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La naissance d’une conscience internationale et humanitaire : cosmopolites, abolitionnistes, pacifistes

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La naissance d’une conscience internationale et humanitaire : cosmopolites, abolitionnistes, pacifistes
Faculté Faculté des Lettres
Département Département d’histoire générale
Professeur(s) Matthias Schulz
Cours Sociétés et acteurs non-gouvernementaux en relations internationales

Lectures


Introduction[edit | edit source]

Définition[edit | edit source]

À chaque période et à chaque époque, des ONG se sont formées. Leurs principes et leurs varient cependant. Ils s’adressent typiquement à des questions d’actualité, à des problèmes brulants qui les intrigues. Les formes d’organisation varient également, les types d’activités, les pratiques que les ONG développent évoluent également. On va essayer de comprendre un peu les coopérations et les rivalités qui existent entre les ONG qui sont parfois un problème sur le terrain dans les pays en voie de développement ou lors d’une crise, lors d’un conflit armé par exemple. Nous allons discuter de façon systématique le financement et les différents types de financement des ONG, leur légitimé, c’es-à-dire en quoi se constitue la légitimité des ONG et comment construisent-elles leur influence ou l’exercice de leur influence et que veulent-elles influencer, comment arrivent-elles au mieux, au but d’exercer une influence réelle sur les relations internationales. En fin de compte, il faut se poser la question des effets des ONG sur la vie internationale.

Donc, on peut évidemment discerner différents éléments comme, par exemple, la prise de conscience par l’opinion publique, la défrontièrisation de la solidarité qui est un phénomène qui est l’une des caractéristiques majeures des ONG et des activités des ONG. Mais, ce qui est aussi important est les effets que les ONG ont sur les États, les effets qu’elles ont sur le cadre normatif qui se développe en droit international. Ce sont des normes de comportement, mais aussi des normes juridiques qui sont mises en place et il faut distinguer leurs effets sur le court terme et sur le long terme. Nous allons saisir que les effets des ONG ne se sont pas fait sentir tout de suite dans certains domaines tandis que dans d’autres ils ont réussi à imposer leur projet très rapidement à un nombre d’État, ce qui parait surprenant.

Les pacifistes sont d’une certaine manière l’évolution des cosmopolites du XVIIIème siècle. Le mouvement pacifiste et le mouvement abolitionniste au début du XIXème siècle étaient formés en grande partie par les mêmes personnes qui étaient dans les deux mouvements. Cependant, il y a un mouvement qui a réussi et l’autre certainement non. Cela mène à des questions, pourquoi l’un des groupements réussis et pourquoi l’autre groupement ne réussit pas bien qu’il y a eu les mêmes personnes dans les deux mouvements qui ont engagé les deux mêmes types d’activités plus ou moins, donc cela parait quand même intéressant de les comparer.

Après la guerre de Crimée en 1858, il y a eu une certaine pose dans le pacifisme, un repli puis à partir des années 1860, le mouvement pacifiste a vu la naissance d’une deuxième génération et a pris plus d’ampleur, et ce surtout au cours des années 1880 et 1890 et au cours des années 1900 où le mouvement pacifiste connaît son âge d’or. Cependant, il n’a pas pu empêcher l’éclatement de la Première Guerre mondiale.

La deuxième partie porte sur le mouvement abolitionniste et son internationalisation et cela va cette fois-ci un peu plus loin jusqu’à la fin du XIXème siècle, à savoir jusqu’à l’acceptation par un Congrès international des gouvernements d’un acte de Bruxelles contre la Traite des esclaves et contre l’esclavage. Ce mouvement va d’une certaine manière à un aboutissement heureux.

Définition et contexte général[edit | edit source]

Il y a de nombreux termes clefs qu’il faut comprendre. Un des termes clefs et la société civile. Une société civile s’est formée où s’est développé un bourgeoisie industrielle et éducative à partir du XVIIIème siècle et XIXème siècle. C’était d’abord le cas en Grande Bretagne et puis avec l’expansion de l’industrialisation et la naissance d’une classe moyenne que l’on appelle bourgeoisie en histoire en générale. Cette classe devient de plus en plus importante et plus grande. Il y a eu aussi des modifications dans les systèmes politiques et donc la société civile et un ensemble des citoyens et non pas des sujets munis de droits politiques et civiques qui leurs permettent de s’organiser librement. La naissance d’une société civile dépend de la possibilité de s’organiser librement, de s’associer, de manifester et d’exprimer librement son opinion dans la presse. Tout cela sont des préconditions pour le fleurissement d’une société civile. Cela dit, il peut aussi y avoir une société civile contre un État qui les supprimes, c’set-à-dire une société civile mais qui va opérer clandestinement, une société civile qui est frappée par des emprisonnement, une société civile qui se mobilise malgré tout, malgré l’opposition de l’État. Mais, évidemment, une telle société aura de grandes difficultés afin de s’associer, de s’organiser et de manifester pour exprimer leur opinion d’une manière libre. Donc, on voit qu’avec un accroissement des libertés, la société civile se développe et s’agrandie. Cela avait lieu essentiellement à partir du XVIIIème siècle en Grande Bretagne puis sur le continent européen et aux États-Unis.

Cette société civile commence à fonder des associations privées à but non lucratif, faisant aussi des associations telles que des entreprises et des syndicats ou encore des organisations religieuses ou des organisations avec un arrière plan religieux mais avec un but ou un objectif non religieux. Donc, ils développent une activité associative très vaste. On peut notamment citer qu’ils organisaient des associations de chant, des associations sportives, des associations philanthropiques, et d’entre aide communal, on voit une certaine sécularisation des associatives de la bourgeoisie. Ceci est donc la précondition du développement d’une société civile qui opère sur le plan transnational. Mais, ce n’est pas la seule précondition. Il fallait en ajouter encore d’autres.

Si des acteurs économiques, donc des entreprises ou des lobbies ou des syndicats sont inclus ou non dans une définition du terme « société civil », cela dépend de l‘objet dont on veut parler. C’est-à-dire qu’on peut être avocat d’une définition large de la société civile y compris les entreprises, les multinationales ou des lobbies ou des syndicats, ou une définition plus restreinte. Nous optons ici pour une définition plus restreinte parce qu’on ne va pas parler des associations qui vise un but lucratif prioritairement ou des entreprises et des multinationales qui relève de l’histoire économique. Mais il y aussi des éléments qui distinguent clairement un syndicat ou un lobbies des patrons, des représentants de l‘industrie chimiques ou d’une ONG proprement dite. C’est pourquoi on a inventé le terme de « ONG ». Avec le terme ONG, on peut là aussi varier les définitions mais lorsqu’on l’utilise, on parle des associations émanant de la société civile à but non lucratif. Les ONG sont non étatiques, non lucratifs et aussi non militaire.

Le troisième terme est « mouvement transnational ». Comment distingue-t-on un mouvement d’une ONG. Une ONG a une forme institutionnalisée, elle a une charte, c’est-à-dire que c’est une institution privée avec un but non lucratif et non étatique tandis qu’un mouvement peut être composé des deux types de porteur, soit il s’agit d’un groupe de personnes qui sont unis par le même but et qui luttent en faveur de ce but sans qu’il y ait un forme d’association entre eux qui est codifiée d’une certaine manière. Lorsqu’il y a eu des manifestions des étudiants en 1968, on peut clairement parler d’un mouvement parce qu’il n’y avait a priori pas une association de tous les étudiants et de toutes les étudiantes au sein d’une même organisation ou association. Bien entendu, il y avait des associations aussi et cela ouvre le deuxième élément de notre définition d’un mouvement. Un mouvement peut aussi réunir pas seulement des groupes de personnes mais aussi des groupes et des associations privées. C’est-à-dire lorsqu’il y a une vingtaine d’ONG environnementales, on peut parler d’un mouvement, lorsqu’il y a une dizaine de groupes qui luttent pour le bannissement des mines anti-personnelles, on parle d’un mouvement mais le mouvement est en réalité composé de nombreuses ONG. Il peut y avoir aussi des individus qui s’y rallient. Donc, un mouvement peut fonctionner sans ONG mais il peut avoir aussi des ONG qui forment un mouvement en collaborant pour un but précis comme les associations pacifistes et pour le désarmement qui le faisant autour de la lutte pour le bannissement des mines anti-personnelles au cours des années 1990.

