Offre, demande et politiques gouvernementales

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L'intervention de l'État dans les marchés économiques se manifeste à travers diverses stratégies, chacune ciblant des aspects spécifiques du marché pour atteindre des objectifs socio-économiques définis. Ces interventions gouvernementales, essentielles pour réguler l'économie, incluent des mesures telles que les interdictions, les réglementations sur les produits, le contrôle des quantités et des prix, ainsi que l'utilisation d'impôts et de subventions.

L'interdiction pure et simple de certains marchés est un exemple frappant de l'intervention gouvernementale. Cette mesure extrême est généralement adoptée pour des raisons de sécurité publique, de santé ou d'environnement. Un exemple concret est l'interdiction des drogues illicites, où les gouvernements cherchent à protéger la santé publique et à réduire la criminalité. De même, l'interdiction des produits contenant de l'amiante dans de nombreux pays répond à des préoccupations de santé publique liées à ses effets nocifs sur les poumons.

Concernant la réglementation des produits, les gouvernements imposent souvent des normes strictes pour garantir la qualité, la santé et la sécurité des produits. Par exemple, les réglementations sur les émissions de véhicules visent à réduire la pollution de l'air, tandis que les normes alimentaires garantissent la sécurité et la qualité des produits alimentaires. Ces réglementations protègent les consommateurs et contribuent à préserver l'environnement, mais peuvent également augmenter les coûts de production pour les entreprises.

Le contrôle des quantités est une autre forme d'intervention, utilisée pour réguler l'offre de certains produits sur le marché. Durant la Seconde Guerre mondiale, par exemple, de nombreux pays ont mis en place des systèmes de rationnement pour des produits essentiels comme la nourriture et le carburant, garantissant ainsi une répartition équitable des ressources limitées. Dans le commerce international, les quotas d'importation sont souvent utilisés pour protéger les industries locales contre la concurrence étrangère.

Le contrôle des prix par l'établissement de prix-plafonds ou de prix-planchers est une autre stratégie utilisée pour influencer le marché. Les prix-plafonds peuvent aider à rendre les biens essentiels plus abordables pendant les crises, comme ce fut le cas avec le plafonnement des prix des médicaments essentiels dans certains pays. Les prix-planchers, quant à eux, sont souvent utilisés dans l'agriculture pour assurer un revenu minimum aux agriculteurs, bien que cela puisse parfois conduire à des surproductions et à des inefficacités.

Enfin, les impôts et les subventions sont des outils fiscaux puissants pour influencer le comportement du marché. Les taxes sur le tabac et l'alcool, par exemple, visent à réduire la consommation de ces produits nocifs pour la santé. Les subventions, d'autre part, peuvent encourager des activités bénéfiques, comme les subventions aux énergies renouvelables pour promouvoir une transition énergétique durable.

Ces interventions gouvernementales ont un impact profond sur l'équilibre de l'offre et de la demande sur les marchés, et par conséquent sur l'économie dans son ensemble. Elles nécessitent une planification minutieuse et une évaluation continue pour s'assurer qu'elles atteignent les objectifs désirés sans provoquer d'effets indésirables. La complexité de ces interventions réside dans le fait qu'elles doivent tenir compte des besoins et des réactions des différents acteurs du marché, tout en équilibrant les objectifs économiques, sociaux et environnementaux.

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Contrôle des prix

Le contrôle des prix

Le contrôle des prix par l'État est une forme d'intervention économique utilisée pour réguler les prix du marché dans des situations où le prix d'équilibre, c'est-à-dire le prix naturel résultant de la rencontre de l'offre et de la demande, est jugé inadapté ou injuste. Cette intervention peut prendre différentes formes selon le contexte et l'objectif visé, et implique généralement la fixation de plafonds ou de planchers de prix pour certains biens ou services. Un exemple classique de contrôle des prix est la limitation des taux d'intérêt, souvent appelée limite de l'usure. Cette mesure est mise en place pour éviter que les prêteurs ne facturent des taux d'intérêt excessivement élevés, en particulier sur les prêts à la consommation et les cartes de crédit. En fixant un taux maximal, le gouvernement cherche à protéger les emprunteurs des pratiques de prêt abusives et à maintenir la stabilité financière.

