« Les externalités et le rôle de l'État » : différence entre les versions
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La notion de la "main invisible" décrite par Adam Smith est un concept central en économie, reflétant l'idée que les actions individuelles motivées par l'intérêt personnel peuvent conduire à des résultats bénéfiques pour la société dans son ensemble. Cependant, cette idée repose sur l'hypothèse d'une concurrence parfaite, qui est rarement réalisée dans la pratique. | |||
Dans le monde réel, le marché est souvent imparfait et sujet à divers dysfonctionnements, notamment en raison de l'existence d'externalités. Les externalités sont des effets que les transactions économiques ont sur des tiers qui ne sont pas directement impliqués dans la transaction. Ces effets peuvent être positifs ou négatifs. | |||
Un exemple classique d'externalité négative est la pollution : une usine qui pollue l'air ou l'eau nuit à l'environnement et à la santé publique, sans que ces coûts ne soient intégrés dans le prix de ses produits. À l'inverse, un exemple d'externalité positive pourrait être la vaccination : en se faisant vacciner, une personne réduit le risque de transmission de maladies à d'autres, bénéficiant ainsi à la société. | |||
Lorsque des externalités sont présentes, le marché ne parvient pas à allouer les ressources de manière efficace, conduisant à ce qu'on appelle un "échec du marché". Dans de telles situations, l'intervention de l'État peut être justifiée pour corriger ces échecs. Cela peut se faire par des réglementations, des taxes (comme la taxe carbone pour les pollueurs) ou des subventions (pour encourager des activités générant des externalités positives).{{Translations | |||
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une externalité se produit lorsqu'une action d'un individu ou d'une entreprise a un impact direct sur le bien-être d'un tiers sans que cet impact soit compensé ou réglé par le système des prix du marché. Ce concept est crucial en économie car il représente une des principales défaillances du marché. | |||
Il y a deux types principaux d'externalités : | |||
: | # Externalités Négatives : Celles-ci se produisent lorsque l'action d'un individu ou d'une entreprise a un impact négatif sur un tiers. Un exemple classique est la pollution : une entreprise qui émet des polluants dans l'atmosphère affecte la santé et la qualité de vie des personnes vivant à proximité, mais ces coûts ne sont pas reflétés dans le prix de ses produits. | ||
# Externalités Positives : À l'inverse, une externalité positive se produit lorsque l'action d'un individu ou d'une entreprise bénéficie à d'autres sans que ces derniers paient pour cet avantage. Par exemple, la plantation d'arbres par un individu peut améliorer la qualité de l'air et l'esthétique du quartier, bénéficiant à tous les résidents du quartier sans qu'ils ne contribuent financièrement à ces plantations. | |||
Le problème avec les externalités est qu'elles peuvent conduire à une allocation sous-optimale des ressources. Dans le cas des externalités négatives, elles peuvent entraîner une surproduction ou une surconsommation de biens qui génèrent ces externalités. Inversement, les externalités positives peuvent conduire à une sous-production ou une sous-consommation de biens qui les génèrent, car les producteurs ne reçoivent pas de compensation pour les avantages qu'ils fournissent à la société. | |||
Pour corriger ces inefficacités, l'intervention de l'État est souvent nécessaire. Cela peut prendre la forme de réglementations, de taxes pour les externalités négatives, ou de subventions pour encourager les activités qui génèrent des externalités positives. Par exemple, une taxe carbone vise à internaliser les coûts environnementaux de la pollution, en faisant payer les pollueurs pour l'impact de leurs émissions. | |||
