« L'Économie Mondiale en Mutation : 1973-2007 » : différence entre les versions
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===Les chocs pétroliers de 1973 - 1974 et 1979 - 1980=== | ===Les chocs pétroliers de 1973 - 1974 et 1979 - 1980=== | ||
L'année 1973 représente en effet un tournant majeur pour les économies occidentales, particulièrement en ce qui concerne leur dépendance au pétrole. La crise pétrolière de 1973, déclenchée par la guerre du Kippour, a eu des répercussions profondes sur l'économie mondiale, en particulier sur les pays occidentaux. La guerre du Kippour a commencé par une attaque surprise des armées arabes contre Israël. La contre-attaque israélienne a entraîné une réaction significative de la part des pays arabes producteurs de pétrole. En réponse au soutien occidental à Israël, ces pays, membres de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), ont décidé de réduire drastiquement leur production de pétrole. Cette réduction de l'offre, combinée à une demande toujours élevée, a conduit à une augmentation spectaculaire des prix du pétrole. Le prix du pétrole a effectivement été multiplié par trois en 1973, ce qui a eu pour conséquence de rendre le fonctionnement de l'économie occidentale nettement plus coûteux. Cette augmentation des coûts énergétiques a entraîné une inflation généralisée et a affecté de nombreux secteurs de l'économie, y compris le transport, la fabrication et même le chauffage des foyers. Cette crise a mis en évidence la vulnérabilité des économies occidentales à la fluctuation des prix du pétrole et à leur dépendance à l'égard des importations de pétrole. Elle a également stimulé la recherche de sources d'énergie alternatives et la réflexion sur les politiques énergétiques et la sécurité énergétique, des préoccupations qui sont restées d'actualité dans les décennies suivantes. | |||
Le second choc pétrolier de 1979 a effectivement servi de rappel sévère aux pays européens et à d'autres nations industrialisées quant à leur forte dépendance envers les importations de pétrole. Cette crise a été déclenchée par plusieurs facteurs, notamment la révolution iranienne qui a entraîné une baisse significative de la production de pétrole en Iran, un des principaux exportateurs de pétrole à l'époque. La diminution de la production iranienne, conjuguée à la peur d'une instabilité politique accrue dans la région, a provoqué une forte hausse des prix du pétrole. Les prix ont presque doublé, entraînant des effets économiques considérables dans le monde entier. Comme lors du premier choc pétrolier en 1973, cette hausse des prix a eu un impact direct sur les économies qui dépendaient fortement du pétrole importé, en particulier les économies européennes. Le second choc pétrolier a mis en lumière la vulnérabilité des pays importateurs de pétrole et a souligné la nécessité de diversifier les sources d'énergie. Cela a conduit à une prise de conscience accrue de la nécessité de développer des sources d'énergie alternatives et renouvelables, ainsi que d'améliorer l'efficacité énergétique. En outre, cette crise a stimulé un intérêt accru pour les politiques énergétiques nationales et internationales visant à réduire la dépendance au pétrole et à renforcer la sécurité énergétique. | |||
===La fin des accords de Bretton Woods : 1973=== | ===La fin des accords de Bretton Woods : 1973=== | ||
Version du 17 novembre 2023 à 08:55
| Faculté | Global Studies Institute |
|---|---|
| Professeur(s) | Michel Oris |
| Cours | Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles |
Lectures
- Une gigantesque paysannerie
- Le régime démographique ancien : l'homéostasie
- Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle
- Origines et causes de la révolution industrielle anglaise
- Mécanismes structurels de la révolution industrielle
- La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale
- Au-delà de l'Europe
- Les coûts sociaux de la révolution industrielle
- Introduction : les trois temps de la conjoncture
- Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits
- La formation de systèmes migratoires mondiaux
- La mondialisation des marchés de l'argent
- La transformation des structures et des relations sociales durant la révolution industrielle
- Aux origines du tiers-monde
- Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes
- L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle
- Les Trente Glorieuses
- Une nouvelle économie : 1973 - 2007
- Les défis de l’État-Providence
- Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement
- Le temps des ruptures
- Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »
Les chocs pétroliers et la prise de conscience planétaire
L'évolution de l'écologie et de la conscience environnementale, telle que vous l'avez décrite, remonte au 19e siècle et comporte des contributions majeures dans le domaine de la science environnementale. Ernst Haeckel, un naturaliste allemand, a joué un rôle pionnier en introduisant le terme "écologie" en 1866. Ce terme, dérivé du grec "oikos" signifiant "maison" ou "environnement", et "logos" signifiant "étude", a été utilisé par Haeckel pour décrire la science des relations des organismes avec leur environnement et entre eux. Cette définition a posé les bases pour la compréhension moderne des interactions écologiques. Bien avant Haeckel, le physicien français Joseph Fourier avait déjà théorisé l'effet de serre en 1825. Il a proposé que l'atmosphère de la Terre pourrait agir comme l'enveloppe d'une serre, retenant la chaleur et affectant ainsi le climat de la planète. Cette théorie fut ensuite vérifiée par le chimiste suédois Svante Arrhenius, qui a établi une relation entre les concentrations de dioxyde de carbone dans l'atmosphère et la température de la Terre, jetant les bases de notre compréhension actuelle du changement climatique. Parallèlement, George Perkins Marsh, un naturaliste britannique, a souligné en 1864 l'impact de l'activité humaine sur la nature. Dans son ouvrage, il a mis en évidence la manière dont les actions humaines modifiaient l'environnement, marquant l'une des premières reconnaissances de l'impact écologique humain. Ces découvertes et théories ont jeté les bases de l'écologie moderne et de la science environnementale. Cependant, bien que ces concepts aient été développés au XIXe siècle, ils n'ont pas immédiatement conduit à des changements significatifs dans la politique ou la perception publique. Ce n'est qu'au cours du XXe siècle que l'importance de ces idées a été pleinement reconnue, menant à une intégration plus profonde dans les politiques environnementales et la sensibilisation du public.
Le rapport "Halte à la croissance" du Club de Rome en 1972 représente un tournant significatif dans la prise de conscience mondiale sur les questions environnementales et économiques. Ce rapport a rassemblé des politiques, des académiques et des savants, unifiant divers domaines d'expertise pour théoriser l'écologie scientifique dans un contexte global. Le cœur du rapport résidait dans la modélisation des interactions entre les activités humaines et l'environnement naturel. L'équipe a utilisé des modèles informatiques avancés pour simuler les impacts des actions humaines sur la nature et leurs rétroactions potentielles sur les sociétés humaines. Ces modèles ont mis en lumière la réalité des limites environnementales et des ressources finies de notre planète, un concept jusqu'alors peu médiatisé. Un des aspects les plus frappants du rapport concernait les ressources essentielles comme le charbon et le pétrole. Le Club de Rome a attiré l'attention sur le fait que ces ressources sont non seulement finies, mais aussi que leur exploitation incontrôlée pourrait conduire à leur épuisement. La modélisation de la fin des gisements pétroliers a particulièrement sonné l'alarme, compte tenu du rôle central du pétrole dans l'économie des pays occidentaux. Le rapport a également souligné que même les ressources renouvelables ne sont pas inépuisables. Une surexploitation peut mener à un point de non-retour, où la capacité de régénération naturelle est dépassée, conduisant ainsi à leur épuisement. "Halte à la croissance" a joué un rôle crucial dans la sensibilisation aux limites écologiques et à la nécessité d'une gestion durable des ressources. Il a ouvert la voie à des discussions plus approfondies sur le développement durable et l'impact environnemental des politiques économiques, influençant considérablement la pensée écologique et économique dans les décennies suivantes.
