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L’apogée du nationalisme ethnique : 1933 – 1947

De Baripedia

C’est une période qui dépasse la deuxième guerre mondiale mais qui est centrée autour des régimes totalitaires en Allemagne avec le régime nazi mais aussi l’Union Soviétique de Staline. Dans les années 1930 l’ordre de paix notamment instauré par les traités de Paris est remis en cause ainsi que l’ordre de la Société des Nations.

Cet ordre va être brisé notamment par l’action des régimes autoritaires aboutissant à des conflits et à la seconde guerre mondiale.

  • Dans quel rapport la période nationaliste dans une période longue du XIXème siècle au XXème siècle et la construction des États-Nations va construire la nouvelle carte de l’Europe ?

Le problème est ancien pour les empires multinationaux mais mêmes les nouvelles nations vont y être confrontées : il y a toute une série de conflits de frontières, des conflits entre minorités, de gouvernements qui ne sont pas en accord avec l’ordre de Versailles.

Il y a une poursuite des volontés nationalistes de faire coïncider l’État, le peuple, sa culture, son histoire et sa langue : faire coïncider les populations nationales et la souveraineté étatique.

  • Dans les quatorze points du président Wilson il y a une reconnaissance officielle de l’autodétermination. La question est : est-ce que l’extrémisme raciste, revanchiste, nationaliste, xénophobe qui a l’ambition de gouverner une grande partie du continent est une dynamique explicable par le nationalisme ? Est-ce que le nazisme ainsi que d’autres régimes autoritaires racistes vont être explicable par cette dynamique ?

Hitler et d’autres de ces dictateurs autoritaires et fascistes ont énormément profités des frustrations et des attentes nationalistes des populations.

Dans le cas allemand, le succès électoral du parti nazi se laisse aussi expliquer par une synthèse nationaliste que cette propagande et cette campagne ont réussi à projeter. Le nationalisme était quelque chose qui réunissait beaucoup d’électeurs conservateurs, traditionalistes et monarchistes qui votaient pour Hitler pas nécessairement parce qu’ils adhéraient aux idées du parti nazi mais parce qu’il défendait les intérêts de l’Allemagne.

  • Est-ce que toute la dynamique jusqu’à 1945, la dynamique des génocides et la dynamique de l’occupation et de la répression contre les peuples occupés sont encore explicables simplement par une augmentation en intensité du nationalisme ?

Nous allons voir la trajectoire de la politique étrangère et nationale du IIIème Reich où il y a un point d’infléchissement où le projet dépasse un projet racial mais devient un projet et un ordre racial au-delà de l’État-Nation. En cas de succès de Hitler, l’Allemagne aurait été un peuple multiethnique gouverné par une race nordique.

Ces régimes fasciste et nationaliste détruisent les bases du nationalisme parce qu’ils ont des ambitions plus larges.

Les termes États-Nation, race, peuple changent de signification au tournant du XXème siècle et notamment dans l’entre-deux-guerres.

  • Race, racialisation

Le terme race était utilisé comme synonyme de nation. Ce n’était pas un racisme « scientifique » qui devient dominant au XXème siècle mais c’est une manière de parler de peuples et de gens de même origine. Très souvent le mot race était interchangeable mais cela va changer avec les idéologies qui prônent un caractère et une identité liée à une race.

C’est un racisme lié à la colonisation du XIXème siècle, mais ce racisme se développe aussi en France, en Allemagne, en Angleterre mais aussi en Suisse pour parler desdifférences entre hommes et femmes. L’idée de la race juive est une idée récente, on s’interroge sur le fait d’imaginer le peuple juif dans le cadre du sionisme qui parle en terme de peuple, d’État et de nationalisme mais non pas de race.

Il y a aussi des socialistes racistes, des scientifiques des démographes. Dans les années 1920, ces idées se répandent et vont être reprises par des idéologues fascistes et nazis. Pour le mouvement de Mussolini ce n’est pas prédominant mais dans la pensée de Hitler c’est un élément primordial.

Le racisme est un élément de la pensée nationale et de la concurrence entre les peuples, repris par les idéologues cela devient un enjeu belliqueux.

