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Les apports de l'Union européenne

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Méthodologie contre-factuelle[edit | edit source]

Définir ce qu’il se serait passé sans l’Union européenne et difficile à imaginer. De plus, il est clair que le raisonnement en « si » connait de grandes limites épistémologiques. Toutefois, il apparait utile de se poser la question dans le cadre des débats contemporains. Pour ce faire, nous emprunterons la méthodologie de l’histoire contre-factuelle telle que développée par Niall Ferguson (ed.), Virtual history: Alternatives and Counterfactuals, New York, Basic Books, 2000.

Que ce serait-il passé sans l'Union européenne?[edit | edit source]

Les apports de l'Union européenne pour la sécurité et la paix[edit | edit source]

Il semble clair que sans l'Union européenne, la réconciliation franco-allemande aurait été plus difficile. Il y aurait probablement toujours des malentendus et des préjugés entre pays européens, et les voisins de l’Allemagne resteraient anxieux. On voit déjà un trait commun aux développements suivants: l’Union européenne ne résout pas les problèmes directement, mais elle contribue à les résoudre.

Par ailleurs, les forces politiques extrémistes auraient eu le champ libre pour appliquer leurs programmes. Si ces forces sont arrivées au pouvoir dans plusieurs pays européens, ce n’est, pour René Schwok, pas grâce à l’UE, qui les a plutôt empêchés de mettre leurs politiques en œuvres. Sans l’UE, la démocratie aurait été plus difficile à maintenir, et nous aurions de plus grands risques de conflits entre voisins, minorités et groupes sociaux.

Enfin, on aurait éventuellement une multiplication de régimes que la Biélorussie ou la Russie. On pense ici aux ex-dictatures comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal et les Pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO), qui aurait eu davantage de difficultés à consolider leurs démocraties.

Les apports économiques de l'Union européenne[edit | edit source]

De façon assez claire, il y aurait eu moins de libre-échange et de concurrence. Le protectionnisme aurait été maintenu comme politique classique et nous aurions aujourd’hui un grand nombre d’industries et de firmes, « champions nationaux » mais inefficaces. Les produits auraient été de moins bonne qualité et plus chers, la satisfaction des consommateurs inévitablement plus basse. On aurait également de plus faibles exportations extra et intracontinentales, les entreprises étant moins compétitives au niveau international. Ceci, couplé à des investissements plus faibles en Europe aurait conduit à un PIB/habitant moins élevé que celui que nous connaissons.

Les apports monétaires de l'Union européenne[edit | edit source]

Nous utiliserions 28 monnaies nationales, avec davantage d’instabilité en fonction des dévaluations compétitives et réévaluations, ainsi qu’une plus grande inflation. De plus, l’économie européenne serait plus dépendante du dollar, et l’Allemagne serait encore plus en situation de domination, ce qui causerait une certaine frustration chez ses voisins, indépendamment de leur rationalité économique.

Les apports de l'Union européenne pour le social[edit | edit source]

Comme on l’a déjà dit, l’UE n’est pas très investie dans ce thème. Néanmoins, il n’y aurait pas de libre établissement des personnes ni de coordination des systèmes de sécurité sociale. Il n’y aurait pas ou très peu d’aide aux agriculteurs et pêcheurs à une telle échelle, ce qui renforcerait l’exode rural,  la désertification et la destruction des paysages, ainsi qu’une plus grande dépendance vis-à-vis des produits agricoles étrangers.

Enfin, il n’y aurait pas non plus d’aide aux régions les plus pauvres de l’Union (comme les fonds structurels ou les fonds de cohésion), avec donc un risque accru de pauvreté, d’abandon, de désertification, d’exode, de désespoir, de révolte et de violence.

Les apports de l'Union européenne pour la technologie et l'éducation[edit | edit source]

Il n’y aurait probablement pas ou très peu de coopération technologique et de recherche (même s’il existe certaines initiatives internationales, comme le CERN), ainsi que de concertation en matière d’éducation (reconnaissance des diplômes, socles de compétences, etc.)

Les apports de l'Union européenne vis-à-vis de l'influence étrangère[edit | edit source]

Nous aurions vu davantage de pressions soviétiques et communistes durant la Guerre froide, ainsi qu’une arrogance des États-Unis qui auraient une hégémonie totale sur l’occident. De plus, il y aurait moins de résistance face aux pays dictatoriaux et producteurs de matières premières. On retrouve là l’interprétation de l’Union européenne comme un géant agissant pour la promotion de l’état de droit.

Les apports de l'Union européenne en matière de droits humains et de démocratie[edit | edit source]

Sans l’Union européenne, il y aurait davantage de pays non démocratiques et non respectueux des droits humains. Cet argument s’adresse particulièrement aux ex dictatures de la Grèce, l’Espagne, le Portugal et les PECO.

Références[edit | edit source]