« Langues, religions et cultures au Moyen-Orient » : différence entre les versions

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==Christianisme==
==Christianisme==
Pour le Christianisme, le prophète est Jésus, né à Bethléem et crucifié à Jérusalem.   
Le christianisme est centré sur la figure de Jésus de Nazareth, que les chrétiens reconnaissent comme le Messie (le Christ) et le fils de Dieu. Sa naissance, sa vie, son enseignement, sa mort et sa résurrection sont au cœur de la foi chrétienne.   


Au 4ème siècle, la religion devient celle de l’Empire romain. Pour ne pas être liés aux Romains pour des raisons politiques, certains chrétiens se détachent de l’empire et de la religion qui l’accompagne.
Selon le Nouveau Testament, Jésus est né à Bethléem, une petite ville de Judée. Les récits de sa naissance sont relatés dans les Évangiles de Matthieu et Luc, qui mentionnent la naissance virginale de Marie, sa mère, et l'annonce de sa naissance par des anges comme un événement d'une grande importance. Jésus a passé la majeure partie de sa vie dans la région de la Galilée, prêchant un message d'amour, de compassion et de repentance, appelant à un renouveau spirituel et à une relation personnelle avec Dieu. Il a rassemblé autour de lui un groupe de disciples et a effectué divers miracles, selon les récits évangéliques.


Le plus grand débat repose sur la nature de Jésus : est-il homme ? Fils de Dieu ?
Sa crucifixion à Jérusalem est un moment central du christianisme. Les chrétiens croient que par sa mort, Jésus a offert le sacrifice ultime pour le pardon des péchés de l'humanité, et que sa résurrection trois jours plus tard offre la promesse du salut et de la vie éternelle. Cet événement est commémoré chaque année lors de la Pâque chrétienne. Le christianisme a commencé comme un mouvement au sein du judaïsme du 1er siècle, mais s'est rapidement étendu à d'autres populations, principalement non juives, à travers l'Empire romain et au-delà. La figure de Jésus et ses enseignements ont eu une influence profonde sur l'histoire de l'humanité, façonnant non seulement la religion chrétienne mais aussi de nombreux aspects de la civilisation occidentale et mondiale.


Le [https://fr.wikipedia.org/wiki/Premier_concile_de_Nic%C3%A9e conseil de Nicée] tranche en 325 sur le fait que Jésus est consubstantiel au Père engendré et non pas créé. Ceci va procéder à la création de plusieurs églises, d’Orient et d’Occident (deux natures en une personne : divine et humaine). Ces églises vont aussi soit accepter la version de l’Empereur ou bien la rejeter (Jacobites).
Sous l'empereur Constantin Ier, avec l'édit de Milan en 313 après J.-C., le christianisme est légalisé dans l'Empire romain, mettant fin aux persécutions officielles. Plus tard, sous l'empereur Théodose Ier en 380 après J.-C., le christianisme devient la religion officielle de l'Empire romain avec l'édit de Thessalonique. Cette reconnaissance impériale a profondément transformé le christianisme, lui permettant de se répandre et d'influencer tous les aspects de la société romaine. Cependant, cette intégration du christianisme dans les structures du pouvoir impérial a également créé des tensions et des divergences au sein de la communauté chrétienne. Certaines communautés chrétiennes ont cherché à se distancier de l'Église officielle et de l'Empire, soit en raison de différences théologiques, soit en réponse à ce qu'elles percevaient comme une corruption ou une politisation de leur foi. Ces groupes, souvent qualifiés de sectes ou d'hérésies par l'Église officielle, cherchaient à préserver une forme de christianisme qu'ils considéraient comme plus authentique ou fidèle aux enseignements originaux de Jésus et des apôtres.
 
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De telles divergences ont conduit à divers schismes et mouvements au sein du christianisme, certains persistant pendant des siècles. Ces dissensions ont été exacerbées par des débats théologiques (comme la nature de la Trinité ou la relation entre la divinité et l'humanité de Jésus), des différences culturelles et linguistiques, et des conflits politiques au sein de l'Empire. L'intégration du christianisme dans la structure de l'Empire romain a donc eu un impact complexe : elle a permis une expansion et une institutionnalisation sans précédent de la religion, mais a également semé les graines de divisions internes qui continueront à façonner l'histoire du christianisme dans les siècles suivants.
 
Le débat sur la nature de Jésus est en effet l'un des plus grands et des plus significatifs dans l'histoire du christianisme. Cette question théologique, qui porte sur la relation entre la divinité et l'humanité de Jésus, a été au cœur de nombreuses controverses et a mené à plusieurs conciles majeurs dans l'Église primitive. La question principale était de savoir comment Jésus pouvait être à la fois pleinement divin et pleinement humain. Cette problématique a été abordée pour la première fois de manière significative au Concile de Nicée en 325 après J.-C., où la doctrine de la Trinité a commencé à prendre forme. Le Credo de Nicée, résultant de ce concile, a affirmé que Jésus était "de même substance" (homoousios) que le Père, établissant ainsi sa pleine divinité. Cependant, cette déclaration n'a pas mis fin au débat. Au cours des siècles suivants, différentes écoles de pensée ont émergé. Deux des plus influentes étaient l'arianisme, qui soutenait que Jésus, bien que divin, n'était pas de la même substance que le Père, et donc était inférieur à lui ; et le nestorianisme, qui enseignait que les natures divine et humaine de Jésus étaient séparées et distinctes.
 
Ces débats ont atteint leur apogée au Concile de Chalcédoine en 451 après J.-C., qui a abouti à la formulation dite de la "double nature" de Christ : Jésus était reconnu comme étant à la fois pleinement divin et pleinement humain, les deux natures étant unies en une seule personne sans être mélangées, confondues ou séparées. Cette doctrine est connue sous le nom de christologie chalcédonienne. Ce débat sur la nature de Jésus n'était pas seulement une question théologique abstraite ; il a eu des répercussions politiques, sociales et culturelles majeures dans l'Empire romain et au-delà. Les désaccords sur ces questions ont conduit à des schismes au sein de l'Église et ont même été la cause de conflits et de persécutions. La manière dont les différentes communautés chrétiennes ont répondu à ces questions a façonné de manière significative l'évolution du christianisme dans les siècles suivants.
 
Le Concile de Nicée, tenu en 325 après J.-C., est un moment crucial dans l'histoire du christianisme pour plusieurs raisons. Il s'agit du premier concile œcuménique, réunissant des évêques de tout l'Empire romain pour débattre et décider de questions théologiques centrales. Le principal enjeu de ce concile était de répondre à l'arianisme, une doctrine promue par Arius, un prêtre d'Alexandrie, qui soutenait que Jésus n'était pas de la même substance que Dieu le Père, mais était plutôt une créature créée par Dieu et inférieure à lui. Le Concile de Nicée a rejeté l'arianisme et a affirmé que Jésus était "consubstantiel" (de la même substance) que le Père, affirmant ainsi sa pleine divinité. Cette décision a été codifiée dans le Credo de Nicée, qui est devenu une déclaration fondamentale de la foi chrétienne.
 
Cependant la décision de Nicée n'a pas résolu toutes les controverses. Elle a conduit à la formation de différentes interprétations et églises, en particulier entre l'Église d'Orient et l'Église d'Occident. Ces différences étaient liées non seulement à des questions théologiques, mais aussi à des questions linguistiques, culturelles et politiques. Les Jacobites, par exemple, suivaient les enseignements de Jacques Baradaï et étaient associés à l'Église syriaque orthodoxe. Ils rejetaient les décisions du Concile de Chalcédoine (451 après J.-C.), qui avait élaboré davantage sur la nature de Christ en affirmant qu'il avait deux natures, divine et humaine, unies en une seule personne. Les Jacobites et d'autres groupes, comme les Nestoriens et les Monophysites, ont formé leurs propres communautés ecclésiastiques distinctes, souvent en opposition avec les doctrines établies par les autorités impériales et ecclésiastiques dominantes.
 
Ces divisions et controverses au sein du christianisme ont façonné de manière significative l'évolution de la religion, menant à une mosaïque complexe de traditions chrétiennes à travers le monde. Ces différentes communautés ont maintenu leurs propres interprétations théologiques, pratiques liturgiques et structures organisationnelles, contribuant à la diversité riche et parfois conflictuelle du christianisme à travers les siècles.
 
Le Concile de Chalcédoine, tenu en 451 après J.-C., est un événement majeur dans l'histoire du christianisme, car il a abordé de front la question complexe de la nature de Christ. Ce concile est souvent considéré comme l'apogée des débats christologiques qui ont traversé l'Église chrétienne pendant plusieurs siècles. La décision du Concile de Chalcédoine a établi que Jésus Christ possède deux natures distinctes - divine et humaine - unies en une seule personne (hypostase). Cette formulation est connue sous le nom de "christologie dyophysite". Selon cette doctrine, les deux natures de Christ coexistent sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation. Cela signifiait que, bien que Christ soit pleinement Dieu et pleinement homme, ses deux natures ne se mélangent pas, préservant ainsi à la fois sa divinité complète et son humanité complète.
 
