« Origines et causes de la révolution industrielle anglaise » : différence entre les versions

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Avant la Révolution industrielle, l'augmentation de la demande pour des produits manufacturés a mené à une pénurie de main-d'œuvre dans les industries naissantes. Cela a eu pour effet d'augmenter le coût du travail, puisque les ouvriers, plus en demande, avaient un pouvoir de négociation plus élevé pour leurs salaires. La conséquence directe était l'augmentation des coûts de production et, par conséquent, des prix pour les consommateurs. Face à cette situation, les entrepreneurs et les industriels avaient un intérêt économique important à trouver des moyens de produire plus efficacement. Cela a stimulé l'innovation et la recherche de nouvelles technologies qui pourraient réduire la dépendance à la main-d'œuvre, diminuer les coûts et augmenter la production pour répondre à la demande croissante. Les inventions comme le métier à tisser mécanique et la machine à vapeur sont devenues des innovations majeures en ce sens qu'elles ont été adoptées à large échelle, ce qui a permis une production en série et à moindre coût. La mécanisation des processus de production a également permis de produire des biens en plus grande quantité et à des prix plus bas, ce qui a rendu ces biens accessibles à un plus large segment de la population, alimentant ainsi un cercle vertueux de croissance économique. Cette période a vu un changement de paradigme dans lequel la main-d'œuvre humaine n'était plus le principal moteur de la production. Au lieu de cela, l'efficacité a été obtenue grâce à l'utilisation de machines, ce qui a mené à un changement significatif dans les structures sociales et économiques de l'époque
Avant la Révolution industrielle, l'augmentation de la demande pour des produits manufacturés a mené à une pénurie de main-d'œuvre dans les industries naissantes. Cela a eu pour effet d'augmenter le coût du travail, puisque les ouvriers, plus en demande, avaient un pouvoir de négociation plus élevé pour leurs salaires. La conséquence directe était l'augmentation des coûts de production et, par conséquent, des prix pour les consommateurs. Face à cette situation, les entrepreneurs et les industriels avaient un intérêt économique important à trouver des moyens de produire plus efficacement. Cela a stimulé l'innovation et la recherche de nouvelles technologies qui pourraient réduire la dépendance à la main-d'œuvre, diminuer les coûts et augmenter la production pour répondre à la demande croissante. Les inventions comme le métier à tisser mécanique et la machine à vapeur sont devenues des innovations majeures en ce sens qu'elles ont été adoptées à large échelle, ce qui a permis une production en série et à moindre coût. La mécanisation des processus de production a également permis de produire des biens en plus grande quantité et à des prix plus bas, ce qui a rendu ces biens accessibles à un plus large segment de la population, alimentant ainsi un cercle vertueux de croissance économique. Cette période a vu un changement de paradigme dans lequel la main-d'œuvre humaine n'était plus le principal moteur de la production. Au lieu de cela, l'efficacité a été obtenue grâce à l'utilisation de machines, ce qui a mené à un changement significatif dans les structures sociales et économiques de l'époque


:::::PV (prix de vente) = Sa (salaire) + MP (matières premières) + E (Espérance de revenu)
L'équation du prix de vente, PV (prix de vente) = Sa (salaire) + MP (matières premières) + E (Espérance de revenu), prend une signification particulière lorsqu'elle est appliquée à la Révolution industrielle anglaise. Durant cette période, chaque composant de cette équation a subi des transformations profondes en raison des avancées technologiques et des évolutions sociales. En ce qui concerne les salaires (Sa), la Révolution industrielle a eu un impact ambigu. La demande accrue de main-d'œuvre dans les usines a pu conduire à une augmentation des salaires pour certains, tandis que la mécanisation a diminué la nécessité de compétences artisanales spécialisées, ce qui a exercé une pression à la baisse sur les salaires de ces métiers. Toutefois, de nouvelles compétences sont devenues nécessaires pour gérer et entretenir les machines, ce qui a créé un marché du travail en mutation. Les matières premières (MP), quant à elles, ont vu leur coût réduit grâce à des méthodes de production et de transport plus efficaces. Le développement des chemins de fer et la mécanisation des mines ont permis de réduire les prix du fer et du charbon, des composants clés de l'industrie naissante. L'espérance de revenu (E) reflète les bénéfices escomptés sur les ventes. Avec l'augmentation de la production de masse, les entreprises pouvaient espérer des marges bénéficiaires importantes malgré la réduction des prix unitaires, permettant ainsi une diffusion plus large des produits industriels. Au-delà de ces facteurs, la Révolution industrielle a introduit l'importance des investissements en capital dans des technologies innovantes et les économies d'échelle réalisées grâce à la production en volume. Ces éléments ont fondamentalement modifié la manière dont les coûts de production étaient calculés et gérés. Ainsi, dans le climat effervescent de l'industrialisation, la formule s'est complexifiée. Les salaires ont été influencés par la migration des travailleurs ruraux vers les villes industrielles, les coûts des matières premières ont été abaissés grâce à de nouveaux procédés d'extraction et de traitement, et l'espérance de revenu a été modulée par une concurrence accrue et une demande croissante résultant de la baisse des prix de vente. De plus, l'augmentation des coûts de capital due à l'investissement dans des machines coûteuses a été compensée par des rendements plus rapides dus à l'augmentation de la productivité. En fin de compte, les économies d'échelle ont permis de réduire les coûts par unité, renforçant la compétitivité et augmentant les profits, redéfinissant ainsi l'économie et la société de l'époque.


