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Méthodes quantitatives et qualitatives : des épistémologies distinctes ?

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Les méthodes vont au-delà de la simple récolte de données[edit | edit source]

L’épistémologie, à savoir la théorie de la connaissance s’intéresse à savoir de comment produire des connaissances scientifiques.

« Lorsque nous parlons de méthodologies « quantitatives » ou « qualitatives », nous sommes en train de parler d’un ensemble de postulats sur le monde social qui sont à la fois philosophiques, idéologiques et épistémologiques. Elles vont donc au-delà des simples techniques de récolte des donnée ». Cette citation de Rist explique que les méthodes quantitatives sont plus qu’une simple production d’informations qualitatives et qu’elles sont plus que des chiffres. Certes, il y a une production de données chiffres mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. Avant tout, on construit des données et cela repose sur une conception particulière des sciences sociales et du monde et qui tente seulement de se rapprocher à la réalité. Avec n’importe quelle approche, les données récoltées montrent qu’un extrait de la réalité. Le plus souvent, les méthodes quantitatives prennent la démarche déductive en validant les données. Cette approche a une manière distincte de concevoir la réalité sociologique et de la reproduire.

Les méthodes reposent sur des postulats philosophiques spécifiques[edit | edit source]

Pour illustrer que les postulats et que les méthodes influencent notre regard, on prend comme exemple ces images. Les postulats des méthodes influencent notre regard, nos résultats et notre compréhension du monde social. Une description reste abstraite et on va l’illustrer par le biais d’un exemple. Pour sa thèse, le professeur a récolté des données de sondage et d’entretiens. Par la récolte de données quantitatives, les militants avaient la même vision du monde tandis qu’avec l’analyse qualitative des entretiens, chaque militant était singulier. Il y a donc des résultats distincts voire contradictoires entre ces deux types de données. Ainsi, les deux méthodes posent des questions distinctes et des buts différents pour dépasser cette frustration initiale.

Pilier structurant : quête des faits – positivisme

Quelles sont les lentilles particulières des types de méthode ?

Pour la démarche quantitative, le positivisme est un des piliers structurant. Le positivisme repose sur l’idée que la science peut atteindre des vérités et donc progresser dans la connaissance en observant des choses observables et en qualifiant ces choses comme réelles. Saint Simon ou Comte sont des représentants importants de cette démarche. A cette époque, les sciences sociales essaient de se rapprocher des sciences naturelles pour obtenir le statut de vraie science. Le positivisme qualifie ce qui est fondé sur l’expérience et sur l’observation comme des faits réels. Il s’oppose à la théologie et ce sont l’objectivité et la visibilité qui priment ; on veut se rapprocher d’une réalité objective et concrète. La théorie qui en découle se base uniquement sur la connaissance des faits et de l’expérience scientifique. A cette idée s’associe aussi que le chercheur reste neutre par rapport à son objet.

Le positivisme[edit | edit source]

Au 19ème, le positivisme est le standard de connaissance, c’est-à-dire que c’est le seul chemin « juste » de la science. C’est le cas pour les sciences naturelles sauf qu’à l’époque où Comte voulait élever les sciences sociales au rang de sciences, c’était la seule voie possible pour les sciences sociales. On voulait décrire les phénomènes sociaux comme des phénomènes naturels avec une description objective des faits (neutralité) et cet objectivisme est la voie unique des connaissances en passant par la régularité de phénomènes aléatoires (par exemple avec la criminalité pour voir si ce taux change dans le temps et pour prendre des mesures politiques par la suite). Pour l’arithmétique politique, on avait pour but de trouver des lois sociales au même titre que les sciences naturelles.

Pour Comte, « maintenant que l’esprit humain a fondé la physique céleste, la physique terrestre, soit mécanique, soit chimique ; la physique organique, soit végétale ou animale, il lui rester à terminer le système des sciences et d’observation en fondant la physique sociale. Tel est aujourd’hui le plus pressent besoin de notre intelligence. » Il a établi des caractéristiques dont les traces sont encore visibles. Les sciences sociales adoptent le langage des sciences naturelles, on commence à parler de variables, d’indices, de mesures, de l’expérimentation ou encore de systèmes causaux et bien d’autres concepts. Ce langage mais aussi la manière à conduire des recherches imitent le modèle des sciences naturelles.