Ce que nous discutons s’inscrit très largement dans la tradition de l’internationalisme. Qu’est-ce que l’internationalisme ? C’est l’idée que les nations et les peuples partagent de nombreux intérêts et objectifs communs qui dépassent les frontières d’un seul État. L’internationalisme prône par conséquent la coopération entre ces peuples pour atteindre ces buts communs. Cela peut se faire dans le secteur des communications comme avec l’amélioration des moyens de communications, des postes, des chemins de fer, cela peut être dans le domaine de l’hygiène, des droits de l’homme, de l’arbitrage entre nations par exemple. Tout cela peut être la matière autour desquels se rallient les associations internationalistes. Il y a l’internationalisme intergouvernemental lorsque les gouvernements eux-mêmes sont les acteurs de la coopération comme par exemple en fondant des institutions intergouvernementales pour la coopération, et lorsque les ONG et les acteurs privés s’engagent pour la coopération internationale, c’est une autre forme d’intergouvernementalisme. Les deux peuvent concorder et même parfois lutter pour les mêmes objectifs comme la paix par exemple.

Dans l’historiographie, on a récemment parlé beaucoup de l’histoire transnationale et du tournant de l’histoire transnationale. On peut dire que l’histoire transnationale a introduit l’histoire des mouvements, des associations non étatiques, des réseaux, des flux des idées, des personnes, des pratiques et des modèles dans l’histoire des relations internationales plus classiques. L’histoire des relations internationales plus classique était l’histoire diplomatique essentiellement et l’histoire transnationale a donc introduit ces nouveaux acteurs que sont les mouvements, les ONG, les circulations des idées, des modèles, des pratiques, etc., dans une histoire des relations internationales élargie. Nous allons beaucoup nous baser sur ce tournant transnational pour enrichir l’histoire des relations internationales.

Ce qui s’appelait pendant longtemps histoire de l’internationalisme fait partie aujourd’hui de ce qu’on appelle maintenant l’histoire transnationale. Transnationale parce qu’il y a des acteurs sociétaux qui sont introduits dans ce qui était auparavant une histoire entre gouvernements, des interactions entre gouvernements. Maintenant, on parle de plus en plus de la société et des sociétés en relations internationales. L’une de leurs manifestations sont les ONG.

Questions[edit | edit source]

Pourquoi et à partir de quand peut on parler d’une organisation transnationale ? il y a eu des associations privées à vocation communale, locale ou même régional ou national auparavant, mais à partir de quad ces acteurs privées commencent à s’intéresser à l’autrui éloigné ? À partir de quand ils se solidarisent avec des êtres humains très éloignés de leurs propre environnement domestique ? Pourquoi est-ce qu’ils commencent à s’y intéresser et à partir de quel moment ? Quels sont leurs modes d’actions initialement ? Comment agissent-ils ces acteurs privés et pourquoi le mouvement contre l’esclavage a finalement réussi ? Les objectifs et les rapports aux États, est-ce que les ONG se voient comme une sorte de contrepoids contre les États monarchiques parce qu’à l’époque on parle encore très largement des États monarchiques en Europe de toute manière. Les seules républiques au début du XIXème siècle étaient les États-Unis et la Suisse, tous les autres États étaient des monarchies ; ou est-ce qu’au contraire les acteurs privés, les associations privées de l’époque se voyaient comme une sorte de correctif de la politique des États, voilaient-ils atténuer certains effets de la politique des États. Comment définit-on cette relation entre les acteurs privés et les États et gouvernements ? Nous allons voir leur influencer, à savoir si elles ont du succès ou de l’insuccès.

Naissance d’un mouvement pacifiste : 1814 – 1856[edit | edit source]

Le contexte général est qu’au tournant du XIXème siècle, autour de 1800, se développe la transition entre le concept de souveraineté monarchique et la souveraineté des peuples. Cela est lié à la constitution des sociétés munies des droits, donc des sociétés et des citoyens. Quand avait lieu cette transition ? On peut dire lentement mais il y a eu deux étapes cruciales qui sont la révolution américaine en 1776 et la grande révolution française en 1789. Dans les deux révolutions, l’une contre la Grande-Bretagne, contre l’Empire britannique, l’autre du tiers-État contre le gouvernement du roi absolu Louis XVI en France. Les deux produisaient le principe de la souveraineté des peuples et voulaient le remplacer par le principe de la souveraineté monarchique. Par la suite, on voit une période de transition longue où se développe en France beaucoup de système politiques, de changement de constitution où la souveraineté des peuples était plus ou moins respecté, et la souveraineté du roi était plus ou moins rétablie. Donc, il y a eu des constitutions qui prévoyaient un mélange entre une souveraineté es peuples et monarchie. Tandis que aux États-Unis, la rupture est plus claire dès le départ, mais il faut aussi constater que de 1900 jusqu’aux années 1920, la démocratie n’était pas encore vraiment réalisée.

À partir des années 1930 du XIXème siècle, les hommes blancs avaient le droit de vote aux États-Unis mais ni les femmes ni les personnes de couleur. Donc, selon une définition un peu élargie, on peut dire qu’il y a eu de la démocratie aux États-Unis pour les hommes mais non pas pour les femmes à partir des années 1930 à l’exception de l’exclusion des personnes de couleur. Pour voir vraiment le développement d’une démocratie complète de tous les adultes, il fallait attendre jusqu’aux années 1960. Donc c’était un long processus. Le droit de vote pour les femmes a été acquis à partir de la fin de la Première guerre mondiale. Le droit de vote pour les personnes de couleurs a été introduit après la Guerre de Sécession mais n’était pas réalisé effectivement dans une multitude des États des États-Unis. Donc, même aux États-Unis, où la rupture était plus clair dans les États et plus rapide que dans les autres États européens, il faut constater que la transition vers la démocratie avait pris un siècle et demi quasiment. On parlait déjà de la démocratie avant mais ce n’était pas encore une démocratie complète, il y a eu encore une discrimination électorale des personnes de couleur jusqu’aux années 1960.

Donc, la transition de la souveraineté monarchique à al souveraineté des peuples est un élément clef. Avec ceci est la naissance des institutions et les constitutions donnent des droits aux citoyens, c’est-à-dire que les constitutions sont la fondation des libertés des citoyens. Avec l’expansion du constitutionnalisme, c’est-à-dire de l’adoption des constitutions que ce soit par un monarque ou par un Parlement ou par les deux, la naissance des sociétés civiles connaît son essor.

Parallèlement à cela, il y a l’essor de la bourgeoisie comme nouvelle classe très active dans la vie associative. On peut distinguer deux types de bourgeoisie, on parle de la bourgeoisie économique qui est surtout active dans l’industrie et dans le commerce, et la bourgeoisie dite éduquée qui signifie qu’il y a eu une partie de la bourgeoisie qui s’engageait dans des professions libres typiquement comme les avocats, les juges, les enseignants, les professeurs d’université, donc qui basaient le statut social sur le fait qu’ils étaient éduqués ; leurs diplômes on prouvé d’une certaine manière. Ce pourquoi on parle de la bourgeoisie éduquée, on peut y ajouter des journaliste et écrivains qui vivaient de leur activité intellectuelle.

Donc, la bourgeoisie ainsi composé d’une partie active dans le domaine économique et industriel et du commerce, l’autre dans le travail intellectuel, s’engageaient typiquement et se retrouvaient fréquemment dans des mouvements réformistes. Cela est le socle d’une certaine manière pour la naissance, ces mouvements réformistes sont le socle pour la naissance des associations privées qui commencent à s’intéresser pour l’autrui éloigné. Sans le mouvement réformiste dans les sociétés qui s’intéresse aux sociétés domestiques, il y aurait eu probablement pas des mouvements réformistes qui s’intéressent pour autrui éloigné.

Naissance aux États-Unis et en Angleterre[edit | edit source]

La bourgeoisie au début du XIXème siècle était largement inspirée par deux courants intellectuels. L’un était les lumières du XVIIIème siècle qui était donc l’esprit cosmopolite et éclairé des philosophes du XVIIIème qui prônaient l’égalité de l’homme, els droits de l’homme, le constitutionnalisme et la souveraineté des peuples. C’est une simplification parce qu’il y avait évidemment des distinctions fines entre les philosophes mais ce sont les principes qui quand même rallies la plupart entre eux. Ils étaient également inspirés par l’évangile, c’est-à-dire par un certain zèle chrétien réformateur. Donc, il y a eu un renouveau du christianisme au cours du XIXème siècle, il y a eu des mouvements variés comme le piétisme par exemple dans les zones germanophones et au cours du XIXème siècle en Angleterre et aux États-Unis, les quakers étaient particulièrement actifs dans les mouvements réformistes. Donc, ces deux courants s’influençaient mutuellement.

