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Théories de l'économie politique internationale

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Ce cours porte sur les théories de l'économie politique internationale ou du capitalisme mondial. Nous passerons d'abord en revue les débats historiques sur le capitalisme mondial qui couvriront le mercantilisme et le libéralisme. Ce sont les deux principales visions du monde ou approches générales du capitalisme mondial et de la manière dont les économies individuelles s'y rattachent. Nous le ferons parce que ces deux approches de la mentalité sont toujours pertinentes aujourd'hui, non pas tant en tant que théories au sens analytique du terme, mais en tant qu'approches de la manière dont les politiques sont élaborées. Nous examinerons comment la EPI a émergé théoriquement à partir des débuts de la EPI. Lorsque l'EPI s'est développée en tant que discipline ou sous-discipline universitaire distincte dans les années 1970, elle l'a fait en grande partie à partir des débats sur les relations internationales. À cet égard, nous examinerons comment les débats en RI ont donné naissance à l'EPI. Nous examinerons plus en détail les perspectives de l'EPI américaine contemporaine. La discipline peut être divisée en deux grandes écoles : l'école américaine et l'école britannique. Ce cours se concentre principalement sur l'école américaine. Par conséquent, nous examinerons les perspectives théoriques de l'école américaine au cours des 30 dernières années et les appliquerons tout au long du cours.

Débats historiques sur le capitalisme mondial[edit | edit source]

Le mercantilisme[edit | edit source]

Pour Oatley, "le mercantilisme est une école traditionnelle d'économie politique datant (au moins) du XVIIe siècle. Elle affirme que le pouvoir et la richesse sont inextricablement liés. En conséquence, elle soutient que les gouvernements structurent leurs transactions économiques internationales de manière à renforcer leur pouvoir par rapport aux autres États et à la société nationale. Le mercantilisme dépeint donc l'économie politique internationale comme intrinsèquement conflictuelle."[5]

En termes purement économiques, le mercantilisme conçoit la manière dont la lutte entre les États se joue sur la scène économique internationale en examinant la balance commerciale. L'indicateur clé de la capacité d'un État à gagner ou si un État est en train de gagner le conflit économique avec d'autres États est s'il exporte plus qu'il n'importe. Par conséquent, c'est un État qui enregistre des excédents commerciaux au lieu de déficits commerciaux. L'aspect connexe est la capacité d'un État à maîtriser les technologies avancées du moment.

Le développement économique de l'humanité étant basé sur un processus continu de développement des capacités technologiques et techniques, le mercantilisme en est venu à supposer qu'un État était puissant s'il se trouvait à la frontière technologique et s'il possédait des industries basées sur les technologies les plus avancées du moment.

Ce point est important, car les premiers mercantilismes des 16e et 17e siècles visaient davantage à contrôler les marchés d'outre-mer par la force et à s'assurer que la richesse qui pouvait être extraite de ce contrôle profitait principalement à la mère patrie. Il ne s'agissait pas tant de maîtriser le processus de développement technologique.

Les origines du mercantilisme[edit | edit source]

Les origines du mercantilisme, mais aussi du libéralisme remontent à l'Angleterre. Dans une large mesure, on peut associer le mercantilisme à la pratique de la Compagnie des Indes orientales qui fut la principale entreprise mercantiliste du XVIIe siècle en Angleterre. Néanmoins, il existait également des compagnies des Indes orientales aux Pays-Bas, en avant et en alcool.

Le mercantilisme est une doctrine développée d'abord en Angleterre, puis elle se diffuse en Europe. Les Pays-Bas, la France, l'Autriche, la Prusse, les principales puissances de l'époque, mais surtout les amis et les Pays-Bas sont les principales puissances qui ont des activités maritimes. Cependant, la France était surtout une puissance terrestre, et les Pays-Bas étaient la puissance maritime typique. La France avait également des activités et des capacités maritimes, et elle a donc également développé une politique mercantiliste. L'Autriche et la Prusse étaient des puissances plus enclavées, elles étaient donc moins impliquées dans ce jeu au 17e siècle. Cependant, plus tard, la Prusse et l'Allemagne au 19e siècle ont adopté une politique mercantiliste modifiée ou du moins une philosophie pour organiser leur politique économique.

Thèmes[edit | edit source]

Pour le mercantilisme, il existe un lien apparent entre le pouvoir de l'État et le commerce extérieur.[6] Le mercantilisme et le libéralisme ont deux visions de la relation entre le pouvoir de l'État et l'accumulation privée. Pour le mercantilisme, les deux vont de pair, ils sont liés.

Les Compagnies des Indes orientales étaient les manifestations typiques de cette politique au 17e siècle et au 18e siècle. L'Angleterre, les Pays-Bas et la France en possédaient une. Ces compagnies dominaient l'outre-mer ainsi que le commerce à distance avec l'Inde. Il est important de se rappeler que ces compagnies exercent également un contrôle administratif sur des territoires, contrôle donné par les États avec lesquels elles étaient liées aux territoires dans lesquels elles ont développé leurs activités commerciales. Il existe un lien très étroit entre le pouvoir et l'abondance. L'organisation même chargée d'accumuler des richesses à l'étranger est aussi celle qui est chargée de l'administration publique de ces territoires.

Le contexte de l'émergence des États-nations centralisés[edit | edit source]

Le contexte est celui de l'émergence des États-nations centralisés. Le début du XVIIe siècle correspond à l'union entre l'Angleterre et l'Écosse et au développement d'un puissant appareil d'État centralisé au Royaume-Uni. La France est à l'apogée de son pouvoir absolu sous Louis XIV. Les Pays-Bas passent d'un ensemble de provinces vaguement liées à un État international, et ainsi de suite.

L'émergence d'États-nations centralisés s'accompagne d'un processus de concurrence des grandes puissances entre ces États. Parce que ce pouvoir se concentre, il y a une rivalité entre ces centres de pouvoir. Il y a une recherche de nouveaux marchés d'outre-mer et donc, la première vague d'expansion coloniale.

Les visions du monde philosophiques plus larges qui sous-tendent le mercantilisme dans la sphère économique sont la politique réelle machiavélienne et hobbesienne. Ce sont les traditions philosophiques qui informent la tradition du réalisme dans les relations internationales. Le mercantilisme a des liens intellectuels clairs avec l'école réaliste des relations internationales.

Vision du monde des mercantilistes[edit | edit source]

Dans cette vision du monde, la politique internationale et l'économie internationale sont considérées comme un jeu à somme nulle. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie que ce qui compte dans ce jeu, ce sont les gains relatifs et non les gains absolus.

Le calcul d'un État pour un événement ayant une transaction économique avec un autre État n'est pas tant de savoir si cela sera bénéfique pour moi. La question est de savoir si cela sera plus bénéfique pour moi que pour l'autre État. C'est la base sur laquelle les transactions économiques et les relations économiques entre les États sont organisées dans cette vision du monde.

Cela n'a de sens de participer à une transaction que si je vais en tirer plus de bénéfices que mon arrivée. Dans ce cas, on se demande pourquoi il y aurait une transaction économique en premier lieu, car s'il est évident que les gains relatifs sont d'un côté plutôt que de l'autre, il y aura toujours un État qui refusera de s'engager dans des transactions économiques. Il est donc évident que pour les mercantilistes, la politique économique étrangère est davantage l'affaire d'un seul État qui tente d'imposer sa politique à d'autres territoires qu'un processus dans lequel les grands s'engagent mutuellement dans des relations économiques.

