« Langues, religions et cultures au Moyen-Orient » : différence entre les versions

De Baripedia
Aucun résumé des modifications
Ligne 32 : Ligne 32 :


La famille Ouralo-altaïque englobe des langues parlées dans une grande partie de l'Asie et certaines régions de l'Europe de l'Est. Dans le contexte du Moyen-Orient, cette famille est principalement représentée par le turc, langue officielle de la Turquie, qui témoigne de l'expansion des peuples turciques et de l'influence historique de l'Empire ottoman dans la région. D'autres langues comme l'azéri, parlé en Azerbaïdjan et par certaines communautés en Iran, appartiennent également à cette famille. La famille Indo-européenne, qui est l'une des plus larges et diversifiées au monde, comprend des langues telles que le persan, le kurde et l'arménien. Le persan, en particulier, a une importance historique et culturelle majeure, étant la langue de l'antique Empire perse et de l'Iran moderne. Le kurde, parlé par le peuple kurde réparti entre l'Irak, l'Iran, la Syrie et la Turquie, et l'arménien, langue de l'Arménie et de la diaspora arménienne, complètent cette richesse linguistique. Enfin, la famille des langues sémitiques est cruciale dans le contexte du Moyen-Orient. L'arabe, langue du Coran et lingua franca de nombreux pays arabes, est la plus répandue de cette famille. L'hébreu, langue ancienne qui a connu une renaissance moderne avec la création de l'État d'Israël, et d'autres langues comme l'araméen et l'assyrien, bien que moins parlées, ont une importance historique et culturelle significative.
La famille Ouralo-altaïque englobe des langues parlées dans une grande partie de l'Asie et certaines régions de l'Europe de l'Est. Dans le contexte du Moyen-Orient, cette famille est principalement représentée par le turc, langue officielle de la Turquie, qui témoigne de l'expansion des peuples turciques et de l'influence historique de l'Empire ottoman dans la région. D'autres langues comme l'azéri, parlé en Azerbaïdjan et par certaines communautés en Iran, appartiennent également à cette famille. La famille Indo-européenne, qui est l'une des plus larges et diversifiées au monde, comprend des langues telles que le persan, le kurde et l'arménien. Le persan, en particulier, a une importance historique et culturelle majeure, étant la langue de l'antique Empire perse et de l'Iran moderne. Le kurde, parlé par le peuple kurde réparti entre l'Irak, l'Iran, la Syrie et la Turquie, et l'arménien, langue de l'Arménie et de la diaspora arménienne, complètent cette richesse linguistique. Enfin, la famille des langues sémitiques est cruciale dans le contexte du Moyen-Orient. L'arabe, langue du Coran et lingua franca de nombreux pays arabes, est la plus répandue de cette famille. L'hébreu, langue ancienne qui a connu une renaissance moderne avec la création de l'État d'Israël, et d'autres langues comme l'araméen et l'assyrien, bien que moins parlées, ont une importance historique et culturelle significative.
Cette carte colorée représente les langues parlées au Moyen-Orient et illustre la densité de population des régions où ces langues sont prédominantes. Elle distingue les langues par famille linguistique et par concentration de population dans les régions concernées.
Les zones en jaune représentent les régions densément peuplées où l'arabe est prédominant. Cela inclut des pays comme l'Égypte, l'Arabie Saoudite, le Yémen, la Jordanie, le Liban, et d'autres. L'arabe est la langue principale du groupe linguistique sémitique et est répandu à travers toute la péninsule arabique et au-delà.
Les nuances de vert indiquent les langues indo-européennes, avec une prédominance du persan (ou farsi) en Iran, du kurde dans certaines régions de Turquie, d'Irak, d'Iran et de Syrie, et de l'arménien en Arménie. Cette famille de langues a des îlots dispersés à travers la région, reflétant les différents groupes ethniques et leurs migrations historiques.
Le rouge et ses variantes montrent les langues turciques, principalement le turc en Turquie, l'azéri en Azerbaïdjan, et d'autres langues turciques dans des régions adjacentes. Ces langues sont issues de la famille Ouralo-altaïque et témoignent de l'influence historique des peuples turciques et de l'Empire ottoman.
En outre, des nuances de marron et de gris soulignent les langues caucasiennes et autres langues minoritaires, indiquant une grande diversité linguistique mais avec une densité de population généralement plus faible. Cela comprend les langues parlées dans le Caucase, comme le géorgien, ainsi que d'autres langues minoritaires.
Cette carte n'est pas simplement un aperçu de la diversité linguistique; elle suggère également des histoires de peuplement, de commerce, de conquête et de culture. La répartition des langues et des peuples dans le Moyen-Orient a été influencée par des facteurs géographiques, des empires historiques, des mouvements migratoires et des changements politiques. Les langues, en tant que vecteurs de culture, reflètent ces dynamiques complexes et leur compréhension est essentielle pour saisir la richesse de l'histoire et de la culture de la région.


