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Le paradigme positiviste et le paradigme interprétatif

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Il faut faire un certain nombre de choix quand on fait une recherche. Le chercheur doit faire cinq choix :

  1. ontologique et épistémologique : c’est-à-dire avoir une certaine conception de la société, on touche presque au domaine de la philosophie et moins au domaine de la recherche pratique.
  2. avoir une conception de la science : la science fait partie de la société, il n’y a pas une seule manière de concevoir la société et la science. Il est possible d'assimiler ce choix à la notion de paradigme.
  3. trouver un mode d'explication adéquat : pour un phénomène que l'on veut étudier, on va du plan le plus général et abstrait au plan le plus près des objets étudiés. Il dépend des conceptions de la société et de la science que l’on doit avoir.
  4. s'inscrire dans une théorie : renvoie au choix précèdent.
  5. choisir une méthodologie : chacun de ces choix dépend du choix préalable que l'on fait. La manière dont on conçoit la société détermine le choix méthodologique qu'on fait sur une recherche. Toute une série de choix en découle concernant les techniques.

Deux paradigmes de la recherche sociale[modifier | modifier le wikicode]

Distinction entre le paradigme (post-)positiviste et le paradigme interprétatif[modifier | modifier le wikicode]

Paradigme[modifier | modifier le wikicode]

Thomas Kuhn

C’est un concept qui provient de Thomas Kuhn. Il essaie de développer une théorie sur la science sur la base de la notion de paradigme, c’est-à-dire sur la manière dont la société se développe à partir d’un paradigme. C’est une perspective théorique qui est partagée et reconnue par la communauté des chercheurs d'une discipline qui est fondée sur des acquis précédents de la discipline et qui oriente la recherche en termes de choix des faits à étudier, de l'objet, de la formulation des hypothèses et de la mise en place méthodologie des outils de recherche scientifique. Cela est lié à la formulation d’une théorie, mais de façon plus générale, c'est la manière de se rapprocher d’une théorie sociale qui permet de définir les outils théoriques et méthodologiques à utiliser pour promouvoir sa théorie.

Le paradigme est une vision du monde, une grille de lecture qui précède l’élaboration théorique. Kuhn fait une distinction fondamentale entre la science normale et les révolutions scientifiques.

  • science normale : longue phase ou un paradigme donné dans l’histoire de l’occident a dominé.
  • révolution scientifique : changement de paradigme.

Si on abandonne l’idée de développement historique de Kuhn et qu’on l’applique à la science sociale, aujourd’hui, il y a plusieurs paradigmes qu’il faut choisir et dans lesquels il faut s’inscrire.

Il y a une coexistence de paradigmes qui s’opposent entre eux pouvant être caractérisés de manières différentes. Les paradigmes caractérisent la recherche en science sociale, les choix méthodologiques découlent du choix de paradigme dans lequel on s’inscrit.

Une théorie au sens général du terme et la méthodologie sont intiment liées, on ne peut penser à l’une sans l’autre. Ces paradigmes se trouvent dans le pôle théorique dont on dénombre quatre paradigmes :

  • positiviste ;
  • compréhension ;
  • fonctionnaliste ;
  • structuraliste.

Ontologie[modifier | modifier le wikicode]

C’est une manière de concevoir et d’élaborer la science permettant d’étudier la société comme, par exemple, les phénomènes politiques.

Selon Charles Tilly, il y a quatre « ontologies », c’est-à-dire des manières à travers lesquelles les chercheurs ont abordé le phénomène à expliquer, de concevoir et d’élaborer la science soit concevoir et élaborer la réalité :