Ce concile a été crucial pour établir une orthodoxie acceptée par la majorité des chrétiens, mais il a également conduit à des divisions significatives. Plusieurs Églises, notamment certaines Églises orientales, ont rejeté les décisions de Chalcédoine. Ces Églises sont souvent appelées "non chalcédoniennes" ou "pré-chalcédoniennes" et incluent l'Église copte en Égypte, l'Église éthiopienne orthodoxe, l'Église arménienne apostolique, et d'autres. Ces communautés ont maintenu leur propre compréhension de la nature de Christ, souvent en se concentrant sur l'unité de sa nature divine et humaine. Le Concile de Chalcédoine marque donc un moment charnière dans l'histoire du christianisme, établissant une doctrine fondamentale pour de nombreuses Églises chrétiennes, tout en créant des schismes durables avec d'autres communautés qui n'ont pas accepté ses conclusions. Ces divisions christologiques restent une facette importante des différences entre les diverses traditions chrétiennes jusqu'à ce jour.<gallery mode="packed" widths="300px" heights="300px">  
Image:Nicaea icon.jpg|L'empereur Constantin (au centre), avec les évêques du concile de Nicée (325), tenant anachroniquement le texte du « symbole de Nicée-Constantinople » dans sa forme liturgique grecque, fondée sur le texte adopté au premier concile de Constantinople (381).
Image:Nicaea icon.jpg|L'empereur Constantin (au centre), avec les évêques du concile de Nicée (325), tenant anachroniquement le texte du « symbole de Nicée-Constantinople » dans sa forme liturgique grecque, fondée sur le texte adopté au premier concile de Constantinople (381).
Fichier:Great Schism 1054 with former borders.png|La séparation des Églises d'Orient (bleu) et d'Occident (orange) à partir de 1054.
Fichier:Great Schism 1054 with former borders.png|La séparation des Églises d'Orient (bleu) et d'Occident (orange) à partir de 1054.
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En 1054, Rome et Constantinople subissent le [https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9paration_des_%C3%89glises_d%27Orient_et_d%27Occident Grand Schisme], celui des églises d’Orient et d’Occident. Au 16ème siècle, le protestantisme fait son apparition. Dans l’intervalle, certaines églises d’Orient vont prêter allégeance à Rome. Alors que la diversité religieuse est surprenante, les Chrétiens sont, au fil des siècles, de moins en moins nombreux.
Le Grand Schisme de 1054, marquant la séparation entre l'Église d'Orient, plus tard connue sous le nom d'Église orthodoxe, et l'Église d'Occident, l'Église catholique romaine, représente un tournant historique dans le christianisme. Cette rupture n'a pas été un événement isolé, mais plutôt l'aboutissement d'une longue période de divergences croissantes entre les deux branches de la chrétienté. Au cœur de ces divergences se trouvaient des différends théologiques et ecclésiastiques profonds. Un point de contention majeur concernait la question de l'autorité papale. L'Église de Rome, avec des figures comme le pape Léon IX, revendiquait une autorité suprême sur toutes les Églises chrétiennes, une position contestée par l'Église d'Orient. Le Patriarcat de Constantinople, sous des leaders comme Michel Cérulaire, rejetait l'idée d'une autorité centralisée et préconisait une approche plus collégiale.
 
Un autre élément clé de discorde était l'ajout du "Filioque" au Credo nicéen par l'Église d'Occident. Cette modification, affirmant que le Saint-Esprit procède du Père "et du Fils", était vue par l'Église d'Orient comme une altération inacceptable d'une doctrine établie lors des premiers conciles œcuméniques. Ce débat reflétait des différences plus larges dans la compréhension de la Trinité et de la nature de Dieu. Au-delà des questions théologiques, des différences culturelles et politiques jouaient également un rôle. L'effondrement de l'Empire romain d'Occident et la montée de l'Empire byzantin avaient créé un fossé entre les deux régions. Les différences linguistiques, le latin étant prédominant à l'Ouest et le grec à l'Est, contribuaient également à une séparation culturelle croissante.
 
L'événement symbolique qui a marqué le point culminant de ces tensions a été l'excommunication mutuelle de 1054. Des légats envoyés par le pape Léon IX à Constantinople ont excommunié le Patriarche Michel Cérulaire, qui a répondu en excommuniant les légats. Bien que cette excommunication ait été le geste le plus dramatique, elle représentait l'apogée d'une longue série de désaccords et de malentendus. Le Grand Schisme a eu des répercussions profondes sur le développement ultérieur du christianisme, solidifiant la division entre l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe. Cette division, ancrée dans des différences théologiques, culturelles et politiques, a façonné non seulement l'histoire religieuse mais aussi les trajectoires politiques et culturelles de l'Europe et des régions environnantes. Des efforts ont été faits dans les temps modernes pour le dialogue et la réconciliation, mais les divisions du Schisme de 1054 continuent d'influencer le paysage religieux et culturel mondial.
 
Au 16ème siècle, le christianisme a été profondément transformé par l'émergence du protestantisme, un mouvement qui a remis en question les doctrines et les pratiques de l'Église catholique romaine et a conduit à la Réforme protestante. Cette période marque un tournant crucial dans l'histoire religieuse de l'Europe et a eu des répercussions mondiales durables. La genèse du protestantisme est souvent attribuée à Martin Luther, un moine et théologien allemand. En 1517, Luther a affiché ses "95 Thèses" sur la porte de l'église de Wittenberg, critiquant divers aspects de l'Église catholique, notamment la vente des indulgences. Ses écrits ont rapidement circulé, alimentés par la récente invention de l'imprimerie, et ont trouvé un écho auprès d'un public de plus en plus mécontent de certaines pratiques de l'Église.
 
Luther a remis en question des doctrines clés de l'Église catholique, telles que l'autorité du pape et l'efficacité des œuvres pour le salut, préconisant plutôt la justification par la foi seule ("sola fide") et l'autorité des Écritures seules ("sola scriptura"). Ces idées ont remis en cause les fondements de l'Église catholique et ont initié une série de réformes religieuses à travers l'Europe. D'autres figures clés de la Réforme protestante comprenaient Jean Calvin à Genève, qui a développé un système théologique connu sous le nom de calvinisme, et Huldrych Zwingli à Zurich. Chacun de ces réformateurs a contribué à façonner divers courants du protestantisme, qui ont ensuite engendré une multitude de dénominations, y compris les luthériens, les réformés, les presbytériens et les anabaptistes, entre autres.
 
La Réforme a entraîné des changements profonds non seulement dans la sphère religieuse, mais aussi dans les domaines politique, culturel et social. Elle a conduit à des guerres de religion dans toute l'Europe, à des changements dans les structures du pouvoir politique, et a eu une influence sur l'éducation, la littérature et les arts. La Réforme protestante a également pavé la voie à l'expansion du christianisme dans le monde, en particulier à travers les activités missionnaires dans les colonies européennes. Ainsi, le 16ème siècle a été une période de transformation majeure pour le christianisme, avec le protestantisme remettant en question les structures établies de l'Église et redéfinissant la manière dont de nombreux chrétiens comprenaient leur foi et pratiquaient leur religion.
 
Durant l'histoire complexe du christianisme, il y a eu en effet des moments où certaines Églises orientales ont établi des liens avec l'Église catholique romaine, conduisant à des communautés chrétiennes qui combinent des éléments des traditions orientales et occidentales. Ces Églises, souvent appelées Églises catholiques orientales ou Églises uniates, ont conservé leurs rites liturgiques et leur patrimoine culturel oriental tout en acceptant l'autorité du pape et certaines doctrines catholiques romaines. Ce mouvement vers l'union avec Rome a été motivé par divers facteurs, y compris des considérations politiques, des désirs de soutien face à des pressions externes, et des intérêts théologiques et ecclésiastiques. Un exemple notable est l'Union de Brest en 1596, lorsque certains évêques de l'Église orthodoxe en Pologne-Lituanie ont accepté l'union avec l'Église catholique romaine, formant l'Église gréco-catholique ukrainienne. De même, l'Église catholique maronite du Liban a longtemps maintenu une communion avec Rome tout en préservant ses traditions liturgiques et spirituelles orientales.
 
En ce qui concerne la démographie chrétienne à travers les siècles, il est vrai que dans certaines régions, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la proportion de chrétiens par rapport à la population totale a diminué au fil du temps. Cette diminution peut être attribuée à divers facteurs, tels que les conversions, les migrations, les changements politiques, et les pressions sociales et économiques. Par exemple, après la conquête musulmane du Moyen-Orient, de nombreux chrétiens ont progressivement adopté la langue et la religion islamique, bien que des communautés chrétiennes aient continué à exister dans la région. Cependant, à l'échelle mondiale, le christianisme a connu une expansion significative, en grande partie grâce aux mouvements missionnaires et à la colonisation européenne entre le 16ème et le 20ème siècle. Aujourd'hui, le christianisme reste l'une des religions majeures du monde, avec une présence substantielle sur tous les continents. Il est important de noter que, malgré les défis et les changements, les communautés chrétiennes ont continué à préserver leur foi et leurs traditions, souvent dans des contextes culturels et politiques très divers. La capacité du christianisme à s'adapter et à se transformer tout en préservant ses croyances fondamentales est un aspect notable de son histoire.


==Islam==
==Islam==
L’Islam connaît une personne centrale: Mahomet (570-632). Il commerce, connaît le monde et les autres religions. Conscient des injustices, cela explique l’importance fondamentale de la justice dans la religion. Alors qu’il reçoit les conseils de Dieu, cela créer des tensions avec ses proches.
//L’Islam connaît une personne centrale: Mahomet (570-632). Il commerce, connaît le monde et les autres religions. Conscient des injustices, cela explique l’importance fondamentale de la justice dans la religion. Alors qu’il reçoit les conseils de Dieu, cela créer des tensions avec ses proches.
   
   
En juin 622, il quitte La Mecque pour rejoindre Médine. Alors qu’il réussit son périple et réunit du monde autour de lui, il meurt en 632, sans laisser de successeur. À ce moment se pose la question de qui va guider l’Oummat. De cette division émergent les Sunnites (Sunna = tradition) et les chiites (Bei « t = de la maison). Le successeur est le calife, qui donnera naissance au califat (l’empire musulman). On se met d’accord sur ce débat et commence la période, en 632-661, des califes élus.
En juin 622, il quitte La Mecque pour rejoindre Médine. Alors qu’il réussit son périple et réunit du monde autour de lui, il meurt en 632, sans laisser de successeur. À ce moment se pose la question de qui va guider l’Oummat. De cette division émergent les Sunnites (Sunna = tradition) et les chiites (Bei « t = de la maison). Le successeur est le calife, qui donnera naissance au califat (l’empire musulman). On se met d’accord sur ce débat et commence la période, en 632-661, des califes élus.