  • Ethnie, ethnicité

Le terme ethnie est un mot hautement scientifique afin de décrire des peuples dans des pays lointains où il n’y a pas d’organisation étatiques. On utilise aussi ce mot pour des populations où il n’y a pas de minorité nationale. Ce terme est plus neutre, dans la définition de l’ethnie il y a l’origine, la langue, le peuplement sur une région commune mais aussi des éléments sociaux, ce n’est pas une population biologique. Même ce terme est compliqué et peut être utilisé à des fins xénophobes.

  • Déplacement forcé

Une des mesures utilisées, déjà au lendemain de la première guerre mondiale, n’est pas des déplacements volontaires mais des déplacements de groupes entiers et de populations entières par la force étatique et militaire parfois.

  • « nettoyage » ou « épuration » ethnique

Ces deux notions se trouvent dans les discours nationalistes du XIXème siècle et notamment sur les Balkans durant le XXème siècle. Les sciences-sociales ont trouvée une renaissance avec le conflit yougoslave, notamment les politiques serbes ont été explicitement qualifiés d’épuration ethnique.

A été réinterprété toutes ces délocalisations et migrations forcées sous le titre de ethnic cleansing.

  • Génocide

Le terme génocide a été créé comme un terme de la deuxième guerre mondiale sous la pression de l’holocauste, inséré dans les texte en 1944. C’est en 1948, dans la Convention de Genève, que l’on trouve le terme de génocide.

Ce fut un terme utilisé par le tribunal de Nuremberg mais c’est une création nouvelle politique et juridique. Très longtemps, le terme de génocide n’a pas été utilisé.

Les historiens, les politiques et les juristes sont libres de qualifier une politique génocidaire. On a beaucoup réinterprété les massacres contre les arméniens pendant la première guerre mondiale.

Du nationalisme agressif au nouvel ordre racial[modifier | modifier le wikicode]

L’exemple de l’Allemagne nazie[modifier | modifier le wikicode]

Comment Hitler a augmenté le sentiment agressif, d’étendre ses ambitions territoriales et de rapatrier les minorités germanophones des pays voisin ? C’est une politique de grignotage.

Hitler pouvait rhétoriquement se référer au principe wilsonien d’autodétermination des populations et du droit des peuples de créer un État-Nation : il y a beaucoup d’allemands opprimés par des pays étrangers et c’est une volonté de les rassembler.

Les étapes de la politique étrangère sous Hitler
  • Janvier 1933

Cela commence en janvier 1933 avec la transmission du pouvoir à Hitler qui change la République de Weimar en une dictature.

  • Octobre 1933

La même année, la Société des Nations est le théâtre des conflits autoritaires mais n’a pas n’ont plus la capacité d’intervenir. L’Allemagne quitte la Société des Nations.

  • Mars 1935

En 1935, le régime nazi se positionne en rupture avec le traité de Versailles avec le service militaire obligatoire réhabilité en rupture avec le traité de Versailles. Hitler va unilatéralement se retirer d’une clause importante du Traité de Versailles.

  • Mars 1936

En mars 1936, la Rhénanie est occupée par l’armée allemande en opposition au Traité de Versailles. Des troupes françaises et anglaises occupait la Rhénanie avec un contrôle occidental sur l’industrie. L’opinion publique justifie la volonté allemande contrôler son territoire, on test les limites.

  • Octobre 1936

En 1936, l’Allemagne n’était pas encore en mesure de mener une guerre mais commence la coopération entre Mussolini et Hitler en créant l’Axe Berlin-Rome dans le cadre d’une alliance anticommuniste et une alliance indépendante à distance des grandes puissances occidentales.

L'arrivée des unités blindées à Vienne.
  • Mars 1938

En mars 1938 a lieu l’Anschluss qui est une occupation militaire de l’Autriche afin d’impressionner les puissances occidentales et l’Italie. L’Autriche germanophone voulait en 1918 – 1919 se rallier à l’Allemagne, ce n’était pas simplement les socio-démocrates mais une grande partie de la classe politique, c’est une volonté.

Les puissances occidentales interdisent cette fusion mais elle vient par la force militaire mais rencontre quand même une opinion publique autrichienne tout à fait enthousiaste lors d’un référendum à un « oui » à 90%.

La volonté affichée est de rassembler les germanophones qui va notamment mener à un conflit entre l’Allemagne et l’Italie concernant le Tyrol du sud, Hitler cède mais fait rapatrier les allemands de cette région.