Le premier choc pétrolier de 1973, déclenché à la suite de la guerre israélo-arabe de Kippour, a marqué un moment crucial dans la prise de conscience mondiale sur la finitude des ressources, notamment le pétrole. L'attaque d'Israël par les forces égyptiennes et syriennes a conduit à une riposte majeure de la part des pays membres de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), qui ont réduit leur production et la commercialisation du pétrole. Cette action a eu pour conséquence une augmentation spectaculaire des prix du pétrole et des pénuries dans plusieurs pays, en particulier dans l'Occident industrialisé. Ce choc pétrolier a eu un impact profond sur l'économie mondiale, mais il a également joué un rôle important dans la prise de conscience de la dépendance mondiale aux ressources énergétiques non renouvelables. L'événement a renforcé la légitimité des avertissements du Club de Rome, exprimés un an plus tôt dans leur rapport "Halte à la croissance", qui mettait en garde contre les dangers de la surexploitation des ressources naturelles limitées. Par ailleurs, les voyages sur la Lune, notamment les missions Apollo de la NASA, ont également joué un rôle dans la modification de la perception mondiale de la planète Terre. La vision de la Terre vue de l'espace a offert une perspective unique et unifiant sur la planète, soulignant son caractère fini et fragile. Cette "externalisation" de notre planète, comme vous l'avez décrit, a contribué à une prise de conscience de l’existence d’une planète commune et a eu un impact significatif sur les relations internationales. Elle a servi à renforcer l'idée que les défis environnementaux nécessitent une coopération et une approche globale. Le choc pétrolier de 1973, combiné à l'exploration spatiale et aux avertissements du Club de Rome, a contribué à un changement fondamental dans la manière dont les ressources de la Terre sont perçues et gérées, menant à des politiques plus orientées vers la durabilité et la coopération internationale en matière d'environnement.
La Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement, plus communément appelée la Conférence de Rio de 1992, a marqué une étape décisive dans la manière dont le monde aborde les questions de développement et de conservation environnementale. Cette conférence a introduit le concept de développement durable au cœur des politiques internationales, un concept qui cherche à équilibrer le besoin de développement économique et social avec la préservation des ressources naturelles pour les générations futures. Le principe du développement durable, tel qu'établi à Rio, représente un changement de paradigme significatif. Il a reconnu que la croissance économique ne devrait pas se faire au détriment de l'environnement et a souligné l'importance de considérer les impacts environnementaux à long terme dans la planification et la mise en œuvre des politiques de développement. Ce concept a encouragé les nations à repenser leurs approches en matière de progrès économique, en les orientant vers des méthodes plus durables et respectueuses de l'environnement. La conférence a également mis en lumière la tension entre les intérêts nationaux et la mondialisation. Les défis environnementaux, tels que le changement climatique et la perte de biodiversité, ne connaissent pas de frontières nationales et nécessitent une coopération internationale pour être efficacement abordés. Cela a posé des défis dans le système de représentation du monde, car les intérêts et les capacités des différents États varient considérablement. La Conférence de Rio a ainsi posé les bases d'une nouvelle façon de penser et d'agir à l'échelle mondiale, en reconnaissant que le bien-être des populations et la santé de notre planète sont inextricablement liés. Cette reconnaissance a conduit à l'adoption de politiques et de pratiques plus durables dans de nombreux pays et a influencé les discussions et les actions internationales dans les décennies qui ont suivi.
La récession : 1973 - 1990
La Grande Dépression qui a marqué la fin du XXe siècle dans le monde occidental se distingue par sa nature et ses caractéristiques uniques, différentes des crises économiques précédentes. Cette période a été définie par un ensemble de phénomènes économiques qui, ensemble, ont créé un contexte économique difficile et complexe. Un des aspects les plus significatifs de cette période a été le ralentissement notable de la croissance du Produit National Brut (PNB) par habitant. Entre les années 1971-1973 et 1991-1993, cette croissance est tombée à environ 1,9% par an, un déclin marqué par rapport à la moyenne de 3,1% observée de 1950 à 1971. Ce ralentissement de la croissance a signalé une diminution de la dynamique économique et une réduction de l'accroissement de la richesse par habitant. Cette période a également été caractérisée par une combinaison d'inflation et de stagnation économique, un phénomène souvent appelé "stagflation". L'inflation, qui se manifeste par une augmentation générale des prix, s'est produite simultanément à une croissance économique faible ou inexistante. Cette situation a présenté des défis uniques pour les décideurs politiques, car les stratégies traditionnelles pour combattre l'inflation pouvaient aggraver la stagnation, et vice versa. En outre, une augmentation du taux de chômage a été un autre élément clé de cette période. L'augmentation du chômage, conjointement au ralentissement de la croissance économique et à l'inflation, a créé un climat d'incertitude et de difficultés économiques pour de nombreuses personnes. Cette période ne correspond pas à une crise économique au sens traditionnel du terme. Contrairement à une récession ou à une dépression économique caractérisée par une contraction rapide et profonde de l'économie, cette période peut être mieux décrite comme une phase prolongée de croissance économique faible, accompagnée de divers autres problèmes économiques. Cette situation a nécessité des réponses politiques et économiques innovantes pour stimuler la croissance, tout en gérant l'inflation et le chômage.
