« Montesquieu y la definición del Estado Libre » : différence entre les versions

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[[Fichier:Esprit Loix 1749.JPG|vignette|Portada de la nueva edición revisada y corregida de 1749 de De l'esprit des lois publicada por Chatelain.]]
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Au chapitre I apparaissent déjà les deux dimensions de la liberté.
En el capítulo I ya aparecen las dos dimensiones de la libertad.


{{citation bloc|Je distingue les lois qui forment la liberté politique dans son rapport avec la cons­ti­tution, d'avec celles qui la forment dans son rapport avec le citoyen. Les premières seront le sujet de ce livre-ci; je traiterai des secondes dans le livre suivant.}}
{{citation bloc|Hago una distinción entre las leyes que forman la libertad política en su relación con la constitución y las que la forman en su relación con el ciudadano. La primera será el tema de este libro; la segunda la trataré en el próximo.}}


Tous les États modérés, donc libre doivent exprimer la liberté de manière objective, la constitution, et de manière subjective, les lois.
Todos los estados moderados, por lo tanto libres, deben expresar la libertad objetivamente, la constitución, y subjetivamente, las leyes.


Au chapitre II intitulé Diverses significations données au mot de liberté, on voit que Montesquieu a étudié ses classiques.
En el capítulo II, titulado Varios significados dados a la palabra libertad, vemos que Montesquieu estudió sus clásicos.


{{citation bloc|Il n'y a point de mot qui ait reçu plus de différentes significations, et qui ait frappé les esprits de tant de manières, que celui de liberté. Les uns l'ont pris pour la facilité de déposer celui à qui ils avaient donné un pouvoir tyrannique; les autres, pour la faculté d'élire celui à qui ils devaient obéir; d'autres, pour le droit d'être armés, et de pouvoir exercer la violence; ceux-ci, pour le privilège de n'être gouvernés que par un homme de leur nation, ou par leurs propres lois. Certain peuple a longtemps pris la liberté pour l'usage de porter une longue barbe. Ceux-ci ont attaché ce nom à une forme de gouvernement, et en ont exclu les autres. Ceux qui avaient goûté du gouvernement républicain l'ont mise dans ce gouvernement; ceux qui avaient joui du gouvernement monarchique l'ont placée dans la monarchie. Enfin chacun a appelé liberté le gouvernement qui était conforme à ses coutumes ou à ses inclinations; et comme dans une république on n'a pas toujours devant les yeux, et d'une manière si présente, les instruments des maux dont on se plaint, et que même les lois paraissent y parler plus, et les exécuteurs de la loi y parler moins, on la place ordinairement dans les répu­bliques, et on l'a exclue des monarchies. Enfin, comme, dans les démocraties, le peuple parait à peu près faire ce qu'il veut, on a mis la liberté dans ces sortes de gouvernements, et on a confondu le pouvoir du peuple avec la liberté du peuple.}}
{{citation bloc|No hay palabra que haya recibido más significados diferentes, y que haya golpeado a los espíritus de tantas maneras, que la de libertad. Algunos la han tomado por la facilidad de deponer a aquel a quien habían dado un poder tiránico; otros por la facultad de elegir a aquel a quien debían obedecer; otros por el derecho a estar armado y poder ejercer la violencia; estos últimos por el privilegio de ser gobernados sólo por un hombre de su propia nación, o por sus propias leyes. Algunas personas se han tomado la libertad de llevar una larga barba. Han unido este nombre a una forma de gobierno, y excluido otras. Los que habían probado el gobierno republicano lo pusieron en ese gobierno; los que habían disfrutado del gobierno monárquico lo pusieron en la monarquía. Por último, cada uno llamaba libertad al gobierno que estaba en conformidad con sus costumbres o sus inclinaciones; y como en una república no siempre se tiene ante los ojos, y de manera tan presente, los instrumentos de los males de los que uno se queja, y que incluso las leyes parecen hablar más, y los ejecutores de la ley hablan menos, se suele colocar en las repúblicas, y se ha excluido de las monarquías. Finalmente, como en las democracias el pueblo parece hacer más o menos lo que quiere, la libertad se ha puesto en este tipo de gobiernos, y el poder del pueblo se ha confundido con la libertad del pueblo.}}


Montesquieu est conscient qu’il existe une multitude de régimes possible et que chacun pense que le sien est celui qui garantit le mieux les libertés individuelles.
Montesquieu es consciente de que hay una multitud de regímenes posibles y que todos piensan que el suyo es el que mejor garantiza las libertades individuales.


Pour Montesquieu, il y a une erreur : afin de permettre de protéger la liberté individuelle et permettre aux États de prospérer, il faut un certain nombre de conditions :
Para Montesquieu, hay un error: para que sea posible proteger la libertad individual y permitir que los estados prosperen, son necesarias una serie de condiciones:  
{{citation bloc|La démocratie et l'aristocratie ne sont point des États libres par leur nature. La liberté politique ne se trouve que dans les gouvernements modérés. Mais elle n'est pas toujours dans les États modérés.}}
{{citation bloc|La democracia y la aristocracia no son estados libres por naturaleza. La libertad política sólo se puede encontrar en los gobiernos moderados. Pero no siempre es en estados moderados.}}
#les États doivent avoir une constitution libre : l’État évoqué ici est l’Angleterre renvoyant au Chapitre VI intitulé De la Constitution de l’Angleterre. Un État modéré est un État qui a une constitution avec la caractéristique de la séparation des pouvoirs. En analysant le régime et la constitution anglaise, Montesquieu vise à nous montrer que si cette constitution vise à protéger les libertés individuelles, c’est qu’elle inclut la séparation des pouvoirs et la participation de plusieurs organes de l’État. Il y a chez Montesquieu une conception très sociologique du pouvoir, il est en permanence en train de dire que diviser les pouvoirs est nécessaire, mais non pas suffisant, il faut que les composantes de la société soient représentées. Il y a des relents dès la constitution romaine et de la constitution mixte. Il est marqué par l’idée que l’on doit aux Romains, le pouvoir est une chose, mais il doit être représentatif de la société avec la représentation population et aristocratique ; la constitution anglaise combine la représentation des pouvoirs, mais aussi la représentation des forces sociales, c’est le principe du checks and balances. La séparation des pouvoirs est une étape : il faut une représentation et un équilibre des pouvoirs.
#Los estados deben tener una constitución libre: el estado al que se refiere aquí es Inglaterra, en referencia al capítulo VI de la Constitución de Inglaterra. Un estado moderado es un estado que tiene una constitución con la característica de la separación de poderes. Analizando el régimen y la constitución inglesa, Montesquieu pretende mostrarnos que si esta constitución tiene como objetivo la protección de las libertades individuales es porque incluye la separación de poderes y la participación de varios órganos del Estado. Montesquieu tiene una concepción muy sociológica del poder, dice constantemente que dividir los poderes es necesario pero no suficiente, los componentes de la sociedad deben estar representados. Hay indicios de esto ya en la constitución romana y en la constitución mixta. Está marcado por la idea de que le debemos a los romanos, el poder es una cosa, pero debe ser representativo de la sociedad con la representación de la población y la aristocracia; la constitución inglesa combina la representación de los poderes, pero también la representación de las fuerzas sociales, es el principio de los controles y equilibrios. La separación de poderes es un paso: debe haber controles y equilibrios.
#la constitution en Angleterre consacre le principe de la représentation politique : «Comme, dans un État libre, tout homme qui est censé avoir une âme libre doit être gouverné par lui-même, il faudrait que le peuple en corps eût la puissance législative. Mais comme cela est impossible dans les grands États, et est sujet à beaucoup d'inconvénients dans les petits, il faut que le peuple fasse par ses représentants tout ce qu'il ne peut faire par lui-même ». Dans les grands États, le peuple encore ne peut pas s’assembler, l’argument consistant à dire que la participation à la chose publique n’est possible de nous tous et de nous toutes n’est possible qu’aux petits États est un argument de Montesquieu. L’idée que nous devrions tous être participants à la chose publique n’est pas possible dans les grands États, alors le principe est celui de la représentation politique afin de permettre à la voix populaire de s’exprimer, mais ne pouvant se rassembler, ils doivent déléguer leur pouvoir à des représentants.
#La constitución de Inglaterra consagra el principio de la representación política: "Puesto que en un estado libre cada hombre que se supone tiene un alma libre debe ser gobernado por sí mismo, el pueblo en cuerpo debe tener poder legislativo. Pero como esto es imposible en los Estados grandes y está sujeto a muchas desventajas en los pequeños, es necesario que el pueblo haga a través de sus representantes todo lo que no puede hacer por sí mismo". En los grandes Estados, el pueblo todavía no puede reunirse; el argumento de que la participación en los asuntos públicos sólo es posible para todos nosotros sólo es posible en los Estados pequeños es un argumento de Montesquieu. La idea de que todos debemos participar en los asuntos públicos no es posible en los grandes estados, por lo que el principio es el de la representación política para permitir que la voz popular hable, pero como no pueden unirse, tienen que delegar su poder en los representantes.


