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Le néo-réalisme structurel

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Le néo-réalisme structurel
Professeur(s) Pierre Allan

Lectures


Le néoréalisme se veut essentiellement scientifique non pas moral, ni immoral, mais amoral. On regarde ce qui est sans porter de jugement éthique sur ce qui est. On cherche à comprendre le monde.

La frontière entre réaliste et néoréalisme n’est pas tout à fait claire mais l’ouvrage Theory of International Politic de Watlz tente d’y répondre. Cet ouvrage propose un développement théorique du réalisme politique, mais aussi empirique parce qu’en 1979 en plein dans la guerre froide, Kenneth Waltz dit :

« un système bipolaire est plus stable qu’un système multipolaire ».[1] »

Il y a donc une prédiction qui est fait par rapport à la fin de la guerre froide si elle doit survenir, comme Mearsheimer l’a noté, « why we will soon miss the cold war ».

Nous allons regretter la guerre froide parce qu’un système bipolaire comme celui des deux pôles Moscou et Washington est plus stable dans le sens qu’il va moins être modifié et entrainer des guerres au lieu d’un système multipolaire où il y a plusieurs grandes puissances.

Selon Waltz, « The structure of the international political system (…) is described as a realm of self-help (…;) in the end, power will balance power".[2] ». Les puissances s’équilibrent, par le jeu des cohabitations se fait la stabilité du système international, il n’y a pas de guerres qui se développent, c’est une question centrale de la discipline.

L’interview de Waltz montre la problématique telle que Waltz l’a suivi lorsqu’il envisage de faire sa thèse de doctorat. Il faut noter que Waltz est l’un des rares trouvant qu’il est naturel que l’Iran veuille acquérir l’arme atomique et qu’il n’y a pas lieu de trop s’inquiéter puisqu’au Moyen-Orient, Israël la possède déjà.

La théorie alimente notre vision de la réalité, la réalité est construite. Nous construisons la perception qui est une construction de notre propre système cognitif. La science est une construction de la réalité qui est une sorte d’idéal construit.

Conversations with History: Kenneth Waltz [youtube]

Kenneth Waltz contre le réductionnisme[modifier | modifier le wikicode]

Qu'est-ce que le réductionnisme ?[modifier | modifier le wikicode]

Kenneth Waltz critique le réductionnisme, c’est la thèse selon laquelle les relations internationales sont, dans le sens premier du terme, à savoir, les relations entre les différents acteurs du système international soit les États.

C’est en regardant ce que fait A à l’égard de D et B, C, D, E, F, etc. qui les observent, que se font les relations internationales, on regarde les composantes de ce système.

Le système international n’existe pas, c’est un mot, une manière de voir, c’est une idée construite, il y a un ensemble dans une logique d’ensemble qui interagit constitué d’éléments. La logique des relations fait qu’il y a un système, c’est une construction de l’esprit, une vision préthéorique, un postulat des relations internationales.

Pour Waltz qui a une théorie systémique des relations internationales, il faut regarder le système en ne se focalisant pas sur les acteurs du système, c’est pourquoi il est contre le réductionnisme.

Dans l’article saudischer schock wegen des iranisch-amerikanischen « flirt »[3], les saoudiens sont choqués par le « flirt » entre l’Iran et les États-Unis. Les États-Unis qui ne se parlent pas officiellement directement ; depuis récemment ils se parlent à nouveau.

Waltz est contre le réductionnisme qui est l’analyse des relations internationales à partir de ces unités, des caractéristiques de ces États. Tout cela ne fonctionne pas, car, à ce niveau d’analyse, on n’arrive pas à bien expliquer les relations internationales. Pour Waltz, il faut regarder le système international, car le réductionnisme est voir ce système comme fonction des États et de leur interaction.

Les trois "images" (Waltz 1959) / niveaux d'analyse[modifier | modifier le wikicode]

C’est dans sa thèse de doctorat que Waltz développe ces niveaux d’analyses toujours utilisés comme approche méthodologique afin de cerner les questions et développer les théories.