Si les deux premiers sont chers, et qu’on veut un prix de vente attractif, on doit réduire l’espérance de revenu, ce qui entraîne donc une forte motivation de l’innovation.
Si les deux premiers sont chers, et qu’on veut un prix de vente attractif, on doit réduire l’espérance de revenu, ce qui entraîne donc une forte motivation de l’innovation.

Version du 6 novembre 2023 à 18:14


La Révolution industrielle marque un tournant décisif dans l'histoire humaine. En moins d'un siècle, ce bouleversement a profondément modifié les structures économiques et sociales, initiant une ère de changements dont l'ampleur et la rapidité sont sans équivalent dans les annales du passé.

Cette transformation a débuté sur le sol de l'Angleterre, distinctement avant de s'étendre à l'ensemble de la Grande-Bretagne ou au Royaume-Uni. À l'aube du XVIIIe siècle, l'Angleterre, forte de ses 6 millions d'habitants, représentait les deux tiers de la population britannique. Il est notable que la Révolution industrielle a pris racine et s'est épanouie principalement en Angleterre pendant presque cinquante ans avant que ses innovations et ses réformes ne franchissent les frontières et ne se propagent à travers les nations avec des modalités et un rythme propres à chaque contexte national.

Au seuil de cette période de métamorphose, vers 1780-1790, l'Angleterre se hissait à un niveau technique inégalé. Malgré le fait qu'elle ne représentait qu'environ 1 % de la population mondiale, sa contribution à la production de fer s'élevait à un dixième de la production globale, reflétant son avance industrielle. Le secteur de la filature, particulièrement gourmand en main-d'œuvre, fut l'un des premiers à connaître une mécanisation accélérée, posant les jalons d'une évolution industrielle qui allait redessiner le visage du travail et de la société.

Qu'est-ce que la révolution industrielle ?

Le terme de "Révolution industrielle" incarne la transition technologique et économique qui a métamorphosé les fondements des sociétés durant le XVIIIe siècle. Il marque le commencement d'une ère où l'ingéniosité humaine, couplée à des avancées industrielles sans précédent, a commencé à remodeler le monde naturel avec une vigueur et une échelle jamais vues auparavant. Cette période de révolution, au sens le plus large, implique une modification profonde des structures sociales par une altération des valeurs et des coutumes préexistantes. Elle se caractérise par l'introduction de nouvelles techniques de production massives, l'émergence de l'usine comme principal lieu de travail, ainsi que par l'adoption de la machine à vapeur et d'autres innovations qui ont bouleversé les méthodes traditionnelles de fabrication et de commerce. La révolution industrielle n'est pas seulement une période de changement technologique; elle symbolise également une époque où les rapports sociaux, économiques et culturels ont été redéfinis, posant les fondations de l'économie capitaliste moderne et influençant de manière durable l'histoire humaine.

La Révolution industrielle a été un moteur puissant d'accroissement démographique et de développement économique, contribuant à une expansion sans précédent de la population et de la prospérité. Cette période de transformation intensive a atteint son apogée au XIXe siècle avec l'expansion de la révolution industrielle à travers l'Europe, répandant ses innovations technologiques et ses modèles de production sur le continent. Le terme "Révolution industrielle" a ainsi été consacré par la sociologie pour désigner cette ère de bouleversements majeurs, non seulement dans le secteur industriel, mais aussi dans la structure même de la société. Les implications de ce phénomène dépassent largement le cadre des avancées techniques : elles impliquent une refonte radicale des relations sociales, une nouvelle hiérarchisation des classes, une redéfinition du travail et un changement dans les mentalités, avec l'émergence de valeurs telles que l'efficacité, le progrès et l'innovation. Cette révolution a engendré des effets d'entraînement dans toutes les sphères de la vie quotidienne, modifiant profondément les interactions humaines et les perspectives d'avenir. L'industrialisation a non seulement façonné le paysage économique, mais elle a également réorganisé la géographie humaine, avec un déplacement massif des populations des campagnes vers les villes, donnant naissance à l'urbanisation moderne.