Avec une démarche hypothético-déductive, on est dans une approche où la théorie prime, c’est-à-dire en construisant un modèle théorique puis en allant par la suite le confronter à la réalité. Par ce biais, on construit des outils de récolte de données qui sont informés par la théorie appliquée et qui laisse peu de place pour poser d’autres questions qui pourraient être importantes. Ce n’est qu’avec ce modèle que des connaissances peuvent être fiables et robustes, selon cette pensée.

  • A la base de cette démarche, on souhaite découvrir des vérités et atteindre l’objectivité. On voulait concurrencer le poids lourd des Eglises.

Problèmes spécifiques[edit | edit source]

Fortement inspiré par les sciences naturelles et cela génère des problèmes. Une des conséquences c’est que c’est un monisme méthodologique. Une seule approche est permise pour servir le monde social avec des méthodes et procédures de recherches des sciences naturelles qui sont importées dans les sciences sociales. Cette approche est problématique car l’objet d’études en sciences sociales n’est pas seulement abordable par des observations objectives puisqu’on regarde des individus et des groupes sociaux qui interagissent. Ceci est une particularité des sciences sociales qui nécessitent une autre démarche philosophique et méthodologique pour les appréhender. D’autres approches existent comme la démarche interprétative qui sont plus fiables.

Problème de l’empirisme ou le phénoménalisme : Le béhaviourisme veut analyser les comportements politiques des individus. Ceci est difficile en ne se basant que sur des phénomènes observables. La démarche positiviste exclut l’incorporation des notions métaphysiques comme l’expérience subjective par exemple. La construction du sens ou de structures invisibles sont exclues de la démarche scientifique. Mais comment expliquer l’abstention politique sans s’intéresser à la perception politique du citoyen ? De telles questions sont importantes actuellement où on voit des structures supranationales de plus en plus menacées comme l’UE.

Focus sur les régularités et la quête après les lois sociales. Si on se concentre uniquement sur les régularités, on néglige les variations. Si on dédit des lois sociales à partir de l’homme moyen comme Quételet, on écarte toutes connaissances sur des individus qui ne sont pas des hommes moyens. Par exemple, les salaires entre hommes et femmes ne sont souvent pas les mêmes. Donc on arrive à des conclusions qui ne sont pas vraies pour les uns et les autres. Si on ne prend en compte les variations, les lois sociales qui en découlent sont forcément erronées.

Déductivisme : Cette quête suite aux régularités et lois sociales est inscrite dans une démarche déductive pour trouver des relations causales. On développe des hypothèses en amont à partir de cadres généraux et théoriques qui sont ensuite testés empiriquement. L’approche déductive est la seule démarche scientifique à cette époque. C’était le chemin unique pour construire la connaissance et ça ressemble beaucoup à la démarche de Popper qui disait que les sciences ne pouvaient avancer que par validation/invalidation des paradigmes (Falsification des théories). Le problème de la démarche déductive, c’est que la recherche ne procède pas d’une manière linéaire mais plutôt circulaire. Ainsi, il y a des dimensions difficilement incluables dans la recherche. Dans la réalité, les théories s’élaborent aussi à l’aide de la démarche déductive.

Posture du chercheur : penser que la recherche et le chercheur sont neutres et objectives. Weber ou Popper pensaient que la recherche doit se distancier des valeurs et avoir une position neutre. Ils pensaient que la démarche scientifique est une démarche objective pouvant se distancier des jugements et de valeurs et que la recherche ne doit pas être contaminée par le profil personnel du chercheur. Sauf qu’une observation n’est jamais neutre car les chercheurs sont historiquement et socialement situés d’autant plus qu’ils appliquent des lunettes conceptuelles.

  • Le positivisme nous amène à une idée particulière de la science qui est fortement critiquée dès les années 1960.
  • Idée qu’il y a une seule et vraie méthode (monisme)
  • Idée qu’on observe uniquement des choses visibles
  • Phénomènes sociaux se comportement selon des régularités et que les lois sont identifiables
  • La démarche déductive est la seule voie scientifique

Déductivisme[edit | edit source]

A partir du modèle type du déductivisme, on récolte des données pouvant tester les hypothèses. Puis, l’analyse de ces données génère des résultats de recherche qui permettent de valider ou de réfuter des théories. Cependant, la réalité est nettement plus complexe et c’est le cas pour les processus de recherche qui sont moins linéaires que ce modèle. On est donc plutôt face à une circularité entre toutes ces cases.

