Principes et concepts de la microéconomie

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Quelques principes de microéconomie

La microéconomie, en tant que science des décisions individuelles et collectives, se base sur plusieurs principes fondamentaux qui aident à comprendre les comportements des individus, des ménages et des entreprises dans divers contextes économiques. Un de ces principes est la rationalité, selon lequel les individus sont considérés comme des acteurs rationnels cherchant à maximiser leur utilité ou leur profit, en fonction de leurs préférences et des contraintes qu'ils rencontrent.

Un autre principe important est celui de l'optimisation marginale. Ce principe stipule que les décisions économiques sont prises en évaluant les avantages et les coûts marginaux, c'est-à-dire les bénéfices et les coûts supplémentaires associés à une unité supplémentaire. Les décisions sont donc prises en fonction de l'avantage marginal par rapport au coût marginal, avec la poursuite d'une activité tant que l'avantage est supérieur au coût. L'échange mutuellement avantageux est également un principe central de la microéconomie. Dans un marché libre, les échanges ne se produisent que si toutes les parties impliquées estiment en tirer un bénéfice, ce qui conduit à une allocation des ressources qui peut être efficace sous certaines conditions. En outre, la microéconomie souligne que les individus et les entreprises répondent aux incitations économiques. Les changements dans les coûts et les avantages influencent le comportement, entraînant des ajustements dans l'allocation des ressources. Le principe de la diminution des rendements marginaux est également pertinent. Il indique que l'ajout progressif d'une ressource à une quantité fixe d'une autre ressource entraîne une diminution des gains supplémentaires. Cela est particulièrement important dans l'analyse de la production et de la distribution des biens et services. Enfin, la microéconomie traite de la répartition des ressources rares et de l'équilibre du marché. Les ressources limitées doivent être allouées pour répondre aux besoins et désirs illimités, et les marchés tendent vers un équilibre où l'offre est égale à la demande. Ces principes offrent un cadre pour analyser des questions telles que la formation des prix, la production de biens et de services, la distribution des revenus et l'impact des politiques gouvernementales sur les marchés. Ils sont cruciaux pour comprendre les décisions économiques et leur influence sur l'économie globale.

La prise de décision par les individus en microéconomie est un processus complexe influencé par divers facteurs et principes. Tout d'abord, les individus sont confrontés à des arbitrages, car ils ne peuvent pas tout faire ni tout avoir. Cela signifie qu'ils doivent faire des choix sous contrainte, étant donné que les ressources telles que le temps, l'argent et l'énergie sont limitées. Chaque choix implique donc de renoncer à d'autres options, ce qui nous amène au concept de coût d'opportunité. Le coût d'opportunité d'une décision est égal à la valeur de la meilleure alternative à laquelle on renonce pour réaliser ce choix. Par exemple, si un individu décide de passer une heure à étudier, le coût d'opportunité pourrait être l'heure qu'il aurait pu passer à travailler, à se reposer ou à pratiquer une activité de loisir. Ce concept aide à comprendre que chaque choix a un coût et que ce coût n'est pas seulement monétaire, mais aussi lié aux opportunités perdues.

En outre, les individus sont considérés comme rationnels dans leurs prises de décision. Cela signifie qu'ils évaluent les avantages et les coûts supplémentaires de leurs actions et prennent des décisions qui maximisent leur utilité ou leur satisfaction. Cette approche rationnelle est souvent examinée à la marge, c'est-à-dire en se concentrant sur les effets des petites variations des niveaux de consommation ou de production. Enfin, les individus répondent aux incitations. Les changements dans les avantages ou les coûts associés à une décision peuvent influencer significativement leur comportement. Par exemple, une augmentation des taxes sur les cigarettes peut inciter les gens à réduire leur consommation de tabac. De même, une subvention pour l'achat de véhicules électriques peut encourager les consommateurs à opter pour des options plus écologiques.