La tentative de cerner avec précision le début de la Révolution industrielle est effectivement un exercice complexe, étant donné le caractère progressif et parfois inégal de ce processus, ainsi que l'absence de données statistiques fiables et systématiques pour cette période. Les historiens placent communément le début de la Révolution industrielle autour de 1750, moment où l'on commence à percevoir des changements notables dans les méthodes de production et de travail en Angleterre. Paul Bairoch a souligné l'importance de la Révolution agricole comme précurseur essentiel de la Révolution industrielle. Celle-ci, ayant permis une amélioration des rendements agricoles et une croissance démographique, a créé les conditions nécessaires pour le développement de l'industrie. Toutefois, cette perspective est le sujet d'un débat continu parmi les chercheurs, certains suggérant que d'autres facteurs, tels que l'accumulation du capital, l'innovation technologique, ou les institutions politiques et économiques, ont joué des rôles tout aussi cruciaux. Le terme « révolution industrielle » lui-même n'a été consacré qu'au XIXe siècle, notamment à partir de 1884, longtemps après les événements qu'il décrit. Le mot « révolution » a été utilisé pour la première fois dans un contexte moderne avec la Révolution française en 1789, et bien qu'il évoque une transformation rapide et radicale, la Révolution industrielle, en réalité, s'est déroulée sur plusieurs décennies, voire sur un siècle ou plus. Cette conception de changement abrupt a été particulièrement popularisée dans les années 1960 par l'historien économique Walt Whitman Rostow avec son modèle du « take-off » ou « décollage », qui comparait la croissance économique à la montée en puissance d'un avion. Selon Rostow, la Révolution industrielle représentait le point de « décollage » où une société passait d'une stagnation économique à une croissance auto-entretenue. La Révolution industrielle n'est pas un événement soudain mais plutôt une évolution caractérisée par des changements graduels et des ajustements continus, transformant fondamentalement les structures économiques et sociales sur une longue période.

Les trois secteurs fondamentaux de la révolution : le textile, la sidérurgie/charbonnage et l’énergie mécanique

La Spinning-jenny de James Hargreaves, 1765, musée à Wuppertal, Allemagne.

La révolution du secteur textile est emblématique de la transformation industrielle qui s’est déroulée en Angleterre au XVIIIe siècle, illustrant parfaitement l’évolution technologique et ses répercussions économiques. La "navette volante", inventée en 1733 par John Kay, fut une amélioration significative dans l'industrie du tissage. Elle a permis de doubler la vitesse de tissage en permettant à la navette de traverser le métier à tisser à grande vitesse et sans intervention manuelle directe. Cette innovation a entraîné une augmentation de la demande en fil, car les métiers à tisser pouvaient désormais produire du tissu beaucoup plus rapidement qu’auparavant. Face à cette augmentation de la demande de fil, James Hargreaves a inventé en 1764 la "Spinning Jenny", un métier à filer révolutionnaire capable de filer plusieurs fils en même temps, surpassant largement la production des fileuses traditionnelles. Cependant, cette invention a créé un déséquilibre entre la capacité de production de fil et celle de tissage, la production de fil dépassant ce que les tisserands pouvaient transformer en tissu. Pour répondre à ce surplus de fil et au besoin d’accroître la productivité du tissage, le métier à tisser mécanique fut développé. En 1785, Edmund Cartwright brevète le premier métier à tisser mécanique qui, bien qu'imparfait au départ, posa les fondations pour les améliorations futures. Il a été suivi par l'adoption de la puissance à vapeur pour les métiers à tisser dans les années 1780, ce qui a permis une utilisation encore plus efficace de la production de fil des "Spinning Jenny" et a mené à un tissage mécanisé à grande échelle. Ces innovations ont non seulement accru la productivité, mais ont également transformé la structure de l’industrie textile, favorisant le passage d'une production artisanale à une production industrielle. Elles ont également eu des conséquences sociales significatives, telles que la concentration des travailleurs dans les usines et une réduction de la main-d'œuvre nécessaire, préfigurant les changements sociaux et économiques profonds apportés par la Révolution industrielle.

La combinaison sidérurgie-charbonnage a été l’un des piliers de la Révolution industrielle, avec le secteur textile, en forgeant littéralement les outils et les matériaux nécessaires à la construction de l'ère industrielle. L'innovation apportée par Abraham Darby en 1709 est effectivement un tournant décisif. En utilisant le coke, issu de la houille (charbon minéral), au lieu du charbon de bois pour la fusion du minerai de fer, Darby a non seulement répondu à la crise énergétique provoquée par la déforestation, mais a aussi posé les bases d'une production sidérurgique beaucoup plus importante. Le charbon de bois était limité non seulement par la quantité de bois disponible, mais aussi par son efficacité énergétique. Le procédé de Darby a permis de produire du fer en plus grande quantité et à moindre coût, car le coke pouvait atteindre des températures plus élevées et plus constantes, nécessaires à la production de fer. De plus, les gisements de houille étaient abondants en Angleterre, ce qui garantissait un approvisionnement stable et économique. Cette avancée a eu des répercussions immenses, car le fer était essentiel à de nombreuses industries de l'époque, y compris la construction de machines, de navires, de bâtiments, et plus tard, de chemins de fer. De plus, le coke devenant le combustible privilégié pour la production de fer, cela a stimulé l'exploitation des mines de charbon, renforçant ainsi la synergie entre la sidérurgie et le charbonnage. Cette dynamique a créé un cercle vertueux d'innovation et de production qui a alimenté l'expansion industrielle de la Grande-Bretagne et a contribué à asseoir sa domination économique mondiale pendant le XIXe siècle.