  1. Individualisme phénoménologique: la conscience individuelle est le seul lieu de la vie sociale, l'observation n'est pas la meilleure technique à suivre, car on ne peut pas voir dans les consciences individuelles. C’est une interrogation sur la réalité sociale qui se trouve dans la conscience individuelle sur la manière dont les hommes construisent leur monde.
  2. Individualisme méthodologique : ce sont les individus comme réalité sociale fondamentale, voire unique, on se centre dans leur comportement et pas dans ce qu'ils pensent. On doit trouver le sens des choses dans les individus, ce n’est pas dans la conscience des individus, mais dans les comportements et les faits des individus.
  3. Holisme : la structure sociale, horlogeries qui s'autosoutiennent, Durkheim est un exemple, il faut analyser les phénomènes comme un tout unique (approche systémique). On ne peut comprendre la société si on ne considère pas toutes les différentes parties dans son ensemble. L’approche systémique en science sociale va par exemple dans cette direction. Il faut considérer la société dans son entier, en d’autres termes c’est un paradigme social généralisant.
  4. Réalisme relationnel : les liens sociaux constituent l'élément fondamental de la vie sociale On a plusieurs manières de classer ces paradigmes et conceptions de la société.

On ne va pas étudier un phénomène de la même manière si on pense que l’essence de ce phénomène va se retrouver dans la conscience des gens et dans leurs relations ou on le retrouve dans l’ensemble d’un phénomène dans lequel une personne s’insère.

Traditions sociologiques[modifier | modifier le wikicode]

Selon Collins, on peut différencier quatre traditions sociologiques :

  1. tradition du conflit : c'est à travers l'analyse de conflits qu'on peut expliquer les phénomènes sociaux. La société est par essence conflictuelle, les théories de Marx sont des exemples célèbres.
  2. tradition utilitariste-rationaliste : les êtres humains sont rationnels.
  3. tradition holiste : « durkheimienne ».
  4. micro-interactionniste : il faut analyser les interactions au niveau microrelationnel.

Quand on parle de méthode, on ne peut pas faire d‘abstractions, les réflexions ne concernent pas seulement la théorie ; il faut penser aux paradigmes, aux manières de concevoir la société, mais en même temps, il y a diverses formes afin de comprendre les approches.

Nous allons faire la distinction entre deux grands paradigmes :

  • paradigme positiviste : empiriste, objectiviste, explicatif. Ici, le terme « positiviste » n’a pas de connotation négative.
  • paradigme interprétatif : humaniste, du subjectivisme, de la compréhension.

Ces paradigmes sont des conceptions générales de la nature de la science sociale permettant d’appréhender et de connaître la réalité sociale.

Il y a une opposition entre Durkheim et Weber (approche des faits ou de la compréhension). Ce sont diverses manières par lesquelles on peut connaître la réalité sociale. Ces deux approches nous montrent la différence entre démarche quantitative et démarche qualitative.

On élabore ces paradigmes autour de trois questions :

  • question ontologique : est-ce que la réalité sociale existe et qu’elle est sa nature ? ; concerne la réalité sociale et sa nature.
  • question épistémologique : est-ce que cette réalité sociale est connaissable ? pouvons-nous la connaître ?
  • question méthodologique : si cette réalité existe et elle est connaissable, comment pouvons-nous la connaître ?

Chacun de ces paradigmes apporte des réponses différentes à ces trois questions.

Question ontologique[modifier | modifier le wikicode]

Est-ce que la réalité sociale existe ? - Ontologie.

(Post-)positiviste Interprétatif
  • Réalisme (critique)

La société existe, on peut l'observer, mais elle ne peut être connue que de manière probabilistique, l'observation dépend de la théorie elle-même (post-).

  • La réalité sociale est objective et objectivable

C’est la position positiviste, on cherche juste à connaître la position, la définition ontologique que les deux paradigmes donnent.

  • Constructivisme / relativisme

La réalité n'existe pas en tant que fait objectif, mais elle est construite ; la réalité n’existe pas en tant que tel, c’est une construction sociale.

  • La réalité est construite

Chacun a sa propre réalité sociale dans sa tête. Le monde qu'on peut connaître c'est celui qui est construit par le sens que les gens donnent au monde.

Question epistémologique[modifier | modifier le wikicode]

Est-ce que si la réalité existe, elle est connaissable ? - Épistémologie : manières de connaître.

(Post-)positiviste Interprétatif
  • Dualisme / objectivité

D'un côté la réalité, de l'autre le chercheur. Pour connaître le monde, il faut essayer de se détacher, car le monde social existe et est réel. En d’autres termes c’est un dualisme entre les chercheurs et la réalité.

