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Introduction à l'histoire de l'Europe du XIXème siècle au XXème siècle

De Baripedia

Evolutions des conceptions de la nation dans le courant du XIXème siècle[modifier | modifier le wikicode]

Dans le courant du XIXème et XXème siècle, surtout dans le courant du XIXème (le XIXème est très important car c’est le moment où les conceptions nationales se mettent en place, ensuite on fera plutôt de l’histoire du long vingtième siècle), nous verrons comment se sont mis en place certaines conceptions de la Nation ;conceptions dont nous sommes les héritiers et qui nous permettent de penser le national.

On va partir de la première conception de la nation qui est dite la conception « libérale » (dans le sens libéralisme politique, c’est-à-dire l’importance des libertés fondamentale dans l’organisation politique) et ce libéralisme a produit une première conception de la nation.

La conception libérale de la nation[modifier | modifier le wikicode]

« Tout homme étant libre et maître de lui-même, nul ne peut, sous quelqueprétexte que ce puisse être, l’assujettir sans son aveu. »

— Contrat social de Rousseau (1762)

Cette première conception libérale de la Nation, nous pouvons la faire remonter jusqu’au contrat social de Rousseau. Dans le contrat social, il explique cette idée qui va structurer la première reconception de la Nation « Tout homme étant libre et maître de lui-même, nul ne peut, sous quelque prétexte que ce puisse être, l’assujettir sans son aveu ».

En quoi cela est-il important pour fonder la conception libérale de la nation ?

C’est parce que c’est l’idée que la volonté générale déboucherait sur l’idée de la souveraineté nationale. C'est-à-dire que finalement, la nation/peuple (au XIXème cela veut dire la même chose), résulte de l’ensemble des citoyens, la volonté nationale à l’issue du contrat social c’est donc la somme des volontés individuelles ; la nation est un contrat.

Les droits de la nation sont donc proclamés à l’encontre du pouvoir monarchique absolu. Ainsi, c’est le peuple, constitué en nation qui détient la volonté générale à l’encontre du monarque absolu. Le roi s’il subsiste (ex : monarchie parlementaire), ne peut être que le représentant de la nation, mais ne peut pas se substituer à la nation (comme c’est le cas dans la monarchie absolue), car la nation existe par elle-même et à l’issue du contrat social comme une addition des volontés individuelles.

Mais inversement, si ce qui fonde le fait de vivre ensemble dans un groupe c’est la volonté de chaque individu d’y vivre,encore faut-il trouver un principe qui permet de créer un cadre à la vie collective de ces individus, ce cadre c’est la Nation justement.

Pourquoi dans la période révolutionnaire française (1789), on a besoin d’un principe organisateur de la vie collective? Car tous les corps intermédiaires, c'est-à-dire tous les principes organisateurs de la vie collective à des niveaux intermédiaires entre le roi et ses sujets ont été supprimé. Ces corps intermédiaires qui organisaient les sujets. Tous ces sujets étaient tenus les uns avec les autres par ces corps intermédiaires, qui sont des organisations obligatoires (ex :les confréries, les corporations, etc),dans lesquels les gens devaient s’inscrire.

Avec la disparition de l’ensemble de ses principes d’organisations et de la monarchie il faut trouver un cadre pour lier les gens ensemble et c’est le cadre NATIONAL qui permet de lier, de rassembler les individus isolés (qui ont été délié des obligations qu’ils avaient à l’intérieur de ces corps intermédiaire, corporation, confrérie, etc…).

Donc, la pensée politique de la fin du 18ème siècle est dominée par la conviction qu’il est possible de regrouper dans une même nation des catégories de population qui auparavant n’étaient pas regroupées dans une même réalité. En particulier, on peut réunir tous ses gens par delà leurs différences linguistiques, par delà leur différence culturelle (la France de la fin du 18ème était un pays extrêmement divers d’un point de vue culturel),par delà leur histoire différente, mais aussi par delà leur différence sociale et économique. C’est l’idée que la nation va réunir ces gens, quelle que soit la filiation qu’ils ont en terme culturel, économique et sociale.

Ernest Renan dans les années 1870, photographie d'Adam-Salomon.

