L'Économie Mondiale en Mutation : 1973-2007
| Faculté | Global Studies Institute |
|---|---|
| Professeur(s) | Michel Oris |
| Cours | Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles |
Lectures
- Une gigantesque paysannerie
- Le régime démographique ancien : l'homéostasie
- Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle
- Origines et causes de la révolution industrielle anglaise
- Mécanismes structurels de la révolution industrielle
- La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale
- Au-delà de l'Europe
- Les coûts sociaux de la révolution industrielle
- Introduction : les trois temps de la conjoncture
- Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits
- La formation de systèmes migratoires mondiaux
- La mondialisation des marchés de l'argent
- La transformation des structures et des relations sociales durant la révolution industrielle
- Aux origines du tiers-monde
- Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes
- L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle
- Les Trente Glorieuses
- Une nouvelle économie : 1973 - 2007
- Les défis de l’État-Providence
- Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement
- Le temps des ruptures
- Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »
Les chocs pétroliers et la prise de conscience planétaire
L'évolution de l'écologie et de la conscience environnementale, telle que vous l'avez décrite, remonte au 19e siècle et comporte des contributions majeures dans le domaine de la science environnementale. Ernst Haeckel, un naturaliste allemand, a joué un rôle pionnier en introduisant le terme "écologie" en 1866. Ce terme, dérivé du grec "oikos" signifiant "maison" ou "environnement", et "logos" signifiant "étude", a été utilisé par Haeckel pour décrire la science des relations des organismes avec leur environnement et entre eux. Cette définition a posé les bases pour la compréhension moderne des interactions écologiques. Bien avant Haeckel, le physicien français Joseph Fourier avait déjà théorisé l'effet de serre en 1825. Il a proposé que l'atmosphère de la Terre pourrait agir comme l'enveloppe d'une serre, retenant la chaleur et affectant ainsi le climat de la planète. Cette théorie fut ensuite vérifiée par le chimiste suédois Svante Arrhenius, qui a établi une relation entre les concentrations de dioxyde de carbone dans l'atmosphère et la température de la Terre, jetant les bases de notre compréhension actuelle du changement climatique. Parallèlement, George Perkins Marsh, un naturaliste britannique, a souligné en 1864 l'impact de l'activité humaine sur la nature. Dans son ouvrage, il a mis en évidence la manière dont les actions humaines modifiaient l'environnement, marquant l'une des premières reconnaissances de l'impact écologique humain. Ces découvertes et théories ont jeté les bases de l'écologie moderne et de la science environnementale. Cependant, bien que ces concepts aient été développés au XIXe siècle, ils n'ont pas immédiatement conduit à des changements significatifs dans la politique ou la perception publique. Ce n'est qu'au cours du XXe siècle que l'importance de ces idées a été pleinement reconnue, menant à une intégration plus profonde dans les politiques environnementales et la sensibilisation du public.
Le rapport "Halte à la croissance" du Club de Rome en 1972 représente un tournant significatif dans la prise de conscience mondiale sur les questions environnementales et économiques. Ce rapport a rassemblé des politiques, des académiques et des savants, unifiant divers domaines d'expertise pour théoriser l'écologie scientifique dans un contexte global. Le cœur du rapport résidait dans la modélisation des interactions entre les activités humaines et l'environnement naturel. L'équipe a utilisé des modèles informatiques avancés pour simuler les impacts des actions humaines sur la nature et leurs rétroactions potentielles sur les sociétés humaines. Ces modèles ont mis en lumière la réalité des limites environnementales et des ressources finies de notre planète, un concept jusqu'alors peu médiatisé. Un des aspects les plus frappants du rapport concernait les ressources essentielles comme le charbon et le pétrole. Le Club de Rome a attiré l'attention sur le fait que ces ressources sont non seulement finies, mais aussi que leur exploitation incontrôlée pourrait conduire à leur épuisement. La modélisation de la fin des gisements pétroliers a particulièrement sonné l'alarme, compte tenu du rôle central du pétrole dans l'économie des pays occidentaux. Le rapport a également souligné que même les ressources renouvelables ne sont pas inépuisables. Une surexploitation peut mener à un point de non-retour, où la capacité de régénération naturelle est dépassée, conduisant ainsi à leur épuisement. "Halte à la croissance" a joué un rôle crucial dans la sensibilisation aux limites écologiques et à la nécessité d'une gestion durable des ressources. Il a ouvert la voie à des discussions plus approfondies sur le développement durable et l'impact environnemental des politiques économiques, influençant considérablement la pensée écologique et économique dans les décennies suivantes.
