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Nationalisme et mobilisation nationale dans la Première guerre mondiale : 1914 – 1918

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{{#ev:youtube|gsX2nKtLxvc|250|right|Le Dessous des Cartes: 1914 LES ÉTINCELLES DE LA GUERRE}} Nous allons rappeler les éléments clefs mais aussi les alliances des belligérants et la constellation internationale de cette guerre.

L’objet est le rôle des nationalismes et des nationalités pour le déclenchement immédiat de ce conflit. Cela ne veut pas dire que c’est la seule cause de la Grande guerre mais l’une des causalités importante afin d’expliquer ce conflit de quatre ans.

Il faut voir à l’intérieur des sociétés en guerre de quelle manière on joue les questions à l’intérieur de la communauté nationale en Allemagne, en France en Turquie, en Italie, etc. comment gère t-on la question du nationalisme et de communautés internationales intérieures ? Il y a besoin d’une forte identification afin de tenir quatre ans dans ce massacre généralisé.

Il y a aussi des limites à l’identification avec la nation à l’intérieur de ces sociétés.

Les pré-conditions du conflit[edit | edit source]

Et la France et la Grande-Bretagne profitent énormément des ressources matérielles et humaines provenant de leurs colonies. Immédiatement, l’Allemagne est coupée de ses colonies en Afrique et en Asie et ne peut importer par les océans. À mesure que la guerre progresse, le poids des empires centraux est inégal. C’est une guerre interimpériale avec toute cette mobilisation.

Les alliances effectives durant la guerre.

Cette carte met en avant la Triple Entente et la Triple Alliance. La grande surprise du début de la guerre est l’entrée en guerre de l’Italie qui s’aligne avec la Triple Entente.

On parle beaucoup de l‘Allemagne qui, à travers la Belgique neutre, envahit la France qui est l’un des grands sites de massacres. On oublie parfois que cette guerre se joue ailleurs et notamment sur le territoire de la Pologne et de l’Ukraine actuelle.

Cela se joue aussi entre les ottomans et la Russie, mais aussi sur les Balkans où les affrontements sont aussi très meurtriers, la population civile souffre beaucoup. Le nombre de victimes est aussi très important au-dehors, par exemple, les soldats anglais sont jusqu’à 2 millions en France.

Avant la guerre : la poudrière balkanique[edit | edit source]

La une du Petit Journal du 12 juillet 1914.

Le premier évènement est l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914, toutefois, on ne peut réduire la première guerre mondiale à cet attentat. Il y a quand même une chaine qui prépare ces choses.

L’Autriche-Hongrie annexe une province en 1908 issue de l’affaiblissement de l’Empire ottoman qui est « l’homme malade de l’Europe »[1][2][3] qui est la Bosnie-Herzégovine. Toutes les autres puissances européennes veulent se servir dans les Balkans. D’abord les nationalités veulent profiter de cet affaiblissement afin de gagner leur autonomie.

L’assassinat de François-Ferdinand est issu de l’empire. L’assassin se considère comme un nationaliste serbe qui veut que sa patrie fusionne avec les petits royaumes de Serbie pour créer la grande Serbie. L’idée est qu’il est dans un pays occupé.

Il y a aussi les différents pays qui se sont déjà constitués comme État-Nations sur les Balkans est qui veulent se distribuer ce qui reste. La Serbie, la Bulgarie et la Grèce se mettent ensemble commençant une guerre contre l’Empire ottoman pour régler la question. C’est la première guerre balkanique qui dure d’octobre 1912 à mai 1913.

La Russie est le tuteur de la Serbie avec l’idée d’une solidarité des slaves. La Grande-Bretagne est le tuteur de la Grèce. L’Autriche-Hongrie regarde cela avec méfiance ainsi que les allemands.

On laisse faire les petits États qui mènent d’abord à une sorte de victoire avec l’extension des territoires nationaux notamment avec la redistribution des territoires de la Macédoine.