Les externalités négatives se présentent sous de nombreuses formes et ont un impact considérable sur la société et l'environnement. Prenons l'exemple de la fumée de cigarette, souvent citée pour ses effets secondaires sur les non-fumeurs. Les personnes exposées à la fumée passive subissent des risques accrus de maladies respiratoires et cardiovasculaires, bien qu'elles n'aient pas choisi d'être exposées à ces dangers. Un autre exemple frappant est celui des gaz d'échappement des voitures. La pollution atmosphérique résultant de la circulation automobile affecte la santé publique et l'environnement, y compris pour ceux qui n'utilisent pas ou peu leurs véhicules. Cela illustre comment les choix individuels en matière de transport peuvent avoir des conséquences non désirées et largement répandues. Dans les zones urbaines et résidentielles, des problèmes comme les chiens qui aboient excessivement ou laissent des déjections sur les trottoirs constituent également des externalités négatives. Ces comportements entraînent des désagréments pour les résidents, allant de la nuisance sonore au besoin accru de nettoyage et d'entretien des espaces publics. La nuisance sonore en général, qu'elle provienne de l'industrie, des travaux de construction ou de loisirs, est une autre source d'externalité négative. Elle peut perturber la vie quotidienne, affectant le bien-être, le sommeil et la santé mentale des personnes vivant ou travaillant à proximité. Un exemple moins évident mais tout aussi important est la résistance aux antibiotiques, exacerbée par la surconsommation de médicaments. L'utilisation excessive d'antibiotiques entraîne une adaptation des agents pathogènes, ce qui diminue l'efficacité des traitements pour toute la population, pas seulement pour ceux qui consomment ces médicaments. Enfin, la pollution ou la dégradation de l'environnement sous diverses formes – comme le déversement de déchets industriels, la déforestation ou les émissions de gaz à effet de serre – a des répercussions négatives importantes. Ces activités endommagent les écosystèmes, affectent la santé humaine et animale, et contribuent au changement climatique, avec des effets souvent ressentis bien au-delà des zones immédiates d'impact. Ces exemples soulignent la nécessité d'une intervention gouvernementale pour réguler les activités qui génèrent des externalités négatives. Les solutions peuvent inclure des réglementations, des taxes pour décourager les comportements nuisibles, ou des campagnes de sensibilisation pour informer le public des conséquences de certaines actions. En abordant ces questions de manière proactive, les sociétés peuvent mieux gérer les effets secondaires non désirés de certaines activités et promouvoir un environnement plus sain et durable pour tous. | |||
Les externalités positives, où les actions d'une personne ou d'une entreprise bénéficient à d'autres sans compensation directe, jouent un rôle crucial dans l'économie et la société. Vos exemples illustrent bien cette dynamique. Prenons l'exemple du phénomène d'aspiration d'une voiture par un camion sur l'autoroute. Lorsqu'un camion se déplace à grande vitesse, il crée un sillage d'air qui peut réduire la résistance au vent pour les véhicules suivants, améliorant ainsi leur efficacité énergétique. Bien que ce ne soit pas l'intention principale du camionneur, cela profite aux autres conducteurs en réduisant leur consommation de carburant. Les vaccins sont un exemple classique d'externalité positive. Lorsqu'une personne se fait vacciner, elle se protège non seulement contre certaines maladies, mais réduit également la probabilité de transmission de ces maladies à d'autres personnes. Cette immunité collective bénéficie à l'ensemble de la communauté, en particulier à ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons médicales. La restauration de bâtiments historiques ou toute activité qui attire des touristes confère également des avantages significatifs à la communauté locale. Ces projets augmentent non seulement l'attrait esthétique d'une région, mais stimulent également l'économie locale en attirant des visiteurs qui dépensent de l'argent dans les hôtels, les restaurants et d'autres commerces locaux. L'interaction entre un verger et les ruches d'un apiculteur voisin est un autre exemple fascinant. L'apiculteur bénéficie de la présence du verger, car ses abeilles trouvent une source abondante de nectar, améliorant ainsi la qualité et la quantité de leur miel. En retour, les vergers bénéficient de la pollinisation effectuée par les abeilles, ce qui est essentiel pour la production de fruits. C'est un bel exemple de symbiose où les deux parties bénéficient mutuellement de leurs activités respectives. Enfin, la recherche dans le domaine des nouvelles technologies est souvent source d'externalités