l’agenda international leurs questions. L’importance de la langue maternelle n’était pas une grande question pendant la période des grands empires multiethniques. La question de la langue est explosive. Il y a toute sorte de discrimination d’ordre politique notamment au fait que les minorités ne peuvent pas accéder à des fonctions d’ordre politique, mais aussi l’expropriation des minorités nationales diffère.

Suppression de la traite des femmes et des enfants[edit | edit source]

Il y a eu pendant toute la période des exemples positifs où la Société des Nations a pu établir des conditions qui ont amélioré la condition des minorités, mais il faut bien voir qu’en général, le résultat des pétitions n’a pas vraiment changé d’une manière fondamentale restant encore aujourd’hui un problème explosif de toutes les relations internationales. Les résultats des pétitions à été quantitativement et qualitativement décevants étant donné que la grande masse de pétitions a été déclarée « non recevable ». Néanmoins, c’est une première expérimentation de contrôle international des droits fondamentaux des groupes. La Convention internationale relative à la répression de la traite des blanches va être intégrée dans la famille des grandes activités de la Société des Nations. La Société des Nations a pris en charge cette affaire et a présenté en 1921 une Convention pour la suppression de la traite des femmes et des enfants. Une convention consultative a été mise en place préparant le terrain pour cette convention. Les bases de cette convention se trouvent dans les articles 6 et 7 de cette convention. Avec la convention contre la traite illégale de l’opium, on détient tous les éléments antécédents à l’établissement de la Société des Nations et qui vont confluer dans ce système.

Commission de la coopération intellectuelle[edit | edit source]

Les thèmes discutés sont par exemple, l’éducation pour la paix, la comparaison des livres d’histoire pour rapprocher des interprétations nationales ou encore la coopération des bibliothèques, la traduction et des transferts des savoirs.

Conclusion[edit | edit source]

La Société des Nations devient un centre d’échange d’informations sur l’état du monde. Il y a de nombreuses publications sur toute question. La Société des Nations devient un centre de documentation au niveau mondial pour échanger des informations. Elle exprime une conscientisation internationale et une responsabilisée grandissantes pour l’avenir du monde établissant des approches nouvelles pour améliorer la gouvernance globale mondiale et pour stabiliser la paix. La Société des Nations devient importante, met des lignes directrices et peut se heurter aux États, mais ne peut rien faire si les États membres ne veulent pas faire.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]