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Le New Deal et la politique du bon voisinage

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Le Panaméricanisme[edit | edit source]

Le Président Wilson tente de prendre l’impérialisme dans une autre direction et tente d’aller à la conquête des marchés étrangers plutôt que l’occupation territoriale.

Le Panaméricanisme est l’idée que l’hémisphère ouest constitue une unité naturelle, que le Nouveau Monde ne fait qu’un. Historiquement, ce n’est bien sûr pas le cas, les régions ayant été colonisées par différents pays européens et il y a des différences culturelles majeures. Le système formel du panaméricanisme comment à la Conférence internationale des Etats américains à Washington en 1889-1890. Il s’agit de parler des échanges commerciaux et des intérêts des Américains, trouver des traités commerciaux et des débouchées. Mais cette tradition du panaméricanisme continue : Mexico 1901, Rio 1906, Buenos Aires 1910… On essaie de fortifier les liens les uns avec les autres et trouver des liens, même si c’est très axé sur le commerce.

Dans les années qui suivent, on passe du commerce à des sujets de santé (transports=diffusion des maladies). En 1902, on a la création du Bureau Sanitaire Panaméricain qui marque l’institutionnalisation du panaméricanisme. On a maintenant des statistiques sur les maladies, des informations sur les maladies et les épidémies afin de combattre les épidémies. On échappe à l’isolationnisme aussi bien qu’à l’impérialisme.

Il y a également un aspect scientifique à ces échanges puisque les Américains se rendent compte qu’ils ne savent pas assez sur les Etats du Sud : exploration, collaboration scientifique. On a une collaboration pacifique à côté de cette tendance des États-Unis d’agir de façon impérialiste. Cet intérêt pour l’Amérique latine n’est pas seulement politique, il y a un véritable intérêt de la population pour la culture de l’Amérique du Sud ; plus de gens apprennent l’espagnol, on prépare des masters en littérature espagnole, création de revues académiques spécialisées. On a une véritable stimulation de l’intérêt.

L’Union Panaméricaine[edit | edit source]

C’est le résultat de cet échange américain, qui reçoit un nouveau siège à Washington en 1911. Il est important d’avoir de bonnes relations commerciales et un bon contact culturel.

Il y a bien sûr une certaine asymétrie de pouvoir, étant donné que tout est financé par les États-Unis. On opère avec certains stéréotypes, déjà dans l’architecture du bâtiment et puis dans le sigle de l’Union. Les statues devant le bâtiment représentent les États-Unis de façon virile et forte, alors que l’Amérique latine est faible et féminisée. Mais l’Union est tout de même un lieu de discussion, de contact continu, avec des représentants de tous les pays d’Amérique latine. Ainsi, on a des relations entre les pays d’Amérique latine qui essaient de faire front commun contre les États-Unis.

La conscience anti-impérialiste en Amérique latine[edit | edit source]

Certains politiciens en Amérique latine qui adorent le dynamisme, le succès des États-Unis et qui veulent émuler les États-Unis. Mais en général, les intellectuels sont réticents à prendre les États-Unis comme modèle pour l’Amérique latine. Un des poètes qui a exprimé cela de manière très explicite est Rodo, qui a exprimé cela dans son œuvre Ariel : l’Amérique latine est religieuse et créative alors que les États-Unis poursuivent le progrès.

Ruben Dario a écrit une œuvre, « A Roosevelt », dans lequel il donne un rôle d’envahisseur aux États-Unis. Il critique le fait que les États-Unis aient perdu la religion et soient devenus trop matérialistes. Il retourne donc le discours de Sarniento qui disait que les États-Unis représentaient le progrès alors que les gens traditionnels étaient barbares. On a une véritable valorisation de la culture latino-américaine par les écrivains et certains politiciens.

Ceci est conforté avec l’expérience que les pays d’Amérique latine ont avec la Société des Nations. Les pays latino-américains voulaient utiliser cette organisation pour se défendre contre les États-Unis. Ils sont finalement assez déçus lorsque la Société des Nations invoque la doctrine Monroe dans sa charte et ne souhaite pas ingérer dans les affaires américaines.

Ces tensions deviennent plus fortes pendant les années 1920 et lors de la Conférence panaméricaine en 1928, c’est l’intervention des États-Unis au Nicaragua qui pose problème. Les États-Unis envoient des Marines pour saisir un rebelle qui décrit l’impérialisme, la présence des États-Unis au Nicaragua.

Les latino-américains demandent plus de pouvoir et plus d’équilibre dans l’Union Panaméricaine, et de changer la structure même de l’Union.

