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Le globalisme d'inspiration marxiste

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Le globalisme d'inspiration marxiste
Professeur(s) Pierre Allan

Lectures


« we are in a structural crisis, […] the [modern capitalist world-] system is in fact unable to survive. »

— Wallerstein.

Le marxisme met en avant la critique avant tout mais en même temps il est le frère ennemi du libéralisme.

Pour Wallerstein, la crise actuelle du capitalisme est une crise systémique, il n’y aura pas de changent Dans le système mais un changement du système. Le système capitaliste va s’effacer et être abandonné et nous allons vivre un nouveau système post-capitaliste.

La lecture que fait le marxisme de la réalité sociale est une lecture en terme de classes. L’histoire est l‘histoire des rapports entre les classes sociales. C'est une critique radicale et morale de l'inégalité tant entre faibles et puissants, pauvres et riches etc.

La réflexion sur l'inégalité et le marxisme[edit | edit source]

  • Rousseau : « il n'y a point de guerre entre les hommes : il n'y en a qu'entre les États »

Rousseau insiste sur le fait que la guerre n’est pas un groupe de jeunes hommes qui prennent les armes décidant de partir en guerre, la guerre est quelque chose de créée par l’État. Rousseau critique Hobbes, le Léviathan critique la guerre. Si les hommes reviennent à l’état de nature, pour Rousseau l’état de nature est le bon sauvage.

  • Marx et Engels : « Le jour où tombe l'antagonisme des classes au sein d'une même nation, tombe également l'hostilité entre les nations. »

Pour les libéraux classiques, le système républicain tend à être pacifique, pour les néomarxistes, le dépassement du capitalisme permettra d’abolir l’antagonisme des classes faisant disparaître l’hostilité et le conflit entre les pays.

Les relations sont des relations entre les nations mais ce qui compte est l’aspect « classe » : les relations internationales sont des relations interclasses.

La doctrine de Marx est une analyse scientifique de la réalité sociale, c’est une science totalisante, ce qui compte est l’aspect matériel et non pas idéel.

Marxisme : matérialisme historique = histoire des modes de production économique :

  • asiatique
  • féodal
  • capitaliste : dans une société d’abondance, c’est chacun selon ses moyens, chacun selon ses besoins
  • (socialiste)
  • communiste à fin de l'histoire

Analyse du mode de production capitaliste (= "infrastructure") : 1) niveau des forces productives (ex – machines et ouvriers)

  • développement des forces productives matérielles (technologie)
  • force de travail (quantitative & qualitative)

2) état des rapports de production

  • organisation économique de la production (= rapports de production entre les hommes)
  • rapports de propriété des moyens de production (= classes sociales)

Dans le mode de production capitaliste, les capitalistes sont propriétaires de leurs moyens de production, dans un mode de production socialiste c’est l’État qui est propriétaire. Avec le développement matériel, la contradiction entre 1. et 2. s'accroît : le changement technologique permet le développement matériel.

Il y a une contradiction entre les forces productives et l’organisation de cette production. Il arrive un moment ou l’organisation de la production est un handicape pour le développement futur du capitalisme et de la matérialité des choses fabriquées dans les usines.

Lorsque la propriété est une entrave au développement, ce qui va casser est le système lui-même : révolution sociale par changement de « superstructure ».

Quant au sein de l’infrastructure on n’arrive plus à être suffisamment productif, ce qui va se briser est le système économique et social, c’est l’ensemble du système.

Infrastructure = « formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques ».

Cela nous interroge sur la fait de savoir comment Marx peut proposer une théorie de l’histoire alors qu’il postule une science de l’évolution de la société qui n’est pas possible puisque le point de vue extérieur n’est pas possible : « ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être : c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience. » (Marx, 1859)

Comment se fait-il que Marx vivant dans un système de production capitaliste peut avoir une théorie de l’histoire qui dépasse le capitalisme ?

Propriété = traduction juridique des rapports de production (l'État est au service de la classe dominante). C’est quelque chose en dehors de la superstructure, les rapports de propriétés sont des rapports juridiques, le mode de production capitaliste qui devient une limitation au développement matériel des sociétés doit changer.

Postulats ontologiques du globalisme[edit | edit source]

L’ontologie est en philosophie la science de l’être en tant qu’être ; qu’est-ce que la réalité du point de vue des écoles néomarxistes ?

  • Système International : est anarchique et inégalitaire.
  • phénomènes économiques sont essentiels : la superstructure est dominée par l’infrastructure.
  • domination et exploitation du Sud par le Nord, de la périphérie par le centre.
  • analyse historique (capitalisme, économies-monde)
  • explication : partir des intérêts des classes économiques (capitalistes vs. travailleurs), sur les plans interne & international : les classes se définient par la place des individus dans les processus de production. L’analyse politique part du niveau économique en regardant les classes qui sont la résultante de ce qui se passe au niveau économique. Le mode de production capitaliste se caractérise par l’idéologie du libéralisme économistique.
  • dépassement de l’homoeconomicus par un homosociologicus qui agit sur base de règles données par des normes et des valeurs sociales qui définissent les attentes intersubjectives de comportements appropriés.

