« Les entreprises en concurrence parfaite » : différence entre les versions
Aucun résumé des modifications |
Aucun résumé des modifications |
||
| Ligne 29 : | Ligne 29 : | ||
}} | }} | ||
L'analyse des structures de marché en économie révèle deux types principaux : les marchés compétitifs et les marchés non compétitifs. Dans les marchés compétitifs, on trouve un grand nombre d'entreprises, où chacune a peu ou pas d'influence sur le prix du marché. Ces entreprises sont considérées comme des "priseurs de prix", acceptant le prix déterminé par le marché. Le rôle des fonctions de coût de production est crucial dans ces marchés, influençant fortement les décisions des entreprises en matière de production et les quantités produites. Ces décisions sont basées sur la maximisation du profit, où les entreprises cherchent à équilibrer les coûts et les revenus. L'équilibre du marché est atteint lorsque l'offre globale rencontre la demande globale, déterminant ainsi le prix du marché. | |||
En contraste, les marchés non compétitifs sont caractérisés par la présence d'entreprises ayant un pouvoir de marché significatif. Cela leur permet d'influencer les prix en ajustant leur niveau de production. Ces marchés comprennent des structures telles que les monopoles, où un seul vendeur domine, les oligopoles, caractérisés par quelques entreprises influentes, et la concurrence monopolistique, où plusieurs entreprises vendent des produits différenciés. Dans ces marchés, les entreprises ont la capacité d'affecter les prix sur le marché, contrairement aux marchés compétitifs où le prix est un résultat de l'équilibre entre l'offre et la demande. | |||
La notion de marché compétitif en économie est effectivement centrée sur l'idée d'une concurrence parfaite, où la structure du marché se définit par plusieurs caractéristiques distinctes. Dans un tel marché, on trouve une infinité de vendeurs et d'acheteurs, chacun ayant une part de marché extrêmement réduite. Cette configuration implique que la taille de chaque acteur économique est insignifiante par rapport à la taille totale du marché. En conséquence, aucun vendeur ou acheteur n'est en mesure d'influencer le prix du marché par ses actions individuelles, que ce soit en modifiant les quantités achetées ou vendues. | |||
Un marché compétitif se caractérise également par trois conditions principales. Premièrement, le bien vendu sur ce marché est homogène, signifiant qu'il y a peu ou pas de différence entre les produits offerts par différents producteurs. Cette homogénéité garantit que les consommateurs ne privilégient pas un vendeur par rapport à un autre en raison de la qualité ou des caractéristiques du produit. | |||
Deuxièmement, la présence d'un grand nombre d'acheteurs et de vendeurs est cruciale. Cette multiplicité d'acteurs garantit que l'influence individuelle de chaque vendeur ou acheteur sur le prix du marché est minime, voire négligeable. | |||
{{Translations | Troisièmement, un marché compétitif se caractérise par une libre entrée et sortie des acteurs sur le marché. Cela signifie qu'il n'existe pas de barrières significatives empêchant de nouveaux vendeurs ou acheteurs de participer au marché ou les acteurs existants de le quitter. | ||
Le résultat de ces conditions est qu'aucun acteur, qu'il soit acheteur ou vendeur, ne peut influencer le prix du marché. Dans ce contexte, tous les participants sont des 'preneurs de prix' (price takers), acceptant le prix du marché tel qu'il est déterminé par les forces globales de l'offre et de la demande. Ce modèle de marché est souvent utilisé comme idéal théorique pour analyser et comparer d'autres structures de marché moins compétitives, où certains acteurs peuvent exercer une influence significative sur les prix.{{Translations | |||
| en = | | en = | ||
| es = Las empresas en perfecta competencia | | es = Las empresas en perfecta competencia | ||
Version du 11 janvier 2024 à 11:48
| Professeur(s) | |
|---|---|
| Cours | Introduction à la microéconomie |
Lectures
- Introduction au cours d'introduction à la microéconomie
- Approche méthodologiques au cours d'introduction à la microéconomie