  • Science expérimentale en quête de lois

Pouvoir contrôler tous les facteurs, il faut se rapprocher le plus possible. Il y a l’idée de l’expérimentation et de l’expérience. On essaie de répliquer ce qu’on fait dans les sciences dures en les appliquant aux sciences sociales. C’est une volonté de faire des expériences en manipulant la réalité.

  • Objectif : explication

On veut expliquer les faits qui sont là, objectivement, on le fait en s'éloignant. On recherche une logique de cause à effet.

  • Généralisations

Loi dans les sciences humaines ; il faut trouver une loi. Loi provisoire (post-), la falsification de l'hypothèse (une bonne hypothèse doit pouvoir être soumise à des tests empiriques et être falsifiée).

  • Non dualisme / non objectivité

On nie le dualisme et on nie l'objectivité, car la réalité est construite, chacun donne sa signification, elle ne peut pas être objective. Il n'y a pas de division entre le chercheur et la recherche. Le monde n’est pas objectif, il est par définition subjectif.

  • Science interprétative en quête de significations

On ne cherche pas de lois, mais on cherche du sens. Le but n’est pas d’expérimenter la réalité et d’arriver à des lois. On cherche à comprendre et à interpréter en faisant ressortir le sens profond des phénomènes observés.

  • Objectif : compréhension

On veut comprendre, pour mieux le faire il faut participer à la réalité.

  • Généralisations

Énoncés de (probabilistes, provisoires) possibilité, types idéaux (caricatures de la réalité) ; on ne peut pas établir de lois, on peut essayer d'avoir une certaine abstraction. Cette généralisation se fait par les énoncés de possibilités et des « types idéaux » c’est-à-dire une sorte de caricature de la réalité ou l’on fait ressortir les traits essentiels.

Dans un cadre on vise à expliquer les phénomènes et dans l’autre à les comprendre. Les méthodes de collecte et d’analyse de données vont évidemment être différentes.

Question méthodologique[modifier | modifier le wikicode]

Comment est-ce que la réalité peut être elle connue ? - Méthodologie : quels sont les outils ?

(Post-)positiviste Interprétatif
  • Expérimentale-manipulative

On veut manipuler tous les facteurs explicatifs. Le chercheur intervient sur la réalité à travers l’expérience en essayant d’arriver aux objectifs d’explication et de généralisation d’une loi.

  • Observation

La réalité peut être observée de l'extérieur.

  • Méthode hypothético-déductive

On a des hypothèses, on part d'une théorie, et on essaie de les tester avec l'observation de la réalité objective. On part des idées pour ensuite les tester afin de trouver une confirmation ou une vérification empirique des idées sur le terrain.

  • Techniques quantitatives

Comme on vise une généralisation, on privilégie ces méthodes au sens technique.

  • Analyses par variables

La réalité sociale est analysée par des variables. Par exemple on s'intéresse de savoir si l'origine sociale influence ceux qui sont plus attentifs au cours. Ce qui intéresse le chercheur ne sont pas les individus, mais la variable.

  • Interaction emphatique entre le chercheur et l'objet d'étude

La motivation est de mieux comprendre la motivation profonde des acteurs à se comporter plus d’une telle façon qu’une autre.

  • Interprétation

Il s'agit d'interpréter les faits observés.

  • Méthode inductive

On essaie de partir de la réalité pour générer des théories, à la fin on veut arriver à une théorie. On part de l’empirique pour essayer de générer des théories. On part des sujets pour remonter vers une théorie, c’est-à-dire générer une théorie.

  • Techniques qualitatives

On privilégie les techniques qualitatives.

  • Analyses par sujets

L'unité d'analyse, ce sont des individus, le terme sujet devient important. On s’intéresse à un ensemble de caractéristiques c’est-à-dire à l’ensemble de l’individu.

