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La lente construction de l’Europe au XXème siècle

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Cartes historiques Europa 1000.

Dans l’après-guerre de 1945 jusqu’aux années 1970 est la conception de l’Europe que nous connaissons aujourd’hui, mais c’est aussi la construction de deux blocs. L’émergence de la Guerre froide, mais aussi la signification pour l’histoire des États et pour des expressions, des revendications de nationalisme à l’intérieur de ce système d’États-Nation, de ce dialogue et de cette confrontation entre deux systèmes politiques, économiques et idéologiques.

Ces deux blocs s’organisent au niveau international entre États-nations. Les États-nations s’organisent et commencent à s’organiser sur un niveau supranational au-dessus du niveau des nations et de leurs opérations bilatérales et multilatérales. Supra ne veut pas dire super, mais au-dessus.

Est-ce que c’est une supranationalité ? Il y a une construction très longue et progressive d’institutions sur un niveau au-delà - supra - des nations, mais sans pour autant relativiser totalement ou faire disparaître ce qui nous intéresse qui est le niveau de la nation.

La Guerre froide est le contexte. L’Union soviétique s’est construire sous la forme d’un État et des pays qui restent encore dépendants de cette confédération socialiste appartenant totalement à la zone de Staline et de ses successeurs.

Comment réconcilier le niveau de l’autonomie des États-nations et la construction d’un niveau politique supranational ?

Certaines puissances comme la France, l’Angleterre et la Belgique sont encore des puissances coloniales au sortir de la guerre et elles sont parfaitement autonomes et ne veulent pas abandonner leur souveraineté. Mais en même temps, on voit pas à pas la construction de ce nouveau niveau supranational ou au moins fédératif.

Les démocraties populaires entre bloc de l’est et l’affirmation de l’indépendance[edit | edit source]

Le bloc de l'est après 1945

Apparait la Scandinavie avec la mer baltique et la méditerranée avec la Grèce. C’est un corridor qui a dû subir des prises de pouvoir, par des gouvernements de coalition, par des putsch de 1945 à 1948. Dans cette partie de l’Europe, c’est l’heure du communisme : cette région est sous contrôle de gouvernements à majorité communiste.

L’Europe est divisée en deux zones d’influences. Seule l’Allemagne est divisée, négociée, à Berlin les quatre puissances sont présentes.

Une ligne divise l’Europe, Churchill donne une conférence à l’Université de Zurich le 19 septembre 1946[1][2] parlant pour la première fois devant un grand public d’un rideau de fer. Churchill était un conservateur très soucieux de l’expansion du communisme.

Afin de créer un contre poids et contre cette Union soviétique avec ses alliés qui s’approchent de l’occident, alors il faut unifier l’Europe pensant à ce moment seulement à l’Europe occidentale.

Toute cette nébuleuse d’idées autour de l’unification de l’Union européenne nous interroge notamment de savoir s’il y a des racines anciennes avec l’idée d’États-Unis d’Europe.

Après 1945 : démocraties populaires ou bloc de l’Est[edit | edit source]

À la fin de la guerre, les soviétiques occupent militairement les pays qui ont collaborés avec l’Allemagne notamment la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie et la Slovaquie et une partie de l’Allemagne. Les communistes sont dans des régions où ils n’étaient pas avant la guerre.

Les yougoslaves et les albanais peuvent se vanter d’avoir libéré leur pays eux-mêmes par une guerre de guérilla. Tito était communiste du point de vue idéologique, mais indépendant du point de vue de l’URSS et de l’Armée Rouge.

La Tchécoslovaquie a une longue tradition démocratique est le parti communiste est le premier parti lors des dernières élections libres de 1946, mais cela ne suffit pas pour prendre le pouvoir.

Les communistes forment un putsch en 1948, c’est un signal pour l’Ouest. Contre toute promesse, le camp communiste ne respecte pas les règles normales d’accès au pouvoir. À ce moment, le monde libre décide de stopper cette avance.

On ne peut pas dire que ce moment est l’origine de la Guerre froide, mais c’est ce moment où la Guerre froide entre dans la conscience des décideurs et de l’opinion.

La conférence de Zürich est déjà une réponse visionnaire à cette situation de l’Europe divisée.