En 1882, dans sa célèbre conférence de la Sorbonne de 1882 intitulé Qu’est-ce qu’une nation, Ernest Renan souligne que la nation est une entité collective consciente et volontaire qui résulte du désir et de la volonté de vivre ensemble. Les composantes du peuple ne vivent pas accidentellement entre eux par la volonté d'un souverain : la nation est « un plebiscite de tous les jours ».

Cette conception libérale de la Nation ; qui est fondée sur l’affirmation des libertés individuelles, du libre arbitre d’un individu à entrer dans un groupe. Cette conception c’est celle qui tend à l’emporter en France, mais aussi dans la grande majorité de l’Europe (donc dans la première moitié du 19ème siècle). Et elle est très bien incarnée dans un discours resté célèbre de Ernest Renan en 1882 : qu’est-ce qu’une nation, il y souligne que la nation est une entité collective consciente et volontaire qui résulte du désir et de la volonté de vivre ensemble. Les composantes du peuple ne vivent pas accidentellement entre eux par la volonté d'un souverain : la nation est "un plébiscite de tous les jours"

On choisit de faire partie d’une Nation, c’est une conception universaliste de la Nation puisque dans un sens, car n’importe qui peut devenir français, allemand ou italien s’il choisit (on est libre de faire ce choix) de l’être.

Cette conception « élective » de la nation n’est pas spécifiquement française.

Mais cette affirmation de la conception universaliste de la Nation n’a jamais pu être mise en œuvre de cette manière. (Depuis les guerres de conquête napoléoniennes c’est une conception impérialiste de la Nation qui a prévalu, on a imposé aux gens d’être français par la guerre/conquête et on a interdit a un certain nombre d’autres qui voulaient l’être, de pouvoir obtenir la citoyenneté française).

Ainsi, au moment même ou se formule cette conception de la nation, en réalité, par un certain nombre de dispositif politique ou de loi, elle ne se met pas en place. Néanmoins cela reste un horizon, une revendication que l’on peut mobiliser en termes de droit !

En même temps, dans d’autres régions européennes, il y a d’autres conceptions concurrentes qui émergent à partir de la fin du XVIIIème, ce sont ce que l’on appelle les conceptions culturelles ou ethniques de la nation.

Les conceptions culturelles ou ethniques de la nation[modifier | modifier le wikicode]

Madame de Staël : principe des nationalités[modifier | modifier le wikicode]

Le mot "nationalité" ou l'expression "principe des nationalités" apparaît pour la première fois sous la plume de Madame de Staël (1766-1817) en 1810 dans De l’Allemagne. C'est l'inverse de la conception libérale. Pour le comprendre, il faut revenir au mot nationalité et l’idée sur laquelle on va travailler durant tout ce semestre, à savoir le principe des nationalités.

Le mot "nationalité" ou l'expression "principe des nationalités" apparaît pour la première fois sous la plume de Mme de Staël (1766-1817) en 1810 dans un livre du nom De l’Allemagne. Elle a écrit dans cette position d’observation (que représentait la Suisse, sur la France et l’Allemagne), et dans ce livre, elle essaie de comprendre dans quelle mesure l’Allemagne, qui n’existe pas comme État-Nation à l’époque car c’est un ensemble de principautés, constitue quand même un ensemble, une nation. Mais si on veut faire de l’Allemagne une nation, alors il faut trouver un principe qui explique que ses gens qui n’ont pas décidé d’être tous ensemble allemands étaient quand même allemands. Pour trouver ce principe, elle définit l’idée qu’une Nation se fonde sur une culture commune.

Pourquoi ces gens sont allemands bien qu’ils soient dirigés par des princes complètement différents, qu’ils se trouvent dans des structures politiques complètements différents ? C’est parce que même s’ils n’appartiennent pas à un système politique qu’ils ont choisi (conception élective de la nation =conception libéraliste), et bien il y a quelque chose qui les relient, qu’ils n’ont pas choisi (c’est là que ce marque l’opposition au libéralisme), c’est le fait qu’ils n’appartiennent pas à la même culture !

En 1815, à l'issue du Congrès de Vienne l'Allemagne forme un ensemble culturel homogène, au moins linguistiquement et est divisée en 38 Etats (34 princes et 4 villes libres),unis partiellement dans une confédération, « le Bund ».

Madame de Staël note qu’a l’issu du congrès de Vienne en 1815 (qui règle les questions territoriale suite aux guerres napoléoniennes) : les États (les constructions politiques) et les nations c'est-à-dire selon sa définition ; les ensemble culturels, ne coïncident pas.