1ère image : guerre résulte de la nature de l'homme (qui cherche à dominer)[modifier | modifier le wikicode]

On retrouve cette idée chez Niebuhr, Max Weber, comme l’homme cherche à dominer il y a la guerre.

La nature de l’homme et surtout pour les réalistes ne change pas fondamentalement ; comment expliquer que parfois il y a des guerres et parfois il n’y a pas de guerres alors que la nature de l’homme ne change pas ; comment expliquer une variable par une constante ?

On ne peut expliquer quelque chose méthodologiquement quelque chose qui varie par quelque chose qui ne varie pas.

2ème image : guerre résulte de la nature des États-nations[modifier | modifier le wikicode]

C’est la critique du réductionnisme, beaucoup des recherches en relations internationales sous l’ombre de Morgenthau, ont été faites sur les relations entre les États à partir de leurs politiques étrangères.

Certains États-nations sont belliqueux, d’autres sont statuquo, d’autre encore sont impérialistes, etc. il y a différentes politiques étrangères qui évoluent dans le temps, mais c’est bien la nature des États particuliers.

La nature des États expliquerait ce qui résulte de la guerre et donc des relations internationales.

3ème image : guerre résulte de la nature du système international[modifier | modifier le wikicode]

La critique de Waltz est qu’entre les objectifs des États d’une part et les résultats de leurs actions d’autres parts, entre deux choses, il y a un ensemble des facteurs qui interviennent et qui modifient ce qui se passe sur le plan international.

Waltz pour le réalisme structurel (systémisme)[modifier | modifier le wikicode]

Pour Waltz, l’approche systémique est une théorisation du système international à partir de l’ensemble :

  • ce système contraint les acteurs : c’est une contrainte pour les unités qui forment le système international.
  • le système international façonne : transforme, formate les unités qui le constituent, il y a une socialisation.

Principe d’arrangement[modifier | modifier le wikicode]

Le principe d’arrangement est l’anarchie sur le plan international.

Waltz oppose la hiérarchie à l’anarchie :

  • hiérarchie : niveau interne
  • anarchie : niveau externe

Analogie microéconomique[modifier | modifier le wikicode]

  • homoécnomicus

L’intérêt de Waltz est son développement théorique, il fait une analogie avec la théorie microéconomique qui est au niveau des acteurs économiques, sur le fait que les acteurs économiques sont des homoéconomicus, des acteurs qui agissent afin de maximiser quelque chose afin d’essayer d’avoir l’utilité la plus grande.

De même, les producteurs dans le système microéconomique cherchent à maximise leurs profits.

  • Marché

Dans un marché en concurrence parfaite, les forces des acteurs sont équilibrées, une institution économique permet la rencontre de ces agents économiques rationnels.

Pour Waltz on peut regarder les relations internationales avec la théorie microéconomique.

En fait, les États sont comme des consommateurs et des producteurs qui essaient de s’en tirer au mieux ; la situation internationale résulte aussi de ces mouvements ; les États regardent leurs propres intérêts.

Système politique international[modifier | modifier le wikicode]

  • self-help
  • pour Waltz à la différence de Morgenthau pour qui la puissance est la seule chose importante, il met d’abord en avant la survie.

Pour Waltz, on ne peut exiger la rationalité pure de la part des membres du système international, on peut très bien construire une théorie qui exige moins de rationalité. La sélection darwinienne est une limitation. L’idée est qu’en relations internationales on va imiter celui qui a du succès, celui qui survit depuis longtemps doit précisément parce qu’il a survécu longtemps, on imite ceux qui ont du succès.

Pour Darwin, la nature sélectionne les plus aptes qui sont ceux qui survivent. Par l’imitation il est possible de se diriger vers la survie.

Ainsi, le principe d’arrangement est l’anarchie.

Caractéristiques des unités (= États)[modifier | modifier le wikicode]

Les États sont d’États souverains dans le sens qu’ils décident par eux-mêmes ce qu’ils font, il n’y a rien au-dessus des États.