Le ralentissement de la croissance
Le ralentissement de la croissance économique durant cette période, bien que moins sévère que la Grande Dépression des années 1930, présente des similitudes avec les périodes de faible croissance économique du passé. La comparaison avec l'entre-deux-guerres est pertinente, car cette période a également été marquée par une instabilité économique et des taux de croissance fluctuants. Il est important de noter que les termes économiques comme "récession" et "dépression" sont souvent définis par des critères spécifiques. Une dépression est généralement caractérisée par une contraction économique plus profonde et plus prolongée que celle observée lors d'une récession. Bien que le ralentissement de la fin du XXe siècle n'ait pas atteint l'ampleur ou la sévérité de la Grande Dépression des années 1930, il a néanmoins représenté une période de difficultés économiques significatives, avec une croissance stagnante, une inflation élevée et un chômage accru. Cette interprétation souligne la complexité de la situation économique de l'époque et montre comment, même en l'absence d'une crise économique majeure comme celle des années 1930, un ralentissement prolongé peut avoir des répercussions considérables sur la société et l'économie. Cette période a donc nécessité des réponses politiques et économiques adaptées pour faire face à ces défis uniques.
Trois causes de ce ralentissement
Les chocs pétroliers de 1973 - 1974 et 1979 - 1980
L'année 1973 représente en effet un tournant majeur pour les économies occidentales, particulièrement en ce qui concerne leur dépendance au pétrole. La crise pétrolière de 1973, déclenchée par la guerre du Kippour, a eu des répercussions profondes sur l'économie mondiale, en particulier sur les pays occidentaux. La guerre du Kippour a commencé par une attaque surprise des armées arabes contre Israël. La contre-attaque israélienne a entraîné une réaction significative de la part des pays arabes producteurs de pétrole. En réponse au soutien occidental à Israël, ces pays, membres de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), ont décidé de réduire drastiquement leur production de pétrole. Cette réduction de l'offre, combinée à une demande toujours élevée, a conduit à une augmentation spectaculaire des prix du pétrole. Le prix du pétrole a effectivement été multiplié par trois en 1973, ce qui a eu pour conséquence de rendre le fonctionnement de l'économie occidentale nettement plus coûteux. Cette augmentation des coûts énergétiques a entraîné une inflation généralisée et a affecté de nombreux secteurs de l'économie, y compris le transport, la fabrication et même le chauffage des foyers. Cette crise a mis en évidence la vulnérabilité des économies occidentales à la fluctuation des prix du pétrole et à leur dépendance à l'égard des importations de pétrole. Elle a également stimulé la recherche de sources d'énergie alternatives et la réflexion sur les politiques énergétiques et la sécurité énergétique, des préoccupations qui sont restées d'actualité dans les décennies suivantes.
Le second choc pétrolier de 1979 a effectivement servi de rappel sévère aux pays européens et à d'autres nations industrialisées quant à leur forte dépendance envers les importations de pétrole. Cette crise a été déclenchée par plusieurs facteurs, notamment la révolution iranienne qui a entraîné une baisse significative de la production de pétrole en Iran, un des principaux exportateurs de pétrole à l'époque. La diminution de la production iranienne, conjuguée à la peur d'une instabilité politique accrue dans la région, a provoqué une forte hausse des prix du pétrole. Les prix ont presque doublé, entraînant des effets économiques considérables dans le monde entier. Comme lors du premier choc pétrolier en 1973, cette hausse des prix a eu un impact direct sur les économies qui dépendaient fortement du pétrole importé, en particulier les économies européennes. Le second choc pétrolier a mis en lumière la vulnérabilité des pays importateurs de pétrole et a souligné la nécessité de diversifier les sources d'énergie. Cela a conduit à une prise de conscience accrue de la nécessité de développer des sources d'énergie alternatives et renouvelables, ainsi que d'améliorer l'efficacité énergétique. En outre, cette crise a stimulé un intérêt accru pour les politiques énergétiques nationales et internationales visant à réduire la dépendance au pétrole et à renforcer la sécurité énergétique.