Avec cela vient l'idée de l'intérêt national. L'intérêt des appareils d'État centralisé émergents de l'époque prévaut sur les intérêts individuels, d'accord. Il n'existe pas de société civile avec ses propres intérêts et droits distincts qui pourraient être contradictoires et conflictuels et distincts des intérêts de l'État. Il y a l'État, il a son propre intérêt qui est l'intérêt national, et les individus au sein de cet État doivent se comporter d'une manière qui sert l'intérêt national. C'est une vision du monde très libérale, libérale dans le sens où ce n'est pas une vision anti-individualiste.

Principales figures du mercantilisme : Thomas Mun et Jean-Baptiste Colbert[edit | edit source]

Parmi les principales figures du mercantilisme figure Thomas Mun. Il était un marchand privé et, surtout, l'un des directeurs de la Compagnie des Indes orientales. Il était engagé dans sa pratique et était également l'un des théoriciens de la pratique du mercantilisme. Mun était membre du Standing Committee on trade, une commission royale créée au XVIIe siècle pour conseiller le royaume sur sa politique étrangère. Vers 1630, il a publié England's treasure by foreign trade qui est un traité sur la manière dont la pratique du commerce extérieur doit servir à l'accumulation de richesses au service du royaume.

Dans England's Treasure By Foreign Trade publié en 1664, Mun déclare : "Par conséquent, le moyen ordinaire d'augmenter la richesse et le trésor est le commerce extérieur. Dans lequel nous devons toujours observer cette règle : vendre plus aux étrangers par an que nous consommons de leur valeur."[7][8][9]

La règle d'or du mercantiliste est une balance commerciale positive, c'est-à-dire avoir un excédent commercial. Pour Mun, le moyen ordinaire d'accroître la richesse était le commerce extérieur et non le développement technologique.

La pensée mercantiliste primitive n'était pas associée à l'idée qu'un État soit à la frontière technologique et ait des industries basées sur les technologies les plus avancées du moment. Il s'agissait d'une vision du développement économique comme étant exogène à l'économie nationale. La richesse était apportée de l'étranger, et ce n'était pas un processus généré de manière endogène au sein de l'économie nationale.

Une autre grande figure est Jean-Baptiste Colbert, qui fut le ministre des Finances de Louis XIV. Aujourd'hui en France, au lieu de parler de mercantilisme, on parle de colbertisme pour désigner des politiques économiques contemporaines qui ont une certaine filiation avec les doctrines de mon pays.

Colbert a promu la fabrication par l'État : la substitution des importations et la promotion des exportations. L'idée qu'il fallait des politiques pour empêcher les importations et encourager les exportations vers les marchés étrangers. Colbert a également développé l'idée que la France devait avoir une balance commerciale favorable. Il est également le fondateur de la Compagnie française des Indes orientales.

Il est intéressant de noter que, dans le cas de Colbert, il y a les prémices de quelque chose de différent dans la mesure où il a théorisé le processus de fabrication dirigé par l'État. L'État devait intervenir pour développer des capacités productives et technologiques au service de la nation et du royaume. Il y a là quelque chose de différent qui se développera plus tard dans les doctrines du nationalisme économique et du développementalisme national.

Doctrines apparentées ultérieures[edit | edit source]

Ce ne sont pas des doctrines purement mercantiles, mais qui ont une relation claire avec le mercantilisme et une affiliation claire avec le mercantilisme.

Nationalisme économique[edit | edit source]

Le nationalisme économique est lié à Alexander Hamilton chez Freidrich List. Le contexte du nationalisme économique est le 19e siècle et la domination de l'Angleterre et donc la Pax Britannica. Il est associé à la pratique et à la théorie du libéralisme. Le nationalisme économique est responsable de l'hégémonie des États-Unis en Amérique, notamment après l'indépendance et après la victoire du Nord dans la guerre civile en 1864. En Allemagne, notamment après la création de l'union douanière allemande jusqu'à la fermeture du marché allemand aux apports étrangers en 1879.

Ces deux processus sont liés à la construction de l'indépendance de l'État. Dans le cas des États-Unis aussi, les colonies sont devenues des États souverains à part entière. La construction de l'État après la guerre de Sécession parce qu'après la guerre de Sécession, il y a un processus de centralisation du pouvoir de l'État au sein de la Fédération américaine. Les États-Unis passent donc d'une collection d'États souverains décentralisés à une fédération plutôt centralisée vers la fin du 19e siècle. Typiquement, au 19e siècle, les gens se référaient aux États-Unis au pluriel. À partir de la fin du 19e siècle, il est plus typique de parler des États-Unis au singulier.

Dans le cas de l'Allemagne, l'union douanière du début des années 1820 était considérée comme la prémisse de l'unification allemande, un processus inspiré par la Révolution française et les doctrines de la nation qui en sont issues et qui se sont diffusées en Allemagne au cours des guerres napoléoniennes. Après le processus d'unification allemande dans les années 1860, qui a culminé en 1870 avec la création de l'Empire allemand. Il y a quelque chose de plus qu'un processus de construction d'un État, il y a un État puissant qui émerge sur le continent européen et qui supplante la France comme principale puissance sur le continent.

Dans les deux cas, et c'est là la rupture avec le mercantilisme des débuts, aux États-Unis comme en Allemagne, le nationalisme économique est considéré comme un moyen de promouvoir une industrialisation et un développement économique pilotés par l'État grâce aux infrastructures publiques, aux investissements et au protectionnisme. En Allemagne et aux États-Unis, le développement des réseaux ferroviaires se fait à la fin du XIXe siècle sur la base du protectionnisme.

Il a été considéré comme un moyen de se réunir avec l'économie nationale pour permettre le développement économique national. Alexander Hamilton a été le premier secrétaire au Trésor américain. A ce titre, il a rédigé en 1791 un rapport sur le sujet des manufactures intitulé Report on the Subject of Manufactures qui a été présenté au Congrès et qui reprend toutes ces idées.[10][11]

Ils ont été mis en œuvre sans réserve tout de suite. Le Nord a dû gagner la guerre civile avant de pouvoir les mettre en œuvre sans réserve. Pourtant, ils ont coexisté avec le Sud et le libéralisme et le Sud et le libre-radicalisme pendant trois quarts de siècle.

Développementalisme national[edit | edit source]

Une doctrine apparentée au nationalisme économique du 20e siècle est le développementalisme national. Il s'agit de la réponse du 20e siècle à l'hégémonie américaine et aux idéologies qui ont accompagné l'hégémonie américaine après la Seconde Guerre mondiale, à savoir le libéralisme mondial et l'internationalisme libéral.

Il est important de noter qu'une certaine version du développementalisme national a été appliquée même par les alliés des États-Unis, notamment la France, le Japon et la Corée du Sud. Mais le développementalisme national a surtout été appliqué en Amérique latine et en Inde.

La principale pratique associée au développementalisme national est l'industrialisation par substitution d'intrants, c'est-à-dire l'idée que si vous voulez développer votre propre capacité industrielle et technologique, vous devez exclure, au moins pendant une période assez longue, les intrants industriels provenant d'autres pays qui ont déjà maîtrisé les technologies avancées. Sinon, vous ne serez pas en mesure de développer des industries qui maîtrisent ces technologies, et vous serez donc à jamais condamné à consommer les produits avancés des autres pays.

