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Les Etats-Nations au début du XXème siècle

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L’objectif de ce cours est de montrer quels sont les différents facteurs qui permettent la construction nationale dans le courant du 19ème. L’espace géographique que nous verrons ici est celui de l’Europe occidentale puisque la construction nationale se fait d’abord à l’ouest de l’Europe.

Ce que l’on verra, c’est que la construction nationale est d’abord une construction politique. L’Etat est premier et c’est lui qui prend en charge la construction nationale. On verra comment l’Etat nationalise la société : nous verrons comment, à partir d’une société diverse se crée des mécanismes de nationalisation, et le rôle de la culture dans tout cela

État et Nation[modifier | modifier le wikicode]

Le développement des États[modifier | modifier le wikicode]

L’Etat constitue la forme institutionnalisé du pouvoir politique, le cadre de la domination politique exercée par une autorité. L’Etat est une réalité juridique qui suppose une autorité qui s’exerce sur des individus dans un territoire donnée. Cet Etat peut avoir des formes politique très diverses (monarchies, républiques, empires) et, ce n’est pas la nation qui crée l’Etat, mais c’est l’Etat qui crée la nation et qui va créer le nationalisme d’Etat.

Pour la France, cela est particulièrement clair puisqu’il y a le moment de la révolution française avec l’abolition de tout les corps intermédiaire, c’est l’Etat qui devient le principal agent de l’unification française. Et qui va devenir la source de la légitimité nationale en créant un lien entre tous les individus atomisés sur le territoire. Ceci est marche très bien pour la France, mais moins bien pour la Suisse. Cependant, sous des formes diverses on peut dire que c’est un modèle qui fonctionne pour l’Europe occidentale.

État centralisé ou État fédéral[modifier | modifier le wikicode]

L’Etat peut être de différentes formes, il peut être soit centralisée, soit fédérale.


Le modèle unitaire - centralisé typiquement est le modèle français qui nait avec la monarchie française et c’est par l’œuvre de la révolution qu’est achevé ce processus de centralisation avec la naissance des départements (le quadrillage de la carte de France en département) et l’instauration des préfets (le fait que le pouvoir centrale délègue dans chacun des départements, un préfet qui est le représentant de l’autorité de l’Etat. Ceci est le modèle français, mais ce dernier est plutôt particulier même si les français pensent avoir un modèle universel.

En réalité, ce qui est le plus courant est la construction d’un État sur le modèle fédéral qui suppose donc un partage de pouvoir entre les autorités centrales et les autorités locale. En général, il est né dans la plupart des pays occidentaux car il n’était pas possible de mettre en place un Etat central étant donné qu’il y avait des corps intermédiaires trop forts pour se laisser déposséder du pouvoir par l’autorité de l’Etat central.

Exemple : Espagne, Suisse (la constitution fondatrice de 1848 préserve les cantons et on passe à un Etat fédéral, mais dont le but est essentiellement de garantir l’indépendance de chacun de ces cantons à l’intérieur d’un Etat-nation. L’État Suisse vise donc surtout à la protection des identités locales.

En Allemagne on a aussi un Etat fédéral avec la constitution de l’Etat fédéral Allemand pour la 1ère fois en 1871, mais cette Etat fédérale qui a 25 États (lander), mais il y prédominance d’une de ses composantes (Prusse), ce qui diffère du modèle Suisse.

Ainsi,la forme des Etats diffère considérablement, mais c’est néanmoins l’Etat qui est le dépositaire de la légitimité nationale et cela se fait à l’issu d’un certain nombre d’évolution dans tout le courant du 19ème siècle.

La concentration progressive des pouvoirs par l’Etat[modifier | modifier le wikicode]

Dans le courant du XXième, l’État concentre les pouvoirs :

1. D’abord car l’Etat central élimine progressivement les autorités qui s’interposent entre lui et les administré. En mettant en œuvre une politique d’uniformisation de la législation et des structures administrative sur l’ensemble du territoire. Ceci est vrai, même pour lesEtats fédéraux !

  • Un instrument très fort de cette uniformisation est le processus de sécularisation. C’est le fait que l’Etat séculier (pas l’Eglise donc) va prendre en charge un certain nombre de domaine qui relevaient au par avantde l’église

Ex :hôpital, l’Etat civile (c’est l’Etat qui va compter sa population, s’occuper des registres de la population et plus les Eglises). Ceci permet à l’Etat connaître sa population (car l’ensemble de la population enregistrées, peut importe sa croyance) et donc de mieux la mobiliser ( en cas de guerre ou pour percevoir les impôts).