positives. Les innovations et les découvertes peuvent profiter à l'ensemble de la société en améliorant la qualité de vie, en introduisant de nouvelles solutions pour les problèmes existants, et en stimulant la croissance économique. Souvent, les bénéfices de ces recherches dépassent largement les retombées directes pour les chercheurs ou les organisations qui les financent. Ces exemples illustrent l'importance des externalités positives dans notre société. Ils soulignent également le rôle que peut jouer l'intervention gouvernementale, par exemple en subventionnant ou en soutenant des activités qui génèrent de telles externalités, pour maximiser le bien-être collectif. | |||
==Externalité et inefficacité des marchés== | ==Externalité et inefficacité des marchés== | ||
Version du 6 janvier 2024 à 08:28
| Professeur(s) |
Milet, Emmanuel Sbergami, Federica[1][2][3] Ferro-Luzzi , Giovanni |
|---|---|
| Cours | Introduction à la microéconomie |
Lectures
- Introduction au cours d'introduction à la microéconomie
- Approche méthodologiques au cours d'introduction à la microéconomie
- Les forces du marché : l'offre et la demande
- Les élasticités et ses applications
- Offre, demande et politiques gouvernementales
- Surplus du consommateur et du producteur
- Les externalités et le rôle de l'État
- Les biens publics
- Les coûts de production
- Les entreprises en concurrence parfaite
- Les entreprises en monopole
- Concurrence monopolistique
- Oligopole
- Contrainte et préférences du consommateur
- Choix du consommateur
- Les problèmes d'information et les choix publics
La notion de la "main invisible" décrite par Adam Smith est un concept central en économie, reflétant l'idée que les actions individuelles motivées par l'intérêt personnel peuvent conduire à des résultats bénéfiques pour la société dans son ensemble. Cependant, cette idée repose sur l'hypothèse d'une concurrence parfaite, qui est rarement réalisée dans la pratique.
Dans le monde réel, le marché est souvent imparfait et sujet à divers dysfonctionnements, notamment en raison de l'existence d'externalités. Les externalités sont des effets que les transactions économiques ont sur des tiers qui ne sont pas directement impliqués dans la transaction. Ces effets peuvent être positifs ou négatifs.
Un exemple classique d'externalité négative est la pollution : une usine qui pollue l'air ou l'eau nuit à l'environnement et à la santé publique, sans que ces coûts ne soient intégrés dans le prix de ses produits. À l'inverse, un exemple d'externalité positive pourrait être la vaccination : en se faisant vacciner, une personne réduit le risque de transmission de maladies à d'autres, bénéficiant ainsi à la société.
Lorsque des externalités sont présentes, le marché ne parvient pas à allouer les ressources de manière efficace, conduisant à ce qu'on appelle un "échec du marché". Dans de telles situations, l'intervention de l'État peut être justifiée pour corriger ces échecs. Cela peut se faire par des réglementations, des taxes (comme la taxe carbone pour les pollueurs) ou des subventions (pour encourager des activités générant des externalités positives).
Externalités et inefficacité des marchés
Définitions
une externalité se produit lorsqu'une action d'un individu ou d'une entreprise a un impact direct sur le bien-être d'un tiers sans que cet impact soit compensé ou réglé par le système des prix du marché. Ce concept est crucial en économie car il représente une des principales défaillances du marché.
Il y a deux types principaux d'externalités :
- Externalités Négatives : Celles-ci se produisent lorsque l'action d'un individu ou d'une entreprise a un impact négatif sur un tiers. Un exemple classique est la pollution : une entreprise qui émet des polluants dans l'atmosphère affecte la santé et la qualité de vie des personnes vivant à proximité, mais ces coûts ne sont pas reflétés dans le prix de ses produits.
- Externalités Positives : À l'inverse, une externalité positive se produit lorsque l'action d'un individu ou d'une entreprise bénéficie à d'autres sans que ces derniers paient pour cet avantage. Par exemple, la plantation d'arbres par un individu peut améliorer la qualité de l'air et l'esthétique du quartier, bénéficiant à tous les résidents du quartier sans qu'ils ne contribuent financièrement à ces plantations.
