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La guerre hispano-américaine, ses suites et la Révolution mexicaine

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L'année 1898 est une date charnière, début de la guerre entre les États-Unis et l’Espagne, où les États-Unis abandonnent leur isolationnisme traditionnel et rejoignent les grandes puissances européennes en tant que pouvoir impérial.

La doctrine Monroe[edit | edit source]

James Monroe cinquième président des États-Unis.

La State of the Union Address est prononcée en 1823 par James Monroe[1] alors président des États-Unis. Il déclare que les États-Unis ont une zone d’influence exclusive dans le Nouveau-Monde et il demande que les puissances européennes respectent celle-ci et revendique le droit à l’intervention militaire si les autres puissances ne la respectent pas.

En 1823, les États-Unis ne font pas grand chose pour démontrer que cette doctrine a une validité mais ils l’exposent quand même au reste du monde et elle devient la base de la politique étrangère des États-Unis au XIXème siècle. Ils se voient comme le peuple choisi de Dieu qui amène la démocratie et le progrès au reste du monde.

Une doctrine ouverte à des interprétations diverses qui explique en partie les racines de la guerre de 1898. La guerre hispano-américaine peut aussi être expliquée par un contexte économique. Vers 1890 les États-Unis atteignent la frontière géographique et les hommes d’affaires commencent à penser que le continent est conquis pour l’économie américaine. Le progrès technologique aux États-Unis a d’ailleurs augmenté la productivité d’une façon très importante dans les années 1860-1870 et le marché national ne peut plus tout absorber. Les compagnies essaient de trouver des marchés additionnels à l’étranger et cela incite les États-Unis à trouver de nouveaux débouchés pour son développement capitaliste (exemple, Coca Cola, Singer, etc.).

Immense croissance des importations et exportations entre 1860 et 1920 (voir graphique). Ils exportent beaucoup de produits manufacturés et importent les fruits, les minéraux, le sucre, le café, etc. On observe aussi une augmentation de l’investissement direct des Américains dans les autres pays. L’Amérique latine n’est pas seulement un marché pour les produits manufacturés mais c’est aussi une région où les Américains investissent. On a l’exemple de la United Fruit Company au Honduras qui importent des produits et ensuite commence à se lancer dans la production de ces produits, installent des company towns, ce qui assure aux Américains un investissement sur place. On a aussi d’autres types d’investissements tels que les mines aux Mexique ou les usines de conditionnement en Argentine. On trouve une intégration verticale de la production car les compagnies américaines possèdent tout (production, infrastructure, transports). Vers la fin du XIXème siècle, il y a réel intérêt des États-Unis à quitter et acquérir d’autres espaces.

La guerre hispano-américaine de 1898 : le contexte[edit | edit source]

Pendant les guerres d’indépendance des colonies espagnoles au début du XIXème siècle, le mouvement d’indépendance n’est pas assez fort pour assurer celles des deux îles, Puerto Rico et Cuba. L’élite à l’intérieur des îles en 1810 n’est pas intéressée à susciter de l’instabilité politique avec une guerre contre l’Espagne car ce sont des îles sucrières et esclavagistes et le souvenir de la révolution haïtienne est encore trop présente. L’esclavage continue donc malgré la pression des Anglais (et un peu des États-Unis) jusqu’en 1873 pour PR et 1880 à Cuba. Pendant la seconde moitié du XIXème siècle on commence à avoir des mouvements progressistes qui appellent à l’abolition et à l’indépendance. A Cuba, pendant 10 ans, de 1868 à 1878, une rébellion contre l’Espagne cause la mort de 200'000 qui est une conséquence terrible (1.5 millions d’habitants) et au final cela n’aboutit à rien. Pendant quelques années, un nouveau mouvement se forme et l’un de ses principaux leaders est José Marti, un cubain née en 1853 qui participe très jeune aux révoltes contre l’Espagne, qui se fait ensuite capturé, maltraité et expulsé en Espagne. Il s’en va au Mexique et aux États-Unis et fais des campagnes anti-impérialistes (personnage encore très important aujourd’hui).

Photographie du général Weyler.