Les interactions entre les individus dans le cadre de la microéconomie sont principalement régies par les principes d'échange volontaire, d'efficacité des marchés et du rôle potentiellement bénéfique du gouvernement dans la correction des défaillances du marché. L'un des principes fondamentaux de la microéconomie est que les échanges volontaires entre les parties sont mutuellement bénéfiques. Lorsque les individus, les ménages ou les entreprises participent à un échange, c'est généralement parce qu'ils anticipent un bénéfice de cet échange. Par exemple, lorsqu'un consommateur achète un produit, il valorise ce produit plus que l'argent qu'il dépense, tandis que le vendeur valorise l'argent plus que le produit qu'il vend. Ainsi, les deux parties sont mieux loties après l'échange. La microéconomie considère souvent que les marchés constituent un moyen efficace d'organiser les interactions économiques. Dans un marché idéal, l'offre et la demande se rencontrent pour fixer le prix et la quantité de biens et services échangés, conduisant à une allocation efficace des ressources. Cela signifie que les ressources sont utilisées là où elles sont le plus valorisées, maximisant ainsi le bien-être collectif.

Toutefois, les marchés ne fonctionnent pas toujours parfaitement et peuvent parfois échouer à allouer les ressources efficacement. C'est là que le gouvernement peut intervenir pour corriger ces défaillances. Par exemple, le gouvernement peut imposer des régulations pour contrôler la pollution, fournir des biens publics qui ne seraient pas autrement produits par le marché, ou mettre en place des politiques pour réduire les inégalités économiques. Cette intervention gouvernementale peut aider à assurer une allocation plus équitable et efficace des ressources. Ces aspects d'interaction sont étroitement liés aux principes de prise de décision des agents économiques. La façon dont les individus prennent des décisions, répondent aux incitations et évaluent les coûts d'opportunité influence directement la manière dont ils interagissent sur les marchés et avec les autres agents économiques. Les interactions économiques entre individus sont donc caractérisées par des échanges volontaires mutuellement bénéfiques, l'efficacité des mécanismes de marché, et parfois l'intervention nécessaire du gouvernement pour corriger les défaillances du marché. Ces interactions sont fondamentales pour comprendre la répartition des ressources et la dynamique économique dans une société.

Principe 1 : Les individus font face à des trade-offs

En économie, il faut toujours choisir, il faut prendre des décisions, on est toujours confronté à un choix et on doit faire des compromis. C’est ce qu’on appel le trade-offs. Tous les individus font des choix.

  • Au niveau de l’individu/entreprise

Les ressources sont rares et limités, on doit optimiser ces ressourcer pour maximiser son profit ou son bien-être. La question centrale est de savoir comment allouer ces ressources ?

  • Au niveau de la société

Dans le cas de la collectivité le compromis se situe entre efficience et équité. Ces deux objectifs sont souvent en contradiction, il est nécessaire de choisir soit l’un soit l’autre.

La redistribution de la richesse cherche à atteindre l’objectif d’équité, il faut supporter des coûts. Le trade-offs est vrai à tous les niveaux.

Principe 2 : Le coût d’un bien ou d’un service correspond à la valeur de ce à quoi on renonce pour l’obtenir

Dès lors qu’on renonce à quelque chose, c’est ce qu’on appelle un coût d’opportunité Les coûts d’opportunité sont tout ce à quoi on renonce. C’est un concept différent du concept des coûts comptable/financier. Le coût d’opportunité et ce à quoi on renonce pour obtenir ce que l’on désire

Les individus font des analyses coût-bénéfices pour évaluer le coût d’opportunité.

Ce que l’on compare afin de déterminer la quantité optimale : on compare les bénéfices à la marge, c’est-à-dire les bénéfices dérivé d’une unité supplémentaire consommé

Principe 3 : Les individus, rationnels, raisonnent à la marge

Lorsqu’on prend la décision de faire quelque chose ou non, on compare le coût additionnel (marginal) avec le bénéfice marginal, et non pas le coût total avec le bénéfice total:

coût marginal = bénéfice marginal = condition nécessaire pour que le choix soit optimal
Raisonnement à la marge billet avion.png

Pourquoi ces différences dans les tarifs pour le même vol ?