Le premier choc pétrolier de 1973, déclenché à la suite de la guerre israélo-arabe de Kippour, a marqué un moment crucial dans la prise de conscience mondiale sur la finitude des ressources, notamment le pétrole. L'attaque d'Israël par les forces égyptiennes et syriennes a conduit à une riposte majeure de la part des pays membres de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), qui ont réduit leur production et la commercialisation du pétrole. Cette action a eu pour conséquence une augmentation spectaculaire des prix du pétrole et des pénuries dans plusieurs pays, en particulier dans l'Occident industrialisé. Ce choc pétrolier a eu un impact profond sur l'économie mondiale, mais il a également joué un rôle important dans la prise de conscience de la dépendance mondiale aux ressources énergétiques non renouvelables. L'événement a renforcé la légitimité des avertissements du Club de Rome, exprimés un an plus tôt dans leur rapport "Halte à la croissance", qui mettait en garde contre les dangers de la surexploitation des ressources naturelles limitées. Par ailleurs, les voyages sur la Lune, notamment les missions Apollo de la NASA, ont également joué un rôle dans la modification de la perception mondiale de la planète Terre. La vision de la Terre vue de l'espace a offert une perspective unique et unifiant sur la planète, soulignant son caractère fini et fragile. Cette "externalisation" de notre planète, comme vous l'avez décrit, a contribué à une prise de conscience de l’existence d’une planète commune et a eu un impact significatif sur les relations internationales. Elle a servi à renforcer l'idée que les défis environnementaux nécessitent une coopération et une approche globale. Le choc pétrolier de 1973, combiné à l'exploration spatiale et aux avertissements du Club de Rome, a contribué à un changement fondamental dans la manière dont les ressources de la Terre sont perçues et gérées, menant à des politiques plus orientées vers la durabilité et la coopération internationale en matière d'environnement.
La Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement, plus communément appelée la Conférence de Rio de 1992, a marqué une étape décisive dans la manière dont le monde aborde les questions de développement et de conservation environnementale. Cette conférence a introduit le concept de développement durable au cœur des politiques internationales, un concept qui cherche à équilibrer le besoin de développement économique et social avec la préservation des ressources naturelles pour les générations futures. Le principe du développement durable, tel qu'établi à Rio, représente un changement de paradigme significatif. Il a reconnu que la croissance économique ne devrait pas se faire au détriment de l'environnement et a souligné l'importance de considérer les impacts environnementaux à long terme dans la planification et la mise en œuvre des politiques de développement. Ce concept a encouragé les nations à repenser leurs approches en matière de progrès économique, en les orientant vers des méthodes plus durables et respectueuses de l'environnement. La conférence a également mis en lumière la tension entre les intérêts nationaux et la mondialisation. Les défis environnementaux, tels que le changement climatique et la perte de biodiversité, ne connaissent pas de frontières nationales et nécessitent une coopération internationale pour être efficacement abordés. Cela a posé des défis dans le système de représentation du monde, car les intérêts et les capacités des différents États varient considérablement. La Conférence de Rio a ainsi posé les bases d'une nouvelle façon de penser et d'agir à l'échelle mondiale, en reconnaissant que le bien-être des populations et la santé de notre planète sont inextricablement liés. Cette reconnaissance a conduit à l'adoption de politiques et de pratiques plus durables dans de nombreux pays et a influencé les discussions et les actions internationales dans les décennies qui ont suivi.
La récession : 1973 - 1990
La Grande Dépression qui a marqué la fin du XXe siècle dans le monde occidental se distingue par sa nature et ses caractéristiques uniques, différentes des crises économiques précédentes. Cette période a été définie par un ensemble de phénomènes économiques qui, ensemble, ont créé un contexte économique difficile et complexe. Un des aspects les plus significatifs de cette période a été le ralentissement notable de la croissance du Produit National Brut (PNB) par habitant. Entre les années 1971-1973 et 1991-1993, cette croissance est tombée à environ 1,9% par an, un déclin marqué par rapport à la moyenne de 3,1% observée de 1950 à 1971. Ce ralentissement de la croissance a signalé une diminution de la dynamique économique et une réduction de l'accroissement de la richesse par habitant. Cette période a également été caractérisée par une combinaison d'inflation et de stagnation économique, un phénomène souvent appelé "stagflation". L'inflation, qui se manifeste par une augmentation générale des prix, s'est produite simultanément à une croissance économique faible ou inexistante. Cette situation a présenté des défis uniques pour les décideurs politiques, car les stratégies traditionnelles pour combattre l'inflation pouvaient aggraver la stagnation, et vice versa. En outre, une augmentation du taux de chômage a été un autre élément clé de cette période. L'augmentation du chômage, conjointement au ralentissement de la croissance économique et à l'inflation, a créé un climat d'incertitude et de difficultés économiques pour de nombreuses personnes. Cette période ne correspond pas à une crise économique au sens traditionnel du terme. Contrairement à une récession ou à une dépression économique caractérisée par une contraction rapide et profonde de l'économie, cette période peut être mieux décrite comme une phase prolongée de croissance économique faible, accompagnée de divers autres problèmes économiques. Cette situation a nécessité des réponses politiques et économiques innovantes pour stimuler la croissance, tout en gérant l'inflation et le chômage.
Le ralentissement de la croissance
Le ralentissement de la croissance économique durant cette période, bien que moins sévère que la Grande Dépression des années 1930, présente des similitudes avec les périodes de faible croissance économique du passé. La comparaison avec l'entre-deux-guerres est pertinente, car cette période a également été marquée par une instabilité économique et des taux de croissance fluctuants. Il est important de noter que les termes économiques comme "récession" et "dépression" sont souvent définis par des critères spécifiques. Une dépression est généralement caractérisée par une contraction économique plus profonde et plus prolongée que celle observée lors d'une récession. Bien que le ralentissement de la fin du XXe siècle n'ait pas atteint l'ampleur ou la sévérité de la Grande Dépression des années 1930, il a néanmoins représenté une période de difficultés économiques significatives, avec une croissance stagnante, une inflation élevée et un chômage accru. Cette interprétation souligne la complexité de la situation économique de l'époque et montre comment, même en l'absence d'une crise économique majeure comme celle des années 1930, un ralentissement prolongé peut avoir des répercussions considérables sur la société et l'économie. Cette période a donc nécessité des réponses politiques et économiques adaptées pour faire face à ces défis uniques.
