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Le concept de sécurité environnementale en question

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Les guerres de l’eau est les migrations environnementales touchent à la question de la sécurité environnementale à travers trois questionnements :

  • quelle est l’origine et l’histoire du concept de sécurité environnementale ?
  • quel est l’usage de la notion de sécurité environnementale ?
  • dans quelle mesure l’environnement constitue-t-il un objet de conflits ?

Nous allons discuter le concept de sécurité environnementale et chercher à expliquer la nature des conflits autour de l’environnement et du partage des ressources. Nous allons nous focaliser sur le concept et la portée empirique de l‘association dégradation de l’environnement et conflit.

Contents

Le projet de Toronto et la diffusion du concept de sécurité environnementale[edit | edit source]

Le projet de Toronto est un groupe de chercheurs sous la direction de Homer-Dixon.

La fin de la Guerre froide et la redéfinition des dimensions de la sécurité[edit | edit source]

La fin des années 1980 voit la sortie de la Guerre froide et une prise de conscience du réchauffement climatique. Quelque part, les acteurs et notamment les milieux militaires vont se rendre compte qu’ils vont devoir renouveller le concept de sécurité afin de renouveler leur champ d’action. Cela est surtout aux États-Unis où des proches du pouvoir fédéral et des militaires vont promouvoir une extension du champ de la sécurité. C’est le début d’un consensus sur le changement climatique qui attise toutes les peurs.

C’est une prise de conscience du réchauffement climatique dans son ampleur et dans une vision apocalyptique qui va être un terreau aux thèses néoréalistes. La raréfaction des ressources exacerberait la lutte entre États pour y accéder. Le Rapport Bruntland va mettre en évidence les risques environnementaux globaux mais dans le cadre où l’activité militaire peut impacter la planète notamment avec le nucléaire. Ce rapport montre aussi comment les activités liées à la sécurité et aux conflits peuvent profondément perturber et détruire l’écosystème planétaire.

Le tout premier concept est posé par Brown en 1977 et Ullman en 1983 qui présentent la sécurité environnementale comme une menace pour la sécurité nationale. C’est bien les États-Nations qu’ont met en danger par l’environnement soulignant un discours néoréalistes. C’est un élargissements du concept de sécurité à l’environnement :

« une menace à la sécurité nationale est une action ou une suite d’évènements qui (1) menacent radicalement et en un court laps de temps de dégrader la qualité de vie des habitants d’un État, ou (2) menace sérieusement de restreindre les choix possibles pour les gouvernements d’un État ou d’entités privées ou non gouvernementales (personnes, groupe, entreprises) au sein de l’État. »

— Ullman, 1983, p.133

On va considérer que la menace vient des pays du sud avec en arrière plan l’idée que les pays les plus vulnérables viennent du sud, les éléments de déstabilisation vont venir des pays du sud avec des flux de migrants, des conflits pour les ressources qui vont avoir des impacts pour les pays du nord. C’est la vision d’un sud anarchique et d’un nord prospère.

L’étude de l’équation pénurie environnementale – conflits[edit | edit source]

La première étude est celle de Homer-Dixon en 1994. C’est une étude simple de l’équation : dans quelle mesure la pénurie environnementale provoque t-elle des conflits ?

L’auteur va analyser 12 cas dont 6 principaux avec ceux du Bangladesh – Inde, du Chiapas, de Gaza, du Pakistan, du Rwanda, du Sénégal – Mauritanie et de l’Afrique du Sud. Ce ne sont pas que des rivalités entre pays mais aussi des rivalités internes. Les seuls cas d’étude sont des pays du « sud ». On se centre sur les ressources naturelles avec un focus sur la pénurie environnementale.

Ils vont s’atteler à étudier essentiellement quatre types de ressources dont l’eau, les poissons, les terres cultivables et la forêt. Leurs deux questions sont les suivantes :

  • est-ce que la pénurie environnementale conduit aux conflits dans les pays en développement ?
  • et si oui, comment ?

Trois vecteurs de pénurie environnementale en interaction [Homer-Dixon, 1994][edit | edit source]

On distingue trois vecteurs de pénurie :

  • pénurie est liée à la demande de ressources : croissance démographique, et croissance de l’activité économique. Cette pénurie est mesurable par la pression relative sur la ressource. Pour les ressources renouvelables, on parle toujours de pénurie relative qui met face à face la quantité disponible et la demande ;
  • pénurie liée à la disponibilité de ressources : dégradation de la quantité et de la qualité de ressource disponible. On peut commencer au départ avec une ressource de bonne qualité mais au fur et à mesure de la demande, la ressource est de moins en moins disponible ;
  • pénurie structurelle liée à l’accès aux ressources : inégale distribution de l’accès aux ressources. Cela est technologique ou encore juridique puisque certains usagers se retrouvent privés d’accès.

Toute l’analyse d’Homer-Dixon par des ces trois variables dépendantes.

L’étude de l’équation pénurie environnementale-conflits [Homer-Dixon, 1994][edit | edit source]

Pour Homer-Dixon c’est une causalité indirecte et multiple puisqu’il n’y a pas que la pénurie de ressource qui joue. Les États fragiles ou affaiblies jouent directement. Si on remonte la causalité, on retrouve la pression sur l’économie, les effets potentiels de cette crise sur l’affaiblissement des États. D’autre part, la pénurie environnementale est elle-même liée à trois facteurs et l’accès a ces ressources va provoquer un degré plus ou moins fort un niveau de pénurie structurel, de plus il y a le poids de la pression démographique.

Restitution d’un schéma causal commun

Le cas de la bande de Gaza[edit | edit source]

Carte bande de gaza ressource eau.png

Le cas de la bande de Gaza illustre parfaitement le cadre d’analyse de Homer-Dixon. Il faut noter l’extrême contraste en terme de précipitation qui va impacter sur la disponibilité de la ressource. Il y a un rapport de 1 à 5 en terme de niveau de précipitation. Là où elles sont le plus intenses sur le plateau du Golan et l’ouest de la Cisjordanie.