Les années folles aux États-Unis[edit | edit source]

Les Américains n’écoutent pas les revendications les latino-américains parce que pendant ce temps, ce sont aux États-Unis les années folles. Les Etats-Unis subissent peu de dégâts de la guerre, l’économie américaine est en croissance impressionnante. L’après-guerre, les années folles : fabrication industrielle plus efficace, augmentation du PNB, augmentation des salaires réels et des profits des sociétés industrielles.

Mais des Américains dans les régions rurales se sentent mal à l’aise par rapport à ce mode de vie, trop moderne et éloigné des valeurs traditionnelles. Ceux-ci poussent la prohibition des boissons alcooliques…

Mais on a la crise de 1929, avec la spéculation boursière qui mène au problème du surendettement. Tout le monde est touché, même ceux qui n’ont jamais spéculé de leur vie. Le chômage est impressionnant, atteint 25% de la population active. Le gouvernement de Hoover attend que la crise passe, ne fait rien, ce qui se révèle inefficace. De manière générale, le PNB et les investissements baissent énormément.

Le New Deal de Roosevelt : président de 1933 à 1945[edit | edit source]

Le nouveau candidat démocrate, devenu président, veut intervenir directement dans l’économie pour assurer une certaine sécurité. C’est lui qui fait entrer le pays dans l’ère de l’Etat-providence. Il souhaite instaurer la foi que les choses vont aller en s’améliorer.

Il prend des mesures économiques pour remédier aux effets de la crise comme :

  • Réforme du système bancaire
  • Abandon de l’étalon d’or
  • Dévaluation du dollar
  • Limitation volontaire de la production agricole qui ne trouve plus de débouchés
  • Lancement de grands travaux

La reprise est moins importante que prévue mais on reprend. Il y a donc un certain succès de cette politique du New Deal. Il a mis fin à la politique du laisser-faire de Hoover, ce qui a quand même changé la société. La seconde vague du ND instaure un système de sécurité sociale, avec des pensions pour les invalides. Le ND avance mais il y a aussi des développements à l’extérieur des États-Unis. En effet le ND est lié à la politique du bon voisinage de Roosevelt.

La politique du bon voisinage et l’unité hémisphérique[edit | edit source]

Roosevelt annonce la fin de l’impérialisme des États-Unis, il renonce au droit d’intervention (demandé en 1928 …) et annule l’amendement Platt en 1934. De plus, on a le rapatriement des Marines au Nicaragua, en Haïti, etc. Il lance une politique culturelle d’échanges intensifs avec l’Amérique latine.

Pourquoi ?

  • La crise économique des États-Unis encourage au changement politique : non intervention épargne de l’argent qu’on ne peut plus autant dépenser dans des aventures militaires.
  • C’est une réaction à l’anti-impérialisme latino-américain.
  • C’est une réaction à la politique très polarisée d’Europe. L’essor du fascisme pose un problème parce que l’Allemagne a des plans ambitieux pour l’Amérique latine : traités de commerce avec le Chili entre autres, l’Allemagne nazie veut le support politique pour le réarmement et la révision du Traité de Versailles, etc. Les Allemands essaient de créer cette base politique pour avoir le soutien de l’Amérique latine. En échange : cadeaux comme le service gratuit des nouvelles aux journaux.
  • Des mouvements socialistes et communistes se développent aussi en Amérique latine et les États-Unis se rendent compte que les masses sont trop pauvres et sont plus susceptibles à des mouvements politiques comme ceux-ci.

Le Mexique, pays révolutionnaire, veut nationaliser le pétrole qui est dans les mains des Américains. On attend des États-Unis qu’ils empêchent ceci par tous les moyens possibles, mais les États-Unis négocient avec le gouvernement et acceptent la nationalisation sans représailles militaires. En 1938, les pays d’Amérique latine commencent donc à croire à la politique de bon voisinage.

Par le commerce et l’investissement, le transfert de la technologie et la recherche dans les domaines de la santé, agriculture et nutrition, les États-Unis aident au développement économique. Ceci est surprenant parce que les États-Unis auraient plutôt avantage à laisser l’Amérique latine produire des produits bruts plutôt que l’industrie.

On lutte contre la perception matérialiste des États-Unis et l’image barbare de l’Amérique latine, on veut mieux se connaître, échanger plus, etc. Beaucoup d’acteurs non liés au gouvernement prennent aussi part à ce processus : associations professionnelles, compagnies privées.

Les présidents F.D. Roosevelt et G. Vargas du Brésil en 1936[edit | edit source]

Roosevelt voyage vers Buenos Aires pour participer à une conférence internationale, c’est un triomphe étant donné qu’il est le premier président à visiter l’Amérique du Sud et à prendre part à la conférence. Il reste toutefois assez paternaliste…

On tombe bien sûr encore dans certains stéréotypes, même s’ils sont plus bénins qu’auparavant.

