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L’Union économique et monétaire (UEM)

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L’euro est la seule monnaie supranationale dans l’histoire mondiale, librement choisie par des États souverains et démocratiques sans pour autant que l’Union européenne soit un État fédéral.

États ayant adopté l’euro[edit | edit source]

18 États de l’Union européenne ont adopté l’Euro :

  • 12 « anciens » et 6 « nouveaux » : Slovénie, Slovaquie, Chypre, Malte, Estonie, Lettonie
  • 3 « anciens » n’ont pas adopté l’Euro : Royaume-Uni, Danemark, Suède (pas légal)
  • 3 États non membres utilisent l’Euro : Andorre, Monténégro, Kosovo (aussi Monaco, St Marin, Vatican)

Le Royaume-Uni est le Danemark ont obtenu un opting-out pour ne pas prendre l’euro. La Suède a adhéré au traité de Maastricht en 1995 qui aurait dû voir l’adoption de l’euro. Toutefois, suite à un accord, elle garde sa monnaie. La Suisse a défini un taux plancher en liant sa monnaie à l’Euro sans fixer de taux plafond.

Dates importantes[edit | edit source]

L’Adoption de l’Union économique européenne se fait à Maastricht le 1er novembre 1993. Entre 1999 et 2002, les monnaies nationales existent encore, mais elles sont fixées à des taux de change définitifs le 1er janvier 1999. Le 1er janvier 2002, les monnaies nationales sont remplacées par l’euro.

Originalité de l'Euro[edit | edit source]

Avant l’euro, il y avait beaucoup d’instabilité monétaire. Le grand choc fut en 1971 avec la fin de la convertibilité en or du dollar. De 1945 à 1971, la monnaie de référence était le dollar, les monnaies européennes étaient alignées sur le dollar, le dollar était aligné sur l’or. Le dollar était convertible et garantie en or. Il y a avait une certaine confiance. C’est une époque où il y a énormément de déficit aux États-Unis notamment à cause de la coûteuse guerre du Vietnam. L’annonce de la fin de la convertibilité du dollar va avoir pour conséquence d’engendrer un flottement des monnaies en Europe.

Cela pose des problèmes pour la politique agricole commune parce que les prix et les subsides sont les mêmes. À partir du début des années 1970, les pays d’Europe cherchent des moyens afin de réguler la fluctuation :

  • serpent monétaire européen entre 1972 et 1978 : ces mécanismes sont des compromis avec la mise en place de systèmes de fluctuation limitée. Ce n’est pas fixe, mais pas totalement flexible. Ces monnaies ont le droit de fluctuer un peu entre elles, mais autour de 2,25%. Ce mécanisme n’a pas fonctionné, car l’objectif était difficilement tenable avec des pressions à la dévaluation et à la réévaluation.
  • système monétaire européen entre 1979 et 1999 : dans ce système, il y a une réserve de devise qui permet de mieux stabiliser les monnaies. Cela permet d’avoir des réserves en cas d’attaque spéculative ou de dévaluations pour intervenir sur les marchés. Les spéculateurs ont mis en avant les vulnérabilités et l’instabilité du système.

Arguments politiques[edit | edit source]

Arguments politiques pour l’euro[edit | edit source]

Il y a un élément lié à la question allemande. Ceux qui sont en faveur de l’euro comme en France, le fait de supprimer le système monétaire européen et un moyen de mettre fin à la domination allemande. Le Deutschemark était la monnaie la plus forte, les allemands faisaient la pluie et le beau temps dans le système monétaire européen. C’était la Bundesbank qui décidait de taux d’intérêts en Europe et obligé les autres devises à suivre ses volontés. Du fait du système, les autres pays devaient suivre l’Allemagne. Pendant toute cette période, les critiques se sont élevées contre un système dominé par l’Allemagne et les inertes économiques allemands.

L’Allemagne a hésité à abandonner le système. Les allemands ont acceptés à remettre en cause de système. La Bundesbank ne voulait pas perdre sa position privilégiée, les milieux d’affaires allemands ainsi que les sociales-démocrates. C’est Helmut Kohl qui a mis fin à ce système pensant que l’Allemagne devait céder pour ne pas apparaître trop dominatrice. À partir de 1989, il y a la chute du mur, la réunification Allemande, devenant imposant, faisant peur aux pays voisin. Pour que l’Allemagne nouvelle et réunifiée soit bien accepté par ses partenaires, il faut qu’elle fasse une concession avec la monnaie unique. Dans toute la période 1993 à 1999, il y a beaucoup d’hésitation. Dans le traité de Maastricht, le nom pour l’euro est l’écu, mais les allemands n’arrivaient pas à prononcer.