L’idée que le régime représentatif est la caractéristique des grands États, que les grands États ne peuvent être que des régimes représentatifs pour fonctionner est une idée de Montesquieu qui sera reprise par les constitutionnalistes.
La idea de que el régimen representativo es la característica de los grandes Estados, que los grandes Estados sólo pueden ser regímenes representativos para poder funcionar, es una idea de Montesquieu que será retomada por los constitucionalistas.


{{citation bloc|Si la puissance exécutrice n'a pas le droit d'arrêter les entreprises du corps légis­latif, celui-ci sera despotique; car, comme il pourra se donner tout le pouvoir qu'il peut imaginer, il anéantira toutes les autres puissances.
{{citation bloc|Si el poder ejecutivo no tiene derecho a detener las empresas del legislativo, éste será despótico, ya que, al poder darse todo el poder que pueda imaginar, destruirá todos los demás poderes.


Mais il ne faut pas que la puissance législative ait réciproquement la faculté d'arrê­­­ter la puissance exécutrice. Car, l'exécution ayant ses limites par sa nature, il est inutile de la borner; outre que la puissance exécutrice s'exerce toujours sur des choses momentanées. Et la puissance des tribuns de Rome était vicieuse, en ce qu'elle arrê­tait non seulement la législation, mais même l'exécution: ce qui causait de grands maux.
Pero el poder legislativo no debe tener el poder recíproco de detener el poder ejecutivo. Porque, como la ejecución tiene sus límites por su naturaleza, es inútil limitarla; además, el poder de ejecución se ejerce siempre sobre cosas momentáneas. Y el poder de los tribunales romanos era vicioso, ya que detenía no sólo la legislación, sino incluso la ejecución, lo que causaba un gran mal.


[…]
[…]


La puissance exécutrice, comme nous avons dit, doit prendre part à la législation par sa faculté d'empêcher; sans quoi elle sera bientôt dépouillée de ses prérogatives. Mais si la puissance législative prend part à l'exécution, la puissance exécutrice sera également perdue.
El poder ejecutivo, como hemos dicho, debe participar en la legislación por su poder de prevención; de lo contrario, pronto será despojado de sus prerrogativas. Pero si el poder legislativo participa en la ejecución, el poder ejecutivo también se perderá.


[…]
[…]


Voici donc la constitution fondamentale du gouvernement dont nous parlons. Le corps législatif y étant composé de deux parties, l'une enchaînera l'autre par sa faculté mutuelle d'empêcher. Toutes les deux seront liées par la puissance exécutrice, qui le sera elle-même par la législative.
Esta es la constitución básica del gobierno del que estamos hablando. El legislador se compone de dos partes, una de las cuales encadenará a la otra por su poder mutuo de prevención. Ambos estarán vinculados por el poder ejecutivo, que a su vez estará vinculado por el legislativo.


Ces trois puissances devraient former un repos ou une inaction. Mais comme, par le mouvement nécessaire des choses, elles sont contraintes d'aller, elles seront forcées d'aller de concert.}}
Estos tres poderes deberían formar un descanso o inacción. Pero como, por el movimiento necesario de las cosas, se ven obligados a ir, se verán obligados a ir juntos.}}


[[Fichier:Sack of Rome by the Visigoths on 24 August 410 by JN Sylvestre 1890.jpg|thumb|upright|left|''Le sac de Rome par les barbares en 410'', Joseph-Noël Sylvestre, 1890.]]
[[Fichier:Sack of Rome by the Visigoths on 24 August 410 by JN Sylvestre 1890.jpg|thumb|upright|left|''El saqueo de Roma por los bárbaros en el 410.'', Joseph-Noël Sylvestre, 1890.]]


Lorsque Montesquieu décrit le régime modéré, il relève une remarque :
Cuando Montesquieu describe el régimen moderado, hace una observación:


{{citation bloc|Comme toutes les choses humaines ont une fin, l'État dont nous parlons perdra sa liberté, il périra. Rome, Lacédémone et Carthage ont bien péri. Il périra lorsque la puissance législative sera plus corrompue que l'exécutrice.}}
{{citation bloc|Como todas las cosas humanas tienen un fin, el estado del que hablamos perderá su libertad, perecerá. Roma, Lacedemonia y Cartago perecieron. Perecerá cuando el poder legislativo sea más corrupto que el ejecutivo.}}


C’est un constat d’impuissance, il est possible de proposer un régime propice aux libertés individuelles, mais ce n’est qu’un modèle fragile puisque tout État périra.
Es un reconocimiento de la impotencia, es posible proponer un régimen propicio para las libertades individuales, pero es sólo un modelo frágil ya que cualquier Estado perecerá.


Le livre XI est consacré à la constitution type, à l’idéal type de constitution de l’État moderne que l’on retrouve en Angleterre. Montesquieu propose une vision de l’Angleterre idéalisée, mais surtout il rejette le modèle romain.
El libro XI está dedicado al modelo de constitución, al modelo ideal de la constitución del estado moderno que se encuentra en Inglaterra. Montesquieu propone una visión de una Inglaterra idealizada, pero sobre todo rechaza el modelo romano.