Le salaire minimum est une autre forme courante de contrôle des prix. Ici, l'objectif est de garantir que les travailleurs reçoivent un revenu suffisant pour vivre. En fixant un salaire minimum légal, l'État s'efforce de combattre la pauvreté et d'assurer que les travailleurs sont rémunérés équitablement. Cependant, le salaire minimum peut aussi être source de débats, certains arguant qu'il pourrait réduire les opportunités d'emploi pour les travailleurs peu qualifiés.

Le contrôle des loyers est une autre intervention où l'État fixe un plafond sur le montant que les propriétaires peuvent demander pour louer des logements. Cette mesure est généralement prise dans les zones urbaines à forte densité où les loyers peuvent monter très haut, rendant le logement inabordable pour de nombreux résidents. Le contrôle des loyers vise à rendre le logement plus abordable, mais il peut aussi dissuader les investissements dans les logements locatifs et limiter l'offre disponible.

Enfin, le prix de soutien des denrées agricoles est une forme de contrôle des prix où l'État fixe un prix plancher pour les produits agricoles. Cette mesure vise à protéger les agriculteurs des fluctuations et de la volatilité des prix du marché, garantissant ainsi un revenu stable. Les prix de soutien peuvent cependant conduire à une surproduction et à des distorsions de marché, nécessitant souvent que le gouvernement achète et stocke les surplus.

Ces formes de contrôle des prix, bien que motivées par des intentions positives, peuvent avoir des conséquences complexes et parfois indésirables. L'équilibre entre les avantages sociaux et économiques de ces politiques et leurs effets secondaires potentiels est un défi majeur pour les décideurs politiques. Il est crucial d'évaluer continuellement l'impact de ces interventions et de les ajuster pour répondre aux besoins changeants de l'économie et de la société.

L'intervention de l'État sur les prix peut également être motivée par la nécessité de corriger les inefficacités du marché dues à un déséquilibre de pouvoir entre acheteurs et vendeurs. Dans certains cas, un acteur du marché peut avoir suffisamment de pouvoir pour influencer de manière significative le prix d'un bien ou d'un service, entraînant ainsi une distorsion du fonctionnement efficace du marché. Le contrôle des prix est une stratégie que l'État peut utiliser pour rétablir l'équilibre et assurer une concurrence plus équitable. Un aspect important du contrôle des prix est qu'il s'agit souvent d'une mesure moins coûteuse par rapport à l'introduction de subventions. Les subventions, bien qu'efficaces pour soutenir certaines industries ou pour rendre certains biens et services plus abordables, doivent être financées par les recettes fiscales, ce qui implique un coût pour l'État et, in fine, pour les contribuables. Le contrôle des prix, en revanche, ne nécessite pas de dépenses directes de l'État, ce qui en fait une option attrayante dans certains contextes.

Il est également important de noter que les décisions de contrôle des prix ne sont pas toujours prises uniquement sur la base d'analyses économiques objectives. Parfois, elles peuvent être le résultat de pressions exercées par des groupes de lobbying qui cherchent à tirer profit d'une situation de rente. Ces "activités de recherche de rente" peuvent mener à des politiques qui favorisent certains groupes ou industries au détriment de l'efficacité économique globale ou de l'équité.

Enfin, le contrôle des prix peut être utilisé comme un outil pour maîtriser l'inflation élevée. Dans des situations où l'inflation s'emballe, l'État peut imposer un gel des prix ou des plafonds de prix pour empêcher une escalade continue des coûts. Cependant, bien que cette mesure puisse offrir un soulagement temporaire, elle ne traite pas les causes sous-jacentes de l'inflation et peut conduire à des pénuries si les prix sont maintenus en dessous du niveau où l'offre rencontre la demande.

Dans tous les cas, il est essentiel de reconnaître que le contrôle des prix, bien qu'utile dans certaines circonstances, est une intervention qui doit être utilisée avec prudence. Elle doit être accompagnée d'une évaluation rigoureuse de ses impacts potentiels, à la fois immédiats et à long terme, sur l'économie et la société.