La seconde guerre d’indépendance se déclenche février 1895 à Cuba qui connaît quelques succès au début mais le général Weyler réagit avec brutalité, déclare la loi martiale à Cuba. Weyler constitue des camps de concentration (rappel du fil barbelé), avec les civils et les rebelles. Ces camps sont des camps de la mort où la faim et les maladies ont raison des gens. On estime entre 150000 et 200000 morts. Les atrocités du général se diffusent aux États-Unis et en Espagne où les libéraux dénoncent ses méthodes, il sera finalement remplacé et retournera en Espagne à la fin de l’année 1897. En novembre de la même année, l’autonomie est offerte à Cuba mais elle est refusée par les insurgés, les rebelles et les royalistes et donc la guerre continue.

À Washington, une campagne médiatique commence et se déchaîne contre l’Espagne, dénonçant sa barbarie. Cette campagne a le soutient des hommes d’affaires américains qui ont investit à Cuba (tabac, nickel, sucre et transports) et rêvent d’évincer la vieille puissance coloniale afin d’obtenir plus de stabilité. Le grand public et le gouvernement américain au départ ne manifeste aucun intérêt pour cette cause, et il va falloir augmenter un peu plus les campagnes dans la presse (photos assez gores). On publie une lettre de l’ambassadeur d’Espagne à Washington qui traite le président de timoré (de couille molle quoi) ce qui suscite des réactions aux États-Unis, le président est sous pression, cela crée un contexte politique assez délicat.

Épave de l'USS Maine dans le port de La Havane.

En janvier 1898, le président McKinley envoie le cuirasser USS Maine en visite amicale à la Havane mais officieusement pour calmer les résidents américains à Cuba. Le navire est victime d’une violente explosion et sombre, 260 Américains périssent. Immédiatement, la presse accuse les Espagnoles d’avoir placé une mine sous la coque du navire. Une commission d’enquête conclura en 1911 que c’était un accident dans la salle des machines. La presse réclame la vengeance (« Remember the Maine, to Hell Spain »).

Le colonel Roosevelt et ses hommes après la victoire sur les collines San Juan.

Les États-Unis présentent leurs premières exigences à l’Espagne demandant en avril 1898 la fin de la politique de concentration, acceptée par l’Espagne. L’Espagne offre un armistice le 9 avril qui sera refusé. Le président McKinley demande au Congrès de déclarer la guerre à l’Espagne sous prétexte de protéger la population de l’île, ce qui est étonnant puisqu’il était arrivé au pouvoir un an auparavant avec l’ambition de maintenir la paix quoi qu’il l’en coûte. Le Congrès accepte sa demande mais précise qu’il refuse que les États-Unis exercent leur souveraineté autrement que pour pacifier l’île. Cette réserve est importante.

Cette guerre ne durera que 4 mois, les Américains perdent 5000 hommes mais la plupart dû à la maladie. Défense de l’honneur américain par les « rough riders ». L’armistice en aout 1898 consacre la fin de l’empire espagnol après quatre siècles de présence dans les Amériques. Les USA se trouvent en possession de Cuba mais aussi de PR, des Philippines et des Iles de Guam.

Les États-Unis comme pouvoir impérialiste : Cuba[edit | edit source]

Ten Thousand Miles From Tip to Tip (« 10000 miles d'une extrémité à l'autre ») - des Philippines à Porto Rico.

Les États-Unis sont maintenant un pouvoir impérialiste, ils possèdent tous ces nouveaux territoires. En 1896 et 1867, le public se laisse mobiliser par cette campagne de presse et par la barbarie de Weyler et cela justifiait la guerre, mais après avoir gagné la guerre, signé le traité de Paris et payé les 20 millions d’indemnité à l’Espagne, les États-Unis deviennent les nouveaux maîtres de ces régions. Le public américain s’interroge sur ce tout nouvel impérialisme. La public contre ces campagnes de presse sont mal à l’aise avec ces nouvelles aventures impérialistes. Pourquoi l’Amérique, le meilleur espoir du monde, se met-il à imiter l’expérience des puissances européennes décadentes ? Pourquoi les américains doivent-ils payer pour des peuples lointains et souvent considérés comme inférieurs ? Et pourquoi fait-on cela au profit d’intérêts spéciaux, c’est-à-dire les intérêts d’hommes d’affaires ? Est-ce que les problèmes dans les Caraïbes ne sont pas seulement un prétexte afin d’éviter les problèmes domestiques des États-Unis ?