La théorie du développement national est une théorie de la dépendance principalement associée à la figure de l'économiste argentin Raul Prebisch. Prebisch a publié en 1950 The Economic Development of Latin America and Its Principal Problems, qui a donné naissance à l'hypothèse Prebisch-Singer, selon laquelle le prix des produits primaires diminue par rapport au prix des produits manufacturés sur le long terme, ce qui entraîne une détérioration des termes de l'échange des économies basées sur les produits primaires.[12] Le travail de Prebisch a été rédigé sous la forme d'un rapport aux Nations unies, et pendant longtemps, entre les années 1950 et 1970, les Nations unies ont été poussées par le conflit entre le libéralisme américain et le développementalisme du monde en développement.

Libéralisme[edit | edit source]

Selon Oatley, le libéralisme est "une école traditionnelle d'économie politique qui a émergé en Grande-Bretagne au cours du 18e siècle comme un défi au mercantilisme ; le libéralisme affirme que les activités économiques visent à enrichir les individus et que l'État devrait donc payer pour jouer peu de rôles dans le système économique. Le libéralisme a donné naissance à la théorie de l'avantage comparatif. Il suggère que les économies politiques internationales sont coopératives plutôt que conflictuelles."

Sur presque tous les points, les définitions du mercantilisme et du libéralisme s'opposent. La richesse et le pouvoir ne sont pas inextricablement liés. Le rôle de l'État n'est pas d'être un promoteur actif du développement économique, mais un promoteur passif, car il doit garantir les droits de propriété, les infrastructures de base, etc. Il doit se tenir à l'écart du commerce extérieur, de l'investissement industriel sur le territoire national, etc.

En clair, le libéralisme repose sur l'idée que la politique internationale n'est pas un jeu à somme nulle, mais un jeu à somme positive. Ce qui importe lorsque des États s'engagent dans des transactions économiques entre eux, c'est la quantité de gains qu'ils en retireront, indépendamment de la quantité de gains que l'autre État en retirera. C'est l'idée de gains absolus par opposition aux gains relatifs pour les théoriciens du mercantilisme. La coopération devient beaucoup plus plausible, car, après tout, ce qui compte, c'est la quantité de bien-être économique supplémentaire que les États gagnent grâce aux interactions économiques internationales et non les gains relatifs qu'ils en retirent.

Origines[edit | edit source]

Cette théorie est apparue aux 18e et 19e siècles en Angleterre. La première figure marquante du libéralisme est Adam Smith, et l'autre figure majeure est David Ricardo. Ils développent une critique de ce qu'ils appellent le système mercantile à la recherche de rente. Dans le cas d'Adam Smith, il associe cette critique du mercantilisme à une critique du colonialisme en Amérique du Nord. Il est favorable à l'indépendance des colonies américaines.

Thèmes[edit | edit source]

Le cœur du libéralisme est l'idée d'intérêt et de droits individuels et le lien entre cela et le bien-être collectif. Le bien-être collectif est favorisé non pas parce qu'un État qui incarne le bien-être collectif s'en charge, mais parce que les individus égoïstes poursuivent leurs propres intérêts. Et ils ont le droit de le faire, et en interagissant les uns avec les autres en fonction de leurs propres intérêts, ils augmentent le bien-être collectif, qui est la voie vers l'accumulation de la richesse collective.

Ils ont théorisé l'idée qu'il doit y avoir une liberté des prix, donc une liberté d'importation. Les prix ne sont pas faussés artificiellement par des moyens artificiels pour écarter certains biens du marché au profit d'autres. Ils ont également théorisé la supériorité des marchés et de la concurrence pour organiser l'activité économique et le développement économique.

Chez Adam Smith, le gouvernement n'est pas absent. Il a un rôle essentiel à jouer. L'État est un organisateur des marchés et garantit les libertés économiques individuelles des droits de propriété. L'État est là pour s'assurer que les marchés fonctionnent correctement, il doit donc mettre fin aux comportements de recherche de rente, aux rentiers et aux monopoles, etc. L'État doit garantir les droits de propriété afin que les droits individuels soient protégés et qu'il n'y ait pas de comportement prédateur sur le marché, car sinon, les mécanismes du marché sont faussés. Il existe un lien évident entre ce type de libéralisme et la tradition antitrust qui s'est développé plus tard, à la fin du XIXe siècle, aux États-Unis d'Amérique. De manière controversée, aux États-Unis, la tradition antitrust est un mouvement populiste.

Contexte[edit | edit source]

Le contexte est celui des révolutions américaine et française avec la fin de l'absolutisme et les débuts de la démocratie de masse et de l'État de droit. Dans le cas de la Révolution française, il y a une contradiction, car, en même temps que la Révolution française promeut l'idée de nation, l'idée d'intérêt national, l'idée d'une communauté nationale, elle promeut aussi les idéaux de la démocratie de masse et des libertés individuelles ainsi que l'État de droit.

Vision du monde[edit | edit source]

Les visions du monde des Lumières sont la liberté et la propriété associées au philosophe anglais Lockes dès le XVIIe siècle puis reprises par les philosophes français et francophones. Avec la révolution de la rationalité et Kant, l'idée s'oppose à la vision hobbesienne du monde basée sur des instincts destructeurs et agressifs logés dans chaque être humain. Pour les libéraux, les êtres humains sont des individus rationnels. Les êtres rationnels savent que leur bien-être individuel est lié au bien-être individuel des autres dans la société et ont donc tendance à coopérer.

Pour eux, la politique internationale est un jeu à somme positive qui est là pour favoriser la coopération interétatique.

Principaux protagonistes : Adam Smith, David Ricardo et Richard Cobden[edit | edit source]

Adam Smith est avant tout la principale figure du libéralisme. Il était également conseiller des hommes politiques nationaux et son œuvre majeure en matière d'économie politique est Une enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations, publiée en 1776.

"Si un pays étranger peut nous fournir une marchandise à meilleur marché que nous ne pouvons la fabriquer nous-mêmes, mieux vaut la leur acheter avec une partie du produit de notre propre industrie, employée d'une manière où nous avons quelque avantage. L'industrie générale du pays n'en sera pas diminuée pour autant, mais devra seulement trouver comment l'employer avec le plus grand avantage."

Cela préfigure l'idée d'avantage comparatif, même si Adam Smith n'avait pas de théorie de l'avantage comparatif. Pour Adam Smith, le commerce international était fondé sur l'avantage absolu. Il était bon pour un pays de commercer s'il fabriquait quelque chose de mieux qu'un autre pays. Si un État pouvait produire un bien plus efficacement qu'un autre pays. Par conséquent, deux pays pouvaient se spécialiser dans ces biens.

La richesse nationale n'est pas associée à l'excédent commercial pour accumuler de la richesse, car la richesse est produite par le processus d'échange. Par conséquent, il suffit que la balance commerciale soit en équilibre avec les autres pays. C'est par le processus d'échange que la richesse est accumulée.

David Ricardo est l'autre personnalité et théoricien de premier plan. Ricardo était un banquier à Londres, un économiste et un membre du parlement. En 1817, il écrit Principles of political economy and taxation dans lequel il théorise explicitement l'avantage comparatif. Il est également un critique des Corn Laws qui ont été votées au début des années 1810 et qui sont des tarifs douaniers sur les entrées de céréales pour protéger les producteurs nationaux de céréales. Ricardo a également fait campagne pour le libre-échange en faveur de l'abolition des droits de douane.