L’avion est presque vide le jeudi 9 et le coût additionnel d’un passager supplémentaire est très faible (disons CHF 3 d’essence). En chargeant un prix de peu en dessus du coût additionnel l’entreprise fait un bénéfice sur cette unité qu’elle ne fait pas si elle charge le coût moyen (coût total/nombre total de passager), car le voyageur ne voyagerait pas.

Principe 4 : Les individus répondent aux incitations

Plutôt que d’imposer quelque chose, on introduit des systèmes d'incitations afin d’induire un certain type de comportement. Le problème est que souvent les individus réagissent aux incitations de façon étrange et engendre des comportements inattendus, ce sont des effets pervers.

  • Levitt :

L’introduction d’une amende pour les parents venant chercher leurs enfants en retard à la crèche a eu un effet inverse. Cela a incité les parents à venir chercher leur enfant à la crèche plus tard parce qu’il se sentait en droit de le faire parce qu’ils payaient plus.

  • Peltzman :

L’obligation de porter la ceinture de sécurité a paradoxalement engendré une hausse des accidents de la route parce que les individus se sentaient plus en sécurité, ce qui les a incités à conduire de façon moins attentive.

Principe 5 : L'échange génère des bénéfices pour tous ceux qu'y participant

L'échange nous permet de nous spécialiser dans l’activité dans laquelle nous sommes relativement plus efficaces (productifs) et d’acheter les autres biens des individus qui les produisent avec une plus grande efficience, et donc à un coût (d'opportunité) plus bas. C’est identique pour le commerce entre pays.

Et ceci même si on est le plus (ou le moins) efficient dans la production de tous les biens. L'avantage comparatif est un concept strictement lié à celui de coût d’opportunité.

Principe 6 : Le marché est une manière efficace d’organiser l’activité économique

L’économie de marché est une manière d’organiser l’économie de manière efficace. On arrive à un équilibre qui est efficace, c’est-à-dire optimal.

C’est l’idée que sans besoin d’intervention avec des individus égoïste qui prennent des décisions et essaie de maximiser leur bénéfice on arrive à un résultat efficace. De plus ceci est vrai sans besoin d’intervention d’un gouvernement. Adam Smith parle de main invisible.

Les décisions sont prises exclusivement en regardant les prix du marché. Le prix contient les informations sur :

  • la rareté du bien
  • la désirabilité

Une intervention externe n’est pas nécessaire pour décider la quantité optimale. Cependant le résultat peut ne pas être socialement acceptable. Dans un mécanisme de marché s’il fonctionne comme il faut, l’allocation des ressources est optimale.

Dans les cas où le marché dysfonctionne, l’intervention/action de l’État est nécessaire. En revanche on est souvent confronté à des failles de marché soit dues à l’existence d’externalités comme la position dominante d’entreprise.

Si l’on arrive à un équilibre de marché non-équitable d’un point de vue de la justice sociale, le rôle redistributeur de l’État est souhaitable.

Principe 7 : Les gouvernements peuvent parfois être plus performants que des marchés laissés à eux-mêmes

Par les mécanismes de marché, si le marché fonctionne bien, on arrive à une situation de marché optimal. Ce mécanisme se base exclusivement sur la connaissance des prix. Rappelons que les résultats se trouvent dans la somme du prix. Le principe de la main invisible permet d’arriver à un équilibre.

Ce principe se base sur une hypothèse de fonctionnement parfait du marché. Au contraire dans la vie réelle le marché contient de nombreuses failles. Dès lors les hypothèses précédentes doivent être strictes et fortes.

Donc l’intervention du gouvernement devient souhaitable dans certains cas :

  • lorsqu’il y a des failles de marché ;
  • le résultat est efficacement optimal mais pas acceptable socialement.

Il y a des avis très différents en fonction des économistes. L’action du gouvernement peut introduire des failles parce qu’il ne dispose pas nécessairement l’ensemble des informations.

  • Keynesianistes : pensent que l’intervention de l’État est nécessaire est perpétuelle ;
  • Monétariste : pensent que l’intervention de l’État est nécessaire seulement dans certains cas ;
  • École néoclassique : pense que le gouvernement doit s’abstenir sauf pour créer un cadre institutionnel.