Le désert du Néguev et sa partie israélienne sont irrigués par un canal construit juste après la création de l’État d’Israël dérivant les eaux du lac de Tibériade au nord à travers l’ensemble de l’État d’Israël. Israël se dote de capacités technologiques afin d’accéder à la ressource et de la dériver pour développer une activité agricole.

Tout ce qui concerne le partage est l’inégalité de l’accès à l’eau est l’objet de frictions et de débats.

On peut aussi voir le canal construit par les jordaniens étant l’un des points de déclanchement de la guerre des Six jours en 1967. Le Jourdan est un fleuve qui fait preuve de controverse toujours non résolues. Le plan américain Johnson prévoyait de mieux répartir entre la Jordanie, Israël, la Palestine et la Syrie les eaux du Jourdain mais non validé faisant qu’il n’y a pas d’accord sur le Jourdain. Les pays arabes voyaient d’un très mauvais œil que Israël dérive les eaux du lac de Tibériade. La Jordanie a planifiée de dériver les eaux du Jourdain en créant un canal et en détourant en amont les eaux du Yarmouk et d’une parti de la source du Jourdain. Toutefois, la dérivation des eaux directes du Jourdain n’a jamais été réalisée. Le canal est alimenté par les affluents.

« Pourquoi partir en guerre pour de l’eau ? Pour le coût d’une semaine de combat, on peut s’acheter cinq usines de dessalement. Pas de vies perdues, pas de pression internationale, et un approvisionnement qu’il ne sera pas nécessaire de défendre un territoire hostile. »

— Major-général Tamir, Israël, 1991 (cité in Lasserre, 2009, p. 67)

Le coût d’accès à l’eau compense très largement une éventuelle guerre. Pour le Major-général Tamir, l’eau ne peut pas être le seul vecteur du conflit. Néanmoins, pour toute une série de raisons, se fut un facteur clef dans la région depuis 50 ans.

L’eau dans les conflits israélo-arabes [Lasserre, 2009][edit | edit source]

En 1967, la guerre des six jours fait suite au projet de détourner les eaux du Jourdain et d’alimenter le canal des pays arabes mais trouvant aussi des réactions à la construction de l‘aqueduc israélien. Il y avait aussi le projet de barrage qui alimentait les eaux du Jourdain. Ariel Sharon considérait qu’on ne pouvait pas laisser la Jordanie détourner les eaux du Jourdain.

Toutefois, c’est une guerre territoriale et l’eau n’était qu’un facteur parmi d’autres. Néanmoins, le résultat de la guerre des Six jours est impressionnant en terme de prise de contrôle des ressources parce que Israël va repousser ses frontières sur une bande de 20 kilomètres le long du Jourdain offrant un motif pour accéder plus directement aux eaux superficielles et souterraines. La preuve en est qu’à l’heure actuelle, les eaux que détient d’Israël, 57% de toutes ses eaux proviennent des territoires qui ont été conquis après 1967. En 1998, une nouvelle tentative du territoire israélien a avorté mais avait pour objectif d’augmenter l’accès aux ressources en eau.

Le cas de Gaza : composantes du système hydrique [Kelly, Homer-Dixon, 1995 ; Lasserre, 2009][edit | edit source]

Le premier point est que les pluies annuelles ne permettent de renouveler que 40% de la quantité d’eau des nappes. Le canal principal se situe sur territoire israélien et le principal accès à l’eau pour la bande de Gaza est la mer. Les deuxièmes sources sont les aquifères dont les nappes phréatiques à l’intérieur des terres tout le long de la côte méditerranéen. Seul 40% des pluies permettent la recharge car la pluviométrie est très basse. On estime que la surexploitation est de 270 millions m3/ an.

Une nappe phréatique à un stock de départ mais il est important que le stock de départ ne soit pas exploité et que l’exploitation ne concerne que l’excédant. Tous les usagers de la nappe de la bande de Gaza prélevait jusqu'à 160 millions m3/an alors qu’elle n’est que de 60 millions m3/an.

Le problème qui est posé également, est que cet aquifère est très fragile se situant à proximité de la mer ce qui veut dire que si la nappe n’est pas sous pression, il peut y a voir des infiltration d’eau de mer se salinisant devenant impropre à la consommation et à l’irrigation. Le premier risque est la salinisation qui provient à la fois de la proximité de la mer Méditerranée mais aussi que si on baisse le niveau de la nappe, le stock est insuffisant et on permet une infiltration d’eau de mer. La nappe phréatique se situe à 10 mètres sous terres, et les infiltrations dues au nitrate aux engrais agricoles sont souvent plus importantes et peuvent dégrader la nappe. C’est une ressource qui clairement se dégrade progressivement du fait de la surexploitation qui elle-même impact sur la qualité de la ressources et pas seulement sur sa quantité.

Pénurie structurelle [Kelly, Homer-Dixon, 1995][edit | edit source]

En 1967, après la guerre des Six jours, l’État israélien décide l’étatisation les ressources en eau. L’État israélien va appliquer des quotas aux prélèvements d’eau palestiniens. C’est une fait qu’Israël consomme 4 fois plus d’eau que les palestiniens puisque leur industrie principale est l‘industrie agroalimentaire qui est très irriguée et donc c’est une industrie dépendante de l’eau et notamment de l’irrigation artificielle.

Israël va limiter la consommation d’eau et notamment appliquer des quotas très stricts aux palestiniens. Afin de construire un nouveau puits, prélever dans la nappe de Gaza, les quotas vont être figés au niveau de 1967 alors que c’est un territoire qui va connaitre une forte croissance démographique. Cela signifie que si les palestiniens veulent consommer de l’eau potable, ils doivent le prendre sur leur usage agricole propre. En 2002, sur 79 demandes d’autorisation palestinienne, Israël en avait approuvé seulement 17. C’est une limitation volontaire des quotas de prélèvement d’eau. C’est une pénurie d’ordre structurelle parce qu’elle passe par des procédés juridiques.