C’est l’État, c’est dans ce sens qu’ils sont façonnés, ont les mêmes fonctions, les États s’imitent, par voie de conséquence il n’y a pas de différenciation entre les États. C’est dans le sens où les États sont des unités qu’il y a un système international.

Les systèmes internationaux varient pour Waltz, on ne peut pas expliquer quelque chose qui varie par quelque chose qui ne varie pas.

Distribution des ressources[modifier | modifier le wikicode]

Ce qui varie est la redistribution des ressources dans le système, à savoir les ressources économiques et militaires.

Le système de Waltz est celui de la Guerre froide :

  • unipolaire : après la fin de la bipolarité au début des années 1990, selon les auteurs il y a un système unipolaire qui se met en place. La polarité est relative, il y a une grande puissance très clairement plus puissante que les autres.
  • bipolaire :
  • multipolaire :

Régularités dans le comportement des États[modifier | modifier le wikicode]

Guerre normale car "self-help"[modifier | modifier le wikicode]

La guerre est normale puisqu’on a un système de self-help, la guerre fait partie du système, la guerre fait partie du système dans le sens où la guerre est un moyen afin d’assurer sa propre sécurité, elle est normale en ce sens.

Plan international => indépendance / plan national => interdépendance[modifier | modifier le wikicode]

Sur le plan des relations internationales, les États vont rechercher l’indépendance alors que sur le niveau national, les États recherchent la dépendance.

Le dilemme de la sécurité est le dilemme qui fait que lorsqu’on assure sa sécurité on provoque l’insécurité des autres.

La notion de gain relatif est la notion centrale des néoréalistes, ce qui compte dans ces relations internationales est l’équilibrage des puissances.

Il y a une limitation à l’interdépendance acceptable qui est l’armement.

La conséquence est le néomercantilisme, les mercantilistes voyaient la richesse d’un pays exprimé en or, plus on avait d’or plus on était riche, plus on exportait de biens vers l’Espagne, plus l’Espagne devait payer la France la faisant plus riche en termes d’or : on importe le minimum et exporte le maximum.

Le néomercantilisme est l’idée qu’on veut gagner des parts de marché en ayant des politiques qui favorisent les exportations à l’encontre des autres pays.

Par exemple, la Chine mène une politique néomercantilique, elle exporte beaucoup de biens parce que pendant longtemps la monnaie était contrôlée par l’État chinois afin que le yuan soit sous-évalué ne correspondant à un taux de change correspondant au marché libre.

La politique actuelle de la Suisse vis-à-vis de l’euro est une politique qui favorise les exportations suisses.

Les États prennent des mesures protectionnistes afin d’avoir une balance commerciale excédentaire.

Chaque État se préoccupant de soi, nul État ne se préoccupe du changement de la structure (polarité)[modifier | modifier le wikicode]

C’est l’idée que les États veulent survivre, peu importe s’ils nuisent aux autres États, tout ce qui les intéresse est de survivre.

Si la polarité change, comme c’est le cas avec la fin de l’Union soviétique qui est un accident extérieur au système international, cela réduit le nombre de pôles.

Vertus de l’anarchie[modifier | modifier le wikicode]

  • Puisque la force peut être utilisée cela limite les manipulations
  • Modère les demandes
  • Encourage la recherche de solutions diplomatiques
  • Préservation et renforcement des États

Équilibre des forces[modifier | modifier le wikicode]

L’équilibre des forces requiert deux conditions nécessaires à savoir l'anarchie et la survie. L’anarchie est une condition de base de la nature même du système étatique international. L’équilibre peut s’obtenir automatiquement, on a comme résultat de l’équilibre qui s’obtient par des moyens internes ou des moyens externes.