Cette sécularisation, le fait que l’Etat développe des pouvoirs qui auparavant étaient aux mains des Eglises, culmine enFrance avec la séparation des pouvoirs. La laïcité est la séparation entre l’Eglise et l’Etat, mais on peut être dans un Etat séculier sans être dans la laïcité. La laïcité est quelque chose de tout particulier qui d’une certaine façon affaibli l’Etat, car ce dernier n’a plus le contrôle sur l’église. (cf. débats actuels sur les musulmans français, si on leur construit leur mosquée, contrôle de cette population plus simple mais contraire à la laïcité qui interdit ce contrôle.)

  • Pour prendre en charge tout ces domaines qui relevaient de l’Eglise et qui relèvent désormais de l’Etat, ce dernier à besoin d’une administration de plus en plus importante. On assiste donc à un développement de la bureaucratie étatique (En France nombre de fonctionnaire qui augmente, cette augmentation s’accélère surtout à la fin 19ème siècle.

2. Autre domaine réservé de l’Etat : progressivement l’État dit le droit et maintient l’ordre. Jusque la fin du 19ème, en Allemagne par exemple ce sont les nobles qui maintenaient l’ordre et pouvaient condamner de façon arbitraire les paysans.

  • Cette tendance à l’Etatisation est soutenue par la codification des lois ; l’existence de code civil qui harmonise sur l’ensemble du territoire les pratique législatives.

3. L’Etat détient le monopole de la violence légal, c'est-à-dire qu’il a des droits de police, c’est lui qui dispose de l’armée (ce n’est plus un seigneur qui peut lever quand il le veut une armée ou une armée de milice qui peut se proclamer en charge du respect de l’ordre dans un endroit donné. La possession de ce monopole de la violence est essentielle pour pouvoir maintenir l’affirmation du pouvoir étatique. Actuellement,quand le gouvernement américain fait des guerres à l’extérieur, il faut appel de plus en plus à des milices privées. Retour sur le monopole de la violence légale car il y a une autonomisation de la force.

Cet État qui s’est renforcé tout le long du 19ème siècle avec la constitution de l’armée de métier, du service militaire etc… va diriger une population sur un territoire. C’est la définition progressive de ce que l’on appelle le territoire nationale.

Le territoire national et sa population[modifier | modifier le wikicode]

L’Etat, avec ces quelques attribution cités plus haut exerces ces attribution sur un territoire ; le territoire national et ce territoire national doit donc être délimité par des frontières.

La définition des frontières[modifier | modifier le wikicode]

La définition que nous avons des frontières que l’on a aujourd’hui (une ligne que l’on franchit et qui nous permet de passer d’un pays à un autre) est une conception relativement récente. Lors de l’Ancien régime, avant la révolution française de 1789, la frontière est un espace, c’est un espace relativement large, ouvert, un espace de contacts, une zone dans laquelle s’établissent des communications. (Pendant longtemps encore jusqu’au 17ème siècle, on ne parle pas de « frontières » mais de« marches », ces marches, ce sont des zones relativement étendue sur lesquelles on installe des armées et qui séparent 2 espaces géographique (il valait mieux être bien armé pour circuler sans encombre, c’était des zones ou le brigandage était fort rependu)).

LaCroatie qui a une forme très particulière, est typiquement un pays-marche.C’était une grande zone de frontière entièrement militarisée, entre l’empire ottoman et l’empire austro-hongrois.

Jusqu’aux17-18 ème siècles (19 ème en Europe centrale ou l’Etat-nation est arrivé plus tardivement) les frontières ne sont pas définies de manière précise, mais on aces zones qui sont des zones intermédiaires. Dans le courant du 18ème siècle enEurope occidentale et pratiquement terminé à la fin du 19ème (et plus tardivement en Europe orientale), les frontières deviennent linéaires.

Pour justifier ces délimitations qui se mettent en place dans le courant du 19ème (NB : déjà dès le 17ème siècle on a parlé de cela) on parle de frontière naturel qui serait des limites évidente ( rivières etc..) qui sépareraient 2 espaces politique qui deviendront nations.