Version du 10 décembre 2023 à 22:44

La région du Moyen-Orient, berceau de civilisations anciennes et carrefour de routes commerciales historiques, se distingue par une diversité linguistique, religieuse et culturelle remarquable. Cette diversité est le fruit d'une histoire riche et complexe, façonnée par d'innombrables peuples, empires et mouvements.

Au niveau linguistique, le Moyen-Orient est un patchwork de langues où l'arabe se distingue par sa prédominance dans des pays comme l'Égypte et l'Arabie Saoudite. Le persan, ou Farsi, est un pilier linguistique de l'Iran, reflétant l'héritage de l'Empire perse, tandis que le turc, langue officielle de la Turquie, témoigne de l'influence ottomane. L'hébreu, langue ancestrale ayant connu une résurrection unique avec la création de l'État d'Israël en 1948, et le kurde, parlé dans des régions allant du nord de l'Irak au sud-est de la Turquie, complètent ce paysage linguistique. Religieusement, l'Islam domine, avec des branches telles que le sunnisme et le chiisme. Des figures historiques comme le calife Omar, qui a régné de 634 à 644 après J-C, et Ali, gendre du prophète Mahomet, incarnent les débuts de ces divisions. Le christianisme, présent depuis ses origines, a vu des communautés comme les Coptes en Égypte perdurer malgré les changements politiques et sociaux. En Israël, le judaïsme est central, illustré par des figures historiques telles que David Ben-Gourion, principal fondateur de l'État d'Israël.

La culture du Moyen-Orient, profondément influencée par ces diversités linguistiques et religieuses, est riche en expressions artistiques, musicales et culinaires. Par exemple, l'art islamique, avec ses motifs géométriques complexes, reflète les interdits religieux sur les représentations figuratives. La musique classique arabe, portée par des icônes comme Oum Kalthoum, a influencé la culture régionale bien au-delà des frontières linguistiques. Les festivités telles que le Ramadan et le Norouz persan sont des exemples de la façon dont les traditions religieuses et culturelles se sont entremêlées pour former des pratiques uniques.


Langues

La diversité linguistique du Moyen-Orient est en effet un de ses traits les plus distinctifs, illustrée par la présence de trois grandes familles linguistiques: Ouralo-altaïque, Indo-européenne et Sémite.

La famille Ouralo-altaïque englobe des langues parlées dans une grande partie de l'Asie et certaines régions de l'Europe de l'Est. Dans le contexte du Moyen-Orient, cette famille est principalement représentée par le turc, langue officielle de la Turquie, qui témoigne de l'expansion des peuples turciques et de l'influence historique de l'Empire ottoman dans la région. D'autres langues comme l'azéri, parlé en Azerbaïdjan et par certaines communautés en Iran, appartiennent également à cette famille. La famille Indo-européenne, qui est l'une des plus larges et diversifiées au monde, comprend des langues telles que le persan, le kurde et l'arménien. Le persan, en particulier, a une importance historique et culturelle majeure, étant la langue de l'antique Empire perse et de l'Iran moderne. Le kurde, parlé par le peuple kurde réparti entre l'Irak, l'Iran, la Syrie et la Turquie, et l'arménien, langue de l'Arménie et de la diaspora arménienne, complètent cette richesse linguistique. Enfin, la famille des langues sémitiques est cruciale dans le contexte du Moyen-Orient. L'arabe, langue du Coran et lingua franca de nombreux pays arabes, est la plus répandue de cette famille. L'hébreu, langue ancienne qui a connu une renaissance moderne avec la création de l'État d'Israël, et d'autres langues comme l'araméen et l'assyrien, bien que moins parlées, ont une importance historique et culturelle significative.

A language map of the Middle East (Izady).png

Cette carte colorée représente les langues parlées au Moyen-Orient et illustre la densité de population des régions où ces langues sont prédominantes. Elle distingue les langues par famille linguistique et par concentration de population dans les régions concernées.

Les zones en jaune représentent les régions densément peuplées où l'arabe est prédominant. Cela inclut des pays comme l'Égypte, l'Arabie Saoudite, le Yémen, la Jordanie, le Liban, et d'autres. L'arabe est la langue principale du groupe linguistique sémitique et est répandu à travers toute la péninsule arabique et au-delà. La carte illustre la prédominance de la langue arabe dans les zones colorées en jaune, indiquant une forte densité de population dans ces régions. La langue arabe, appartenant au groupe sémitique, est non seulement une langue officielle mais aussi une partie intégrante de l'identité culturelle et religieuse au Moyen-Orient.

L'arabe s'est propagé bien au-delà de la péninsule arabique, notamment à travers les conquêtes islamiques à partir du 7ème siècle, devenant ainsi une des langues les plus influentes de la région. Elle est désormais parlée dans de nombreux pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Dans des pays comme l'Égypte, où la civilisation remonte à des millénaires, l'arabe a supplanté les langues antiques comme l'égyptien ancien, devenant la langue de la majorité de la population. En Arabie Saoudite, berceau de l'Islam et site des deux villes saintes de La Mecque et Médine, l'arabe a une importance particulière tant sur le plan religieux que culturel. Dans d'autres régions telles que le Yémen et la Jordanie, l'arabe se manifeste à travers une variété de dialectes, témoignant de la diversité intrinsèque de la langue. Le Liban, connu pour sa diversité culturelle et religieuse, présente également une mosaïque de dialectes arabes, influencée par de nombreuses autres langues à travers son histoire. Ainsi, la carte confirme que l'arabe ne sert pas uniquement de langue de communication quotidienne mais joue aussi un rôle essentiel dans la préservation et la transmission de la culture et de l'histoire à travers le Moyen-Orient.

Les zones vertes sur la carte sont significatives de la présence de langues indo-européennes, qui témoignent de la diversité ethnolinguistique et historique du Moyen-Orient. Le persan, par exemple, est la langue officielle de l'Iran et a une influence culturelle et littéraire considérable. C'est une langue qui peut être tracée jusqu'à l'ancien empire achéménide, témoignant de la profondeur historique de la région. Le kurde, quant à lui, est parlé dans des zones géographiquement discontinues, principalement dans les montagnes du Kurdistan, qui s'étendent sur plusieurs frontières nationales modernes, y compris la Turquie, l'Irak, l'Iran et la Syrie. Le kurde est la langue maternelle de la population kurde, qui a maintenu sa langue et sa culture en dépit de la pression de l'assimilation et des changements politiques dans la région. L'arménien, parlé en Arménie et par la diaspora arménienne, est une autre langue indo-européenne importante qui a survécu malgré les bouleversements historiques, y compris le génocide arménien au début du 20e siècle. L'arménien possède son propre alphabet unique, créé au 5e siècle, qui est un élément clé de l'identité nationale arménienne. Ces "îlots" de langues indo-européennes représentent non seulement la distribution géographique des groupes ethniques mais reflètent également les mouvements migratoires complexes et les interactions historiques qui ont façonné le Moyen-Orient. Les langues sont des vecteurs de culture et de mémoire collective, et leur distribution nous offre un aperçu des histoires de résilience, d'adaptation et de préservation culturelle dans une région marquée par une grande dynamique de changement.

La carte met en évidence les régions où les langues turciques, symbolisées par différentes nuances de rouge, sont prédominantes. Ces langues appartiennent à la famille linguistique Ouralo-altaïque et sont parlées par des peuples dont l'histoire et la culture ont été profondément façonnées par les migrations et les empires turciques. Le turc, la langue nationale de la Turquie, est le représentant le plus notable de cette famille et est le résultat direct de l'héritage de l'Empire ottoman, qui s'étendait à son apogée sur de vastes portions du Moyen-Orient, de l'Europe du Sud-Est et de l'Afrique du Nord. L'Empire ottoman a non seulement étendu sa langue, mais également sa culture, son administration et son influence religieuse à travers ses territoires. L'azéri, parlé en Azerbaïdjan et par certaines communautés en Iran, est étroitement apparenté au turc et représente une autre branche importante des langues turciques dans la région. Ces communautés partagent des liens culturels et historiques avec la Turquie et les autres peuples turciques.

D'autres langues turciques, bien que moins représentées, sont parlées dans des régions adjacentes, y compris certaines parties de la Russie, de l'Asie Centrale et du Caucase. Ces langues, bien que distinctes, partagent des traits communs en raison de leur origine et de leur développement historique similaires. La présence de ces langues turciques témoigne de l'impact des mouvements de populations nomades originaires des steppes d'Asie Centrale, qui ont traversé le Moyen-Orient et ont laissé une empreinte linguistique et culturelle indélébile sur la région. Ces langues et leurs locuteurs continuent de jouer un rôle important dans la diversité ethnique et culturelle du Moyen-Orient moderne.

La carte met en lumière les langues caucasiennes et autres langues minoritaires, représentées par des nuances de marron et de gris, qui révèlent un aspect souvent méconnu de la diversité linguistique du Moyen-Orient. Ces langues sont caractéristiques de régions qui, bien que moins densément peuplées, sont riches en variété linguistique et culturelle. Le Caucase est particulièrement remarquable pour sa complexité linguistique. Des langues comme le géorgien, qui possède son propre système d'écriture unique, le kartvélien, sont endémiques de cette région. La Géorgie, avec son histoire et sa culture distinctes, est un exemple frappant de la manière dont les langues peuvent encapsuler l'identité d'une nation.

Outre le géorgien, il existe d'autres langues caucasiennes qui ne sont parlées nulle part ailleurs dans le monde, comme l'abkhaze et l'ossète. Ces langues, souvent isolées géographiquement et historiquement, ont survécu et se sont développées indépendamment, donnant lieu à des traits linguistiques uniques. Leur survie témoigne de la résilience culturelle des peuples du Caucase face à des siècles de changements politiques et sociaux. Les langues minoritaires, quant à elles, peuvent comprendre des variétés linguistiques parlées par de petites communautés et refléter souvent un héritage culturel riche et des traditions distinctes. Bien que ces langues soient moins dominantes en termes de nombre de locuteurs, elles jouent un rôle crucial dans la préservation de la diversité culturelle et du patrimoine immatériel de la région. Ainsi, la distribution des langues caucasiennes et des langues minoritaires sur la carte est un rappel que le Moyen-Orient est une région non seulement de conflits et de commerce, mais aussi de profonde richesse linguistique et culturelle, souvent négligée dans les narrations globales.