Sauf dans un certain nombre de cas, comme la France où il y a globalement les gens qui vivent sur le territoire de l’état français et parlent le français. Allemagne : Tous les gens qui parlent des dialectes germaniques ne font pas partir des mêmes états nation. C’est précisément dans ces ensemble culturels plus ou moins homogènes mais politiquement hétérogènes (car il n’y a pas un Etat Italien ou un Etat Allemand), que nait la conception ethnique ou culturelle de la Nation!

Johann Gottfried Herder : Conception du Volksgeist[modifier | modifier le wikicode]

La conception du Volksgeist (de l’esprit du peuple) est présente dès la fin du XVIIIè siècle dans les écrits de Johann Gottfried Herder(1744-1803).

Un certain nombre de penseurs allemands de la fin du 18ème et du début du 19ème, pour fonder l’idée qu’il existe une certaine nation allemande, considèrent l’idée qu’il faut donc aller regarder dans le peuple,quelles sont les langues parlées, quelles sont les coutumes, quelles sont les manières de se comporter ?

Ce que l’on appelle de manière très générale le « Volksgeist », l’âme du peuple/ l’esprit du peuple » qui fonderait une communauté qui relierait tous ses gens ensemble

Cet esprit du peuple est présente dès la fin du XVIIIème siècle, mais ce développe de manière très importante dans le premier tiers du 19ème dans l apensée romantique avec l’idée qu’il faut aller chercher cet « esprit dupeuple » et, en particulier un des moyens pour aller chercher cette « âmedu peuple » de fait pas le biais des lettrés.

Les frères Grimm[modifier | modifier le wikicode]

Travail des frères Grimm (1785 ou 1786-1863 ou 1859). Ils commencent à rassembler des contes dès 1806 et éditent un premier recueil dès 1812

Un certain nombre de lettrés de l’époque, vont récolter les légendes, les récits et en particuliers parmi eux Les frères Grimm, ce qu’il faut savoir,c’est qu’il y a une entreprise nationale derrière ces contre des frères Grimm.Ils se sont rendus dans les zones qu’ils considéraient comme allemande et se rendent compte que sur tout l’ensemble du territoire germanique, les gens racontent les mêmes histoires. Chose qui tendrait à démontrer qu’ils sont liés par une culture commune. Ainsi, on va collecter ces histoires et on va dire « oui ça c’est le fondement de la culture allemande », il y a une entreprise politique derrière cette construction culturelle de la nation.

L’idée qu’il y a derrière, c’est que la nation repose sur une culture commune (Kulturnation) et évidemment cette nation-culturelle ci pose un certain nombre de problèmes.

Johann Fichte [1762 - 1814] : l'idée de Kulturnation[modifier | modifier le wikicode]

Deux problèmes se posent :

  1. Est-ce que tous les gens qui partagent cette culture entrent dans cette nation ? (C’est le gros problème de l’Allemagne) : L’allemand est devenue une langue nationale aujourd’hui mais jusqu’au nazisme l’allemand était une langue fondamentalement internationale (les juifs parlaient l’allemand en Europe centrale, les Tchèques parlaient l’Allemand, lesSuisses à maintenant ils ne veulent plus le parler car il y a eu une nationalisation de l’allemand depuis le nazisme). Cette idée que l’allemand est la langue de la nation allemande est une construction intellectuelle, mais une construction intellectuelle a laquelle tout le monde souscrit maintenant (retournement de la situation à personne en Europe centrale ne se mettrai a parler l’allemand aujourd’hui car parler l’allemand revoie à l’identité nationale allemande aujourd’hui). Ça a marché de mettre ensemble culture et nations.
  2. Si la culture définit l’appartenance nationale, est-ce qu’on peut devenir allemand? Est-ce qu’on peut entrer dans cette Nation si à l’origine on n’était pas allemand ? Si on ne parlait pas cette langue ? Si on n’appartenait pas à cette culture ? èEst-ce que cette conception culturelle de la nation n’est pas exclusive ? Elle ne l’est pas forcément car chez Fichte qui a beaucoup travailler surcette notion de la nation allemande comme une nation-culturelle, Kulturnation:pour lui la culture allemande s’apprend, il y a une conception universaliste de la culture, il a cette idée que l’on peut entrer dans cette culture.