Pour autant, le prélèvement dans la nappe des palestiniens n’est que de 17%. On va limiter les usages les plus minoritaires de l’aquifère. Par conséquent, les territoires palestiniens ne vont pas pouvoir continuer à irriguer autant leur espaces agricoles qu’auparavant. La culture principale est les citronniers qui va avoir pour conséquence une relocalisation de l’économie avec le déracinement de plusieurs milliers de citronnier sur le territoire palestinien, la destruction de citernes de stockage d’eau. Pendant les évènements des conflits, certains puits vont être bouchés et près de 700 hectares de terres cultivables vont être détruit par Israël. De même que l’agriculture vivrière ave 200 hectares de fèves qui ne sont plus irrigués.

Il y a une fermeture de l’accès à la ressource en eau via les quotas qui s’accompagne d’une destruction progressive de l’agriculteur ayant deux conséquences sur l’emploi agricole et sur la qualité de l’eau potable. Ce qui est impressionnant est que cela contraste avec une autorisation et une exploitation de l’eau beaucoup plus intensive aux limites du territoire palestinien mais dans la même nappe phréatique. Pendant que les quotas sont limités en Palestine, de nouveaux puits vont être construit du côté israélien pour puiser dans le même aquifère. Il y a eu plusieurs débats scientifiques et notamment de savoir si l’eau prise par les israéliens était prise sous la Palestine.

Les colonies israélienne sont à la fois des établissement humains mais aussi des champs, des fermes agricoles étant systématiquement situées aux endroit des terrains les plus pourvus en eau. Enfin, Israël a décidé de nationaliser les ressources en eau et d’instaurer un contrôle sur les quotas et les tarifs. Jusqu’au début des années 2000 et la prise du contrôle du territoire palestinien, Israël va appliquer des tarifs différenciés. Les colons israéliens qui exploitent l’eau pour l’irrigation et pour la boire payent 24 centime le m3 et les palestiniens sont facturé 1,2$ le m3. L‘argument est que les palestinien avait tendance à consommer plus d’eau du à la vétusté de leur système agricole.

D’autre part, les conflits vont produire une dégradation et une destruction du réseau d’eau et du réseau d’eau usées. L’un des problèmes est que les eaux usées infiltrent la nappe qui est très peu profonde.

Pénurie liée à la demande [Kelly, Homer-Dixon, 1995][edit | edit source]

Gaza camp de régufiers avant aprés Kelly et Homer Dixon, 1995.png

Apparaît le même camp de réfugié montrant qu’il y a un niveau de densification progressif. L’afflux de réfugié va se faire parce qu’en 1948, avec la création de l’État d’Israël les palestiniens vont se regrouper sur les territoires dédiés. Ensuite, la concentration va s’intensifier. Les réfugiés représentent encore à l’heure actuel 70% de la population totale de Gaza avec une croissance démographique extrêmement forte de 5% à 10% de 1970 à 1990, aujourd’hui c’est 4%.

La croissance démographie se situe sur un territoire de petite taille qui représente aujourd’hui le territoire le plus densément peuplé au monde mais sur un territoire très pauvre en eau. La demande d’eau vitale est estimée à 1000m3 par habitant et par an pour un développement économique vital et minimal. À Gaza, le rapport entre nombre d’habitant est de 100m3 par an soit 10 fois moins de ressources pour vivre et se développer de façon minimale et basique. Sans compter que l’économie gazaouite dépendait fortement de l’agriculture et que l’agriculture du citron représentait un prélèvement de la moitié de l’eau disponible à Gaza.

Le motif agricole était très préleveur d’eau jusqu’à la période récente. Ces prélèvement d’eau vont devoir cesser parce qu’Israël et sa compagnie principale ne l’autorise pas et la priorité va être faite à l’eau potable faisant qu’il va y avoir de moins en moins d’eau disponible pour l’agriculture cela va mener à un prélèvement d’eau anarchique. Les prélèvements d’eau sont incontrôlé avec les puits non-contrôlés par Israël en territoire palestinien, les prélèvements sur le territoire israélien et les prélèvement d’eau clandestins qui serait 1,5 fois supérieur à ce qui a été comptabilités.

Pénurie liée à la disponibilité de la ressource [Kelly, Homer-Dixon, 1995][edit | edit source]

La conséquence est l’abaissement du niveau de la nappe et salinisation qui disparaitra d’ici à 2020. La qualité se dégrade non seulement du fait de la salinisation faisant que la baisse de qualité de l’eau conduit à l’augmentation de l’usage des engrais qui conduit à la nappe peut profonde. Tout particulièrement les citronniers, sont des arbres qui ne supportent pas les eaux salées. La situation est tellement critique que la compagnie israélienne qui sert Gaza a installée des citernes sur les toits. Le système d’eaux usés est défaillant puisqu’il a été peu et mal entretenu induisant des introductions d’eau usées dans la nappe phréatique.

Les effets sociaux et économiques de la pénurie [Kelly, Homer-Dixon, 1995][edit | edit source]

Les effets socio-économiques sont majeurs avec une multiplication des impacts sur la santé et les maladies hydriques. D’autre part, la mortalité infantile augmente, les maladies du foie, les ulcères et on assiste à un retour du choléra depuis les années 1990.

L’effet sur l’emploi est lié à la destruction de l’emploi agricole. Jusqu’à la fin des années 1990, le taux d’emploi de la population gazaouite était de 33% qui travaillait dans la population agricole passant à 18% voire 15%. L’emploi n’est pas compensé par une hausse de l’emploi dans d’autres secteurs.