Le problème avec les externalités est qu'elles peuvent conduire à une allocation sous-optimale des ressources. Dans le cas des externalités négatives, elles peuvent entraîner une surproduction ou une surconsommation de biens qui génèrent ces externalités. Inversement, les externalités positives peuvent conduire à une sous-production ou une sous-consommation de biens qui les génèrent, car les producteurs ne reçoivent pas de compensation pour les avantages qu'ils fournissent à la société.
Pour corriger ces inefficacités, l'intervention de l'État est souvent nécessaire. Cela peut prendre la forme de réglementations, de taxes pour les externalités négatives, ou de subventions pour encourager les activités qui génèrent des externalités positives. Par exemple, une taxe carbone vise à internaliser les coûts environnementaux de la pollution, en faisant payer les pollueurs pour l'impact de leurs émissions.
Les externalités négatives se présentent sous de nombreuses formes et ont un impact considérable sur la société et l'environnement. Prenons l'exemple de la fumée de cigarette, souvent citée pour ses effets secondaires sur les non-fumeurs. Les personnes exposées à la fumée passive subissent des risques accrus de maladies respiratoires et cardiovasculaires, bien qu'elles n'aient pas choisi d'être exposées à ces dangers. Un autre exemple frappant est celui des gaz d'échappement des voitures. La pollution atmosphérique résultant de la circulation automobile affecte la santé publique et l'environnement, y compris pour ceux qui n'utilisent pas ou peu leurs véhicules. Cela illustre comment les choix individuels en matière de transport peuvent avoir des conséquences non désirées et largement répandues. Dans les zones urbaines et résidentielles, des problèmes comme les chiens qui aboient excessivement ou laissent des déjections sur les trottoirs constituent également des externalités négatives. Ces comportements entraînent des désagréments pour les résidents, allant de la nuisance sonore au besoin accru de nettoyage et d'entretien des espaces publics. La nuisance sonore en général, qu'elle provienne de l'industrie, des travaux de construction ou de loisirs, est une autre source d'externalité négative. Elle peut perturber la vie quotidienne, affectant le bien-être, le sommeil et la santé mentale des personnes vivant ou travaillant à proximité. Un exemple moins évident mais tout aussi important est la résistance aux antibiotiques, exacerbée par la surconsommation de médicaments. L'utilisation excessive d'antibiotiques entraîne une adaptation des agents pathogènes, ce qui diminue l'efficacité des traitements pour toute la population, pas seulement pour ceux qui consomment ces médicaments. Enfin, la pollution ou la dégradation de l'environnement sous diverses formes – comme le déversement de déchets industriels, la déforestation ou les émissions de gaz à effet de serre – a des répercussions négatives importantes. Ces activités endommagent les écosystèmes, affectent la santé humaine et animale, et contribuent au changement climatique, avec des effets souvent ressentis bien au-delà des zones immédiates d'impact. Ces exemples soulignent la nécessité d'une intervention gouvernementale pour réguler les activités qui génèrent des externalités négatives. Les solutions peuvent inclure des réglementations, des taxes pour décourager les comportements nuisibles, ou des campagnes de sensibilisation pour informer le public des conséquences de certaines actions. En abordant ces questions de manière proactive, les sociétés peuvent mieux gérer les effets secondaires non désirés de certaines activités et promouvoir un environnement plus sain et durable pour tous.