- Les forces du marché : l'offre et la demande
- Les élasticités et ses applications
- Offre, demande et politiques gouvernementales
- Surplus du consommateur et du producteur
- Les externalités et le rôle de l'État
- Les biens publics
- Les coûts de production
- Les entreprises en concurrence parfaite
- Les entreprises en monopole
- Concurrence monopolistique
- Oligopole
- Contrainte et préférences du consommateur
- Choix du consommateur
- Les problèmes d'information et les choix publics
L'analyse des structures de marché en économie révèle deux types principaux : les marchés compétitifs et les marchés non compétitifs. Dans les marchés compétitifs, on trouve un grand nombre d'entreprises, où chacune a peu ou pas d'influence sur le prix du marché. Ces entreprises sont considérées comme des "priseurs de prix", acceptant le prix déterminé par le marché. Le rôle des fonctions de coût de production est crucial dans ces marchés, influençant fortement les décisions des entreprises en matière de production et les quantités produites. Ces décisions sont basées sur la maximisation du profit, où les entreprises cherchent à équilibrer les coûts et les revenus. L'équilibre du marché est atteint lorsque l'offre globale rencontre la demande globale, déterminant ainsi le prix du marché.
En contraste, les marchés non compétitifs sont caractérisés par la présence d'entreprises ayant un pouvoir de marché significatif. Cela leur permet d'influencer les prix en ajustant leur niveau de production. Ces marchés comprennent des structures telles que les monopoles, où un seul vendeur domine, les oligopoles, caractérisés par quelques entreprises influentes, et la concurrence monopolistique, où plusieurs entreprises vendent des produits différenciés. Dans ces marchés, les entreprises ont la capacité d'affecter les prix sur le marché, contrairement aux marchés compétitifs où le prix est un résultat de l'équilibre entre l'offre et la demande.
La notion de marché compétitif en économie est effectivement centrée sur l'idée d'une concurrence parfaite, où la structure du marché se définit par plusieurs caractéristiques distinctes. Dans un tel marché, on trouve une infinité de vendeurs et d'acheteurs, chacun ayant une part de marché extrêmement réduite. Cette configuration implique que la taille de chaque acteur économique est insignifiante par rapport à la taille totale du marché. En conséquence, aucun vendeur ou acheteur n'est en mesure d'influencer le prix du marché par ses actions individuelles, que ce soit en modifiant les quantités achetées ou vendues.
Un marché compétitif se caractérise également par trois conditions principales. Premièrement, le bien vendu sur ce marché est homogène, signifiant qu'il y a peu ou pas de différence entre les produits offerts par différents producteurs. Cette homogénéité garantit que les consommateurs ne privilégient pas un vendeur par rapport à un autre en raison de la qualité ou des caractéristiques du produit.
Deuxièmement, la présence d'un grand nombre d'acheteurs et de vendeurs est cruciale. Cette multiplicité d'acteurs garantit que l'influence individuelle de chaque vendeur ou acheteur sur le prix du marché est minime, voire négligeable.
Troisièmement, un marché compétitif se caractérise par une libre entrée et sortie des acteurs sur le marché. Cela signifie qu'il n'existe pas de barrières significatives empêchant de nouveaux vendeurs ou acheteurs de participer au marché ou les acteurs existants de le quitter.
Le résultat de ces conditions est qu'aucun acteur, qu'il soit acheteur ou vendeur, ne peut influencer le prix du marché. Dans ce contexte, tous les participants sont des 'preneurs de prix' (price takers), acceptant le prix du marché tel qu'il est déterminé par les forces globales de l'offre et de la demande. Ce modèle de marché est souvent utilisé comme idéal théorique pour analyser et comparer d'autres structures de marché moins compétitives, où certains acteurs peuvent exercer une influence significative sur les prix.
Maximisation du profit
La recette
Le profit () de l’entreprise est donné par la différence entre la recette totale () et le coût total ().