Les frontières naturels sont une construction, par exemple les Allemand et les Français se sont beaucoup battu pour savoir si leRhin est une frontière naturel ou pas. Si on met le Rhin comme limite naturelle, cela signifie que l’on met l’Alsace du côté Allemand, mais si on met les Vosges comme frontière, l’Alsace serait du côté de la France. On voit donc que l’argumentaire sur le sujet des frontières est un argumentaire extrêmement compliquée.

A la fin du 18ème, à partir du moment où la frontière est tracé (ou en tout cas les premières frontières), les frontières servent désormais à séparer, ce ne sont plus des espaces de contact, mais des espaces de séparation. Désormais la frontière est une frontière monétaire ; on a des pays avec des monnaies différentes, il y a des douanes ; on prélève des droits de douane quand on passe d’un pays à un autre (auparavant, c’est quand on rentrait dans une ville que l’on payait ces droits de douane), ce sont aussi des limites en terme de transports aussi ; pendant longtemps, pour passer une frontière, il fallait sortir du train (gare-terminus au moment de la frontière)

Ce qui symbolise le fait qu’il y ait cette limite entre 2 pays, c’est l’introduction de papier d’identités qui permettent de passer ces frontières (se met en place fin 18ème et surtout fin 19ème).

La maitrise du territoire[modifier | modifier le wikicode]

Sur ce territoire qui est délimité, l’État va exercer une maitrise emprise de plus en plus importante. Cette maitrise est possible :

  1. d’abord par découpage administratif du territoire (qui n’épouse pas les découpages historique intérieur) mais qui est vraiment un découpage(en tout cas dans le cas français), artificiel (pour le cas français, il fut décidé en 1790 (pendant ou peut de temps après la révolution française avec la décision de créer 83 départements).

Dans les autres pays en règle générale, ce découpage épouse plus précisément les découpages historiques (comme c’est le cas en Allemagne). èIl y a donc un remodelage administratif du territoire.

  1. Ce territoire est mieux connu, mieux parcourut, ceci est d’abord du à la révolution des transports(qui n’est pas vraiment du à l’État), qui accentue l’homogénéité territoriale,mais l’État finance la création de routes, ces routes sont numérotés avec des bornes et des numéros. Volonté de maitriser le territoire. Cette révolution des transports permet un meilleur acheminement du courrier et donc une meilleure maitrise de l’administration territoriale.

Par ailleurs, la connaissance du territoire s’améliore grâce à la naissance de la géographie. Dès les années 1830, la géographie se nationalise, avec des cartes nationales. La carte est un instrument essentiel du pouvoir de l’État car bien connaître son territoire est un instrument essentiel.

  1. Pour mieux connaître la population, l’État se dote également d’outils statistiques qui permettent de mieux connaitre la politique et de recenser la population, (on recense la population pour lever des impôts ou troupes etc.) le recensement est donc une manière de contrôler la population.

C’est après révolution française qu’on commence à avoir dans tous les pays d’Europe des recensements réguliers de la population (c’est pour cela que beaucoup de gens refusent de se faire recenser, ils disent que le recensement est un instrument du contrôle de l’État sur le peuple).

À mesure que l’État se renforce, les instruments statistiques de connaissance de la population se renforcent, avec de plus en plus de services de statistiques qui se développent dans tout les pays Européen.

Les premiers recensements en Suisse c’est vers 1850, juste après 1848, et ce n’est pas un hasard, c’est quand s’instaure la confédération helvétique. C’est donc quand l’Etat s’instaure que l’on commence à recenser la population.

Dans le même temps, se constitue l’image du paysage national.

La constitution d’un paysage national[modifier | modifier le wikicode]

Se développe l’idée dans la littérature, la peinture, d’un paysage nationale. Tout lesEtats-nations ont crée leurs paysages emblématique.

è Chaque peuple, chaque État-nation s’est identifiée à un paysage dans le courant du 19ème siècle (un paysage qui est peint, qui est représenté.

  • L’identité norvégienne se construit autour de l’idée d’un pays égalitaire avec des petits paysans et pleins de fjords, des marins,des pêcheurs, etc.

C’est une construction politique du peuple norvégien comme un peuple simple qui affronte les éléments.