On peut constater qu’il y a eu une partie plutôt séculaire dans les mouvements réformistes et une partie des activistes plutôt religieux. En parallèle, il y a eu une révolution ou plusieurs dans la technologie d’impression qui permettait la prolifération de la presse, notamment l’essor de la presse journalière et des révolutions dans d’autres secteurs de communication notamment l’invention du chemin de fer et la mise en place d’un réseau de plus en plus grandissant en Europe des chemins de fer qui permettaient la circulation des personnes de manière plus rapide qu’auparavant. Avec ceci, la bourgeoisie avait la possibilité de s’échanger sur le plan international, d’engager un débat ; le mouvement associatif se transnationalisait et le mouvement réformiste, les débats sur la réformes sociales, l’invention de la statistique, tout cela se produisait au cours du XIXème siècle. Les statistiques par exemple des enfants dans les sociétés. Il y a eu des Congrès statistiques à partir des années 1840 sur le plan international qui réunissait des médecins par exemple ou des administrateurs qui réunissait par exemple des spécialistes de la poste, des systèmes postaux, donc des personnes qui pouvaient penser la société au sens large et qui pouvaient imaginer des concepts pour transformer les sociétés ou en faveur du progrès social.

En parallèle, l’éducation connaissait une essor, l’alphabétisation connaissait un essor parce qu’en fait, les entreprises afin de maitriser les nouvelles technologies et pour les mettre à la disposition de l’industrie avait besoin des personnes de plus en plus éduquées. Ils ne maitrisaient pas seulement les mathématiques et l’écriture mais aussi la chimie, la physique, la biologie, la médecine, donc il fallait de plus en plus de personnes éduqué qui eux, lorsqu’ils étaient avancés professionnellement commençaient à penser sur la société et sur les réformes qui pouvait inspirer avec leurs savoirs et leurs savoir-faire. On peut parler en particulier des public system builders qui est un terme utilisé par Greg Murphy, qui sont des personnes qui étaient dernière par exemple la création des système d’assurance sociale qui sont né au cours du XIXème siècle qui était derrière la création des banques d’épargnes ou des caisses d’épargnes pour les personnes qui gagnaient peu. Donc, des systèmes ont été mis en place afin de fournir des nouveaux services à la société.

Internationalisation et premiers congrès pacifistes[edit | edit source]

Avec l’internationalisation de la vie active et l’organisation transnationale de certains activistes, on voit donc la naissance d’une société civile transnationale et ce au cours des années 1940 essentiellement. En 1939 était la fondation de la British and Foreign Antislavery soicety. Bien sûr l’accent était sur la Grande Bretagne mais on voulait déjà tisser des liens avec des membres d’autres pays avec des activistes qui avaient les mêmes idées, qui partageaient les mêmes idées dans notre société.

Alors, le pacifisme et l’abolitionnisme émanent tous les deux de l’esprit réformiste de la bourgeoisie de cette époque là et ils exigent tous les deux la suppression des pratiques archaïque humaine que le raisonnement éclairé des lumières ne considère plus compatible ni avec la raison ni avec la dignité humaine. Ce sont précisément les deux pratiques, la guerre et l’esclavage. La guerre n’est plus considérée comme compatible avec la dignité humaine par certains penseurs comme aussi l’esclavage.

Emmanuel Kant disait que la paix est une obligation éthique qui découle directement du commandement de la raison. C’est une transformation libre de sa pensée formulé dans son projet d’une paix perpétuelle en 1793. D’ailleurs, cela résulte également de l’impératif catégorique de la morale formulé par Kant selon qui il faut aire à autrui uniquement ce qui correspond à un principe dont on peut souhaiter qu’il devient une règle universelle. Il faut donc faire à autrui uniquement ce qui est conforme à un principe dont on peut souhaiter qu’il devient une règle générale universelle. L’autre élément qui est l’élément clef ici, se retrouve par exemple avec Jean Jacques Rousseau et dans la constitution américaine de 1787, donc la deuxième constitution américaine, à savoir l’idée que tous les êtres humains sont nés égaux et libres.

Il faut bien comprendre que Rousseau et en partie contre Hobbes ici qui pensait que l’état de nature de l’homme était la guerre de l’un contre l’autre. Rousseau dit le contraire, il y que non, lorsque l’homme est né, lorsque l’être humain est né, il est égal et libre avec les autres êtres humains. C’est la société qui introduit les inégalités selon Rousseau. Donc, la société fait quelque chose qui n’est pas conforme à la nature de l’homme. Ils mettent en esclavage par exemple des hommes. Donc, selon Rousseau, cela est amoral et cela n’est pas conforme à son idée de société. Donc, il fallait créer une société différente, une société qui s’organise à la base non pas du monarque mais à la base du peuple et où le peuple définie les règles de comportement et de droit moyennant un contrat social. La publication du Contrat Social date de 1763. Ce sont donc les cosmopolites émanant des Lumières qui ont poussés à l’adoption de ces idées et qui ont eu une certaine influence sur la bourgeoisie après les guerres napoléoniennes qui se sont terminé en 1815.

Le mouvement pacifiste est né essentiellement sur l’arrière plan des guerres napoléoniennes et en particulier de la guerre anglo-américaine de 1812 à 1814 qui était des anglophones contre des anglophones. C’est au Massachusetts que fut fondé la première société de la paix aux États-Unis sous l’impulsion des quakers comme Worcester. Elle a été suivi en 1815 par la création de la New York Peace society formé par un commerçant du nom de David Low Dodge. Donc, on peut constater d’abord que le mouvement pacifiste aux États-Unis est né sous l’impulsion essentiellement des quakers qui étaient inspiré par leur religion et qui étaient a priori des non résistants, c‘est-à-dire qu’ils étaient contre toute guerre y compris la guerre défensive. Cette idée de ne pas résister lorsqu’on est attaqué n’était pas consensuelle dans la société américaine à l’époque. Donc, on peut dire que les premières associations pacifistes nées aux États-Unis étaient minoritaires.

Sur l’arrière plan de cette guerre, il y eu plusieurs éléments qui se mêlaient, plusieurs soucis qui étaient des soucis humanitaires donc liés aux morts de la guerre mais aussi des soucis économiques dues au commerce qui étaient endommagé à la fois par les guerres napoléoniennes qui ont duré vingt trois ans et la guerre anglo-américaine. Il faut bien comprendre que les États-Unis et que la Grande Bretagne étaient très étroitement liées économiquement. Lors de la guerre évidemment, l’économie américaine avait en grande partie souffert. Mais il serait erroné de considérer la naissance de ce mouvement comme étant motivé uniquement par des raisons matérielles. Donc, l’esprit et la motivation religieuse primait certainement dans ce mouvement. On peut affirmer cela parce que les protagonistes de ce mouvement étaient engagés également dans des mouvements de réforme sociale. Donc, ils luttaient contre l’abus d’alcool par exemple, ils s’engageaient pour des reformes scolaires, pour l’amélioration du sort des travailleur et une partie d’entre eux luttai pour l’abolition de l‘esclavage. Donc on peut dire que c’était des personnes avec zèle, avec une euphorie pour des causes religieuses et ou humanitaire.

Il y a eu des pamphlets typiquement qui ont donné une impulsion pour la formation de ces mouvements. Par exemple, Worcester a publié une critique sur la coutume de la guerre dans lequel il a déclaré que la guerre n’est ni nécessaire ni inévitable. Afin d’écarter cette coutume, il fallait d’après lui une éducation pour la paix et cela est moins évident. Il a donc lancé un appelle pour la formation des associations en faveur de la promotion de la paix et de l’éducation pour la paix partout dans le monde chrétien. Donc, dès l’origine, on peut retrouver ici un aspect transnational. Il lance, il appelle pour la fondation de ces associations partout dans le monde chrétien mais il y a aussi des limites parce que uniquement dans le monde chrétien. Donc, il y a une certaine tension ici allant au-delà de la nation, donc, il y aune inclusion transnationale mais cette inclusion ne va pas au-delà du christianisme et du monde chrétien. D’après Worcester, il fallait encourager l’idée de la paix moyennant les associations bourgeoises, des congrégations religieuses, des journaux, des études, des périodiques et plus généralement moyennant l’éducation des peuples. Il en donnait l’exemple avec un période qu’il avait fondé intitulé Friends of Peace qui parut quatre fois entre 1816 et 1820.

Après la fondation de la Massachusetts Peace Society et de la New York Peace Society, il y a eu en l’espace de quelques années, prioritairement dans les villes mais aussi au niveau des États-Unis la naissance d’autres associations pacifistes. La fusion des associations pour la paix, au niveau national, a eu lieu aux États-Unis en 1828 sur l’initiative du capitaine et grand propriétaire William Ladd. C’était un capitaine de la Navy retraitait qui avait participé à la guerre anglo-américaine qui voyageait à travers les États-Unis afin d’encourager l’idée de la paix et emporter l’opinion publique. Ce fonctionnait typiquement avec des petites associations locales et régionales qui engageaient un conférencier qui était invité pour donner une conférence qui recevait un honoraire et par ceci, il pouvait payer pour ses voyages autour du pays. Elihu Burritt est lui aussi un acteur principal dans la lutte contre l’esclavage comme William Ladd. Il fut l’une des principales personnalités pour l’association nationale pour la paix. Dans les années 1840, il servait comme prêtre américain à travers le pays pour le mouvement et utilisait un magazine chrétien afin d’éclairer l’opinion publique.