Trois causes de ce ralentissement
Les chocs pétroliers de 1973 - 1974 et 1979 - 1980
L'année 1973 représente en effet un tournant majeur pour les économies occidentales, particulièrement en ce qui concerne leur dépendance au pétrole. La crise pétrolière de 1973, déclenchée par la guerre du Kippour, a eu des répercussions profondes sur l'économie mondiale, en particulier sur les pays occidentaux. La guerre du Kippour a commencé par une attaque surprise des armées arabes contre Israël. La contre-attaque israélienne a entraîné une réaction significative de la part des pays arabes producteurs de pétrole. En réponse au soutien occidental à Israël, ces pays, membres de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), ont décidé de réduire drastiquement leur production de pétrole. Cette réduction de l'offre, combinée à une demande toujours élevée, a conduit à une augmentation spectaculaire des prix du pétrole. Le prix du pétrole a effectivement été multiplié par trois en 1973, ce qui a eu pour conséquence de rendre le fonctionnement de l'économie occidentale nettement plus coûteux. Cette augmentation des coûts énergétiques a entraîné une inflation généralisée et a affecté de nombreux secteurs de l'économie, y compris le transport, la fabrication et même le chauffage des foyers. Cette crise a mis en évidence la vulnérabilité des économies occidentales à la fluctuation des prix du pétrole et à leur dépendance à l'égard des importations de pétrole. Elle a également stimulé la recherche de sources d'énergie alternatives et la réflexion sur les politiques énergétiques et la sécurité énergétique, des préoccupations qui sont restées d'actualité dans les décennies suivantes.
Le second choc pétrolier de 1979 a effectivement servi de rappel sévère aux pays européens et à d'autres nations industrialisées quant à leur forte dépendance envers les importations de pétrole. Cette crise a été déclenchée par plusieurs facteurs, notamment la révolution iranienne qui a entraîné une baisse significative de la production de pétrole en Iran, un des principaux exportateurs de pétrole à l'époque. La diminution de la production iranienne, conjuguée à la peur d'une instabilité politique accrue dans la région, a provoqué une forte hausse des prix du pétrole. Les prix ont presque doublé, entraînant des effets économiques considérables dans le monde entier. Comme lors du premier choc pétrolier en 1973, cette hausse des prix a eu un impact direct sur les économies qui dépendaient fortement du pétrole importé, en particulier les économies européennes. Le second choc pétrolier a mis en lumière la vulnérabilité des pays importateurs de pétrole et a souligné la nécessité de diversifier les sources d'énergie. Cela a conduit à une prise de conscience accrue de la nécessité de développer des sources d'énergie alternatives et renouvelables, ainsi que d'améliorer l'efficacité énergétique. En outre, cette crise a stimulé un intérêt accru pour les politiques énergétiques nationales et internationales visant à réduire la dépendance au pétrole et à renforcer la sécurité énergétique.
La fin des accords de Bretton Woods : 1973
La fin des accords de Bretton Woods en 1973 marque un tournant décisif dans le système monétaire international. Institués en 1944, ces accords avaient établi un système de taux de change fixes, où les monnaies des pays membres étaient liées au dollar américain, lui-même convertible en or. La dissolution de ce système a entraîné de profondes modifications dans les dynamiques économiques mondiales. Avec la rupture des accords de Bretton Woods, les taux de change ne sont plus fixes mais flottants, ce qui signifie qu'ils peuvent varier librement en réponse aux forces du marché. Cette transition vers des taux de change flottants a introduit un niveau d'incertitude et de volatilité beaucoup plus élevé dans les relations économiques internationales. La stabilité des taux de change, jusque-là garantie par le système de Bretton Woods, était en effet fondamentale pour le commerce international et les investissements. La fin de cette stabilité a eu des conséquences importantes. Les monnaies considérées comme faibles ont été particulièrement vulnérables à la spéculation et ont souvent subi une dévaluation. Par ailleurs, comme le dollar américain n'était plus ancré à l'or, sa valeur est devenue sujette à des fluctuations plus importantes, ce qui a ajouté à l'incertitude et à la complexité des échanges internationaux. Cette période de transition a également exigé des ajustements dans les politiques économiques nationales et a incité à une réflexion plus approfondie sur les mécanismes de régulation des marchés de changes et de coopération monétaire internationale. La fin des accords de Bretton Woods a ainsi marqué une nouvelle ère dans la finance mondiale, caractérisée par une plus grande flexibilité mais aussi par une plus grande instabilité des monnaies.