Cette carte n'est pas simplement un aperçu de la diversité linguistique; elle suggère également des histoires de peuplement, de commerce, de conquête et de culture. La répartition des langues et des peuples dans le Moyen-Orient a été influencée par des facteurs géographiques, des empires historiques, des mouvements migratoires et des changements politiques. Les langues, en tant que vecteurs de culture, reflètent ces dynamiques complexes et leur compréhension est essentielle pour saisir la richesse de l'histoire et de la culture de la région. Les langues représentées sur la carte ne sont pas de simples outils de communication; elles incarnent les âmes des civilisations qui les parlent. Chaque langue est le reflet d'une identité culturelle, porteuse de traditions, de poésie, de récits et de philosophies qui ont été tissés au fil des siècles. Par exemple, la littérature persane est caractérisée par des œuvres de poètes comme Hafez et Rumi, qui ont influencé non seulement leur région d'origine mais aussi la pensée et la littérature mondiale.

Les langues turciques, avec des épopées comme celle de Dede Korkut, véhiculent les valeurs et les histoires des peuples nomades des steppes, et les langues caucasiennes possèdent des récits oraux qui témoignent de leur résistance face aux conquêtes et aux empires. Même les langues minoritaires, qui peuvent n'être parlées que par de petites communautés, sont les dépositaires de cultures uniques, offrant une fenêtre sur des modes de vie et des systèmes de croyances souvent distincts de ceux des cultures dominantes. La carte linguistique du Moyen-Orient est ainsi une mosaïque vivante, chaque couleur représentant non seulement un groupe de locuteurs, mais aussi un chapitre de l'histoire humaine. Les migrations, les conquêtes et les échanges commerciaux ont façonné cette région, mais ce sont les langues et les cultures qui ont survécu et qui continuent de raconter l'histoire des peuples. Elles sont le lien entre le passé, le présent et l'avenir, perpétuant le patrimoine et continuant d'évoluer au fil des interactions contemporaines.

La diversité dialectale au sein des langues majoritaires du Moyen-Orient est une richesse souvent sous-estimée. Prenez par exemple le turc; bien qu'il y ait une langue standard enseignée dans les écoles et utilisée dans les médias et la politique, de nombreux dialectes régionaux coexistent et reflètent l'histoire et la culture des différentes parties de la Turquie. Ces dialectes peuvent varier considérablement en termes de prononciation, de vocabulaire et même de grammaire par rapport au turc standard. L'arabe est peut-être l'un des exemples les plus frappants de cette diversité dialectale. La langue arabe littéraire, ou arabe moderne standard, est universellement comprise et utilisée dans l'écriture et les discours formels, mais dans la vie quotidienne, les gens s'expriment dans un éventail de dialectes qui peuvent être si différents les uns des autres que les locuteurs de régions éloignées ont parfois du mal à se comprendre. Ces dialectes reflètent non seulement la région géographique mais aussi des influences historiques telles que celles des Ottomans, des Perses, et des Français au Levant. Le kurde, également, est divisé en plusieurs dialectes principaux, tels que le Kurmandji, le Sorani, et le Pehlewani, chacun avec ses propres variantes régionales. Les différences entre ces dialectes kurdes sont si importantes qu'elles ont parfois conduit à des revendications de statuts de langues distinctes. Quant à l'arménien, bien qu'il y ait une langue arménienne standard, les Arméniens du monde entier parlent aussi différents dialectes, souvent influencés par les langues des régions où ils ont émigré ou ont été dispersés au fil du temps. En plus de ces langues principales, il existe au Moyen-Orient environ 20 langues minoritaires qui témoignent d'une histoire humaine complexe faite d'échanges, de migrations et d'adaptations. Ces langues peuvent être parlées par de petites communautés, mais elles portent en elles une histoire et une culture qui méritent d'être reconnues et préservées. Leur existence dans un tel contexte linguistiquement riche est une preuve supplémentaire de la façon dont les langues évoluent et s'adaptent aux contextes dans lesquels elles sont parlées, souvent en parallèle avec les langues dominantes de la région.

Les mouvements de populations et la religion ont effectivement été des vecteurs puissants dans la propagation et l'évolution des langues au Moyen-Orient, ainsi que dans le reste du monde. Historiquement, les migrations ont joué un rôle crucial dans la dispersion des langues. Par exemple, les invasions arabes du VIIe siècle, motivées par l'expansion de l'islam, ont propagé la langue arabe à travers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Cette expansion a non seulement répandu la langue arabe, mais a également intégré et influencé les langues locales, donnant naissance à une multitude de dialectes arabes distincts. De même, l'expansion des empires turciques, en particulier l'Empire ottoman, a étendu les langues turciques et a établi le turc ottoman (une forme de turc influencée par le persan et l'arabe) comme langue administrative et littéraire à travers le Moyen-Orient, les Balkans, et l'Afrique du Nord. Les religions ont également facilité l'adoption et la standardisation des langues. L'arabe, en tant que langue du Coran, est devenu un lien linguistique entre les musulmans du monde entier, renforçant son utilisation au-delà des frontières arabophones traditionnelles. De même, les textes religieux judaïques et chrétiens ont aidé à préserver l'hébreu et l'araméen, même lorsque ces langues n'étaient plus parlées au quotidien. Les langues du Moyen-Orient ne sont pas statiques; elles sont le résultat d'une interaction constante entre les peuples, leurs croyances et leurs histoires. Les langues ont été diffusées par le commerce, la conquête, la colonisation et la conversion, façonnant ainsi le paysage linguistique complexe que nous observons aujourd'hui.

La formation des États-nations dans le Moyen-Orient moderne a eu un impact considérable sur les pratiques linguistiques. En établissant une ou plusieurs langues officielles, les États ont souvent cherché à promouvoir une identité nationale unifiée et à faciliter la communication et l'administration au sein de leurs frontières. Cette politique linguistique peut effectivement conduire à un sentiment renforcé de nationalisme, où la langue officielle devient un symbole d'unité nationale et un facteur clé de l'identité collective. Par exemple, la promotion du turc standard en Turquie après la chute de l'Empire ottoman et la création de la République turque en 1923 visait à unifier les diverses populations du pays sous une seule identité nationale turque. De même, l'adoption de l'arabe moderne standard dans les pays arabophones a souvent été associée à des mouvements de nationalisme panarabe. Cependant, la standardisation et la promotion d'une langue étatique peuvent aussi avoir des conséquences involontaires, notamment en marginalisant les langues et les dialectes régionaux ou minoritaires. Cela peut mener à une diminution de leur usage public et parfois à une érosion de leur viabilité à long terme, voire à leur disparition. Par exemple, de nombreuses langues minoritaires et dialectes kurdes ont été supprimés dans divers pays dans un effort d'assimilation culturelle.

Paradoxalement, l'interdiction ou la répression de certaines langues peut aussi susciter un intérêt renouvelé pour ces langues et dialectes, souvent perçus comme des éléments essentiels de l'identité culturelle d'une communauté. Dans certains cas, cela peut mener à des mouvements de revendication linguistique et culturelle. La suppression de l'usage public de l'arménien en Turquie pendant de nombreuses années a, par exemple, conduit à une prise de conscience et à une valorisation accrue de la langue parmi les communautés arméniennes dans le monde. En fin de compte, les politiques linguistiques dans le Moyen-Orient reflètent la tension entre la construction d'identités nationales et la préservation de la diversité culturelle et linguistique. Les réponses à ces politiques sont diverses et peuvent varier de l'adoption enthousiaste de la langue étatique à la résistance et au maintien des langues traditionnelles comme acte de préservation culturelle et de résistance politique.

Religion

Le Moyen-Orient, en effet, est souvent défini de manière élargie pour inclure des régions telles que l'Anatolie (la partie asiatique de la Turquie moderne), l'Égypte (bien qu'elle soit géographiquement située en Afrique du Nord, elle est culturellement et historiquement liée au Moyen-Orient), et la Mésopotamie (correspondant aux territoires des modernes Irak et Syrie, ainsi que des parties de l'Iran et de la Turquie). Cette région, riche en diversité culturelle et historique, est reconnue comme le berceau de plusieurs des principales religions du monde.

Le judaïsme, l'une des premières religions monothéistes, a émergé dans le Levant, en particulier dans la région historique de Canaan, qui est maintenant partagée entre Israël et les territoires palestiniens. Avec ses racines remontant à plus de 3000 ans, le judaïsme a joué un rôle central dans le développement religieux et culturel de la région. Le christianisme, qui est né du judaïsme au 1er siècle de notre ère, a également ses origines dans le Moyen-Orient, précisément dans la région historique de Judée. Il s'est rapidement étendu à travers l'Empire romain et au-delà, devenant une religion mondiale majeure. L'islam, la plus récente des trois grandes religions abrahamiques, a été révélée au prophète Mahomet au début du 7e siècle dans la ville de La Mecque, en Arabie. Il s'est rapidement propagé à travers la péninsule arabique et, par les conquêtes et les échanges commerciaux, dans de vastes régions d'Asie, d'Afrique et d'Europe. En plus de ces religions abrahamiques, le Moyen-Orient est également le lieu de naissance du zoroastrisme, qui a été fondé par le prophète Zarathoustra (ou Zoroastre) en ancienne Perse, l'actuel Iran. Le zoroastrisme, qui était l'une des religions dominantes de la Perse avant l'islamisation, est souvent considéré comme l'une des plus anciennes religions monothéistes et a influencé d'autres traditions religieuses par ses concepts dualistes de la lutte entre le bien et le mal.

Chacune de ces religions a contribué à la riche tapestry culturelle et historique de la région et continue d'influencer profondément les vies, les cultures et les politiques du Moyen-Orient moderne. La diversité religieuse et la profondeur historique font du Moyen-Orient un lieu d'une importance particulière pour les chercheurs, les croyants et les visiteurs du monde entier.