Une des moments clef du mouvement pacifiste aux États-Unis était le différend concernant l’Oregon entre les États-Unis et la Grande Bretagne. Lorsque ce différend menaçait de faire éclater une nouvelle guerre entre les deux pays, les quakers d’une part et de l’autre, s’engageait et envoyaient des messages amicaux aux quakers et au public dans l’autre pays. De plus, il y a eu des échanges, c’est-à-dire des visites entre des quakers britanniques et des quakers américains. Leurs idées étaient de calmer l’opinion publique pour permettre la résolution pacifique de ce différend là. Alors, dans ce cas là, il avait joué un rôle pacifiant pour les relations anglo-américaines.

De proposer des alternatives de conduite internationale entre les États-Unis et la Grande-Bretagne était propice parce qu’il y a eu un traité d’arbitrage conclu pour la première fois entre la Grande Bretagne et les États-Unis en 1794 qui était le traité Jay. C’est le premier traité d’arbitrage de l’époque moderne dont l’importance raisonne jusqu’à nos jours. Donc, c’était un traité d’arbitrage conclu après la guerre d’indépendance américaine pour résoudre les différends qui n’étaient pas encore résolus entre la Grande Bretagne et les États-Unis. Donc, l’idée de Burritt ou l’une des idées qu’il propageait lorsqu’il voyageait à Manchester en Grande Bretagne était donc de conclure un traité d’arbitrage entre les deux pays pour que les peuples de langue anglophone ne fassent plus la guerre entre eux.

Parmi les grands succès de ce mouvement pacifiste, dans cette époque des années 1840, était la fondation des revus pacifistes aux États-Unis qui est devenu Advocate of Peace et en Grande Bretagne le The arm of Peace. C’étaient des véhicules de propagandes pour l’idée de la paix qui informait tous les intéressés pendant plus d’un siècle parce que les deux revues continuaient à exister jusqu’à la première partie du XXème siècle. Si aujourd’hui on souhaite se renseigner sur le mouvement pacifiste, son état et ses idées, à la fin du XIXème ou au début du XXème, on peut toujours regarder le Advocate of Peace. On y trouve même des articles sur le mouvement pour la fédération européenne dans l’entre-deux-guerres.

Ce sommet du pacifisme américain était probablement atteint avec l’apparition en 1845 d’un livre intitulé La vraie grandeur des Nations de Charles Summer puis aussi d’un pacifiste et abolitionniste. Il s’agit d’une attaque féroce et lucide contre la guerre comme moyen pour la résolution des différends. Une autre parution importante au début des années 1840 était celle de William Ladd intitulé Essaie sur un Congrès des Nations. Dans ce livre, le fondateur de l’American Peace Society prévoyait un code du droit international ainsi qu’un tribunal international pour l’administrer. C’était le sommet du pacifisme américain parce qu’il ne pouvait pas l’emporter sur l’opinion publique lorsque se déclenchait un différent entre les États-Unis et le Mexique concernant le territoire du Texas. Et donc, en 1846 c’était la guerre entre les États-Unis et le Texas, et c’était, on peut dire, une guerre d’expansion américaine qui s’inscrit dans la réflexion sur le Manifest Destiny des États-Unis, c’est-à-dire dans l’idée qu’il fallait conquérir et peupler le Nord du continent américain. Dans la presse, l’annexion du Texas mise en pratique en 1848 était présenté comme une sorte d’acte de légitime défense. On voit que là encore le mouvement pacifiste était clairement minoritaire dans l’opinion publique et donc commençait une crise majeure de ce mouvement aux États-Unis.

Au même moment où le mouvement connaissait son premier essor dans les iles britanniques et dans le continent européen. Sans que les conditions précises du transfert des idées pacifistes puissent être tracé ici, une première association pacifiste britannique a été fondé en 1816 donc presque en même temps que celle en outre-Atlantique. C’était la London Peace Society formé sur l’initiative du quaker William Allan. La London Peace Society fut aussi fondée sous l’impulsion d’un quaker qui était en même temps l’un des protagonistes du mouvement britannique contre l’esclavage. À partir de 1819, la Société de Londres faisait de la propagande pour la paix et les causes de la paix avec son journal The arm of Peace. Puis, une centaine associations locales de la paix ont émergé en Grande Bretagne animé pour la plupart par les quakers. La Société de Londres a cependant essayé de rallier très tôt des personnalités au mouvement ressortissant des autres pays notamment du continent européen. Joseph Tragellace Price, un de ses membres fondateurs a entrepris plusieurs voyages sur le continent européen et notamment en France afin de stimuler la formation d’associations analogues. Il a remporté un succès important quand en 1821 le Duc de La Rochefoucauld-Liancourt a fondé en France la Société de la morale chrétienne qui faisait de la propagande pour les buts humanitaires y compris la paix et qui se transformait au fur et à mesure en une organisation essentiellement dévouée à la cause de la paix. Cette société avait un certain succès parce qu’elle avait réussie à rallier des personnalité d’envergure à la suite dans l’opinion française et dans la politique française comme par exemple Benjamin Constant et François Guizot qui était à l’avenir l’un des chefs ou le futur principal chef pour la plus longue durée sous la monarchie de Juillet donc chef du gouvernement.

La première association pour la paix proprement dite sur le continent européen a été cependant fondé à Genève en 1830 par le Comte de Sellon qui c’était engagé pour plusieurs causes humanitaires dont l’abolition de la peine capitale. Donc, de nouveau, c’est ce milieu de réforme morale et de réforme sociale qui a aussi rallié derrière la cause de la paix. La Société de la Paix de Genève revendiquait notamment le remplacement des armes permanentes par les milices des citoyens, l’arbitrage et l’instruction des peuples sur les conséquences néfastes de la guerre et sur les possibilités d’en prévenir.

À partir des années 1840 au moment où le chemin de fer commençait à faire faciliter les voyages, et le membre du Parlement britannique Richard Cobden déclarait que le libre-échange commercial favorise la paix. Le mouvement pacifiste est devenu transnational. En réalité, on peut dire que le libre-échangisme, bien que venant d’un autre courant intellectuel et ayant d’autres buts, le libre-échangiste était devenu un allié du mouvement pacifiste et il a contribué de manière essentielle à libérer le mouvement pacifiste du coin des non résistants. Donc, le mouvement libre-échangiste, argumentait que la paix était nécessaire pour le bien être des sociétés pour le développement et pour le progrès des sociétés et cela nécessitait donc la paix. Il argumentait sur une autre ligne, c’est-à-dire que c’est pour des raisons pragmatiques qu’il faut essayer d’éviter la guerre et non pas pour des raisons religieuses. Donc, d’une certaine manière le mouvement pacifiste était renforcé par cette nouvelle allié, le libre-échangisme, à partir des années 1840.

À Londres, en 1843, avait lieu le premier congrès européen de la paix ou le premier congrès pacifiste en Europe. Cette fois ci, c’était un congrès fréquentait par des anglais et des américains donc c’était un congrès international bien que relativement restreint au niveau linguistique. Par la suite et surtout à partir des révolutions de 1848 en Europe, le mouvement pacifiste s’est internationalisé de plus en plus et les congrès pour la paix se sont régularisés.

Un premier congrès a eu lieu à paris en 1848 mais à cause de la révolution et des turbulences que subissait la ville, avait été tenu un précongrès seulement à Bruxelles en vu d’organiser un congrès finalement à Paris en 1849. Puis avait lieu un congrès à Frankfurt en 1850, un autre de nouveau à Londres en 1851 puis des congrès à Edinburgh et à Manchester en 1852 et 1853. Donc, toute une série de congrès de la paix avaient lieu à ce moment-là.