L’impérialisme de la fin du XIXème siècle n’est finalement pas une chose que l’on accepte facilement, il n’a jamais le dessus dans les discussions et les critiques ont une grande influence sur la façon que le gouvernement tente de justifier ses actions. Dans le cas de Cuba, après de longues discussions, le gouvernement américain décide d’accorder à Cuba l’indépendance formelle même si le jeune pays n’est pas libéré tout de suite et subit une occupation de trois ans.

Une des raisons pour laquelle les États-Unis ne veulent pas annexer Cuba est parce que la population est considérée comme avoir la peau trop foncée, trop mélangée et trop africaine. Les populations des États-Unis ne veulent pas ajouter ces mélanges aux États-Unis.

Après 1902, les Américains quittent Cuba mais laissent en place une constitution qui contient l’amendement Platt qui restreint la souveraineté de Cuba et permet aux États-Unis d’intervenir militairement, ce qu’ils feront assez souvent jusqu’en 1930. Pour les Cubains, le résultat de leur indépendance est très décevant. Ils ont beaucoup risqué, beaucoup lutté et ils se retrouvent finalement sous le contrôle des États-Unis. Des révoltes se forment contre le gouvernement officiellement cubain mais officieusement dominé par les États-Unis.

En 1906,1912 et 1917, les États-Unis envoient des troupes en invoquant l’amendement Platt, c’est le prix de l’indépendance de Cuba. Les États-Unis déclarent que le contact doit continuer entre eux et Cuba afin de pouvoir continuer leur mission civilisatrice (barbarie catholique et espagnole des Cubains doit être civilisée).

La campagne humaniste de McKinley[edit | edit source]

William McKinley se présente en 1900, après la guerre, pour un nouveau mandat. Cette Campagne soutient que McKinley se doit d'utiliser la puissance des États-Unis pour le bien de l’humanité et non pour acquérir plus de territoires. La campagne de 1900 montre les contrastes entre la société américaine et cubaine, avant et après l’intervention américaine. C’est là la vision que l’on a de cet impérialisme américain.

Les États-Unis comme impérialiste : les Philippines et Puerto Rico[edit | edit source]

Caricature montre McKinley tenant un enfant sauvage représentant les Philippines. Le dessin insinue que le rendre à l'Espagne serait comme le jeter du haut de la falaise. Publié dans le Minneapolis Tribune en 1898.

Les États-Unis héritent les Philippines de l’Espagne mais les choses sont un plus difficiles à gérer à cause de l’éloignement géographique. Les Américains arrivent à Manille et, comme à Cuba, occupent militairement l’archipel. Le secteur d’affaires demande au gouvernement l’utilisation des Philippines comme plaque tournant du commerce américain-asiatique (avec la Chine). Lorsque le Traité de Paris est signé, les Américains n’accordent pas l’indépendance à l’archipel et l’occupe. La colonisation se poursuit donc sous le joug d’un maître différent.

La population prennent les armes contre les États-Unis un an après l’annexion et continuent leur lutte pour l’indépendance. Les Américains répondent sans pitié et prennent des mesures extraordinaires. C’est une guerre très dure qui ressemblait à une guérilla avec la présence de torture, simulation de noyades, etc. Installation de camps de concentration pour la population civile, où 200'000 personnes meurent de mauvais traitements. Cette guerre représente une immense perte d’innocence pour les Américains.

À Puerto Rico, par contre, les choses se déroulent plus facilement. Il y a d’abord une occupation militaire pendant deux ans puis l’installation d’un gouvernement civil. On essaie d’américaniser l’île avec des écoles, des lois et on essaie de donner un peu d’autonomie à l’île. En 1900 on met au point un acte de loi (pas à savoir) qui détermine un petit parlement de 35 personnes mais les États-Unis se réservent le droit d’annuler la législation de celui-ci et de la remplacer par d’autres lois. Les hauts dirigeants sont par contre élus par les États-Unis.