Problèmes spécifiques[edit | edit source]

Dans une questionnaire ou entretien, on ne peut pas demander la classe sociale des citoyens. Ce qu’on demande c’est la profession, le fait d’avoir des responsabilités dans le travail ou sa propre perception de son appartenance de classe ou encore d’autres indicateurs. Par ce travail d’opérationnalisation, on peut avoir des résultats différents.

Autre problème de cette démarche est la volonté de mettre les concepts en relation, ceci avec l’idée des sciences naturelles. Or, hormis l’expérimentation, il est difficile d’évaluer empiriquement des relations causales pour des raisons évidentes : l’expérimentation en science sociale n’est souvent pas possible. En sciences sociales, on est souvent forcé d’argumenter théoriquement la direction de la causalité. Par exemple, est-ce que c’est l’intérêt pour la politique qui augmente la votation ? On ne sait pas exactement quel facteur influence l’autre. Heureusement, il existe des techniques pour arriver empiriquement à s’approcher d’une relation causale comme les panels d’une part ou les expérimentations d’une autre. Sauf que ces choses sont difficiles à mettre en place en raison de coûts ou de questions éthiques. Avec certains, on peut faire des corrélations.

La causalité est centrale dans la démarche quantitative, puisqu’il s’agit d’illustrer et d’expliquer un phénomène social. Cette volonté découle de la vision durkheimienne du monde social, selon laquelle les phénomènes sociaux doivent être traités comme des choses. Toutefois, il est impossible d’atteindre une causalité véritable, corrélation n’étant pas égal à causalité. Si on postule un lien de causalité entre X et Y, ce qui est réellement important, c’est la flèche ! Et donc le lien social qui relie deux éléments.

Un des points forts des méthodes quantitatives est la généralisation et donc l’idée qu’à partir des échantillons représentatifs, on peut tirer des informations sur l’ensemble de la population. Cette idée est importée des sciences naturelles sauf que cette force est surestimée. Dans la réalité, on est face à des échantillons spécifiques qui ont des biais influencés par le tirage d’échantillon mais surtout la manière dont les répondants participent. En science sociale, on utilise souvent l’étude de cas à la base de laquelle il est difficile de généraliser même avec une démarche quantitative. Une solution pour diminuer ce problème est de multiplier les ancrages empiriques et comparer les résultats similaires mais distants dans le temps et l’espace.

Multiplier les ancrages empiriques veut dire réplication. C’est un autre concept importer des sciences naturelles où la même expérience peut être facilement appliquée dans les laboratoires. Dans la perspective de la recherche quantitative, cette dimension est impliquée. La réplication permet d’être plus proche de la réalité sauf qu’une réplication parfaite n’est pas possible puisqu’on n’est pas dans des laboratoires en sciences sociales. La réplication est utile pour l’étude des variations et de regarder si on retrouve les mêmes processus sociaux dans des contextes étant différents.

Enfin, un dernier problème à prendre en compte lors de l’usage des méthodes quantitatives, c’est le fait que l’individu représente le point focal, l’unité d’analyse par excellence. Les faits sociaux sont donc déduits par le biais de l’agrégation de tous les individus. Mais selon Durkheim, cette approche est problématique puisque le tout est distinct de la somme de ses parties. En négligeant le contexte, les normes sociales en vigueur mais aussi les interactions, les résultats peuvent en être gravement affectés. Pour résoudre ce dernier problème, les chercheurs tentent actuellement de trouver un modèle d’opérationnalisation pertinent.

En conclusion[edit | edit source]

Les méthodes sont basées sur des présupposés qui orientent notre regard social et la manière dont la démarche est faite aujourd’hui est toujours influencée par cette approche. Cela permet d’avoir un regard réflexif. Tous ces points critiques touchent de loin tous ces chercheurs. La recherche quantitative connaît ses difficultés. Les problèmes de la généralisation, de la réplication et de l’individualisme sont aujourd’hui acceptés et fortement discutés. Il existe des réflexions et des mesures sur les processus de recherche.

En résumé :

  • Il représente toutefois le pilier des méthodes quantitatives, ayant permis leur émergence.
  • Le positivisme a grandement influencé la pratique des méthodes quantitatives en sciences sociales, bien que cette influence diminue avec le temps. On essaie actuellement de prendre en compte les interactions, les relations, les normes… pour complexifier les modèles et s’approcher toujours plus près de la réalité sociale. 