Grâce à l’effort de personnages clefs comme Elihu Burritt aux États-Unis, de l’anglais Henry Richard président de la Société de la Paix de Londres et du belge August Visscher, un réseau plus étendu de pacifistes se nouait chaque année qui comprenait quelques néerlandais, belges, et à partir de 1949, quelques allemands, suédois et espagnols. Le poids des anglo-saxons est resté supérieur à toute autre nation. En 1849, au Congrès de Paris qui était le plus international de l’époque, il y avait 700 anglais, 100 français, 21 belges, 20 américain et une trentaine d’intéressés d’autres pays européens. La paix était donc populaire surtout aux iles britanniques et parmi quelques révolutionnaires bourgeois de 1848 et 1849. Mais suite au manque d’influence que le mouvement ne pouvait exercer sur la politique du gouvernement et suite à la politique des réactions lancé par les monarchies de l’Europe occidental et centrale après la défaite des révolutions en 1848 et 1849, la participation aux Congrès de Manchester et au Congrès de Edinburgh en 1852 et 1853 se rétrécissait et se limitait de plus en plus exclusivement de nouveau aux anglo-saxons. La seule société allemande pour la paix à cette époque fondée à Königsberg par des adhérant au philosophe et admirateur au philosophe Kant a été interdite et supprimée par la réaction du gouvernement prussien en 1851.

Évolution des objectifs[edit | edit source]

Quelles étaient les objectifs de ce mouvement pacifiste et comment est-ce qu’ils ont évolués ? On peut retenir quatre aspects de l’émergence du mouvement pacifiste en priorité. D’abord, les sociétés américaines, britanniques, françaises et genevoises menaient leur lutte pour la paix moyennant des périodiques et des journaux en favorisant une éducation pour la paix et en organisation des concours par exemple visant à distinguer les meilleures dissertations sur la guerre et les moyens pour arriver à maintenir la paix. Ils engageaient donc l’opinion publique pour gagner le terrain. Mais l’opinion publique était plus animée par les idéologies nationalistes et impérialistes de l’époque.

Il y a eu une marginalisation relative de ce mouvement pacifiste parce que l’opinion publique ne voulait pas partager en fin les éléments radicaux surtout l’idée non résistant n’était pas partagée par l’opinion publique au sens large. S’il y avait un peu de soutien, c’étai pour le côté pragmatique du mouvement pacifiste, pour donc les idées commerçantes et libre-échangistes. Cependant, on peut aussi dire que le pacifisme s’est élargie socialement. Il avait commencé avec les quakers essentiellement et il s’est élargie socialement, il a élargi sa base de manière considérable pendant les années 1950 du XIXème siècle. Deuxièmement, le mouvement avait été mené et promeut par la redécouverte des plans pour la paix rédigée des siècles auparavant, que ce soit par des quakers par exemple, que ce soit par d’autres philosophes ou par des conseillers aux monarques. On peut citer notamment des plans fédératifs pour les nations européennes, des plans pour l’arbitrage entre nation, des projets de réunir les peuples sous forme d’un congrès ou d’une diète ou d’un parlement, donc plusieurs modus ont été envisagés pour faire en sorte que les nations aient d’autres moyens à leur disposition, l’arbitrage, congrès, fédération, pour éviter la guerre et pour résoudre les différents.

C’est comme cela qu’ont été redécouvert les écrits de Erasme ou de L’Abbey de Saint Pierre ou d’Eméric Crucé, de Hugo Grotius, de William Pen, Rousseau et Kant. Essentiellement, ce mouvement pacifiste du XIXème siècle qui nous les a transmis.

Avec chaque congrès, les revendications du mouvement pacifiste adressaient au gouvernement se sont différenciés un peu. D’abord, il y a eu juste l’idée de l’arbitrage selon le traité de Jay. L’idée était donc de former des traités d’arbitrage, de conclure des traités d’arbitrages avec d’autres nations et de former des réseaux de traités d’arbitrage entre nations.

Une autre idée qui fut lancée était celle du désarmement. C’était notamment le milieu pragmatique et libre-échangiste qui se faisait l’avocat du désarmement pour des raisons économiques, à savoir du au progrès technologique, les coûts pour le désarmement ne pouvaient que croitre d’une génération à l’autre parce que chaque gouvernement devait investir de plus en plus pour maintenir à niveau ces armements si la sécurité était uniquement garantie par les armements des uns comme des autres. Donc, les seuils étaient définis par la capacité d’une société de payer pour les armements mais l’armement ou le réarmement contribuait en fin de compte à l’appauvrissement des sociétés parce que les dépenses n’étaient pas à disposition par exemple pour les écoles parce qu’il fallait dépenser pour le réarmement.

L’idée d’élabore un code juridique pour le comportement des États en relations internationales et la formation d’un congrès des parlementaires était également proposé lors de l’un de ces congrès de la paix. Donc, il y a eu une différenciation des revendications des mouvements pacifistes. Mais, il y a eu aussi des problèmes qui ont fait surface lors des congrès pacifistes par exemple dû à des mouvements nationalistes qui connaissaient un certain essor à partir de 1848 et 1849. Il y a eu aussi des affrontements par exemple entre les nationalistes polonais et les nationalistes allemands lors du congrès de Frankfort en 1850.

Raisons de l’échec[edit | edit source]

Le mouvement entrait dans une période de déclin avec les révolutions de 1848 et de 1849 mais surtout est dû à la guerre de Crimée qui a commencée en 1853 qui était aussi l’année du dernier congrès pacifiste dans cette période. Les nouveaux congrès pacifistes au niveau international ne commençaient qu’à partir des années 1880. Donc, il y a eu une longue période de pause de congrès pacifistes internationaux. Donc, le premier essor du mouvement pacifiste n’était pas couronné d’un succès, il n’y avait pas un aboutissement heureux.

Cependant, la révolution des technologies des communications n’était qu’à son début. L’enchevêtrement des sociétés connaissait un essor beaucoup plus au début du XIXème siècle. Ce qui a plus dénoté est qu’en partant avec une minorité religieuse. Parmi les personnes engagées, quelques unes des plus éminentes de l’époque, comme Victor Hugo, Alfonse Lamartine, Alexis de Tocqueville, Richard Cobden avocat du libéralisme de Manchester, John Bright et John Stuart Mill. Le mouvement a aussi connu une évolution intellectuelle avec l’adresse des revendications au gouvernement de plus en plus spécifique.

En 1856, lorsque le congrès de Paris des gouvernements clôturait la guerre de la Crimée, les pacifistes britanniques ont même insisté dans le traité de paix d’une clause sur l’arbitrage mais ils n’ont pas réussi à la faire adopté. Cependant, les gouvernements ont quand même adopté comme geste une clause sur la médiation et les bons offices, c’est-à-dire au lieu de l’arbitrage, les gouvernement préféraient à l’époque la médiation et les bons offices, donc la médiation par une puissance amie et donc, il y a eu une certaine adaptation de la part du gouvernement aux souhaits formulé par les mouvements pacifistes et notamment par les pacifistes britanniques de voir les gouvernements s’engager pour adopter d’autres moyens pour la résolution pacifique des différends.

On peut aussi évoquer l’essor du libre-échangisme qui a part les protagonistes du libre-échangisme était considéré comme un mouvement qui favorisait la paix parce que le libre-échangisme favorisait selon Richard Cobden et John Bright l’enchevêtrement des sociétés par le commerce. Lorsque les sociétés sont enchevêtrées de plus en plus, selon eux, ils ne se faisaient plus la guerre. C’était une théorie optimiste et certainement erronée mais il y a eu quand même un grain de vérité dans la mesure où lorsque les sociétés se sont de plus en plus enchevêtrées, elles ont moins d’intérêt à faire la guerre entre elles.

Alors si on se demande les causes de l’échec de cette période du mouvement, on peut en citer plusieurs. D’abord, selon l’insuffisance de la motivation religieuse. En suite, c’est la division du mouvement entre les non-résistants et les pragmatiques, l’adresse de l’opinion publique plutôt que du gouvernement donc plutôt le fait que les mouvements pacifistes se sont adressés plutôt à l’opinion générale que directement au gouvernement. L’absence de consensus sur le libre-échangisme. Il y a eu dans les sociétés, certaines qui favorisaient la paix mais qui ne favorisaient pas nécessairement, n’étaient pas convaincu de l’idée du libre-échangisme donc cela a renforcé le mouvement en partie mais il y a eu aussi certains qui n’étaient pas adhérant du libre-échangisme et qui par conséquent n’adhéré pas non plus au mouvement pacifiste. Finalement, ce mouvement pacifiste n’avait pas tenu compte de l’essor du nationalisme et des tensions réelles qui existaient entre les nations en Europe et c’est notamment la tension entre les États et les nations puisque les États n’étaient pas identique avec les actions et c’est pourquoi il y a eu les guerres d’unification italienne, les guerres d’unification allemande, l’unification des principautés danubiennes dans le cadre de l’État romain et des révoltes de polonais contre la Russie mais qui étaient supprimé. Donc, il y a eu maintes causes pour les tensions entre société et à l’intérieur des sociétés et à l’intérieur des États. De plus, aux États-Unis, il y a eu la guerre civile, la guerre de sécession due à un affrontement essentiellement idéologique accru ou renforcé par des intérêts économiques contrastés.