Une fois qu’il est clair que les États-Unis sont un pouvoir impérial, les commentaires de l’opinion publique se font très divergents → voir images des slides. Les gens se rendent compte que quelque chose a changé, les USA sont vraiment maintenant une puissance impérialiste. On ne sait pas comment réagir à ce changement. Critiques très dures (Oncle Sam, etc.) de l’impérialisme. Andrew Carnegie, Mark Twain dénoncent l’incompatibilité des annexions américaines avec les principes et les valeurs du pays comme par exemple e problème de la constitution, du consentement des gouvernés, de la primauté du droit sur la force, le rejet de l’impérialisme de l’Angleterre. Les anti-impérialistes veulent résoudre ce problème avec un nouveau président, Jennings, mais cela ne fonctionne pas car McKinley est réélu et le mouvement se tasse dans les années 1900.

Teddy Roosevelt : « Le gros bâton »[edit | edit source]

McKinley est assassiné en 1901 et c’est son vice-président, Roosevelt qui lui succède et prend la présidence des États-Unis de 1901 à 1909. Il continue la politique impérialiste que l’on appelle « le gros bâton » car Roosevelt est fort pour revendiquer la doctrine Monroe et déclare que l’Amérique latine est l’arrière-cour américaine. Ancien « rough rider » et défend l’intérêt égoïste des USA et leur mission civilisatrice, les interventions militaires sont considérées comme normales.

A man, a plan, a canal, Panama[edit | edit source]

On avait depuis le XVIème siècle le projet de construire un canal entre le Pacifique et l’Atlantique en Amérique Centrale ou il y a seulement 60 à 70 km de terrain. Les Français qui avaient bâtit le canal de Suez ont un projet et les Américains décident de le reprendre sur le canal de Panama. Roosevelt, peu après qu’il devient président, achète les droits sur le canal des Français ainsi que leurs équipements et propose un traité à la Colombie, qui refuse leurs conditions. Les États-Unis envoient donc un cuirasser et organisent une révolte des pouvoirs locaux colombiens. Ils proposent 50$ à chaque soldat colombien qui dépose son arme et le 3 novembre 1903 le Panama en tant que pays « libre » nait. Les Américains se précipitent et négocient un traité avec ce nouveau pays afin d’acquérir les droits exclusifs sur la zone autour du canal. Cette politique impériale pour des raisons économique est une continuité des événements de 1898, Roosevelt crée un pays afin de pouvoir bâtir son canal qui ouvre en 1914.

Finalement, ce projet du canal de Panama démontre cette double-face de l’impérialisme américain → le projet français du canal était un grand échec (plus de 20'000 travailleurs morts car ils étaient maltraités, mauvais salaires, etc.). Les Américains se sont donc rendus compte que, étant donné que c’était un projet immense, il fallait prendre soin de la main-d’œuvre et donc des mesures contre la malaria, la fièvre jaune, améliorer les logements et installer des company towns. Grâce à cela, la population locale n’était pas foncièrement anti-américaine à la fin, on n’a donc pas cette résistance anti-impériale. L’intérêt économique des Américains à faciliter le commerce international a donc été une partie importante pour cet épisode du canal de Panama. Les États-Unis ne cachent pas leurs réprobation pour ce qu’ils appellent le « nouveau vice en Europe », l’impérialisme de la fin du XIXème siècle → hôpital qui se fout de la charité. L’innocence des États-Unis vient d’une mémoire historique très courte étant donné qu’ils étaient déjà intervenus dans la sphère occidentale, avant 1898, avant la guerre hispano-américaine. Les États-Unis désirent que l’on voie en eux une ancienne colonie, solidaire de toutes les victimes d’une domination étrangère qui est la justification officielle que l’on a par rapport à l’intervention à Cuba. Cependant, dans le processus de ces interventions, les États-Unis deviennent objectivement une puissance coloniale. La justification de la Maison-Blanche était que c’était pour le bien de la civilisation.

De l’aspiration hémisphérique aux ambitions à l’échelle mondiale[edit | edit source]

En addition avec l’aspect idéologique (mission civilisatrice) des ces justifications, on retrouve une autre réalité derrière les manœuvres impérialistes des États-Unis. Raisons économiques, le fait que le commerce ignore les frontières internationales, utiliser tous les coins du monde possibles. Le capitalisme américain qui demande que l’on enfonce les portes des nations qui sont réticentes, viol de la souveraineté nationale si cela contribue à cette idée de commerce de libre-marché.