  • Mai – Septembre 1938

En 1938 à lieu la Crise des Sudètes qui est une région de la Tchécoslovaquie qui va être annexée par Hitler. Les alliés se posent la question d’entrer en guerre et les conséquences qui en découlent afin de défendre les sudètes. Est élaborée une politique d’apaisement des Alliés et une annexion de la région donnant naissance à la Bohème-Moravie. Hitler ordonne secrètement à ses généraux de détruire la Tchécoslovaquie lorsqu’ils en auront l’occasion.

Destruction d'un poste frontière lors du rattachement des Sudètes à l'Allemagne au détriment de la Tchécoslovaquie. 19 septembre 1938
  • Mars 1939

En mars 1939 a lieu l’annexion de la Tchéquie tandis qu’en août un traité de non-agression avec l’Union Soviétique est signé afin de gagner du temps. Pour l’opinion publique internationale c’était un choc.

  • Septembre 1939

Cela préparait l’attaque sur la Pologne qui est une guerre d’agression contre un autre État qui n’est pas vraiment digne de ce qualificatif, mais une race que sont les slaves, qui est une race inférieure qui peut être opprimée et exploitée.

À ce moment, parce que les britanniques et les français avaient donnés des garanties à la Pologne, le conflit va être déclaré.

Pour les nazis commence une politique de répression et de domination raciale et pas un régime d’occupation. À ce moment, est systématiquement mis en place une politique contre le peuple polonais et le peuple slave qui constituaient une partie importante de la population polonaise.

Le début du conflit est la fin de la politique de grignotage. à ce moment ce n’est plus du nationalisme extrémiste mais un projet impérial et de domination raciale lançant derrière des idées d’un grand État-Nation pour une vision pathologique d’une domination globale.

La partition de la Tchécoslovaquie, 1938-1939 - Encyclopédie multimédia de la Shoah

Cette carte est une partition de la Tchécoslovaquie en deux étapes. La Tchécoslovaquie était la dernière démocratie dans cette partie de l’Europe ayant résistée aux tentatives de créer un régime autoritaire.

L'Europe de l'Est après le pacte germano-soviétique, 1939-1940 - Encyclopédie multimédia de la Shoah
La Pologne dans le second conflit mondial (1942) - atlas-historique.net

C’est la situation en 1939 – 1940. Dans le traité entre Staline et Hitler, il y avait un certain nombre de clauses secrètes dont le fait que si l’Allemagne attaquait la Pologne, l’Union Soviétique va envahir la partie est de la Pologne. Les polonais encore aujourd’hui sont très méfiants de ses deux voisins.

Apparait l’ancienne frontière de l’Empire allemand avec la Prusse orientale et le territoire de Dantzig.

Racialisation de la politique nazie envers l’Europe de l’Est[modifier | modifier le wikicode]

Le plan des nazis[modifier | modifier le wikicode]

Rudolf Heß, Heinrich Himmler, Philipp Bouhler, Fritz Todt and Reinhard Heydrich (from left), listening to Meyer at a Generalplan Ost exhibition, 20 March 1941.

Est laissé de coté le nationalisme classique. On veut créer un ordre social ce que font faire les nazis notamment avec l’aide de la violence et de la force militaire. Ils veulent créer une Europe avec une hiérarchie raciale.

Le Generalplan Ost est élaboré avant la seconde guerre mondiale, c’est une dystopie afin de réorganiser l’Europe.

Le deuxième plan est plus précis, le SS-Oberfuhrer Konrad Meyer élabore un plan rendu public par Himmler à Schitomir dans le sud de l’Ukraine en septembre 1942.

Déplacement organisé par les autorités allemandes[modifier | modifier le wikicode]

Dès 1939 – 1940, environ un million de Polonais et de juifs de la Warthegau sont déplacés et envoyés vers le gouvernement général de la Pologne non incorporé au Reich.

Le Warthegau devient une province du IIIème Reich mais cela passe par la nécessité d’un nettoyage ethnique. Cette brutalité de cette pensée, pour des raisons imaginé son pense qu’un territoire fait parti du territoire national et c’est pourquoi les sédentaires n’ont pas le droit d’être là.