C’est une suite d’éléments politiques très sérieux.

La seconde guerre balkanique a lieu quelques mois plus tard de juin à juillet 1913 et on veut partager. Les nouveaux États deviennent concurrents, la Grèce, la Serbie et la Roumanie se tournent contre la Bulgarie. Il y a des luttes d’autonomisation contre un empire en voulant sortir de la « prison des peuples » ottomane, mais quelques années plus tard on devient des États-nations concurrents et très agressifs. Ce sont des nationalismes exacerbés parfois soutenus par la religion - les églises orthodoxes sont des églises nationales -. La poudrière se charge.

Une conférence de la paix a lieu en août 1913 à Bucarest où on partage les territoires de la Macédoine qui étaient une province ottomane.

On voit que les problèmes qu’on peut voir dans les médias aujourd’hui ont au moins un siècle et demi de préhistoire. Les mémoires sont longues dans ces pays.

Ces éléments sont importants pour anticiper d’autres types de conséquences qui sont des délocalisations de populations, d’échange de populations ou parfois des migrations forcées. Aujourd’hui on appelle cela de l’épuration ethnique.

L’assassinat de François-Ferdinand a pour but de protester contre la tutelle austro-hongroise. La cause immédiate de la guerre de 1914-1918 est issue des conflits balkaniques. Il y a deux guerres balkaniques qui ont été réglées rapidement par des traités et l’intervention des grandes puissances et afin de repousser les ottomans et légitimer ces jeunes nations.

  • Pourquoi cet attentat n’a pas seulement mené à une guerre régionale entre l’Autriche-Hongrie et la Serbie ?

Le déclenchement du grand appareil des alliances européennes des grandes puissances n’est pas tout à fait inévitable, c’est une énigme. Le 28 juin il y a l’attentat, mais pas de riposte immédiate. Début août c’est le début de la guerre soit six semaines de mains-d’œuvre diplomatiques.

Le contractuel veut dire aussi que ce n’était pas inévitable toutefois l’archiduc n’était pas très populaire. Ce n’est pas le lien entre Sarajevo et la guerre mondiale, mais c’est beaucoup plus compliqué.

Il y a des empires en déclin comme les ottomans, mais il y aussi des empires comme les autrichiens et les russes qui sont en pleine puissance et sont des acteurs internationaux.

La situation des Balkans en 1914 - atlas-historique.net

La frontière verte était les territoires de l‘Empire ottoman en 1911 où la Serbie, la Roumélie et la Grèce essayent de se partager le « gâteau ». Avec la création de la Bulgarie ils se tournent contre la Bulgarie pour se partager la Macédoine, c’est pourquoi la Bulgarie va avec l’Allemagne et l’Autriche. La Grèce et la Serbie vont s’allier avec les français et les britanniques pour régler la question de l’Empire ottoman.

Le lien entre nationalisme populaire sur place et calcule des puissants est très intéressants, mais ce n’est pas toujours dans la même direction. Les intérêts des grands sont des intérêts d’empire au contraire de petits qui sont de intérêts locaux.

Les ambitions impériales[edit | edit source]

La Weltpolitik allemande[edit | edit source]

Notamment depuis la fin du règne du chancelier Bismarck en 1890 avec Guillaume II comme empereur et une ambition faire de la Weltpolitik soit faire de la politique globale comme les britanniques et les français.

Schéma montrant l'idée d'ensemble du plan Schlieffen de 1905 (différent de celui appliqué en 1914)

Le plan de l’état major est un jeu stratégique appelé le plan Schlieffen avec l’idée qu’il faut toujours attaquer la France parce qu’il y a le problème de l’Alsace-Lorraine.

Le plan Schlieffen est en rupture déjà lors de sa conception avec les règles du droit des nations et du droit international parce qu’il prévoit d’attaquer à travers un pays neutre et de bloquer la connexion franco-britannique.