  • Les Hongrois, ont privilégié la plaine hongroise plutôt que les montagnes car ils ont un imaginaire qui est celui des cavaliers donc liés au Huns (qui foncent à toute vitesse sur leurs chevaux en conséquence de quoi, la plaine allant de paire avec cette image, c’est la plaine qu’ils choisissent.
  • Les Français se sont dit (car l’identité national française s’imagine être le pays de l’universel), nous on est au bout de l’Europe,donc on est un condensé de tout les paysages européens. Ainsi, la France serait un résumé idéal de l’Europe (c’est ainsi que les Français se représentaient les choses au XIXème siècle) avec cette diversité des paysages(méditerranéen, atlantique, montagne, vallée, plaine, etc…)

Ceci vaut aussi pour la végétation. Chacun des pays sélectionne un arbre qui est leur arbre nationale (pour certain pays, le choix est vite fais, ils ont plus de bouleau qu’autre choses, les Russe prennent les bouleaux). Mais pourquoi les Allemand choisissent le chêne ?

Bref, il y des choix qui sont des choix qui sont liée à la manière dont l’Etat nationale se représente lui-même en quelque sorte.

L’unification économique et sociale sous la protection de l'État[modifier | modifier le wikicode]

L’État joue par ailleurs un rôle actif dans l’unification du territoire. Il n’y a pas seulement tenté de le contrôler, mais il joue un rôle actif.

1. L’Etat nationale joue un rôle extrêmement actif dans le développement de l’économie nationale. Un certain nombre d’historien en particulier Gellner(que l’on avait cité la dernière fois) ont montré que les révoltions industrielles/l’industrialisation ont été étroitement liée à la construction des l’Etat-Nation, car ces révolutions industrielles permettent de créer un espace économique unifié. (èChronologie pour la France)

La raison pour laquelle maintenant on trouve que l’Etat nation est trop petit, on veut plus grand. Mais au XIXème siècle cela était suffisant, on trouvait que l’Etat-nation était un espace économique suffisant pour le développement industrielle.

Parfois, on trouve une autre chronologie : En Allemagne, l’Union douanière a précédé la constitution de l’Etat-Nation mais a été nécessaire à la construction d’un marché économique allemand, car permet d’enlever les douanes intérieures ; permet la circulation des marchandises et des hommes. Cela donne aux entrepreneurs la possibilité de mobilisé des hommes sur leurs des sites industriels.

L’Etat a joué ce rôle car il y lever des douanes extérieures pour protéger les marchés intérieur, car il a battu une monnaie unique qui facilite la circulation de la marchandise ; l’Etat à gérer les finance publique ; il a levé l’impôt qui a permis de construire des routes, d’aider à la construction des chemins de fer. Parce qu’il a supprimer les différentes restrictions qui pesaient sur la fabrication des bien, il a construit les cadres administratifs contre les trusts, les fraudes etc.. è Tout ca c’est le cadre légal dans lequel l’économie se développe. Il participe de l’unification du territoire comme acteur économique.

2. l’Etat est un acteur essentiel de la construction nationale dans le domaine du social. C’est l’Etat qui développe la législation sociale, qui est importante pour la construction de la nation car elle crée des mécanismes de redistributions et de solidarité qui font que d’une certaine façon, les gens se sentent appartenir à un même corps national.

Les 1ère assurances sociale sont les assurances Allemande (1880), on est pas dans un État-nation particulièrement démocratique ni généreux. Pourquoi est-ce que Bismarck a l’idée de crée ces assurances ? Car il voit qu’il faut absolument attacher cette classe pauvre et pas éduquée que sont les ouvriers à l’Etat-nation.

L’Etat social est un moyen d’intégration extrêmement fort donc, lesEtats,, ce n’est pas par nécessité qu’ils créent des législation sociale, mais par nécessité d’homogénéité nationale.

La nationalisation des sociétés[modifier | modifier le wikicode]

Ce mécanisme de nationalisation des sociétés est un mécanisme extrêmement important, car il ne suffit pas qu’il y ait un Etat, encore faut il que cette Etat domine sur une population et un territoire,mais encore faut-il que les gens se sentent participer, appartenir à cette nation.

Comme on le disait Garibaldi à l’issu de l’unification italienne (fin 1860), « il ne suffit pas de faire l’Italie, encore faut-il faire des italiens ». C’est-à-dire qu’il faut faire en sorte que les gens se sentent ressortir essentiellement de ce pays.

Pour cela, il y a encore un certain nombre de technique administrative,de technique politique. :

  1. Arriver à faire la différence entre les nationaux (ceux qui appartiennent à la nation), et ceux qui n’y appartiennent pas
  2. Les institutions qui sont mises en place par l’Etat pour nationaliser la population ; parmi ces institutions,l’Etat joue un rôle important.