La fin des accords de Bretton Woods : 1973
C’est la rupture du système monétaire internationale. Les taux de change vont flotter dans tous les sens. La stabilité des taux de change est fondamentale. Des monnaies considérées comme faibles ont subi la spéculation à la baisse. Comme le dollar n’est plus une référence, cela perturbe les échanges internationaux.
L’Union européenne était essentiellement un marché de libre-échange et les variations de taux de change ne peuvent stabiliser les échanges. Plusieurs pays européens ont décidé de s’arrimer au Deutschemark et toutes les monnaies fluctuent autour des variations du Deutschemark. C’est le « serpent monétaire européen » qui a permis la création de l’Europe.
Ce système est lié à la panique autour du choc pétrolier de 1973 et au fait que le baril de pétrole était labélisé en dollar. Ainsi, avec le « serpent monétaire européen », toutes les monnaies européennes étaient accordées autour du Deutschemark. L’euro était d’abord une monnaie financière avant d’être une monnaie réelle. C’est une simplification et une décision politique qui marque une avancée dans l’unification européenne.
Le ralentissement des gains de productivité
L'économie peine à améliorer les gains de productivité. En Europe et aux États-Unis, il y avait un ralentissement des gains de productivité lié à un ralentissement de l’innovation. Ce ralentissement de la croissance s'accompagne d'une inflation et d'une hausse du chômage.
L’inflation
L'inflation cause la hausse des prix de détail. L’inflation est liée à la loi de l’offre et de la demande. Si on consomme et que l’offre ne suit pas, les prix augmentent. Si l’économie est capable de produire à bas prix, l’inflation est à peu près contrôlée. Pendant une période normale, une inflation de 9% est considérée comme étant énorme. Situé dans le contexte européen de cette époque, cela a une certaine légitimité.
Parfois, il peut y avoir de très fortes poussées de l’inflation directement comme avec les chocs pétroliers, sinon, la poussée inflationniste est dite substantielle. Certains pays ont beaucoup mieux géré l’inflation que d’autres comme la France et Allemagne.
Dès les années 1970, même malgré les bons résultats économiques, on trouve très peu d’augmentation de salaire et un contexte très instable. Vers 1985, tous les pays sont à peu près sortis du calvaire de l’inflation. Les politiques macroéconomiques ont repris le contrôle de l’inflation.
Il y a un contraste entre la crise économique et la crise sociale. Il y a une petite crise économique vers les années 1980, mais sur le plan social, les salaires stagnent, il y a des licenciements et de l’inflation. C'est une crise de l’emploi et des salaires avec une augmentation du prix des denrées en même temps qu'une diminution du salaire réel. Les blés américains créent la crise de l’agriculture, mais font diminuer les prix. Il y a donc une compensation. Les années 1973, 1980 et 1985 ont été de bonnes années pour la croissance, mais des années assez tendues sur le plan social. Cet antagonisme est appelé la stagflation qui est le fait d'avoir une stagnation et de l'inflation en même temps.
Le chômage
En même temps que le chômage augmente, il devient persistant. Le chômage passe de conjoncturel à structurel. Concernant l’Allemagne, entre 1958 et 1962, son taux de chômage tombe à 1%. Certains pays ont réussi à arriver à des situations de plein-emploi pendant les Trente Glorieuses comme la Suisse et le Japon.
Le chômage frictionnel est beaucoup plus important aux États-Unis, car cela fait partie d'une forme de tradition de changer plusieurs fois de métiers rendant le marché du travail plus dynamique et plus mobile.