L’utilisation de l’énergie mécanique via la machine à vapeur est un autre aspect fondamental de la Révolution industrielle. L'adaptation de cette technologie dans divers secteurs industriels a permis un bond en avant dans la production et l'efficacité. La machine à vapeur, dans sa forme primitive, a été développée au début du XVIIIe siècle, avec des inventeurs comme Thomas Newcomen qui, en 1712, a créé une machine à vapeur destinée à pomper l'eau hors des mines de charbon. Bien que cette machine ait été un progrès significatif, elle était encore inefficace et coûteuse à exploiter. Le réel progrès est venu avec James Watt, qui, dans les années 1760 et 1770, a apporté des améliorations décisives à la machine à vapeur de Newcomen. Il a notamment inventé un condenseur séparé qui réduisait considérablement la consommation de charbon et augmentait l'efficacité. Watt a ensuite développé une machine qui convertissait le mouvement de va-et-vient en rotation, ce qui la rendait applicable à de nombreux processus industriels, bien au-delà du simple pompage de l'eau. À partir de 1780, avec les améliorations continues de Watt et d’autres, la machine à vapeur est devenue le moteur de l'industrie. Elle a permis de cadencer le travail des machines, d'où une meilleure prévisibilité et régularité de la production. L’ouvrier pouvait désormais ajuster la machine pour optimiser son temps de travail, et les machines pouvaient fonctionner jour et nuit, indépendamment des conditions météorologiques ou de la force musculaire humaine ou animale. L’impact de la machine à vapeur sur la société industrielle a été colossal, non seulement en améliorant l'efficacité et en réduisant les coûts, mais aussi en transformant radicalement la manière de travailler et l’organisation du travail. Avec le développement du chemin de fer à vapeur et des bateaux à vapeur, la machine à vapeur a aussi révolutionné le transport, accélérant ainsi le commerce et la communication à une échelle jusqu'alors inimaginable.

Le rôle de l’innovation

Le concept d’innovation

Une invention est la création d'un produit ou l'introduction d'un processus pour la première fois. L'innovation, cependant, se produit lorsque cette invention est adoptée et utilisée pour améliorer des processus existants ou pour créer des produits ou des processus entièrement nouveaux, et qu'elle a donc un impact économique ou social.

a "pile de Bagdad", un objet découvert qui ressemble à une cellule électrochimique et qui date probablement d'il y a plus de 2000 ans est un exemple. Si c'était vraiment une pile électrique, cette découverte serait considérée comme une invention remarquable. Néanmoins, puisque nous n'avons aucune preuve que cet objet a été utilisé pour des applications pratiques dans la société qui l'a produit, il n'est pas considéré comme une innovation dans le sens moderne du terme.

Dans le contexte de la Révolution industrielle, l'innovation est un concept clé. Beaucoup d'inventions, telles que la machine à vapeur améliorée par James Watt ou la "Spinning Jenny" de James Hargreaves, ont répondu à des besoins précis (comme la nécessité de pomper l'eau des mines plus efficacement ou de produire des textiles plus rapidement) et ont été adoptées à grande échelle. Ces inventions sont devenues des innovations parce qu'elles ont été largement utilisées, intégrées dans les processus de production, et qu'elles ont eu un impact significatif sur l'économie et la société dans son ensemble.

La relation entre invention et industrialisation

Avant la Révolution industrielle, l'augmentation de la demande pour des produits manufacturés a mené à une pénurie de main-d'œuvre dans les industries naissantes. Cela a eu pour effet d'augmenter le coût du travail, puisque les ouvriers, plus en demande, avaient un pouvoir de négociation plus élevé pour leurs salaires. La conséquence directe était l'augmentation des coûts de production et, par conséquent, des prix pour les consommateurs. Face à cette situation, les entrepreneurs et les industriels avaient un intérêt économique important à trouver des moyens de produire plus efficacement. Cela a stimulé l'innovation et la recherche de nouvelles technologies qui pourraient réduire la dépendance à la main-d'œuvre, diminuer les coûts et augmenter la production pour répondre à la demande croissante. Les inventions comme le métier à tisser mécanique et la machine à vapeur sont devenues des innovations majeures en ce sens qu'elles ont été adoptées à large échelle, ce qui a permis une production en série et à moindre coût. La mécanisation des processus de production a également permis de produire des biens en plus grande quantité et à des prix plus bas, ce qui a rendu ces biens accessibles à un plus large segment de la population, alimentant ainsi un cercle vertueux de croissance économique. Cette période a vu un changement de paradigme dans lequel la main-d'œuvre humaine n'était plus le principal moteur de la production. Au lieu de cela, l'efficacité a été obtenue grâce à l'utilisation de machines, ce qui a mené à un changement significatif dans les structures sociales et économiques de l'époque