Ces langues ne sont pas seulement des moyens de communication; elles sont porteuses d'identités culturelles, de littératures riches et de traditions. Elles reflètent l'histoire complexe de la région, marquée par des empires, des migrations et des échanges culturels, et montrent comment la diversité linguistique du Moyen-Orient est un témoin vivant de son passé riche et de son présent dynamique.
Ces langues ne sont pas seulement des moyens de communication; elles sont porteuses d'identités culturelles, de littératures riches et de traditions. Elles reflètent l'histoire complexe de la région, marquée par des empires, des migrations et des échanges culturels, et montrent comment la diversité linguistique du Moyen-Orient est un témoin vivant de son passé riche et de son présent dynamique.

Version du 10 décembre 2023 à 21:22

La région du Moyen-Orient, berceau de civilisations anciennes et carrefour de routes commerciales historiques, se distingue par une diversité linguistique, religieuse et culturelle remarquable. Cette diversité est le fruit d'une histoire riche et complexe, façonnée par d'innombrables peuples, empires et mouvements.

Au niveau linguistique, le Moyen-Orient est un patchwork de langues où l'arabe se distingue par sa prédominance dans des pays comme l'Égypte et l'Arabie Saoudite. Le persan, ou Farsi, est un pilier linguistique de l'Iran, reflétant l'héritage de l'Empire perse, tandis que le turc, langue officielle de la Turquie, témoigne de l'influence ottomane. L'hébreu, langue ancestrale ayant connu une résurrection unique avec la création de l'État d'Israël en 1948, et le kurde, parlé dans des régions allant du nord de l'Irak au sud-est de la Turquie, complètent ce paysage linguistique. Religieusement, l'Islam domine, avec des branches telles que le sunnisme et le chiisme. Des figures historiques comme le calife Omar, qui a régné de 634 à 644 après J-C, et Ali, gendre du prophète Mahomet, incarnent les débuts de ces divisions. Le christianisme, présent depuis ses origines, a vu des communautés comme les Coptes en Égypte perdurer malgré les changements politiques et sociaux. En Israël, le judaïsme est central, illustré par des figures historiques telles que David Ben-Gourion, principal fondateur de l'État d'Israël.

La culture du Moyen-Orient, profondément influencée par ces diversités linguistiques et religieuses, est riche en expressions artistiques, musicales et culinaires. Par exemple, l'art islamique, avec ses motifs géométriques complexes, reflète les interdits religieux sur les représentations figuratives. La musique classique arabe, portée par des icônes comme Oum Kalthoum, a influencé la culture régionale bien au-delà des frontières linguistiques. Les festivités telles que le Ramadan et le Norouz persan sont des exemples de la façon dont les traditions religieuses et culturelles se sont entremêlées pour former des pratiques uniques.


Langues

A language map of the Middle East (Izady).png

La diversité linguistique du Moyen-Orient est en effet un de ses traits les plus distinctifs, illustrée par la présence de trois grandes familles linguistiques: Ouralo-altaïque, Indo-européenne et Sémite.

La famille Ouralo-altaïque englobe des langues parlées dans une grande partie de l'Asie et certaines régions de l'Europe de l'Est. Dans le contexte du Moyen-Orient, cette famille est principalement représentée par le turc, langue officielle de la Turquie, qui témoigne de l'expansion des peuples turciques et de l'influence historique de l'Empire ottoman dans la région. D'autres langues comme l'azéri, parlé en Azerbaïdjan et par certaines communautés en Iran, appartiennent également à cette famille. La famille Indo-européenne, qui est l'une des plus larges et diversifiées au monde, comprend des langues telles que le persan, le kurde et l'arménien. Le persan, en particulier, a une importance historique et culturelle majeure, étant la langue de l'antique Empire perse et de l'Iran moderne. Le kurde, parlé par le peuple kurde réparti entre l'Irak, l'Iran, la Syrie et la Turquie, et l'arménien, langue de l'Arménie et de la diaspora arménienne, complètent cette richesse linguistique. Enfin, la famille des langues sémitiques est cruciale dans le contexte du Moyen-Orient. L'arabe, langue du Coran et lingua franca de nombreux pays arabes, est la plus répandue de cette famille. L'hébreu, langue ancienne qui a connu une renaissance moderne avec la création de l'État d'Israël, et d'autres langues comme l'araméen et l'assyrien, bien que moins parlées, ont une importance historique et culturelle significative.