À terme, on n'arrive plus à revenir aux valeurs du plein-emploi. L'incapacité à revenir au plein-emploi marque la fin des Trente Glorieuses. Depuis deux siècles, la corrélation économique était claire : la production augmente, le chômage diminue et inversement. À partir de la dépression, on peut avoir une hausse de la production, mais pas forcément le recul du chômage. C'est la rupture d’une règle, certaines fois l’économie est génératrice d’emplois, d’autres fois pas.
Les années 1990 : de l'optimisme à l'incertitude
Le retour à la croissance
Dans les années 1990, les États-Unis vont détenir un rôle économique hégémonique autant sur le plan international que sur le plan interne. Ils vont tenir une croissance forte sans inflation et qui est créatrice d’emploi. En d'autres termes, c’est une décennie de croissance de la richesse économique sans inflation et créatrice d’emploi.
L’éclatement de la bulle boursière
L’éclatement de la bulle boursière en 2001 a mis fin à cette hégémonie. Il va y avoir une crise spéculative menant à une crise boursière. On est passé de 4,1% à 1,2% de taux de croissance.
Le paradoxe américain est d’avoir une économie en pleine santé, mais qui est aussi fragile. Ce qui soutenait la croissance économique était aussi ce qui la menaçait. Le surendettement des ménages dans les années 1990 fait que les ménages se sont remis à consommer à crédit grâce à la conjoncture positive qui a motivé les ménages à s’endetter. Cela a dopé l’économie de consommation et de production. Il y a également le surendettement des entreprises dynamiques pour investir et innover. Ce sont principalement dans les technologies de l'information et de la communication (TIC). Si les dettes ne peuvent plus être remboursées alors on est personnellement en crise tout autant que les prêteurs.
La bulle boursière a mené à une explosion de la valeur des actions des entreprises engagées en particulier dans les NTIC. Parallèlement à l’ouverture des marchés, des startups innovantes attirent les investissements autant des capitalistes que des petits créanciers engagés dans une spéculation. La formation d’une bulle spéculative est un divorce entre l’économie réelle et l’économie financière. C’est une distorsion entre la valeur financière et la valeur réelle. Ce fut un processus correctif brutal. Les valeurs étaient complètement surestimées. Les investisseurs spéculateurs sont autant des investisseurs privés qu'individuels. On parle de « capitalisme populaire » qui va mener à un désastre économique et social.
Toute une série d’entreprises cotées en bourse avait menti sur leur bilan. Pour le capitalisme populaire, dès lors que l’on falsifiait les bilans comptables, on falsifie l’information. Cela met en avant le « démon structurel des États-Unis » à savoir miser sur l’endettement et de disposer d'un dollar à la fois étalon monétaire et monnaie nationale qui complexifient la gestion monétaire. Le surendettement des ménages, le surendettement des entreprises et la balance commerciale négative vont mener à la crise de 2008.
La crise de 2008
La crise de 2008 est le résultat d'un surendettement, d'un déficit commercial, d'une falsification des bilans financiers qui fausse l’évaluation conjoncturelle et d'une distorsion entre économie financière et les fondamentaux économiques.
Les fondements économiques ne sont plus le seul paramètre, maintenant, il y a le paramètre financier qui crée quelque chose de plus complexe et d'incertain.
La crise financière de 2008 a été causée par plusieurs facteurs. L'un des principaux facteurs était l'augmentation des taux d'intérêt, qui a rendu les prêts immobiliers plus coûteux et a entraîné une baisse de la demande pour les maisons. Cette baisse de la demande pour les maisons a eu pour effet d'entraîner une baisse des prix de l'immobilier, ce qui a rendu difficile pour les emprunteurs de rembourser leurs prêts.
Un autre facteur important de la crise financière de 2008 était la survalorisation des actifs immobiliers, qui a été encouragée par la création de produits financiers complexes tels que les subprimes, qui étaient des prêts immobiliers à haut risque destinés aux emprunteurs à faible revenu ou à mauvais crédit. Ces produits financiers étaient souvent regroupés en des instruments financiers tels que les titres adossés à des actifs (CBO), qui étaient achetés par les banques et les investisseurs. Lorsque la valeur des actifs immobiliers a commencé à baisser, les banques et les investisseurs qui avaient acheté ces instruments financiers se sont retrouvés avec des pertes importantes.