La logique du nationalisme va encore atteindre une autre étape, lu avec des motifs et des considérations idéologiques racistes est abandonner l’idée d’un peuple souverain qui décide de son destin.

Par la suite, les nazis vont transférer environ 5,5 millions de Slaves dont 2,8 millions de polonais vers l’Allemagne pour travail forcé. Cette grande migration de travailleurs forcés est aussi une manière de dominer l’Europe par l’économie nazie.

Il y a aussi un déplacement d’allemands sur le territoire du nouveau Reich soit entre 500000 et 700000 Allemands souvent d’Europe centrale.

Avec le début de la défaite, de la progression de l’armée Rouge à l’est, des allemands encouragéS d’aller à l’est comme colons doivent retrouver le territoire du Reich étant de plus en plus à la fin de la guerre contraint de fuir devant les armées soviétiques.

Entre 1944 et 1945, environ de 4 à 5 millions d’Allemands refluent vers l’Allemagne. Après la guerre il y a un autre déplacement forcé d’environ 12 millions de germanophone vers le territoire allemand.

Distribution de la population juive en Europe, vers 1933 - Encyclopédie multimédia de la Shoah

Les déplacements forcés sont un prélude à la solution finale parce que cela créer une surpopulation artificielle dans ces territoires donnant des raisons techniques aux technocrates nazis de les exterminer.

La persécution nazie contre les juifs est un dépassement du nationalisme. L’agression majeure se dirigeait contre les populations juives dans ces pays et ce corridor de la mer baltique en Pologne, en Ukraine, Roumanie et en Hongrie. C’est une bande géographique de populations juives.

La fantaisie meurtrière des nazis pouvait être seulement réalisée avec l’avancement des armées allemandes dans cette guerre. Les persécutions étaient d’abord dirigées contre les juifs allemands, mais avec l’avancement dans le territoire. Le régime de Hitler s’accapare les territoires afin de réaliser cette dystopie d’une Europe « nettoyée » : on veut rendre les villes et les régions libres de juifs, Juden Frei[1].

Il n’y a plus de respect pour la souveraineté. Avec l’occupation notamment de la Pologne, on voulait détruire leur existence étatique, on voulait raser la dépendance étatique de ces pays.

La population tsigane européenne - Encyclopédie multimédia de la Shoah

Il y a une population plus dispersée notamment dans le corridor de l’Europe centrale.

Déplacements de populations et génocides[modifier | modifier le wikicode]

Préparation de la « solution finale : la politique de relégation systématique : les ghettos[modifier | modifier le wikicode]

Le système de camp de concentration à couvert toute l’Europe. Les camps de destruction sont hors des frontières allemandes en Pologne notamment et en Union Soviétique où la plupart de ces populations se trouvaient. On renforce cette population par des migrations forcées.

Hans Frank en 1939.

En octobre 1941, Hans Frank alors gouverneur du gouvernement général de Pologne ordonne que tout juif trouvé en dehors des ghettos soient immédiatement exécutés.

Le premier ghetto est à Piotrkow Pologne en 1939, le second est à Lodz en Pologne en février 1940 qui est la seconde grande ville juive d’Europe avec 230000 juifs.

Le plus grand ghetto est celui de Varsovie qui est la plus grande ville juive d’Europe comptant 445000 personnes en mars 1941. Pour les tziganes, il y a une politique de déportation à partir de mai 1940 des tziganes allemands vers la Pologne en provenance de toute l’Allemagne soit environ 2800-5000 personnes.

Principaux ghettos en Europe occupée - Encyclopédie multimédia de la Shoah

Massacres ethniques à l’Est : la politique de « nettoyage » des einsatzgruppen jusqu’en 1942[modifier | modifier le wikicode]

Il y beaucoup de massacres individuels perpétrés par des troupes ordinaires, c’est une élimination systématique des juifs soviétiques et des tziganes.

Par exemple, il y a l’élimination par les EG de 34000 juifs de Kiev et environ 5000 tziganes de Kiev à Babi Yar (ravin en bordure de la ville) fin septembre 1941. Les juifs constituaient 20% de la population de Kiev en 1940.