Mais en réalité ce qui c’est passé dans le courant du 19ème ;c’est que cette définition culturelle a de plus en plus servi a fermé la nation (c'est-à-dire à la réserver au groupe « primitif» à la nation primitive) et à la fermer aux autres. Et en fait, progressivement cela à conduit une « racialisation » des identités nationales.

Racialisation des identités nationales[modifier | modifier le wikicode]

Au début du 19ème jusqu’à 1870: ces 2 conceptions ; culturelle et libérale de la nation coexistent (il n’y a pas une conception allemande et une conception française), il y a des gens qui défendent ces deux conception dans les différents espaces culturelles et nationaux de l’Europe.

À partir de 1870, il y a un durcissement de la conception culturelle de la Nation qui va dans le sens d’une racialisation des identités nationales. C’est l’idée que ce n’est plus seulement une culture que l’on pourrait éventuellement apprendre qui définit une appartenance nationale mais c’est le fait qu’on serait fondamentalement liée à un espace nationale par la race.

C’est une construction qui est complètement intellectuelle, dans l’univers de la fin du 19ème, la notion de race est très présente. Il y a une« biologisation » des identités, on considère que l’identité culturelle se définit par la biologie. Ainsi, progressivement se développe l’idée qu’au fond les différences culturelles s’enracinent dans des différences raciales, dans des différences biologique.

Théorie raciste d'Arthur de Gobineau [1816 - 1882][modifier | modifier le wikicode]

Cette théorie est contenue pour l'essentiel dans son Essai sur l'inégalité des races humaines (1853-1855).

La personne la plus connu, l’écrivain le plus connu pour avoir la ncécette idée est Arthur de Gobineau qui écrit en 1853-55, un essai sur l’inégalité des races humaines ( qui a fortement influencé l’idéologie nazie),il formule 2 arguments fondamentaux (qui sont formuler sans aucune démonstration):

  1. Selon-lui, l’homme est défini par sa race. Gobineau utilise de manière interchangeable le terme d’ethnie et le terme de race, car le terme de race lui donne le sentiment de disposer d’une définition biologique irréfutable. Ainsi, il classe les gens dans des groupes qui seraient définis par la biologie et si c’est définit pas la biologie alors on ne peut plus les discuter, alors que si ces groupes sont définis par la culture c’est plus discutable. Il rabat la définition des groupes nationaux sur les groupes biologiques,de sorte qu’il y aurait une race allemande, une race française. Au fond, il y aune espèce d’évidence irréfutable de l’appartenance à un groupe national via la race (on sait très bien que c’est faut aujourd’hui hein…), c’est une espèce de construction biologique de l’appartenance nationale.
  2. C’est l’idée que ces différentes« nations-races » sont hiérarchisées, elles ne sont pas toutes au même niveau, certaine sont plus développée de sorte qu’il y a des races supérieure set des races inférieures.

Et là déjà apparaît chez Gobineau l’idée d’une supériorité d’une race qui serait la race arienne (invention totale de la conception biologique des races)de la fin du 19ème.

Houston Stewart Chamberlain [1855 - 1927][modifier | modifier le wikicode]

Chamberlain a largement contribué à répandre outre-Rhin (il se fait naturaliser allemand) la pensée de l'auteur français.

Outre Arthur de Gobineau, Chamberlain à largement contribuer à reprendre en Allemagne la pensée de Gobineau. En réalité, cette pensée n’est pas inscrite dans un territoire nationale, il y a vraiment une circulation de ces conceptions raciales àtravers toute l’Europe à la fin du 19ème. Cela donne lieu a des théories du racisme : avec Montandon par exemple…

  • Le mot d’ethnie permet d’élargir la notion de race (biologique) à une dimension culturelle
  • Vacher de Lapouge (1854-1936) géographe, anthropologue social auteur des Sélections sociales (1896).
  • Georges Montandon (1879-1944) médecin d’origine suisse, et membre de la société d’anthropologie française. Il reprend les idées de Vacher de Lapouge et définit l’ethnie comme un groupement naturel comprenant la totalité des caractéristiques humaines : « L’ethnie englobe la race ».