La formation de l'Union européenne (UE) et son évolution en matière de politique monétaire reflètent une réponse aux défis posés par les fluctuations des taux de change, en particulier après la fin des accords de Bretton Woods. Initialement, l'UE était principalement un marché de libre-échange, où la libre circulation des biens, des services et du capital était un principe fondamental. Cependant, la volatilité des taux de change après 1973 a posé des défis significatifs pour le maintien de la stabilité économique et commerciale au sein de l'Union. En réponse à cette instabilité, plusieurs pays européens ont pris l'initiative de lier leurs monnaies au Deutschemark, qui était considéré comme l'une des monnaies les plus stables et les plus fortes de l'époque. Cette démarche a donné naissance au "serpent monétaire européen", un mécanisme visant à limiter les fluctuations des taux de change entre certaines monnaies européennes. Le serpent monétaire a constitué une tentative de stabiliser les taux de change en les maintenant dans des marges de fluctuation limitées par rapport au Deutschemark. Le serpent monétaire européen peut être vu comme un précurseur de l'intégration monétaire plus poussée qui a conduit à la création de l'euro. En tentant de stabiliser les taux de change entre les monnaies des pays membres, ce mécanisme a jeté les bases pour une coopération économique et monétaire plus étroite en Europe. Il a également souligné l'importance de la coordination des politiques monétaires pour le succès d'un marché de libre-échange, en particulier dans un contexte où les économies sont étroitement interconnectées. Le serpent monétaire européen a été un pas important dans le processus d'intégration européenne, menant finalement à la création de l'euro et à l'établissement de l'Union économique et monétaire, qui a renforcé l'intégration économique et la stabilité monétaire au sein de l'UE.
Le lien entre le "serpent monétaire européen" et la crise pétrolière de 1973, ainsi que la labellisation du pétrole en dollars, est en effet significatif dans le contexte de l'évolution monétaire en Europe. La crise pétrolière a mis en évidence la vulnérabilité des économies européennes face aux fluctuations du dollar américain, puisque le pétrole, une ressource vitale, était principalement commercialisé en dollars. Cette situation a exacerbé les effets de la crise pétrolière en Europe, rendant les économies européennes encore plus sensibles aux variations du taux de change du dollar. Dans ce contexte, le "serpent monétaire européen" a été une tentative de stabiliser les monnaies européennes en les arrimant au Deutschemark, réduisant ainsi leur vulnérabilité aux fluctuations du dollar. En harmonisant les valeurs des différentes monnaies européennes autour du Deutschemark, les pays membres cherchaient à atténuer l'impact des chocs extérieurs et à promouvoir une plus grande stabilité économique au sein de l'Europe. L'adoption de l'euro peut être vue comme une continuation et une amplification de cette logique. L'euro a commencé comme une monnaie financière, utilisée dans les transactions comptables et financières, avant de devenir une monnaie réelle en circulation. Ce processus a été à la fois une simplification - en remplaçant plusieurs monnaies nationales par une seule monnaie commune - et une décision politique majeure, reflétant un engagement profond envers l'unification et l'intégration européennes. La création de l'euro a marqué une étape importante dans le processus d'intégration européenne. Elle a représenté non seulement une unification monétaire mais aussi un engagement partagé vers une intégration économique plus profonde. Cette démarche a souligné la volonté des pays membres de l'Union européenne de collaborer étroitement pour faire face aux défis économiques globaux et de consolider leur intégration pour renforcer leur stabilité et leur prospérité économiques.
Le ralentissement des gains de productivité
Durant la période en question, les économies occidentales, en particulier en Europe et aux États-Unis, ont fait face à un ralentissement notable des gains de productivité, ce qui a posé des défis considérables à leur croissance économique. Après une période de croissance rapide de la productivité dans les décennies suivant la Seconde Guerre mondiale, due en grande partie à des innovations technologiques et à des améliorations de l'efficacité industrielle, les années 1970 ont marqué un changement. Le rythme des gains de productivité a commencé à diminuer, un phénomène attribuable à plusieurs facteurs, notamment un plateau dans les innovations technologiques, une diminution des investissements dans certains secteurs clés, et une saturation dans l'amélioration des processus de production existants. Ce ralentissement de l'innovation a eu un impact direct sur la croissance de la productivité. L'innovation est un moteur essentiel de l'augmentation de la productivité, et quand elle fléchit, cela tend à ralentir l'ensemble de l'économie. Ce phénomène peut être le résultat d'une baisse des investissements en recherche et développement, du manque de nouvelles technologies révolutionnaires, ou de la difficulté à continuer à améliorer les méthodes de production existantes. Parallèlement à ce ralentissement de la croissance de la productivité, les économies occidentales ont également été confrontées à des périodes d'inflation élevée et de hausse du chômage, une situation souvent qualifiée de "stagflation". Cette combinaison de stagnation économique et d'inflation élevée a présenté un défi complexe pour les décideurs politiques. Les mesures traditionnelles pour lutter contre l'inflation pouvaient exacerber le problème du chômage, et inversement, rendant la gestion de l'économie particulièrement difficile. Ces défis économiques ont nécessité des réponses politiques nuancées et ont conduit à des réformes dans divers domaines. Les gouvernements ont dû réviser leurs politiques monétaires, réguler le marché du travail de manière plus efficace et encourager l'innovation et l'investissement pour stimuler la croissance et combattre la stagnation économique. Cette période a donc été marquée par une recherche d'équilibre entre divers objectifs économiques, tout en essayant de naviguer dans un environnement économique mondial en évolution.