Le bloc de l’est[edit | edit source]

La construction d’institutions de coopération internationale est un échange permanent entre le camp occidental et oriental. Très souvent, l’ouest fait le premier geste. Avec la division de l’Allemagne c’est d’abord l’ouest qui va insérer une monnaie propre, l’OTAN vient avant le Pacte de Varsovie. L’ouest est proactif.

Constitution d’un bloc[edit | edit source]

En juillet 1947, l’URSS contraint la Tchécoslovaquie et la Pologne de refuser l’aide américaine prévue par le plan Marshall.

Il y a une résurgence des associations internationalistes sous la forme d’un Kominform qui réunit aussi des partis communistes qui sont des partis politiques parfaitement reconnus et notamment présents dans des gouvernements d’après-guerre à l’Ouest.

En octobre 1947, lors de la conférence de fondation du Kominform, Andrei Jdanov (1896 - 1948), membre du bureau politique du PCUS somme les différents partis communistes de resserrer les rangs autour de l’Union soviétique.

À ce moment s’organisent des partis communistes aussi du côté occidental autour du parti communiste de l’Union soviétique ayant une action dans ce jeu des affaires internationales.

En décembre 1948, le chef du parti communiste bulgare Georgi Dimitrov (1882 - 1949) donne une nouvelle définition des démocraties populaires.

Le 28 juin 1948 une résolution du Kominform condamne l’expérience yougoslave[3][4]. Sous le leadership de Tito, la Yougoslavie choisit une voie propre dans l’univers communiste, mais sous la tutelle de Tito.

Les petites divergences à l’intérieur commencent tôt.

DEUX STRUCTURES DE COOPÉRATION : économique et militaire[edit | edit source]

  • fondation du CAEM avait été imposée par Staline en janvier 1949.
  • ,Mais c’est surtout dans les années 1960 qu’il devient le cadre de planification des activités économiques des pays membres.
  • signature du pacte de Varsovie en mai 1955.

Bloc de l'Ouest[edit | edit source]

La situation de l'Europe en 1957 - atlas-historique.net

La Finlande est neutralisée, mais très amicale vis-vis de l’Union soviétique n’ayant pas beaucoup de libertés de bouger vers l’occident. Les Pays-Baltes ont disparu comme États indépendants.

Le mur de Berlin n’est que l’expression urbaine de la frontière, à partir de 1961 c’est un vrai mur qu’on ne peut passer.

En vert apparaissent les pays fondateurs de l’OTAN, la Turquie et la Grèce dès le début font partie de l’OTAN. Les américains qui dominent ce pacte de défense ont un grand intérêt d’inclure cette position stratégique fantastique de la Turquie entre Asie et Europe entre la mer Noire et la Méditerranée et beaucoup de pays du Moyen-Orient. Au début la Turquie n’était pas exclue du discours large d’une Europe unie anticommuniste.

Le corridor des démocraties populaires laisse apparaitre une Yougoslavie un peu entre les deux camps qui veut se distinguer notamment du régime personnel dictatorial de Staline en Union soviétique.

Les communistes du parti et du Kominform n’aiment pas ce que Tito fait, mais ils tolèrent, d’autre part l’OTAN est aussi très proche avec la sixième flotte américaine en Italie.

Entre 1945 et 1948, il y a une guerre civile en Grèce entre des groupuscules armés qui viennent de la résistance, le parti communiste voulant transformer la Grèce en pays dans l’orbite communiste. Il y a une résistance acharnée des forces conservatrices, chrétiennes et libérales.

Le monde avait alors été plus ou moins explicitement divisé. La carte a été figée pendant 40 ans sans aucun conflit militaire sur ce territoire.

Il y a des interventions armées dans le camp soviétique, mais entre les blocs il n’y a pas de conflits ; ce n’est pas un ordre paisible, mais un ordre précaire.

Les voies nationales[edit | edit source]

Affirmation de la voie nationale yougoslave[edit | edit source]

Tito (à droite sur la photo) à Drvar en mai 1944.

Josip Broz Tito (1892-1980) qui est croate a organisé la résistance et jouit d’une forte popularité.

Pour la Yougoslavie il y a une identité nationale, basant sa fierté et son esprit d’indépendance sur la victoire contre les forces de l’Axe, mais il y plusieurs problèmes.