Lorsqu’on lit le chapitre XI, il y a le message sur la constitution idéale qui est le modèle anglais, mais Montesquieu dit aussi « Rome que j’ai aimé, Rome n’ai plus un modèle pour les modernes ». En 1748, il estime que le modèle romain est un très beau modèle, mais qui n’est plus applicable au XVIIIème siècle. Un homme va affirmer que Rome n’est pas mort, est utile et peut servir de modèle, c’est Rousseau.
Cuando se lee el capítulo XI, está el mensaje sobre la constitución ideal que es el modelo inglés, pero Montesquieu también dice "Roma que yo amaba, Roma ya no tiene un modelo para lo moderno". En 1748, consideró que el modelo romano era muy hermoso, pero ya no era aplicable en el siglo XVIII. Un hombre afirmará que Roma no está muerta, es útil y puede servir de modelo, es Rousseau.


Le livre XI est la reprise ou le rejet implicite du modèle romain puisque plusieurs chapitres portent des titres critiquent de concevoir le politique et le gouverner, au chapitre VIII intitulé Pourquoi les anciens n'avaient pas une idée bien claire de la monarchie, chapitre IX intitulé Manière de penser d'Aristote, chapitre X intitulé Manière de penser des autres politiques, chapitre XI intitulé Des rois des temps héroïques chez les Grecs, chapitre XII intitulé Du gouvernement des rois de Rome et comment les trois pouvoirs y furent distribués, chapitre XIII intitulé Réflexions générales sur l'état de Rome après l'expulsion des rois.
El libro XI es el renacimiento o rechazo implícito del modelo romano ya que varios capítulos tienen títulos que critican la concepción de la política y la gobiernan, en el capítulo VIII titulado Por qué los antiguos no tenían una idea muy clara de la monarquía, el capítulo IX titulado El modo de pensar de Aristóteles, el capítulo X titulado Modo de pensar en otras políticas, el capítulo XI titulado De los reyes de los tiempos heroicos entre los griegos, el capítulo XII titulado Del gobierno de los reyes de Roma y cómo se distribuyeron los tres poderes, el capítulo XIII titulado Reflexiones generales sobre el estado de Roma después de la expulsión de los reyes.


Tous ces titres montrent que Rome ne connaissait pas la division des pouvoirs au sens ou Montesquieu l’entend ; Rome ne connaissait pas la division des pouvoirs comme il le faudrait. Il y a une critique du modèle romain comme un modèle certes beau, passionnant, fascinant, mais qui n’est plus imitable.
Todos estos títulos muestran que Roma no conocía la división de poderes en el sentido que Montesquieu la entendía; Roma no conocía la división de poderes como debería. Hay una crítica al modelo romano como un modelo que es ciertamente bello, fascinante, fascinante, pero ya no es imitable.


Le modèle de l’avenir est le modèle anglais qui concerne l’État de droit et le sentiment que l’on a de sa sûreté ; le modèle anglais tel que Montesquieu le voit et le comprend est un modèle qui consacre la dimension objective avec l’État de droit et la dimension subjective de la perception que l’on a de sa sécurité.
El modelo del futuro es el modelo inglés, que se refiere al estado de derecho y a la sensación que se tiene de su seguridad; el modelo inglés, tal como lo ve y lo entiende Montesquieu, es un modelo que consagra la dimensión objetiva con el estado de derecho y la dimensión subjetiva de la percepción que se tiene de su seguridad.


= Montesquieu, De l’Esprit des Lois, 1748, Livre XII, Des lois qui forment la liberté politique dans son rapport avec le citoyen, Chapitre I – Idée de ce livre =
= Montesquieu, De l’Esprit des Lois, 1748, Livre XII, Des lois qui forment la liberté politique dans son rapport avec le citoyen, Chapitre I – Idée de ce livre =

Version du 20 novembre 2020 à 13:13


Ya no se discute la definición del Estado propiamente dicho, se acepta la definición del Estado de Hobbes, pero se debate la cuestión del mejor Estado posible y las garantías constitucionales que permiten a los individuos no ser alcanzados por el Estado. De esta manera, se reflexiona sobre la relación entre el estado y los individuos.

Montesquieu escribe en el contexto de la Francia del Antiguo Régimen, posterior a Luis XIV; los escritos de Montesquieu están marcados por los problemas que surgieron en la Ilustración francesa después de la muerte del monarca.

¿Cuáles son los debates que irrigan el pensamiento de la Ilustración francesa? Hay tres grandes debates a partir de 1715:

  • el primer debate es político: murió Luis XIV, grandes filósofos como Voltaire, d'Alembert y otros se preguntan qué es un gobierno legítimo; vivieron la monarquía absoluta, la monarquía opresiva preguntándose cómo repensar la monarquía para que encuentre su legitimidad, que se pueda llamar legítima y que permita a los individuos ejercer plenamente sus libertades. ¿Cuál es la mejor monarquía posible en Francia? ¿Qué tipo de monarquía? ¿Qué tipo de garantías constitucionales son necesarias para que las personas puedan ejercer sus libertades individuales? El clásico debate político sobre la libertad y la legitimidad.
  • El segundo debate que irriga todo el pensamiento de la Ilustración francesa es el debate sobre la religión, la tolerancia y especialmente sobre el lugar de la iglesia en la sociedad francesa. La orden jesuita anunció una expulsión, pero esto es sólo un epifenómeno, ya que a partir de 1720, el peso de la iglesia fue impugnado en nombre de la libertad de pensamiento, y los debates religiosos se desataron, animados por la tradición jansenista basada en una visión muy conservadora del papel de la iglesia y su relación con Dios. Francia experimentará una disputa jansenista en el corazón de la iglesia. Es un debate sobre la religión y el lugar de la tolerancia en las doctrinas religiosas.[4][5][6]
  • el tercer debate es quizás el más importante para Montesquieu es el debate moral que consiste realmente en cuestionar al Hombre, las cualidades morales de los individuos, las cualidades morales de los gobiernos, la virtud de los modernos; es un debate moral que también vio la luz en Francia procedente de los moralistas del siglo XVII sobre el papel del honor, el papel de la virtud en las relaciones sociales, es también la cuestión de las pasiones humanas, es el ser humano dotado de razón o abrumado por sus pasiones o sus necesidades. Son cuestiones de filosofía moral.

Detrás de este debate sobre la naturaleza humana, sobre la moral y la moralidad necesarias para el buen funcionamiento de la sociedad, hay una cuestión muy importante que es la cuestión del comercio.

A partir de mediados del siglo XVII, Europa experimentó un gran auge económico con el desarrollo de las teorías sobre el comercio, el papel del Estado en la economía y la función de la legislación para establecer y regular el intercambio de bienes y servicios.

Esta reflexión tuvo una importancia considerable en el siglo XVIII: detrás de la reflexión sobre el comercio se encuentra una reflexión sobre las pasiones humanas.

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Teoría de los negocios: reflexión sobre las pasiones humanas

En Escocia, de 1760 a 1770, Hobbes dijo que el hombre es un ser de pasión, de necesidad, de envidia, de miedo, un ser deseoso de enriquecerse, de aumentar su bienestar. Para Hobbes, el control de las pasiones y necesidades humanas era el papel del estado, un estado autoritario permitía a la gente vivir juntos por las reglas que son la ley para poner orden, es un pensamiento de orden social.