L'avantage comparatif développé par Ricardo est différent de l'avantage absolu. L'idée clé est que les pays doivent se spécialiser dans ce qu'ils produisent le mieux au sein de leur propre économie, et non dans ce qu'ils produisent le mieux dans le monde entier. Même si un pays est moins efficace dans la production d'un bien qu'un autre pays produit, il devrait quand même le produire s'il est plus efficace et produit ce bien plutôt qu'un autre dans son économie nationale.

La troisième figure est Richard Cobden. Cobden était un fabricant de Manchester et un membre du parlement. Il est le chef de file de l'école libérale de Manchester et de la ligue anti-Corn law, qui réussit en 1846 à abroger les Corn laws et à abolir le tarif sur les importations de céréales. Avec lui a été inauguré le grand cycle du libre-échange.

L'idée est que le libre-échange favorise l'égalité, car dans ce contexte, le libre-échange se traduit par des prix alimentaires moins élevés pour les travailleurs des centres urbains qui se développent rapidement au Royaume-Uni à l'époque. Il a donc réduit les inégalités, car les travailleurs ont vu leur pouvoir d'achat augmenter par la simple abolition des droits de douane, même si leur salaire est resté le même. Ils voyaient leur pouvoir d'achat augmenter au détriment des propriétaires terriens, car ces derniers ne pouvaient plus vendre leurs produits aux prix qu'ils vendaient auparavant ; soit ils étaient anéantis comme ils l'étaient, soit ils devaient vendre à un prix inférieur. Il y avait donc un transfert de bien-être de la valeur économique des propriétaires terriens vers les travailleurs. C'était donc l'idée sur laquelle les pactes de libre-échange promouvaient l'égalité dans le contexte du 19e siècle en Angleterre.

Doctrine et manifestations connexes ultérieures[edit | edit source]

Le libéralisme classique de l'économie mondiale d'avant 1914 était relativement libre des échanges et des flux de capitaux dans le cadre de l'étalon-or. Le stade actuel de la mondialisation, avec la progression du libre-échange et de la libre circulation des capitaux et l'idéologie associée du consensus de Washington, a été théorisé en 1990 par John Williamson. Selon cette théorie, la recette essentielle du développement économique consiste à libéraliser l'économie, à la privatiser et à la déréglementer.

Considération générale[edit | edit source]

Il existe un parallèle entre le débat entre le mercantilisme, le nationalisme et le libéralisme en économie politique classique et le débat entre le réalisme et le néolibéralisme en relations internationales et en EPI.

Le mercantilisme, le nationalisme et le libéralisme sont tous deux des écoles de pensée qui fournissent des doctrines et des visions du monde puissantes qui forment encore la politique économique. Par exemple, en France aujourd'hui, lorsqu'il s'agit de discuter de politique industrielle, tout le monde parle de Colbert et s'inspire de la manière dont Colbert a promu l'industrie aux 17e et 18e siècles en France.

Ces écoles de pensée sont moins utiles en tant que cadres analytiques. Elles ont une orientation beaucoup plus normative et positive. Elles cherchent à appréhender le monde à partir d'un certain nombre d'idées préconçues sur l'organisation et le fonctionnement des sociétés. En tant que cadres analytiques, ils ne sont pas très utiles.

L'EPI moderne a tenté de développer une approche plus positive et plus analytique pour comprendre et analyser le fonctionnement de l'économie et du capitalisme mondiaux. Le principal avantage de cette approche est qu'elle permet une analyse qui comprend pourquoi il est possible d'avoir des éléments mercantiles et libéraux coexistant les uns à côté des autres dans le même système.

Cela signifie que l'EPI moderne se base sur l'identification des blocs de construction ou variables politiques et économiques sur lesquels le capitalisme mondial est fondé et fonctionne. Elle tente également d'identifier la manière dont ces variables interagissent les unes avec les autres. Les trois principales catégories de variables utilisées par l'EPI sont :

  • les intérêts, à savoir les acteurs économiques qui composent le système et le type d'intérêts qu'ils ont. Elle rejette l'idée que ce que l'on appelle l'intérêt national est primordial, etc. Il rejette également l'idée que tous les individus ont les mêmes intérêts fondamentaux qui sont à la base de la notion libérale d'homo economicus était qui est à la base de nouvelles classifications.
  • institutions : les institutions ont une influence indépendante sur la façon dont s'organise l'interaction économique entre les États dans le capitalisme mondial.
  • les idées qui ont une influence indépendante sur la manière dont les politiques économiques étrangères sont élaborées et dont les États interagissent entre eux dans l'économie politique internationale.

Évolution théorique[edit | edit source]

La première théorie, le mercantilisme remonte aux années 1620, le libéralisme aux années 1770, le nationalisme économique attribué à Alexander Hamilton à la fin des années 1790 et au début des années 1800. Avec le marxisme et l'économie néoclassique, on arrive jusqu'aux années 1870. D'une certaine manière, le marxisme se voit comme la continuation de l'économie politique classique, alors que l'économie néoclassique se voit comme une bifurcation inspirée des sciences positives.

Ensuite, une nouvelle version de toutes ces théories voit le jour. Dès le début des années 1900, le libéralisme et l'idéalisme RI apparaissent. Le point culminant du libéralisme et de l'idéalisme RI se situe dans les années 1920 et la Société des Nations. Depuis les années 1930, le réalisme et le nouveau réalisme ont commencé à se développer et se sont développés comme une critique de l'idéalisme et une critique de l'échec de la Société des Nations. L'ouvrage majeur The Twenty Years' Crisis : 1919-1939 : An Introduction to the Study of International Relations écrit par E. H. Carr. La critique est qu'avec la Société des Nations, la guerre n'a pas cessé entre les principales puissances entre 1919 et 1939. Politics Among Nations : The Struggle for Power and Peace écrit par Hans Morgenthau publié en 1948 est un autre ouvrage majeur qui introduit le concept de réalisme politique, présentant une vision réaliste de la politique de puissance.

Depuis les années 1970, et ceci est étroitement associé au développement de l'EPI, l'institutionnalisme néolibéral s'est développé. L'institutionnalisme néolibéral informe dans une large mesure la manière dont l'EPI tente d'analyser le capitalisme mondial et le fonctionnement de la communauté internationale.

Il est important de pouvoir situer dans le temps le moment où une telle théorie émerge, devient dominante et décline.

Néoréalisme[edit | edit source]

Des premières RI à la PEI, comment sommes-nous passés d'une situation dans laquelle le réalisme était la principale façon d'étudier les relations internationales au développement détaillé de l’EPI dans les années 1970 et 1990 ?

Le néoréalisme était le paradigme dominant de la RI des années 1930 et 1970. Il est important de mettre cela en perspective avec les développements du monde réel. Car cette hégémonie intellectuelle coïncide avec l'effondrement du capitalisme mondial dans l'entre-deux-guerres et la montée du nationalisme économique, du développementalisme national et de la primauté accordée à l'autonomie de la politique intérieure sur la stabilité extérieure, qui ont caractérisé la période entre le début des années 1930 et le début des années 1970. Tous deux font partie de l'effondrement de l'entre-deux-guerres et du libéralisme intégré. Bien qu'il s'agisse d'un compromis entre l'autonomie de la politique intérieure et la stabilité extérieure, il a donné la primauté à la politique intérieure.

Quels étaient les principaux aspects théoriques du réalisme et du néoréalisme ?