La rupture de neutralité invite l’Angleterre presque pratiquement dans la guerre. Le plan Schlieffen est à haut risque. Cela est justifiable dans la logique d’une politique agressive afin de répondre à l’ambition de Weltpolitik.

Les crises marocaines ont lieu en 1912 entre l’Empire allemand et la France qui est en train d’élargir son empire avec l’Algérie et la Tunisie qui sont des anciennes provinces de l’Empire ottoman. Le Maroc était un royaume parfaitement indépendant, mais les français veulent coloniser tout le Maghreb.

La canonnière SMS Panther qui devint célèbre lors de la crise d'Agadir.

La France est en train de coloniser le Maroc, pour contrer cette extension l’Allemagne intervient par des menaces. En 1911 lorsque les français veulent formaliser leur tutelle coloniale, l’empereur envoie un navire de guerre au large des côtes. C’est un geste agressif de l’empereur Guillaume II.

Les français calment le jeu et sont très souples. Ce sont des provocations qui seules sont symbolique ne menant à de vrais conflits, toutefois, en ce temps on est méfiant tandis que pour l’empereur c’est une affirmation de la grandeur de son empire, c’est du nationalisme d’État.

Ce sont des États affirmés et parfaitement constitués, mais qui jouent la carte impériale afin de répondre à des buts et des stratégies à l’intérieur de leur empire.

L’Italie et la guerre de Lybie : 1911 – 1912[edit | edit source]

Les italiens veulent se lancer dans le jeu des colonies. Les grandes puissances doivent accorder des exceptions donc les grandes puissances signalent à l’Empire ottoman qu’il vaut mieux laisser les italiens avoir et gérer les provinces libyennes.

Ainsi, en septembre 1911, le président du conseil Giovanni Giolitti (1842-1928) décida la guerre contre l’Empire ottoman : 100’000 hommes furent débarqués.

Cela va mener au traité de Lausanne qui sera par ailleurs un centre de négociations durant cette période de l’histoire. Le 15 octobre 1912, par le traité de Lausanne, la Turquie reconnait la souveraineté italienne sur la Cyrénaïque et la Tripolitaine, les deux provinces libyennes.

En général, entre les grandes puissances, la poudrière est chargée. Ce ne sont pas que des revendications nationalistes.

C’est une photographie dite authentique parue dans un magazine français à illustrations. C’est une photographie professionnelle – souvent publiée par les organes officiels - . L’opinion publique était parfaitement consciente de ce qui se passait. Les zouaves sont des régiments de l’armée française en Algérie qui commencent dans les années 1830 d’abord en tant que régiments autochtones afin de faire le travail de l’occupation. Ces troupes autochtones ont leurs propres régiments. Les zouaves gardent par la suite le nom devenant des régiments français étant considérés comme des troupes d’élite. Ces troupes sont intervenues dans plusieurs conflits et notamment durant la Première guerre mondiale. L’armée française est une armée de recrues, les soldats métropolitains n’avaient pas vu de guerre depuis 40 ans. Aux marges de l‘Europe et dans les colonies il y a des conflits qui permettent à ces troupes autochtones de se former et d’acquérir l’expérience du terrain.

Empires et nationalités en guerre[edit | edit source]

La gauche pacifiste : des voix dissidentes[edit | edit source]

Rapidement cette guerre est appelée une guerre totale dans le sens où c’est la société entière qui est mobilisée avec notamment la participation des femmes.

Il y a de nombreux mouvements, des tendances et des institutions qui ne sont pas liées à la nation et au nationalisme et qui parfois ont des convictions et des discours transnationaux et internationalistes. Il y a des contrepouvoirs qui s’expriment et essaient de s’exprimer sans convaincre leur gouvernement ou l’opinion politique.

Discours de Jaurès au Pré-Saint-Gervais (25 mai 1913).