La Révolution mexicaine[edit | edit source]

Les « vrais » libéraux et la fin du Porfiriat[edit | edit source]

Les richesses générées par l’économie assez dynamique du Mexique de la fin du XIXème siècle furent appropriées par un nombre très restreint de Mexicains (cf. expropriation des indigènes et des métis ruraux et de la concentration de la propriété de terre). Avec cette phase de modernisation du Mexique à la fin du XIXème siècle, il se développe une nouvelle classe moyenne surtout dans les villes (avocats, docteurs, éducateurs) qui commencent à penser que la main de fer de Porfirio Diaz n’est plus acceptable ni digne du pays qui est sur la bonne voie de la civilisation. La constitution libérale de 1857 n’a qu’une valeur symbolique, son viol commence à vraiment déranger cette classe moyenne, les élections sont des farces, la justice est dirigée par la classe politique et surtout dans le Mexique rurale les libertés individuelles et de presse ne sont pas respectées, les gens commencent à protester. En 1910, la révolution éclate, une révolution sociale qui va embraser le Mexique pendant 10 ans. Les révolutions sont rarement initiées par les classes les plus faibles mais plutôt lors de divisions dans l’élite, dans les forces dominantes. C’est exactement cela qui se passe en 1910.

Il y a des libéraux modérés comme Francisco Madero, progressiste, libéral par rapport à l’économie (ce qui va très bien pour le gouvernement Diaz) mais aussi libéral par rapport à la politique, ce qui est mal vu étant donné que Diaz est très répressif. Madero veut réformer le système politique mexicain, le rendre plus démocratique (relativement) et se présente comme candidat pour l’élection présidentielle de 1910. Il fait campagne à peu près partout dans le pays (chemins de fer), campagne assez moderne dans la mesure où il essaye de parler au public, à la bourgeoisie des villes des provinces. Il essaie de faire comprendre au peuple que le système de Diaz ne correspond plus aux nécessités du pays, qui a été modernisé et que le système politique doit suivre. En réaction, Diaz s’empare de Madero et fait 5000 prisonniers de ses partisans juste avant l’élection. Avec ces 5000 « Maderistas » en prison, Diaz se proclame vainqueur, mais depuis sa geôle, Madero lance un appel à la résistance armée contre le président élu. C’est là que l’on a cette division du peuple qui est maintenant vraiment ouverte, une rupture entre les « Maderistas » et ceux de Diaz qui est suivie par beaucoup de mouvements sociaux à travers le pays qui répondent à cet appel.

Les « Cowboys » de Chihuaha : Pancho Villa et ses hommes[edit | edit source]

Un des groupes les plus importants de ces mouvements. Pancho Villa était la figure presque légendaire du Mexique (Robin Hood mexicain). Il vient du Nord de Chihuaha, région dominée par l’exploitation minière et l’élevage du bétail. Villa travaille dans les mines mais il est surtout connu pour être un voleur de bétail. Il est généreux car il partage le fruit de ses vols et réussit à échapper à la police rurale pendant des années. La population le considère comme un héro et avec le temps il devient un profond critique du système de Diaz. Lorsque Madero fait appel à lui, il est très facile à Pancho Villa de regrouper des partisans (mineurs, cowboys) et demande des meilleurs salaires, moins de répression. Il arrive même à réunir des petits propriétaires qui avaient perdu des terres suite à l’arrivée des chemins de fer.

Le terrain politique du Nord avait été préparé par les frères Flores Magon, propriétaires d’un journal très critique du régime de Diaz (quelques séjours en prison d’ailleurs). Les frères Flores Magon décident de traverser la frontière et de rejoindre les États-Unis en 1904 et continue de publier leur journal depuis San Antonio au Texas. Ils demandent la liberté de conscience, de presse, l’éducation laïque, le recul de la répression mais ils ajoutent des revendications plus récentes telles que la prohibition du travail des enfants, la journée de travail de 8 heures, 6 jours par semaine, le salaire payé en monnaie et non en jetons. On a donc dans cette région du Nord non seulement un mouvement social mais aussi une voix idéologique, progressiste qui critique durement le système de Diaz. Le grand soucis des partisans de Diaz c’est que les frères Magon demandent aussi une réforme agraire, ils exigent que les terres communales soient restituées aux communautés indigènes et réclament que les terrains non-cultivés par les grands propriétaires soient transférés à l’agriculture. « Terre et liberté » est leur consigne. Pancho Villa regroupe donc les partisans des frères Magon et peut ainsi crée une armée et peut passer à la résistance contre Diaz.