Le postulat de base est que l'existence d'un système national quelconque est anarchique. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie qu'il n'y a pas de gouvernement mondial, qu'il n'y a pas de règle de droit mondiale, et donc qu'il n'y a pas de mécanisme pour imposer la coopération entre les États souverains. L'interaction entre les États souverains n'est pas fondée sur la règle de droit. Elle n'est pas fondée sur des normes, des règles ou quoi que ce soit d'autre, elle est fondée sur la puissance brute. La manière dont les États interagissent entre eux est extrêmement différente de la manière dont les individus ou les groupes d'individus interagissent au sein d'un État donné. Le concept de base ici est la souveraineté externe.

Par conséquent, la variable fondamentale qui détermine le fonctionnement du système international et, par extension, de l'économie internationale particulière, est la répartition du pouvoir entre les États.

Si la manière de base dont les États interagissent, la manière dont ils sont liés les uns aux autres dans les retours de pouvoir, et la manière dont le pouvoir est distribué entre eux est le principal déterminant de la manière dont ils interagissent. Il existe également une théorie sur la répartition du pouvoir qui est la plus susceptible de conduire à la stabilité : unipolaire, bipolaire, multipolaire, etc. Les réalistes ne sont pas d'accord entre eux, mais les termes de base du débat sont les mêmes.

Parallèlement à cette souveraineté extérieure, il y a aussi l'idée que les États sont des acteurs unitaires ayant un intérêt national. Cet intérêt national détermine leur comportement. Il s'agit d'une extension de l'idée de souveraineté. Il n'y a qu'un seul État souverain, et les réalistes considèrent que cela signifie que l'État est un acteur unique avec une seule façon de percevoir les choses, de les comprendre et de définir son propre intérêt. Pour la plupart des réalistes, l'intérêt national est d'abord et avant tout la préservation de la souveraineté de l'État. Ensuite, il s'articule autour de l'accumulation de pouvoir et donc l'intérêt national consiste à accumuler du pouvoir au sein du système international. Ici, et ce n'est pas le cas avec le néolibéralisme, les États ne sont pas mus par des contradictions et des bureaucraties différentes au sein de l'appareil d'État. Tous travaillent vers le même objectif. Il n'y a pas de contradiction entre les gestionnaires de l'État, ils ne poursuivent pas des objectifs différents, et les intérêts de la société civile n'imprègnent pas les États. Ils ne sont pas susceptibles d'être influencés par le groupe d'intérêt.

Les gains relatifs et les relations internationales sont un jeu à somme nulle. Les relations internationales sont fondamentalement conflictuelles. Le néoréalisme est en accord avec les principes de base du mercantilisme et du stock nationaliste économique. Si le pouvoir économique est la principale variable, alors il est important de maîtriser les technologies de pointe du jour. Ce qui importe, c'est d'avoir une part aussi grande que possible de la production mondiale et du commerce mondial qu'un État peut avoir. Ce sont des indicateurs de puissance pour les réalistes, car ils sont d'anciens mercantilistes et ressortissants économiques. Les réalistes mettent également l'accent sur la haute et la basse politique. La haute politique est tout ce qui a trait à la guerre, à la sécurité et à la diplomatie, tandis que la basse politique est la politique qui a trait aux aspects économiques de la vie internationale.

Le néolibéralisme et ses critiques dans les années 1970[edit | edit source]

Les principales dimensions du néolibéralisme ont été fortement critiquées dans les années 1960 et 1970. Notamment, les relations internationales sont fondamentalement conflictuelles, en accord avec le mercantilisme et le nationalisme économique, et se concentre sur la haute et la basse politique.

La principale brèche dans l'hégémonie intellectuelle du monde universitaire a commencé dans les années 1950 et 1960 avec de nombreux cas de coopération et non de rivalité dans les relations internationales. Le principal a été la détente, c'est-à-dire le processus de dégel des relations entre l'URSS et les États-Unis et, par extension, entre le bloc URSS et le bloc dominé par les États-Unis. Cela comprenait, entre autres, les accords SALT. Il y a également eu de nombreux autres exemples d'intégration entre les États par le biais de la coopération commerciale au sein du GATT et du Comecon dans le bloc soviétique. L'intégration européenne est également très importante, car quelques années seulement après l'occupation de la France par l'Allemagne, un accord a été conclu entre ces deux États pour commencer à construire une fédération européenne. Au fur et à mesure que le processus d'intégration européenne se développait après le traité de Rome en 1957 et tout au long des années 1960, l'idée s'est imposée que la politique internationale ne devait pas nécessairement être conflictuelle et que des cas de coopération profonde entre États pouvaient avoir lieu. Cela remet en question l'idée que les relations internationales sont fondamentalement conflictuelles.

L'idée que le néoréalisme est en accord avec les principes de base du mercantilisme et du nationalisme économique a été remise en question par l'ouverture progressive de l'économie nationale tout au long des années 1960 et 1970. Cela a servi de base à la prise en charge de la quatrième étape de l'histoire du capitalisme mondial, à savoir la deuxième mondialisation à partir des années 1970.

Il est le cas que, malgré le fait que et mieux le libéralisme a été dans une large mesure dominé par la fermeture nationalisme économique et ainsi de suite, il a également si des taux de croissance très rapides dans le commerce international des investissements internationaux et à partir de la fin des années 1960 les flux de capitaux internationaux.

Ces développements ont remis en question l'idée que l'avenir du capitalisme mondial serait inextricablement lié à la pratique du nationalisme économique qui prévalait dans les années 30. Cela remet en question l'idée d'un alignement entre le néoréalisme et le nationalisme économique.

La primauté de la haute politique sur la basse politique a été remise en question parce que la basse politique est devenue beaucoup plus saillante tout au long des années 1960. D'abord, à cause de la fin du système de Bretton Woods. Dans les années 1970, le groupe des 77 pays en développement réunis au sein des Nations unies a exigé la mise en place d'un nouvel ordre économique international, c'est-à-dire l'idée que les relations économiques internationales devaient être organisées différemment du modèle établi par les États-Unis à la fin des années 1940. Enfin, après l'effondrement du système de Bretton Woods, les questions de coopération et d'intégration monétaires européennes ont pris une importance considérable.

La combinaison de ces facteurs, du milieu des années 1960 au début des années 1980, a montré que les questions de basse politique pouvaient être très importantes dans la manière dont les États interagissent entre eux dans le système international.

Ces trois défis ont créé la première brèche dans l'hégémonie académique du réalisme au sein des relations internationales. Mais le néoréalisme n'a pas été détrôné du jour au lendemain. Le développement de l'EPI dans les années 1970 a été très influencé par les débats sur le modèle du néolibéralisme. Les premières grandes questions et perspectives théoriques majeures qui ont été lancées par le développement de l'EPI avaient des liens clairs avec les principales questions posées par les néoréalistes dans leur tentative de comprendre le système international.

La première était la remise en question de l'idée que les relations internationales étaient conflictuelles. L'un des principaux débats était de savoir si les États coopéraient. Pourtant, dans d'autres cas, ils sont effectivement en concurrence ; ce qui détermine quand les États sont en concurrence et quand ils coopèrent.