Au printemps 1943 quand ils commencent leur retraite, on estime que les EG ont assassiné 1,2 millions de juifs soviétiques (les enquêtes de Dubois donnent 1,5 millions) et des centaines de milliers de citoyens soviétiques y compris des prisonniers de guerre

Massacres inter-ethniques en Europe centrale et balkanique[modifier | modifier le wikicode]

On dénombre des conflits interethniques très violents dans la Galicie multiethnique (environ 8 millions d’habitants) Polonais, Ukrainiens (Ruthènes) et juifs.

Croatie 6.3 millions d’habitants dont 3.3 millions de Croates catholiques et 1.9 millions de Serbes orthodoxes ou Uniates.

Adolf Hitler recevant Ante Pavelić au Berghof, le 9 juin 1941.

Le gouvernement d'Ante Pavelitch est à l'origine de l'assassinat d'environ 330000 à 390000 Serbes vivant en Croatie, dont 45000 à 52000 dans le camp de Jasenovac. Environ 12000 croates opposants politiques sont également morts dans ce camp.

Des juifs sont victimes de Pogroms avant l’arrivée de l'armée allemande en Pologne, mais surtout en Ukraine et dans les États baltes.

En Pologne a eu lieu le pogrom de juillet 1941 de Jedwabne avec 1700 juifs brûlés dans une grange. Des nationalistes ukrainiens ont exterminé les juifs de Lvov avant l'arrivée des allemands en juillet 1941 avec début juillet 4000 et fin juillet 2000 juifs massacrée en deux jours.

En Croatie : 7,000 juifs ont été livrés aux nazis et déportés et environ 20000 juifs déportés et tués dans les camps de concentration croates. 26000 victimes Roms dont environ 10000 à Jasenovac.

La « solution finale » de la « question juive »[modifier | modifier le wikicode]

Lettre de Reinhard Heydrich à Martin Luther, l'invitant à la conférence de Wannsee.
Dénombrement de la population juive selon le protocole de Wannsee.

La logistique de la solution finale était compliquée. On ne peut pas déplacer des centaines de milliers de personnes sans que personne ne s’en rende compte.

Le juillet 1941, Goering autorise Reinhard Heydrich à faire des préparations pour la « solution finale » (nom de code).

En automne 1941, le plan d’élimination systématique des juifs du gouvernement général de Pologne et mis en place avec l'installation des premiers camps d’extermination. Le 20 janvier 1942, lors de la conférence de Wannsee, on prévoit de tuer 11 millions de personnes considérées comme juives d’après les lois raciales nazies.

Ainsi, 1,1 millions de personnes ont été "gazées" à Auschwitz, en tout 3 millions de juifs ont été tués dans les camps d’extermination. En tout 6 millions environ de juifs ont été tués soit plus de 90% des juifs de Pologne, hongrois et croates avec la suppression de la culture yiddish.

Les principales déportations vers les camps d'extermination, 1942-1944 - Encyclopédie multimédia de la Shoah.

La destruction des tziganes[modifier | modifier le wikicode]

En décembre 1942, décret de Heinrich Himmler et décret d‘application du 29 janvier 1943 de déportation systématique des tziganes de « race mêlée » de familles entières vers le camp d’extermination d’Auschwitz.

Victimes totales 200000 personnes et jusqu’à ½ millions (soit entre le ¼ et le 1/3 des tziganes d’Europe).

Les persécutions des Tsiganes, 1939-1945 - Encyclopédie multimédia de la Shoah

Les faits autour de la deuxième guerre mondiale, des génocides, des déportations, autour des règlements de compte d’après guerre sont l’apogée d’un nationalisme extrême et radical.

Les ambitions impériales et impérialistes des régimes dictatoriaux du XXème siècle, les politiques réelles notamment de Hitler ont dépassés ce qu’on pouvait appeler un nationalisme exagéré avec des politiques raciales, impériales et impérialistes qui étaient un train de détruire non seulement la base souveraine des pays occupé mais étaient aussi en train de dépasser et détruire la nation allemande comme elle a été créée par Bismarck et l’unification des pays allemand.

L’État de Bismarck avec sa cohérence territoriale a survécu comme État-Nation suite à la première guerre avec la République de Weimar et durant les premières années de gouvernement de Hitler. Toutefois, la volonté de créer un nouvel ordre européen a dépassée le modèle d’État-Nations : c’était un ordre rêvé avec une hiérarchie de races sans frontières nationales.