Cet équilibre se produit naturellement sans qu’aucun des acteurs du système ne veuille l’équilibre, chacun recherche la survie, il n’y a pas de Léviathan. L’équilibre des forces réalise la stabilité de l’ensemble du système, le résultat est le maintien du système de ces États et de leur équilibre des uns par rapport aux autres, c’est une ruse de la raison comme le dit Hegel. C’est l’idée que l’on retrouve notamment chez Smith, chacun se préoccupant de son propre intérêt, l’économie est organisée d’une telle manière que le bénéfice le plus grand pour tous résulte de la recherche du bénéfice individuel.

  • interne
  • externe : jeux de pouvoirs.
    • Balancing (équilibrer) : coalition, contre-coalition.
    • Band wagoning (se protéger): le Japon à la protection nucléaire des États-Unis contre la Chine.
    • Back-passing (renvoyer la balle): faire payer aux autres le coût de notre propre sécurité.
    • Free-riding (profiter): des États profitent du fait que les autres s’exposent.

Merkel voie son effigie brulée à Athènes, mais il n’y a pas que les allemands qui ont une position dure par rapport aux autres pays de la zone euro comme les Pays-Bas ; c’est la back-passing.

C’est une règle générale de la politique aux États-Unis, c’est à celui qui ferra la grosse erreur, c’est la faute de l’autre. Chacun pourrait payer, mais chacun essaie de ne pas payer.

Les free-riders sont les « passagers clandestins », ils profitent de tous les autres.

Contre la vision réaliste conventionnelle[modifier | modifier le wikicode]

La dernière conséquence que Waltz met en avant est la divergence entre le réalisme classique de Morgenthau et d’autres penseurs, et les néoréalistes et Waltz d’autre part ; c’est l’idée même de la stabilité d’un système international particulier.

Pour les classiques, un système multipolaire est plus stable qu’un système bipolaire ; comme A peut s’allier à B, C ou D, ou B peut s’allier à A, C ou D ; lorsqu’on a un système multipolaire on a beaucoup de possibilités, c’est de la combinatoire, plus on a de pôles plus on a de possibilités d’alliances.

C’est le grand nombre de possibilités d’alliances, cette grande flexibilité qui réalise la stabilité du système multipolaire.

La stabilité veut dire que le système reste stable.

Récemment, l’Iran s’est rapproché des États-Unis, hier le ministre adjoint des affaires iranienne a soutenu le fait que l’Iran est sérieux voulant vraiment négocier une diminution des sanctions contre des assurances données à la communauté internationale de ne pas enrichir son uranium et se préparer à être un pays possesseur de l’arme nucléaire.

La flexibilité pour les classiques est une caractéristique de la multipolarité qui assure en même temps la stabilité soit la permanence d’un tel système qui va se perpétuer et on n’aura pas de guerre importante entre les grandes puissances.

Le système de balancier est un rôle typique que l’on donne notamment à la Grande-Bretagne au XIXème siècle dont le cauchemar est un continent européen dominé par une seule puissance.

La Grande-Bretagne allait à l’aide de celui qui été faible contre celui qui était fort, l’idée était qu’il n’y ait pas sur le continent une puissance trop forte, on va contrecarrer le désir des forts.

Mearsheimer prône une politique de balancier pour les États-Unis, c’est le offshore balancing. Pour les États-Unis, il s’agit d’aider les faibles contre les forts afin d’assurer la stabilité.

Ce n’est pas assurer la stabilité d’un point de vue systémique ; c’est par intérêt américain de préserver la suprématie américaine que l’on veut empêcher ceux qui sont puissants de devenir encore plus puissants.

Waltz argumente le contraire des réalistes classiques, il y a une rupture avec les néoréalistes ; le système bipolaire est plus stable que le système multipolaire.

La prévision est autre de celle qui était faite dans le même cadre de courant d’analyse ; la multipolarité amène beaucoup de flexibilité est donc il y a beaucoup d’incertitude.

La flexibilité est une source d’incertitude, l’incertitude augmente avec la flexibilité. La possibilité de faire de mauvais calculs, de se tromper et d’être rationnel, mais à cause du risque inhérent à ce système international la possibilité d’une guerre est beaucoup plus grande dans ce contexte.