Judaïsme

Le judaïsme est en effet reconnu comme l'une des premières religions monothéistes de l'histoire. Émergeant dans la région du Levant, qui correspond aujourd'hui à Israël et à ses environs, le judaïsme a joué un rôle crucial dans le développement religieux et culturel de l'humanité. Les origines du judaïsme remontent à environ 2000 avant notre ère, avec les figures bibliques d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, considérés comme les patriarches de la religion. Le judaïsme est centré sur la croyance en un Dieu unique, YHWH (Yahweh), et sur une série de lois et de principes éthiques exprimés dans la Torah, qui fait partie de la plus vaste collection de textes sacrés connue sous le nom de Tanakh ou Bible hébraïque. Ce qui distingue le judaïsme des autres traditions religieuses de son temps est sa stricte monothéisme. Alors que de nombreuses cultures anciennes adhéraient au polythéisme, le judaïsme affirmait l'existence d'un seul Dieu souverain, créateur de l'univers et guide moral de l'humanité.

Outre sa dimension religieuse, le judaïsme a également une forte dimension ethnique et culturelle. Les Juifs se considèrent non seulement comme les adhérents d'une foi, mais aussi comme les membres d'un peuple ou d'une nation, liés par une histoire et des traditions communes. Au fil des siècles, le judaïsme a influencé significativement de nombreuses autres croyances et pratiques religieuses, en particulier le christianisme et l'islam, qui partagent certaines racines avec lui et reconnaissent de nombreuses figures bibliques juives comme prophètes ou enseignants importants.

Abraham, souvent considéré comme le père du monothéisme, est une figure centrale dans le judaïsme, le christianisme et l'islam. Selon la tradition juive, Abraham est né à Ur en Mésopotamie, pas à Édesse en Grèce. Édesse est une ville historique en Turquie, connue sous le nom d'Urfa, mais elle n'est pas liée à l'histoire d'Abraham dans les textes bibliques. Le récit biblique décrit son voyage de la Mésopotamie à Canaan, sur ordre de Dieu, qui lui promet de faire de ses descendants une grande nation. La relation complexe d'Abraham avec sa femme Sara et son esclave Agar est un élément crucial de l'histoire. Sara, ne pouvant avoir d'enfants, offre Agar à Abraham, d'où naît Ismaël. Plus tard, Sara donne naissance à Isaac. Dans la tradition juive, Isaac est le fils de la promesse, et les Juifs se considèrent comme ses descendants. Dans la tradition islamique, c'est Ismaël qui est souvent vu comme le fils de la promesse, bien que l'islam reconnaisse également l'importance d'Isaac. Jacob, le fils d'Isaac, est également une figure clé. Selon la tradition, il a eu 12 fils, dont les descendants sont devenus les Douze Tribus d'Israël, marquant la formation du peuple hébreu.

Le récit de l'esclavage en Égypte est une autre partie fondamentale de l'histoire juive. Les Hébreux, après avoir vécu en Égypte, sont réduits en esclavage et, des siècles plus tard, libérés sous la conduite de Moïse, un autre personnage central dans la tradition juive. Cette sortie d'Égypte, connue sous le nom d'Exode, est un événement clé dans l'histoire juive et est célébrée chaque année lors de la fête de Pessah (Pâque juive). Ces histoires ne sont pas seulement des récits religieux, mais elles ont également façonné l'identité culturelle et historique du peuple juif. Elles soulignent la relation continue entre le peuple juif, sa terre et sa foi, une relation qui reste centrale dans la compréhension de la culture et de l'histoire juives.

La figure de Moïse et l'événement de la révélation au Mont Sinaï sont en effet parmi les plus significatifs dans la tradition juive et ont une importance profonde dans l'histoire et l'identité du peuple juif. Selon le récit biblique, Moïse, un Hébreu élevé dans la maison du Pharaon en Égypte, est choisi par Dieu pour libérer les Israélites de l'esclavage. Après une série d'événements miraculeux, notamment les dix plaies d'Égypte, Moïse conduit les Israélites hors d'Égypte, un événement connu sous le nom d'Exode. L'Exode représente non seulement la libération physique du peuple juif, mais aussi son émergence en tant que nation unie sous Dieu.

Le moment le plus crucial de leur voyage est la révélation au Mont Sinaï, où, selon la tradition, Dieu (Yahvé) remet à Moïse la Torah, incluant les Dix Commandements. Ce moment est vu comme l'alliance fondamentale entre Dieu et les Israélites, où ils reçoivent un ensemble de lois et d'instructions pour guider leur vie spirituelle et sociale. La Torah, qui est le cœur du judaïsme, comprend non seulement les lois et les enseignements, mais aussi l'histoire du peuple juif depuis la création du monde. Les Dix Commandements sont particulièrement significatifs car ils établissent des principes moraux et éthiques fondamentaux, non seulement pour le judaïsme, mais aussi pour le christianisme et, indirectement, pour l'islam. Ils sont considérés comme la pierre angulaire de la loi et de l'éthique dans la tradition judéo-chrétienne. L'importance de ces événements dans le judaïsme ne peut être sous-estimée. Ils sont non seulement au cœur de la foi juive, mais ils ont également façonné les valeurs, les pratiques et l'identité du peuple juif. La commémoration de l'Exode lors de Pessah et la réception de la Torah à Shavouot sont des exemples de la façon dont ces événements historiques sont intégrés dans le cycle annuel des fêtes et célébrations juives, rappelant constamment au peuple juif son histoire et ses engagements envers Dieu.

Après leur Exode d'Égypte et leur périple dans le désert, les Israélites, sous la conduite de Josué, entrent en Canaan, une terre qui, selon la Bible, avait été promise par Dieu à leurs ancêtres. Ce processus, décrit dans les textes bibliques, implique une série de batailles et de conquêtes pour établir la présence israélite dans la région. Cependant, il est important de noter que l'exactitude historique de ces événements tels qu'ils sont décrits dans la Bible fait l'objet de débats parmi les historiens et archéologues.

Le roi David, qui règne au 10ème siècle avant notre ère, est une figure centrale dans l'histoire du peuple juif. Selon la tradition, il unifie les tribus d'Israël, conquiert Jérusalem et en fait la capitale de son royaume. Jérusalem acquiert alors une importance centrale dans la tradition juive, non seulement comme centre politique, mais aussi comme centre spirituel. Son fils, le roi Salomon, est célèbre pour avoir construit le Premier Temple à Jérusalem. Ce temple devient le centre du culte juif et est censé abriter l'Arche de l'Alliance, qui contient les tables de la Loi (les Dix Commandements) données à Moïse sur le Mont Sinaï. Le Temple de Salomon est non seulement un symbole de la souveraineté et de l'unité du royaume d'Israël, mais aussi un lieu de grande signification religieuse pour les Juifs.

La période des royaumes d'Israël et de Juda est également marquée par l'activité des prophètes, figures importantes dans la tradition juive. Ces prophètes, tels qu'Isaïe, Jérémie et Ézéchiel, jouent un rôle crucial en conseillant les rois, en critiquant les injustices sociales et morales, et en rappelant au peuple les commandements de Dieu. Leur message et leurs écrits constituent une part importante des textes bibliques et continuent d'influencer la pensée religieuse juive. Cette période est fondamentale dans la construction de l'identité et de la foi juives. Elle établit Jérusalem comme le cœur spirituel du judaïsme et pose les bases de nombreuses pratiques et croyances qui sont encore centrales dans le judaïsme contemporain.

Après la mort de Salomon, vers 926 avant notre ère, le royaume unifié d'Israël se divise en deux : le royaume du nord, nommé Israël, avec pour capitale Samarie, et le royaume du sud, nommé Juda, dont la capitale est Jérusalem. Cette division reflète non seulement des tensions politiques et économiques, mais aussi des différences religieuses et culturelles entre les deux royaumes. Le royaume du nord, Israël, était plus grand en termes de territoire et de population, mais il était aussi plus vulnérable aux influences extérieures et aux invasions en raison de sa position géographique.

Le royaume du nord subit finalement une défaite dévastatrice en 722 avant notre ère, lorsque les Assyriens, un puissant empire de l'époque, envahissent et conquièrent Samarie. Cet événement marque la fin du royaume d'Israël, avec une grande partie de sa population déportée et dispersée, phénomène souvent désigné par l'expression « les Dix Tribus perdues d'Israël ». Cette déportation et cette dispersion ont des conséquences profondes, non seulement politiquement et militairement, mais aussi en termes d'identité culturelle et religieuse. Le royaume du sud, Juda, survit à cette période mais devient vassal de divers empires, dont l'empire néo-babylonien. Cependant, Juda aussi finit par tomber, avec la conquête de Jérusalem et la destruction du Premier Temple par les Babyloniens en 586 avant notre ère, suivies par l'exil babylonien de l'élite judéenne. Ces événements sont d'une importance capitale dans l'histoire juive. Ils marquent non seulement des tournants politiques et militaires, mais aussi des moments cruciaux de transformation culturelle et religieuse. Les expériences de conquête, d'exil et de retour influencent profondément la pensée et la littérature juives, notamment avec la rédaction de nombreux textes bibliques et le renforcement de l'identité et de la foi juives autour de la Torah et de la communauté religieuse.

La destruction du royaume d'Israël par les Assyriens en 722 avant notre ère représente une première catastrophe majeure (ou "Churban" en hébreu) pour les Israélites. Cette invasion a conduit à la dispersion des dix tribus du royaume du nord, un événement souvent évoqué dans le contexte des « Dix Tribus perdues d'Israël ». Cette dispersion a eu un impact profond sur l'identité collective et la mémoire historique du peuple juif. En réponse à ces épreuves et aux défis posés par la vie en exil et sous domination étrangère, les rabbins et les érudits juifs ont joué un rôle essentiel dans la préservation et l'interprétation de la tradition juive. Cependant, il est important de noter que la Mishna, qui est une compilation majeure de la loi orale juive, a été rédigée plus tard, vers la fin du 2ème siècle de notre ère, bien après l'époque des royaumes d'Israël et de Juda. La Mishna, combinée avec le Gemara (un commentaire sur la Mishna), forme le Talmud, un texte central dans le judaïsme rabbinique.