La solución a las pasiones humanas es un estado fuerte llamado Leviatán. Para Locke, los hombres son seres de razón, pero también animados por las pasiones humanas que deben ser canalizadas. El siglo XVIII reanudó este debate sobre las pasiones humanas.

Los fundadores del pensamiento político-económico en Escocia dieron una nueva respuesta, es un pensamiento que no es de contrato ni de orden, sino de absoluta libertad; el fundador de la economía política publicó La riqueza de las naciones en 1776 que es Adam Smith: la solución a las pasiones humanas no es un Estado fuerte, sino al contrario, hay que dejar que las pasiones humanas vayan a sus propios intereses en nombre del vicio privado, de la virtud pública.

Esta idea es la respuesta de los escoceses a la cuestión de las pasiones humanas: toda la teoría social escocesa responde diciendo que debemos dejar que las pasiones humanas hagan su trabajo, dejar que el mercado se regule a sí mismo porque toda la comunidad se beneficiará de ello.

Este debate también tiene lugar en Francia, Montesquieu participa en este debate: "el comercio suaviza la moral". Esta teoría de comercio blando, que el comercio suaviza la moral, no estamos haciendo la guerra.

La pasión de Smith tiene un mérito, el mercado no lo resuelve todo, pero la idea inicial es bastante brillante, Smith no previó el uso de su teoría. Inicialmente, Smith no era un economista, sino un filósofo moral, se interesó en la naturaleza humana, el alma humana y las pasiones humanas; su invención del mercado tenía por objeto responder a una cuestión moral.

Esta cuestión moral fue retomada por Montesquieu y en particular en su obra de 1748 El espíritu de las leyes (De l’Esprit des Lois).

Biografía

Montesquieu en 1728 (pintura anónima).

Charles-Louis de Secondat, Barón de la Brède y Montesquieu pasó su escolaridad en el Colegio de Juilly y, después de estudiar derecho, se convirtió en consejero del Parlamento de Burdeos en 1714. En 1715, se casó con Jeanne de Lartigue, una protestante de una familia rica de reciente nobleza.

En 1716, Montesquieu heredó el cargo de Presidente del Parlamento de Burdeos y de la Baronía de Montesquieu. En 1726, vendió su puesto de magistrado. En 1728, fue nombrado para la Academia Francesa. En los años siguientes, viajó por toda Europa, a Austria, Hungría, Italia, Alemania, Holanda e Inglaterra, donde permaneció más de un año.

En París, Montesquieu frecuentaba a los miembros del club Entresol, como el Marqués de Argenson, Bolingbroke y el abbé́ de Saint-Pierre. Allí compartieron información sobre asuntos de política internacional, comercio y finanzas. En 1748, después de 20 años de trabajo, publicó "De l'esprit des lois". Fue criticado, atacado y notablemente condenado por la Sorbona.

La obra fue puesta en el Índice de la Iglesia, pero sin embargo fue un éxito rotundo. Montesquieu murió el 10 de febrero de 1755.

Montesquieu también tenía experiencia parlamentaria, haciendo del parlamento en su pensamiento la piedra angular de su filosofía política: el hecho de que ocupara el cargo de Presidente del Parlamento de Burdeos reforzó su postura filosófica sobre el papel del parlamento.

Los regímenes políticos

En 1734, Montesquieu publicó Les Romains, lanzó una crítica muy fuerte al Imperio Romano releyendo la Historia de Roma, criticando a Roma como un estado de facto de su tiempo. Para evitar los imperios europeos, criticará al Imperio Romano.

Es una obra importante en el sentido de que Roma le permite criticar la aventura y la experiencia imperial de los imperios europeos.

Responderá a Hobbes de manera muy explícita en 1748. La primera publicación anónima en Ginebra es El espíritu de las leyes (De l'Esprit des Lois") que es la biblia de los filósofos y juristas del siglo XVIII. Este trabajo provocará una crítica virulenta.

Con Montesquieu, se produce la segunda gran respuesta a Thomas Hobbes.

« El deseo que Hobbes da a los hombres de subyugar a los demás no es razonable. La idea de imperio y dominación es tan compuesta, y depende de tantas otras ideas, que no sería la que tendría en primer lugar.

Hobbes pregunta por qué, si los hombres no están naturalmente en estado de guerra, siempre van armados, y por qué tienen llaves para cerrar sus casas. Pero uno no siente que se atribuye a los hombres antes del establecimiento de las sociedades lo que sólo puede sucederles después de ese establecimiento, lo que les hace encontrar razones para atacar y defenderse. »

Para Montesquieu, Hobbes puede tener razón, pero no es un problema del Hombre, es porque nuestras sociedades están mal reguladas; no es un problema de la naturaleza humana, la teoría de Hobbes no es razonable.

Del espíritu de las leyes" se divide en XXXI libros, de los cuales veremos los libros XI, XII y XIX.

Montesquieu trata de responder a Hobbes analizando los regímenes políticos y proponiendo lo que él cree que es el mejor de los regímenes políticos porque es el régimen que preserva la libertad de los individuos. Montesquieu depende del período posterior a Luis XIV, desea restaurar y proponer un régimen político que garantice las libertades individuales.

Una de las cuestiones fundamentales y fundadoras del Espíritu de las Leyes es qué es el Estado moderno que garantiza las libertades individuales, o quién establece un Estado, ya sea una república o una monarquía, que es un Estado con instituciones que preservan y garantizan nuestras libertades fundamentales.

Muy clásicamente, Montesquieu comienza analizando, comparando y sopesando los regímenes políticos tal y como los ve y observa; de esta observación, aísla del Libro I al Libro VIII, tres ideales típicos. La división de Aristóteles entre la monarquía y la democracia son ideales estándar que ya no son aplicables. Para Montesquieu hay tres tipos diferentes de regímenes políticos, categorías propuestas por los antiguos.

Su nueva tipología es la siguiente. Ya que podemos ver poco a poco lo que no le gusta a Montesquieu y dibujar su respuesta a Hobbes, cuya tipología del Estado vio con gran preocupación :

  1. Régimen republicano dividido entre régimen aristocrático y régimen republicano de tipo democrático;
  2. Régimen monárquico;
  3. Régimen despótico.

Para Montesquieu, todos los gobiernos del mundo pueden reducirse a estas tres categorías. Cuando piensa en la república democrática, piensa en Atenas y Esparta que son para él repúblicas de tipo democrático; las repúblicas de tipo aristocrático son notablemente las de Venecia; las monarquías se refieren a la monarquía inglesa que está emergiendo como modelo. Los regímenes despóticos son casi todos los demás y en particular el régimen chino.

Montesquieu tiene la idea de que no basta con dividir los regímenes políticos, hay que entender el principio de estos regímenes. Es la idea de comprender si estos ideales estándar pueden reducirse a un principio fundador que anima a estos regímenes.