Dans son ouvrage, Corbetta parle de trois paradigmes :

  • paradigme positiviste : n'existe plus en sciences sociales, personne ne pense que les sciences sociales doivent être comme les sciences exactes.
  • post-positiviste : est plus nuancé, c'est la critique du positivisme notamment faite par Karl Popper. Cette reformulation critique a nuancé de plusieurs manières le paradigme positiviste pur. La réalité sociale est externe, mais ne peut être connue que de manière probabiliste. D’autre part l’observation empirique dépend de la théorie.
  • paradigme interprétatif


À partir de ces deux paradigmes découlent deux manières de faire de la recherche en sciences sociales qui sont des radicalisations de ces positions :

  • recherche quantitative
  • recherche qualitative

Recherche quantitative et recherche qualitative[modifier | modifier le wikicode]

L'École de Chicago va produire des études systématisées avec les premiers efforts d'étudier d'une manière quantitative les phénomènes sociaux sans pour autant mettre de côté les études qualitatives. Dans la même université, on rencontre deux écoles. Dans les années 1940 – 1950, il y a une domination de la recherche quantitative notamment avec l'utilisation des sondages dans le cadre des élections. Dans les années 1960, aux États-Unis, il y a une résurgence de l'approche qualitative avec un retour de la perspective qualitative en produisant des analyses historiques.

Approche générale[modifier | modifier le wikicode]

Recherche quantitative Recherche qualitative
Relation théorie – et le processus de recherche
  • Relations structurées

Suivent des phases logiquement séquentielles (certains phases doivent arriver avant que des autres). ex. Il faut d'abord avoir une hypothèse pour après la tester. L’important est le degré de structuration. C’est la mise en forme de la recherche. On a un dessin de recherche fortement structuré avec des phases séquentielles.

  • Déduction

La théorie précède l’observation selon une logique linéaire.

  • Relations ouvertes et plus interactives

Il n y'a pas l'idée qu'il faille d'abord avoir une hypothèse, on peut d'abord commencer par le terrain. Il y a un degré de structuration inférieur. C’est une approche plus ouverte et interactive, ce ne sont pas des moments distincts. Tout le processus est beaucoup plus flexible.

  • Induction

La théorie émerge de l’observation, mais pas nécessairement tout le temps, car cette approche est plus souple. Les deux phases peuvent se succéder l’une après l’autre dans une logique plus cyclique. C’est un va-et-vient entre la théorie et l’empirie.

Fonction de la littérature
  • Fondamentale

Elle est fondamentale pour la définition de la théorie et la formulation des hypothèses. Cela soutient la logique de linéarité et de phases séquentielles.


Nb : Les hypothèses découlent de la littérature, l'observation du terrain et de la créativité des sociologues.

  • Auxiliaire

Elle est auxiliaire, dans le processus de recherche elle est moins importante par rapport à des autres aspects. Au début il est possible de se contenter d’une connaissance moins importante du champ par rapport à la recherche quantitative, car on n’a pas besoin de formuler des hypothèses.


Nb : ignorer la littérature peut permettre d’aboutir à une meilleure théorie. Pour certains la littérature est négative pour la recherche.

Concepts
  • Opérationnalisés

Ils sont opérationnalisés, permettent de passer du niveau théorique au niveau empirique ; ils permettent de traduire empiriquement des concepts théoriques.

  • Orientatifs

Concepts orientatifs, ils sont ouverts, en construction, la relation entre théorie recherche est interactive, donc les concepts aussi. Ils doivent donner une direction à l’analyse et peuvent se modifier au cours de la recherche. Ils sont en construction permettant une meilleure définition du concept.

Rapport avec l’environnement
  • Approche manipulative

Le chercheur intervient dans la réalité et il essaie de modifier quelque chose, notamment dans les études expérimentales. Le chercheur est externe, il intervient à travers des outils méthodologiques.

  • Approche naturaliste

Il n'y a pas l'idée de manipulation, le chercheur fait partie de la réalité. On veut manipuler les variables dans leur état naturel sans intervenir. Cela pose le problème méthodologique de savoir comment étudier un objet sans modifier l’environnement étudié, d’autant plus que les personnes réagissent à la manière dont on les étudie.