Le mouvement abolitionniste et son internationalisation : 1815 – 1890[edit | edit source]

Naissance aux États-Unis et en Angleterre[edit | edit source]

Le mouvement abolitionniste avait commencé un peu en parallèle, même quelques années avant le mouvement pacifiste également aux États-Unis et en Angleterre, et également les quakers étaient au centre de cet activisme qui se formait. Le Congrès de Vienne a rétabli la paix en Europe suite aux guerres napoléoniennes en 1815. Nous allons mettre l’accent sur le rôle du gouvernement britannique et sur le rôle de la société civile britannique puis l’acte international contre la traite adoptée en 1890.

Cette illustration donne des brèves informations sur la traite des esclaves à travers l’Atlantique. On peut voir quelques activistes du mouvement abolitionniste et quelques ports clefs qui sont sur la côte occidentale africaine surtout où ont été enlevé les esclaves et ils ont été transporté essentiellement sur l’Atlantique. Puis, il y a eu d’autres routes, à savoir à l’intérieur de l’Afrique vers le nord et aussi vers la Perse et vers l’Inde.

Mais si on regarde la répartition, on voit le début de la traite des esclaves à partir de la découverte des Amériques et de l’implantation des collons européens dans les Amériques et dans les caraïbes. Puis, on voit une véritable explosion de la traite de l’esclavage au cours du XVIIème siècle, une augmentation encore très substantielle au cours du XVIIIème siècle qui est le siècle où il y a eu le plus d’esclave commercé, avec plus de 7 millions traversant l’Atlantique. Au cours du XIXème siècle, la traite reste très substantielle avec 1,5 millions d’esclaves transporté vers l’Amérique du Sud et 1,5 millions qui ont été transporté vers les caraïbes et l’Amérique du Nord. Donc, au total, il y avait entre trois et quatre millions d’esclaves qui furent transporté à travers l’Atlantique au cours du XIXème siècle.

Cela dit, on peut cibler quelques nations qui étaient particulièrement impliqués dans la traite. Il faut souligner que l’esclavage est le crime le plus étendu de l’histoire de l’humanité. En réalité, l’esclavage existait comme institution déjà dans l’antiquité mais si on parle de la traite des esclaves de couleur à travers l’Atlantique il faut évidemment commencer avec la découverte des Amériques. On parle d’environ 10 millions d’esclaves qui ont été transporté au total. Étaient engagés dans la traites, les arabes, les perses, les indiens et après la découverte des Amériques, les portugais, les espagnols, les anglais, les français, les néerlandais et les danois. Au cours du XVIIIème siècle, les trois quarts de la traite étaient contrôlé par l’Europe dit chrétienne. Donc l’Europe « chrétienne » était responsable pour plus des trois quarts de la traite et la majorité des esclaves était transporté au cours du XVIIIème siècle sur des bateaux anglais. Les anglais avaient la primauté sur les mers au cours du XVIIIème siècle et ce à la fois au niveau commercial et au niveau des flottes navales donc des flottes de guerre. Par conséquent, ce n’est pas étonnant que les anglais apparaissent aussi impliqués dans la traite des esclaves.

Le mouvement contre l’esclavage avait également commencé en Angleterre et aux États-Unis. Donc, il faut mettre un peu dans la balance ces deux éléments que sont l’implication des sociétés anglo-saxonnes dans la traite et la mobilisation d’un mouvement contre la traite et contre l’esclavage dans ces sociétés. Si l’on veut insérer la lutte contre l’esclavage dans un cadre plus large de l’histoire du XIXème siècle, il faut faire allusion à l’histoire ou aux histoires de l’émancipation. Les sociétés de citoyens remplaçaient les sociétés des sujets du roi, mais en particulier, il y a eu des mouvements d’émancipation porté par les personnes affectées par une sorte de discrimination que ce soit économique, politique ou les deux mais dans lequel était impliqué également des personnes progressistes ou libérales ou autre dans la bourgeoisie et même aussi dans l’aristocratie. Donc, on parle pour le XIXème siècles des luttes d’émancipation qu’avaient menés les travailleurs, les femmes, les juifs et les esclaves au Nord de l’Amérique notamment. Étaient également impliqués des personnes qui n’étaient pas les victimes mais qui étaient intéressé, c’est-à-dire qui avait développé une certaine empathie avec les victimes de l’esclavage.

Une des grandes questions au cours de l’abolition de l’esclavage porte sur le rôle de l’économie. La controverse s’est formé autour des deux tendances : l’une est que l’esclavage a été aboli parce qu’économiquement ce n’est plus considéré comme rationnel ou ce n’était plus lucratif ; l’autre position dit que c’est le mouvement humanitaire qui a mis fin à l’esclavage donc que c’est la société civile qui a jouée un rôle prépondérant. Cette controverse a perduré pendant quelques décennies. On peut dire qu’elle est plus ou moins résolu aujourd’hui, c’est-à-dire qu’il faut constater que l’esclavage restait malgré tout lucratif pour ceux qui la pratiquaient jusqu’à l’abolition et surtout dans l’agriculture du coton et du sucre jusqu’à la fin. C’est-à-dire jusqu’au milieu à peu près du XIXème siècle dans les Amérique, l’esclavage restait une institution économiquement attractive. Il n’y avait pas de raisons pour les esclavagistes de l’époque d’abandonner leur pratique, au contraire, ils pensaient que leur profit dépendait de l’esclavage et c’est pourquoi ils défendaient cette pratique.

Il y a cependant une influence suspectée de Adam Smith en ce qui concerne la mobilisation, la capacité de mobiliser la société contre l’esclavage en Grande Bretagne et aux États-Unis puisque Adam Smith, économiste libéral du XVIIIème siècle, avait argumenté que la poursuite du bien être, la poursuite du bonheur se fait de manière plus productive parmi les êtres qui sont libres, c’est-à-dire qu’il faut libérer l’homme ou la femme pour qu’elle ou il soit économiquement le plus productif possible et plus créatif. C’est un élément qui explique peut-être en partie que les quakers avaient pu convaincre les autres adhérant du christianisme mais qui n’étaient pas affiliés aux quakers, donc les anglicans par exemple, les presbytériens, les méthodistes aux États-Unis et aussi les catholiques. Cela dit, l’Église ou les institutions de l’Église étaient plutôt parmi les défenseurs du système de l’esclavage jusqu’au XVIIIème siècle. Il y avait uniquement des individus chrétiens qui en faisant référence à leur foi, et ou à la philosophie des lumières, argumentaient contre l’esclavage.

On peut chiffrer ou dater le début de la lutte contre l’esclavage vraiment aux États-Unis en 1774 où les quakers avaient décidé d’expulser les personnes, les individus qui ne mettaient pas en liberté leurs esclaves au bout de deux ans, c’est-à-dire jusqu’en 1776. Donc, ils avaient mis un délai pour les membres de leur communauté religieuse et ceux qui ne se conformaient pas avaient l’obligation de rendre libre leurs esclavages sinon étaient expulsé de cette communauté religieuse.

Lors de la guerre d’indépendance des États-Unis, l’esclavage fut un point de controverse. C’est-à-dire que les États du Sud où il y avait beaucoup d’esclavagiste et de producteurs et des agriculteurs de coton, de sucre et de tabac, voulaient maintenir l’esclavage tandis que dans le Nord, les abolitionnistes étaient déjà majoritaires et ils voulaient insérer dans la constitution un article qui interdit de facto l’esclavage en mettant l’accent sur l’égalité et la liberté de l’homme. Cela, les États du Sud avaient réussi à bloquer cette tentative et donc, l’esclavage reste disputé aux États-Unis jusqu’à son abolition lors de la guerre de sécession entre le Nord et le Sud en 1862 et 1863. C’est en 1862 que Lincoln déclara la fin de l’esclavage et en 1863, la fin de l’esclavage se traduisait en pratique.

La lutte contre l’esclavage a continué aux États-Unis au niveau de États membres des États-Unis. Au Massachusetts, en 1781, une Cour a jugé que l’esclavage n’est pas conforme à la constitution faisant référence à la constitution de 1776 puisque la constitution américaine avait stipulé que les hommes sont égaux. Mais, c’était une question d’interprétation plutôt qui était contesté. Les États du Sud l’interprétaient de manière qui leur plaisait tandis que l’État du Massachusetts allait plus loin dans son interprétation et estimait que l’esclavage n’était en fait pas conforme. Si l’on veut regarder les sources qui étaient produites lors de la rédaction de la constitution, il faut aller dans les détails pour trouver que la question était déjà disputée. Donc, pour les États du Sud, l’article n’indiquait pas que c’était interdit, pour quelques les États du nord, l’article était plutôt favorable à nier donc la légitimer de cette constitution.