« Después de examinar las leyes relativas a la naturaleza de cada gobierno, debemos mirar las leyes relativas al principio de cada gobierno.

Existe esta diferencia entre la naturaleza del gobierno y su principio, que su naturaleza es lo que lo hace así, y su principio es lo que lo hace actuar. Una es su estructura particular, y la otra son las pasiones humanas que la hacen moverse. »

Cualquier sistema político puede reducirse a una pasión fundamental, y la pregunta es: ¿cuál es esta pasión fundamental? No se puede decir que un estado es una monarquía si no se entiende lo que lo anima. La idea de que todo régimen tiene un principio es una idea nueva:

  • lo que anima a los regímenes republicanos de tipo democrático es el principio de la virtud, en otras palabras, una república democrática pierde su alma, no puede seguir existiendo si la virtud no es el principio central de esta república democrática.
  • el principio de la república aristocrática es la moderación, si una república aristocrática ya no se basa en la moderación entonces se diluye y se destruye.
  • Las monarquías se fundan en el principio del honor; una monarquía debe ser y se funda en el principio del honor.
  • El régimen despótico está animado por el principio del miedo; es una respuesta al nacimiento del concepto moderno del Estado de Hobbes, que afirmaba que el estado moderno se basa en el Hombre Temeroso.

Al reclasificar los regímenes políticos y asociarlos en un principio, intenta enterrar la visión del estado propuesta por Hobbes.

Leyendo desde el Espíritu de las Leyes, esta tipología de los tres regímenes evoluciona hacia una tipología entre dos regímenes. En otras palabras, la tipología inicial que divide la república, la monarquía y el régimen despótico, esta tipología que distingue tres formas de estado, eventualmente volverá a ser dos.

Básicamente, esta tipología ternaria puede reducirse a una tipología binaria entre estados libres y despóticos: entre gobiernos moderados y despóticos. Montesquieu nos dice que cuando miramos la filosofía política, pueden ser llevados a una tipología entre estados libres y estados esclavos.

Al principio del Espíritu de las Leyes, Montesquieu nos dice que es posible dividir los regímenes políticos en tres categorías distintas, cada una de ellas animada por un principio: la moderación se asocia a los regímenes republicanos de tipo aristocrático.

A medida que se lea el libro, esta tipología ternaria se reducirá a una tipología binaria entre gobiernos moderados y despóticos. Los gobiernos moderados incluyen monarquías y repúblicas; Montesquieu hace la ecuación: moderación, libertad; "cualquier régimen libre es un régimen moderado".

En los libros VIII y XIX, atribuye la moderación a cualquier régimen libre. Tenemos la opción en la sociedad humana entre un gobierno moderado y un gobierno despótico.

El concepto de moderación

El concepto de moderación de Montesquieu, que es el equivalente a la libertad, juega un papel muy importante. El concepto de moderación desempeña un papel crucial, ya que es el criterio que define los regímenes libres. El concepto de moderación desempeña un papel muy importante, ya que es el criterio para los regímenes libres que se oponen a los regímenes despóticos de Hobbes.

Leyendo a Montesquieu, uno se da cuenta de que la moderación y los regímenes moderados pueden definirse de dos maneras:

  • En primer lugar, el concepto de moderación se refiere a una virtud moral que los gobernantes o los gobernados deben poseer. La moderación es la expresión de la media de oro. Es una virtud que el ciudadano sea moderado en sus afirmaciones, un legislador debe ser moderado. Para Montesquieu, cuando se cambia una ley es mejor utilizar el expediente y no el hacha, cree que el Estado es un mecanismo complejo y complicado que no puede ser interrumpido repentinamente.
  • Los regímenes moderados son regímenes que garantizan la seguridad de las personas y los ciudadanos; un régimen moderado es un régimen que evoluciona lentamente, pero también es un régimen en el que la seguridad de las personas está garantizada y protegida por mecanismos institucionales, anacrónicamente se diría un estado de derecho, un gobierno que consagra el estado de derecho asegurando las libertades individuales.

Para que los regímenes moderados puedan existir y perdurar, es necesario actuar en dos niveles:

  • en la constitución de un estado;
  • actuando sobre las leyes de ese mismo estado.

Un estado libre antidespótico tiene en su constitución una serie de criterios, entre ellos la separación de poderes que garantiza el equilibrio de poder, un régimen moderado es aquel que tiene una constitución que garantiza una serie de libertades fundamentales, pero también las leyes deben ser moderadas garantizando en el orden penal el principio de proporcionalidad.

El ejercicio de los poderes y las leyes debe ser moderado de acuerdo con el principio de equilibrio y balance. Montesquieu es el Hombre de Equilibrio, un régimen moderado tiene una constitución y sentencias moderadas que respetan el principio de proporcionalidad.

Esta insistencia en la moderación de las leyes penales, en la necesidad de moderar las sentencias, de tener un código que consagre el principio de proporcionalidad es comprensible en el contexto en el que escribe Montesquieu. Tenía en la mira una discutida medida penal, que es la institución de las cartas de sello donde el rey tenía el poder de decidir encerrar a un individuo sin juicio. Esa era la quintaesencia de la arbitrariedad.

Se deben tomar medidas a nivel de la constitución y a nivel de las leyes para garantizar la libertad de los individuos.

¿Cómo define Montesquieu la libertad? Define la moderación y los regímenes moderados enfatizando dos características. Si se observa la definición de Montesquieu de los estados libres y despóticos se puede reducir su argumento a dos proposiciones fundamentales:

  • Definiendo la libertad por la ley: la libertad es el derecho a hacer lo que la ley permite, un régimen libre es un régimen que respeta las libertades individuales en la medida de la ley, esta es una visión negativa de la libertad.
  • Definición subjetiva de la libertad: La libertad política en un ciudadano es aquella paz mental que proviene de la opinión que cada uno tiene de su propia seguridad. Hay una dimensión objetiva en la libertad de todos y también una dimensión subjetiva que es la sensación de ser libre.

Cada ley tiene una dimensión objetiva, lo que está escrito, y una dimensión subjetiva, lo que transmite como un sentimiento. Un estado libre garantiza las libertades individuales, pero también da una sensación elemental de nuestra seguridad.

Montesquieu, El Espíritu de las Leyes, 1748, Libro XI, Libro XII.

Portada de la nueva edición revisada y corregida de 1749 de De l'esprit des lois publicada por Chatelain.

En el capítulo I ya aparecen las dos dimensiones de la libertad.

« Hago una distinción entre las leyes que forman la libertad política en su relación con la constitución y las que la forman en su relación con el ciudadano. La primera será el tema de este libro; la segunda la trataré en el próximo. »

Todos los estados moderados, por lo tanto libres, deben expresar la libertad objetivamente, la constitución, y subjetivamente, las leyes.

En el capítulo II, titulado Varios significados dados a la palabra libertad, vemos que Montesquieu estudió sus clásicos.