Nous et les Autres[modifier | modifier le wikicode]

Arriver à faire la différence entre les nationaux (ceux qui appartiennent à la nation), et ceux qui n’y appartiennent pas ; il faut définir ce qu’est la nationalité, ce que signifie faire partie d’une nation et des codes qui définissent si on en fait parti ou pas. Cette appartenance nationale, le fait d’appartenir à une nation s’accompagne de devoirs, en particuliers, pour les hommes, pendant longtemps le devoir miliaire. Mais s’accompagne aussi d’un certain nombre d’avantage très important (notamment celui de pouvoir résider sur le territoire national, de pouvoir y travailler et de pouvoir éventuellement défendu par les autorités du pays s’il nous arrive quelque chose quand on est à l’extérieur du pays, le droit de participer à la vie politique du pays, dans un certain nombre de pays, l’accès aux bénéfice sociaux est déterminer par la nationalité)

L’attribution de la nationalité est un enjeu très important pour les gens car devenir ressortissant d’un pays peut changer nos vies. Cette attribution est formalisée par un dispositif juridique qui se met en place dans le courant du 19ème siècle et qui permet de voir qui a accès aux droits et aux devoirs et qui n’y a pas accès (avant que cette fixation ne soit faite, on ne savait pas qui était étranger et qui ne l’État pas).


En France, c’est la loi de 1889 qui fixe l’attribution de la nationalité française par ce que l’on appelle le double droit du sol (maintenant ce n’est plus exactement cela). Il existe 3 possibilités :

  • le droit du sol stricte ; qui naît sur le territoire, a la nationalité de ce territoire.
  • Le droit du sang absolu ; quelque soit le temps que vous restiez sur un territoire et même si vous êtes né sur un territoire, si vous ‘êtes de parents étrangers naissant sur un territoire, vous n’obtenez pas immédiatement la nationalité.

Ce n’est pas le territoire qui fait les nationalités ici, c’est la nationalité de nos parents.

A travers tout cela il y a des stratégies politiques ex. L’Allemagne fonctionne selon le système de droit du sang ce qui explique que la diaspora turque reste turque, cependant, un autre facteur entre en compte ; le Turquie ne reconnaît pas la double nationalité pour éviter de perdre des ressortissants.

  • Le double droit du sol ; est un intermédiaire entre le droit du sang absolu et le droit du sol absolu. C’est le fait que l’on devient français si on est né sur le territoire français ou que l’un de nos parents soit de nationalité Française.

NB : Il y a des pays dans lesquelles le droit du sol est particulièrement large ; ce sont les pays d’immigration, les pays dont la population se constitue par adjonction constante de pays venant de l’extérieur. C’est typiquement le cas des Etats-Unis. L’Etat à tout intérêt à nationaliser le plus rapidement possible ces gens car il a besoin d’eux, cela fait partie de la richesse nationale (permet d’avoir de la main-d’œuvre, permet de prélever des impôts, de les envoyer faire le service militaire). Ceci est également la raison pour laquelle en France, en 1889, on introduit le double droit du sol, c’est car il y avait un problème démographique et on avait peur de la puissante Allemagne donc on facilitait la nationalité.

Dans les pays d’émigration comme la Suisse avant ou encore mieux l’Italie, ce que veulent les Etats c’est de pouvoir rapatrier leurs ressortissants en cas de guerre par exemple.

La codification de l’accès à la nationalité de 1910 en Italie est tout à fait caractéristique ; quand on est Italie, même si on part pendant des lustre ailleurs, on ne perd pas sa nationalité. Durant la 1Gm, les italiens qui étaient aux Etats-Unis se son vu sommé de revenir sur le territoire Italien.Ainsi, ce n’est pas gênant que les gens partent, mais il faut qu’ils puissent revenir si l’Etat en a besoin.

Ainsi, la codification de la nationalité est surtout liée aux intérêt de l’Etat national.

A partir du moment, ou l’accès a la nationalité est codifié, on crée une catégorie, les étrangers. Ces étrangers ont moins de droits que les nationaux,cela veut donc dire qu’ils peuvent être expulsé, on peut leur dénier l’accès au travail, Ainsi, vers la fin du 19ème, il y a déjà des Etats qui expulsent de manière massive les étrangers, c’est le cas de l’Allemagne avec lesPolonais.