Les externalités positives, où les actions d'une personne ou d'une entreprise bénéficient à d'autres sans compensation directe, jouent un rôle crucial dans l'économie et la société. Vos exemples illustrent bien cette dynamique. Prenons l'exemple du phénomène d'aspiration d'une voiture par un camion sur l'autoroute. Lorsqu'un camion se déplace à grande vitesse, il crée un sillage d'air qui peut réduire la résistance au vent pour les véhicules suivants, améliorant ainsi leur efficacité énergétique. Bien que ce ne soit pas l'intention principale du camionneur, cela profite aux autres conducteurs en réduisant leur consommation de carburant. Les vaccins sont un exemple classique d'externalité positive. Lorsqu'une personne se fait vacciner, elle se protège non seulement contre certaines maladies, mais réduit également la probabilité de transmission de ces maladies à d'autres personnes. Cette immunité collective bénéficie à l'ensemble de la communauté, en particulier à ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons médicales. La restauration de bâtiments historiques ou toute activité qui attire des touristes confère également des avantages significatifs à la communauté locale. Ces projets augmentent non seulement l'attrait esthétique d'une région, mais stimulent également l'économie locale en attirant des visiteurs qui dépensent de l'argent dans les hôtels, les restaurants et d'autres commerces locaux. L'interaction entre un verger et les ruches d'un apiculteur voisin est un autre exemple fascinant. L'apiculteur bénéficie de la présence du verger, car ses abeilles trouvent une source abondante de nectar, améliorant ainsi la qualité et la quantité de leur miel. En retour, les vergers bénéficient de la pollinisation effectuée par les abeilles, ce qui est essentiel pour la production de fruits. C'est un bel exemple de symbiose où les deux parties bénéficient mutuellement de leurs activités respectives. Enfin, la recherche dans le domaine des nouvelles technologies est souvent source d'externalités positives. Les innovations et les découvertes peuvent profiter à l'ensemble de la société en améliorant la qualité de vie, en introduisant de nouvelles solutions pour les problèmes existants, et en stimulant la croissance économique. Souvent, les bénéfices de ces recherches dépassent largement les retombées directes pour les chercheurs ou les organisations qui les financent. Ces exemples illustrent l'importance des externalités positives dans notre société. Ils soulignent également le rôle que peut jouer l'intervention gouvernementale, par exemple en subventionnant ou en soutenant des activités qui génèrent de telles externalités, pour maximiser le bien-être collectif.
Externalité et inefficacité des marchés
La présence d’externalités négatives conduit les marchés à produire une quantité supérieure à la quantité socialement optimale.
La présence d’externalités positives conduit les marchés à produire une quantité inférieure à la quantité socialement optimale.
Explication: les participants à l’échange marchand ne prennent pas en compte le coût ou bénéfice externe qui échoit à un individu (ou groupes d’individus) tiers.
Exemple : le marché de l'aluminium
Si les usines polluent (externalité négative), le coût de production de l’aluminium pour la société est alors plus élevé que le coût de production des producteurs.
Pour chaque unité d’aluminium produite, le coût social comprend le coût privé des producteurs d’aluminium et le coût externe supporté par les tiers affectés par la pollution =>
Coût social = coût privé de production (offre) + coût externe
Pollution et optimum social
L’intersection entre la courbe de demande et la courbe de coût social (= coût privé + coût externe) détermine le montant optimal d’un point de vue de la société dans son ensemble.
Le niveau de production socialement optimal est plus faible que la quantité d’équilibre de marché.
- quantité d’équilibre du marché: coût privé = bénéfice privé.
- quantité socialement optimale: coût social = bénéfice social.
Externalité négative et bien-être
Education et optimum social
L’intersection entre la courbe de bénéfice social (bénéfice privé + bénéfice externe) et la courbe de coût détermine le montant optimal d’un point de vue de la société dans son ensemble.
Le niveau de production socialement optimal est plus élevé que la quantité d’équilibre de marché.
- Quantité d’équilibre du marché: coût privé = bénéfice privé.
- Quantité socialement optimale: coût social = bénéfice social.
Externalité positive et bien-être
L'internalisation des externalités
Internaliser une externalité consiste à modifier les incitations de façon telle que les individus prennent en considération les effets externes de leurs actions.
Une internalisation adéquate permet d’atteindre le niveau de production socialement optimal.