Le blocus de Israël à partir de 2000 mais surtout de 2006 suite au fait que le Hamas accède au pouvoir va s’intensifier bloquant l’emploi transfrontalier. Le taux de chômage ne cesse de s’accroitre par la baisse de l’emploi transfrontalier. Le déclin économique est aussi alimenté par une plus forte dépendance vis-à-vis de l’agriculture et aux biens israéliens. Il faut importer au prix fort les produits mais de façon très coûteuse pour la population conduisant à une augmentation du prix des ressources alimentaires de base. Le blocus en terme de croissance du chômage va avoir un effet direct après 1994. L’intifada de 1994 a produit ce blocus, avant 70% de la population de Gaza travaillant en Israël.

Les effets sociaux et économiques de la pénurie [Kelly, Homer-Dixon, 1995, Lasserre 2009][edit | edit source]

Au plan politique, il y a une élévation des griefs sur Israël du fait de la cherté de l‘eau, de la cherté de biens alimentaires, de la baisse de l’emploi transfrontalier et va voir augmenter l’opposition de la population envers son propre gouvernements. Les griefs ne vont cesser de s’élever contre l’autorité palestinienne. L’autorité palestinienne ne parvient pas à satisfaire les besoins vitaux minimaux de sa population en eau et alimentaire et en même temps une difficulté à travailler à l’échelle internationale vue que les grief palestinien augmente vis-à-vis de l’État israélien cela ne facilite pas la négociation. Les soupçons de corruption vont concrètement affaiblir le processus de démocratisation de l’autorité palestinienne et pousser à l’essor des partis les plus extrêmes tel que le Hamas qui accède au pouvoir en 2006. Le Hamas va faire sont terreaux sur ces thématiques jouant sur les pénuries élémentaires de la population gazaouïte.

Threatened government legirimacy in gaza.png

Dynamiques de la violence à Gaza depuis les années 1990[edit | edit source]

Gaza dynamique de la violence.png

Le déclin économique est lui-même produit des griefs de l’État d’Israël avec une opposition de l’opposition palestinienne à l’égard de son propre gouvernement et d’Israël, une augmentation des protestations provocant de la violence intra-palestinienne.

La diffusion du discours sur la sécurité environnementale : du monde académique à la sphère politique[edit | edit source]

Les processus de sécurisation est lorsqu’un groupe de travail cherche à mettre en évidence que les questions de l’environnement peuvent être une source de conflit. La sécurité environnementale est tant une dimension matérielle qu’une dimension discursive.

Retour sur le projet de Toronto[edit | edit source]

La précarité est la pénurie environnementale peut conduire au conflit et à la violence. Le cas de la bande de Gaza est extrême car il et très rare d’avoir une telle pénurie liée à la ressource, à la demande et à une pénurie structurelle. D’autre part, la rareté n’est pas absolue, c’est une rareté relative liée à la relation de disponibilité et la demande mais c’est aussi une rareté structurelle liée aux droits d’accès comme les quotas ou les technologies d’accès.

Chez Homer-Dixon, la pénurie pousse les groupes les plus puissants à capturer une partie de la ressource et les moins puissants à migrer. C’est à partir de ces travaux que vont commencer à se construire les phobies liées aux migrations environnementales.

Il faut noter que Homer-Dixon est essentiellement un optimiste parce qu’il croit beaucoup en la technique pensant que la pénurie n’est pas une fatalité. On peut y palier en diversifiant la ressource et les progrès techniques de l’explication. Depuis quelques années Israël a élaborée ses premières usines de désalinisation. D’autre part, des usines vont être développée aussi dans la bande de Gaza. Pour la nappe phréatique il y a des procédés de réinfiltration de la nappe afin de la remplir. C’est une technique qui n’est pas nouvelle mais qui est utilisée notamment entre la France et la Suisse au niveau de la plaine de l’Arve. Sont élaborés des dispositifs techniques qui permettent de réaliser des progrès pour l’accès à la ressource.

Homer-Dixon parle d’ingéniosité voyant les militaires comme des sauveurs de l’environnement qui vont pouvoir aller dans les pays en développement et aider à gérer la ressource. Le constat est que sans cette adaptions, l’État et les institutions publiques sont affaiblies. Les États « fragiles » en sont une conséquence. Les rivalités entre groupes s’accroissent et s’exacerbent en interne mais il y a aussi des conflits transfrontaliers. Dans touts les cas, il s’agit d’une causalité multiple et que la pénurie environnementale n’est pas qu’une seule cause au conflit. Malgré tout, la communauté internationale doit s’en saisir de façon urgente afin d’essayer de limiter les guerres civiles, l’affaiblissement et la fragilisation des pays du sud et favoriser la prospérité des pays développés.

De la sphère académique au monde politique[edit | edit source]

Ces travaux vont avoir une portée assez importante dans les années 1990 sous l’administration Clinton et va se diffuser dans la sphère politique le concept de sécurité environnementale. D’autres auteurs vont travailler sur cette thématique reprenant des travaux de Robert Malthus notamment le fait que la croissance de la population représente un enjeu pour la planète et la subsistance du monde. À la vue de la croissance démographique sur les ressources Malthus propose de limiter les naissances et contrôler la croissance démographique.

Un auteur va publier dans The Atlantic Monthly un article en 1994 qui est Kaplan et intitulé The coming Anarchy. On voit l’influence néoréaliste avec une vision du monde anarchique. En reprenant Malthus, Kaplan va dire que :

  • la pression démographie et sociétale va croissante ;
  • il y a un lien direct entre la croissance démographique et les problèmes de santé, de maladie, de criminalité, de pénurie liées aux ressources, de migration, d’environnement, d’affaiblissement de l’État-Nation, le renforcement des milices et des armées privées, le développement des firmes de sécurité, le développement des cartels et des mafias. La démographique galopante de l’Afrique de l’ouest pour l’auteur mène à ces pathologie.