Ces conflits sont dans un certain sens mis dans une sorte d’intermède mais vont ressurgir et être réactivés de manière très militante déjà en 1917 avec la révolution bolchévique et après le fin de la guerre il y a beaucoup de révolutions et de tentatives de révolutions sociales et politiques.

Les divergences à l’intérieur des pays, les conflits entre patrons et ouvriers, les conflits entre la gauche et la droite, les tensions entre la société rurale et les grandes villes modernes est actives, les conflits entre minorités religieuses et ethniques à l’intérieur de ces pays, tout cela n’est pas complétement absent de cette histoire de la guerre.

Il faut nationaliser les populations réunies, doter les citoyens d’une identité nationale. Il y a aussi les clivages ethniques sociaux, confessionnels, linguistes ou encore des visions du monde complètement différentes avec par exemple les pacifistes.

Jean Jaurès, socialiste, arrange la masse pour éviter l’entrée de la France en guerre. Rosa Luxemburg issue du parti social démocrate prend aussi la parole ce qui était rare pour une femme durant cette période.

Jean Jaurès est victime d’un attentat le 31 juillet 1914, un étudiant nationaliste l’assassine.

Pour les mouvements nationalistes ce sont très souvent des jeunes hommes ayant une certaine culture, les étudiants jouaient partout un grand rôle.

L’assassinat de Jaurès facilite le ralliement de la gauche à l’Union Sacrée. Toutes les forces vives de la société doivent à ce moment se rassembler afin de soutenir l’effort de guerre. La mort de Jaurès ne fait pas réagir la France, la grève générale préparée par les syndicats et les socialistes n’est pas déclarée.

En 1919 le meurtrier de Jaurès est acquitté dans un contexte de fort nationalisme.

Rosa Luxemburg.

Rosa Luxemburg est une citoyenne de la Russie qui vient en Suisse pour étudier - les ressortissants des bourgeoisies juifs et germanophones avaient pour habitude de venir étudier en Suisse - elle fait un doctorat en sciences-sociales, retourne en Allemagne devenant citoyenne allemande s’engageant en politique.

Elle est contre l’Union Sacrée essayant de pousser le parti socialiste contre la guerre, c’est le moment de la séparation de l’aille bolchévique et de l’aille sociale-démocrate. Il y a la fondation de partis communistes dans les pays de l’Europe occidentale autour des enjeux de la guerre mais aussi d’enjeux plus pacifistes à partir de 1917.

Rosa Luxemburg est assassinée en 1919 au milieu de Berlin. Les assassins sont condamnés mais les nazis les libèrent.

Ce sont deux histoires importantes avec des contre-forces mais qui ne gagnent pas. En France l’enjeu est l’Union Sacrée, en Allemagne c’est le Burgfrieden.

La France séparée de l’église parle de l’Union Sacrée tandis que l’Allemagne qui est une monarchie luthérienne prend une métaphore du moyen-âge qui signifie la trêve à l’intérieur du château fort.

L’Union Sacrée et Burgfrieden[edit | edit source]

L’idée est que tous les conflits sociaux, économiques et politiques autour de salaire, de codétermination dans les entreprises fasse pause. À ce moment, les syndicats jurent la trêve, les partis de gauche votent les crédits de guerre.

L’Empire allemand est un régime autoritaire mais avec des constitutions et des parlements. La prérogative de chaque parlement est de voter des budgets, on peut empêcher une guerre par le non vote du budget de guerre. Ces gouvernements, pour démontrer l’unité nationale, cherchent l’unanimité de vote sur les crédits de guerre.

Ceux qui ont des doutes sur les biens fondés de ce début de guerre doivent se taire et voter après les autres. Les partis politiques se rassemblent mais aussi les forces autour du gouvernement républicain en France et de l’empereur en Allemagne.

Avant la fin de la guerre les centres de syndicats n’ont plus le contrôle, mais jusqu’à là on consacre les critiques.