L’inflation
L'inflation, qui se traduit par une hausse des prix de détail, est en effet étroitement liée à la loi de l'offre et de la demande. Ce principe économique fondamental stipule que lorsque la demande pour des biens et des services dépasse l'offre disponible, les prix ont tendance à augmenter. Inversement, si l'offre est abondante et la demande faible, les prix ont tendance à baisser. Dans un contexte où la consommation est élevée et l'offre ne parvient pas à suivre, comme vous l'avez mentionné, une pression à la hausse sur les prix se manifeste, conduisant à de l'inflation. Cette situation peut se produire pour diverses raisons, telles que des limitations dans la capacité de production, des problèmes logistiques, ou des pénuries de matières premières. Par ailleurs, si l'économie est capable de produire des biens et services à bas coût et en quantité suffisante pour répondre à la demande, l'inflation peut être maintenue à un niveau relativement bas. Pendant une période normale, un taux d'inflation de 9% est effectivement considéré comme élevé. Un tel niveau d'inflation peut réduire le pouvoir d'achat des consommateurs et avoir un impact négatif sur l'économie. Dans le contexte européen de l'époque que vous évoquez, caractérisé par des défis économiques tels que les chocs pétroliers et les variations des taux de change après la fin des accords de Bretton Woods, un taux d'inflation élevé n'était pas inhabituel. Ces facteurs externes, combinés à des politiques économiques internes, ont contribué à une inflation plus élevée que la normale. Cette période de haute inflation a posé des défis considérables pour les gouvernements et les banques centrales européennes, qui ont dû trouver des moyens d'équilibrer la croissance économique avec le contrôle de l'inflation, souvent en ajustant les politiques monétaires et fiscales. La gestion de l'inflation est devenue une préoccupation majeure, soulignant l'importance d'une politique économique prudente et réactive pour maintenir la stabilité économique.
L'inflation peut survenir de différentes manières et avec des intensités variables, en fonction des circonstances économiques et des politiques mises en œuvre par les pays. Les chocs pétroliers des années 1970 sont des exemples classiques de facteurs externes provoquant une inflation rapide et élevée, souvent désignée sous le terme de "poussées inflationnistes". Ces chocs ont entraîné une augmentation soudaine des coûts de l'énergie, se répercutant sur l'ensemble de l'économie et provoquant une hausse rapide des prix. En dehors de ces événements exceptionnels, l'inflation peut être plus graduelle et soutenue, souvent qualifiée d'inflation substantielle. Ce type d'inflation se développe sur une période plus longue et peut être le résultat de divers facteurs, tels que les politiques monétaires expansionnistes, l'augmentation des coûts de production, ou une forte demande dépassant l'offre disponible. La manière dont différents pays ont géré l'inflation pendant cette période varie considérablement. La France et l'Allemagne, par exemple, ont adopté des approches distinctes pour faire face à l'inflation. L'Allemagne, en particulier, a été reconnue pour sa politique monétaire stricte et son engagement envers la stabilité des prix, souvent attribuée à l'influence de la Bundesbank, sa banque centrale. Cette politique a contribué à maintenir des taux d'inflation relativement bas en Allemagne par rapport à d'autres pays. La France, d'autre part, a également mis en œuvre des politiques efficaces pour contrôler l'inflation, bien que ses stratégies et défis économiques aient été différents. Les politiques françaises ont souvent inclus une combinaison de contrôle des prix, de politiques fiscales et parfois de dévaluations monétaires pour gérer l'inflation. Ces différences dans la gestion de l'inflation reflètent la diversité des contextes économiques et des approches politiques au sein des pays européens. Elles illustrent également comment les stratégies nationales en matière de politique économique et monétaire peuvent influer de manière significative sur la performance économique globale d'un pays.
Les années 1970 et le début des années 1980 représentent une période complexe pour l'économie mondiale, caractérisée par des défis tels que l'inflation élevée, le ralentissement de la croissance et la hausse du chômage. Cette période a été particulièrement difficile pour les travailleurs, car même dans des contextes de bons résultats économiques, beaucoup ont connu une stagnation des salaires. Malgré la croissance économique dans certains secteurs, l'augmentation des salaires réels était limitée, ce qui a eu un impact négatif sur le pouvoir d'achat des individus. Cette stagnation salariale, couplée à un environnement économique global instable, marqué par des chocs pétroliers et des incertitudes politiques, a entraîné une période d'insécurité économique pour de nombreux citoyens. Vers le milieu des années 1980, la situation a commencé à évoluer de manière positive. Les politiques macroéconomiques mises en place par les gouvernements et les banques centrales ont commencé à porter leurs fruits, et de nombreux pays ont réussi à sortir de la période d'inflation élevée qui avait marqué la décennie précédente. La lutte contre l'inflation a été menée principalement à travers des politiques monétaires plus strictes, y compris l'augmentation des taux d'intérêt pour réduire la pression inflationniste. Ces mesures, bien qu'elles aient pu être controversées en raison de leurs effets potentiels sur la croissance économique et le chômage, ont finalement réussi à stabiliser les économies. Le succès de ces politiques dans la maîtrise de l'inflation a été un développement majeur pour les économies mondiales. En reprenant le contrôle de l'inflation, les pays ont créé un environnement plus propice à une croissance économique stable et à long terme. Cette stabilisation a aidé à restaurer la confiance dans les capacités des politiques monétaires et économiques, jetant ainsi les bases pour des périodes de prospérité économique dans les années qui ont suivi. Les leçons apprises durant cette période turbulente ont eu une influence significative sur les politiques économiques futures, démontrant l'importance de la réactivité et de l'adaptabilité des politiques économiques face à des défis globaux.