Une première vague d’internationalisation des mouvements avait lieu à partir des années 1880 et c’est avec l’exportation d’un autre parti que les quakers soumettaient au parlement britanniques en 1783 une pétition pour supprimer la traite des esclaves comme étape initiale à l’abolition. Donc, il y avait là déjà un objectif transnational mais évidemment, c’est d’abord aux bateaux anglais que visait cette pétition parce que c’est sur les bateaux anglais que le gouvernement britannique aurait pu stipuler une règle de droit. En 1887, a été fondé le comité pour l’abolition de la traite de l’esclavage par les quakers et quelques anglicans.

En 1884, France, fut fondé une société analogue qui était appelée Ami des noirs et en faisait partie des personnes très importantes en France comme le général La Fayette, La Rochefoucauld, Mirabeau mais aussi Condorcet ; donc, des grands personnages qui jouaient un rôle important dans la révolution française et encore au-delà. C’étaient des progressistes, dont certains étaient aussi attaché au milieu pacifiste et engagé dans la grande révolution française.

Les principaux activistes en Grande Bretagne étaient Granville Sharp qui a notamment publié des pamphlets et qui les a diffusés, Thomas Clarkson, prêtre de l’abolitionnisme qui a voyagé, qui a donné des conférences partout mais qui a parlé aussi dans les rues pour convaincre les personnes qui passaient les rues principales de signer des pétitions par exemple ou simplement de l’écouter afin de les convaincre. William Wilberforce était peut-être la personne clef parce qu’il était membre du parlement, anglican, donc il n’appartenait pas à la minorité des quakers, et il était aussi éditeur du Christian observer et en tant que tel, il était très influant sur la communauté des chrétiens et notamment des anglicans en Grande Bretagne. C’est lui aussi qui soumettait aussi à plusieurs reprises des positions de loi abolitionniste au parlement. D’abord ce furent des échecs, mais en 1807, le gouvernement britannique se ralliait à sa proposition. Il y a eu peut-être un motif additionnel qui jouait un rôle parce que le gouvernement britannique lorsqu’il y a eu les guerres napoléoniennes avait intérêt à perquisitionner des bateaux sous drapeau neutre afin de découvrir éventuellement des armes qui étaient transporté vers ses adversaires. Et donc, en adoptant une règle contre la traite, en adoptant une loi contre la traite, la Grande Bretagne avait une excuse supplémentaire afin de perquisitionner des bateaux, pour chercher les navires voilant sous un autre drapeau. En plus du motif de voir s’il y a des armes qui ont été transportées par exemple en faveur de son ennemi, son adversaire qui était la France pendant la guerre. Donc, il peut y avoir un motif sécuritaire qui s’ajoute au motif humanitaire. Cela est tout à fait plausible d’y penser.

Ce qui compte est le résultat de la pétition soumise par Wilberforce. La traite sur les bateaux britanniques, la traite transatlantique a été interdite et avec ceci, la puissance qui était la plus impliquée dans la traite encore au XVIIIème siècle l’avait abandonnée.

Les États-Unis, à la surprise peut être des britanniques suivait cette décision et interdisait également en 1808 la traite des esclaves. Cependant, aux États-Unis, puisque la pratique de l‘esclavage était très répandu, plus répandu encore que dans les colonies britanniques, il y a eu une continuation de la traite illégale, c’est-à-dire de la traite clandestine. Il y a eu de véritables marchés des esclaves où des nouveaux esclaves étaient transporté comme par exemple sur la côte orientale des États-Unis. Il faut aussi ajouter que contrairement à la Grande Bretagne, les États n’avaient pas déposé une flotte navale aux côtes africaines pour veiller à ce que leur interdiction de la traite sur des bateaux américains soit respectée. Donc, uniquement la Grande Bretagne avait une flotte suffisamment grande afin de contrôler la traite des esclaves transatlantique.

Cette partie sur l’influence du mouvement abolitionniste en Grande-Bretagne avec quelques répercussions déjà sur les États-Unis se termine en principe avec l’abolition de l’esclavage en tant qu’institution dans les colonies britanniques entre 1833 et 1838. 1833 était le début de la fin parce qu’on introduisait un système de formation pour les esclaves, c’est-à-dire que c’était une période de transition qui allait jusqu’à 1838 et à la fin de la période, tout esclave était théoriquement formé et pouvait passer en liberté. C’était là l’idée d’avoir une période transitoire puis la fin complète de l’esclavage dans les colonies britanniques.

Internationalisation depuis le Congrès de Vienne[edit | edit source]

À partir du Congrès de Vienne, il y avait une internationalisation un peu plus poussée parce que le gouvernement britannique sur le congrès de Vienne où était régulé notamment les questions des frontières européennes, un de leurs objectifs était l’adoption de la suppression de la traite des esclaves en plus de l’adoption du droit des perquisitions réciproques. Le gouvernement britannique ne les a pas obtenus. Il y a eu des réserves très fortes notamment de l’Espagne et du Portugal qui étaient après la suppression de la traite sur bateaux britanniques, les plus impliqués dans la traite transatlantique. De plus, l’institution de l’esclavage persistait dans leurs colonies ou au Brésil, à Cuba. C’était juste le début de la décolonisation de l’Amérique latine donc l’Espagne était encore bien présente en Amérique latine à cette époque là.

Donc, le congrès avait adopté suite à des pressions britanniques une déclaration uniquement contre la traite, une déclaration qui exprime ses sympathies d’une certaine manière avec la cause abolitionniste et qui stipule que c’est vraiment une pratique abominable qu’il faut supprimer mais sans qu’il en découle un engagement quelconque de la part des gouvernements. Donc, c’est de la rhétorique. Une déclaration a été adoptée seulement mais sans aucune force contraignante sur le comportement des États. Surtout, il y avait encore quelques puissances qui avaient des ressentiments parce que la Grande Bretagne avait pendant les guerres napoléoniennes perquisitionné des bateaux. La Grande-Bretagne mettait l’accent sur le droit des perquisitions comme base de la suppression et des contrôles, de la suppression de la traite ; les autres puissances n’étaient pas d’accord à lui accorder ce droit. En fin de compte, même si le droit était garanti de manière réciproque, c’était uniquement la Grande-Bretagne qui avait une flotte navale suffisamment grande pour l’exécuter correctement, les autres puissances n’avaient pas une puissance navale suffisante.

Cependant, il y a eu quelques succès suite au Congrès de Vienne. D’abord, la France, la puissance vaincue se mettait d’accord d’abolir la traite sur les bateaux français. Puis, le Danemark et les Pays Bas interdisaient alors leurs marins également de participer à la traite mais ils étaient déjà très peu impliqués pendant les guerres napoléoniennes donc pour eux cela était un au revoir définitif mais déjà ils étaient très peu impliqués auparavant. Donc, ce sont quelques avancés mais la France ne l’avait pas vraiment imposé parce qu’il lui manquait les moyens. Donc, tout dépendait un peu du droit des perquisitions qui n’était pas donné à la Grande-Bretagne suite au Congrès de Vienne. Par conséquent, le gouvernement britannique avait tenté de négocier avec les États dont les marins étaient les plus impliqués dans la traite des esclaves qui était l’Espagne et le Portugal. Ajoutons à cela qu’il y avait des bateaux américains, des bateaux brésiliens qui étaient encore impliqué dans la traite. Donc, toujours se posait la question ou le problème du droit des perquisitions des États-tiers parce que perquisitionner un bateau qui voilait sous drapeau étranger était une ingérence dans les affaires d’une autre État si la Grande-Bretagne voulait la contrôler.

Donc, avec l’Espagne et le Portugal, la Grande-Bretagne arrivait finalement moyennant le paiement d’une indemnité à obtenir la suppression légale de la participation des marins de ces pays là à la traite. Mais c’était juste la loi, la loi était adoptée par l’Espagne et le Portugal en 1825 et 1820 respectivement mais ni l’un ni l’autre contrôle la suppression. C’est-à-dire, sur les bateaux portugais et espagnols, la traite continue, de plus, la Grande Bretagne n’obtient pas encore le droit des perquisitions. Donc, c’est vraiment un jeu qui commence à se développer parce que ni le Brésil ni ne les États-Unis ni le Portugal ni l’Espagne accorde à la Grande Bretagne le droit de perquisition et donc, vu qu’il n’y a pas de contrôle véritable, la traite illégale continue et continue même à augmenter au cours des années 1880.