Ainsi, pour Kaplan, l’environnement est une cause de conflit, de problèmes pour les nations développées. Cela renvoi à la vision des pays développés comme une île assiégée par les problèmes environnementaux et démographiques venus du sud. Cette citation fait référence au terme de « pénurie environnementale » qui est le terme utilisé par Homer-Dixon.

« Future wars will be those of communal survival, aggravated or, in many cases, caused by environmental scarcity. These wars will be subnational, meaning that it will be hard for states and local governments to protect their own citizens physically. This is how many states will ultimately die. »

Le constat est alarmiste mettant l’accent sur une anarchie croissante liée aux pénuries de ressources faisant référence à une pénurie relative liée à la demande et à la croissance de la population.

Va se diffuser le concept de sécurité environnementale sous l’administration Clinton, a disparu sous l’administration Bush et est revenu sous l’administration Obama. Surtout, c’est aujourd’hui un concept, une façon de voir l’environnement à travers les enjeux de sécurité qui s’est diffusé largement au-delà des États-Unis mais également au-delà des organisations et des Nation Unies. Aujourd’hui, le terme de sécurité environnementale est un terme clef dans les institutions internationales. Le terme de sécurité environnemental, va au cours des années 2000, se diffuser dans toute la sphère des organisations internationales.

« La compétition pour les ressources rares peut augmenter les tensions parmi les États ou causer une violence ruineuse entre eux. De plus, un manque de développement environnemental responsable peut piéger des nations entières dans un cycle de pauvreté, de maladies et de souffrances allant en s'approfondissant. »

— M. Albright, 1997

« the scarcity of water is replacing oil as a flashpoint for conflict between nations [...] »

— Secrétaire de la Conférence Habitat II, 1996

Critiques du concept de conflits environnementaux[edit | edit source]

Les limites internes des travaux du groupe de Toronto [Gleditsch, 1998][edit | edit source]

Ces sur ces critiques que vont se fonder les travaux de l’école de Copenhague qui vont opérer une synthèse entre ce qui a été fait sur la sécurité environnementale et les amendements apportés. La question est de savoir si on traite de pénurie environnementale ou dégradation de l’environnement ? Ce n’est pas qu’une question d’usages sémantique mais une question de concept.

Chez Homer-Dixon, il y a la vision que la pénurie est une forme de fatalité liée au désajustement presque physique entre l’offre et la demande. Il y a une pression démographique qui est incontrôlée, naturelle et forte dans les pays en développement mais il n’y a pas assez de ressources. Homer-Dixon regarde la pénurie comme un phénomène naturel comme une mécanique qui n’est pas assurée.

Gleditsh analyse l’environnement comme un écosystème profondément dégradé par l’activité humaine. On considère l’environnement et la nature comme une variable indépendante qui va impacter sur les conflits pas comme une variable dépendante qu’on ne peut pas impacter. Gleditsh s’interroge sur pourquoi et comment en sommes-nous arrivé là.

D’autre part, la généralisation est difficile. Homer-Dixon n’a pas pris en compte le poids des contextes sociaux, des variables démocratiques, également, il mélange différents contextes institutionnels et économiques traitant une diversité de sujets qui n’ont rien à voir mais de façon équivalente. De plus, il n’y a pas de cas de contrôle étudiant que des situations de conflit. C’est un problème parce que cela veut dire que ces travaux avaient principalement pour visée d’expliciter en quoi l’environnement provoque le conflit sans montrer des visions plus alternatives, différents ou plus optimistes des choses. Enfin, il oublie d’analyser en quoi les relations entre États, elles-mêmes dégradent l’environnement. Il faut noter aussi que Homer-Dixon n’a pas analysé de guerres entre États. Il ne prouve pas en quoi l’environnement peut faire émerger des conflits entre États. Même dans la période récente, peu de conflits sont liés aux questions environnementales mais on peut noter le Darfour.

Critique de l’usage de la sécurité environnementale par les acteurs politiques américains [Levy, 1995; Deudney, 1990][edit | edit source]

Levy nous invite à nous questionner de l’usage fondamental fait par ces travaux. Ces travaux ont été repris politiquement par les administrations américaines. Vont être émisses certaines affirmations.

Fondamentalement, il y a un calcul politique. Certains acteurs ont un intérêt qui n’est pas clairement mis en évidence au départ mais certain acteurs ont intérêt à mettre en avant une vision étroite des enjeux environnementaux en matière de sécurité à la fois pour venir masquer les enjeux clefs de l’environnement que constitue la dégradation environnementale, pour renouveler le champ des activité notamment miliaire mais aussi de promouvoir une logique de sentiment d’urgence ou d’insécurité dans l’opinion publique visant à développer le sentiment de l’opinion publique pour mener l’environnement au sommet l‘agenda pour en faire un sommet de la plus haute importance stratégique. Il ne faut pas omettre de s’interroger sur le changement environnemental à plus long terme comme le changement climatique et la manière dont l’homme intervient sur un environnement à long terme. Cette une façon de détourner le regard vers des question de conflit au lieu des questions focalisées sur l’environnement.

L’école de Copenhague et la sécurisation[edit | edit source]

Prémices pour l’analyse de la sécurisation de l’environnement [Buzan,Waever, De Wilde 1998][edit | edit source]

Lorsque l’on va parler de sécurité, nous allons parler de sécurisation. La théorie de la sécurisation est que dans le domaine international, un enjeu devient sécuritaire car des acteurs arguent que cet enjeu représente une menace existentielle et doit être immédiatement pris en charge afin de pouvoir survivre.