Pour Montandon (d’origine suisse), l’ethnie englobe la race. Il publie en 1935 un livre qui s’appel « l’ethnie/race française » ou il définit ce que serait la caractéristique du français, et ce n’est évidemment pas un hasard si on le retrouve au commissariat à la question juive durant la 2ème guerre mondiale. C'est-à-dire qu’en définissant d’une manière raciale et biologique, qui est français, il exclue tous ceux qui ne sont pas français selon ce même critère (même s’ils possèdent la nationalité, la citoyenneté française, comme les juifs français au regard de la loi française). Donc cette définition raciale est une définition qui est contradictoire avec la définition politique de la nationalité qui perdure.

Ce qu’il faut savoir, c’est que cette définition raciale de l’identité nationale s’est développée dans toute l’Europe à partir du dernier tiers du XIXième et a été très forte pendant tout le 20ème siècle.

Cela alimente tout une certaine conception de la nation et tout un courant que l’on appelle le courant « nationaliste »…

Le nationalisme comme idéologie[modifier | modifier le wikicode]

  • Le mot nationalisme apparaît à la fin du XIXè siècle il définit un système de pensée dans lequel la nation est centrale

Tous les nationalistes n’ont pas une image complètement raciale de la nation à l’image de Montandon. Mais tous pensent que l’appartenance nationale,l’amour de la patrie est une valeur politique essentielle, tous pensent que le principe national l’emporte sur tous les autres principes (le principe de la division de classes du marxisme par exemple doit être secondaire par rapport à la division en nations). Ce qui l’emporte dans notre identité en tant qu’individu dans un pays, c’est notre appartenance à une nation, de sorte que toutes les autres différenciations passent au second plan par rapport à l’appartenance nationale.

Dans cette conception, la définition de la nation, la définition de l’identité nationale s’impose aux individus sans qu’ils ne la choisissent (vous êtes né français, donc vous êtes français) donc on ne choisi pas cette appartenance. En revanche il devient difficile de le devenir. Donc on a une évolution très nette durant le dernier tiers du 19ème siècle et qui s’impose progressivement un peu partout, de la conception du national avec l’idée qu’on ne choisi pas une nation mais c’est la nation qui nous choisi, et une fois choisi, on doit mourir pour elle.

Avec ça, il y a un déplacement progressif de l’idée nationale sur l’échiquier politique, l’idée nationale qui était née à la fin du 18ème et au début du 19ème était une idée de gauche de l’échiquier politique car c’était une idée émancipatrice (c’est l’idée qu’on choisi un pays, qu’on le choisi contre la monarchie absolue), elle passe à droite de l’échiquier politique. C’est un nationalisme fermé et exclusif avec l’idée qu’on appartient par nature à une nation, et qu’on ne le choisi pas et que par conséquence une nation se définit contre les autres(et même à l’intérieur de la nation (minorités de la nation), il y a des gens qui ont des droits politiques, des droits de citoyens, mais qui en fait n’appartiennent pas véritablement à la nation. Et c’est comme cela que l’on peut éliminer un certain nombre de gens de la nation ; comme les juifs durant le nazisme, qui sont pour la plupart des juifs allemands à qui on retire la citoyenneté ; avec le gouvernement de Vichy c’est également le cas enFrance)

  • En Europe à la veille de 1914 triomphe du nationalisme fermé

A la veille de la 1ère guerre mondiale, le nationalisme fermé a triomphé à peu près partout. Ce nationalisme fermé, est important car il a complètement déterminé la politique européenne et a déterminer les guerres, mais elle a aussi servie à justifier la colonisation.

Les débats actuels dans les sciences-sociales[modifier | modifier le wikicode]

À partir de cela il faut comprendre que les gens qui font des sciences sociales, qui essaient de penser la nation ; les historiens, les sociologues, ont eux-mêmes réfléchies sur la question du National et on verra notamment comment les historiens ce sont saisit de cette question du National.

Si on simplifie les choses, on s’aperçoit que les historiens ce sont divisés en deux camps qui correspondent à peu près aux deux manières de penser présentés plus haut (libérale et culturelle).