L'équation du prix de vente, PV (prix de vente) = Sa (salaire) + MP (matières premières) + E (Espérance de revenu), prend une signification particulière lorsqu'elle est appliquée à la Révolution industrielle anglaise. Durant cette période, chaque composant de cette équation a subi des transformations profondes en raison des avancées technologiques et des évolutions sociales. En ce qui concerne les salaires (Sa), la Révolution industrielle a eu un impact ambigu. La demande accrue de main-d'œuvre dans les usines a pu conduire à une augmentation des salaires pour certains, tandis que la mécanisation a diminué la nécessité de compétences artisanales spécialisées, ce qui a exercé une pression à la baisse sur les salaires de ces métiers. Toutefois, de nouvelles compétences sont devenues nécessaires pour gérer et entretenir les machines, ce qui a créé un marché du travail en mutation. Les matières premières (MP), quant à elles, ont vu leur coût réduit grâce à des méthodes de production et de transport plus efficaces. Le développement des chemins de fer et la mécanisation des mines ont permis de réduire les prix du fer et du charbon, des composants clés de l'industrie naissante. L'espérance de revenu (E) reflète les bénéfices escomptés sur les ventes. Avec l'augmentation de la production de masse, les entreprises pouvaient espérer des marges bénéficiaires importantes malgré la réduction des prix unitaires, permettant ainsi une diffusion plus large des produits industriels. Au-delà de ces facteurs, la Révolution industrielle a introduit l'importance des investissements en capital dans des technologies innovantes et les économies d'échelle réalisées grâce à la production en volume. Ces éléments ont fondamentalement modifié la manière dont les coûts de production étaient calculés et gérés. Ainsi, dans le climat effervescent de l'industrialisation, la formule s'est complexifiée. Les salaires ont été influencés par la migration des travailleurs ruraux vers les villes industrielles, les coûts des matières premières ont été abaissés grâce à de nouveaux procédés d'extraction et de traitement, et l'espérance de revenu a été modulée par une concurrence accrue et une demande croissante résultant de la baisse des prix de vente. De plus, l'augmentation des coûts de capital due à l'investissement dans des machines coûteuses a été compensée par des rendements plus rapides dus à l'augmentation de la productivité. En fin de compte, les économies d'échelle ont permis de réduire les coûts par unité, renforçant la compétitivité et augmentant les profits, redéfinissant ainsi l'économie et la société de l'époque.

Si les deux premiers sont chers, et qu’on veut un prix de vente attractif, on doit réduire l’espérance de revenu, ce qui entraîne donc une forte motivation de l’innovation.

Le phénomène d’accélération du rythme de création technologique

Une innovation crée un blocage, auquel on répond par une nouvelle innovation, qui crée à nouveau un blocage, etc., et tout cela rend la chaîne de production toujours plus efficace. Il y a également la diffusion latérale, c’est-à-dire qu’une innovation dans un domaine va être reprise dans d’autres secteurs et être adaptée à d’autres domaines. Par exemple, on utilisait la machine à vapeur pour sortir l’eau des mines. Les seaux étaient hissés de haut en bas, puis on leur a donné un mouvement rotatif, ce qui a permis le développement de la locomotive qui fonctionne sur un système de rotation.

Le factory system

Le factory system a été un développement clé au cours des premières étapes de la révolution industrielle. Il implique la concentration de la production dans de grandes usines centralisées, où les travailleurs sont employés pour produire des biens à l'aide de machines spécialisées. Ce système constituait une rupture importante par rapport aux méthodes de production traditionnelles, qui étaient souvent décentralisées et réalisées à petite échelle. Le système de l'usine a permis la production de masse de biens, et il a permis de produire des biens plus efficacement et à moindre coût. Le système d'usine a été l'un des principaux moteurs de la révolution industrielle et a ouvert la voie au développement des sociétés industrielles modernes.

L’usine

Au lieu d’avoir des paysans qui travaillent chez eux, on les amène à l’usine. Il y a donc une révolution dans l’ordre du travail. Ce changement est dû à la mécanisation ; une machine à vapeur donne de l’énergie aux métiers à tisser, mais elle ne peut fournir de l’énergie qu’aux métiers qui sont tout proches. De plus, la machine à vapeur coûte cher, il faut donc un bâtiment pour la protéger. Donc on amène les ouvriers à la machine.

La discipline

De plus, on introduit la discipline dans le travail : par exemple, les ouvriers n’ont pas envie d’aller travailler, dans l’ancien système, ils peuvent se lever plus tard et se mettre au travail quand ils le veulent. Mais avec les usines, les ouvriers doivent se régler par rapport aux heures où tournent les machines, car il faut un ouvrier derrière chaque métier à tisser. Il faut donc discipliner les ouvriers et cela va prendre plus d’un siècle.

Pourquoi la révolution industrielle débute en Angleterre?

La révolution industrielle a commencé en Angleterre au début des années 1700. Il s'agit d'une période de changements économiques, sociaux et technologiques importants, marquée par le développement de nouveaux procédés de fabrication et la croissance des villes industrielles. La révolution industrielle a eu un impact profond sur la façon dont les gens vivaient et travaillaient, et a ouvert la voie au monde industrialisé moderne.