Dans les années 1970, l'EPI s'est concentré sur le niveau interétatique. Aux questions typiques des relations internationales, telles que "comment la distribution du pouvoir affecte-t-elle les relations internationales", s'ajoutent les questions associées de l'EPI qui ont dominé les années 70 et 80. A la question de savoir comment la distribution du pouvoir affecte les relations internationales, la question associée est devenue ce qui détermine la stabilité ou les crises économiques internationales et ce qui détermine l'ouverture ou la fermeture économique. À la question de savoir si la coopération est possible dans un contexte d'anarchie, les questions modifiées de l'EPI étaient les suivantes : juste aux déséquilibres externes pour assurer la stabilité, qui s'assure qu'il y a un résultat coopératif qui garantit la stabilité du système et qui établit une politique économique.

Lorsque l'hégémonie du néoréalisme a été remise en cause, la contestation a porté et, dans les années 1980, d'autres aspects du paradigme néoréaliste ont été attaqués. Une autre dimension a été introduite dans l'EPI dans les années 1980. Il s'agit d'une dimension fondamentale, car c'est l'axe principal de l'EPI américain avec les sources intérieures de la politique économique étrangère. Cela reposait sur la remise en question de l'idée selon laquelle les États sont des acteurs unitaires et se comportent en fonction de l'intérêt national. Cela n'est pas auto-contradictoire.

Aux questions typiques de la RI telles que "quel est l'intérêt national", la question modifiée de l'EPI serait de savoir qui définit une politique économique. L'hypothèse est que différents groupes d'acteurs peuvent avoir des intérêts différents. Il peut donc y avoir un conflit sur la question de savoir qui définit une politique économique, alors que pour leurs réalistes, et ce n'est même pas une question, les gestionnaires de l'État qui sont imprégnés de la rationalité de l'État et qui poussent tous dans la même direction définissent une politique économique. Une deuxième question typique des RI est l'ouverture et la fermeture en accord avec l'intérêt national qui est devenu qui bénéficie de l'ouverture et de la fermeture. L'ouverture et la fermeture ne s'alignent pas nécessairement sur les intérêts nationaux avec lesquels tous les groupes nationaux s'alignent, mais peuvent être au bénéfice de certains groupes au détriment d'autres. Il existe donc un conflit pour savoir si un État doit ouvrir son économie ou se barricader derrière des barrières protectrices.

C'est ainsi qu'est née la théorie de l'EPI, fondée sur la contestation de l'hégémonie du réalisme et du néoréalisme au sein de la discipline des relations internationales.

Puissance et stabilité hégémonique[edit | edit source]

Les perspectives théoriques[edit | edit source]

Nous allons maintenant nous pencher sur ces différentes perspectives théoriques au sein de l’EPI américaine. Nous allons tout d'abord examiner les perspectives théoriques qui ont trait au niveau systémique, c'est-à-dire au niveau de l'interaction entre les États. La deuxième partie portera sur les sources intérieures de la politique économique étrangère. Enfin, nous présenterons un aperçu des principales perspectives théoriques de l'EPI américaine telle qu'elle s'est développée depuis les années 1970.

Le lien entre la puissance et la stabilité hégémonique[edit | edit source]

Le premier débat qui avait clairement à voir avec le niveau systémique était le débat fondateur de l'économie politique internationale. Il s'agissait du débat sur le lien entre la puissance et la stabilité hégémonique et sur ce qui est devenu la théorie de la stabilité hégémonique avec ses variantes libérales et réalistes.

Ce débat a été lancé par la publication du livre de Charles Kindleburger, World in Depression, 1929-1939, publié en 1973. Kindleberger : une lecture libérale de la théorie de la stabilité économique. Kindleberger était un nouveau négociant qui a participé à l'administration du plan Marshall en Europe à la fin des années 1940. Il était imprégné de l'esprit libéral internationaliste qui a informé la politique étrangère américaine à partir des années 1940.

Kindleberger a étudié les raisons pour lesquelles la Grande Dépression s'est produite dans les années 1930, et il l'a attribuée à ce que les spécialistes de l'EPI appellent une transition hégémonique. C'est l'idée que la Pax Britannica était sur le déclin et avait presque disparu dans les années 1930, mais que la Pax Americana n'était pas encore là. Dans le vide entre les deux se sont créées les conditions de l'éclatement de la fragmentation du capitalisme mondial et cela a contribué à la Grande Dépression. Pour Kindleberger, c'était une façon d'indiquer ce qu'il faisait lorsqu'il était au département du Trésor dans les années 1940, car la politique qu'il menait en tant que représentant de l'État américain était l'internationalisme libéral. Il était en net contraste avec les politiques isolationnistes des années 30.

Stephen Krasner a publié en 1976 State Power and the Structure of International Trade, un article sur les déterminants de l'ouverture au libre-échange.[13] Krasner tente de trouver une corrélation entre la montée et le déclin de l'hégémonie américaine de précision et la tendance à l'ouverture et à la fermeture dans l'économie mondiale. Krasner étant réaliste, il associe l'ouverture à la montée et à la stabilité de la puissance hégémonique.

Dans les deux versions de la théorie, l'idée de base est que la stabilité économique internationale et l'ouverture et une économie internationale ouverte nécessitent toutes deux l'action d'une puissance hégémonique : Pax Britannica avant la Première Guerre mondiale Pax Americana depuis la Seconde Guerre mondiale.

Théoriquement, l'hypothèse selon laquelle il devait y avoir une seule puissance hégémonique a été remise en question dans les années 1980. Certains ont dit que, théoriquement, il était possible d'avoir un monde bipolaire qui reste stable parce que ces deux puissances fournissent les biens publics qui sous-tendent la stabilité du système mondial. C'est un débat très théorique qui n'a pas d'application historique. Il n'est donc pas si important dans l'élaboration d'une théorie de la stabilité démoniaque.

Très rapidement, le débat sur les conditions de stabilité s'est transformé en un débat sur les conditions de stabilité de l'économie politique internationale contemporaine, car, avec la crise du dollar des années 1970, un débat sur le déclin de l'hégémonie américaine a émergé. Dans les années 1970 et 1980, la plupart des universitaires étaient convaincus que l'hégémonie américaine était sur le déclin. Certains prédisaient l'effondrement de l'étalon dollar et ainsi de suite, notamment les réalistes. Un livre majeur de l'historien Paul Kennedy, publié en 1988, intitulé "The Rise and Fall of the Great Powers : Economic Change and Military Conflict from 1500 to 2000. Kennedy tente de montrer comment l'Amérique était sur le point de perdre ses positions hégémoniques au sein du système international, tout comme la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la France, etc. avant elle, avaient connu le même processus. Il convient de noter que ce livre a été publié deux ans avant l'effondrement du bloc soviétique. C'est une thèse majeure rejetée aujourd'hui. Il y a un débat sur l'état de la puissance américaine aujourd'hui au sein de la RI, mais la position consensuelle est que l'hégémonie américaine est toujours bien vivante.

L'élément clé du développement de l'EPI américain est le débat sur le déclin de l'hégémonie américaine tout au long du débat sur les conditions qui ne pouvaient pas assurer une stabilité continue malgré le fait qu'il n'y avait plus une seule puissance hégémonique prête à fournir cette stabilité et à en supporter le coût.

Ce débat est parfaitement illustré par le livre de Robert Keohane intitulé "After Hegemony : Cooperation and Discord in the World Political Economy". Il s'agit d'une déclaration clé de l'institutionnalisme néolibéral. L'argument de base est que les ensembles de relations et d'institutions établis par l'hégémon pour assurer la stabilité perdureront après le déclin du pouvoir de cet hégémon parce que, pour les autres États du système, les coûts de maintien de ce régime sont inférieurs aux coûts qu'entraînerait la rupture de ce régime. C'est une sorte d'inertie qui caractérise les institutions mises en place par l'hégémon. Cela garantit que la stabilité prévaudra même si l'hégémon n'est toujours pas là pour faire respecter ces relations et ces institutions.