Ce n’est pas une décharge du nationalisme extrémiste, seulement dans les faits, ce qui fut témoigné notamment dans les années 1940, était encore autre chose.

« Les épurations ethniques » après la Seconde Guerre Mondiale[modifier | modifier le wikicode]

Après 1945 s’ouvre une période extrême. À ce moment, le terme épuration ethnique n’était pas beaucoup utilisé. Le mot épuration a émergé dans le discours politique et médiatique dans les années 1990 suite aux conflits en ex-Yougoslavie.

Institutionnalisation du principe de « pureté ethnique » à la fin de la deuxième guerre mondiale[modifier | modifier le wikicode]

Conférence des alliés anti-Hitler : ces différentes conférences discutent des frontières et des populations créant certains problèmes mais on a plutôt essayé de régler ça d’une autre manière.

Téhéran, décembre 1943[modifier | modifier le wikicode]

Les trois conférences des quatre grands, d’abord entre Staline, Churchill, Roosevelt qui déjà en 1943, un an et demi avant la fin de la guerre discutent comment distribuer les zones d’influence, ce qu’il faudra faire d’une Allemagne vaincue et l’organisation de l’effort de guerre.

Yalta, février 1945[modifier | modifier le wikicode]

Le mouvement de Yalta est comparable aux conférences de Paris après la première guerre mondiale, mais ce ne sont juste que des accords entre leaders.

À Yalta, les alliées acceptent de déplacer des millions d’individus pour homogénéiser les pays dans leur reconstruction d’après guerre :

  • avec la Pologne : on veut restituer des pays indépendants que les russes eux-mêmes ont aidés à détruire.
  • avec la Tchécoslovaquie : on reconstitue un État double mais se pose la question des allemands de Bohème. Une politique de lobbying est faite par le gouvernement tchèque en exile à Londres afin de régler la question des minorités.

Les frontières en Europe centrale vont ici changer, même l’Union Soviétique aura des minorités germanophones en son sein.

Postdam, juillet – août 1945[modifier | modifier le wikicode]

Expulsions des populations allemandes de l’Europe de l’Est, 1944 - 1948[modifier | modifier le wikicode]

Besatzungsmächte 1945 – 1949 - diercke.de

Après 1945 il y a un régime d’occupation qui occupe l’Allemagne et on recrée la Pologne avec des frontières différentes. En 1949 sont créé l’Allemagne de l’ouest et l’Allemagne de l’est, la ville de Berlin est au cœur de l’Allemagne de l’est mais occupée par les quatre alliés.

Comme Berlin est une ville internationale elle reste dans un contexte d’extraterritorialité.

Les décideurs de ce temps avaient l’impression d’être volontariste : on pouvait bouger non seulement des populations mais aussi des territoires. L’Allemagne perd ses anciennes possessions à l’est.

Ces migrations ne se font pas sans heurts, il y a aussi des déplacements à l’intérieur de l’Union Soviétique et des échanges entre la Roumanie, la Hongrie et l’Autriche.

Déplacements forcés des population initiés par les gouvernements nationaux en Europe centrale[modifier | modifier le wikicode]

Environ 117000 Polonais ont été évacués d’Ukraine vers l’Ouest et plusieurs centaines de milliers suivent en provenance de Lituanie, Biélorussie et Ukraine.

Entre 1945 et 1948 environ 1,5 millions de Polonais ont été rapatriés d’Union Soviétique, tandis qu’environ un demi million d’ukrainiens sont expulsés de Pologne entre 1945 et 1946.

Tchécoslovaquie : expulsion d’une grande partie de leur minorité hongroise (90000 personnes) en échange de 2/3 de la minorité slovaque (60000 personnes quittent la Hongrie).

Le gouvernement tchèque en exil de Benes a négocié le transfert de la minorité allemande (3 millions de personnes)

Les grandes puissances ont donné le feu-vert, l’Union Soviétique a libérée un corridor à l’ouest de la Russie et il y avait le problème des minorités surtout germanophone mais aussi entre minorités nationales avec des pays qui essaient de rapatrier leur population et d’expulser les autres.