Le Tanakh, quant à lui, comprend la Torah (les cinq livres de Moïse), les Nevi'im (les Prophètes), et les Ketuvim (les Écrits, y compris les Psaumes). Les prophètes comme Élie, Isaïe et Jérémie, qui ont vécu à différentes périodes, ont joué un rôle crucial dans la vie religieuse et sociale des Israélites, adressant des messages de réforme, de justice sociale et de fidélité à Dieu. Ces prophètes ont souvent agi pendant des périodes de crise et de changement, leurs enseignements et leurs actions reflétant les défis auxquels le peuple juif était confronté. Leurs écrits, qui font partie des Nevi'im, sont fondamentaux pour comprendre le judaïsme, la spiritualité juive et l'histoire du peuple juif. Ces textes ont joué un rôle crucial dans la préservation de l'identité juive et ont été une source de force et d'inspiration, en particulier pendant les périodes de persécution et de dispersion.

La destruction du Premier Temple de Jérusalem par Nabuchodonosor II, roi de l'Empire néo-babylonien, en 587 avant notre ère, représente en effet une catastrophe majeure pour le peuple juif. Cette destruction, accompagnée de la déportation d'une grande partie de la population judéenne vers la Mésopotamie, est un événement dévastateur qui a profondément marqué la conscience collective juive. L'Exil babylonien symbolise non seulement une perte territoriale et politique, mais aussi une crise spirituelle et identitaire profonde, poussant les Juifs à repenser leur relation avec Dieu, leur histoire et leur identité en tant que peuple. Le retour des Juifs en Judée commence avec l'ascension de Cyrus le Grand, roi de l'Empire perse, qui conquiert Babylone en 539 avant notre ère. Cyrus est connu pour sa politique de tolérance et de restauration des peuples déplacés, y compris les Juifs. Selon le Livre d'Esdras dans la Bible, Cyrus publie un édit permettant aux Juifs de retourner en Judée et de reconstruire le Temple de Jérusalem. Ce retour commence autour de 538 avant notre ère et marque un moment de renouveau pour la communauté juive.

Le Second Temple est reconstruit, mais sa construction ne commence pas sous Hérode le Grand. Le processus de reconstruction du Temple débute bien plus tôt, vers 516 avant notre ère, achevant ainsi la période de 70 ans d'exil prophétisée dans les écritures. Le Second Temple reste un centre religieux et communautaire majeur pour les Juifs jusqu'à sa destruction par les Romains en 70 de notre ère. Hérode le Grand, qui règne bien plus tard (37-4 avant notre ère), est connu pour avoir entrepris une grande rénovation et expansion du Second Temple, donnant à ce dernier une splendeur et une magnificence accrues. C'est cette version du Temple, agrandie et embellie par Hérode, qui était présente à l'époque de Jésus et qui est souvent évoquée dans le Nouveau Testament.

La Palestine est passée sous la domination romaine après la conquête romaine au 1er siècle avant notre ère. En 332 avant notre ère, c'est Alexandre le Grand de Macédoine qui conquiert la région, marquant le début de la période hellénistique. Après la mort d'Alexandre, la région passe sous le contrôle de diverses dynasties hellénistiques, notamment les Ptolémées d'Égypte et les Séleucides de Syrie. Ce n'est qu'au 1er siècle avant notre ère que la Judée devient un royaume client de l'Empire romain. Sous la domination romaine, les Juifs connaissent effectivement des périodes de répression, exacerbées par des tensions religieuses et culturelles, ainsi que par des charges fiscales lourdes. La destruction du Second Temple de Jérusalem par les Romains en 70 de notre ère, sous le commandement du futur empereur Titus, est un événement dévastateur pour le peuple juif. Cette destruction a lieu à la suite de la Grande Révolte juive contre la domination romaine. La perte du Temple, considéré comme le centre spirituel et national du judaïsme, a des conséquences profondes sur l'identité et la pratique religieuses juives. Suite à la destruction du Temple, la dispersion (ou "Diaspora") des Juifs s'accélère. Bien qu'il y ait déjà des communautés juives dispersées à travers le monde antique avant la destruction du Temple (par exemple en Égypte, en Babylonie, en Grèce et en Italie), cet événement marque le début d'une période de dispersion plus large et plus systématique. De nombreux Juifs fuient ou sont déportés de Judée et s'installent dans différentes parties de l'Empire romain et au-delà. Cette dispersion a un impact durable sur le judaïsme. Sans le Temple comme centre de culte, le judaïsme évolue, avec un accent accru sur la prière, l'étude des textes sacrés et la pratique religieuse dans les synagogues. La diaspora juive devient un élément central de l'identité juive, avec la notion d'un peuple uni par la foi et l'histoire, malgré la dispersion géographique.

La transition de l'identité de "Hébreux" à "Juifs" est effectivement un aspect important de l'histoire juive, et elle est liée à plusieurs facteurs, dont la perte du territoire et les changements politiques. À l'origine, le terme "Hébreux" (Ivrim en hébreu) est utilisé dans la Bible hébraïque pour désigner les ancêtres des Israélites, notamment dans le contexte de leurs relations avec d'autres peuples. Ce terme est souvent associé à des périodes antérieures de l'histoire juive, notamment l'époque des patriarches (Abraham, Isaac, Jacob) et l'Exode d'Égypte. Le terme "Juifs" (Yehudim en hébreu), en revanche, provient de "Judah" (Yehuda), l'un des douze fils de Jacob et une des douze tribus d'Israël. Après la division du royaume unifié en deux royaumes distincts, Israël (au nord) et Juda (au sud), et la chute du royaume d'Israël face aux Assyriens, le royaume de Juda devient le centre de l'identité israélite. Lorsque les Babyloniens détruisent le Premier Temple et exilent une grande partie de la population de Juda, ces personnes sont désignées comme les "Yehudim" ou "Juifs".

Avec la destruction du Second Temple par les Romains en 70 de notre ère et la dispersion subséquente des Juifs, l'identité juive devient encore plus centrée sur la religion et la culture, plutôt que sur un territoire ou une souveraineté politique spécifique. Le terme "Juif" devient donc synonyme d'une appartenance religieuse et culturelle, plutôt que d'une simple appartenance ethnique ou nationale. La perte du territoire et les changements politiques ont indéniablement joué un rôle dans cette évolution, mais la transition de "Hébreux" à "Juifs" reflète également une évolution interne de la compréhension et de l'auto-identification du peuple. Ainsi, le terme "Juif" englobe à la fois une identité religieuse, culturelle et ethnique, transcendant les frontières géographiques et politiques.

Les Juifs ashkénazes, originaires d'Europe centrale et orientale, ont développé une langue et une culture uniques. Le yiddish, leur langue, est un exemple remarquable de cette culture distinctive. Le yiddish est une langue germanique qui incorpore des éléments de l'hébreu et des langues slaves, reflétant l'histoire et les expériences des Juifs ashkénazes. Cette langue a été non seulement un outil de communication quotidienne, mais aussi un véhicule important pour la littérature, le théâtre et la poésie juifs ashkénazes. D'autre part, les Juifs séfarades, principalement issus de la péninsule ibérique (Espagne et Portugal), ont développé une autre langue hybride connue sous le nom de ladino ou judéo-espagnol. Le ladino, similaire au yiddish, mélange l'espagnol avec l'hébreu et d'autres langues telles que le turc et l'arabe, reflétant les migrations et les interactions des Juifs séfarades après leur expulsion d'Espagne en 1492.

En ce qui concerne les pratiques religieuses, le judaïsme est diversifié. Les pratiques orthodoxes s'en tiennent strictement aux lois et aux traditions juives, tandis que les mouvements réformés ou libéraux (appelés aussi progressistes ou modérés) ont tendance à adopter des interprétations et des pratiques plus souples. Il existe également des mouvements conservateurs et reconstructionnistes, qui cherchent un équilibre entre l'adhésion à la tradition et l'adaptation aux réalités contemporaines. Cette diversité reflète la capacité du judaïsme à évoluer et à s'adapter tout en préservant son identité et ses valeurs fondamentales. Les différentes communautés juives à travers le monde, qu'elles soient ashkénazes, séfarades ou d'autres origines, ont contribué à la riche tapestry de la culture et de la tradition juives, chacune apportant ses propres perspectives et expériences uniques.

Christianisme

Le christianisme est centré sur la figure de Jésus de Nazareth, que les chrétiens reconnaissent comme le Messie (le Christ) et le fils de Dieu. Sa naissance, sa vie, son enseignement, sa mort et sa résurrection sont au cœur de la foi chrétienne.

Selon le Nouveau Testament, Jésus est né à Bethléem, une petite ville de Judée. Les récits de sa naissance sont relatés dans les Évangiles de Matthieu et Luc, qui mentionnent la naissance virginale de Marie, sa mère, et l'annonce de sa naissance par des anges comme un événement d'une grande importance. Jésus a passé la majeure partie de sa vie dans la région de la Galilée, prêchant un message d'amour, de compassion et de repentance, appelant à un renouveau spirituel et à une relation personnelle avec Dieu. Il a rassemblé autour de lui un groupe de disciples et a effectué divers miracles, selon les récits évangéliques.

Sa crucifixion à Jérusalem est un moment central du christianisme. Les chrétiens croient que par sa mort, Jésus a offert le sacrifice ultime pour le pardon des péchés de l'humanité, et que sa résurrection trois jours plus tard offre la promesse du salut et de la vie éternelle. Cet événement est commémoré chaque année lors de la Pâque chrétienne. Le christianisme a commencé comme un mouvement au sein du judaïsme du 1er siècle, mais s'est rapidement étendu à d'autres populations, principalement non juives, à travers l'Empire romain et au-delà. La figure de Jésus et ses enseignements ont eu une influence profonde sur l'histoire de l'humanité, façonnant non seulement la religion chrétienne mais aussi de nombreux aspects de la civilisation occidentale et mondiale.