« No hay palabra que haya recibido más significados diferentes, y que haya golpeado a los espíritus de tantas maneras, que la de libertad. Algunos la han tomado por la facilidad de deponer a aquel a quien habían dado un poder tiránico; otros por la facultad de elegir a aquel a quien debían obedecer; otros por el derecho a estar armado y poder ejercer la violencia; estos últimos por el privilegio de ser gobernados sólo por un hombre de su propia nación, o por sus propias leyes. Algunas personas se han tomado la libertad de llevar una larga barba. Han unido este nombre a una forma de gobierno, y excluido otras. Los que habían probado el gobierno republicano lo pusieron en ese gobierno; los que habían disfrutado del gobierno monárquico lo pusieron en la monarquía. Por último, cada uno llamaba libertad al gobierno que estaba en conformidad con sus costumbres o sus inclinaciones; y como en una república no siempre se tiene ante los ojos, y de manera tan presente, los instrumentos de los males de los que uno se queja, y que incluso las leyes parecen hablar más, y los ejecutores de la ley hablan menos, se suele colocar en las repúblicas, y se ha excluido de las monarquías. Finalmente, como en las democracias el pueblo parece hacer más o menos lo que quiere, la libertad se ha puesto en este tipo de gobiernos, y el poder del pueblo se ha confundido con la libertad del pueblo. »

Montesquieu es consciente de que hay una multitud de regímenes posibles y que todos piensan que el suyo es el que mejor garantiza las libertades individuales.

Para Montesquieu, hay un error: para que sea posible proteger la libertad individual y permitir que los estados prosperen, son necesarias una serie de condiciones:

« La democracia y la aristocracia no son estados libres por naturaleza. La libertad política sólo se puede encontrar en los gobiernos moderados. Pero no siempre es en estados moderados. »

  1. Los estados deben tener una constitución libre: el estado al que se refiere aquí es Inglaterra, en referencia al capítulo VI de la Constitución de Inglaterra. Un estado moderado es un estado que tiene una constitución con la característica de la separación de poderes. Analizando el régimen y la constitución inglesa, Montesquieu pretende mostrarnos que si esta constitución tiene como objetivo la protección de las libertades individuales es porque incluye la separación de poderes y la participación de varios órganos del Estado. Montesquieu tiene una concepción muy sociológica del poder, dice constantemente que dividir los poderes es necesario pero no suficiente, los componentes de la sociedad deben estar representados. Hay indicios de esto ya en la constitución romana y en la constitución mixta. Está marcado por la idea de que le debemos a los romanos, el poder es una cosa, pero debe ser representativo de la sociedad con la representación de la población y la aristocracia; la constitución inglesa combina la representación de los poderes, pero también la representación de las fuerzas sociales, es el principio de los controles y equilibrios. La separación de poderes es un paso: debe haber controles y equilibrios.
  2. La constitución de Inglaterra consagra el principio de la representación política: "Puesto que en un estado libre cada hombre que se supone tiene un alma libre debe ser gobernado por sí mismo, el pueblo en cuerpo debe tener poder legislativo. Pero como esto es imposible en los Estados grandes y está sujeto a muchas desventajas en los pequeños, es necesario que el pueblo haga a través de sus representantes todo lo que no puede hacer por sí mismo". En los grandes Estados, el pueblo todavía no puede reunirse; el argumento de que la participación en los asuntos públicos sólo es posible para todos nosotros sólo es posible en los Estados pequeños es un argumento de Montesquieu. La idea de que todos debemos participar en los asuntos públicos no es posible en los grandes estados, por lo que el principio es el de la representación política para permitir que la voz popular hable, pero como no pueden unirse, tienen que delegar su poder en los representantes.

La idea de que el régimen representativo es la característica de los grandes Estados, que los grandes Estados sólo pueden ser regímenes representativos para poder funcionar, es una idea de Montesquieu que será retomada por los constitucionalistas.

« Si el poder ejecutivo no tiene derecho a detener las empresas del legislativo, éste será despótico, ya que, al poder darse todo el poder que pueda imaginar, destruirá todos los demás poderes.

Pero el poder legislativo no debe tener el poder recíproco de detener el poder ejecutivo. Porque, como la ejecución tiene sus límites por su naturaleza, es inútil limitarla; además, el poder de ejecución se ejerce siempre sobre cosas momentáneas. Y el poder de los tribunales romanos era vicioso, ya que detenía no sólo la legislación, sino incluso la ejecución, lo que causaba un gran mal.

[…]

El poder ejecutivo, como hemos dicho, debe participar en la legislación por su poder de prevención; de lo contrario, pronto será despojado de sus prerrogativas. Pero si el poder legislativo participa en la ejecución, el poder ejecutivo también se perderá.

[…]

Esta es la constitución básica del gobierno del que estamos hablando. El legislador se compone de dos partes, una de las cuales encadenará a la otra por su poder mutuo de prevención. Ambos estarán vinculados por el poder ejecutivo, que a su vez estará vinculado por el legislativo.

Estos tres poderes deberían formar un descanso o inacción. Pero como, por el movimiento necesario de las cosas, se ven obligados a ir, se verán obligados a ir juntos. »

El saqueo de Roma por los bárbaros en el 410., Joseph-Noël Sylvestre, 1890.

Cuando Montesquieu describe el régimen moderado, hace una observación:

« Como todas las cosas humanas tienen un fin, el estado del que hablamos perderá su libertad, perecerá. Roma, Lacedemonia y Cartago perecieron. Perecerá cuando el poder legislativo sea más corrupto que el ejecutivo. »

Es un reconocimiento de la impotencia, es posible proponer un régimen propicio para las libertades individuales, pero es sólo un modelo frágil ya que cualquier Estado perecerá.

El libro XI está dedicado al modelo de constitución, al modelo ideal de la constitución del estado moderno que se encuentra en Inglaterra. Montesquieu propone una visión de una Inglaterra idealizada, pero sobre todo rechaza el modelo romano.

Cuando se lee el capítulo XI, está el mensaje sobre la constitución ideal que es el modelo inglés, pero Montesquieu también dice "Roma que yo amaba, Roma ya no tiene un modelo para lo moderno". En 1748, consideró que el modelo romano era muy hermoso, pero ya no era aplicable en el siglo XVIII. Un hombre afirmará que Roma no está muerta, es útil y puede servir de modelo, es Rousseau.

El libro XI es el renacimiento o rechazo implícito del modelo romano ya que varios capítulos tienen títulos que critican la concepción de la política y la gobiernan, en el capítulo VIII titulado Por qué los antiguos no tenían una idea muy clara de la monarquía, el capítulo IX titulado El modo de pensar de Aristóteles, el capítulo X titulado Modo de pensar en otras políticas, el capítulo XI titulado De los reyes de los tiempos heroicos entre los griegos, el capítulo XII titulado Del gobierno de los reyes de Roma y cómo se distribuyeron los tres poderes, el capítulo XIII titulado Reflexiones generales sobre el estado de Roma después de la expulsión de los reyes.

Todos estos títulos muestran que Roma no conocía la división de poderes en el sentido que Montesquieu la entendía; Roma no conocía la división de poderes como debería. Hay una crítica al modelo romano como un modelo que es ciertamente bello, fascinante, fascinante, pero ya no es imitable.