On a la diffusion du folklore « américain » et démocratique pour créer une similarité entre les États-Unis et l’Amérique latine.. On travaille beaucoup avec les médias, des journalistes font des documentaires sur l’Amérique latine pour démontrer les similarités des citoyens américains avec ceux du Sud.

Les États-Unis encouragent à la modernisation ! On aide à mettre en place des usines de voitures en Argentine

Le Brésil, pays « moderne » à la NY World’s Fair de 1939[edit | edit source]

Le Brésil montre ses talents d’architecture et les Américains sont impressionnés par l’architecture très moderne du Brésil. Les États-Unis peuvent peut-être apprendre quelque chose dans un domaine où le Brésil est pionnier.

La Seconde guerre mondiale : 1941 - 1945[edit | edit source]

Les États-Unis sont l’arsenal des démocraties, fabriquent les armes pour les Alliés et voient leur production exploser. Ceci met fin à la dépression, il y a moins de chômage, une société plus équilibrée avec des revenus bien distribués.

C’est à ce moment-là que les États-Unis deviennent une véritable puissance mondiale qui s’oppose à l’URSS.

La République de la consommation[edit | edit source]

Roosevelt meurt en avril 1945 et c’est son vice président Truman qui le remplace, est élu en 1948. Il a continué la politique du New Deal et a fait le passage de l’économie de guerre à l’économie de post-guerre.

Les Républicains dénonçaient les dépenses fédérales trop élevées et une politique trop proche du socialisme. Toutefois, les Américains n’étaient pas près à abandonner tous leurs avantages.

Pour assurer la transition, Truman prend des mesures comme la GI Bill pour les anciens combattants, il donne des prêts pour des achats immobiliers et augmente les salaires réels de façon impressionnante.

Les foyers dépensent davantage pour les vêtements, la nourriture, mais surtout pour les meubles et les voitures. On s’habitue à un certain luxe, à la République de la consommation.

On a le développement de quartiers suburbains comme le quartier de Park Forest en 1952. Ces quartiers de banlieue se vendent grâce aux concepts de famille, de confort, de sécurité, d’amis et de plaisirs. C’est le concept pur du good life.

C’est la preuve que le libéralisme américain marche, est mieux que le communisme soviétique. Cette idée de la vie douce est couplée avec la virilité, le conflit qui se traduit par la confrontation avec l’Union soviétique.

La Guerre froide et l’ombre du McCarthyisme[edit | edit source]

Truman prononce sa doctrine en 1947 et il appelle à la lutte contre le communisme dans les pays tiers. Même Truman est entré dans la pensée de la guerre froide, poussé par des personnages anti-communistes comme McCarthy qui dénonce l’infiltration des communistes aux États-Unis. Beaucoup de gens associés avec Roosevelt et le New Deal sont associés au communisme. On a une véritable chasse aux sorcières, le HUAC (House Un-American Committee) poursuit les communistes.

La guerre froide se retrouve dans la culture populaire et la propagande anti-communiste se fait dans les films aux États-Unis.

De Truman à Eisenhower en 1953[edit | edit source]

Les Démocrates tentent de rappeler ce que Roosevelt a fait ; la paix sociale, l’augmentation des salaires, etc. Mais les gens ont oublié comment et pourquoi ils ont atteint le niveau de vie qu’ils ont et la pensée anti-communiste est plus forte que la pensée sociale et c’est Eisenhower qui est élu, grâce entre autres à son prestige personnel. Il continue dans une certaine mesure la politique intérieure de la consommation, mais a une politique extérieure beaucoup plus agressive.

La politique du bon voisinage et la Guerre froide[edit | edit source]

Les pays d’Amérique latine n’ont pas été attaqués lors de la Deuxième guerre mondiale, ont eu une alliance avec les États-Unis, ne subissent pas de grandes pertes et maintiennent l’unité hémisphérique. Les pays de l’Amérique latine décident d’arrêter le processus d’industrialisation pour fournir les matières premières aux États-Unis, on fait certains sacrifice pour les États-Unis.

À la Conférence de Chapultepec en 1945, il y a certaines tensions entre les latino-Américains et les « big four ». Lorsque les États-Unis publient des idées pour les Nations Unies, les pays d’Amérique latine voient que le système international est encore une politique de grands pouvoirs, même si ceux-ci ont changé. Ils ont l’impression d’avoir lutté pour un système international équitable pour rien. Ils souhaitent réformer ce système.

De plus, ils réclament le droit de se réindustrialiser et demandent une compensation pour leur fidélité aux États-Unis pendant la guerre.

Tout devient plus clair en 1947 avec le Pacte de Rio et le Traité interaméricain d’assistance réciproque entre les pays d’Amérique et qui lie donc clairement l’Amérique latine aux États-Unis.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]