Un enjeu devient sécuritaire, il n’ « est pas » mais il le « devient ». L’école de Copenhague est constructiviste expliquant en quoi l’environnement devient sécuritaire. Des acteurs vont faire qu’il devient sécuritaire opérant la main œuvre. Enfin, c’est on en fait un enjeu de sécurité et de survie. La sécurisation est plus qu’une menace objective. C’est s’intéresser au fait quelqu’un dise que c’est une menace pour l’humanité c’est-à-dire la façon dont la menace est instrumentalisée subjectivement par un acteur. C’est la construction d’un problème par des acteurs dans leur dimension sécuritaire signifiant que la sécurisation de l’environnement est pour Buzan, Waever et De Wilde vont appeler des « actes de langage » ou « speech act » faisant passer dans la sécurité un objet qui est environnemental. C’est une formulation qui prend tout sont sens parce qu’il est reçu par une audience puisque potentiellement les réceptacles reçoivent le discours et change la façon dont ils voient l’environnement parce qu’il y a une certaine interprétation des choses et de la nature qui est véhiculée. C’est le « move » soit le passage de la sphère politique classique aux politiques d’urgence de crise d’un enjeu qui est un enjeu environnemental qui va faire l’objet d’un traitement spécifique.

La sphère politique classique est de voir le monde des politiques publiques, de voir le monde entre deux catégories, soit :

  • les politiques classiques : sociale, transport, développement économique, transport, environnement, énergie ;
  • les high politics : tout ce qui relève du rang diplomatique, géostratégique ou qui peut impacter la sécurité humaine et les conflits.

La sécurisation de l’environnement est considérer que l’environnement n’est plus l’objet des politiques publiques.

L’école des Copenhague ne se focalise pas sur ce que la sécurité « est » mais sur ce que la sécurité produit c’est-à-dire l’impact de la sécurisation sur la question environnementale et sa prise en charge. L’enjeu clef et leur méthode centrale va être d’étudier des pratiques discursives où ont va étudier les discours et non pas une menace concrète. On va mettre l’emphase sur la nature plutôt subjective qu’objective. D’autre part, l’environnement peut prendre différentes facettes, c’est un élément multiforme.

Ce qui fait que l’école de Copenhague est classée de façon plus atypique comme du néoréalisme poststructuraliste. Néoréaliste parce qu’on va s’intéresser aux États et à la façon dont ils vont analyser les traités de sécurité entre États. Réaliste dans le sens où c’est la survie des peuples et des États-Nations qui est en jeu et structuraliste parce qu’on analyse la façon dont sont construire les objets. On s‘intéresse aux structures de discours qui vont asseoir la vision qu’ont les États de leur propre sécurité dans un monde anarchique. La question est de parler de « survie » mais de « survie » en tant que civilisation qui pèse avant tout sur les États-Nations.

Instrumentalisation de l’environnement [Buzan 1991][edit | edit source]

L’enjeu est de voir en quoi l’environnement est élevé au rang de « raison d’État ». La vision de l’environnement chez Buzan est la dimension d’un discours plutôt qu’une réalité mais avant tout l’enjeu est de voir l’environnement comme une condition du développement de l’activité humaine. L’enjeu n’est pas de promouvoir une certaine vision de la nature mais de montrer en quoi c’est la nature humaine qui est en jeu.

Les réalités changent, les menaces naturelles sur la civilisation ont potentiellement plus d’impact. L’enjeu des phénomènes environnementaux est l’impact sur la survie potentielle de la civilisation. D’autre part, Buzan prend en compte les menaces pures de l’activité humaine sur l’environnement faisant que l’homme peut détruire son environnement. Cela porte un discours apocalyptique que non seulement la planète court à sa perte et que l’homme est un responsable et peut être un accélérateur. Des menaces cycliques vont se produire sur les personnes de façon plus ponctuelle comme à Gaza ou l’activité humaine va peser sur les ressources.

Les acteurs politiques vont avoir intérêt à labéliser ces enjeux sous le terme « environnemental » pour les élever à un niveau d’urgence extrême afin de renforcer l’action face à ces menaces. L’école de Copenhague va analyser comment cette labélisation se fait.

Le secteur environnemental [Buzan 1991][edit | edit source]

Au départ, ce sont deux agendas distincts :

  • l’agenda scientifique : c’est l’agenda des communautés scientifiques et des communautés épistémiques traitant de problèmes affectant à ce jour ou dans le futur la société et les États ;
  • l’agenda politique : formation de la prise de conscience et allocation des moyens politiques et financiers de prise en charge. L’agenda politique est en charge de l’acte de sécurisation. Il va transposer les problèmes scientifiques naturels en problèmes de sécurité et prendre en charge l’acte de sécurisation.

Ces agendas ont des temporalités différentes. L’agenda scientifique est plutôt de long terme et l’agenda politique est plutôt de court terme pour mobiliser les enjeux à ses propres actions. L’agenda scientifique est vu comme international alors que l’agenda politique est national. La mise en politique de l‘environnement se fait par les État et ce sont les États qui vont sécuriser l’environnement. Le biais réaliste fait abstraction de comment expliquer pourquoi les organisations internationales et onusiennes se saisissent de la sécurité environnementale. Ce n’est pas seulement qu’une vision étatique qui est en cause. Les actes de sécurisation sont avant tout nationaux mettant en scène la sécurité nationale, de l’État et son devenir.

Critiques d’une vision restreinte de la sécurisation de l’environnement [Balzacq, 2005; Floyd, 2010][edit | edit source]

Pour Floyd, « ce qui est dit à propos d’un ouragan n’en modifie pas la nature même des effets ». C’est une critique de l’hyper-constructivisme qui ne s’intéresse qu’au discours et ne prend pas en compte les menaces objectives. Il faut à la fois prendre en compte le discours et à la fois les conditions de la ressource, la menace brute ainsi que ses qualités intrinsèques. D’autre part, il y a des actes de sécurisation au-delà des États. On constate aussi qu’il y aurait deux agendas qui évolueraient de façon distincte. La différenciation entre l’agenda scientifique et politique est un peu trop mécanique.