El modelo del futuro es el modelo inglés, que se refiere al estado de derecho y a la sensación que se tiene de su seguridad; el modelo inglés, tal como lo ve y lo entiende Montesquieu, es un modelo que consagra la dimensión objetiva con el estado de derecho y la dimensión subjetiva de la percepción que se tiene de su seguridad.

Montesquieu, De l’Esprit des Lois, 1748, Livre XII, Des lois qui forment la liberté politique dans son rapport avec le citoyen, Chapitre I – Idée de ce livre

« Ce n'est pas assez d'avoir traité de la liberté politique dans son rapport avec la constitution; il faut la faire voir dans le rapport qu'elle a avec le citoyen.

J'ai dit que, dans le premier cas, elle est formée par une certaine distribution des trois pouvoirs; mais, dans le second, il faut la considérer sous une autre idée. Elle consiste dans la sûreté, ou dans l'opinion que l'on a de sa sûreté.

Il pourra arriver que la constitution sera libre, et que le citoyen ne le sera point. Le citoyen pourra être libre, et la constitution ne l'être pas. Dans ces cas, la constitution sera libre de droit, et non de fait; le citoyen sera libre de fait, et non pas de droit.

Il n'y a que la disposition des lois, et même des lois fondamentales, qui forme la liberté dans son rapport avec la constitution. Mais, dans le rapport avec le citoyen, des mœurs, des manières, des exemples reçus peuvent la faire naître; et de certaines lois civiles la favoriser, comme nous allons voir dans ce livre-ci. »

Ce sont les lois fondamentales qui permettent à l’État de droit d’exister. La dimension subjective de la liberté est tout aussi importante que ce qui est écrit, tout l’art est d’emboiter les deux choses, c’est-à-dire d’éviter que le texte écrit ne corresponde pas ou pas du tout à la réalité.

Aujourd’hui, il y a des pratiques politiques et économiques qui ne sont plus acceptables quand bien même la loi n’a pas changé parce qu’il y a sans doute un écart entre la loi et la pratique et la mise en œuvre ladite loi ; Montesquieu veut dénoncer cet écart, il ne sert à rien d’avoir une belle loi si dans la réalité cette loi n’est pas applicable, mal appliquée ou appliquée seulement pour certains.

Si les deux sont extrêmement séparés, alors il y a danger de révoltes, de réactions violentes et de volonté de renverser et de changer brutalement les choses. Montesquieu a eu l’intuition qu’il y a deux dimensions : ce qui est écrit et ce qui est mis en pratique. Si Machiavel pensait qu’on pouvait jouer avec les deux, Montesquieu pense qu’on ne peut jouer avec les deux et ne peuvent être séparés de manière trop distante.

Quelles lois civiles permettent de se sentir en sécurité ? Quel est le principe à appliquer pour que les citoyens se sentent libres en sûreté ?

Les lois pénales dans un ordre juridique doivent respecter le principe de l’équité et de la proportionnalité ; ce sont des principes constitutifs de l’État de droit et ce sont des principes qui vont permettre de se sentir en sécurité.

Montesquieu, De l’Esprit des Lois, 1748, Livre XII, Des lois qui forment la liberté politique dans son rapport avec le citoyen, Chapitre II - De la liberté du citoyen

« La liberté philosophique consiste dans l'exercice de sa volonté, ou du moins (s'il faut parler dans tous les systèmes) dans l'opinion où l'on est que l'on exerce sa volonté. La liberté politique consiste dans la sûreté, ou du moins dans l'opinion que l'on a de sa sûreté.

Cette sûreté n'est jamais plus attaquée que dans les accusations publiques ou privées. C'est donc de la bonté des lois criminelles que dépend principalement la liberté du citoyen. »

Lorsqu’un code pénal est inadapté au contexte et qui n’applique pas le principe de l’équité et de la proportionnalité alors il y a le début du despotisme, on perd le sentiment de l’opinion de sa propre sûreté en y perdant cette sécurité.

Le chapitre IV est intitulé Que la liberté est favorisée par la nature des peines et leur proportion, il faut attirer l’attention sur l’ordre des crimes cités. Traditionnellement à l’époque de Montesquieu on mettait le crime le plus important en premier, le crime de sûreté était le plus important or Montesquieu le met en dernier, les crimes qui choquent la religion et les mœurs sont les crimes auxquels il faut faire le plus attention.

Ce petit déclassement des crimes contre la sûreté des citoyens montre très bien ce qu’il visait à savoir les lettres de cachet qui est le pouvoir royal d’enfermer n’importe qui. Le crime contre la sûreté de l’État suscitait chez Montesquieu un vrai rejet, car au nom de la sécurité de l’État on peut tout faire.

Fondamentalement, cette dimension de proportionnalité est le principe et la clef de voute qui doit guider tout ordre juridique, c’est le prix à payer pour se sentir en liberté, pour avoir un sentiment de sécurité et donc de permettre à l’État de droit de vivre et de perdurer.

Montesquieu a une conception très vaste et profonde de la liberté politique et plus précisément ce qu’est un État de droit. Au livre XI, il a exposé la dimension formelle d’un État de droit expliquant qu’un État de droit qui se respecte est un État qui consacre la séparation des pouvoirs et certaines garanties constitutionnelles.

Au livre XII il montre que l’ordre juridique doit être fondé sur la proportionnalité et la modération. Il y a une troisième dimension qu’il faut prendre en considération lorsqu’on essaie de dessiner l’État moderne, l’État de droit qui est l’idée d’esprit général d’une nation qui est le sens du livre XIX.

Le livre XI, XII et XIX de l’Esprit doivent être lu et compris ensemble.

Le livre XIX apporte un élément essentiel, la constitution ne peut être appliquée d’en haut à tous les États parce que chaque État à son histoire, des mœurs et des manières différentes, parce que chaque État a un esprit général.

Sa définition de l’État moderne et modèle est une définition assez large pour être adaptable à des situations différentes ; il n’y a jamais chez Montesquieu l’ambition d’avoir une définition de l’État parfaitement applicable.

Il est parfaitement conscient que le modèle qu’il propose est fragile et qui doit s’adapter à chaque nation ; il ne sert à rien d’appliquer un modèle unique à tous. Montesquieu est non seulement un théoricien de l’État moderne, mais aussi un théoricien du pluralisme, il défend les pluralismes de possibilité dans la mise en œuvre de ses principes fondateurs.

Chaque nation a un esprit général, l’esprit général est un état d’esprit, une sorte de disposition psychologique. C’est aussi une faculté est un talant, une possibilité pour les individus de vivre ensemble se rapportant aux mœurs, aux coutumes, aux manières.

Dans l’esprit de Montesquieu, la même loi ne peut être appliquée de la même manière, ne peut même pas être comprise de la même manière. Chaque pays a ses lois qui sont en étroit lien avec les mœurs de cette même nation formant l’esprit général d’une nation.