Mais finalement les débats des historiens portent sur deux choses :

  1. Sur le caractère plus ou moins construit ou plus ou moins naturelle de la nation.
  • Est-ce que la nation est une construction politique ? Qui s’apparenterai plus à la conception libérale de la nation.
  • Ou est-ce que la nation est quelque chose de naturelle, qui s’impose au gens car ils partagent des choses en commun ?
  1. L’ancienneté de la Nation,quand est-ce qu’apparaissent les nations ?
  • Pour ceux qui pensent que la nation est une construction, ils vont dire que la nation est très récente car il n’y a pas de nation avant même que l’on pense le national, qu’on ne construise politiquement le national, donc on fait remonter la nation la fin du 18ème et au début du 19ème siècle.
  • Plus les gens pensent qu’il y a quelque chose de naturel dans la nation, plus il faut remonter loin (par ce qu’ils disent que par exemple même chez les francs ils avaient les confusément sentiments d’appartenir au même groupe et bien on peut dire que la nation française commence au moment des francs).

NB : Les constructivistes d’opposent aux essentialistes.

Les modernes ou constructivistes[modifier | modifier le wikicode]

Ceux qui ont une vision de la nation comme une entité relativement récente et construite, sont ceux que l’on appelle les « constructivistes »ou « les modernes ». Les modernes ont écrit l’essentiel de leur œuvres dans les années 1970-1980et restent extrêmement influant dans la manière de penser le national.

Les représentants les plus connus ont écrit leurs œuvres majeures dans les années 1970-198 comme Bénedict Anderson, Ernest Gellner, Eric Hobsbawn, John Breuilly ou encore Miroslav Hroch.

Tous ces modernes ont des conceptions un peut différentes, mais sont relié par une idée : c’est que les nations sont nées à la fin du 18ème siècle et au début du 19ème siècle c'est-à-dire dans le courant de la retombée des lumières et dans le courant des modernisateur (le courant de la modernité, cette idée de la modernité c’est l'idée que l’on peut agir sur le monde, que l’on peut le changer, qu’on peut le faire évoluer et qu’on peut le développer) à On croit en la puissance de l’homme, en la puissance des individus et des groupes pour faire changer le monde. Pour l’ensemble de ces auteurs constructiviste/moderne, la nation est une construction mais elle se construit sur des principes qui selon les auteurs sont un peu différents :

John Breuilly : la dimension étatique[modifier | modifier le wikicode]

Pour John Breuilly (auteur anglais), ce qui important c’est la dimension étatique de la nation. Pour lui, le principe organisateur de la nation c’est l’Etat c'est-à-dire que l’Etat préexiste à la nation, c’est une construction politique et puis l’état construit le national (cf : cours 2), c’est la construction administrative qui produit la nation.

Ernest Gellner : les nations sont un produit de la modernisation économique et social[modifier | modifier le wikicode]

Pour Ernest Gelnner (auteur anglais) : les nations sont un produit de la modernisation économique et sociale. Ils sont une réponse à la création de larges marchés économiques qui nécessitent, pour être fonctionnel (pour les faire marcher), l’utilisation d’une langue et d’une administration commune. Donc la nation serait une résultante de la modernité économique.

Miroslav Hroch : le développement de groupes nationalistes dans la bourgeoisie dans une phase de modernisation économique[modifier | modifier le wikicode]

Miroslav Hroch a une vision plus économico-social de la construction nationale. Pour lui, il y a des groupes sociaux spécifiques qui ont un intérêt à la construction nationale(cf : cours 3 sur la dissolution des empires en Europe centrale et leur construction nationale). Hroch montre qu’il y a certains groupes (comme les groupes de lettrés) qui sont de petits groupes à la base, et qui ont besoin de cette construction nationale car c’est un moyen de renforcer leur position sociale à l’intérieur de l’espace. Donc, la nation se construit par diffusion de cette idée, à partir d’un groupe relativement petit dans l’ensemble de la population.

Eric Hobsbawm : L'invention des traditions[modifier | modifier le wikicode]

Eric Hobsbawm qui comme Breuilly voit d’abord la nation dans sa dimension politique et étatique insiste sur la manière dont les Etats construisent les référents culturels nationaux

Chez Bénédict Anderson et Eric Hobsbawm, la nation est également une construction (et ils seraient d’accord avec ce que les autres auteurs ont dit) mais la construction nationale pour eux s’accompagne d’une construction culturelle, ils insistent beaucoup sur la construction culturelle de la nation.

Benedict Anderson : « communauté imaginée »[modifier | modifier le wikicode]

Benedict Anderson montre aussi que la nation est une construction mais il insiste tout sur le sentiment que cette construction produit chez les individus : Notion de « communauté imaginée ».