Les écosystèmes peuvent être eux-mêmes pris en compte mais aussi le poids des intérêts particuliers et privés. Fondamentalement, Buzan et Weaver expliquent que la sécurisation est une des conséquences de la dégradation de l’environnement, du changement climatique et environnemental mais ils n’expliquent pas pourquoi les acteurs vont faire cela. Il faut comprendre les intentions. L’école de Copenhague ne s’interroge pas sur pourquoi les acteurs font à un moment donné de l’environnement un enjeu de sécurité. Analyser l’audience est aussi un enjeu majeur afin de comprendre l‘interaction entre les acteurs qui portent le discours et l’opinion publique qui le perçoit.

Le cas de la sécurisation de l’environnement aux États-Unis[edit | edit source]

Premiers actes de sécurisation avant l’administration Clinton [Floyd, 2010][edit | edit source]

Rita Floyd montre que cela va se développer dans un contexte post-Guerre froide mais que les premières prises en compte des questions environnementales commence bien avant la fin de la Guerre froide. Déjà sous l’administration Reagan la question environnementale était présente dans les questions de sécurité mais davantage en arrière plan. C’est un argument ancien du parti démocrate américain qui remonte à la Conférence de Stockholm de 1972 posant le discours d’une vision de l’environnement comme une menace.

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En 1988, Reagan met l’accent sur la dépollution et la contamination des sols et de l’environnement. Les années 1980 sont les années de la pollution. D’autre part, Reagan commence à adopter le discours sur la menace pesant sur la civilisation planétaire.

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Il y a une prise en charge collective par les acteurs de la défense américaine comme la direction à la Défense, le secrétaire d’Etat, la Vice-Présidence, la CIA, la Présidence, le Congrès ou encore le National Security Council. Avec la fin de la Guerre froide, il faut créer de nouvelles significations pour projeter l’action et le budget de certaines organisations.

D’autre part, dans cette période, l’influence des travaux académiques et stratégiques s’intensifie notamment ceux de Ullman, Kaplan, Homer-Dixon en même temps que l’arrivée de Clinton au pouvoir.

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Dans la stratégie nationale de sécurité est fait référence à l’approche malthusienne, à l’instabilité politique et la dégradation de l’environnement. Dans un rapport publié en 1981, la menace liée à l ‘environnement apparaît déjà.

Pour Homer-Dixon, l’environnement n’est pas potentiellement une source de conflit parce qu’il est possible de s’adapter. Vont émerger toute une série d’opérations comme l’armée américaine qui va nettoyer la mer de Mourmansk pour récupérer les déchets militaires laissés par les soviétiques montrant « l’ingéniosité » américaine au service de la sécurité environnementale ainsi que de protection de l’environnement et la normalisation des pratiques environnementales de l’armée. C’est ce qu’on appelle le « greening ».

Pratiques de sécurisation sous l’administration Clinton : politique de défense [Floyd, 2010][edit | edit source]

Les perceptives sont diverses. Il est possible d’être « win – win » si on agit sur l’environnement. Va être mis en œuvre la diplomatie environnementale. L’ambassade des États-Unis en Israël va mener des actions environnementales pour conseiller Israël sur la façon dont-ils utilisent leur eau.

Floyd propose aussi de renforcer la coopération militaro-environnementale comme en Arctique ou les militaires russes et américaine vont se mettre à nettoyer l’Arctique avec un recensement des sous-marins immergés mais aussi des containers immergés ainsi que des opérations de dénucléarisation. D’autre action sont engagées dans le domaine de la coopération militaro-environnementale comme au Moyen-Orient, en mer d’Arctique, au Panama entre autre. Ce sont toute une série de réseaux d’actions pour promouvoir l’environnement comme un enjeu déterminant de coopération entre armées plutôt que de conflit. Si l’environnement peut être un objet de conflit, la diplomatie environnementale utilise l’environnement pour faire travailler les armées en coopération. Est créé un réseau d’action scientifique et technique.

Pratiques de sécurisation sous l’administration Clinton : politique étrangère [Floyd, 2010][edit | edit source]

Le Secrétariat d’État va créer son propre service qui va prendre en charge les questions diplomatiques mais non plus seulement les enjeu de coopération militaire avec divers concepts véhiculés comme l’encouragement à mettre en place un planning familial, contrôler les naissance afin de mettre en pratique les hypothèse malthusienne et aider certains pays en forte croissance à réguler et contrôler leur croissance démocratique mais aussi à développer la coopération en terme de ressources naturelles. Les ambassadeurs dans les réseaux d’ambassades vont devenir les ambassadeurs de la cause environnementale. C’est une vision de l’environnement moins militarisée voyant l’environnement comme une source de coopération.

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Quelle intention de sécurisation sous l’administration Clinton ? [Floyd, 2010][edit | edit source]

La question qui se pose est de savoir quelles sont les intentions derrières. L’administration Clinton soutenait le principe de la lutte contre le changement climatique. L’administration cherchait toutes les possibilités de faire sortir l’environnement du registre classique et de faire passer l’environnement par la sécurité était vue comme la valorisation d’une action nécessaire. C’était un moyen d‘essayer de défendre auprès de l’opinion et des élus fédéraux que l’environnement n’est pas une affaire que de coûts pour l’économie mais bien de sécurité nationale. Cela va à l’ encontre du discours des républicains qui dit que la lutte pour la préservation de l’environnement est quelque part une lutte coûteuse pour l’économie.

Cela a beaucoup servit l’action militaire, mais aussi permet à l’action diplomatique de se renouveler ainsi que le champ des ambassades. Toutefois, on n’a pas observé tant d’observation sur les principaux enjeux domestiques. C’est la principale critique que l’on peut émettre à l’encontre de l’administration Clinton qui perçoit l’environnement comme un enjeu dont il faut s’occuper ailleurs. Il y a un contraste entre le discours « donneur de leçon » et ce qui est fait en son sein. Les principaux acteurs bénéficiaires ne sont pas tellement les acteurs de l’environnement et comme le ministre de l’environnement ou l’agence de l’environnement américaine, mais les bénéficiaires directs de ces intentions sont le secteur de la défense et de la sécurité qui va trouver une voie de renouvellement.