Penser comme un économiste

Comment travaillent les économistes ?

L'économie est une discipline basée sur l’observation des faits(analyse statistique, analyse des données). On crée des modèles abstraits qui ont pour objectif de décrire les comportements. Pour cela on émet des hypothèses simplificatrices.

On fait des prévisions et on teste les modèles afin de savoir s’ils peuvent expliquer la réalité. Le problème est de savoir si le modèle est approprié pour définir la réalité.

Imposer des hypothèses est nécessaire, il faut simplifier la réalité. On créé une réalité artificielle. On va étudier cette forme spécifique pour développer un modèle théorique, c’est une réalité fictive.

Si on veut comprendre la réalité on ne peut la reproduire, il faut la simplifier et isoler certains facteurs/mécanismes. Les modèles servent à expérimenter.

Les modèles se basent fortement sur des hypothèses, un modèle n’est pas positiviste.

Méthodes de l’économie moderne

On utilise beaucoup de mathématiques. Derrière les instruments mathématiques il y a toujours une intuition. Ils permettent de simplifier les raisonnements parce qu’ils ne sont pas descriptifs.

Allais met l’accent sur le fait qu’il faut toujours se poser la question de la validité des hypothèses qu’on utilise afin de légitimer le modèle choisi.

L’utilisation des mathématiques simplifie les choses ce qui permet de synthétiser les comportements des individus, en d’autres termes on simplifie la réalité. On a dès lors un pouvoir de prédiction qui résulte d’une réalité artificielle que l’on transcrit dans des modèles.

Exemple: le modèle de l'offre et de la demande

Qu’est-ce qui détermine la valeur d’un bien ? L’importance de son usage / bénéfice marginal? Sa rareté / coûts de production?

Ce sont des Débats interminables jusqu’à ce que Alfred Marshall (1842-1924) intervienne. Quelle est sa réponse ?

Il va proposer deux modèles qui sont le Modèle de l’offre et de la demande. Les forces de la demande et les forces de l’offre déterminent simultanément le prix et la quantité d’équilibre dans le marché des biens.

Mais les économistes ne sont pas toujours d'accord !

Les économistes sont rarement d’accord. On assiste à des débats principalement quand on analyse des questions normatives comme par exemple comment intervenir dans les systèmes économiques ?. Il y tout une série de jugement de valeur, de morale qui tendent à des opinions différentes

Il est aussi vrai que les économistes ont des opinions différentes en ce qui concerne la réalité (ex- comment le monde fonctionne ? –description des variables économiques).

Cela dépend du fait que l’on développe des modèles sur des hypothèses et dans un contexte de discipline social on peut difficilement de développer des modèles sur des hypothèses valables. L’économie reste une science descriptive (positive) que l’on essaie de rendre le plus possible scientifique et détaché de la position idéologique et politique. C’est pourquoi on essaie aussi d’utiliser une approche quantitative afin de tester les hypothèses.

Ainsi, on a confrontation entre la réalité et les données

Résumé

Qu'est-ce que l'économie ?

  • Science qui étudie l’allocation des ressources rares
  • Micro vs Macro-économie
  • Positif vs Normatif

Quelques principes :

  • There is no such thing as a free lunch
  • Coût d’ opportunité
  • Calcul économique à la marge
  • Les individus répondent aux incitations (économiques, mais aussi morales, sociales)
  • Les gains du commerce
  • L’efficience du marché pour allouer les ressources rares
  • Les failles du marché et le rôle de l’État

Comment travaillent les économistes ?

  • L’importance des modèles, de l’observation, de l’analyse graphique et statistique et leurs interactions.

Annexes

  • The Economist, Ports in a storm, 07.08.2008
  • The Economist, Big questions and big numbers, 13.07.2006
  • Maurice Allais, « L’économie en tant que science », 02.1968
  • Sen, A. (2010). Adam Smith and the contemporary world. Erasmus Journal for Philosophy and Economics, 3(1), 50. https://doi.org/10.23941/ejpe.v3i1.39

Références