Sous l'empereur Constantin Ier, avec l'édit de Milan en 313 après J.-C., le christianisme est légalisé dans l'Empire romain, mettant fin aux persécutions officielles. Plus tard, sous l'empereur Théodose Ier en 380 après J.-C., le christianisme devient la religion officielle de l'Empire romain avec l'édit de Thessalonique. Cette reconnaissance impériale a profondément transformé le christianisme, lui permettant de se répandre et d'influencer tous les aspects de la société romaine. Cependant, cette intégration du christianisme dans les structures du pouvoir impérial a également créé des tensions et des divergences au sein de la communauté chrétienne. Certaines communautés chrétiennes ont cherché à se distancier de l'Église officielle et de l'Empire, soit en raison de différences théologiques, soit en réponse à ce qu'elles percevaient comme une corruption ou une politisation de leur foi. Ces groupes, souvent qualifiés de sectes ou d'hérésies par l'Église officielle, cherchaient à préserver une forme de christianisme qu'ils considéraient comme plus authentique ou fidèle aux enseignements originaux de Jésus et des apôtres.

De telles divergences ont conduit à divers schismes et mouvements au sein du christianisme, certains persistant pendant des siècles. Ces dissensions ont été exacerbées par des débats théologiques (comme la nature de la Trinité ou la relation entre la divinité et l'humanité de Jésus), des différences culturelles et linguistiques, et des conflits politiques au sein de l'Empire. L'intégration du christianisme dans la structure de l'Empire romain a donc eu un impact complexe : elle a permis une expansion et une institutionnalisation sans précédent de la religion, mais a également semé les graines de divisions internes qui continueront à façonner l'histoire du christianisme dans les siècles suivants.

Le débat sur la nature de Jésus est en effet l'un des plus grands et des plus significatifs dans l'histoire du christianisme. Cette question théologique, qui porte sur la relation entre la divinité et l'humanité de Jésus, a été au cœur de nombreuses controverses et a mené à plusieurs conciles majeurs dans l'Église primitive. La question principale était de savoir comment Jésus pouvait être à la fois pleinement divin et pleinement humain. Cette problématique a été abordée pour la première fois de manière significative au Concile de Nicée en 325 après J.-C., où la doctrine de la Trinité a commencé à prendre forme. Le Credo de Nicée, résultant de ce concile, a affirmé que Jésus était "de même substance" (homoousios) que le Père, établissant ainsi sa pleine divinité. Cependant, cette déclaration n'a pas mis fin au débat. Au cours des siècles suivants, différentes écoles de pensée ont émergé. Deux des plus influentes étaient l'arianisme, qui soutenait que Jésus, bien que divin, n'était pas de la même substance que le Père, et donc était inférieur à lui ; et le nestorianisme, qui enseignait que les natures divine et humaine de Jésus étaient séparées et distinctes.

Ces débats ont atteint leur apogée au Concile de Chalcédoine en 451 après J.-C., qui a abouti à la formulation dite de la "double nature" de Christ : Jésus était reconnu comme étant à la fois pleinement divin et pleinement humain, les deux natures étant unies en une seule personne sans être mélangées, confondues ou séparées. Cette doctrine est connue sous le nom de christologie chalcédonienne. Ce débat sur la nature de Jésus n'était pas seulement une question théologique abstraite ; il a eu des répercussions politiques, sociales et culturelles majeures dans l'Empire romain et au-delà. Les désaccords sur ces questions ont conduit à des schismes au sein de l'Église et ont même été la cause de conflits et de persécutions. La manière dont les différentes communautés chrétiennes ont répondu à ces questions a façonné de manière significative l'évolution du christianisme dans les siècles suivants.

Le Concile de Nicée, tenu en 325 après J.-C., est un moment crucial dans l'histoire du christianisme pour plusieurs raisons. Il s'agit du premier concile œcuménique, réunissant des évêques de tout l'Empire romain pour débattre et décider de questions théologiques centrales. Le principal enjeu de ce concile était de répondre à l'arianisme, une doctrine promue par Arius, un prêtre d'Alexandrie, qui soutenait que Jésus n'était pas de la même substance que Dieu le Père, mais était plutôt une créature créée par Dieu et inférieure à lui. Le Concile de Nicée a rejeté l'arianisme et a affirmé que Jésus était "consubstantiel" (de la même substance) que le Père, affirmant ainsi sa pleine divinité. Cette décision a été codifiée dans le Credo de Nicée, qui est devenu une déclaration fondamentale de la foi chrétienne.

Cependant la décision de Nicée n'a pas résolu toutes les controverses. Elle a conduit à la formation de différentes interprétations et églises, en particulier entre l'Église d'Orient et l'Église d'Occident. Ces différences étaient liées non seulement à des questions théologiques, mais aussi à des questions linguistiques, culturelles et politiques. Les Jacobites, par exemple, suivaient les enseignements de Jacques Baradaï et étaient associés à l'Église syriaque orthodoxe. Ils rejetaient les décisions du Concile de Chalcédoine (451 après J.-C.), qui avait élaboré davantage sur la nature de Christ en affirmant qu'il avait deux natures, divine et humaine, unies en une seule personne. Les Jacobites et d'autres groupes, comme les Nestoriens et les Monophysites, ont formé leurs propres communautés ecclésiastiques distinctes, souvent en opposition avec les doctrines établies par les autorités impériales et ecclésiastiques dominantes.

Ces divisions et controverses au sein du christianisme ont façonné de manière significative l'évolution de la religion, menant à une mosaïque complexe de traditions chrétiennes à travers le monde. Ces différentes communautés ont maintenu leurs propres interprétations théologiques, pratiques liturgiques et structures organisationnelles, contribuant à la diversité riche et parfois conflictuelle du christianisme à travers les siècles.

Le Concile de Chalcédoine, tenu en 451 après J.-C., est un événement majeur dans l'histoire du christianisme, car il a abordé de front la question complexe de la nature de Christ. Ce concile est souvent considéré comme l'apogée des débats christologiques qui ont traversé l'Église chrétienne pendant plusieurs siècles. La décision du Concile de Chalcédoine a établi que Jésus Christ possède deux natures distinctes - divine et humaine - unies en une seule personne (hypostase). Cette formulation est connue sous le nom de "christologie dyophysite". Selon cette doctrine, les deux natures de Christ coexistent sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation. Cela signifiait que, bien que Christ soit pleinement Dieu et pleinement homme, ses deux natures ne se mélangent pas, préservant ainsi à la fois sa divinité complète et son humanité complète.

Ce concile a été crucial pour établir une orthodoxie acceptée par la majorité des chrétiens, mais il a également conduit à des divisions significatives. Plusieurs Églises, notamment certaines Églises orientales, ont rejeté les décisions de Chalcédoine. Ces Églises sont souvent appelées "non chalcédoniennes" ou "pré-chalcédoniennes" et incluent l'Église copte en Égypte, l'Église éthiopienne orthodoxe, l'Église arménienne apostolique, et d'autres. Ces communautés ont maintenu leur propre compréhension de la nature de Christ, souvent en se concentrant sur l'unité de sa nature divine et humaine. Le Concile de Chalcédoine marque donc un moment charnière dans l'histoire du christianisme, établissant une doctrine fondamentale pour de nombreuses Églises chrétiennes, tout en créant des schismes durables avec d'autres communautés qui n'ont pas accepté ses conclusions. Ces divisions christologiques restent une facette importante des différences entre les diverses traditions chrétiennes jusqu'à ce jour.

Le Grand Schisme de 1054, marquant la séparation entre l'Église d'Orient, plus tard connue sous le nom d'Église orthodoxe, et l'Église d'Occident, l'Église catholique romaine, représente un tournant historique dans le christianisme. Cette rupture n'a pas été un événement isolé, mais plutôt l'aboutissement d'une longue période de divergences croissantes entre les deux branches de la chrétienté. Au cœur de ces divergences se trouvaient des différends théologiques et ecclésiastiques profonds. Un point de contention majeur concernait la question de l'autorité papale. L'Église de Rome, avec des figures comme le pape Léon IX, revendiquait une autorité suprême sur toutes les Églises chrétiennes, une position contestée par l'Église d'Orient. Le Patriarcat de Constantinople, sous des leaders comme Michel Cérulaire, rejetait l'idée d'une autorité centralisée et préconisait une approche plus collégiale.

Un autre élément clé de discorde était l'ajout du "Filioque" au Credo nicéen par l'Église d'Occident. Cette modification, affirmant que le Saint-Esprit procède du Père "et du Fils", était vue par l'Église d'Orient comme une altération inacceptable d'une doctrine établie lors des premiers conciles œcuméniques. Ce débat reflétait des différences plus larges dans la compréhension de la Trinité et de la nature de Dieu. Au-delà des questions théologiques, des différences culturelles et politiques jouaient également un rôle. L'effondrement de l'Empire romain d'Occident et la montée de l'Empire byzantin avaient créé un fossé entre les deux régions. Les différences linguistiques, le latin étant prédominant à l'Ouest et le grec à l'Est, contribuaient également à une séparation culturelle croissante.

L'événement symbolique qui a marqué le point culminant de ces tensions a été l'excommunication mutuelle de 1054. Des légats envoyés par le pape Léon IX à Constantinople ont excommunié le Patriarche Michel Cérulaire, qui a répondu en excommuniant les légats. Bien que cette excommunication ait été le geste le plus dramatique, elle représentait l'apogée d'une longue série de désaccords et de malentendus. Le Grand Schisme a eu des répercussions profondes sur le développement ultérieur du christianisme, solidifiant la division entre l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe. Cette division, ancrée dans des différences théologiques, culturelles et politiques, a façonné non seulement l'histoire religieuse mais aussi les trajectoires politiques et culturelles de l'Europe et des régions environnantes. Des efforts ont été faits dans les temps modernes pour le dialogue et la réconciliation, mais les divisions du Schisme de 1054 continuent d'influencer le paysage religieux et culturel mondial.