Prix plafonds

Un prix plafond, ou prix maximal, est une limite supérieure fixée par le gouvernement au-dessus de laquelle il est interdit de vendre un bien ou un service. Cette intervention est généralement mise en œuvre lorsque l'État considère que le prix d'équilibre du marché, c'est-à-dire le prix auquel l'offre égale la demande, est excessivement élevé et potentiellement préjudiciable pour les consommateurs. L'objectif principal d'un prix plafond est donc de rendre les biens ou services plus abordables, en particulier pour les biens essentiels comme le logement, l'énergie, ou les produits alimentaires.

Il est important de souligner que l'efficacité d'un prix plafond dépend de son positionnement par rapport au prix d'équilibre du marché. Si le prix plafond est fixé au-dessus du prix d'équilibre, il est considéré comme non contraignant et n'a pas d'effet immédiat sur le marché. En effet, les vendeurs peuvent continuer à opérer au prix d'équilibre ou en dessous sans enfreindre la limite imposée. Cependant, un prix plafond devient contraignant et a des effets notables sur le marché lorsqu'il est fixé en dessous du prix d'équilibre. Dans ce cas, le prix est artificiellement maintenu à un niveau plus bas que ce que le marché aurait naturellement déterminé.

Lorsque le prix plafond est contraignant, il peut conduire à plusieurs conséquences économiques. Tout d'abord, il peut créer une pénurie, car à un prix plus bas, la demande augmente tandis que l'offre diminue. Par exemple, un contrôle strict des loyers peut conduire à une pénurie de logements disponibles, car les propriétaires pourraient être moins enclins à louer leurs propriétés ou à investir dans de nouveaux logements. De plus, les prix plafonds peuvent entraîner une baisse de la qualité des biens et services, car les fournisseurs cherchent des moyens de réduire leurs coûts face à la réduction des marges bénéficiaires. En outre, des prix plafonds mal conçus ou mal appliqués peuvent mener à des marchés noirs, où les biens ou services sont vendus illégalement à des prix supérieurs au plafond. Cela peut se produire lorsque la demande excède considérablement l'offre disponible au prix plafond légal.

Prix plafond 1.png

La quantité effectivement échangée à un prix donné est du prix d'équilibre est la plus petite entre la quantité offerte et la quantité demandée. Dans un marché, à un prix donné, la quantité effectivement échangée est en effet déterminée par la plus petite entre la quantité offerte et la quantité demandée. Ce concept est crucial pour comprendre le fonctionnement des marchés et les effets des interventions telles que les prix plafonds. Lorsque le prix d'un bien ou service est à son niveau d'équilibre, la quantité de ce bien ou service que les vendeurs sont prêts à vendre (quantité offerte) correspond exactement à la quantité que les acheteurs sont prêts à acheter (quantité demandée). C'est ce qu'on appelle un équilibre de marché, où l'offre et la demande sont en parfaite harmonie, et il n'y a ni surplus ni pénurie.

Cependant, lorsque le prix est fixé artificiellement en dessous du niveau d'équilibre (comme dans le cas d'un prix plafond), la situation change. À ce prix plus bas, la quantité demandée par les consommateurs augmente généralement, car le bien ou service devient plus abordable. Parallèlement, la quantité offerte par les producteurs diminue, car il devient moins rentable pour eux de produire ou de vendre le bien ou service. Dans ce cas, la quantité effectivement échangée est égale à la quantité offerte, qui est plus faible que la quantité demandée. Cela conduit à une pénurie, car il y a plus de personnes désirant acheter le produit qu'il n'y en a disponible au prix fixé. Inversement, si le prix est fixé artificiellement au-dessus du niveau d'équilibre (comme dans le cas d'un prix plancher), la quantité demandée diminue tandis que la quantité offerte augmente, conduisant à un surplus sur le marché.

Dans un marché libre, la quantité échangée est déterminée par le point où l'offre et la demande se rencontrent. Toute intervention modifiant ce point d'équilibre, comme l'instauration de prix plafonds ou planchers, entraîne un déséquilibre entre la quantité offerte et la quantité demandée, conduisant à des pénuries ou des surplus.