La théorie des économies-monde d'Immanuel Wallerstein[edit | edit source]

Analyse du système-monde capitaliste[edit | edit source]

  • principe : accumulation du capital qui est le développement des forces productives, il faut accumuler du capital. Marx croit que la science peut apporter la réponse à sa question.
  • moyen principal : chaînes de production dans multiples États permet le transfert de la plus-value de la périphérie au centre. La plus-value est tout ce que le travailleur fabrique, qu’il ne reçoit pas mais qui est extrait par le capitalisme ; on exploite le sud au bénéfice du nord.
  • « les deux faces d'une pièce de monnaie » :
    • marchés partiellement libres : le mode de production capitalisme a besoin de l’idéologie du libre-échange mais il faut des marchés partiellement libres car sinon il n’y a pas de profits. Afin d’avoir l’accumulation du capital, des bénéfices, il faut des profits. Il faut des marchés, pour ces chaînes de production multinationale mais il faut des profits afin de continuer à investir et continuer à accumuler le capital.
    • structure inter-étatiques permettant des monopoles relatifs et temporaires : le politique permet la puissance des entreprises. Grâce à la force politique, militaire, économique américaine permet à des entreprises d’engranger de forts profits.

Exemple : Révolution française Processus de géo-culture unificatrice (contra effets centrifuges) : homogénéisation par trois aspects :

  1. idéologie : libéralisme (vs. conservateurs et radicaux-socialistes)
  2. science (cf. universités) remplace la philosophie :
  • Staatistik : science qui mesure les forces et les faiblesses de l’État.
  • Polizeiwissenschaft : la science-politique est la afin de permettre de bien contrôler la société.
  1. incorporation mouvements nationalistes et radicaux-socialistes par - le mode de production capitaliste dans sa superstructure est habile - :
  • suffrage universel (sauf femme) : permet la perpétuation du système.
  • patriotisme populaire : éducation, service militaire.
  • État-social : institution par laquelle les pauvres bénéficient de l’aide sociale. Le social permet d’acheter la tranquillité et la paix sociale. L’État-social permet d’acheter et de récupérer les opposants au capitalisme.

Analyse du système inter-étatique (inter-"classes")[edit | edit source]

Deux cycles se renforçant mutuellement :

  1. cycle économique de Kondratieff (50-60 ans) :
  • expansion par création de marchés partiellement libres : monopoles relatifs.
  • avec le temps, déclin des monopoles relatifs : par concurrence.
  1. cycle politique par États hégémoniques se succédant : primauté dans l'efficacité de la production, pas nécessairement par puissance militaire.
  • chaque cycle hégémonique débute par « une guerre de trente ans » : casse l’ancienne hégémonie permettant à une nouvelle puissance hégémonique de se développer.
    • 1618-1648 : Traité de Westphalie => Provinces-unies
    • 1792-1815 : Congrès de Vienne => Royaume-Uni
    • 1914-1945 : ONU, Bretton-Woods => États-Unis

La Révolution française d’un point de vue marxiste est le changement de mode de production. On passe d’un mode de production féodale, avec une allégeance à l’église mais à la noblesse, au mode de production capitaliste avec l’avènement des bourgeois.

  • chaque puissance hégémonique crée un ordre institutionnel du système international qui la favorise par :
    • ouverture des marchés là où elle est efficace (sinon fermeture) : recherche de la maximisation des profits libre là où ça nous arrange.
    • transactions économiques et financières passent par elle :
    • création d'une monnaie de transaction mondiale (gulden; £; $) : ceci permet le développement du capitalisme financier.
    • implication non réciproque dans les affaires politiques des autres

Comment la puissance est-elle hégémonique ? Il faut distinguer trois moyens :

  • force : utilisation de la coercition.
  • alliés : rémunérés, corruption.
  • persuasion idéologique :
  • contradiction dans (à l'intérieur du) système : l'utilisation des moyens d’hégémonie => déclin de l'hégémonie.
    • force : coûte, car elle délégitime son utilisateur hégémonique.
    • alliés : leur renforcement diminue la puissance relative hégémonique.
    • persuasion idéologique : idéologie perd son efficacité avec le temps.
  • nouveau cycle politico-économique débute par une « guerre de trente ans » sauf maintenant :
    • nous sommes à la fin du système d'économie-monde capitaliste.
    • nous devons agir pour aller vers un système plus démocratique et égalitarien.

On distingue trois grandes étapes à partir du XVIIème siècle mais à chaque fois il y a un déclin et donc un nouveau cycle politico-économique.

Wallenstein argumente que nous sommes à la fin du mode de production capitaliste. Il ne nous dit pas comme Marx ce qui a suivre, il faut s’engager pour que le nouveau système soit plus juste que l’ancien.

Fin du système actuel de l'économie-monde capitaliste : pourquoi change t-on de système ?[edit | edit source]

Ce système dépend de 3 phénomènes internationaux[edit | edit source]

  1. un système inter-étatique relativement stable avec son système de cycles hégémoniques
  2. un système mondial de production très profitable fondé sur des cycles de monopoles (Kondratieff)
  3. un système interne cohésif des États souverains, avec des sentiments de supériorité raciale et nationale de leurs citoyens :
  • capitalisme social en Europe (État-social)
  • capitalisme libertaire dans le monde anglo-saxon
  • capitalisme autoritaire en Chine

Actuellement : contradiction du système lui-même ! Résultant des tendances séculaires allant à l'encontre de ce système.

Peu de chances que la structure inter-étatique survive, du fait d'au moins 7 tendances[edit | edit source]

  1. développement capitaliste polarise => inégalités économiques et sociales croissent ; pressions migratoires croissantes de la périphérie au centre.
  2. urbanisation croissante => développement de populations marginales (pas de solution structurelle).
  3. l'illusion développementaliste libérale est dévoilée : les inégalités internes et internationales s'accroissent.
  4. désillusion avec les mouvements anti-capitalistes classiques : mouvements nationalistes.
  5. le libéralisme a encouragé les demandes démocratiques et sociales => crises budgétaires et fiscales.
  6. problèmes écologiques croissants
  7. confiance dans la science décroissante => intégrismes religieux, relativisme et déconstructivisme.

Notes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]