Plusieurs raisons expliquent pourquoi la révolution industrielle a commencé en Angleterre. L'un des principaux facteurs était la disponibilité de ressources, telles que le charbon et le fer, qui étaient nécessaires au développement de nouvelles technologies. L'Angleterre avait également une population importante et en pleine croissance, qui fournissait une réserve de travailleurs pour les nouvelles usines et industries qui voyaient le jour. En outre, l'Angleterre avait une forte tradition d'innovation et d'esprit d'entreprise, ce qui encourageait le développement de nouvelles idées et technologies. Enfin, l'Angleterre disposait d'un système politique stable et d'un environnement juridique et réglementaire favorable, ce qui constituait un cadre propice à la croissance de l'industrie. Tous ces facteurs se sont combinés pour faire de l'Angleterre un lieu favorable à l'émergence de la révolution industrielle.

Une révolution des consommateurs dès 18e siècle : 1700 - 1760

Une attitude nouvelle : le désir de consommer

On voit apparaître un désir de consommer. Durant cette période, on a une croissance économique sans gain de productivité. Donc, il y a plus de demande sans que l’on mécanise encore les productions.

Cette croissance n’est pas vraiment expliquée, mais il y a deux hypothèses : la flotte britannique est très développée et aurait permis le désenclavement les îles britanniques. On amène des produits exotiques comme le chocolat, les épices, ce qui crée une envie chez le consommateur. Ainsi, on voit naître une attitude nouvelle, qui est le désir de consommer. Ce qui est intéressant, c’est que toutes les couches sociales sont concernées. Dans les inventaires de décès au 18e, où le notaire répertorie toutes les possessions d’un défunt, on voit apparaître beaucoup plus d’objets, ainsi que certains effets de mode, même chez les petits artisans : au lieu de garder les même vieux vêtements, on commence à s’acheter des habits "à la mode".

Les premiers pas d’une économie de consommation

On commence à faire croire aux gens qu’ils ont besoin d’un objet. Jusqu’au 18e, on vend via le colportage, c’est-à-dire que des vendeurs vont de village en village et proposent leurs produits (livres…). En Angleterre on crée la boutique, avec de grandes vitrines, on donne envie au consommateur. On voit naitre les publicités. On voit également naitre de nouveaux loisirs : la promenade le dimanche après la messe, on visite les boutiques par exemple.

Il y a deux changements majeurs dans la société britannique dans la première moitié du 18e siècle

Le système de valeur des anglais évolue : on accorde moins d’intérêt au religieux et au moral, on valorise plus le profit matériel. On assimile le progrès au matériel : le progrès permet de mieux s’habiller, de mieux isoler son habitation…

Le deuxième changement est la fluidification de la société. Au 18e siècle, on sort des blocages sociaux. Avant ça, on nait noble, ou on ne l'est pas: il est impossible de devenir noble si on n’est pas né noble. Au 18e siècle, l'importance de la Noblesse décline, au profit de la bourgeoisie (statut économique > statut social). Les nobles anglais se passionnent pour l’agriculture et investissent leur argent dans ce domaine (agroéconomie). En même temps, l’artisan qui crée des biens de consommation s’enrichit, et peut s’habiller comme un riche. Les biens de consommation permettent de changer le statut: "Je ne suis peut-être pas un Noble, mais je me présente comme eux (beaux carrosses, beaux habits)". On passe donc d'un statut hérité (Noblesse) à un statut acquis (fortune). Ce changement de système se voit le plus aux États-Unis, où les nobles se mélangent avec les riches non-nobles, on voit d’ailleurs des aristocrates renoncer à leur noblesse.

Augmentation de la production de 60% entre 1700 et 1760

Sur la période allant de 1700 à 1760, la production augmente de 60%. Au cours de la période allant de 1700 à 1760, la production en Angleterre a augmenté de manière significative. Cela est dû en grande partie au développement de nouvelles technologies et de nouveaux procédés de fabrication, qui ont permis la production de masse de biens. Par exemple, l'invention de la machine à vapeur au début du 18e siècle a révolutionné la façon dont les usines et les moulins étaient alimentés, permettant de produire des biens plus rapidement et plus efficacement. La croissance du système d'usine, qui rassemblait les travailleurs et les machines dans de grandes installations centralisées, a également contribué à l'augmentation de la production. En outre, le développement de nouvelles technologies de transport, comme les routes, les canaux et les chemins de fer, a permis de transporter les marchandises plus facilement et plus rapidement, ce qui a encore stimulé la production. Tous ces facteurs se sont combinés pour entraîner une augmentation significative de la production en Angleterre au cours de cette période.

Des salaires élevés

Cela s’est fait avec l’emploi de plus en plus de travailleurs. Et avec la loi de la demande, les salaires augmentent ce qui permet que même les petites gens s’enrichissent. Mais ces salaires élevés vont pousser à la mécanisation pour diminuer les coûts de production.

Pourquoi la révolution industrielle débute en Europe?

La révolution industrielle a commencé en Europe pour diverses raisons. L'un des principaux facteurs était la disponibilité de ressources, telles que le charbon et le fer, qui étaient nécessaires au développement de nouvelles technologies. L'Europe avait également une population importante et en pleine croissance, ce qui fournissait une réserve de travailleurs pour les nouvelles usines et industries qui voyaient le jour. En outre, l'Europe avait une longue histoire d'innovation et d'esprit d'entreprise, ce qui encourageait le développement de nouvelles idées et technologies. Enfin, l'Europe disposait d'un environnement politique et économique stable, qui offrait un cadre propice à la croissance de l'industrie.