Viva Zapata : les paysans révolutionnaires[edit | edit source]

Eufemio et Emiliano Zapata.

On retrouve dans le Sud (plus Sud-Ouest) une autre forme de résistance, pour d’autres raisons. Emiliano Zapata, dirigeant des paysans, s’était déjà bâtit une réputation lorsque la violence éclate suite à l’appel de Madero. Les communautés d’indigènes à Morelos avaient perdu leurs terrains en grande partie à cause du progrès des plantations, l’objectif de Zapata était donc de récupérer ces terres.

Le Plan d’Ayala de 1911 est un plan proposé par Zapata où il décrit son plan de réforme agraire où l’on revient sur le droit des communautés indigènes à avoir le droit à des terres communales et le droit à leur restituer ces terres même si les communautés ne possèdent plus de papiers officiels. Ceci est assez mal perçu par l’élite porfirienne.

Une, deux, trois révolutions[edit | edit source]

Avec l’appel de Madero, tout le monde se jette donc contre les forces de Diaz et contre l’armée fédérale. Dans le Nord les résistants se jettent et obtiennent les villes de Juarez et de Chihuahua qui sont des très grands territoires). Au Sud Zapata et ses hommes se battent aussi contre l’armée fédérale et connaissent de grands succès. Au milieu de 1911 les troupes connaissent de grandes victoires et Diaz décide de négocier, car il veut éviter que les hommes arrivent à Mexico, la capitale. Il signe un traité avec Madero qui est toujours en prison, signifiant que Diaz va partir du Mexique et aura lieu des élections en 1912. Il se retire et part vers la France. Madero est élu président du Mexique en 1912. L’élite urbaine, les vrais libéraux urbains, songent que cela est la fin des bouleversements, ce qui se révèlera être faux.

Madero est un jeune homme de l’élite qui espère que le Mexique peut imiter les systèmes politiques de l’Europe et des États-Unis, il n’est pas un révolutionnaire. La vision de Madero est en effet d’avoir de grandes haciendas, de grands terrains agricoles modernes, il est opposé à une réforme agraire, il n’aime pas les syndicats et les mouvements ouvriers du Nord. Dès que Diaz est sortit du pays, Madero envoie ses troupes à Morelos afin d’essayer de contenir Zapata qui avait déjà exproprié des terres et les avaient redistribué comme il l’avait déclaré dans son plan de l’Ayala. Zapata se rebelle contre les troupes de Madero et déclare que celui-ci est aussi un tyran comme Diaz.

Madero envoie le général Huerta vers le Nord afin d’éliminer Pancho Villa et ses forces anti-Madero. Huerta est encore plus conservateur que Madero, il est l’instrument de la contre-révolution. C’était un partisan de Diaz. Il fait un coup d’Etat avec les forces militaires contre Madero et commande son assassinat en 1913, prend sa place et décide de mettre fin à ces idées révolutionnaires. Huerta pense rétablir sa vision du système de Diaz avec le soutien des grands propriétaires, des capitalistes, de l’Eglise, et au début de l’ambassadeur des États-Unis. Celui-ci d’ailleurs donne en quelque sorte son consentement lors de l’assassinat de Madero puisqu’il dit ne pas pouvoir intervenir dans les affaires internes.

Les révolutionnaires (et les États-Unis) contre Huerta[edit | edit source]

Ce qui sera décisif pour la révolution mexicaine c’est l’intervention américaine à la toute fin en 1914. Les Européens avaient joué la carte Huerta en se disant que le système de Diaz serait bien par rapport aux forces économiques. Les États-Unis voient en les forces du Nord la meilleure option, ils veulent appuyer Carranza, un homme d’élite qui était allié à Pancho Villa jusqu’à un certain point, qui a des intérêts économiques dans le bétail, les mines et qui est intéressé à garder de bonnes relations avec les États-Unis. Il se déclare comme un homme modéré, un réformateur qui désire retourner le Mexique à la stabilité et à un ordre démocratique où la constitution serait respectée. En avril 1914 les troupes américaines débarquent à Veracruz pour couper l’approvisionnement en armes de l’armée fédérale et cela sera décisif à la chute de Huerta. Carranza essaie d’obtenir la ville de Mexico mais il se fait doubler par Villa et Zapata qui s’y retrouvent (très symbolique). On a alors pas vraiment un gouvernement qui fonctionne lors de cette révolution en 1914. C’était très complexe pour les Mexicains car les régions étaient toutes dirigées par des chefs différents.