Dans certaines conditions très spéciales, l’internalisation peut se faire par la négociation entre l’agent subissant l’externalité et l’agent qui produit l’externalité (solution privée).
En cas d'externalité négative, l'État peut introduire une norme de comportement pour limiter l’externalité. Il peut aussi imposer une taxe au producteur afin de diminuer la quantité d’équilibre vers le niveau socialement optimal. On parle alors de taxe pigouvienne.
En cas d'externalité positive, l'État peut introduire des obligations ou des recommandations pour promouvoir la production de l'externalité. Il peut aussi subventionner la production du bien ou conférer des droits de propriété aux individus qui génèrent l'externalité positive.
Solutions privées aux externalités
Théorème de Coase
Selon le théorème de Coase, si les parties privées à l’échange peuvent négocier sans coûts de transaction l’allocation des ressources, alors elles peuvent résoudre d’elles-mêmes le problème des externalités sans besoin de l'intervention de l'État => solution privée à l'externalité.
Dans ce cas, il suffit que les droits de propriétés soient bien définis et le mécanisme de marché permet d'atteindre la solution socialement optimale, c’est-à-dire le niveau de l'externalité qui égalise les bénéfices marginaux aux coûts marginaux de l'externalité elle-même et ceci indépendamment de qui a les droits de propriété sur l'externalité (cf. graphique à la page suivante pour le cas de la pollution).
Problème I : le plus souvent, les parties intéressées ne parviennent pas à résoudre le problème des externalités en raison de la présence de coûts de transaction si élevés qu’ils ne permettent pas la mise en place d’un accord.
Problème II : un problème majeur de l’initiative privée réside dans la non- révélation des préférences (problème du resquilleur). Ce comportement stratégique résulte de l’incitation à bénéficier de l’action des autres sans en subir le coût.
Négociation privée et droits de propriété
Exemple de solution négociée
Deux frères étudiants, Toxico et Asmatico, rendent visite tous les mois à leurs parents qui habitent au Tessin. Toxico est fumeur, Asmatico n’aime pas la fumée. Pour économiser l’essence, ils alternent les voitures.
Dans la voiture d’Asmatico, il est interdit de fumer. Dans celle de Toxico, on peut fumer. En général, durant le voyage, Toxico fume un paquet (20 cigarettes).
Pour Toxico, le coût marginal associé à la renonciation d’une cigarette est donné par : où est le nombre de cigarettes non fumées. Pour Asmatico, le bénéfice marginal associé à ces mêmes cigarettes non fumées est donné par (cf. graphique à la page suivante).
On remarque que lors de ces voyages, Toxico subit un coût total de soit les surfaces lorsqu’il accompagne Asmatico dans sa voiture, tandis que ce dernier subit un coût total de dans la voiture de son frère fumeur (surfaces ).
1. ACHAT DE PERMIS DE POLLUER
Supposons que Toxico achète le “droit de fumer” dans la voiture d’Asmatico à raison de 7CHF la cigarette. Tant que son coût marginal est supérieur au prix, il achète ce droit de fumer. Il renonce donc à fumer 6 cigarettes (il en fume 14). En achetant le droit de fumer il dépense les surfaces et subit un coût associé à l’abstinence de 6 cigarettes égal à la surface C (= 24). Son coût total est donc de 122 et il réalise un gain net de 98 correspondant à la surface F.
De son côté, Asmatico accepte, car jusqu’à la treizième cigarette, son bénéfice marginal est inférieur au dédommagement qu’il reçoit par cigarette. Il subit un coût associé à la fumée passive de D (= 49), mais réalise un gain monétaire de (= 98). Son gain net est donc de 49 (surface E).
2. ACHAT DE DROITS À L'AIR PROPRE
On obtient exactement le même résultat en termes de quantité (mais pas de gains nets) si, dans la voiture de Toxico, Asmatico achète l’abstinence de son frère au même prix de 7CHF par cigarette non fumée.