Nous avons déjà analysé les fonctions de coût, mais pas encore les déterminants de la recette totale :
La RT est proportionnelle à la quantité vendue () car, dans un marché compétitif, le prix est donné.
La recette moyenne () nous dit quel est le revenu que l’entreprise fait en moyenne par unité vendue :
La recette marginale () nous dit quel est l’augmentation du revenu lorsque les quantités vendues () augmentent:
(= pour des variations infinitésimales) Pour les firmes concurrentielles, la recette marginale est égale au prix du bien :
Le profit
Les deux composantes du profit dépendent de la quantité produite :
- (pour une entreprise concurrentielle)
Le profit moyen est :
Le profit marginal est :
Le profit est maximisé quand le coût marginal est égal à la recette marginale :
CPO (condition de premier ordre) :
À l’optimum
Maximisation du π : un exemple numérique
Maximisation du π : analyse graphique
La firme décide de la quantité à produire de façon à maximiser ses profits et en raisonnant à la marge...
maximise la différence entre la recette totale et le coût total.
Cm versus CM
La firme décide de la quantité à produire de façon à maximiser ses profits en raisonnant à la marge... et non pas en moyenne.
Si l'entreprise se limite à produire , c’est-à-dire la quantité qui maximise le profit moyen, elle renonce à réaliser des bénéfices nets.
Maximisation du π : vue d'ensemble
Profit
Le profit maximum est donné par la différence entre la RT et le CT au point .
Maximisation du π : un exemple analytique
Fonction de coût :
Déterminez quelle est la quantité qui maximise le profit de l’entreprise en sachant que le prix de marché p est égal à 13.
CPO :
Offre de la firme de court et de long terme
La courbe d’offre de l’entreprise à court terme
La courbe d’offre de l’entreprise à court terme Coûts coïncide avec la fonction de coût marginal...
Décision de fermeture à court terme
... au dessus du CVM
L'entreprise pourrait décider de ne rien produire pendant une période donnée du fait des conditions courantes de marché.
La firme continue à produire si le profit qu'elle réalise en produisant une quantité non-nulle (q*) est plus élevé que le profit (perte) qu'elle fait en
arrêtant la production:
- →
- →
La firme produit une quantité positive si => si => si
L'entreprise ferme si la recette qu’elle aurait obtenue en produisant est inférieure au coût variable de la production et la courbe d’offre de la firme à court terme est la partie de la courbe de coût marginal au-dessus du coût moyen variable.
On peut donc définir le seuil de fermeture comme le niveau de prix tel que :
Tant que l’entreprise se trouve au-dessus du seuil de fermeture, elle a intérêt à continuer à produire, même si elle fait des pertes.
La courbe d’offre de l’entreprise à long terme
La courbe d’offre de l’entreprise à long terme coïncide avec la portion de la fonction de coût marginal de long terme au dessus du CM.
Décision de sortir/entrer
La fermeture renvoie à une décision de court terme de ne rien produire pendant une période donnée, tandis que la sortie fait référence à une décision de long terme de quitter le marché.
La firme prend en compte les coûts irrécouvrables (= tout coût qui a déjà été engagé et qui ne peut plus être récupéré = CF) quand elle décide de sortir du marché, mais les ignore quand elle décide de fermer temporairement.
À long terme, la firme quitte le marché si la recette qu’elle retirerait de la production est inférieure à ses coûts totaux :
- si => si => si
À long terme, la firme entre sur le marché si la recette qu’elle retirerait de la production est supérieur à ses coûts totaux (= profits positifs): => si => si => si .
La courbe d’offre de long terme est la portion de la courbe de coût marginal qui se situe au-dessus du coût moyen total.
Offre agrégée
La courbe d’offre agrégée à court terme
La courbe d’offre agrégée est donnée par la somme (horizontale) des courbes d’offre individuelles des entreprises.