Désécurisation de l’environnement sous l’administration Bush [1er mandat] [Floyd, 2010][edit | edit source]

En parlant de sécurisation, Buzan et Weaver nous mènent à voir des processus inverses. On s’interroge comment les acteurs vont sortir l’environnement de la sécurité pour faire de la sécurité un enjeu classique. Il y a une concurrence entre agenda. Il y a toujours une concurrence entre thématique et une reformulation des stratégies en terme de sécurité nationale.

Avec George Bush, tous les enjeux vont être évacués prenant tout ce qui a été produit comme stratégique sur l’environnement et s’en débarrasser. Les militaires vont arrêter de s’occuper de l’environnement pour être repositionnés sur des actions clefs comme la lutte contre le terrorisme. Ce n’est pas qu’un enjeu de discours mais aussi de pratique.

Les conséquences sont que les programmes de coopération technologique et de diplomatie environnementale vont être supprimés. D’autre part, les aides aux pays du sud vont également changer. L’administration Bush ne va plus distribuer des aides afin d’améliorer les questions de ressources et d’environnement. Ces aides vont être converties en aide au développement pour soutenir les pays qui luttent contre le terrorisme. Tous les programmes de diplomatie environnementale ont été également supprimés. Il y a une réorientation des actions de coopération militaires désormais concentrées sur la lutte contre le terrorisme.

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On retrouve la thématique de Al Gore dans Une vérité qui dérange où déjà en 2004, l‘action environnementale internationale va se concentrer sur les catastrophes et une systématisation entre les attaques terroristes du 11 septembre et les catastrophes naturelles comme l’ouragan Katrina. L’action environnementale ne va plus être une action de support aux pays mais de soutien en cas de catastrophe naturelle. Il y a une symétrie entre la catastrophe naturelle et l’attaque terroriste.

Sécurisation des catastrophes sous l’administration Bush [2e mandat] [Floyd, 2010][edit | edit source]

La position après le 11 septembre est l’environnement comme désastre ou comme catastrophe. Dans la suite du 11 septembre, George Bush a souhaité requalifier les question environnementale non plus sous un angle de sécurité environnementale mais de les effacer derrière la lutte contre le terrorisme en les classant néanmoins dans des enjeux de catastrophes environnementales.

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C’est le moment ou George Bush se positionne en faveur de politiques d’adaptation au changement climatique. C’est un basculement de l’administration Bush et une formulation du problème climatique. En 2007, on observe une inflexion vis-à-vis de changement climatique dans la lignée de la politique de Arnold Schwarzenegger aux États-Unis.

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Le changement climatique est l’environnement est mis dans le même panier que toute une série de menaces. L’enjeu est de mettre en avant les impacts potentiels du changement climatique en matière d’accès aux ressources. Le rapport NSS de 2006 est une reformulation des enjeux environnementaux dans la stratégie nationale de sécurité : « environmental destruction, wether caused by human behaviour, cataclysmic mega disasters such as flood, hurricanes, earthquakes or tsunamis ». Pour Robert Gates, l’enjeu est de montrer en quoi la lutte contre le changement climatique et le changement globale fait peser des risques certains sur l‘économie américaine et sa performance économique. En relabelisant la sécurité environnementale en terme d’insécurité climatique, l’enjeu est de mettre sur l’avant de la scène la problématique de la sécurité énergétique et non pas comme sous Bill Clinton de mettre simplement en avant des problèmes environnementaux et du développement des pays des plus pauvres. Cela va de pair avec la avec la recherche de nouvelles sources d’approvisionnements notamment avec la reprise de l’exploitation et de la prospection pétrolière. Il y a une resécurisation de l’environnement comme enjeu de l’approvisionnement en ressources des États-Unis.

Sécurisation du climat sous l’administration Obama [Floyd, 2010][edit | edit source]

Avec Obama, on reste dans la lignée de George Bush. Pour Hillary Clinton, le climat était déclaré comme menace majeure pour la sécurité nationale tout en gardant les enjeux de sécurité énergique notamment dans les relations entre les États-Unis et le Canada. Il est possible de s’interroger sur les intentions.

Aujourd’hui la question énergétique est au centre de l’agenda économique de l’administration Obama étant le facteur de relance de l’économie américaine. La sécurisation des questions climatiques et par ce biais des questions énergétiques est de sécuriser des investissements et permet à Barak Obama de soutenir son plan climat de juillet 2013 visant à remettre à l’ordre du jour une politique climatique fédérale. Une des parades trouvée est à nouveau de resécuriser la question climatique pour la remettre à un niveau supérieur de l’agenda politique.

Il y a des tendances à l’évolution du contexte international très clair. Au sein des organisations internationales et notamment au sein de la constellation de l’ONU, la sécurité environnementale arrive aussi au premier plan avec des débats au Conseil de sécurité notamment au cours des années 2010. Les années 2010 sont le discours de la sécurisation de la mise en place d’un agenda au sein de l’ONU qui n’est pas sans influence sur les États-Unis en retour. Cela reste une question ouverte. Avec les guerres de l’eau, on voit à quel point pour les ressources en eau il y a nécessité de mettre en tension de façon permanente les contraintes en matière de disponibilité et les discours.

Annexes[edit | edit source]

  • Balzacq, T. "The Three Faces of Securitization: Political Agency, Audience and Context." European Journal of International Relations 11.2 (2005): 171-201.
  • Floyd, Rita. Security and the Environment: Securitisation Theory and US Environmental Security Policy. Cambridge: Cambridge UP, 2010.
  • Homer-Dixon, Thomas F. "Environmental Scarcities and Violent Conflict: Evidence from Cases." International Security 19.1 (1994): 5.
  • [PDF] Le rapport Brundtland complet en anglais (318 pages, 16 Mo)
  • Division du développement durable — Organisation des nations unies

Références[edit | edit source]