Un sentiment de supériorité et l’esprit d’ouverture

Une première explication est le sentiment de supériorité des européens sur les autres civilisations, mais en même temps un certain esprit d’ouverture. Marx explique quand dans les grands empires asiatiques, on trouve plusieurs religions dans un seul empire (Ottoman=juifs, musulmans (sunnites et chiites), bouddhistes…) alors qu’en Europe, on a un bloc catholique. On le voit par le fait qu’à la fin du Moyen-Âge, on expulse les juifs. C'est l’Europe de la chrétienté, il n’y a aucune concurrence. C’est cette unité chrétienne qui serait à la base de ce sentiment de supériorité.

L’Europe a toutefois absorbé une grande quantité d’inventions d’autres cultures : l’algèbre provient de l'arabe, la patate est importée des Amériques. David Landes pense que la certaine supériorité de l’Europe est due à l’alphabet : en Chine ou au Japon, il faut savoir lire des milliers de caractères, ce qui rend l’alphabétisation extrêmement difficile. Seule une élite intellectuelle est capable de lire. En Europe, c’est beaucoup plus facile, car il n’y a que vingt-six caractères à apprendre. De plus, le protestantisme demande aux fidèles de lire la Bible, ce qui contribue à l’alphabétisation[1][2][3][4]. Mais comment les japonais ont-ils fait pour s’industrialiser s’ils ont tant de caractères à apprendre, les enfants japonais apprennent bien tous ces caractères…

La disponibilité d’énergie

La disponibilité de l'énergie a été un facteur clé de la révolution industrielle en Europe. Au début de la révolution industrielle, la plupart de l'énergie utilisée pour alimenter les usines et les moulins provenait de l'eau et de la vapeur. La présence de rivières et d'autres sources d'eau a permis de construire des roues hydrauliques et des moteurs à vapeur, qui fournissaient l'énergie nécessaire au fonctionnement des premières usines et des premiers moulins. À mesure que la révolution industrielle progressait, de nouvelles sources d'énergie, telles que le charbon et le pétrole, sont devenues disponibles, ce qui a permis de poursuivre l'expansion de l'industrie. La capacité d'accéder à ces sources d'énergie et de les exploiter a été cruciale pour la croissance de l'industrie en Europe, et a joué un rôle majeur dans le développement de la révolution industrielle.

Les facteurs climatiques et géographiques

Le climat et la géographie ont joué un rôle important dans la révolution industrielle en Europe. L'Europe bénéficie d'un climat tempéré et d'une grande diversité de paysages, ce qui la rendait propice à toute une série d'industries. Par exemple, les ressources naturelles abondantes, telles que le charbon et le fer, qui étaient disponibles dans de nombreuses régions d'Europe, ont été essentielles pour le développement de nouvelles technologies et de nouveaux procédés de fabrication. La disponibilité de l'eau, nécessaire à l'alimentation des premières usines et moulins, a également été un facteur clé de la croissance de l'industrie. En outre, la situation géographique de l'Europe, avec son accès aux routes commerciales internationales, a permis l'échange facile de biens et d'idées, ce qui a encore facilité la croissance de l'industrie.

Colomb et la reine Isabelle Ire de Castille représentés sur un monument de la Plaza de Colón à Madrid.

Le morcellement politique

Au sortir du Moyen-Âge, on a un très grand morcellement politique, et les États-nations sont constamment en compétition les uns avec les autres. Karl Marx théorise le fait qu’un empire comme la Chine ne pouvait se développer, car le pouvoir était trop centralisé, et ne permettant donc pas la progression. Il établit donc toute une théorie où les dictatures sont vouées à s’effondrer sur elles-mêmes. En Europe, les découvertes sont dues au fait qu’il y a une compétition entre les États. Par exemple, Christophe Colomb a été financé par l’Espagne, car Isabelle la Catholique désirait impressionner ses rivaux.

L’expansion coloniale

Ces grandes découvertes sont la base du commerce triangulaire, et ont permis le développement de l’Europe.

Il faut noter que personne n’est d’accord sur ces éléments. Par exemple, la Suisse a été un des premiers pays à s’industrialiser, mais la Suisse n’a pas eu d’empire colonial ni d’ouverture sur la mer par exemple.

La révolution industrielle : un événement inéluctable ?

On en vient à se demander si la révolution industrielle n’était pas quelque chose d’inéluctable. Pourquoi est-ce que c’est l’Angleterre, et pas l’Espagne, qui réunissait tous les éléments ci-dessus, qui a été le berceau de la révolution.

Ce qui est certain, c’est qu’à partir de 1760, l’Angleterre change son économie très rapidement, de telle sorte que la révolution est totalement installée en 1800. Cet évènement s’est répandu au reste de l’Europe, mais pas au-delà causant cette fracture entre l’Europe et le reste du monde.

Une hypothèse controversée : une révolution agricole ?