C’est un État multilingue, multiethnique et multireligieux. L’aspect multilingue et multiethnique est problématique parce que l’on compte six groupes ethnoculturels à l’intérieur de la Yougoslavie.

Il y a dans un certain sens des autonomies relatives à l’intérieur. On pourrait accorder une certaine autonomie à ces groupes.

Soldats oustachis sciant la tête d'un jeune homme serbe dans le camp de Jasenovac

Les forces fascistes croates, les oustachis, ont collaboré proactivement, persécutées leurs ennemis politiques, des minorités ethniques et la population juive. Le chef d’État-major allemand Von Horstenau signala à l'État-major de Berlin que « selon des rapports dignes de foi en provenance d'un grand nombre d'observateurs civils et militaires allemands, (...) les Oustachis sont devenus totalement fous »[5].

Après une période d’épuration très dure contre les Oustachis, Tito favorise l’idée du yougoslavisme (idée croate à l’origine) dans les constitutions de 1948 qui est la date de la rupture avec Staline.

Le 28 juin 1948, une résolution du Kominform condamne l’expérience yougoslave et exige l’autocritique de Tito : la Yougoslavie est expulsée du Kominform. Au printemps 1958, Tito réaffirme la spécificité de la voie yougoslave.

En 1961, l’Albanie est le second pays à faire scission. Le dirigeant Enver Hoxja (1908-1985) qui depuis 1956 s’est rapproché de la Chine rompt ses relations diplomatiques avec l’URSS et quitte le CAEM puis le pacte de Varsovie en 1968.

Il y a des enjeux ancrés dans la mémoire de ces groupes, mais ils créent quand même ensemble un État fédérateur pour se libérer de la tutelle soviétique et stalinienne.

Il y a des forces qui mènent à la cohérence de cet État, c’est un véritable projet.

Révoltes politiques comme « voie nationale » revendiquée[edit | edit source]

Des révoltes voulaient parfois reformer le socialisme et parfois refuser le régime actuel. Ce sont très souvent des grèves et des révoltes armées matées par des forces armées non pas nationales, mais par des tanks soviétiques.

C’est l’Armée Rouge qui est dans ces pays la puissance d’occupation devant aider les régimes communistes à sauvegarder la domination communiste contre ces révoltes populaires. En Allemagne de l’Est en 1953 ont lieu de grandes grèves nationales. Cela commence par des revendications classiques salariales. Avec la généralisation de la grève cela devient national et ensuite des revendications de réunir l’Allemagne.

La tête de la statue renversée de Staline à Budapest

Quatre ans après la guerre, il y a des revendications contre le régime communiste et pour unir l’Allemagne.

Cette dynamique dans les autres conflits est encore beaucoup plus marquée parce que la tentative de révolution en Hongrie en 1956 est une véritable guerre civile.

L’Union soviétique va récupérer le pays, il y avait une peur d’une escalade des revendications nationales et une remise en cause des frontières politiques. En Hongrie c’est une révolte anticommuniste et antirusse.

Dans la révolution de 1956 on fait référence à la révolution de 1848 qui été une révolution contre les Habsbourg qui fut matée par l’armé du Tsar. Les russes ont plusieurs fois empêché les hongrois de devenir indépendants ou de déterminer leur propre destin.

En Tchécoslovaquie à Prague en 1968, des jeunes préparent le Printemps de Prague voulant reformer le socialisme avec un visage humain. Cependant, les armées des alliés socialistes vont envahir le pays. Le 5 janvier 1968, Alexander Dubcek devient secrétaire général du Parti communiste.

Les polonais se sont révoltés à plusieurs reprises avec des revendications politiques et de plus d’autonomie en 1956, 1968, 1970 - 1971, 1976, 1980 – 1981.

Ce ne sont pas des révoltes nationales ou nationales en soi, mais la question de l’autodétermination sont des idées du droit international depuis au moins le Président Wilson à la fin de la Première guerre mondiale.

On voit comment des questions nationales peuvent être nourries et réactualisées à l’intérieur d’un système de modernisation de ces pays. Les questions nationales ne disparaissent pas.