Avec un nombre fixe d’entreprises (sans sortie ou entrée d’entreprises dans le marché), c’est-à-dire à court terme , on a que :
La courbe d’offre agrégée à long terme
Comme on vient de voir à la fin de la section précédente, dans le long terme les entreprises décident d'entrer sur (quitter) le marché si le prix est plus grand (plus petit) que le coût moyen.
- Si , des nouvelles entreprises rentrent sur le marché car elles font des profits économiques positifs, la courbe d’offre agrégée se déplace vers la droite, et le prix tombe, jusqu’à ce qu’on retrouve un équilibre où .
- Si , des entreprises sortent du marché car elles font des profits économiques négatifs, la courbe d’offre agrégée se contracte, et le prix augmente, jusqu’à ce que .
Donc, à l’équilibre de long terme , les profits sont nuls et la courbe d'offre du marché est horizontale.
Mais alors qu’est-ce qui se passe avec notre ‘fameux’ raisonnement à la marge qui nous dit que l’ équilibre de maximisation des profit se trouve où ?
La courbe d’offre agrégée à long terme est horizontale (dans la plupart des cas). Le nombre de firmes présentes sur le marché s'ajuste de façon telle que chacune maximise ses profits de long terme au point où les profits économiques sont nuls. Des entreprises entrent et sortent du marché afin d’offrir n’importe quelle quantité demandée par le marché a un prix égal au minimum du CM (= EME).
Profits économiques nuls : intuition
Rappel : des profits nuls à long terme ne veulent pas dire que les propriétaires n’ont pas de revenu, mais simplement que leur revenu à long terme est identique à leur coût d’opportunité.
À l’équilibre de profit nul, la recette de la firme doit rémunérer les propriétaires pour le temps et l’argent qu’ils dépensent à faire fonctionner leur entreprise.
Un profit économique nul est tout à fait compatible avec un profit comptable positif car le profit économique tient compte du coût d’opportunité dans l’évaluation des rémunérations des facteurs et que le profit comptable n’en tient pas compte.
Courbe d’offre de long terme croissante
Pourquoi la courbe d’offre à long terme a aussi parfois une pente positive?
Certaines ressources (facteurs de production) sont disponibles seulement dans des quantités limitées même à long terme (exemple: terre agricole).
Au fur et à mesure que des nouvelles entreprises entrent dans le marché leur productivité peut être de moins en moins grande. Ces nouvelles entreprises ont des fonctions de coût de plus en plus élevées (la terre agricole est de moins en moins productive). La condition de profits nuls est établie sur l’entreprise marginale.
La courbe d’offre à long terme aura une pente positive, mais toujours plus grande que la courbe d’offre à court terme (= au coût marginal sans libre entrée et sortie des entreprises). En d’autres termes, la courbe d’offre de longue période est toujours plus élastique de la courbe d’offre de courte période.
Mécanisme d’ajustement : court versus long terme
Choc exogène positif de demande → hausse du prix → → .
Le profit économique de court terme attire des nouvelles entreprises dans le marché.
Résumé
Le revenu total d’une entreprise sur un marché compétitif est proportionnel aux quantités produites (car le prix est donné). Le prix du bien est identique à son revenu moyen et marginal.
Une entreprise maximise ses profits en choisissant la quantité produite telle que le coût marginal est identique au revenu marginal (= prix) et donc la courbe d’offre de l’entreprise est donné par son coût marginal.
Dans le court terme quand une entreprise ne peut pas récupérer ses coûts fixes, l’entreprises décide de fermer temporairement ses opérations si le prix est inférieur au coût variable moyen.
Dans le long terme, l’entreprise récupère les coûts fixes et variables (pas de coûts perdus), et donc elle sort du marché seulement si le prix est inférieur au coût moyen.
Dans le long terme, avec l’entrée et sortie des entreprises, les profits des entreprises sont égales à zéro et elles produisent à leur EME. Si il y a de l’ hétérogénéité dans les fonctions de coût des entreprises certaines pourraient faire des profits positifs.