Le rôle du gouvernement britannique et de la société civile britannique[edit | edit source]

Se fonde alors en 1839 en Grande-Bretagne une nouvelle société par Joseph Sturge, la British British and Foreign Anti-Slavery Society. Le but de cette société privée abolitionniste est clairement d’aller au-delà de ce qui se passe en Grande-Bretagne où dans les colonies britanniques parce qu’en 1833 déjà, l’esclavage est aboli dans les colonies britanniques. Donc, l’objectif est transnational ou international avec des associations privées. Suite aux pressions de la British and Foreign Anti-Slavery Society, le premier ministre britannique, Palmerston décide en 1839 d’adopter le droit des perquisitions de manière unilatérale. Donc, il impose notamment sur le Portugal et l’Espagne le droit de perquisition ce qui les fâche beaucoup. Et cela sur l’arrière plan de l’organisation d’un premier congrès international en Grande-Bretagne contre l’esclavage, l’organisation des boycotts des marchandises venant des pays esclavagistes.

Donc, le Portugal et l’Espagne étaient sous pression, le gouvernement britannique avait repris des négociations et finalement en 1882, le Portugal et l’Espagne accordent tous les deux le droit de perquisition réciproque à al Grande-Bretagne bien que sachant que c’est surtout la Grande-Bretagne qui peut mettre en œuvre une telle règle réciproque de droit de perquisition.

La Grande-Bretagne impose finalement la suppression successive de la traite sous la pression de sa société civile donc du mouvement abolitionniste et contre la traite des esclaves. On peut évidemment se demander s’il n’y avait pas un intérêt économique derrière parce que c’est très étonnant. D’abord, la suppression de l’esclavage dans les colonies britanniques n’était pas influencée par la non lucrative de l’esclavage dans les colonies britanniques mais plutôt par un consensus moral qu’il fallait abolir cette pratique. De plus, si on tient compte que l’esclavage se pratiquait surtout dans les secteurs du sucre et du coton, il faut constater que la Grande-Bretagne et ses colonies était à l’époque pas très grandement impliqué dans le commerce extérieur de ces produits.

En Inde, on mettait l’accent sur la production de coton à partir de la guerre de sécession et c’est à partir de là que l’Inde devient un concurrent pour les producteurs de coton aux États-Unis. Et c’est à cause de la guerre que la Grande-Bretagne a dû s’investir dans la production du coton en Inde pour obtenir cette ressource vitale pour son industrie textile. En fin de compte, les raisons économiques ne jouaient pas le rôle principal, au contraire, c’était plutôt le mouvement abolitionniste britannique qui poussait ce gouvernement.

John Bright était un quaker abolitionniste pacifiste, Charles Sumner était un homme politique américain à la fois engagé dans le mouvement pacifiste et dans le mouvement abolitionniste. Donc, on peut continuer.

Il y a une troisième vague de mobilisations qui commence à peu près avec les années 1840. Et cette adoption du droit des perquisitions unilatérales qui pousse le Portugal et l’Espagne a finalement accorder ce droit de perquisition. Il y a eu un deuxième congrès international contre l’esclavage et la traite à Londres en 1843 et l’abolition commençait lentement mais sûrement en Amérique latine, c’est-à-dire en Uruguay puis aussi en Argentine en 1853, au Pérou en 1854 et évidemment c’est dû à l’essor de l’abolitionnisme aux États-Unis que finalement l’esclavage joue un rôle central aussi dans la guerre de sécession entre les États du Nord et les États du Sud. On peut peut-être citer quelques publications qui sont des ouvrages majeurs du mouvement abolitionniste qui contribuait à ces débats et qui poussait finalement le parti républicain au pouvoir sous la présidence de Abraham Lincoln. C’était très connu le parti républicain était contre l’esclavage. Donc, les publications sont de Theodore Dwight Weld, notamment un anti-esclavagiste ou abolitionniste qui publiait en fait une collection de sources, de témoignages sur l’esclavage sous le nom de American Slavery as it is. De plus, il y a eu un ouvrage très touchant de Harriet Beecher-Stowe intitulé Uncle Tom’s Cabin et il y a eu une sorte de soulèvement mené par un certain John Brown des personnes de couleur, des esclaves qui avaient fuit dans le Nord des États-Unis, et Henri David Thoreau, un penseur américain très important publiait en 1860, une année avant l’éclatement de la guerre civile In Defense of John Brown, c’est-à-dire qu’il défendait le droit de John Brown et de ses adhérant de lutter pour sa liberté.

En Angleterre, en parallèle, dû à des témoignages de David Livingstone, l’Afrique rentre désormais de plus en plus au centre du mouvement abolitionniste et les abolitionnistes organisent du boycott du coton américain par exemple et donc c’est suite à l’abolition aux États-Unis que Cuba interdit l’importation des esclaves à partir de 1865. La dernière vague de l’abolitionnisme s’oriente donc vers l’Afrique notamment du aux publications de David Livingstone, le premier européen qui a voyagé à plusieurs reprises dans l’Afrique centrale, notamment grâce à la découverte de la chimie et de ses effets contre la malaria. Auparavant, les européens ont été morts très rapidement lorsqu’ils avaient essayé de pénétrer l’Afrique centrale. Donc, David Livingstone avait publié plusieurs ouvrages, des brochures et des articles dans la presse britannique pour justement mobiliser l’opinion contre la traite des esclaves en Afrique.

Par conséquent, un nouveau tournant se développe par rapport à l’Afrique, à savoir que la mission dite civilisatrice et le christianisme se mobilisent pour désormais supprimer la traite des esclaves ou la chasse des esclavagistes en Afrique et pour cela, il se nous avec l’idée de colonisation, c’est-à-dire que la mission civilisatrice sert d’argument pour justifier la colonisation et la soumission d’une certaine manière du continent africain donc, pour lutter prétendument contre l’esclavage.

Donc c’est le dernier chapitre qui s’ouvre, et la lutte contre l’esclavage termine avec la mise en place d’un acte qui supprime donc la traite en Afrique lors de la conférence de Bruxelles en 1890 qui interdit la traite des esclaves, la vente des armes et boissons fortement alcoolisées en Afrique, adopte un code très détaillé pour mettre en œuvre ces décisions. Les européens s’accordent réciproquement le droit de perquisition des bateaux qui pouvaient porter des esclaves, et ils établissent deux bureaux internationaux pour lutter contre la traire avec l’un à Bruxelles, un bureau international qui était sous les hospices du ministère des affaires étrangère belges, et l’autre bureau a été établie de manière internationale mais surtout contrôlé par les britannique sur l’île de Zanzibar qui était jusqu’aux années 1870 un centre du commerce des esclaves vers le monde arabe et vers l’Asie centrale.

Le gouvernement britannique qui établie son contrôle en Égypte et au Soudan essai également d’œuvrer pour supprimer la traite et donc en fin de compte, cette suppression de la traite s’inscrit fortement dans cette idée d’une mission civilisatrice avec comme conséquence la perte de toute possibilité d’autonomie pour les sociétés africaines. Donc, on voit que les mouvements humanitaires n’ont pas toujours les effets souhaité mais ils ont aussi des effets secondaires ou accessoires qui n’ont pas été peut-être prévu au départ.

Conclusion[edit | edit source]

Donc, nous avons mis l’accent sur le rôle des quakers et des révolutionnaires civils et bourgeois, sur les révolutions dans le secteur des communications qui facilitait la mise en réseau des abolitionnistes et des pacifistes de part et de l’autre de l’Atlantique, le renouveau religieux et le rôle des lumières a été souligné et donc cela explique pourquoi c’est au début du XIXème siècle vraiment que les conditions de la formation des mouvements transnationaux se mettent en place.

Les modes d’action ont été d’abord des revus, des ouvrages, des lettres, des boycotts, des appels à l’opinion ou au gouvernement et on peut cependant mettre l’accent sur certaines différences et notamment par rapport aux objectif et rapports des États que le pacifisme était clair sur l’objectif de supprimer la guerre mais pas sur les moyens. Il y avait beaucoup d’idée un pue flou comme l’arbitrage, la médiation, la fondation d’une fédération européenne donc c’était sur ce point que les pacifistes étaient encore très flou et de plus ils n’adressaient pas directement ou trop peu aux États mais plutôt à l’opinion. Les abolitionnistes en revanche avaient des objectifs très clair avec d’abord la suppression de la traite, puis la suppression de l’esclavage et c’était un mouvement très réuni et il y avait une logique dans leurs méthodes, et de plus Wilberforce notamment avait des liens étroits avec le parlement britannique et donc avec le gouvernement. Ils avaient donc directement attaqué un gouvernement et le gouvernement précisément qui était le plus puissant au cours du XIXème siècle, à savoir le gouvernement britannique qui grâce à sa puissance navale avait à la fois le pouvoir et la capacité d’intervenir en matière de la traire transatlantique. Donc, atteindre ou non les gouvernements était le nœud du problème.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]