Dans une certaine mesure, la révolution industrielle peut être considérée comme une révolution agricole. La révolution industrielle a été marquée par le passage du travail manuel à la fabrication par des machines, ce qui a eu un impact majeur sur l'agriculture également. Le développement de nouvelles technologies, telles que les charrues et les batteuses mécanisées, a permis d'accroître la productivité et l'efficacité de l'agriculture. La croissance du réseau de transport, notamment la construction de routes, de canaux et de chemins de fer, a également facilité le transport des produits agricoles vers les marchés, ce qui a contribué à stimuler le commerce agricole. En outre, la croissance démographique qui a accompagné la révolution industrielle a créé une plus grande demande de nourriture, ce qui a encore stimulé le développement de l'agriculture. Dans l'ensemble, la révolution industrielle a eu un impact significatif sur l'agriculture, et on peut la considérer comme une révolution agricole en ce sens.

La fin progressive de la jachère

Toute la communauté d’historiens se met d’accord pour dire qu’il n’y a pas eu de révolution agricole en Europe, dans le sens où on n’a pas connu l’invention des tracteurs et des engrais au 18e siècle. À cette époque, c’est la naissance de l’agronomie, de la culture du riz et de la pomme de terre en Europe. En Angleterre, au 18e siècle, on supprime progressivement la jachère. Jusqu’alors, l’agriculture fonctionne sur un système triennal, avec un tiers des terres en jachère permanente. Or on découvre que certaines plantes comme le trèfle permettent une régénération des sols. Et avec ces plantes comme le trèfle, qu’on fait pousser sur les terres qui auparavant étaient en jachère, on peut nourrir du bétail. Le fumier de ces animaux sert comme engrais pour les champs. Ainsi, on peut ramener les troupeaux dans les plaines, et on profite d’une production continue. C’est la fin de la tyrannie du blé.

Le développement de l’agronomie et des techniques agricoles

Encore une fois, les nobles s’intéressent à l’agronomie. Ils tentent des expérimentations notamment en croisant des races de vache pour avoir des races laitières ou encore des moutons qui produisent plus de laine.

Les élites anglaises et l’évolution du paysannat

Un acte d'enclosure datant de 1793.

Les gentlemen-farmers

Les gentlemen farmers étaient un groupe de riches propriétaires terriens qui pratiquaient l'agriculture comme un hobby ou une activité de loisir plutôt que comme un moyen de gagner leur vie. Les gentlemen farmers étaient généralement des membres des classes supérieures et possédaient de grands domaines où ils cultivaient et élevaient du bétail pour leur propre consommation ou pour la vente. Le gentleman farming était un passe-temps populaire en Grande-Bretagne au début de la révolution industrielle, et de nombreuses personnes fortunées y voyaient un moyen de profiter de la campagne et de s'engager dans une activité productive et enrichissante. Cependant, le gentleman farming était également critiqué par certains comme étant inefficace et improductif, et il a finalement été éclipsé par l'essor de l'agriculture industrielle et la croissance de l'agriculture commerciale à grande échelle.

Les artisans proto-industriels possèdent de petites terres qu’ils compensent avec leur revenu dans leur petite production textile.

Mais en 1760 avec l’arrivée de la spinning Jenny, ils ne peuvent pas concurrencer et font faillite.

Les enclosures

Les nobles rachètent les terres des paysans qui ont fait faillite. Si le prince de Galles est le plus grand propriétaire terrien d’Angleterre, cela date de cette époque. Les paysans se regroupaient en communautés pour cultiver leur terre, mais les grands propriétaires, en rachetant les terres, mettent en place des clôtures. Les paysans en faillite demandent donc du travail aux usines, car ils n’ont plus de terre et plus de revenu. Cet exode rural provoque l'inversion des rapports de force entre travailleurs et patrons dans les villes: l'abondance de travailleurs fait que le rapport entre offre et demande de main d'oeuvre va s’inverser, et cette fois-ci, les patrons vont pouvoir payer de bas salaires aux paysans venus chercher du travail.

En d'autres termes et en paraphrasant Will Kymlicka dans son ouvrage Les théories de la justice : une introduction publié en 1999[5], « Dans l'Angleterre du XVIIème siècle, on assistait à un mouvement pour l'enclosure (l'appropriation privée) de terres jadis détenues par la communauté et accessible à tous. Sur ces terres (les "communs"), tout à chacun pouvait exercer un droit de pâture, de collecte du bois, etc. L'appropriation privée des communs entraîna la fortune de certains et la perte de ressource des autres, désormais privés de moyens de subsistance ».

Annexes

Références

  1. "Protestant Ethic". Believe: Religious Information Source
  2. Becker, Sascha O.; Wößmann, Ludger (2007), Was Weber Wrong? A Human Capital Theory of Protestant Economic History - Munich Discussion Paper No. 2007-7 (PDF), Munich: Department of Economics University of Munich,
  3. History.com Editors. “American Women in World War II.” History.com, A&E Television Networks, 5 Mar. 2010, www.history.com/topics/world-war-ii/american-women-in-world-war-ii-1.
  4. « Les prospérités du vice », Le Monde diplomatique,‎ 1er décembre 2017
  5. Les théories de la justice: Une introduction, La Découverte, Paris.