La révolution descend dans l’anarchie 1915 et 1916[edit | edit source]

Suite à l’incapacité de Carranza à s’imposer. Il envoie des troupes contre Villa lors de la bataille de Celaya qui sera très triste, beaucoup de morts du côté de Villa alors que peu du côté de Carranza, soutenu par les États-Unis qui lui avaient fourni des mitraillettes, (cf. des terres brûlées, terreur civile, mort du bétail). On a des milliers de réfugiés, des femmes sans villages (soldaderas), des exécutions sommaires. Carranza gagne donc du terrain et décide en 1917 de faire un essai afin de consolider sa position et décide de rédiger une constitution.

La constitution de 1917[edit | edit source]

Ayant pour but de légitimer son pouvoir, Carranza n’invite ni Villa ni Zapata car ils ont encore de petites bases de pouvoir dans le Nord et le Sud. Il invite la majorité de la classe moyenne, des jeunes hommes qui ont eu une éducation universitaire. Il essaie de créer une nouvelle classe politique, ce qui aura un certain succès. Carranza arrive à cette convention constitutionnelle avec une certaine idée de la constitution. Il est surpris lorsque les délégués pensent que la proposition de Carranza ne va pas assez loin, quelle ne prend pas en considération les vrais problèmes du Mexique. Ils imposent donc une nouvelle constitution qui est remarquablement radicale.

  • problème de l’Eglise, le mariage civile qui est une grande révolution dans un pays profondément catholique. Le pouvoir de l’Eglise est réduit encore plus.
  • éducation laïque.
  • question de la réforme agraire qui est principale, déclare que les terrains communautaires doivent être rendus, reprennent des mécanismes de Zapata même si celui-ci n’est pas présent dans cette assemblée.
  • nationalisme économique, en réaction à la vente de mines aux étrangers. La constitution indique que seuls les mexicains et les sociétés mexicaines sont disposés à acquérir la propriété des terres, des eaux et leurs accès. Le gouvernement peut aussi donné des concessions pour l’exploitation aux étrangers seulement si ceux-ci reconnaissent qu’il sont sous le joug de la loi mexicaine.
  • lois sociales : droit de grève, journée de 8 heures, syndicats.

Grand progrès pour le peuple mexicain même si Carranza le trouve trop radical qui devient le premier président constitutionnel. Il dit qu’il accepte mais ne promet pas de tout faire pour la mettre en œuvre.

De la révolution à l’institutionnalisation[edit | edit source]

Carranza ne fait pas beaucoup mais avec la promulgation de la constitution, les paysans arrêtent un peu de lutter en essayant de faire appliquer celle-ci par le gouvernement. Les gangs de Villa et Zapata perdent un peu en virulence et l’assassinat de Zapata en 1919 sera en quelques sortes la fin du soulèvement militaire des paysans dans le Sud. Villa sera assassiné un peu plus tard mais il avait déjà fait sa paix avec Carranza en acceptant la constitution. Dans les années 1918-1920 on a toujours une grande instabilité politique mais on a ce cadre constitutionnel et ce président que l’on peut respecté comme président constitutionnel.

Quelles conséquences ?[edit | edit source]

Beaucoup de victimes de la violence militaire, on a de 1910 à 1920 un déficit de 1.4 millions à cause des famines, déplacements, épidémies. Constitution qui donne un cadre national à l’expansion économique du Mexique. On essaie de gérer ce capitalisme national. Comme conséquence sociale on retrouve l’indigénisme → on ne voit plus la culture européenne comme l’idéal et on commence à donner de la valeur au patrimoine culturel (métis, africains, européens, etc.) du Mexique. L’ouvrage de Vasconcelos propose que les mélanges de races sont meilleurs que les « races pures » ≠ des États-Unis.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]

  1. Monroe, James. State of the Union Addresses of James Monroe. Boston, MA: IndyPublish.com, 2007. Web. <http://www2.hn.psu.edu/faculty/jmanis/poldocs/uspressu/SUaddressJMonroe.pdf>.

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