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Les éceuils à éviter en méthodes quantitatives

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Dichotomie des méthodes et des techniques[edit | edit source]

Le terme de méthode vient du latin et signifie une direction qui mène au but ou un chemin à suivre. Cette notion n’est pas forcément claire. C’est au XIXème qu’il va obtenir une définition plus claire, à savoir un procédé ou une technique que l’on met en œuvre. Cela illustre la première tension qui se retrouve dans le métier du chercheur qui est souvent de substituer la compréhension. Cette compréhension des méthodes sous l’angles des méthodes est dangereux. Une compréhension technicienne ne rend pas compte du travail de construction et d’élaboration qui sont derrière tout travail de recherche. On a besoin de ce travail de construction et d’élaboration pour construire un objet de recherche. Cela va aussi influencer la manière dont on va regarder le monde social. Néanmoins, c’est souvent restreint en raison d’un faible budget. Derrière le choix d’une recherche, il y a un nombre élevé de contraintes. Si on prend les méthodes comme techniques, on ne se rend pas compte que les résultats découlent des choix du chercheur et donc, ce sont des constructions et non pas des statistiques « naturelles ». De plus, les méthodes nous écartent du chemin d’une vigilance critique à laquelle doit se soumettre tout chercheur. D’ailleurs, des innovations théoriques reposent sur des innovations méthodologiques.

  • Grâce aux méthodes quantitatives, on répond à un certain type de questions.

Dichotomie entre données et la construction statistique[edit | edit source]

Il n’y a pas de donnée qui se donnent à voir naturellement mais c’est toujours une construction du chercheur. Derrière les chiffres, c’est la même chose. Le terme de « donnée » veut étymologiquement dire « faire don », ce qui induit l’idée de données de recherche offerte aux chercheurs sur un plateau d’argent. A partir du 18ème siècle, les intellectuels rompent avec cette vision idéale pour conclure que les données correspondent avant tout à une construction du chercheur, construction sociale puisqu’elle est située dans le temps et dans l’espace. En effet, les débats sociaux, politiques, idéologiques… sont influents si bien que les données sont tout sauf données mais bien construites et mise en scène par le chercheur en fonction de l’époque et du lieu où il se trouve.

  • C’est pourquoi on parle de processus, la construction de donnée n’étant jamais définitivement terminée.

Dichotomie entre la statistique et les sciences sociales[edit | edit source]

Enfin, le passé commun des statistiques et des sciences sociales est à prendre en compte, bien qu’elles se soient progressivement différenciées puis institutionnalisées séparément. C’est pourquoi les statistiques ont dû importer des savoirs qu’il a fallu adapter au mieux pour l’usage nouveau qu’il en était lors fait. Par exemple, les chercheurs travaillent encore aujourd’hui sur le concept de base de l’échantillonnage, bien qu’il ait été complexifié depuis. Les statistiques se sont beaucoup développées si bien que maintenant, nous sommes dans un travail d’importation de connaissances depuis une autre discipline.

C’est pourquoi il est important de travailler sur les connaissances et leur histoire afin de mieux comprendre l’appropriation qu’il en a été fait. L’étude des méthodes est d’ailleurs possible uniquement sur la base de recherches spécifiques, comme l’explique Auguste Comte :

« La méthode n’est pas susceptible d’être étudiée séparément des recherches où elle est employée ; ou, du moins ce n’est là qu’une étude morte, incapable de féconder l’esprit qui s’y livre ».

En effet, il postule que les méthodes doivent être réfléchies en fonction du terrain d’enquête et que par conséquent, des méthodes abstraites, dénuées de tout fondements empiriques sont inutiles. C’est pourquoi les méthodes ne peuvent être développées que par le biais de recherches spécifiques. C’est également ce que plaide Pierre Bourdieu :

« Ceux qui portent un souci méthodologique jusqu’à l’obsession font en effet songer à ce malade dont parle Freud, et qui passait tout son temps à essuyer ses lunettes sans jamais les chausser ».

Unicité des buts, pluralité des chemins[edit | edit source]

Enfin, il ne faut pas penser que les méthodes qualitatives et les méthodes quantitatives sont opposées. Il existe une pluralité de méthodes, les méthodes quantitatives et qualitatives comme approches dominantes, mais également d’autres méthodes comme les méthodes exploratoires ou confirmatoires. Toutefois, chacune se différencie des autres au travers d’un aspect spécifique, comme les méthodes quantitatives reposant sur la statistique de base.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]