Avec un système bipolaire de la guerre froide, il y a deux pôles qui s’équilibrent mutuellement ce qui est plus stable.

La bipolarité amène à une incertitude qui diminue, les puissants ont tendance à être statuquo ne remettant en cause le système international.

À un moment donné les États-Unis comme l’URSS s’entendaient afin de gérer les crises aux frais des pays du tiers-monde. La Suisse a profité de cette stabilité où les États-Unis et l’URSS maintiennent le statuquo.

Les armes nucléaires[modifier | modifier le wikicode]

Balance of power nuclear.png.png

By creating a more stable balance of military power in the Middle East, a nuclear-armed Iran would be the best possible outcome of the west’s standoff with the Islamic republic.

L’analyse est une analyse structurelle, Waltz dit que le problème n’est pas tant et pas seulement le possible armement et développement nucléaire iranien, mais le problème est le déséquilibre introduit par Israël au Moyen-Orient.

Le problème dans ce sens n’est l’Iran, mais Israël ; le problème structurel fondamental est ce déséquilibre.

Saddam Hussein a essayé de développer des armements dans des centrales, la Syrie a également essayé et Israël a bombardé en 2007.

Les armes chimiques sont les armes de « dissuasion massive du pauvre », en Syrie cela se fait en réponse à l’armement Israélien.

Pour les réalistes, ce qui compte ne sont pas les intentions, mais la réalité. Si Israël a des armes nucléaires, c’est une réalité, mais il ne le revendique pas. Pour Cohen ils ont une doctrine d’opacité nucléaire, on ne sait pas s’ils l’ont ou s’ils ne l’ont pas, mais les autres sont persuadés qu’Israël a les armes nucléaires.

Israël a le bénéfice de la dissuasion de son arme nucléaire sans avoir les coûts d’être officiellement détenteur d’armes nucléaires. C’est la politique que l’Iran voudrait mener, si on pense que l’Iran pourrait en avoir une rapidement cela change le calcul stratégique qui est le fait que le nucléaire est une arme absolue et non pas une arme relative.

Au niveau des États, cela est central parce que la simple possession de l’arme nucléaire fait que les autres font beaucoup plus attention que si on ne possède pas l’arme nucléaire.

Kadhafi a été éliminé parce qu’il a commis la bêtise de se débarrasser de son projet d’armement nucléaire au contraire de la Corée du Nord ; la possession de l’arme nucléaire est un passeport contre la manifestation agressive d’autres États. Lorsque Bush parle de l’axe du mal avec la Corée du Nord, l’Iran et l’Irak, les États-Unis attaquent l’Irak et font pression sur l’Iran, mais font beaucoup plus attention avec la Corée du Nord.

L’utilisation de l’arme atomique engendre de profonds bouleversements psychologiques et change la face de l’humanité.

Pour Waltz la dissuasion nucléaire fonctionne, le nucléaire diminue les déséquilibres ; l’équilibre régional au Moyen-Orient serait rétabli.

Les réalistes et les dilemmes de la politique internationale[modifier | modifier le wikicode]

Jeu de la chasse au cerf[modifier | modifier le wikicode]

« Voilà comment les hommes purent insensiblement acquérir quelque idée grossière des engagements mutuels, et de l'avantage de les remplir, mais seulement autant que pouvait l'exiger l'intérêt présent et sensible; car la prévoyance n'était rien pour eux, et loin de s'occuper d'un avenir éloigné, ils ne songeaient pas même au lendemain. S'agissait-il de prendre un cerf, chacun sentait bien qu'il devait pour cela garder fidèlement son poste; mais si un lièvre venait à passer à la portée de l'un d'eux, il ne faut pas douter qu'il ne le poursuivit sans scrupule, et qu'ayant atteint sa proie il ne se souciât fort peu de faire manquer la leur à ses compagnons. »

— Jean-Jacques Rousseau (1754) Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes.