Institutions internationales[edit | edit source]

International Institutions - Aggarwal and Dupont in Ravenhill.png

Ce tableau est un résumé du développement théorique de l'institutionnalisme néolibéral.

L'institutionnalisme néolibéral concerne les institutions internationales et la manière dont elles peuvent être conçues pour faire progresser la coopération entre les États. Les institutions peuvent être conçues de cinq manières différentes pour garantir ces aspects du comportement coopératif.

La première est la structure de rémunération. Il s'agit d'une façon élégante de désigner la liste des préférences par ordre décroissant que les États ont quant à la manière dont les relations économiques internationales devraient être organisées. La structure des gains doit correspondre. Cela repose en grande partie sur la théorie des jeux. Un grand nombre d'institutions néolibérales sont basées sur la théorie des jeux.

L'idée est que les préférences des États doivent correspondre. Si elles ne correspondent pas spontanément, il doit y avoir un processus par lequel elles peuvent être rapprochées, un moyen par lequel les États peuvent accepter de renoncer à leurs premières préférences en faveur d'autres préférences, mais qui permet au système international de fonctionner sur la base de la coopération. Les institutions y parviennent en facilitant l'établissement de liens entre les questions. Ce lien est une caractéristique majeure de la théorie de la négociation interétatique. Les institutions sont censées faire en sorte que lorsque les États s'assoient à la table des négociations, ils s'assoient pour parler à la fois de bons échanges et de services financiers, etc. Les États peuvent donc faire des concessions les uns aux autres sur toute une série de points qui constituent l'ordre du jour des négociations.

La question suivante dont dépend la coopération est celle des coûts de transaction. Le coût des transactions est un concept issu de l'économie. C'est l'idée que pour que les transactions du marché soient bénéfiques, il y a des coûts associés à la réalisation d'une transaction du marché, et les coûts doivent être réduits pour que la transaction en vaille la peine. L'un des principaux coûts de transaction est évidemment la distance. Il existe d'autres types de coûts de transaction qui ont trait à l'information. Les institutions internationales sont là pour fixer des normes et faire en sorte que les parties à des transactions économiques internationales puissent être sûres que les biens et services qu'elles échangent respectent un ensemble minimal de normes.

Les institutions fournissent également un forum pour les négociations. Elles permettent aux États de s'asseoir plus facilement à la table des négociations. À l'inverse, en l'absence d'institutions internationales et de forums de négociations, il pourrait s'avérer difficile pour les États de trouver le chemin de la table des négociations.

Les stratégies appropriées sont le fait que les États doivent savoir que s'ils font une concession, ils recevront une concession en retour et qu'ils doivent anticiper la réaction d'un autre État à une décision qu'ils prendront. C'est la question de la réciprocité. Si nous examinons les principes de l'OMC, la réciprocité en fait partie. Si vous donnez quelque chose à un État, vous attendez la même chose en retour, ce qui facilite l'échange de concessions.

Les problèmes d'information, en économie, sont principalement des imperfections de l'information. C'est le cas lorsque les parties à une transaction ne sont pas pleinement conscientes des différents aspects de la transaction. Le rôle des institutions est de surveiller et de rassembler les informations pour les mettre à la disposition de toutes les parties concernées. Elles peuvent réduire les asymétries et les imperfections de l'information. Elles sont donc des producteurs et des distributeurs d'informations concernant les transactions économiques internationales.

Enfin, ce que les spécialistes de la RI appellent l'ombre de l'avenir est l'idée qu'un État interagira différemment avec une autre partie s'il sait que, dans le futur, l'État devra répéter l'interaction et effectuer une nouvelle transaction avec cette partie. Les institutions y parviennent en augmentant les coûts de défection et en liant les pays entre eux. Les coûts de défection sont les coûts de réputation qui sont associés à l'OMC, par exemple, en faisant savoir au monde entier que le gouvernement américain ou chinois a enfreint les règles.

Décortiquer l'"intérêt national"[edit | edit source]

Nous allons ouvrir la boîte noire de l'État et de l'intérêt national et comprendre et identifier les sources intérieures de la politique économique étrangère.

Un aspect de cette démarche consiste à identifier les acteurs qui agissent collectivement pour influencer la définition de la politique économique étrangère. Une façon de voir les choses est de les considérer par classes ou facteurs de production dans certains cas, capital, travail et propriétaires terriens. On peut aussi le faire par grands secteurs d'activité économique. Il peut s'agir de secteurs de l'économie orientés vers l'exportation, de secteurs de l'économie en concurrence avec les intrants de l'étranger, de secteurs non échangeables qui ne participent pas au commerce international, du secteur financier, du secteur industriel à forte intensité de capital, etc.

Les secteurs sont une caractérisation plus fine de la manière dont les acteurs économiques sont regroupés que les classes. Les classes sont le niveau le plus macro, les secteurs sont le niveau le plus massif. Il y a aussi les entreprises, qui sont le niveau très individuel, le niveau micro. Il existe des distinctions entre les grandes entreprises transnationales, les petites et moyennes entreprises (PME). La coopération s'opère aussi par le biais de chaînes d'approvisionnement et d'autres le sont. Au sein d'une même branche d'activité, il peut y avoir des intérêts contradictoires.

Un autre aspect de la question est la manière dont nos préférences sont agrégées. Ce n'est pas parce que l'actrice existe qu'elle a la même capacité à se mettre d'accord sur ce qu'est son intérêt collectif et aussi à poursuivre cet intérêt avec les gestionnaires de l'État. Cela renvoie à la théorie de l'action collective et au concept de capacité organisationnelle. L'idée est que plus la taille du groupe est grande, plus il est difficile de trouver une position consensuelle et de poursuivre l'activité collective, de faire progresser cet intérêt collectif et l'asymétrie entre les différents groupes, etc.

Les petits groupes de très grands acteurs ont une plus grande capacité d'organisation que les grands groupes de très petits acteurs. Généralement, la distinction se fait entre les entreprises monopolistiques, d'une part, et les consommateurs qui sont chacun des individus dans l'économie. Ces derniers ont donc une capacité d'organisation collective très faible.

Les institutions nationales constituent un autre aspect qui détermine la manière dont les préférences sont agrégées. Les distinctions fondamentales sont la distinction entre régimes démocratiques et autoritaires, mais aussi au sein des régimes démocratiques, la distinction entre institutions électorales majoritaires et proportionnelles, mais aussi au sein des régimes démocratiques, la manière dont les institutions de négociation permettent la coordination ou la concurrence dans quels systèmes de fixation.

Explication de la politique économique extérieure des États-Unis[edit | edit source]

Nous allons tenter d'expliquer la politique économique extérieure des États-Unis dans les années 20, 30 et 70.