Le deuxième argument est de favoriser l’intégration politique. Les choses ont été faites à l’envers. Dans toutes les autres constructions politiques fédérales du monde, la création de la monnaie se fut après la mise en place et la pérennisation des institutions. Dans l’Union européenne, on crée la monnaie unique avant les institutions fédérale dans l’espérance d’un spill-over qui engendre un processus fédéral.

Le troisième argument est le renforcement international de l’Europe et de l’Union européenne. C’est l’argument que le marché est mondialisé et que pour résister aux spéculation, il faut que l’Europe parle d’une seule voix et soit unie. C’est quelque part un poids politique d’avoir une monnaie forte.

Le dernier argument est le contrôle de la mondialisation. C’est un argument soutenu par les socialistes qui ne contestent pas la mondialisation, mais veulent tenter d’atténuer les effets de la mondialisation. Avoir une monnaie européenne permettrait d’être moins à la merci d’une spéculation internationale et agir politiquement contre la mondialisation.

Arguments politiques contre l’euro[edit | edit source]

Certains partis souverainistes soutiennent que l’euro est une perte de souveraineté. Les critiques des extrêmes ont toujours été constantes par rapport à l’euro. Il y a aussi l’idée de lier la monnaie à l’identité nationale est l’euro est un référent d’une perte identitaire. Certains arguent que la politique monétaire relève d’une dictature d’experts monétaristes anonymes. Pour l’extrême gauche, l’euro est le triomphe du capitalisme favorisant le capitalisme parce qu’on ne maitrise pas les spéculateurs internationaux.

Argument économique[edit | edit source]

Arguments économique pour l’euro[edit | edit source]

Il y a une rationalité en faveur de l’euro du point de vue économique avec :

  • suppression des coûts de change : permet de favoriser les échanges et les transactions ;
  • davantage de concurrence : cela permet de révéler le prix véritables produits ;
  • économie d’échelle : cela permet de diminuer la production marginale ;
  • vérité des prix, car comparaison facilitée.
  • seignorage : l’euro est devenue une monnaie « seigneur » sur les marchés internationaux. De pays ou des entreprises étrangères utilisent l’euro pour leurs transactions et vont payer pour utiliser l’euro. Ce sont les européens qui vont profiter du fait que des partenaires non-européens utilisent leur dans le cadre de leurs échanges.
  • lutter contre l’inflation [critères de convergence, Pacte de Stabilité] : cela diminue le coût pour les entreprises européennes qui utilisent l’euro comme monnaie nationale. Un des grands problèmes de l’Europe était d’avoir beaucoup d’inflation. Pour passer à l’euro, ont été mis en place des critères strictes qu’on appel les critère de convergence.

Arguments économique contre l’euro[edit | edit source]

Le premier argument est que l’euro augmente les prix. Cette conviction est une perception très partagée et répandue parmi les citoyens. Une des critiques de l’euro est que l’euro freine la croissance.

Un argument critique émis par Mundell est la suppression des fluctuations monétaires en cas de choc monétaire asymétrique qui n’est pas compensé par zone monétaire optimale. Une monnaie qui perd de sa valeur rend les exportations. Mundell est favorable à la monnaie unique, mais il suggère la mise en place d’une zone monétaire optimale avec pour modèles les États-Unis qui permettrait de compenser les défauts de la zone euro. C’est une zone ou il y a une forte flexibilité de la circulation des personnes et un budget central suffisant ainsi qu’une capacité de prêter des capitaux. La flexibilité du travail permet d’absorber les chocs asymétriques, mais en Europe il y a peu de flexibilité. Aux États-Unis il y a un grand budget fédéral et lorsqu’il y a une crise dans une région, l’État fédéral peut intervenir par des aides. D’autre part, il y a des obligations du trésor pouvant être utilisé afin de prêter de l’argent garantie qui n’existe pas dans le budget de l’Union européenne.

L’Union économique européenne aurait permis de baisser artificiellement les taux d’intérêt des États qui n’étaient pas compétitifs avec par exemple la Grèce qui a pu emprunter à des taux trop bas et avoir une dette trop importante qu’elle ne peut pas rembourser.

Pacte de stabilité et de croissance[edit | edit source]

Pour que les pays puissent entrer dans la zone euro, il faut qu’ils se comportent bien. La dette publique d’un État ne doit pas dépasser 60% de la dette brute et le déficit ne doit pas dépasser 3% du PIB. On a gardé ces critères pour la période d’après l’entrée. De plus, l’inflation d’un État ne doit pas dépasser de plus de 1,5 % celui des 3 États membres présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix. Les taux d’intérêt ne doivent pas excéder de plus de 2 % ceux des 3 États membres, présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix. Les amendes vont jusqu’à 0,5% du PIB.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]