La Yougoslavie en 1974[edit | edit source]

La Yougoslavie titiste en 1974 - atlas-historique.net

La Yougoslavie était vue comme un modèle, seulement, les politiques d’autonomisation relative laissent toujours un esprit de comparaison et de discrimination. Les politiques peuvent au moins aider le conflit à rester latent entre les nationalités.

Le nationalisme et les idées de revendication d’autonomie nationale se réactualisent dans les rapports socioéconomiques et dans les relations internationales. C’est un socialisme moderne sauvegardé et maintenu sur un « petit feu ».

Les revendications nationales restent un enjeu dans les discussions interyougoslaves. Ça n’a pas disparu. Dans les années 1990, il va y avoir une rhétorique hyperbolique avec l’idée de la Grande Croatie, de la Grande Serbie et des idées affirmées des purifications ethniques.

Adoption du principe de nation « narod », ou peuple au sens ethnico-culturel. À sa naissance, la Yougoslavie se décompose en six républiques territoriales : Serbie, Croatie, Slovénie, Monténégro Bosnie-Herzégovine et Macédoine et diverses identités ethniques qui ne sont pas nécessairement territorialisées comme la nation tsigane.

Le Printemps croate a lieu à la fin des années 1960 et au début années 1970, tandis qu’en 1974 est promulguée une nouvelle constitutiondonnant plus d’autonomie pour les régions.

Slobodan Milosevic est né en 1941 et devient le chef du parti communiste à Belgrade en 1984, puis en 1987, chef du parti communiste de la Serbie et enfin 1989 présidents de la Serbie.

À Belgrade, le 28 juin 1989, est fêté en grande pompe le 600e anniversaire de la bataille du Kosovo qui marque le début de la domination ottomane sur la Serbie. La fête réunit à Gazi Mestan (Kosovo) plus d'un million de personnes et déchaînement de la ferveur nationaliste serbe, déclenchement de la crise yougoslave des années 1990 : série de conflits armés, purifications ethniques, intervention de l’OTAN.

Il y a certes une autonomie relative, mais il n’y a pas de « territoires purs » ayant pour conséquence de mener à la violence suite à la politique des années 1990.

Le plan Marshall est un programme coordonné américain afin de rapprocher des pays européens à la voie européenne : liberté, démocratie, consommation. Ce qui est intéressant est les couleurs et les drapeaux tandis que le Bateau est l’État qui est une allégorie des temps modernes. C’est l’idée que l’Europe est sur la voie de devenir un seul État.

L’Europe occidentale – la construction de l’Union européenne[edit | edit source]

C’est l’histoire autour de l’idée de coopérer plus dans une union, dans quelque chose parmi les États-nations européens.

Le XIXème siècle est un temps de nationalisme, mais aussi un temps de globalisation. Ce sont des phénomènes paradoxaux et parfois parallèles avec des gens qui veulent une autonomie très forte, mais intéressés par le commerce international, qui font des voyages et traduisent des livres de natures différentes.

C’est l’ère du nationalisme pour autant il y a l’idée de coopération comme partenaires plus ou moins égaux comme pays nationaux travaillant avec le voisin et avec les autres.Parallèlement à la préparation de la Première Guerre, il y a l’idée de coopération.

Ce sont parfois des idées liées à des idées religieuses avec l’Église qui a des structures en soi. Il y a de nombreux penseurs conservateurs qui ont pensés une Europe chrétienne, c’est l’idée de l’occident qui a toujours été un facteur que l’on pouvait citer comme une idée afin de se distinguer de l’Asie, des musulmans, des colonies, de la Russie et dans un certain sens définir culturellement les frontières de l’Europe.

La Première guerre mondiale est un premier obstacle qui est un traumatisme profond affaiblissant les nationalismes.

La fin de la Première Guerre mondiale et le début des années 1920 est le moment où beaucoup d’intellectuels ont affirmé qu’il fallait trouver des manières de coopérer pacifiquement et culturellement : il faut réconcilier les anciens ennemis.

Le couple franco-allemand est symbolique parce qu’il a causé les conflits précédents en 1870 et la Première Guerre mondiale.

Beaucoup de choses ne mènent pas directement à des réactions politiques, mais il est important de se rappeler cela est de voir une multitude de forces à ce moment. Il faut voir sur la base des États pouvoir coopérer.