Le premier article illustrant cet exemple est Sectoral Conflict and Foreign Economic Policy, 1914-1940 written by Frieden on the US interwar policy.[14] M. Frieden a expliqué le conflit entre l'isolationnisme et l'internationalisme libéral dans la politique étrangère américaine en général. Selon M. Frieden, il ne s'agit pas d'écoles de pensée au sein de l'appareil d'État américain ou du système de partis américain. Il s'agit d'abord et avant tout d'une division au sein de la communauté des affaires américaine. En particulier, entre les intérêts internationalisés de la classe capitaliste américaine et les intérêts nationaux de la classe capitaliste américaine. Il montre qu'au cours des années 20 et 30, un conflit a éclaté entre ces deux groupes. Peu à peu, le segment internationalisé de la classe capitaliste américaine l'a emporté parce qu'il est devenu progressivement plus important en termes d'économie nationale globale. Il y a eu une crise qui a cristallisé le conflit entre les deux. Par conséquent, tout au long de la deuxième partie des années trente, les internationalistes libéraux ont progressivement réussi à prendre le contrôle de la politique étrangère des États-Unis.

Helen Milner a publié en 1988 Resisting protectionism : Global industries and the politics of international trade", une étude sur le protectionnisme et le libre-échange dans l'entre-deux-guerres et dans les années 1970.[15] Elle montre que le conflit entre protectionnisme et libre-échange est lié au degré d'internationalisation ou non des coopérations américaines dans les différents secteurs de l'économie. Milner montre d'abord qu'entre les années 20 et les années 70, l'exposition globale de l'économie américaine à l'économie internationale a augmenté et explique pourquoi le protectionnisme n'a pas prévalu dans les années 70, contrairement aux années 20. Elle montre ensuite que la même distinction s'applique à l'intérieur d'une même période. Même dans les années 20, dans la minorité de secteurs dans lesquels la coopération s'est déjà internationalisée, le libre-échange a prévalu sur le protectionnisme. C'est un argument très similaire à celui avancé par Frieden qui s'applique à la politique commerciale, alors que Frieden a une portée plus large.

Autres aspects de la politique intérieure[edit | edit source]

Un autre aspect de la politique intérieure qui a évidemment été étudié et qui affecte le fonctionnement du capitalisme mondial est celui des institutions. Les chercheurs font une distinction entre les régimes autoritaires et démocratiques, puis, au sein de ces régimes, entre les systèmes majoritaires et proportionnels. L'idée de base est celle des systèmes autoritaires et majoritaires (les systèmes majoritaires sont par exemple la Chambre des représentants aux États-Unis, la Chambre des communes au Royaume-Uni, l'Assemblée nationale en France par opposition aux systèmes proportionnels comme le parlement fédéral allemand).

L'hypothèse et l'idée principales sont que les régimes autoritaires majoritaires sont plus susceptibles d'être capturés par des intérêts particuliers et donc plus enclins à poursuivre le protectionnisme. Alors que les systèmes électoraux proportionnels à circonscription unique, comme la présidence américaine par exemple, sont plus sensibles à la pression de groupes non concentrés comme les consommateurs, ils sont plus susceptibles de poursuivre l'ouverture parce que l'ouverture est la politique qui profite le plus aux consommateurs, car elle fait baisser les prix.

Un autre aspect est ce que l'on appelle les jeux de niveau. L'idée qu'il existe une interaction entre le fonctionnement du système interétatique et le fonctionnement du système national. Les gouvernements des cadres qui se trouvent entre ces deux niveaux, le niveau national et le niveau interétatique, peuvent tous deux en bénéficier. Ils peuvent faire valoir à leurs électeurs nationaux que le système des intérêts les contraint d'une manière qui les oblige à adopter des politiques qui ne sont pas nécessairement populaires auprès des électeurs nationaux. Ils peuvent néanmoins faire de même au niveau interétatique, où ils peuvent faire valoir dans les processus de négociation qu'ils sont prêts à faire des concessions. Pourtant, ils n'auront pas la majorité pour ratifier ces concessions au niveau national parce qu'elles ne sont pas populaires. Ils peuvent donc s'en servir comme monnaie d'échange dans les négociations interétatiques.

Facteurs politiques théorisés dans l’économie politique internationale américaine[edit | edit source]

Political factors theorised in American IPE.png

Il s'agit là d'une liste des principaux facteurs qui ont été théorisés et continuent dans une large mesure à l'être dans la EPI américaine. Nous pouvons voir qu'il y a un mélange d'idées provenant du réalisme et du néolibéralisme, en particulier des institutions néolibérales. Il est clair que l'idée selon laquelle la répartition du pouvoir au sein du système international affecte le fonctionnement de l'économie politique internationale est toujours d'actualité. Les universitaires débattent encore dans une moindre mesure que dans les années 1970, mais ils débattent toujours de cet aspect du problème.

B est la façon dont les institutions internationales affectent le fonctionnement de l'économie politique internationale. La question fondamentale est de savoir comment faire en sorte que les institutions internationales favorisent la coopération et donc l'ouverture.

C est la manière dont le comportement stratégique entre les États peut conduire à la coopération ou au conflit.

D : la façon dont les intérêts nationaux influencent la manière dont les politiques économiques étrangères sont élaborées et dont les États interagissent les uns avec les autres.

E est un sous-thème de d, qui concerne la capacité d'organisation des intérêts nationaux et la manière dont elle affecte la façon dont les intérêts nationaux peuvent influencer une politique économique et avoir des institutions nationales.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]

  1. Profil de Christakis Georgiou sur le site de l'Université de Genève
  2. Profil de Christakis Georgiou sur le site de Mediapart
  3. Publications de Christakis Georgiou sur Cairn.info
  4. Publications de Christakis Georgiou sur Academia.edu
  5. Oatley, T. (2018). International Political Economy. Routledge. https://doi.org/10.4324/9781351034661
  6. Viner, J. (1948). Power versus Plenty as Objectives of Foreign Policy in the Seventeenth and Eighteenth Centuries. World Politics, 1(1), 1–29. https://doi.org/10.2307/2009156
  7. Thomas mun: England’s treasure by foreign trade (1664) from Thelatinlibrary.com website: http://www.thelatinlibrary.com/imperialism/readings/mun.html
  8. Perrotta, C. (2014). Thomas Mun’sEngland’s Treasure by Foreign Trade: the 17th-Century Manifesto for Economic Development. History of Economics Review, 59(1), 94–106. https://doi.org/10.1080/18386318.2014.11681258
  9. Muchmore, L. (1970). A Note on Thomas Mun’s “England’s Treasure by Foreign Trade.” The Economic History Review, 23(3), 498. https://doi.org/10.2307/2594618
  10. IRWIN, D. A. (2004). The Aftermath of Hamilton’s “Report on Manufactures.” The Journal of Economic History, 64(3), 800–821. https://doi.org/10.1017/s0022050704002979
  11. Nelson, J. R., join(' ’. (1979). Alexander Hamilton and American Manufacturing: A Reexamination. The Journal of American History, 65(4), 971. https://doi.org/10.2307/1894556
  12. Prebisch, R. (1950). The economic development of Latin America and its principal problems. Economic Commission for Latin America. Retrieved from https://repositorio.cepal.org//handle/11362/29973
  13. Krasner, S. D. (1976). State Power and the Structure of International Trade. World Politics, 28(3), 317–347. https://doi.org/10.2307/2009974
  14. Frieden, Jeff. “Sectoral Conflict and Foreign Economic Policy, 1914-1940.” International Organization, vol. 42, no. 1, 1988, pp. 59–90. JSTOR, https://www.jstor.org/stable/2706770.
  15. Milner, Helen V. Resisting protectionism: global industries and the politics of international trade. Princeton, N.J: Princeton University Press, 1988. Print.