Cette carte colorée représente les langues parlées au Moyen-Orient et illustre la densité de population des régions où ces langues sont prédominantes. Elle distingue les langues par famille linguistique et par concentration de population dans les régions concernées.

Les zones en jaune représentent les régions densément peuplées où l'arabe est prédominant. Cela inclut des pays comme l'Égypte, l'Arabie Saoudite, le Yémen, la Jordanie, le Liban, et d'autres. L'arabe est la langue principale du groupe linguistique sémitique et est répandu à travers toute la péninsule arabique et au-delà.

Les nuances de vert indiquent les langues indo-européennes, avec une prédominance du persan (ou farsi) en Iran, du kurde dans certaines régions de Turquie, d'Irak, d'Iran et de Syrie, et de l'arménien en Arménie. Cette famille de langues a des îlots dispersés à travers la région, reflétant les différents groupes ethniques et leurs migrations historiques.

Le rouge et ses variantes montrent les langues turciques, principalement le turc en Turquie, l'azéri en Azerbaïdjan, et d'autres langues turciques dans des régions adjacentes. Ces langues sont issues de la famille Ouralo-altaïque et témoignent de l'influence historique des peuples turciques et de l'Empire ottoman.

En outre, des nuances de marron et de gris soulignent les langues caucasiennes et autres langues minoritaires, indiquant une grande diversité linguistique mais avec une densité de population généralement plus faible. Cela comprend les langues parlées dans le Caucase, comme le géorgien, ainsi que d'autres langues minoritaires.

Cette carte n'est pas simplement un aperçu de la diversité linguistique; elle suggère également des histoires de peuplement, de commerce, de conquête et de culture. La répartition des langues et des peuples dans le Moyen-Orient a été influencée par des facteurs géographiques, des empires historiques, des mouvements migratoires et des changements politiques. Les langues, en tant que vecteurs de culture, reflètent ces dynamiques complexes et leur compréhension est essentielle pour saisir la richesse de l'histoire et de la culture de la région.

Ces langues ne sont pas seulement des moyens de communication; elles sont porteuses d'identités culturelles, de littératures riches et de traditions. Elles reflètent l'histoire complexe de la région, marquée par des empires, des migrations et des échanges culturels, et montrent comment la diversité linguistique du Moyen-Orient est un témoin vivant de son passé riche et de son présent dynamique.

Comme partout ailleurs, de nombreux dialectes sont présents. Environ 20 langues minoritaires sont également parlées au Moyen-Orient. Par exemple, à l’intérieur de la Turquie, le turc change beaucoup. C’est la même chose pour l’arabe, le kurde, l’arménien.

Les mouvements de population ainsi que la religion ont fortement propagé les différents langages.

Depuis, les États-nations instaurent un ou plusieurs langages officiels sur leur territoire et pour leur population. Les effets de l’imposition d’une langue étatique poussent à la fois au nationalisme et à la disparition des autres dialectes, mais à la fois à l’intérêt de ces langues « interdites ».

Religion

Au sens large, le Moyen-Orient comprend l’Anatolie, l’Égypte et la Mésopotamie. C’est aussi le lieu de naissance des trois religions monothéistes ou révélées : le Christianisme, l’Islam et le Judaïsme. Cette région a aussi vu également naître le zoroastrisme, qui résume la vie entre la lutte perpétuelle entre le Bien et le Mal.