  • Bien que l’ambition première du positivisme fut la neutralité dans les méthodes, cela n’existe pas empiriquement. C’est pourquoi le chercheur doit prendre conscience de ses présupposés pour ne pas tomber dans une analyse de type « loi sociale ».
  • Le positivisme appliqué à la pratique de la recherche en sciences sociales entraine de nombreux problèmes à résoudre.
  • L’opérationnalisation est au centre de méthodes quantitatives. Il s’agit de créer des catégories au sein du monde social, de mesurer les phénomènes sociaux et d’y apposer des chiffres …
  • La démarche hypothéticodéductive, bien qu’aujourd’hui dépassée, a jouer un rôle prépondérant dans l’émergence de ces méthodes.
  • Il faut donc prendre en compte les forces et les limites de cette approche.

Traditions sociologiques[edit | edit source]

Méthodes qualitatives[edit | edit source]

Observation participant développée par Malinowski, les interviews non-structurées, les récits de vie ou des focus group ont introduit une plus forte variété dans le type de collectes de données que la démarche quantitative qui est plus uniforme (positivisme). Les méthodes qualitatives reposent sur deux piliers ; la quête du sens et l’analyse de structures invisibles. Le développement de cette approche se nourrit de réflexions critiques pré-existantes chez Comte, Sorokin etc. mais c’est dans les années 1960 qu’on retrouve une dimension plus critique des méthodes quantitatives. Les méthodes qualitatives reposent sur une autre conception de la réalité sociales grâce à des épistémologues qui ont décortiqué la démarche de recherche. On est face à un virage intellectuel important en défrichant les structures invisibles du monde social en prenant le point de vue du sujet. Il n’y a plus d’idée de la neutralité.

Interprétation des acteurs[edit | edit source]

Pour interpréter les acteurs, d’autres démarches que la démarche positiviste et quantitative sont nécessaires. Pour Weber, la sociologie est la science qui se propose de comprendre par l’interprétation l’activité sociale et par là, d’expliquer causalement ses causes et ses effets. Il voulait saisir le sens et la subjectivité de l’acteur et il se demande comment l’acteur comprend la situation sociale. C’est dans cette démarche que s’inscrivent d’autres auteurs comme Foucault ou Derrida.

Structures invisibles du monde social[edit | edit source]

La tradition wébérienne met l’accent sur l’interprétation tandis que la tradition phénoménologique a ses sources en Allemagne avec Hegel ou Husserl. Ce dernier propose un programme qui souhaite analyser les bases du monde social. La phénoménologie signifie de saisir par description l’expérience subjective du monde et des acteurs sociaux. L’étude des structures de sens et de construction que les individus ou groupes sociaux utilisent pur rendre le monde social intelligible est chargé de sens. Ce sont ces constructions qui permettent de comprendre le monde social, de se situer en tant qu’individus ou groupes puis d’agir en fonction de cette interprétation. C’est le contraire du béhaviorisme qui cherche des stimuli externes aux groupes et aux individus ainsi qu’aux observations visibles pour comprendre l’observation.

Interactionnisme symbolique[edit | edit source]

C’est une approche d’origine des sciences sociales et elle est fortement associées à George Herbert Mead. C’est une approche proche de la démarche wébérienne et de la phénoménologie. Pour Mead, il faut saisir la définition de la situation avant l’acte et ainsi comprendre l’interprétation que les individus s’en font. Il faut également saisir la définition comme acteur social en comprenant la définition et l’interaction. Ces interprétations changent en fonction des interactions sociales et en fonction des interactions entre les individus eux-mêmes.

Goffman montre comment la présentation de soi peut varier selon le cadre. Cela change en fonction des situations d’interactions. Les interactions transforment le sens.

Oppositions au positivisme[edit | edit source]

Beaucoup de chose oppose les méthodes qualitatives des méthodes quantitatives. Les méthodes qualitatives…

  • Postule que l’individu est pensant, et c’est cette subjectivité mais aussi l’intersubjectivité qui en découle qu’il faut saisir.
  • En effet, l’individu est en interaction constante avec lui-même et les autres, et c’est de l’intersubjectivité produite que découle l’action. Le but de la démarche est de comprendre les structures mentales subjectives des individus.
  • Le contexte joue un rôle important puisqu’il façonne l’interaction.