Et, particulièrement Benedict Anderson qui a écrit un livre important« imagine community » ou il montre comment la communauté nationale est une « communauté imaginée ». Imagée cela veut dire qu’il y a une construction culturelle dans la tête des gens d’appartenir à ce groupe national, qui accompagne la construction économique et politique de la nation. Il ne suffit pas d’une construction économique et politique de la nation, mais il faut aussi que les gens croient qu’ils appartiennent à cette nation! Il n’y a pas de nation si les gens ne croient pas appartenir à la nation ; cette croyance est transmise par un certain nombre de codes culturels.

è Chez tous ces auteurs, nous avons l’idée que la nation est une construction politique, économique,sociale, culturelle etc.

Il existe néanmoins et c’est le deuxième groupe d’historiens les essentialistes !

La question de l'ethnicité[modifier | modifier le wikicode]

  • Terme utilisé par les anthropologues des mondes extra-européens
  • Utilisé par les sociologues anglo-saxons dans les années 1940 pour désigner les minorités non anglo-saxonnes
  • Dans l’ensemble le développement de cette approche ethnique depuis les années 1980.
  • L’appartenance ethnique ou culturelle est privilégiée sur la question de l’appartenance politique ou de classe.
  • Smith chef de file des postmodernes insiste sur le fait qu’avant la fondation des nations modernes il existe de liens culturels et symboliques ce qu’il appelle les antécédents ethno-symboliques qui favorisent le développement des nations

Parmi les historiens, il y en a certain qui pensent que la nation n’est pas exclusivement une construction politique, économique, sociale et culturelle mais que malgré tout elle s’enracine dans un commun, dans une appartenance commune plus ancienne. C’est ce que l’on appelle les approches ethnique de la nation.

Le chef de fil de ces approches ethnique est Smith (professeur anglais) qui insiste sur le fait qu’avant la fondation des nations modernes il existe des liens culturels et symboliques ce qu’il appelle les « antécédents ethno-symboliques » qui favorisent le développement des nations.

Dans les 1er écrits de Smith, il y a 2 principes organisateurs ethno-symbolique de la nation c’est :

  1. La langue
  2. La religion

Qui ne marchent pas pour les Suisses, donc il y a des nations qu’on ne peut pas expliquer comme ça, il faut trouver d’autres moyens) De plus, il y a pleins de groupes qui partagent une même langue et une même religion mais qui n’ont pas formé d’état-nation comme les Basques ;donc c’est difficile à comprendre pourquoi dans certains cas ça pourrait éventuellement marcher et pourquoi dans d’autre cas, cela ne marche pas. Raison pour laquelle Smith nuance de plus en plus son propos.


Penser par delà les nations : l'approche transnationale[modifier | modifier le wikicode]

  • Premières utilisations du terme à la fin du XIXème siècle
  • Utilisé par les sciences sociales américaines depuis les années 1970.
  • Voir le site de Clio online (http://geschichte-transnational.clio-online.net)
  • Repenser la nation à travers les Empires.

De plus en plus, dans les 20 dernières années, c’est développé une approche qui regarde par-delà le national.

Pour résumer, les historiens se disent depuis à peu près 20 ans qu’ils se sont trop focalisé sur la nation et que justement il y a plein de chose qui leur échappent car justement, il y a cette focalisant sur la nation qu’il faut beaucoup plus insister sur l’existence de flux, de flux économique mais également culturel, de circulation entre différents états-nations et passe focaliser sur les discours nationaux et nationaliste. Donc, il y a un certain nombre de réalités sociales, économiques et culturelles qui échappent au national même si l’idéologie nationaliste à tendance à les oblitérer, à les faire disparaître.

Ces approches transnationales se sont beaucoup développé dans les dernières années (voir le site plus haut à documentation et article sur le transnational)

La question du transnational est très importante pour penser le national pour 3 raisons :

  • Elle est attentive aux circulations matérielles et culturelles entre les nations.
  • Elle est attentive à la manière dont on regarde les autres.
  • Elle est très attentive aux mécanismes d’hybridation (c’est-à-dire à la manière dont les choses se mélangent) !

Cette idée transnationale permet également de repenser en particulier la question des empires (objet du 2ème cours).

Annexes[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]