Judaïsme

Il s’agit là de la première religion monothéiste. Dans le récit, Abraham fait une alliance avec Jahvé qui lui promet une Terre promise, le pays de Canaan. Les descendants d’Abraham sont en fait venus de la Mésopotamie, Édesse (une région en Grèce). Abraham s’y installe en -2500. Il a une femme, Sara, et une esclave, Agar. Il a deux enfants : Isaac, fils de Sara, ancêtre des juifs et Ismaël, fils d’Agar, ancêtre des musulmans. Le fils d’Isaac, Jacob, va créer les 12 tribus d’Israël et constituer les Hébreux. Ils vont s’installer en Égypte, mais vont être réduits en esclavage. C’est à ce moment que Moïse entre en scène, voulant les ramener à Canaan, la terre promise. Sur le Sinaï, Dieu (Yahve) lui remet la Torah, la loi, les Enseignement (Les 10 commandement). Au 13ème siècle avant J-C, les Hébreux conquièrent le Canaan/Palestine. Davi fait de Jérusalem la capitale de son Etat, et le roi, Salomon, son fils, va y édifier le Temple (Xe siècle av.J-C), là où sera déposée la loi remise à Moïse, l’Arche de l’Alliance. C’est aussi la période des prophètes. Puis à partir de 926 av.J-C on observe une division, un déclin du royaume de Salomon, avec Juda, au sud, dont la capitale est Jérusalem et Israël, au nord, dont la capitale est Samarie, (destruction par les Assyriens -720). La première catastrophe, en -722, est la destruction d’Israël par les Assyriens. Les rabbins vont élaborer le commentaire de la Torah, la Mishna, qu’ils vont améliorer, ce qui deviendra avec la Torah, le Talmud (Torah (Pentateuque-5 Livres) + les livres des Prophètes et psaumes = Tanah (bible juive)). C’est aussi l’époque des prophètes avec Elie, Isaïe, Jérémie… En 587 av.J-C, la destruction du 1er Temple par Nabucodonosor 604-562 av.J-C (Empire néo-babylonien), marque la déportation des Hébreux en Mésopotamie, et la deuxième catastrophe majeure. Puis, il y a de nouveau un retour en Palestine pour les Hébreux, grâce à Cyrus le Grand (559-539 av.J-C) roi des Perses et des Mèdes) qui prend des mesures favorables aux Hébreux qui peuvent retourner en Palestine dès 538 av.J-C. On note d’ailleurs la construction du Second TEMPLE, 516 av.J-C par Hérode Ier le Grand. Puis, dès 332 av. J-C la Palestine est sous la domination romaine, alors les hébreux sont victimes de répression, de révoltes, et d’attaque de la religion. La destruction du Second Temple par Titus en 70 de notre ère, marque la DISPERSION (et « déportation ») à travers le monde du peuple hébraïque. Dès lors, les juifs vont se disperser dans le monde (étymologie du mot « diaspora »). A.p. de cette date, la notion de « Juifs » (référence à la religion) est substituée à celle de « Hébreux » (On se demande encore si cela est dû à la perte du territoire, ou si cela est une question de souveraineté politique ?).

Les juifs ashkénazes vont s’établir en Europe et vont donner naissance à une langue hybride entre l’Hébreu et l’Allemand (Yiddish) tandis que les juifs établis en Espagne vont créer le Ladino. À cela, il faut ajouter le caractère de la religion (orthodoxe, modéré…).

Christianisme

Pour le Christianisme, le prophète est Jésus, né à Bethléem et crucifié à Jérusalem. Au 4ème siècle, la religion devient celle de l’Empire romain. Pour ne pas être liés aux Romains pour des raisons politiques, certains chrétiens se détachent de l’empire et de la religion qui l’accompagne. Le plus grand débat repose sur la nature de Jésus : est-il homme ? Fils de Dieu ?

Le conseil de Nicée tranche en 325 sur le fait que Jésus est consubstantiel au Père engendré et non pas créé. Ceci va procéder à la création de plusieurs églises, d’Orient et d’Occident (deux natures en une personne : divine et humaine). Ces églises vont aussi soit accepter la version de l’Empereur ou bien la rejeter (Jacobites).

En 1054, Rome et Constantinople subissent le Grand Schisme, celui des églises d’Orient et d’Occident. Au 16ème siècle, le protestantisme fait son apparition. Dans l’intervalle, certaines églises d’Orient vont prêter allégeance à Rome. Alors que la diversité religieuse est surprenante, les Chrétiens sont, au fil des siècles, de moins en moins nombreux.

Islam

L’Islam connaît une personne centrale: Mahomet (570-632). Il commerce, connaît le monde et les autres religions. Conscient des injustices, cela explique l’importance fondamentale de la justice dans la religion. Alors qu’il reçoit les conseils de Dieu, cela créer des tensions avec ses proches.

En juin 622, il quitte La Mecque pour rejoindre Médine. Alors qu’il réussit son périple et réunit du monde autour de lui, il meurt en 632, sans laisser de successeur. À ce moment se pose la question de qui va guider l’Oummat. De cette division émergent les Sunnites (Sunna = tradition) et les chiites (Bei « t = de la maison). Le successeur est le calife, qui donnera naissance au califat (l’empire musulman). On se met d’accord sur ce débat et commence la période, en 632-661, des califes élus.

En 641-42 se déroule la Bataille de Nehavend (Ouradisia) entre les Arabes musulmans et l’empire sassanide. Les Arabes, victorieux, purent conquérir la Médie (nord-ouest de l’Iran) et répandre l’islam en Perse tandis que le roi Yazdgard III fuit vers le sud de son empire. Cette bataille est connue par les musulmans comme étant "la victoire des victoires".