L'instauration d'un prix plafond, bien qu'introduite avec l'intention de rendre un produit ou service plus abordable, peut en effet entraîner des conséquences inattendues et parfois injustes. Lorsque le gouvernement fixe un prix plafond en dessous du prix d'équilibre du marché, le bien ou service devient moins cher, ce qui augmente la demande. Cependant, à ce prix plus bas, les producteurs peuvent être moins enclins à offrir le même niveau de quantité, ce qui crée une pénurie. Dans cette situation, il n'y a pas assez de biens ou services disponibles pour satisfaire tous ceux qui veulent acheter au prix plafond. Ce déséquilibre entraîne souvent des files d'attente et d'autres formes de rationnement, car il y a plus de demandeurs que de produits disponibles. Dans ce contexte, les consommateurs plus fortunés peuvent avoir un avantage, car ils peuvent avoir plus de moyens pour accéder au produit ou service limité, par exemple, en payant pour un accès prioritaire ou en utilisant leur influence. Cela peut conduire à une forme de discrimination où les personnes à faible revenu, bien que théoriquement les bénéficiaires de ces prix plafonds, se retrouvent effectivement exclues du marché.

De plus, des prix plafonds inefficaces peuvent encourager le développement de marchés noirs. Dans ces marchés, les biens ou services sont vendus illégalement à des prix supérieurs au plafond légal, ce qui peut aggraver les inégalités, car seuls ceux qui peuvent se permettre de payer des prix plus élevés y ont accès. Ces effets secondaires du contrôle des prix soulignent l'importance d'une conception et d'une mise en œuvre soignées des politiques publiques. Il est essentiel que les décideurs tiennent compte de ces conséquences potentielles et explorent des mécanismes alternatifs ou complémentaires pour atteindre leurs objectifs sans introduire de nouvelles inégalités ou inefficacités sur le marché.

Prix plafond 2.png

Prix plafonds : court vs long terme

Dans le long terme les élasticités-prix sont beaucoup plus fortes et donc la pénurie beaucoup plus grande (aucune incitation pour les producteurs à faire des investissements car le prix est contrôlé et de toute façon il y a pénurie sur le marché). Ceci a comme conséquence que les biens vendus sont de moindre qualité.

Le résultat est qu'il y a moins d’offre, plus de pénurie et moins de qualité.

Application : contrôle des loyers = forme de prix-plafond appliquée au marché du logement. La réglementation rend illégale la fixation d’un loyer plus élevé que le niveau fixé par la loi ou limite les augmentations possibles plus que le loyer lui-même (l’effet sera semblable: le loyer est en-dessous de sa valeur d’équilibre) → pénurie sur le marché du logement.

Application : le contrôle des loyers dans le court terme

Impact du contrôle de loyer (prix plafond) dans le court terme (offre et demande inélastiques)

Application : le contrôle des loyers dans le long terme

Impact du contrôle de loyer (prix plafond) dans le long terme (offre et demande élastiques)

Gagnants et perdants du plafonnement des loyers

Le plafonnement des loyers provoque des gagnants : les locataires ayant déjà un logement ou qui en trouvent un à loyer plafonné;

et des perdants : les propriétaires qui reçoivent un loyer plus bas et les personnes qui cherchent un logement mais n’en trouvent pas.

Le problème d’équité est que les bénéficiaires d’un loyer modéré en raison du plafonnement ne sont pas nécessairement ceux qui en ont le plus besoin : à Genève, exemples récents dans les médias de personnalités politiques bénéficiant de loyers bas. Plus généralement, le loyer est inversement corrélé à l’ancienneté du bail => il touche donc davantage les personnes âgées ou dans la force de l’âge, alors que les jeunes ou les migrants font leur entrée sur le marché.

Conséquences/coûts des loyers contrôlés

La pénurie crée un marché dit “de vendeurs” et provoque :

  • Rationnement de la demande: listes d’attente, rationnement en fonction des préférences des fournisseurs de logement (connexions, discrimination, etc.);
  • Plus d'exigences de la part des fournisseurs: garanties/cautions bancaires et/ou salariales, attestations de solvabilité, “clientèle huppée” favorisée. . .

Développement d'un marché "noir": sous-location abusive.

