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La transformation des structures et des relations sociales

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Introduction[edit | edit source]

Jusqu'en 1880, il y a une dissymétrie des relations entre un employé face à son employeur, car ce dernier à tout le pouvoir de son côté.

La loi de Chapelier promulguée en 1791 interdit toute association ou coalition d'individus de même métier, cette loi apparu plus tard au Royaume Uni en 1800. Par ailleurs, l’employeur jusqu'en 1850 est largement favorisé par cette loi, car elle lui donne tout le poids et le pouvoir lors de litige entre employeur et employé. Parallèlement, toute action revendicative était directement écrasée.

La grande entreprise[edit | edit source]

En 1870, on dénombre 300 employés par entreprise en moyenne. À partir de 1873 vont commencer à émerger des d'entreprises beaucoup plus grandes, voire géantes, comme aux États-Unis. Durant la dépression va se mettre en place un processus de concentration soit de regroupement d'entreprises. Dès 1914 vont commencer à se former des oligopoles.

Première raison[edit | edit source]

L'idée est d'acquérir du pouvoir dans un marché pour influencer les prix. Ils peuvent donc, en se mettant ensemble par la constitution de cartels ou encore de trusts comme aux États-Unis, tuer la concurrence et maintenir les prix en cas de dépression. Le consommateur est perdant : il ne peut rien faire contre les prix.

Ainsi, il n'y a plus de compétition, car les producteurs se sont liés pour fixer les prix.

Deuxième raison[edit | edit source]

Le but est de fournir de nouveaux marchés de consommation. Avant, il y avait des produits largement diffusés, mais qui étaient des produits simples. Pour les produits compliqués, ils étaient distribués à petite échelle de manière limitée.

À la fin du XIXème siècle et aux États-Unis principalement apparaissent les ancêtres des grands magasins. Cela est lié à la démocratisation de la consommation et à sa diversification. Par exemple, en plus de vendre du pain, on doit aussi s'approvisionner et vendre de la charcuterie, du fromage. Cela devient compliqué à gérer. Chaque grand magasin est complexe à gérer et on doit aller chercher du fromage à tel endroit, de la charcuterie à tel endroit, etc.

Les entreprises de distribution alimentaire sont devenues de très grandes entreprises avec énormément d'employés, car il y a le besoin d'un réseau d'approvisionnement national, international et beaucoup de magasins. Vont se développer de nouveaux marchés de consommation et la réponse se fait par la constitution de grandes entreprises de distribution et de vente.

Phillips était à la base un producteur d'appareils photographiques puis d'électronique. Au fur et à mesure, on se retrouve avec un produit complexe comme l'appareil photo avec une diffusion plus vaste, car apparaissent des boutiques de photographes dans toutes les villes. Les gens achètent, les appareils tombent en panne. Cela va mettre l'emphase sur le besoin de concessionnaires qui peuvent en cas de problème démonter les appareils et les réparer. C'est une sorte de système dynamique avec un besoin de distributeurs puis de réparateurs qui nécessitent un réseau commercial très grand.

Troisième raison[edit | edit source]

L'idée est de contourner le protectionnisme en vigueur. À partir de 1873, les États européens sauf la Grande-Bretagne reviennent au protectionnisme. Lorsque la croissance économique reprend, ces États maintiennent cette fermeture.

À ce moment apparaissent de grandes entreprises, des oligopoles ainsi que des multinationales. On contourne le protectionnisme en produisant et vendant dans un pays comme par exemple la Russie. Néanmoins, la société appartient tout de même à une société mère comme c'est le cas de l'entreprise Cockerill en Belgique. L'idée est de vendre aux russes sans exporter, mais en s'implantant chez eux.

Ce sont de grandes entreprises capitalistes, sociétés anonymes, par actions, cotées en bourse. De moins en moins d'entreprises appartiennent à la famille du pionnier ou du fondateur. Une transformation s'opère.

La formation du prolétariat[edit | edit source]

Les villes et bassins industriels berceaux d’une classe ouvrière[edit | edit source]

Ce sont des populations qui n’ont connu que leur région de travail : ce sont les enfants du monde industriel. Se met en place toute une série de spécificité. Des groupes sociaux développent leur propre culture tandis que se créent des systèmes de solidarité.

Se constituent une conscience collective et une histoire de combats sociaux : c’est une histoire de lutte de classes.

L’organisation des classes ouvrières[edit | edit source]

Avant 1840, il y a une montée de la pensée socialiste. Les révolutions de 1848 sont ancrées dans les idéaux républicains, c’est aussi l’année de rédaction du Manifeste du parti communiste de Marx et Engels. À partir de 1860 et 1865 apparaissent de nombreux conflits sociaux sous la forme de lutte des classes.