Le contraste que vous décrivez entre la crise économique et la crise sociale pendant les années 1970 et 1980 est un phénomène complexe et significatif. Bien qu'il y ait eu une petite crise économique autour des années 1980, les problèmes sociaux étaient plus prononcés et persistants. D'une part, il y avait une stagnation des salaires, des licenciements massifs et une inflation élevée, ce qui a créé une crise de l'emploi et une diminution du pouvoir d'achat pour de nombreux travailleurs. Cette situation a entraîné des tensions sociales considérables, car de nombreuses personnes se sont retrouvées dans une situation financière précaire. D'autre part, certains secteurs ont connu des dynamiques différentes. Par exemple, l'importation de blés américains a contribué à une crise dans l'agriculture européenne, mais elle a également entraîné une baisse des prix des denrées alimentaires, ce qui a offert une forme de compensation aux consommateurs. Cela illustre la complexité de l'économie mondiale, où des changements dans un secteur peuvent avoir des effets inattendus sur d'autres. En dépit de ces nuances, les années 1973, 1980 et 1985 ont été marquées par une croissance économique relativement bonne. Toutefois, cette croissance n'a pas été uniformément bénéfique sur le plan social. L'antagonisme entre une économie en croissance et les difficultés sociales rencontrées par de nombreux citoyens est une caractéristique de ce que l'on appelle la "stagflation". Ce terme décrit une situation économique dans laquelle la stagnation (marquée par un ralentissement de la croissance économique et une hausse du chômage) coexiste avec l'inflation (une augmentation générale des prix). La stagflation représente un défi particulier pour la politique économique, car les mesures traditionnelles pour stimuler la croissance ou contrôler l'inflation peuvent ne pas être efficaces ou même aggraver l'autre aspect du problème.
Le chômage
La transition du chômage de conjoncturel à structurel durant cette période représente un changement important dans la dynamique du marché du travail. Le chômage conjoncturel est généralement lié à des récessions économiques temporaires et tend à diminuer lorsque l'économie se redresse. En revanche, le chômage structurel est plus profondément enraciné et peut persister même lorsque l'économie globale montre des signes d'amélioration. Ce phénomène, où le chômage devient persistant et moins réactif à la croissance économique, a été particulièrement marqué dans plusieurs pays durant les années 1970 et 1980. Cette situation peut être attribuée à divers facteurs, tels que les changements technologiques, l'évolution des compétences requises sur le marché du travail, les déséquilibres régionaux, ou les rigidités du marché du travail. L'expérience de l'Allemagne entre 1958 et 1962 illustre un contraste frappant avec cette période. L'Allemagne a connu un taux de chômage exceptionnellement bas, tombant à environ 1%, une situation proche du plein emploi. Ce succès a été en partie dû à la forte croissance économique de l'après-guerre, à la reconstruction et à la modernisation industrielles, ainsi qu'à une politique économique efficace. D'autres pays, comme la Suisse et le Japon, ont également réussi à atteindre des situations de plein-emploi pendant les Trente Glorieuses, une période de forte croissance économique et de stabilité sociale qui a suivi la Seconde Guerre mondiale. Ces succès ont été le résultat d'une combinaison de facteurs, dont des politiques économiques adaptées, une forte demande de main-d'œuvre, et dans certains cas, une main-d'œuvre hautement qualifiée et une industrie compétitive sur le plan international. Cependant, avec les changements économiques et sociaux ultérieurs, notamment les chocs pétroliers, l'augmentation de la concurrence mondiale et les changements technologiques, le défi du chômage a évolué, entraînant une augmentation du chômage structurel dans de nombreux pays. Cette évolution a nécessité de nouvelles approches en matière de politique de l'emploi et de formation pour s'adapter aux réalités changeantes du marché du travail.
Le concept de chômage frictionnel joue effectivement un rôle important dans l'analyse du marché du travail, en particulier aux États-Unis où la mobilité professionnelle est plus fréquente. Le chômage frictionnel se réfère à la période de transition courte et temporaire durant laquelle les individus changent d'emploi. Ce type de chômage est généralement considéré comme un aspect normal et sain de l'économie, reflétant la fluidité et la flexibilité du marché du travail. Aux États-Unis, le marché du travail se caractérise par une mobilité professionnelle relativement élevée, avec des individus changeant fréquemment d'emploi ou de carrière tout au long de leur vie professionnelle. Cette mobilité est souvent vue comme une caractéristique positive de l'économie américaine, car elle permet une meilleure adéquation entre les compétences des travailleurs et les besoins des employeurs, favorisant ainsi l'innovation et l'efficacité économique. Cette tradition de changer de métier contribue à un chômage frictionnel plus élevé, mais elle rend également le marché du travail américain plus dynamique. La facilité de changer d'emploi encourage les travailleurs à rechercher des postes qui correspondent mieux à leurs compétences, intérêts et objectifs professionnels. De même, elle permet aux entreprises de s'adapter plus facilement aux évolutions du marché et aux changements technologiques en recrutant des employés ayant les compétences nécessaires. Néanmoins, il est important de noter que, bien que bénéfique sous de nombreux aspects, un taux élevé de chômage frictionnel peut également poser des défis, notamment en termes de sécurité de l'emploi pour les travailleurs et de coûts pour les entreprises en termes de recrutement et de formation. La gestion efficace du chômage frictionnel nécessite donc des politiques qui soutiennent à la fois la flexibilité du marché du travail et la stabilité de l'emploi pour les travailleurs.