Inefficience (pertes pour la collectivité): découragement à la mobilité (une fois rentré dans un appartement on hésite à le quitter); frein à la construction et à la rénovation (les investisseurs préfèrent se tourner vers d'autres formes de placement plus lucratives); mésallocation des ressources (personnes âgées et seules vivant dans des grands appartements à faible loyer, et des familles s’entassant dans des petits appartements chers).

Loyers contrôlés : efficience et concurrence imparfaite

Mais, attention: la situation de référence de cette analyse présuppose la concurrence parfaite sur le marché du logement! Or, dans ce marché les conditions de la concurrence parfaite ne sont clairement pas vérifiées.

  • Le logement est un service extrêmement hétérogène;
  • Les coûts de prospection et de recherche sont importants (l’information n’est pas parfaite).
  • Le marché est mince avec peu de régies et de promoteurs immobiliers qui se partagent un canton ou une région (pouvoir de marché).

Dans un contexte de concurrence imparfaite, on peut montrer qu’un contrôle des loyers peut améliorer l’efficience.

De plus, souvent, le contrôle des loyers est justifié d’un point de vue non pas d’efficience mais d’équité. Avec des contrôles sur les loyers, on garantit une certaine redistribution qui évite que les petits locataires à bas revenu ne payent de trop hauts loyers.

Prix plancher

Le prix plancher ou minimal est un prix en dessous duquel on ne peut pas avoir de transactions. Il faut noter qu'un prix plancher en dessous du prix d'équilibre n'est pas contraignant.

Prix plancher 1.png

Salaire minimum et chômage

L’excédent de travail va être plus grand, lorsque la demande de travail est élastique, et la demande de travail va être élastique lorsque le producteur ne peut pas répercuter des augmentations de coût sur les consommateurs du produit final (marchés très compétitifs et prix donné). Les produits intensifs en main-d’œuvre peu qualifiée sont souvent caractérisés par une concurrence très grande et donc la demande de travail sur ces marchés est en général très élastique => le salaire minimum peut engendrer un chômage élevé des travailleurs peu qualifiés.

Evaluation de l’impact social et de redistribution du revenu associés au salaire minimum: il faut confronter les gains en salaire pour les travailleurs qui restent sur le marché du travail et qui gagnent un salaire élevé aux pertes pour les travailleurs qui perdent leur emploi ou qui n’arrivent pas à en trouver.

Il faut garder à l'esprit que nous avons fait l’hypothèse d’un marché du travail compétitif. Si les producteurs (demande de travail) ont du pouvoir de marché, le trade-off (choix) entre salaire plus élevé et chômage n’existe pas nécessairement, comme vous verrez dans d’autres cours plus avancés en analysant le cas du monopsone.

Historiquement institution très ancienne:

  • les historiens mentionnent des villes au Royaume Uni où l’on fixait des minima déjà en 1524;
  • lois nationales sur le salaire minimum apparaissent pour la première fois en Nouvelle-Zélande (1894) et en Australie (1896) et au Royaume Uni en 1909;
  • aux États-Unis première introduction partielle en 1912 et extension à tous les travailleurs en 1966;
  • en Suisse pas de salaire minimum légal, mais des minima sont négociés entre partenaires sociaux (en 2012 aboutissement de l'initiative populaire voulue par l'USS – Union Syndicale Suisse - pour l'introduction d'un salaire minimum de 22CHF de l'heure).

Il n'y a pas de consensus empirique concernant le lien entre salaire minimum et emploi (cf. étude empirique chapitre 2).

Taxation

Les ressources financières de l’État

L'État finance son action en partie par la vente d'actifs ou de biens et services (vente de terrains ou de bâtiments, péages...).

La plus grande partie de ressources publiques proviennent de l'utilisation du "pouvoir de coercition" de l'État à savoir le prélèvement de taxes, d'impôts, de redevances...

L'activité de l'État peut aussi être financée par des emprunts (obligations) ou par des transferts.

Impôts

L'impôt représente la principale source de revenu de l'État. Il consiste dans un prélèvement fiscal SANS contrepartie directe.