Le chômage structurel, la fin du plein-emploi
Actuellement, une distorsion existe entre ceux qui veulent entrer dans le marché et ceux qui sont dedans. Cela est dû à un changement de système économique. La désindustrialisation représente un problème de reconversion professionnel. Depuis 1973, la désindustrialisation est une impasse pour les travailleurs manuels et inversement avec le tertiaire qui est un secteur en plein développement où se déversent de nouvelles compétences.
Il y a un recul de l’emploi industriel et une montée relative de l’emploi dans les services. Auparavant, durant les Trente glorieuses, il y avait des secteurs obsolètes, mais compensés à l’intérieur du monde industriel. Quand le monde industriel est en crise, il y a une crise dans le secondaire, mais aussi un problème de reconversion vers le tertiaire. Les ouvriers sont les perdants.
Le phénomène de inside – outside signifie que le marché tend à se fermer sur lui-même. Entrer dans le marché du travail est compliqué tandis que se mouvoir à l’intérieur est plus facile. Les jeunes sont clairement défavorisés dans ce processus. La montée de l’emploi dans les services devrait être plutôt favorable à l’emploi féminin tandis que le recul dans le secondaire devrait être défavorable aux masculins.
L’état providence : de l’apogée à la remise en cause
– La crise de l’emploi à la base de la crise de l’État-providence :
- Les innovations créaient plus d’emplois qu’elles n’en détruisaient.
- Désormais, toute innovation semble destructrice d’emplois : l’intelligence artificielle remplace quelques métiers.
- L’État-providence est deux fois frappé : alors qu’il atteint son apogée entre 1973 et 1990 en augmentant leurs dépenses publiques de protection sociale en pourcentage du PIB par des taux incroyables. On aura moins d’entrées et plus de sorties pour les chômeurs.
– Les remises en cause
- L’apparition du déficit budgétaire, puis de la dette publique
- D’où critique 1 : un système dévoreur des fonds publics
- Critique 2 : l’efficacité sociale de l’État-providence. C’est là qu’émerge le discours sur l’abus et les abuseurs (travail au noir)
- Réduction surtout dans les années 1980’ : le néo-libéralisme (réaction au keynésianisme, il émerge sans ces années quand l’économie stage et que l’État-providence dépense beaucoup sur les dépenses publiques et aussi quand le bloc soviétique tombe donc on pense le libéralisme comme un mode capitaliste mondial). Ils sont contre toute intervention de la part de l’État, ils sont pour les laisser-faire. Deux personnes néo-libéralistes peuvent être citées : Thatcher 1979 & Reagan 1981.
- Il en résulte : par exemple on ne donne plus de bourses, mais des prêts d’études. Chaque individu est responsable de sa vie, de ses dépenses. Notre but est que ceux qui sont les plus brillants puissent utiliser leur mentalité d’entrepreneuriat pour travailler. (alors que dans le libéralisme classique c’est interdit d’enlever les bourses).
– L’accroissement du taux de pauvreté : on a de plus en plus de contraste entre les pauvres et les riches.
– L’aggravation de l’inégalité dans la distribution des revenus :
* Les vieux votent pour avoir des pensions en Suisse, donc ca monte de plus en plus
– La pauvreté et les inégalités : les causes de la montée des inégalités sont les suivants
- Le recul de l’État-providence : moins de dépenses publiques
- L’affaiblissement des syndicats :
- Un marché du travail mondialisé : il y a de la concurrence partout dans le monde
- Piketty et la courbe de Kuznetz : accumulation du capital avec les riches d’aujourd’hui qui ont hérité leurs richesses et n’ont pas créé leur argent. La courbe de Kuznetz est la dualité entre les secteurs de haut — de gamme et ceux du bas de gamme. Dans le tertiaire on peut gagner beaucoup d’argent, où on peut être « ’working poor » et donc être dans de nouveaux secteurs, bas. Les flux migratoires se dirigent vers les secteurs bas de gamme. On a une dualisation très forte dans les secteurs du travail.
- Les changements technologiques et la dualisation du marché du travail.