La difficulté à revenir aux niveaux de plein emploi des Trente Glorieuses a effectivement marqué un tournant dans la compréhension et la gestion des économies modernes. Les Trente Glorieuses, la période d'après-guerre jusqu'au début des années 1970, ont été caractérisées par une croissance économique exceptionnelle, une augmentation de la production, et des taux de chômage faibles dans de nombreux pays développés. Ce fut une période de reconstruction, d'innovation technologique et d'expansion économique soutenue. Cependant, avec la fin de cette période, marquée notamment par les chocs pétroliers des années 1970 et le ralentissement de la croissance économique, le modèle de plein emploi a commencé à s'effriter. Le changement le plus significatif a été la rupture de la corrélation traditionnelle entre la production et le chômage. Historiquement, il existait une relation assez directe : lorsque la production augmentait, le chômage diminuait, et vice versa. Mais à partir de cette période de changement, cette relation n'est plus aussi évidente. Cette nouvelle réalité s'est manifestée par le phénomène où une hausse de la production n'entraîne pas nécessairement une réduction du chômage. Cela peut s'expliquer par plusieurs facteurs, tels que l'automatisation, qui permet une augmentation de la production sans une augmentation correspondante des emplois, ou des changements structurels dans l'économie, où les nouveaux emplois créés exigent des compétences différentes de celles des emplois perdus. La rupture de cette règle traditionnelle a signifié que l'économie pouvait parfois être génératrice d'emplois, mais pas systématiquement. Cette évolution a posé des défis importants pour les politiques économiques et sociales, nécessitant des approches plus nuancées et adaptées pour gérer le marché du travail. Elle a également souligné l'importance de la formation et de la reconversion professionnelle, ainsi que la nécessité de politiques favorisant la création d'emplois dans des secteurs en croissance.
Les années 1990 : de l'optimisme à l'incertitude
Le retour à la croissance
//Dans les années 1990, les États-Unis vont détenir un rôle économique hégémonique autant sur le plan international que sur le plan interne. Ils vont tenir une croissance forte sans inflation et qui est créatrice d’emploi. En d'autres termes, c’est une décennie de croissance de la richesse économique sans inflation et créatrice d’emploi.
L’éclatement de la bulle boursière
L’éclatement de la bulle boursière en 2001 a mis fin à cette hégémonie. Il va y avoir une crise spéculative menant à une crise boursière. On est passé de 4,1% à 1,2% de taux de croissance.
Le paradoxe américain est d’avoir une économie en pleine santé, mais qui est aussi fragile. Ce qui soutenait la croissance économique était aussi ce qui la menaçait. Le surendettement des ménages dans les années 1990 fait que les ménages se sont remis à consommer à crédit grâce à la conjoncture positive qui a motivé les ménages à s’endetter. Cela a dopé l’économie de consommation et de production. Il y a également le surendettement des entreprises dynamiques pour investir et innover. Ce sont principalement dans les technologies de l'information et de la communication (TIC). Si les dettes ne peuvent plus être remboursées alors on est personnellement en crise tout autant que les prêteurs.
La bulle boursière a mené à une explosion de la valeur des actions des entreprises engagées en particulier dans les NTIC. Parallèlement à l’ouverture des marchés, des startups innovantes attirent les investissements autant des capitalistes que des petits créanciers engagés dans une spéculation. La formation d’une bulle spéculative est un divorce entre l’économie réelle et l’économie financière. C’est une distorsion entre la valeur financière et la valeur réelle. Ce fut un processus correctif brutal. Les valeurs étaient complètement surestimées. Les investisseurs spéculateurs sont autant des investisseurs privés qu'individuels. On parle de « capitalisme populaire » qui va mener à un désastre économique et social.
Toute une série d’entreprises cotées en bourse avait menti sur leur bilan. Pour le capitalisme populaire, dès lors que l’on falsifiait les bilans comptables, on falsifie l’information. Cela met en avant le « démon structurel des États-Unis » à savoir miser sur l’endettement et de disposer d'un dollar à la fois étalon monétaire et monnaie nationale qui complexifient la gestion monétaire. Le surendettement des ménages, le surendettement des entreprises et la balance commerciale négative vont mener à la crise de 2008.
La crise de 2008
La crise de 2008 est le résultat d'un surendettement, d'un déficit commercial, d'une falsification des bilans financiers qui fausse l’évaluation conjoncturelle et d'une distorsion entre économie financière et les fondamentaux économiques.