Au 16ème siècle, le christianisme a été profondément transformé par l'émergence du protestantisme, un mouvement qui a remis en question les doctrines et les pratiques de l'Église catholique romaine et a conduit à la Réforme protestante. Cette période marque un tournant crucial dans l'histoire religieuse de l'Europe et a eu des répercussions mondiales durables. La genèse du protestantisme est souvent attribuée à Martin Luther, un moine et théologien allemand. En 1517, Luther a affiché ses "95 Thèses" sur la porte de l'église de Wittenberg, critiquant divers aspects de l'Église catholique, notamment la vente des indulgences. Ses écrits ont rapidement circulé, alimentés par la récente invention de l'imprimerie, et ont trouvé un écho auprès d'un public de plus en plus mécontent de certaines pratiques de l'Église.

Luther a remis en question des doctrines clés de l'Église catholique, telles que l'autorité du pape et l'efficacité des œuvres pour le salut, préconisant plutôt la justification par la foi seule ("sola fide") et l'autorité des Écritures seules ("sola scriptura"). Ces idées ont remis en cause les fondements de l'Église catholique et ont initié une série de réformes religieuses à travers l'Europe. D'autres figures clés de la Réforme protestante comprenaient Jean Calvin à Genève, qui a développé un système théologique connu sous le nom de calvinisme, et Huldrych Zwingli à Zurich. Chacun de ces réformateurs a contribué à façonner divers courants du protestantisme, qui ont ensuite engendré une multitude de dénominations, y compris les luthériens, les réformés, les presbytériens et les anabaptistes, entre autres.

La Réforme a entraîné des changements profonds non seulement dans la sphère religieuse, mais aussi dans les domaines politique, culturel et social. Elle a conduit à des guerres de religion dans toute l'Europe, à des changements dans les structures du pouvoir politique, et a eu une influence sur l'éducation, la littérature et les arts. La Réforme protestante a également pavé la voie à l'expansion du christianisme dans le monde, en particulier à travers les activités missionnaires dans les colonies européennes. Ainsi, le 16ème siècle a été une période de transformation majeure pour le christianisme, avec le protestantisme remettant en question les structures établies de l'Église et redéfinissant la manière dont de nombreux chrétiens comprenaient leur foi et pratiquaient leur religion.

Durant l'histoire complexe du christianisme, il y a eu en effet des moments où certaines Églises orientales ont établi des liens avec l'Église catholique romaine, conduisant à des communautés chrétiennes qui combinent des éléments des traditions orientales et occidentales. Ces Églises, souvent appelées Églises catholiques orientales ou Églises uniates, ont conservé leurs rites liturgiques et leur patrimoine culturel oriental tout en acceptant l'autorité du pape et certaines doctrines catholiques romaines. Ce mouvement vers l'union avec Rome a été motivé par divers facteurs, y compris des considérations politiques, des désirs de soutien face à des pressions externes, et des intérêts théologiques et ecclésiastiques. Un exemple notable est l'Union de Brest en 1596, lorsque certains évêques de l'Église orthodoxe en Pologne-Lituanie ont accepté l'union avec l'Église catholique romaine, formant l'Église gréco-catholique ukrainienne. De même, l'Église catholique maronite du Liban a longtemps maintenu une communion avec Rome tout en préservant ses traditions liturgiques et spirituelles orientales.

En ce qui concerne la démographie chrétienne à travers les siècles, il est vrai que dans certaines régions, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la proportion de chrétiens par rapport à la population totale a diminué au fil du temps. Cette diminution peut être attribuée à divers facteurs, tels que les conversions, les migrations, les changements politiques, et les pressions sociales et économiques. Par exemple, après la conquête musulmane du Moyen-Orient, de nombreux chrétiens ont progressivement adopté la langue et la religion islamique, bien que des communautés chrétiennes aient continué à exister dans la région. Cependant, à l'échelle mondiale, le christianisme a connu une expansion significative, en grande partie grâce aux mouvements missionnaires et à la colonisation européenne entre le 16ème et le 20ème siècle. Aujourd'hui, le christianisme reste l'une des religions majeures du monde, avec une présence substantielle sur tous les continents. Il est important de noter que, malgré les défis et les changements, les communautés chrétiennes ont continué à préserver leur foi et leurs traditions, souvent dans des contextes culturels et politiques très divers. La capacité du christianisme à s'adapter et à se transformer tout en préservant ses croyances fondamentales est un aspect notable de son histoire.

Islam

//L’Islam connaît une personne centrale: Mahomet (570-632). Il commerce, connaît le monde et les autres religions. Conscient des injustices, cela explique l’importance fondamentale de la justice dans la religion. Alors qu’il reçoit les conseils de Dieu, cela créer des tensions avec ses proches.

En juin 622, il quitte La Mecque pour rejoindre Médine. Alors qu’il réussit son périple et réunit du monde autour de lui, il meurt en 632, sans laisser de successeur. À ce moment se pose la question de qui va guider l’Oummat. De cette division émergent les Sunnites (Sunna = tradition) et les chiites (Bei « t = de la maison). Le successeur est le calife, qui donnera naissance au califat (l’empire musulman). On se met d’accord sur ce débat et commence la période, en 632-661, des califes élus.

En 641-42 se déroule la Bataille de Nehavend (Ouradisia) entre les Arabes musulmans et l’empire sassanide. Les Arabes, victorieux, purent conquérir la Médie (nord-ouest de l’Iran) et répandre l’islam en Perse tandis que le roi Yazdgard III fuit vers le sud de son empire. Cette bataille est connue par les musulmans comme étant "la victoire des victoires".

Les Chiites sont les partisans d’Ali (~600-661), cousin et gendre du prophète tandis que les Sunnites privilégient un successeur désigné selon les compétences, Muawiya (602-680). La bataille de Siffin en 657 oppose les deux camps, sans désigner de vainqueurs. Ali accepte l’arbitrage, ce qui crée une nouvelle branche : certains de ses soutiens le critiquent pour sa décision et forment donc les Kharijites. Ali est tué, les kharidjites sont accusés et se dispersent. Muawiya soutient que la succession au calife sera héréditaire après lui et va réprimer la famille d’Ali. Son fils, Yazid, revient toujours comme le méchant dans le monde chiite. Yazid va poursuivre le fils d’Ali, Husayn.

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À Kerbala (Irak), en 680, se déroule une bataille entre les deux branches, Husayn et ses proches vont être décimés. La dynastie fondée par Muawiya, perdure jusqu’en 750, califat appelé Omeyyade, installé à Damas.

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Une révolte le renverse pour mettre en place la dynastie Abbasside, représentant l’âge d’or de l’Islam (culture, droit, science,…). Le déclin commence dès le début des croisades, vers 1090 jusqu’en 1291. À partir de 1250, en parallèle, débutent les invasions mongoles qui l’affaiblissent de l’autre côté. En 1258, le califat abbasside s’effondre, pris entre deux fronts : les croisades à l’ouest et les invasions mongoles à l’est.

Entre 1258 et 1500, le monde musulman reste très fragile entre les croisades et les Mongoles. La création de l’Empire ottoman et l’empire Séfévides (1501-1736) vont le stabiliser.

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1517 marque la prise du Caire par les Ottomans, revendiquant le titre de califat, qu’ils transféreront à Istanbul. Mais à la fin du 19ème siècle, bien que l’empire soit sur le déclin, il conservera le lexique de califat, dénué de toute connotation politique, mais conservant sa valeur religieuse. En 1924, Mustafa Kemal abroge le califat. Entre 2014 et 2019, Abu Bakhr Al-Bagdadi s’était autoproclamé Calife (Daesh).

Les musulmans font une séparation tant temporelle que spatiale. D’une part, Jahiliya, période d’ignorance des mœurs musulmanes – qui caractérise l’Arabie avant le 7ème siècle – et aujourd’hui. Sur le plan spatial, Dar al Islam (pays de l’Islam) et Dar al Harb (pays de guerre). Il existe aussi une différence entre les gens : ceux du livre (Al-Kithab), adhérant aux religions monothéistes et invité à adhérer à l’Islam et les autres (qui disparaissent). Le souverain musulman s’engage à protéger les adhérents – Dhimmis, citoyens non musulmans – tandis que les croyants d’autres religions seront soumis à une taxe.

Le statut des gens du livre ne vise pas l’égalité, mais la tolérance.

Sunnisme et Chiisme

Pour les chiites, le pouvoir a été approprié illégitimement. Ils vont se forger une culture du martyr. C’est dans ce contexte qu’apparaissent les imams (descendants du Prophète selon un lien du sang), censés guider la Oummat. Cette hiérarchie a pour but de promouvoir le coran et ses interprétations à la communauté. Du côté des Sunnites, on refuse l’idée qu’il existe une autorité intermédiaire entre Dieu et le croyant.

Ainsi, pour les chiites, le religieux est très important. Les zaydites (Yémen) ne reconnaissent pas le 6ème Imam tandis que les Ismaéliens arrivent jusqu’au 7ème Imam avant de considérer le prochain comme illégitime. Le 12ème imam, après avoir disparu (occulté en 941), est réapparu dans le monde Chiites : cela donne naissance à une nouvelle idéologie, le chiisme duodécimain (90 % des chiites actuels).

L’Islam sunnite connaît aussi des divisions, qu’on appelle Madhab (écoles). Il y en a 4: Hanafite, Chaféite, Malékite, Hanbalite. Les savants ont dû fournir une interprétation (jurisprudence) du Coran, ce qui a débouché sur ces différentes branches. La pratique du Prophète influence l’interprétation du Coran.

Il existe d’autres groupes au Moyen-Orient: Alawites en Syrie, Qizilbash, Druzes (Liban, Israël,…), Alévis (Turquie). Ils sont syncrétiques, donc issus de la fusion de différents cultes (ou hétérodoxes). On peut les considérer comme les sous-branches du Chiisme. Dans tous les cas, la dimension de la trinité entre Mahomet, Allah et Ali est très présente.

Annexes

Références