Montesquieu, De l’Esprit des Lois, 1748, Livre XIX, Des lois dans le rapport qu’elles ont avec les principes qui forment l’esprit général, les mœurs et les manières d’une nation, Chapitre IV - Ce que c'est que l'esprit général

« Il y a quatre sortes de crimes: ceux de la première espèce choquent la religion; ceux de la seconde, les mœurs; ceux de la troisième, la tranquillité; ceux de la quatrième, la sûreté des citoyens. Les peines que l'on inflige doivent dériver de la nature de chacune de ces espèces. »

Montesquieu nous conseillait d’appliquer son modèle idéal avec beaucoup de doigter et de prudence.

Montesquieu, De l’Esprit des Lois, 1748, Livre XIX, Des lois dans le rapport qu’elles ont avec les principes qui forment l’esprit général, les mœurs et les manières d’une nation, Chapitre V - Combien il faut être attentif à ne point changer l'esprit général d'une nation

« S'il y avait dans le monde une nation qui eût une humeur sociable, une ouver­ture de cœur, une joie dans la vie, un goût, une facilité à communiquer ses pen­sées; qui fût vive, agréable, enjouée, quelquefois imprudente, souvent indiscrète; et qui eût avec cela du courage, de la générosité, de la franchise, un certain point d'hon­neur, il ne faudrait point chercher à gêner par des lois ses manières, pour ne point gêner ses vertus. Si en général le caractère est bon, qu'importe de quelques défauts qui s'y trouvent ?

[...]

C'est au législateur à suivre l'esprit de la nation, lorsqu'il n'est pas contraire aux principes du gouvernement; car nous ne faisons rien de mieux que ce que nous fai­sons librement, et en suivant notre génie naturel. »

Pour Montesquieu, chaque nation a son propre génie, le modèle d’État de droit doit être manié avec précaution.

Montesquieu, De l’Esprit des Lois, 1748, Livre XIX, Des lois dans le rapport qu’elles ont avec les principes qui forment l’esprit général, les mœurs et les manières d’une nation, Chapitre XXVII - Comment les lois peuvent contribuer à former les mœurs, les manières et le caractère d'une nation

Cette précaution est appliquée dans le chapitre XXVII du livre XIX, lorsqu’après avoir exposé les conditions et les caractéristiques de l’État de droit il reprend le modèle qu’il avait exposé au livre XI.

Il parle d’une certaine manière, d’une sorte d’idéal type qui semble ne pas exister. Ce qui est troublant est qu’il fait allusion sans parler à l’Angleterre, mais il s’en écarte. Montesquieu propose au fond de continuer la réflexion du livre XI et XII, mais d’en proposer une lecture plus précise ; au chapitre XXVII il nous décrit non plus seulement l’État de droit, mais l’État moderne.

Qu’est-ce que pour Montesquieu un État moderne ? L’objectif qu’il poursuit est de nous donner les caractéristiques de l’État de droit moderne répondant à l’État des modernes ? De quoi devrait être formé un État ? Dans lequel cherchons-nous à vivre ?

Montesquieu arrive à la conclusion que l’État moderne est un État qui comprend trois principes dont on trouve certains en Angleterre, mais pas tous. Autrement dit, il arrive à la conclusion que l’Angleterre est certes un modèle singulier, mais un modèle inclassable, mais surtout inimitable.

L’État de droit moderne doit ressembler à l’Angleterre, mais ne pas l’imiter, car l’Angleterre a un certain nombre de défauts ; les principes sont au nombre de trois :

  1. l’État de droit moderne est une nation agitée : une nation dans laquelle les partis politiques peuvent jouer leur rôle.
  2. La nation ou l’État de droit moderne est une nation commerçante : ce qui fait la caractéristique des modernes est leur capacité à faire du commerce, le modèle proposé par le romain n’est plus qu’actualité parce qu’il ne permettait plus ou pas assez de développer le commerce.
  3. La nation moderne est une nation qui distingue les manières des mœurs : les manières relèvent de la civilité, les mœurs relèvent de la coutume et notamment de la coutume des lois que l’on voyait chez les romains et les grecs. D’une certaine manière, les mœurs traduisent l’esprit de la nation qu’il faut penser, réfléchir et réformer.

« J'ai parlé au d'un peuple libre; j'ai donné les principes de sa constitu­tion: voyons les effets qui ont dû suivre, le caractère qui a pu s'en former, et les manières qui en résultent.

Je ne dis point que le climat n'ait produit, en grande partie, les lois, les mœurs et les manières de cette nation; mais je dis que les mœurs et les manières de cette nation devraient avoir un grand rapport à ses lois. »

D’une certaine manière ce chapitre XXVII est une description de l’Angleterre pour nous mettre en garde, le modèle anglais est malgré tout fragile, il faut tenter d’y prendre ce qu’il y a de bien, mais il ne faut pas reprendre purement et simplement ce modèle.

« Cette nation, que la paix et la liberté rendraient aisée, affranchie des préjugés des­truc­teurs, serait portée à devenir commerçante. Si elle avait quelqu'une de ces marchandises primitives qui servent à faire de ces choses auxquelles la main de l'ouvrier donne un grand prix, elle pourrait faire des établissements propres à se pro­curer la jouissance de ce don du ciel dans toute son étendue.

[…]

Une nation commerçante a un nombre prodigieux de petits intérêts particuliers; elle peut donc choquer et être choquée d'une infinité de manières. Celle-ci deviendrait souverainement jalouse; et elle s'affligerait plus de la prospérité des autres, qu'elle ne jouirait de la sienne. »

Pour Montesquieu, il faut laisser les gens commercer au nom du fameux adage : « le commerce adoucit les mœurs ».

Ce modèle anglais qui n’est pas nommé est un modèle inimitable et fragile.

« Il pourrait être que cette nation ayant été autrefois soumise à un pouvoir arbitraire, en aurait, en plusieurs occasions, conservé le style; de manière que, sur le fond d'un gouvernement libre, on verrait souvent la forme d'un gouvernement absolu. »

Le modèle anglais ne serait peut-être pas aussi libre qu’on voudrait le voir ; c’est un modèle intéressant, mais que l’on doit approcher avec beaucoup de prudence.

Il est quelque part un modèle étrange ; l’Angleterre est un modèle inimitable étrange, il est une république déguisée sous les traits d’une monarchie ; l’Angleterre est le modèle des modernes, mais un modèle fragile, difficile à imiter parce qu’il est un modèle déguisé sous la forme d’une monarchie, c’est un modèle inimitable.

Pour Montesquieu, l’État dont rêvait Hobbes n’était pas l’État des modernes et un État qui défend le commerce, c’est une nation commerçante.

Anexos

Referencias

  1. Alexis Keller - Wikipedia
  2. Alexis Keller - Faculté de droit - UNIGE
  3. Alexis Keller | International Center for Transitional Justice
  4. Lyon-Caen, N. (2016). Jésuites ou jansénistes ? Archives de Sciences Sociales Des Religions, 175, 25–46. https://doi.org/10.4000/assr.27889
  5. Dedieu, J. (1928). L’agonie du jansénisme (1715-1790). Revue d’histoire de l’Église de France, 14(63), 161–214. https://doi.org/10.3406/rhef.1928.2467
  6. Jesuites.com. “La Querelle Entre Jansénistes Et Jésuites.” Jésuites, 8 Jan. 2018, https://www.jesuites.com/la-querelle-janseniste/.