En Allemagne, les polonais qui sont pourtant attiré pour travailler (en tant que travailleur saisonnier) par ceux qui ont intérêt à leur arriver (en règle générale, c’est le cas des entreprises), mais sont expulsé massivement par l’Etat qui a intérêt à ce que ces derniers ne soient plus là en fin de saison. Ces conflits divergeant existent depuis la fin du 19ème, entre les patrons qui veulent de l’immigration et l’Etat qui veut régulariser.

Un autre moyen de contrôler la population immigrée est de contrôler l’emploi des immigrés. Pour contrôler cet emploi, on introduit progressivement des papiers spécifiques (d’abord des cartes de séjours puis des cartes de travail). Cette mise en papier des droits des étrangers se met en place entre la fin du 19ème et le début du XXième, il y a tout une technologie du contrôle de la main d’œuvre étrangère qui se met en place entre les années 1890 et les années 1920. Pour différentes situations d’immigration.

Progressivement on crée des catégories de plus en plus fines de population qui résident sur le territoire avec des régulations différenciée pour les travailleurs saisonnier, étudiants étranger, requérant d’Asile, exilé, etc…


L’école et l'éducation comme fabrique de la Nation[modifier | modifier le wikicode]

Les institutions qui sont mises en place par l’Etat pour nationaliser la population ; parmi ces institutions, l’Etat joue un rôle important.

Il n’y a pas de lois dans les pays d’Europe occidentale qui introduisent une obligation scolaire sous l’égide d’une école publique. Il n’y a pas d’école d’Etat (ce sont les Eglises qui dispensent l’Education). Il ne faut donc pas s’imaginer une grande administration pour l’école à part en France avec lois Ferry de 1880, dans la plupart des autres pays,l’école est diverse, il y a essentiellement des écoles religieuses qui prennent en charge la scolarisation.

Néanmoins l’école à un rôle très important d’homogénéisation des savoirs sur l’ensemble du territoire, car progressivement on y enseigne dans une langue standardisée et surtout, l’école est un lieu d’apprentissage de la discipline ; d’une discipline homogène.

Dans un pays comme la France (le cas est totalement extrême étant donnée que l’on a des programmes nationaux), tous les enfants apprennent la même chose, et il y a un certain nombre de disciplines (tel que la géographie) qui enseignent le territoire national (ceci est vrai dans quasi tous les pays d’Europe occidental).

Quand la géographie devient une discipline enseignée dans les écoles, ce que l’on apprend, c’est la géographie de son propre Etat-Nation ; il y a donc un apprentissage via l’école de sa propre nation.

Dans l’ensemble, à part le cas Espagnoles et Portugais, on peut dire que toute l’Europe Occidental est le théâtre d’une entreprise scolaire d’inculcation nationale. Cela se marque par le fait qu’on a une densification des maitres d’école. Il y a d’autres institutions qui jouent ce rôle,

  • le service militaire, est un outil extrêmement important de nationalisation des hommes.[Anecdote : Dans de nombreux pays, le service militaire a permis homogénéisation du petit déjeuner]. è L’homogénéisation des petites habitudes est très importante pour la construction nationale ;
  • les fêtes nationales sont aussi un élément fort d’homogénéisation de la nation ; les défilés, les monuments nationaux…etc

En Allemagne par exemple, l’une des fêtes nationales portent le nom du jour de la défaite Française en 1870. Ceci est un élément très important puisque la construction de l’identité nationale allemande se fait contre la France.

Il y a des pays ou ce processus de nationalisation n’a pas marché Un cas connu ; l’Espagne.

L’Espagne : un cas d'échec de la "nationalisation de la société[modifier | modifier le wikicode]

En Espagne le projet national à échoué, la nationalisation n’a pas marché à cause de plusieurs phénomènes (nous n’en verrons que quelqu’un ici) :

  1. L’école n’a pas été utilisée comme un moyen de façonner les Espagnoles ; d’abord parce que le taux d’analphabétisme était très fort en Espagne à la fin du 19ème siècle. En 1860, il y avait encore 73% de la population qui était analphabètes et ce chiffre diminue de très peu jusque la fin du 19ème siècle. Il y a un échec notaire de l’alphabétisation dans ce pays et de la scolarisation(parce que les gens échappent à la scolarisation, ils échappent aussi à la formation par l’école et à la diffusion des valeurs nationales.