À ce moment, il y avait déjà beaucoup de critiques car cela crée un traumatisme et beaucoup d’amertume. Pour un certain nombre de décideurs c’était une réponse à ces problèmes de nationalité.

atlas-historique.net

Un certain nombre de pays sont redevenus indépendants mais l’Union Soviétique avait pris possession de petits pays indépendants créés après la première guerre mondiale comme la Lettonie, la Lituanie et l’Estonie qui deviennent des républiques intégrales de l’Union Soviétique, ce ne sont plus des États indépendants.

La distance entre les nouvelles frontières de la Pologne et l’ancienne à l’est ont été déplacé de 200 kilomètre : cela se fait par la force avec des placements de populations, des actes autoritaires.

Le glissement de la Pologne vers l’ouest - 1945[modifier | modifier le wikicode]

La Pologne de l'après-guerre - atlas-historique.net

On peut voir le corridor qui devient soviétique, à l’est des territoires allemands deviennent polonais.

Les politiques de déplacement, de purification et de nettoyage ont aussi détruit des cultures qui n’étaient pas en conflit mais qui étaient un multiculturalisme vécu avec une littérature, des arts, des échanges entre ces différents groupes tout à fait vivants.

On déplace les populations polonaises vers les nouvelles régions prises de l’Allemagne. Ils étaient forcés de quitter des régions russe étant utilisées comme des colons pour s’installer là d’où les allemand on été expulsé : c’est une chaine de déplacement.

Les armées de Hitler et de Staline avaient déjà commencées à gérer des populations entières. Ce qui est fait pendant la deuxième guerre et une réponse à ce qui s’est passé pendant la guerre mais dans un certain sens c’est une suite logique.

Certains historiens parlent d’une guerre de trente ans prenant la première guerre mondiale jusqu’à la seconde guerre mondiale voulant souligner le lien logique entre ces deux guerres au sein du corridor de l’Europe centrale.

La Tchécoslovaquie à l’issu de la Seconde Guerre Mondiale[modifier | modifier le wikicode]

La Tchécoslovaquie de l'après-guerre - atlas-historique.net

Hitler avait intégré Prague et la Bohème dans le troisième Reich tout en donnant une indépendance à la Slovaquie. Après le conflit on retourne à la situation des traités de Paris retournant à la Tchécoslovaquie.

La tension entre la partie slovaque et tchèque reste un enjeu des deux nationalismes. Après le changement de régime à Prague et la démocratisation de la Tchécoslovaquie, les deux parties du pays se scindent en deux États indépendants.

Il y a, toujours encore aujourd’hui, des minorités hongroises en Roumanie et en Slovaquie étant toujours un problème entre ces différents pays. Le droit des minorités reste quelque chose de nerveux : ce sont des événements de longue durée avec des émotions, des représentations imaginaires de ce que devrait être la nation.

Des États « ethniquement » purs en Europe centrale ?[modifier | modifier le wikicode]

C’est un traumatisme et la mémoire de ces traumatismes peut durer très longtemps. Dans le cas de l’Europe centrale cela est plus ou moins résolu. Après la phase des années 1940, la politique internationale, les organisations internationales et le droit international sont revenus sur ces questions déclarant les déplacements forcés de crime.

Pour la première fois en Europe, les rêves nationalistes ont été plus ou moins réalisés : on arrive à une population homogène.

Toutefois les coûts ne s’oublient pas, ils restent dans la mémoire nationale.

  • Pologne : environ 95% de catholique polonais.
  • Tchécoslovaquie : 94% de populations tchèque ou slovaque (seulement 2/3 en 1938).
  • Ukraine : essentiellement ukrainienne pour la première fois de son histoire.
  • Hongrie : le pays est devenu plus homogène dans les frontières nationales et avec les échanges de populations il y a eu des délocalisations de populations tandis que d’autres ont été éliminés durant la deuxième guerre par des génocides notamment en ce qui concernait les juifs hongrois et les tziganes permettant d’arriver à quelque chose de plus « pur ».
  • Entre 1949 et 1987 encore, 1,4 millions de germanophones émigrent de l’Est y compris de l’Unions Soviétique pour aller s’installer en République Fédérale Allemande.

Dans chaque groupe il y a la mémoire de traumatismes et de ceux qui ont causés ces changements, ces pertes et ces sacrifices. L’amitié des peuples n’a pas été beaucoup soutenue pendant cette partie de l’histoire.

Références[modifier | modifier le wikicode]

Notes[modifier | modifier le wikicode]