Interaction psychologique chercheur – objet d’étude
  • Observation scientifique

Détachée et neutre. Aspect axiologique, on essaie de neutraliser nos valeurs pour voir cette distance d'interaction, je ne fais pas partie de « cette » réalité.

  • Identification empathique dans la perspective de l’objet étudié

On essaie de se mettre dans la veste des gens de qui nous voulons expliquer les comportements. On recherche une identification empathique dans la perspective de l’objet étudié. Cela permet de comprendre les actions des autres à travers une identification empathique.

Interaction physique chercheur – objet d’étude
  • Distance, séparation

Le chercheur qui fait l'analyse ne doit pas être celui qui fait la collecte des données.

  • Proximité, contact

C'est beaucoup plus rare qu'un chercheur essaie d’analyser des données produites par quelqu’un d'autre.

Rôle du sujet étudié
  • Sujet a un rôle passif
  • Sujet a un rôle actif

Action, aider les groupes à s'engager dans un processus de transformation.

Recueil des données[modifier | modifier le wikicode]

Recherche quantitative Recherche qualitative
Dessin de recherche
  • Structuré, fermé

Précède la recherche elle-même. D'abord, dessin, après la recherche. Avant de pouvoir aller sur le terrain, il faut que le dessin de recherche soit définitif.

  • Processus plus déstructuré, ouvert, construit au cours de la recherche

On n'a pas besoin d'avoir un dessin de recherche préétablie, il peut changer en fonction des interactions qu’on a avec le sujet étudié. Comme les concepts sont ouverts, la manière à travers laquelle nous allons étudier une certaine réalité est construite au cours de la recherche. Idée de non-linéarité de la recherche.

Représentativité
  • Echantillon statistiquement représentatif

Surtout dans l'approche individuelle, on fait un sondage pour qu'il soit le plus représentatif possible. L’idée est de partir d’un échantillon pour en tirer des conclusions plus larges. Les résultats de la recherche sont censés être généralisés à l’univers dont on a tiré les individus.

  • Cas singuliers statistiquement non-représentatifs

La représentativité n'est pas essentielle, ce sont plutôt les singularités qui nous intéressent. On cherche à étudier des cas singuliers qui ne sont pas statistiquement représentatifs. On ne veut pas de représentativité, car on chercher à identifier des cas spécifiques.

Instrument de recueil
  • Instrument uniforme pour tous les sujets

Le but est d'avoir une représentativité objective par un instrument maitrisé qui permet d’arriver à une matrice de données. C’est à travers l’uniformisation et la standardisation que l’on peut atteindre la représentativité statistique.

  • Varie selon l’intérêt des sujets

On ne tend pas à la standardisation, on varie selon les sujets qu'on a devant, en fonction des objectifs de recherche. On ne va pas appliquer le même instrument de recueils à tous les sujets, on le varie en fonction de l’intérêt spécifique et de ce que l’on veut faire ressortir de l’analyse.

Nature des données
  • Hard, données objectives et standardisées

L’opposition principale se retrouve au niveau de l’objectivité en opposition à la subjectivité. Il faut que les données soient les plus objectives possible.

  • Soft, données riches et profondes

Les données ont de la profondeur en opposition à la superficialité ; il faut que les données soient les plus profondes possible.

Traitement des données[modifier | modifier le wikicode]

Recherche quantitative Recherche qualitative
Objet de l’analyse
  • Variable (variable oriented analysis)

Analyse par variables et impersonnelle. L’unité d’analyse principale est l’individu, mais avant tout les caractéristiques de ces différents individus.

  • Individu (variable oriented analysis)

Il est au centre de l’analyse, c’est une approche holiste. On veut capturer et saisir les individus dans leur ensemble.

Objectif de l’analyse
  • Expliquer la variation des variables

0n recherche des corrélations entre variables, ce sont des covariations.

  • Comprendre les objets

Traitement des données, c’est un paradigme de la compréhension.

Techniques mathématiques et statistiques
  • Usage intensif des techniques mathématiques et statistiques

Ils veulent recueillir les données d'une manière standardisée (il faut travailler sur un nombre large de cas)

  • Aucun usage

Résultats[modifier | modifier le wikicode]

Recherche quantitative Recherche qualitative
Présentation des résultats
  • Tableaux (perspective relationnelle)

Le but de l'opération est de trouver des relations entre les variables, on présente l'information de façon numérique. (cependant la narration est aussi présente). On recherche des corrélations ou des covariations.