Les Chiites sont les partisans d’Ali (~600-661), cousin et gendre du prophète tandis que les Sunnites privilégient un successeur désigné selon les compétences, Muawiya (602-680). La bataille de Siffin en 657 oppose les deux camps, sans désigner de vainqueurs. Ali accepte l’arbitrage, ce qui crée une nouvelle branche : certains de ses soutiens le critiquent pour sa décision et forment donc les Kharijites. Ali est tué, les kharidjites sont accusés et se dispersent. Muawiya soutient que la succession au calife sera héréditaire après lui et va réprimer la famille d’Ali. Son fils, Yazid, revient toujours comme le méchant dans le monde chiite. Yazid va poursuivre le fils d’Ali, Husayn.

MOMCENC - Califat Omeyyade.png

À Kerbala (Irak), en 680, se déroule une bataille entre les deux branches, Husayn et ses proches vont être décimés. La dynastie fondée par Muawiya, perdure jusqu’en 750, califat appelé Omeyyade, installé à Damas.

MOMCENC - Califat Abbasside.png

Une révolte le renverse pour mettre en place la dynastie Abbasside, représentant l’âge d’or de l’Islam (culture, droit, science,…). Le déclin commence dès le début des croisades, vers 1090 jusqu’en 1291. À partir de 1250, en parallèle, débutent les invasions mongoles qui l’affaiblissent de l’autre côté. En 1258, le califat abbasside s’effondre, pris entre deux fronts : les croisades à l’ouest et les invasions mongoles à l’est.

Entre 1258 et 1500, le monde musulman reste très fragile entre les croisades et les Mongoles. La création de l’Empire ottoman et l’empire Séfévides (1501-1736) vont le stabiliser.

MOMCENC - the gunpowder empires.png

1517 marque la prise du Caire par les Ottomans, revendiquant le titre de califat, qu’ils transféreront à Istanbul. Mais à la fin du 19ème siècle, bien que l’empire soit sur le déclin, il conservera le lexique de califat, dénué de toute connotation politique, mais conservant sa valeur religieuse. En 1924, Mustafa Kemal abroge le califat. Entre 2014 et 2019, Abu Bakhr Al-Bagdadi s’était autoproclamé Calife (Daesh).

Les musulmans font une séparation tant temporelle que spatiale. D’une part, Jahiliya, période d’ignorance des mœurs musulmanes – qui caractérise l’Arabie avant le 7ème siècle – et aujourd’hui. Sur le plan spatial, Dar al Islam (pays de l’Islam) et Dar al Harb (pays de guerre). Il existe aussi une différence entre les gens : ceux du livre (Al-Kithab), adhérant aux religions monothéistes et invité à adhérer à l’Islam et les autres (qui disparaissent). Le souverain musulman s’engage à protéger les adhérents – Dhimmis, citoyens non musulmans – tandis que les croyants d’autres religions seront soumis à une taxe.

Le statut des gens du livre ne vise pas l’égalité, mais la tolérance.

Sunnisme et Chiisme

Pour les chiites, le pouvoir a été approprié illégitimement. Ils vont se forger une culture du martyr. C’est dans ce contexte qu’apparaissent les imams (descendants du Prophète selon un lien du sang), censés guider la Oummat. Cette hiérarchie a pour but de promouvoir le coran et ses interprétations à la communauté. Du côté des Sunnites, on refuse l’idée qu’il existe une autorité intermédiaire entre Dieu et le croyant.

Ainsi, pour les chiites, le religieux est très important. Les zaydites (Yémen) ne reconnaissent pas le 6ème Imam tandis que les Ismaéliens arrivent jusqu’au 7ème Imam avant de considérer le prochain comme illégitime. Le 12ème imam, après avoir disparu (occulté en 941), est réapparu dans le monde Chiites : cela donne naissance à une nouvelle idéologie, le chiisme duodécimain (90 % des chiites actuels).

L’Islam sunnite connaît aussi des divisions, qu’on appelle Madhab (écoles). Il y en a 4: Hanafite, Chaféite, Malékite, Hanbalite. Les savants ont dû fournir une interprétation (jurisprudence) du Coran, ce qui a débouché sur ces différentes branches. La pratique du Prophète influence l’interprétation du Coran.

Il existe d’autres groupes au Moyen-Orient: Alawites en Syrie, Qizilbash, Druzes (Liban, Israël,…), Alévis (Turquie). Ils sont syncrétiques, donc issus de la fusion de différents cultes (ou hétérodoxes). On peut les considérer comme les sous-branches du Chiisme. Dans tous les cas, la dimension de la trinité entre Mahomet, Allah et Ali est très présente.

Annexes

Références