Un courant historiographique voit dans cette facilité de mobiliser les différentes forces vives de ces sociétés une preuve de la réussite de l’inculcation d’un sentiment national. Cela a convaincu les masses populaires de soutenir, il n’y a pas de vraie résistance parce qu’on ne pouvait imaginer que cette guerre allait durer quatre années.

Entre nationalisme et nationalisation par l’État il y a un connexe soit un nationalisme d’État.

Unanimisme politique[edit | edit source]

On veut avoir une position cohérente et oublier les tensions politiques ainsi que les clivages internes. L’empereur Guillaume II disait qu’il ne connaissait plus de partis politiques mais que l’Allemand, c’est la fin de la démocratie. Il est intéressant de noter que dans le parlement il y avait des minorités qui ont aussi votés les crédits de guerre.

En France, les crédits militaires sont votés à l’unanimité le 31 juillet 1914, en Allemagne il y a même des socialistes qui fondent une social-démocratie de droite dans des jeux politiques afin d’avoir des compensations pour le soutien au gouvernement et qui votent les crédits le 4 août 1914.

En Allemagne certains socialistes défendent « la théorie de la compensation ». Gustav Noske, en 1907, dans un discours au Reichstag, apporte, au nom du Parti, son soutien au gouvernement en cas de guerre. Mais l’extrême gauche du parti social-démocrate, autour de Rosa Luxemburg est fidèle à l’internationalisme

Dans la république de Weimar, la social-démocratie jouera le rôle d’un parti gouvernemental et même d’un parti dominant. Les divisions politiques se positionnaient déjà par rapport à une guerre possible.

Minorité en guerre[edit | edit source]

Poster édité par les Associations d'anciens combattants juifs, indiquant que 12 000 Juifs périrent au front pendant la Première Guerre mondiale. Ce poster est apparu en 1920 en réponse aux accusations de la Dolchstoßlegende qui agitaient l'opinion publique.

L’exemple de la population juive allemande est plus divisé. Il y avait des manifestations antisémites ailleurs comme en France avec l’affaire Dreyfus. L’antisémitisme n’est pas limité aux pays germanophones.

Les juifs dans un certain sens et notamment les leaders politiques convertis au protestantisme et au catholicisme étaient fier d’être représentés dans la fonction politique et dans la guerre.

Ludwig Frank se porte volontaire pour partir à la guerre est y meure rapidement, il y aussi beaucoup de volontaires notamment issus des cercles dirigeants qui portent leur soutien à l’organisation de l’économie de guerre.

Le gouvernement allemand est forcé de faire une sorte de recensement de la participation des juifs dans l’armée allemande parce qu’il y a beaucoup de rumeurs que les juifs ne veulent pas servir et profitent. Il y a un recensement pour se rendre compte des représentativités.

Le résultat est favorable à la communauté juive mais en 1916 le gouvernement ne publie pas le résultat[4]. Malgré le discours d’unité nationale, les clivages émergent à nouveaux et notamment les clivages religieux.

Ils sont plus de 10000 à s’enrôler volontairement et 2000 juifs deviendront officiers durant le conflit tandis que les industriels et banquiers juifs comme Walter Rathenau, Fritz Haber et Franz Oppenheimer occupent des positions importantes dans l’administration civile chargée d’organiser l’économie de guerre

Cette propagande antisémite a lieu en France, en Grande-Bretagne mais aussi en Italie, l’idée du recensement des juifs dans la participation à la guerre est allemande.

L’intégration des minorités dans l’armée d’Autriche-Hongrie est un brassage de nationalités assez important, environ 50% seulement sont d’origine allemande.

Les politiques d’exclusion à l’égard des étrangers et des minorités[edit | edit source]

Avant la grande guerre, les sociétés européennes étaient cosmopolites, il ne fallait pas nécessairement un passeport. Avant 1914, il y a un certain paradoxe : on est sur un continent avec des passions nationalistes fantastiques mais d’échanges très développés.