On distingue:

  • l'impôt direct = impôt personnel (dépend de la situation financière de la personne physique ou morale);
  • l'impôt indirect = impôt collecté sur une transaction marchande (ne dépend pas des caractéristiques de la personne → anonyme).

L'imposition peut être:

  • ad valorem (le plus courant) = le taux d'imposition est exprimé en pourcentage et la base imposable en unités monétaires (exemple, la TVA = taxe sur la valeur ajoutée);
  • unitaire (ou spécifique) = le taux est exprimé en unités monétaires par unité physique et la base imposable en unités physiques (exemple: 73 centimes/litre d'essence sans plomb).

Pour information, les recettes de la TVA représentent près de 40% des ressources de la Confédération; le taux pour la majorité des biens est de 8%, 2.5% pour alimentation, sport et culture.

La taxation indirecte

Les taxes indirectes réduisent les incitations à produire et consommer, car le prix payé par le consommateur augmente et le prix reçu par le producteur baisse. La différence entre les deux est le montant de la taxe qui est collecté par le gouvernement ().

Donc, quand un bien est taxé, les quantités échangées sur le marché vont être plus petites qu'en situation d'équilibre sans impôt.

Le fardeau ou incidence des taxes va se répartir entre les consommateurs et les producteurs selon l’élasticité-prix des fonctions respectives.

Taxes sur les consommateurs versus taxes sur les producteurs

On va voir que l'impact sur les consommateurs et producteurs ne dépend pas de qui paie concrètement la taxe. Pareillement, la quantité d'équilibre et la recette fiscale sont les mêmes que les contribuables légaux soient les consommateurs plutôt que les producteurs.

Taxe sur les consommateurs

Une taxe de € 0.50 sur les consommateurs.

Taxes sur les producteurs

Une taxe de € 0.50 sur les producteurs.

Taxation : qui paie ? Le rôle des élasticités prix

La répartition du fardeau de la taxe entre consommateurs et producteurs ne dépend donc pas de si l'impôt est prélevé auprès des consommateurs (demande) ou des producteurs (offre), c'est-à-dire de qui est le contribuable légal.

L’incidence de la taxe dépend de l’élasticité-prix de la demande et de l’offre sur le marché, et, indépendamment de qui paie concrètement la taxe, son fardeau tombera de façon plus forte sur l’agent économique qui a une élasticité-prix relativement plus faible.

Intuition : un agent avec une élasticité-prix relativement faible n’ajuste pas son comportement de manière importante aux changements de prix (il n’est pas très flexible car son élasticité-prix est petite), et donc il va subir la plus grande partie de la taxe.

Cas extrêmes (faites les graphiques!) :

  • Demande parfaitement inélastique ou offre parfaitement élastique → la taxe est complètement transférée sur les consommateurs.
  • Demande parfaitement élastique ou offre parfaitement inélastique → la taxe est complètement supporté par les producteurs.

Offre élastique et demande inélastique

Offre élastique et demande inélastique.png

Offre inélastique et demande élastique

Offre inélastique et demande élastique.png

Détermination de l’équilibre en présence d’une taxe

En général, à l'équilibre, et .

1) L'impôt (unitaire t) est payé par les acheteurs :

et est le prix d'équilibre du marché ;

2) L'impôt (unitaire t) est payé par les vendeurs :

et est le prix d'équilibre du marché.

Fonctions linéaires :

 ;  ; .

Sous le cas (1), => ← prix d'équilibre

et => .

Résumé

Prix plafond versus prix plancher (pénuries versus excédents).

Prix plafond : prix maximum (contrôle des loyers).

Prix plancher : prix minimum (salaire minimum).

Les taxes sont coûteuses car elles diminuent les incitations à l’activité économique:

  • Prix consommateur plus élevé ;
  • Prix producteur plus bas ;
  • La différence entre les deux est la taxe collectée par le gouvernement – → Quantités échangées plus petites sur le marché qui est taxé.

Une taxe à la consommation a un impact identique à celui d’une taxe sur la production.

Le partage des taxes entre consommateurs et producteurs dépend des élasticités prix de la demande et de l’offre.

Détermination de l’équilibre avec une taxe par la condition .

Annexes

Références