Ainsi, les méthodes qualitatives travaillent principalement sur le monde subjectif vécu par les acteurs sociaux. C’est pourquoi on adopte davantage une démarche compréhensive et interprétative. Toutefois, les méthodes qualitatives se sont distancées des postulats de Weber, selon qui il fallait réussir à appréhender le monde au travers des yeux des individus étudiés. La neutralité axiologique n’existante pas, la description des faits sociaux (à la Geertz) joue alors un rôle fondamental, tout comme les efforts de contextualisation, permettant de comprendre les acteurs sociaux dans leur milieu. Alors que les méthodes quantitatives sont à la traine sur ce point, les méthodes qualitatives permettent d’élaborer des concepts au fur et à mesure et donc permettent une meilleure compréhension des phénomènes dans le temps. En effet, la flexibilité théorique est au cœur des méthodes qualitatives (exemple : La Grounded Theory).

Logique de la démarche qualitative[edit | edit source]

Examiner les structures de sens, examiner ce qu’il y a derrière la réalité sociale. L’idée est également à l’opposition du regard neutre de regarder avec les yeux de celui qui est étudié, c’est-à-dire étudier les actions et les normes en partant de la perspective des gens qu’on étudie. Il n’y a pas de processus de distanciation entre le chercheur et son objet d’étude mais il doit s’immerger dans la réalité de son objet de recherche. Pour faire émerger les structures de sens, il nous faut une description détaillée du phénomène social qu’on veut étudier. On veut déterminer les structures de sens. On définit les contextes pour des systèmes d’interprétations et d’actions. C’est une démarche holistique qui veut expliquer la situation en la situant dans son contexte social, culturel et historique.

Elle est moins guidée par la théorie. Au contraire, on refuse d’élaborer un cadre théorique strict mais on le voit comme un guide se structurant tout au long de la recherche. On ne veut pas guider une vision du monde au départ mais on la laisse émerger. C’est une structure théorique plutôt ouverte et visible. Cela permet une certaine liberté dans la façon d’observer les phénomènes sociaux. Ceci est également le cas pour les concepts qui ne sont que rarement définis au début de la recherche mais sont établis dans le cours de la recherche.

Problèmes et limites[edit | edit source]

Analyse et l’interprétation montent le cadre donc des théories pouvant nous amener vers un but précis. Il y a un risque d’éparpillement et on risque de refaire la même chose et de se noyer dans un vague terrain d’information. Idée de décrire de manière détaille la complexité sociale, cela nous amène à exagérer et à se perdre dans un descriptivisme social où on oublie le but de chercheur, à savoir d’expliquer et de comprendre. De plus, le fait que le chercheur n’est pas guidé par des théories est un mythe. Tout chercheur est guidée par des théories. L’idée d’absence théorique est ainsi un mythe.

Reproduction de la complexité : descriptivisme / excès d’empirisme on peut mieux décrire les choses. En analysant les attitudes d’une personne, on pose des indicateurs. Ou lorsqu’on fait des entretiens, on a plus d’informations. Donc c’est plus détaillé. Sauf qu’on a trop d’informations et on reste dans le descriptif.

Explication : on peut mieux expliquer le processus sauf qu’on se perd dans l’explication.

Mythe du « chercheur enfant » : le chercheur est aveugle, sans théorie préalable. Il y a l’idée qu’on peut venir libéré de quelconque théorie préalable sauf que cela n’est pas possible en tant que tel parce qu’on est toujours guidé d’une manière ou d’une autre.

Généralisation : La généralisation représente la préoccupation centrale des méthodes quantitatives, bien qu’elle soit limitée. En effet, il serait abusif de généraliser des conclusions à une population entière sur la base d’un échantillon régional par exemple. Pour éviter ce type d’abus, les chercheurs multiplient les ancrages empiriques, permettant d’identifier de possibles variations entre les différentes mesures sur des territoires différents, permettant dès lors de mieux appréhender les phénomènes sociaux.

Conclusion[edit | edit source]

Les méthodes qualitatives et quantitatives reposent chacune sur des piliers différents. Etant très différentes et permettant d’appréhender le monde social au travers de lunettes épistémologiques différentes, le terrain n’est pas du tout appréhendé de la même manière par ces approches. Toutefois, on ne peut conclure à une réelle opposition entre elles. Pour de nombreux chercheurs, ces deux méthodes doivent se compléter pour offrir à voir une réalité plus complexe en se posant des questions différentes, caractéristiques de chacune de ces approches.