La chasse au cerf propose deux alternatives à deux joueurs ; chacun égaux chasse le cerf ou peut chasser le lièvre.

Jeu de la chasse au cerf (Rousseau interprété par la théorie des jeux)

Chaque acteur est rationnel, regarde son propre intérêt. Chacun est égaux par rapport à plusieurs partenaires. Chacun chasse le cerf et va se faire dépailler par un lièvre qui passe :

Il y a une situation du point de vue social qui est une situation interdépendante, ce qui adviendra ne dépend seulement de sa volonté, mais dépend aussi des autres ; les réalistes sont contre l’interdépendance, mais ils sont toutefois dans un système d’interdépendances, chacun dans la vision réaliste dépend de tous les autres.

Le système de l’équilibre des forces est un système d’interdépendances où les individus sont rationnels. Il y a une logique de préférence ordinale.

  • solution par le concept de "best reply" (meilleure réponse) de Nash: deux solutions stables sont parfaitement envisageables, (4,4) ou bien (2,2)

On regarde les 4 situations possibles et chacun analyse une situation en se demandant s’il a intérêt à changer. Par raisonnement est-il possible d’améliorer sa situation en changeant.

  • aucune stratégie dominante (contrairement au dilemme de la sécurité = du prisonnier)

Chacun des deux acteurs à intérêt à changer, c’est une situation instable.

L’équilibre Pareto est un équilibre qui est bien du point de vue collectif. Il y a deux solutions stables (4,4) et (2,2) : chacun des deux acteurs préfère être en 4 plutôt qu’être en 2.

Pareto est le premier penseur économique qui a pu démontrer du point de vue de la science économique que la propriété privée des moyens de production n’était pas nécessaire pour avoir un équilibre productif ; il démontre que les marxistes pourraient avoir raison, on peut avoir un système productif juste et équitable.

Ou bien les deux chassent le cerf ou bien les deux chassent le lapin ; ce n’est pas parce que l’une est supérieure que (4,4) va être choisi.

Il est possible de se garantir en chassant le lièvre qu’on aura pas faim ce soir.

Dilemme de la sécurité[modifier | modifier le wikicode]

Dilemme de la sécurité (Jeu du dilemme du prisonnier)

C’est un paradigme de la sécurité. La différence avec le jeu précédent est dans les cases 1 et 4, ce qui change est l’inversion. Chez Rousseau l’idéal est la coopération.

Pour le dilemme de la sécurité, le mieux est de dominer l’autre.

Dans ce jeu il y a une stratégie dominante qui est le drame du dilemme du prisonnier : c’est une stratégie qui domine une autre stratégie dans le sens où une stratégie est meilleure qu’une autre stratégie.

L’acteur « ligne » ne serait pas rationnel s’il ne choisissait pas la deuxième stratégie, pour l’acteur « colonne » la stratégie dominante est d’armer.

Le dilemme est que les deux arment s’ils sont en conflit. Toutefois les deux regrettent de ne pas être dans la situation Pareto supérieure où ils amélioreraient leur situation.

Actuellement, en Asie, il y a une course aux armements extraordinaires, il y a aussi la course aux alliés.

Le terme dilemme se réfère au fait que la rationalité amène au Nash, mais la rationalité individuelle fait qu’on préfèrerait qu’on soit en (3,3) ; si chacun est désarmé, chacun est tenté par la tricherie.

Dans ce sens, ce jeu rend compte de la réalité des relations internationales.

Annexes[modifier | modifier le wikicode]

  • Marchesin, Philippe. Introduction Aux Relations Internationales. Paris: Éditions Karthala, 2008.

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. K. Waltz, Theory of international politics, Reading, Addison Wesley, 1979
  2. Kenneth Waltz Interview : Conversations with History; Institute of International Studies, UC Berkeley
  3. Neue Zürcher Zeitung vom 04.10.2013 / al International - Saudischer Schock wegen des iranisch-amerikanischen "Flirts"