Cette faible scolarisation fait aussi qu’il n’y a pas de langue nationale qui s’impose en Espagne ; le castillan échoue à devenir une langue nationale. En 1900, 1 espagnole sur 4 parle une autre langue.

  1. Autre institutions qui n’a pas fonctionnée ; l’armée (qui fut dans la plupart des grands Etats-Nations un puissant instrument de nationalisation) n’a pas marché en Espagne car chez eux, elle est restée dominée par un esprit aristocratique. C'est-à-dire que la conscription (le fait de rentrer dans l’armée) est restée très injuste, très obscure(il y a pas cette levée du peuple en masse comme on l’a eu en Allemagne et enFrance), ici, il y a des tirages au sort assez bizarre ce qui fait que les personnes enrôlée dans l’armée n’ont pas le sentiment d’être dans une armée nationale. La 1ère chose qu’ils veulent faire s’est partir le plus vite possible.

L’armée Espagnoles est par ailleurs une armée ou le taux de mortalité est particulièrement élevé, ce qui veut dire que l’on ne prend pas soin des hommes,il y a un mépris pour les hommes de troupes. Ceci marque le caractère très aristocratique des armées Espagnoles.

  1. Par ailleurs, tous les symboles de l’Etat-nation sont contesté ; le drapeau national est concurrencée par toute sorte de bannière, pas vraiment de fête nationale.L’institution qui est vraiment l’institution forte dans ce pays est l’Eglise catholique,mais elle ne joue en aucun cas le rôle d’Eglise nationale. C’set une église très liée au Vatican.

Au début du XXème siècle, à la différence des autres grands pays d’Europe occidentale, l’Espagne ne constitue pas vraiment un Etat-nation construit (on voit encore aujourd’hui, que le sentiment d’unité national n’est pas au même niveau que dans celui d’autres grand pays).

La création des cultures nationales[modifier | modifier le wikicode]

Le fait qu’il y ait un Etat-Nation produit des cultures nationales. On a tendance à penser qu’il y a une culture nationale et que cette dernière donne naissance à un Etat ;l’Etat-nation. En fait, c’est exactement l’inverse qui se produit, l’Etat-nation est une construction politique puis, il y a une nationalisation de la culture.

Une langue, Une nation[modifier | modifier le wikicode]

L’identification d’une langue à une nation a été développé en particulier par Herdert avec l’idée derrière cela que chaque langue est l’expression d’un esprit national. Dans les empires (à l’est de l’Europe), la langue fait la nation car on n’a pas de construction étatique, mais en réalité, la question est de savoir comment ces langues se constituent.

En fait l’identification entre une langue et une nation, est une identification relativement récente pour deux raisons :

  • D’une part dans les territoires qui deviennent progressivement des territoires nationaux, pendant longtemps, les parlers sont très divers, même le Français n’est pas la langue de la majorité des français en 1870).
  • Les langues, la langue utilisé par les élites, celle qui deviendra la langue nationale st aussi diverses, les élites utilisent des langues très diverses.

Exemple : pendant longtemps, la langue de la cour est le Français, la langue de l’Eglise est latin etc…. Quand l’Empereur autrichien Joseph 2 a voulu imposer l’Allemand comme langue administrative à la toute fin du 18ème siècle, il y a eu un soulèvement total de la population et la langue administrative est redevenue le latin. Ainsi, en Autriche, alors que les gens parlaient majoritairement l’Allemand, la langue de l’Administration était le latin. [La langue législative du parlement hongrois était le croate]

C’est au 19ème siècle que l’on assiste à une évolution notable, c'est-à-dire qu’il y a une seule langue qui est choisi pour devenir la langue de l’Etat, elle est codifier et imprimer et enfin, rependue par l’enseignement. Dans la plupart des Etats-nation, une langue doit être choisie pour devenir celle de l’Etat-Nation.

Exemple de la Norvège : était d’abord sous domination danoise puis passe sous domination suédoise et acquiert l’indépendance en 1905 ; la langue de l’administration est le danois, la langue parlé par la cour est l’Allemand et dans les campagne, les gens parlent une espèce de dialecte « le landsmåls ». A parti du moment où la Norvège devient indépendante en 1905, les intellectuels entreprennent de fixer une langue qui deviendra la langue nationale. Il y aura tout un débat pour savoir quelle langue sera choisi entre la langue qui est plutôt parler par les élites et qui est plutôt proche du Danois et la langue qui est plutôt parlé par le petit peuple et qui se nomme « le landsmåls ». La langue qui va l’emporter est le landsmåls. C’est cette langue qui va s’imposer comme langue nationales. èC’est un choix politique, on avait vu que les Norvégien se voyait comme un peuple égalitaire, fait de gens simple, tout cela explique le choix de cette langue.