Les fondements économiques ne sont plus le seul paramètre, maintenant, il y a le paramètre financier qui crée quelque chose de plus complexe et d'incertain.
La crise financière de 2008 a été causée par plusieurs facteurs. L'un des principaux facteurs était l'augmentation des taux d'intérêt, qui a rendu les prêts immobiliers plus coûteux et a entraîné une baisse de la demande pour les maisons. Cette baisse de la demande pour les maisons a eu pour effet d'entraîner une baisse des prix de l'immobilier, ce qui a rendu difficile pour les emprunteurs de rembourser leurs prêts.
Un autre facteur important de la crise financière de 2008 était la survalorisation des actifs immobiliers, qui a été encouragée par la création de produits financiers complexes tels que les subprimes, qui étaient des prêts immobiliers à haut risque destinés aux emprunteurs à faible revenu ou à mauvais crédit. Ces produits financiers étaient souvent regroupés en des instruments financiers tels que les titres adossés à des actifs (CBO), qui étaient achetés par les banques et les investisseurs. Lorsque la valeur des actifs immobiliers a commencé à baisser, les banques et les investisseurs qui avaient acheté ces instruments financiers se sont retrouvés avec des pertes importantes.
Le chômage structurel, la fin du plein-emploi
Actuellement, une distorsion existe entre ceux qui veulent entrer dans le marché et ceux qui sont dedans. Cela est dû à un changement de système économique. La désindustrialisation représente un problème de reconversion professionnel. Depuis 1973, la désindustrialisation est une impasse pour les travailleurs manuels et inversement avec le tertiaire qui est un secteur en plein développement où se déversent de nouvelles compétences.
Il y a un recul de l’emploi industriel et une montée relative de l’emploi dans les services. Auparavant, durant les Trente glorieuses, il y avait des secteurs obsolètes, mais compensés à l’intérieur du monde industriel. Quand le monde industriel est en crise, il y a une crise dans le secondaire, mais aussi un problème de reconversion vers le tertiaire. Les ouvriers sont les perdants.
Le phénomène de inside – outside signifie que le marché tend à se fermer sur lui-même. Entrer dans le marché du travail est compliqué tandis que se mouvoir à l’intérieur est plus facile. Les jeunes sont clairement défavorisés dans ce processus. La montée de l’emploi dans les services devrait être plutôt favorable à l’emploi féminin tandis que le recul dans le secondaire devrait être défavorable aux masculins.
L’état providence : de l’apogée à la remise en cause
– La crise de l’emploi à la base de la crise de l’État-providence :
- Les innovations créaient plus d’emplois qu’elles n’en détruisaient.
- Désormais, toute innovation semble destructrice d’emplois : l’intelligence artificielle remplace quelques métiers.
- L’État-providence est deux fois frappé : alors qu’il atteint son apogée entre 1973 et 1990 en augmentant leurs dépenses publiques de protection sociale en pourcentage du PIB par des taux incroyables. On aura moins d’entrées et plus de sorties pour les chômeurs.
– Les remises en cause
- L’apparition du déficit budgétaire, puis de la dette publique
- D’où critique 1 : un système dévoreur des fonds publics
- Critique 2 : l’efficacité sociale de l’État-providence. C’est là qu’émerge le discours sur l’abus et les abuseurs (travail au noir)
- Réduction surtout dans les années 1980’ : le néo-libéralisme (réaction au keynésianisme, il émerge sans ces années quand l’économie stage et que l’État-providence dépense beaucoup sur les dépenses publiques et aussi quand le bloc soviétique tombe donc on pense le libéralisme comme un mode capitaliste mondial). Ils sont contre toute intervention de la part de l’État, ils sont pour les laisser-faire. Deux personnes néo-libéralistes peuvent être citées : Thatcher 1979 & Reagan 1981.
- Il en résulte : par exemple on ne donne plus de bourses, mais des prêts d’études. Chaque individu est responsable de sa vie, de ses dépenses. Notre but est que ceux qui sont les plus brillants puissent utiliser leur mentalité d’entrepreneuriat pour travailler. (alors que dans le libéralisme classique c’est interdit d’enlever les bourses).
– L’accroissement du taux de pauvreté : on a de plus en plus de contraste entre les pauvres et les riches.
– L’aggravation de l’inégalité dans la distribution des revenus :
* Les vieux votent pour avoir des pensions en Suisse, donc ca monte de plus en plus
– La pauvreté et les inégalités : les causes de la montée des inégalités sont les suivants
- Le recul de l’État-providence : moins de dépenses publiques
- L’affaiblissement des syndicats :
- Un marché du travail mondialisé : il y a de la concurrence partout dans le monde
- Piketty et la courbe de Kuznetz : accumulation du capital avec les riches d’aujourd’hui qui ont hérité leurs richesses et n’ont pas créé leur argent. La courbe de Kuznetz est la dualité entre les secteurs de haut — de gamme et ceux du bas de gamme. Dans le tertiaire on peut gagner beaucoup d’argent, où on peut être « ’working poor » et donc être dans de nouveaux secteurs, bas. Les flux migratoires se dirigent vers les secteurs bas de gamme. On a une dualisation très forte dans les secteurs du travail.
- Les changements technologiques et la dualisation du marché du travail.