Au lendemain de la Grande guerre : le plus ancien mouvement européen[edit | edit source]

Drapeau de l'Union paneuropéenne internationale.

Coudenhove-Kalergi créé l’Union paneuropéenne comme un lobby de coopération européenne, c’est un club de penseurs, de publicistes.

Vont être attirés quelques-uns des grands noms intellectuels de ce monde, comme Einstein et Rolland. C’est un mouvement élitiste écouté.

En 1923 Richard Coudenhove-Kalergi publie son lire-manifeste Paneuropa[6] où il préconise la création d’une union des États européens qui est le seul moyen d’éviter que se reproduise la catastrophe de 1914 – 1918. Il s’interroge si « l’Europe, dans son morcellement politique et économique, peut-elle assurer sa paix et son indépendance face aux puissances mondiales extra-européennes qui sont en pleine croissance ? »[7][8].

L’arrivée de l’Amérique en Europe est une nouvelle donne tandis que la Russie n’est pas encore menaçante. L’Europe se positionne dans un monde globalisé.

Initiatives des milieux économiques dans l’entre-deux-guerres[edit | edit source]

L’industriel luxembourgeois Émile Mayrisch est favorable à une politique douanière européenne et à une entente sectorielle.

L’approche libre-échangiste est une approche anglaise qui prône la construction d’une grande zone de libre-échange. Ce sont tous des hommes ancrés dans leurs pays voulant dans un certain sens défendre leur pays à travers la coopération.

Dans les domaines économiques, il y a déjà des accords non étatiques entre branches industrielles afin de favoriser le commerce et l’échange notamment entre des régions qui ont des matières premières et d’autres régions qui sont dans l’industrie. Accords entre 1925 et 1928 dans certaines branches industrielles, souci d’union, tout particulièrement pour faire face à la concurrence américaine. Cela concerne principalement l’industrie lourde qui sont de vrais enjeux dans la coopération de l’entre-deux-guerres.

En 1927 sont constituées des ententes européennes dans le domaine sidérurgique, du ciment puis des matières colorantes. Mayrisch est favorable à une union douanière européenne dans le cadre de relations étroites avec le comité français de l’union douanière fondé en 1927[9]. Il recommande aussi de multiplier les ententes régionales sur les principaux produits comme le cartel de l’acier et de la potasse.

Il y a l’idée de l’Europe des régions, comme les États-nations ne veulent pas coopérer, alors on contourne le fait national en coopérant dans d’autres domaines.

En 1926 est fondé un comité franco-allemand de documentation et d’information pour lutter contre la diffusion des stéréotypes nationaux. Il faut faire quelque chose contre les images, les stéréotypes, la xénophobie venant de la propagande de la guerre.

Toute la gamme a été repérée entre le culturel, les médias, l’action des industries et de la société civile afin d’arriver à dépasser le nationalisme étatisé.

L’après-Deuxième guerre : initiatives d’intellectuels[edit | edit source]

Tous les décideurs de l’après-guerre ont vécu les deux guerres ayant eu deux fois le trauma.

Mouvance chrétienne et personnalités[edit | edit source]

  • à ce courant appartiennent, le philosophe Emmanuel Mounier (1905-1950) qui crée la revue Esprit en 1932,
  • l’écrivain suisse Denis de Rougemont (1906-1985)
  • le prêtre italien Luigi Sturzo (1905-1959)

à Genève[edit | edit source]

  • les rencontres internationales qui s’organisent à partir de 1946 : Rougemont forme l’idée des régions.
  • la fondation du Centre européen de la Culture. Denis de Rougemont tente d’y promouvoir l’idée d’une Europe fédérale et pacifiste, 1949
  • il est par ailleurs un des promoteurs de la constitution du Centre européen de la recherche nucléaire (CERN) fondé sur la frontière franco-suisse en 1952.

Pour Rougemont, il ne faut attendre des accords gouvernementaux, mais il faut réaliser.

Le Conseil de l’Europe de 1949 à 2010[edit | edit source]

Conseil de l'europe documentation française.jpg

Le Conseil de l’Europe est l’une des réalisations précoces avant l’Union économique commençant déjà en 1942.