Autre phénomène qui va favoriser le développement des langues nationales,c’est la diffusion d’imprimé. Quand l’Etat se renforce, il a besoin d’une langue administrative qu’il choisi. Cette langue administrative fait que les gens ont besoin de connaître cette langue, cela va crée une unification du territoire par la langue.

Ensuite, il y a la diffusion ; la diffusion des journaux joue un rôle important dans l’apprentissage d’une langue nationale et dans l’adéquation entre une langue et une nation. Et puis, vers la fin du 19ème siècle, la diffusion vers l’extérieur de la langue national va être très associée à la réputation d’un pays, donc un certain nombre d’Etat vont créer des institutions qui ont pour fonction de diffuser leurs langues pour diffuser leur culture.

Donc les cultures nationales deviennent des instruments d’affirmation de la nation. Il n’y a pas que les langues qui ce rôle d’affirmation de la nation, mais il y a aussi l’écriture de l’histoire nationale.

Les histoires nationales[modifier | modifier le wikicode]

Progressivement, à la fin du XIXème siècle, les nations se dote d’un récit continu qui retrace l’histoire des la Nation des origines à nos jour.

Le mythe des origines[modifier | modifier le wikicode]

La question est toujours la question des origines, d’où vient-on ? (Si on parle avec des gens de l’Est, ils sont encore en train de parler de cela). En France, le gros débat est de savoir est-ce que lesFrançais sont descendant des Francs ou descendant des Gaulois. Cette question des origines se développent à partir de 2e tiers du 19ème siècle. Tout cela vade pair avec le goût pour l’histoire.

Le goût pour l’histoire[modifier | modifier le wikicode]

Le goût pour l’histoire. Se développe avec la constitution desEtat-nation et du développement des études historiques.

Francois Guizot a écrit l’histoire de la civilisation française en 1829 en plusieurs tomes. On peut aussi citer Jules Michelet qui disait que la France était comme un corps, les membres étaient la province. Ces historiens qui jouaient un rôle très important dans la construction d’un imaginaire nationale s’appuient sur des institutions nouvelles, sur les écoles, les archives.

Tout cela va de pair avec la conservation du patrimoine national ; l’idée qu’il existe des musée nationaux naissent avec la naissance de l’Etat-nation (avant cela, les œuvre d’art était dans les châteaux des princes, des Rois).

Le folklore est la façon dont le peuple est entré dans la construction nationale en quelques sortes… Le terme de folklore est apparu en 1846, ce mot signifie le savoir du peuple ou les habitudes du peuple. Le folklore est constitué de croyance, de coutumes, de rituel, des manières de manger. Ce qui est intéressant, c’est que le folklore s’est développer dans le courant du XIXème siècle avec la constitution de l’Etat-national, au moment ou l’on a commencé à faire un inventaire des traditions nationales de façon à pourvoir les représenter dans les musées et de pouvoir dire ; voilà comment la nation se représente via le folklore.

Les premier musée de folklore ont été inaugurée fin XIXème siècle, plutôt dans les pays du nord de l’Europe ; Il s’agit de mettre en scène, de recueillir tout ce qui relèverai d’une culture populaire spécifiquement nationale.

Le folklore a permis aux classes populaires d’adhérer à l’idée nationale.

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

La nation est une construction, une fabrication qui se met en place à la fin du 19ème siècle, sous l’égide d’un Etat dans les pays d’EuropeOccidental et que cette Etat prend en charge des mécanismes de nationalisation de la culture et de la population. Ce modèle qui se développe en Europe Occidental va se diffuser dans tout le reste du monde. D’abord de l’Ouest à l’Est de l’Europe puis dans les colonies. Ce qui est intéressant c’est que nation et nationalisme qui est des réalités qui prône la singularité (l’identité est singulière) est en fait un mécanisme global.

è Sorte de tension ou de paradoxe entre la singularité de chacune des nations et la globalité du modèle national dans le monde d’aujourd’hui !

Annexes[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]