Politiques publiques et externalités
Interventions publiques et externalités
Lorsqu’une externalité amène le marché à réaliser une mauvaise allocation des ressources et qu’une négociation privée ne peut pas être atteinte, le gouvernement peut résoudre le problème...
en adoptant des politiques autoritaires qui prennent la forme de réglementations = obligation ou interdiction de certains comportements (exemple: vaccination obligatoire pour tous les écoliers ou fixation d'un niveau maximal de pollution);
en recourant à des politiques orientées vers le marché = recours aux taxes et subventions pour faire correspondre les incitations privées avec l’efficacité sociale (exemple: aides financières aux travaux d'amélioration de l'isolement des habitations privées ou taxes sur la consommation des alcools forts).
Définition: on appelle TAXES PIGOUVIENNES les taxes qui sont imposées afin de corriger les effets d’une externalité négative.
Permis versus taxes
Si l’État décide de réduire la pollution émanant d’une usine particulière, il peut intervenir de deux sortes :
- en imposant à l'usine de réduire la pollution d'un montant défini et de respecter une certaine limite (réglementation);
- en levant une taxe par unité de pollution émise par l’usine (taxe pigouvienne).
- Marché des permis à polluer (cap and trade system)
Dans le premier cas, l'État peut attribuer un certain nombre maximal de permis de polluer aux entreprises. L’échange de permis de droits de polluer permet le transfert volontaire du droit à polluer d’un entreprise vers une autre et le développement d'un marché pour les droits à polluer.
Les firmes qui peuvent réduire la pollution le plus facilement auront la volonté de vendre les permis dont elles disposent et les firmes pour qui la réduction de la pollution est plus coûteuse auront la volonté d’acheter tous les permis dont elles ont besoin.
Problème potentiel : lobbies militent pour un plus grand approvisionnement de certificats d’émission.
Equivalence des taxes pigouviennes et des droits à polluer
Avantages et désavantages des permis et des taxes
Même si les permis et les taxes sont équivalents en termes de la pollution générée, chaque instrument présente des avantages et des désavantages.
La taxe est en général préférée par les économistes car elle n'entrave pas le mécanisme du marché. Les taxes permettent d'obtenir les mêmes réductions d'émissions d'une norme à moindre coût (les entreprises peuvent s'adapter selon leur capacité à réduire la pollution). De plus, en taxant les firmes qui polluent, l'État les encourage à investir dans la recherche de techniques moins polluantes (effet de moyen/long terme). D'autre part, le gouvernement ne possède pas les informations nécessaires sur le coût social qui seraient nécessaires à fixer le montant de la taxe de manière à restaurer l'optimum social.
Le principal avantage des restrictions est qu'elles sont faciles à comprendre et à appliquer. Lorsqu'on manque d'informations, les normes offrent plus de certitude quant aux niveaux d'émissions. En revanche elles n'incitent pas les individus à améliorer leur comportement et elles créent plus de distorsions que les taxes.
Résumé
Lorsqu’une transaction entre un acheteur et un vendeur affecte directement une tierce partie, l’effet est appelé une externalité.
Les externalités négatives conduisent à une quantité socialement optimale inférieure à la quantité d’équilibre du marché.
Les externalités positives conduisent à une quantité socialement optimale supérieure à la quantité d’équilibre du marché.
Ceux qui sont affectés par les externalités peuvent parfois (mais rarement) résoudre le problème de manière privée.
Suivant le théorème de Coase, si les individus peuvent négocier sans coût, alors ils peuvent toujours aboutir à un accord tel que les ressources sont allouées efficacement.
Quand les agents privés ne peuvent pas traiter les effets externes de manière adéquate, alors le gouvernement intervient.
L’État peut soit réguler les comportements (par des normes), soit internaliser l’externalité en utilisant une taxe Pigouvienne ou encore émettre des permis de polluer (certificats d’émission échangeables).
Annexes
- The Economist, Selling hot air, 07.08.2006
- The Economist, Doffing the cap, 14.07.2007