Nb : la narration – il est important d'avoir une sorte de récit, il faut montrer une certaine histoire de ce que l’on veut expliquer.

  • Extraits d’interviews, des extraits de textes (perspective-narrative)

Mise en relation des certains attributs, ils essaient de construire un récit. C’est une approche holiste afin de comprendre la personne. On se base sur des extraits d’entretiens, c’est une perspective narrative comme, par exemple, reconstruire le parcours d’une personne pour expliquer ses habitudes de vote.

Généralisations
  • Corrélations

On cherche à établir des modèles causaux, lois. ex. il est plus probable que ceux qui ont un niveau universitaire élevé participent à la politique. Ils ont comme objectif prioritaire de généraliser.

  • Logique de la causalité

On va parler de causes, on va rechercher des relations cause - effet.

  • Classifications et typologies, types idéaux (Max Weber)

C'est une représentation schématique de la société qui nous permet d'aller au-delà du cadre spécifique étudié. Ils ne veulent pas nécessairement généraliser leurs résultats.

  • Logique de classification

L’idée est de garder l’entièreté de leurs caractéristiques dans une logique de la classification.

Portée des résultats
  • Généralité

On veut inférer le résultat à un ensemble plus large que l’on peut caractérisé de nomothétique c’est-à-dire que l’on recherche des lois.

  • Spécificité

On tend à la spécificité c’est-à-dire qu’on tend vers une description idiographique.

Quelques exemples : recherche quantitative et recherche qualitative[modifier | modifier le wikicode]

Souvent lorsque l’on parle de méthode, presque toujours, on discute des différentes approches et presque systématiquement on se retrouve sur des oppositions entre professionnels. Bien qu’ici ces deux approches soient traitées comme étant distinctes, il ne faut pas sortir avec une idée figée des deux démarches, car il y a aussi certaines caractéristiques qui appartiennent à la fois à l’une et à l’autre ou à l’autre ou à l’une.

Une recherche a été faite sur l’engagement individuel dans les mouvements sociaux en essayant d’expliquer pourquoi les individus participent aux mouvements sociaux.

Deux questions ont émergé ; il y aurait peut-être à travers ces deux démarches des réponses différentes :

  • pourquoi les gens vont dans des mouvements sociaux ? quels sont les facteurs explicatifs ? idée de la démarche quantitative
  • quels sont les processus et les mécanismes qui font que les gens s’engagent dans les mouvements ? comment s’engage-t-on ? idée de la démarche qualitative

Recherche quantitative : l'engagement dans les mouvements sociaux[modifier | modifier le wikicode]

1ière étape - d'abord on va s’intéresser à des facteurs explicatifs. Lectures qui ont permis de faire ressortir trois grands ordres de facteurs :

  • caractéristiques sociodémographiques : dépends des valeurs.
  • insertion dans des réseaux sociaux préalables : les individus s’insèrent dans des mouvements pas nécessairement parce qu’ils partagent des valeurs, mais parce qu’ils sont insérés dans des réseaux sociaux préalables ; ce sont des liens que la personne peut avoir avec d’autres personnes indépendamment de ses valeurs et de ses caractéristiques sociodémographiques.
  • perception que la personne a de la réalité externe : les personnes qui ont le sentiment d’être efficace et d’avoir un impact s’ils se mobilisent fait qu’ils se mobilisent.

Cela a permis la construction d’un cadre théorique qui permet de formuler des hypothèses.