Pour la classe ouvrière, il y avait beaucoup de migrations en Allemagne, c’est aussi un aspect de cette période qui est un peu à l’encontre de l’idée que les nationalismes contrôlent.

La guerre change la donne. On doit identifier les ressortissants à l’intérieur des États les ressortissants des pays ennemis. Par exemple, les étrangers doivent quitter les zones frontalières parce qu’il y avait une méfiance généralisée.

Les français sont méfiants aussi vis-à-vis des alsaciens, on veut les identifier, les compter, les forcer ou les encourager à quitter le pays ou bien les regrouper dans des campements.

Ce qui est intéressant est la volonté de les identifier. Pour les ressortissants propres se pose la question de savoir comment prouver son origine.

On commence aussi à donner des cartes d’identités aux ressortissants nationaux, les étrangers sont forcés d’avoir des visas et des papiers. L’origine de nos cartes d’identité et de nos passeports pour la masse de la population est la première guerre mondiale.

Avec la guerre cela devient un enjeu militaro-politique. Notre identification personnelle est née à ce moment, cela nous montre aussi que la communauté nationale doit contrôler ses frontières démographiques et symboliques.

Limites de la mobilisation nationale : des mutineries aux révolutions[edit | edit source]

Vers la fin de la guerre, les problèmes sont à l’intérieur au niveau des standards de vie mais aussi des conditions, l’absurdité des morts de guerres, des critiques contre l’État major, etc. Il faut noter dans l’année 1917 de grandes vagues de mutineries.

Ces mutineries sont matées mais pas avec une répression totale. Le maréchal Pétain trouve des solutions en améliorants les conditions afin de recréer la trêve à l’intérieur des troupes. Cela fonctionne et en 1918 le moral des troupes françaises est plutôt bon.

En France, devant l’inutilité et l’atrocité des combats (grandes offensives 1916-1917) les refus d’obéissance se multiplient en 1916 et surtout 1917 (21174 condamnations). Les mutineries d’avril-mai 1917 (environ 400000 personnes) devant les offensives meurtrières et inutiles ont été très efficacement réprimés (554 peines de morts jugés une cinquantaine réellement exécutées)

Le cas le mieux documenté est la désertion d’un régiment de 2000 hommes du 28 régiment d’infanterie de Bohème devant les Russes en 1915. Ce régiment était composé pour l’essentiel d’ouvriers qui étaient affiliés à un parti pro-russe.

La presse fait circuler l’information, les clivages à l’intérieur de la société explosent est la communauté nationale n’est plus la seule chose qui convainc les gens.

À un moment, l’argument national et nationaliste ne marche plus. Les conditions se sont tellement dégradées que les instincts de survie primaire et la raison vont commencer à prendre le dessus.

En Autriche, on a constaté des désertions surtout parmi les soldats serbes de Bosnie dès 1915. En Allemagne, les désertions restent rares toutefois, 100000 personnes au plus. Mais à partir de janvier 1918, le nombre des soldats qui se constituent prisonniers sans combattre s’accroît. Près d’un million de personnes.

En Allemagne, la flotte soumise à des conditions de vie particulièrement dures et encadrement particulièrement sévère et inégalitaire se mutine une fois en août 1917 à Wilhelmshaven puis de nouveau en octobre 1918.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]

  1. de Bellaigue, Christopher. "Turkey's Hidden Past". New York Review of Books, 48:4, 2001-03-08.
  2. de Bellaigue, Christopher. "The Sick Man of Europe". New York Review of Books, 48:11, 2001-07-05.
  3. "Ottoman Empire." Britannica Student Encyclopedia. 2007. Encyclopædia Britannica Online. 19 Apr. 2007.
  4. Jacob Segall: Die deutschen Juden als Soldaten im Kriege 1914-1918 ; Berlin 1922 ; page: 11ff [archive] (pdf) ; Comparaison graphique présentée par Jacob Rosenthal :Die Ehre des jüdischen Soldaten ; page 119