La grève peut prendre différentes formes : désertion collective, diminution de la productivité, grève tournante, grève générale ou encore débrayage. En Suisse, avant 1880 on demobre 135 conflits avec une population à 81% urbaine, tandis qu'entre 1880 et 1914 se sont 1426 conflits comptés pour une population urbaine à hauteur de 89%. Ces mouvements auraient dû mener à la révolution communiste, cependant cela n’a pas eu lieu en Europe de l’Est.

  • La grève des tramelots de Genève (1902)
    • La Compagnie générale des Tramways électriques (CGTE), ou « Madame sans-gêne »
    • La loi genevoise de 1900 et le 1er conflit (arbitrage du Conseil d'État en cas de conflit patron/ouvrier)
    • Les licenciements de représailles

Le 9 octobre, 15’000 ouvriers débrayent, le Conseil d’État réquisitionne l’armée et ont lieu des échauffourées à la Jonction. Le 10, les membres du Comité de Grève sont arrêtés menant à l'organisation d'un meeting à la Jonction. Le soir, la troupe charge une colonne de grévistes. Le 12, le Syndicat des Voies secondaires décide la reprise du travail.

La droite considère que c’est une attaque envers la démocratie et l’ordre.

Pierre Waldeck-Rousseau photographié par Nadar.

La loi relative a la création des syndicats professionnels ou loi Waldeck-Rousseau, du nom du ministre de l'Intérieur républicain Pierre Waldeck-Rousseau qui la fit voter, est une loi française votée le 21 mars 1884. Elle autorise la mise en place de syndicats en France, abroge la loi Le Chapelier et fixe leurs domaines de compétence. Ce texte vise tous les groupements professionnels et non les seuls syndicats de salariés[1]. En d'autres termes, la loi Waldeck-Rousseau est une loi datant de 1884 qui autorise la constitution de syndicats. Malgré la multiplication des conflits sociaux, tous les pays européens finissent par autoriser les syndicats à la fin du XIXème siècle. Les syndicats "ne font pas seulement les grèves, ils les régularisent, les disciplinent ». La création des syndicats permet d’institutionnaliser les conflits, mais aussi de les contrôler ce qui permet de raisonner et crédibiliser les revendications.

L’hypothèse de l’acculturation est qu'à travers les syndicats qui les représentent, les syndicats ont intégré les valeurs d’ordre de la bourgeoisie.

Amorce des politiques sociales[edit | edit source]

Les débuts de la législation sociale en Angleterre se font notamment en 1802 avec Peel's factory act qui stipule que les enfants ne doivent pas travailler plus de 12 heures par jour, en 1833 est voté le factory act qui stipule que les enfants en bas âge ne peuvent pas travailler, entre 9 et 13 ans pas plus de 8 heures, en 1854 est voté que le travail doit s'arrêter le samedi 14h et en 1880, l'école devient obligatoire.

En Allemagne sous Bismark, une système complet est établi dans les années 1880 avec notamment en 1883 la mise en place d'une assurance maladie, en 1884 d'une assurance incident et 1889 la mise en place d'assurance invalidité et vieillesse.

La Suisse est à la fois pionnière et attardée. Les lois sur le travail des enfants datent 1815 et 1837, les lois sur la durée de travail des adultes de 1848 et 1864 tandis que la loi fédérale des fabriques protège les machines pour épargner des doigts et des mains...

Bilan social vers 1913[edit | edit source]

Il y a une forte syndicalisation, on dénombre 1/6 des ouvriers qui sont syndicalisés. C'est une période caractérisée par de nombreux acquis sociaux. La scolarisation des enfants devient obligatoire faisant reculer le travail des enfants, il y a une diminution de la durée du travail qui était l’une des premières revendications de prolétariat étant en 1913 entre 9 et 10 heures de travail par jour. Vont être mises en place des assurances sociales notamment contre les accidents du travail. Cela amène aussi à la mise en place de conditions de sécurité.

Il y a une ébauche de l’État-providence. C’est aussi une ébauche de la redistribution avec une redistribution des fruits de la croissance vers une partie de la population ce qui peut expliquer que cette période de l'histoire n’aie pas tournée vers la révolution, mais plutôt vers un apaisement.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]

  1. Loi relative a la création des syndicats professionnels. (2014, septembre 9). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 16:16, octobre 19, 2014 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Loi_relative_a_la_cr%C3%A9ation_des_syndicats_professionnels&oldid=107285111.