Fondé en 1949, il est essentiellement tourné vers la culture et les droits de l’homme et compte actuellement 47 États membres qui se dotent en 1950 de la Convention européenne des droits de l’homme et d’une Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg depuis 1959 (différent de la cour de justice des communautés)

Depuis 1990, Commission européenne pour la démocratie et par le droit portant assistance aux pays de l’Est.

Aujourd’hui, la division de l’Europe a été surmontée, mais l’objectif était de stimuler l’échange et la coopération intellectuelle.

Dès le début, le Conseil de l’Europe va se doter d’une convention européenne des droits de l’homme qui reprend l’esprit de la convention des droits de l’homme que les nouvelles Nations-Unies formulent en 1944. C’est dans un certain sens une réponse à un mouvement global et pour répondre à la Shoa et aux crimes contre l’humanité de la Deuxième guerre.

Cette déclaration a, pour les membres qui s’associent au Conseil de l’Europe, une validité juridique. C’est pourquoi, à Strasbourg, il y a une Cour européenne des droits de l’homme décidant sur des litiges qu’un citoyen européen a avec son gouvernement.

Plan Schumann et réconciliation franco-allemande[edit | edit source]

Robert Schuman
(timbre allemand de 1968).

Robert Schuman est un haut fonctionnaire français. Le 9 mai 1950, 5 ans et un jour après la guerre est commencée une collaboration dans l’industrie lourde afin de commencer quelque chose de concret dans le cadre de la coopération. Il propose de placer la production franco-allemande de charbon et d'acier sous une Haute Autorité commune donnant lieu au Traité de la CECA de 1951 – 1952.

« La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent. »

« L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait. »

« La mise en commun des productions de charbon et d'acier (...) changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes. »

Il y a une peur d’un retour de la guerre, mais une volonté de coopération et une reconstruction par étapes en commençant par des secteurs stratégiques.

Brève histoire de l’Union européenne[edit | edit source]

16 avril 1948 : création de l’organisation européenne de coopération économique (OECE) afin de répartir les fonds du plan Marshall d’aide américaine à la reconstruction de l’Europe.

1949 : pacte atlantique (création de l’OTAN).

1950 : plan Schumann.

8 avril 1951 : l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas signent le Traité de Paris instituant la première Communauté du charbon et de l’acier (CECA).

1954 : échec de la CED (Communauté européenne de défense).

25 mars 1957 : six pays (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas) signent le Traité de Rome créant la Communauté économique européenne (CEE ou Marché commun) et la Communauté européenne de l’énergie atomique, ou Euratom (= Europe des Six).

Les étapes de la construction européenne 1957 – 2007[edit | edit source]

Les étapes de la construction européenne (1957-2007)

Les pays de la zone euro[edit | edit source]

Les pays de la zone euro.png

L’État-nation reste fort, il est même renforcé par la collaboration européenne : c’est le paradoxe de l‘Union européenne.

Références[edit | edit source]

Notes[edit | edit source]

  1. The Churchill Society London. Mr Winston Churchill speaking in Zurich I9th September 1946.
  2. Discours de Winston Churchill (Zurich, 19 septembre 1946) - Le 19 septembre 1946, Winston Churchill, ancien Premier ministre britannique, prononce à l'université de Zurich un discours dans lequel il invite les pays européens à constituer les États-Unis d'Europe.
  3. Georges-Henri Soutou, La Guerre de Cinquante ans - Les relations Est-Ouest 1943-1990, Fayard 2001, p.213
  4. Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Fayard, éd. de 2000, p. 91
  5. Johnatan Steinberg, All or Nothing. The Axis and the Holocaust 1941-1945, Routledge, London and New York 1990, pp. 29-30.
  6. Extraits de Richard N. COUDENHOVE-KALERGI, Pan-Europa (1923), 3 pages A4 Voici des extraits du livre "Pan-europa" de Richard Coudenhove-Kalergi publié en 1923. Ce livre est fondateur en matière de pensée et de construction européenne.
  7. Richard Coudenhove-Kalergi pp. 10-11
  8. Richard Coudenhove-Kalergi, Pan-Europe, Vienne, 1923, réédition. PUF, 1988
  9. les idées défendues par Richard Coudenhove-Kalergi dans son ouvrage Pan-Europe (1923) et dans le Manifeste paneuropéen.