2ème étage - définition du dessin de recherche et tests des hypothèses :

  • enquête par sondage : envoi de sondages et de questionnaires selon des critères stricts. C’est un processus logiquement séquentiel.
  • analyses statistiques : collecte des données et construction d’une matrice de données qui permette de procéder à des analyses statistiques. À partir des résultats on a cherché à les généraliser en recherchant des corrélations entre le niveau d'intégration et participation, etc.
  • généralisations : l'objectif était d'aller du particulier au général en appliquant la recherche à toutes les personnes engagées dans des mouvements sociaux.
  • explication : l’idée est d’expliquer le degré de l’engagement et de mettre en évidence une logique de cause à effet et d’en tirer des corrélations à travers des relations entre deux variables. Dans ce cas ont été mis en évidence des coefficients de régressions. Ainsi on a une mesure de la relation entre les variables.
  • conclusion : la relation existe non seulement dans l’échantillon, mais aussi dans la population en général.

Recherche qualitative : l'engagement dans les mouvements sociaux[modifier | modifier le wikicode]

On s’intéresse plutôt à savoir quels sont les parcours des militants, les processus et les mécanismes qui conduisent à l’engagement :

  • entretiens en profondeur avec des activistes : il y a une proximité à travers l’étude des cas personnels et cela par l’analyse des récits-vies. On a essayé de reconstruire la vie de quelque uns des membres engagés afin de déterminer ce qui les ont amenés à s’engager. L’idée était que l’engagement était lié au fait que les personnes font des liens entre leurs différentes sphères de vie. C’est une démarche holistique en considérant le fait que l’on s’intéresse à la subjectivité des personnes et en ayant une approche empathique afin de comprendre les raisons de leurs engagements ainsi que, pour certains, leurs désengagements.
  • à travers des entretiens on a généré une théorie : l’hypothèse est que l’engagement provient d’une dysfonction entre les sphères de l’individu. A été généré une Théorie de l'Activisme – il est plus probable que les gens restent engagés sur une longue période dans un mouvement si les divers sphères de vie sont liées entre elles, il faut qu'il y ait une certaine cohérence.
  • les extraits d'entretiens ont été utilisés pour présenter les résultats : a été rédigé un récit permettant de ressortir que lorsque les militants avaient une vision holistique, alors il était plus probable qu’ils restent engagés dans le mouvement. Alors que les personnes qui déconnectent les sphères ont une plus grande propension à se désengager. Ainsi les extraits permettent de corroborer un propos.
  • conclusion : on a certaines idées qui nous guident et qui montrent comment cette démarche a pour objectif de générer une théorie.

Quelle est la meilleure méthode ?[modifier | modifier le wikicode]

Les méthodologistes ont trois positions différentes quant à la question de savoir s’il est mieux de faire une recherche quantitative plutôt que qualitative ou vice-versa :

  1. Une (approche) assez rigide qui dit que les méthodes quantitatives et qualitatives sont incompatibles : à la vue des logiques fondamentalement différentes qui s’appuient sur des ontologies et des épistémologies complètement différentes, alors on ne peut les consigner parce qu'ils s'appuient sur des éléments théoriques très différents (est-ce que la réalité existe en tant qu’objet externe ?)
  2. Subsidiaire des méthodes qualitatives : ils disent que certains aspects de l'analyse qualitative sont utiles, mais la quantitative continue à être la « meilleure » ; on considère que la méthode quantitative est la méthode par excellence, car elle est plus scientifique et la méthode qualitative a une fonction subsidiaire. Les méthodes qualitatives ont une fonction subsidiaire, c’est-à-dire qu’il y a certains aspects que l’on peut aborder dans le cadre de certains entretiens. Ce sont surtout les chercheurs quantitativistes qui prônent cette approche.
  3. Pleine légitimité des deux méthodes : cela dépend de la recherche, de la méthode que nous allons étudier. Aucun n'est moins scientifique que l'autre (qualitative n'est pas moins que la quantitative)

Combiner les méthodes n’est pas une tâche facile due à ces différences passées en revue entre ces deux paradigmes. Cependant, cela dépend beaucoup de la question de recherche, de ce que l’on étudie ; il y a certaines questions qui sont plus susceptibles d’être adéquates à l’une des deux approches. Les deux grandes méthodes conduisent à des connaissances qui peuvent être différentes. Finalement ces deux méthodes peuvent être combinées dans une approche que certains qualifient de « triangulation de méthodes » qui permet d’apporter plusieurs approches.

Annexes[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]