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Empires continentaux et empires coloniaux au début du XXème siècle

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Le monde en 1898 : les empires coloniaux.

Nous allons traiter des empires sur le continent de l’Europe mais aussi des empires qui dominaient littéralement le monde.

Ces deux types d’ensembles politiques, sociaux et culturels, mais aussi des ensembles de domination d’autres peuples nous intéresse également parce qu’à l’intérieur de ces multiples empires il y a des groupes ethniques, culturels, des minorités, ce qui nous intéresse le plus sont les nationalités.

Nous allons chercher à définir les nationalités comme un nom de groupe inventé dans ce temps lui-même, utilisé par les acteurs pour un groupe. Nationalité à l’intérieur des empires continentaux parce qu’on se limite à l’histoire de l’Europe.

Deux types d’Empires[edit | edit source]

Il y a deux types d’empires, ce ne sont pas fondamentalement des choses totalement différentes mais quand même qu’on à sur le continent européen qui sont des empires qui sont des ensembles politiques dirigés par un centre mais quand même avec une structure assez flexibles. Ce ne sont pas des États centralisés, ce ne sont pas non plus des confédérations. Le principe de confédération est basé sur le principe d’égalité, des partenaires, même s’il y a des grands et petits cantons, les cantons sont égaux.

Empires continentaux[edit | edit source]

Dans un empire, il y a un centre, un peuple ou un groupe ethnico-culturel qui domine, et les autres sont sur des différents degrés de subordination. Il n’y a pas de physique politique, on regarde qui est au centre, qui domine la bureaucratie, qui ont les charges supérieures dans l’armée, qui a le droit a des privilèges.

Ce n’est pas noir et blanc, un peuple qui domine et les autres qui sont des subordonnés, il y a des mixes, des compromis avec les élites mais quand même l’empire est dans un certain sens une structure de domination mais de l’autre côté c’est hétérogène et complexe.

Dans l’Empire Ottoman, il y a avait une fiscalité impériale qui couvre tout le monde, les batailles contre les autrichiens ont eu lieu devant les portes de Vienne, le XVIème siècle était le grand temps de l’Empire ottoman. L’Empire ottoman a laissé beaucoup d’autonomie à ces provinces et à des princes locaux qui gouvernaient assez largement leur province. Constantinople était loin mais il y avait aussi des rapports politiques et de gouvernance entre le centre, la métropole et la périphérie.

C’est assez complexe mais, les États-nation sont l’exception. Il faut se consacrer aux empires parce que c’est la forme politique la plus importante.

La relation avec la périphérie est flexible, beaucoup d’autonomie à l’intérieur par une subordination complètement tranchée mais quand même on sait où est le centre et qui est le peuple dirigeant.

Empires coloniaux[edit | edit source]

Ce sont les empires français, britanniques, les portugais, les allemands, les néerlandais qui avaient un empire commercial. Il y a un centre, la métropole, un pays avec sa capitale qui a des possessions, des territoires possédés par ce pays outre-mer.

C’est premièrement géographique, les empires continentaux sont sur le continent d’Europe et d’Asie, c’est un espace territorial continu, les colonies sont ailleurs c’est-à-dire outre-mer et outre-Atlantique, elles sont beaucoup plus éloignées du centre mais dirigées très souvent de manière plus ferme et plus directe.

La subordination des peuples colonisés est beaucoup plus grande, plus sévère, la subordination est plus dure que dans le cas des empires continentaux, c’est un spectre. Il y a aussi des cas où, dans les empires coloniaux, les différentes possessions ont obtenueS d’abord une autonomie puis une gouvernance plus ou moins détachée et après l‘indépendance pas seulement avec des révoltes des révolutions ou des guerres.

Par exemple, les provinces de la Nouvelle-Angleterre contre la Grande-Bretagne qui font la révolution américaine, c’est l’exemple pour des provinces qui se libèrent de l’empire colonial.

Pour quelqu’un qui fait une analyse comparée des empires c’était une révolte anticoloniale, avant la révolution française l’anticolonialisme avait déjà commencé.

Les empires continentaux avaient déjà essayés des manières de s’autodéterminer partiellement sur un niveau régional. On a essayé quand même d’aller dans le sens des revendications nationalistes, c’est toute une négociation qui se fait dans la deuxième moitié du XIXème siècle et notamment après les révolutions de 1848 qui furent réprimées et matées mais l’esprit de la quête d’indépendance de démocratie et d’autodétermination continu.

Les révolutions de 1848 sont des signaux. Dans le cas des unités allemandes et italiennes l’esprit de 1848 a été réalisé dans les mouvements d’unification. Si les italiens et les germanophones arrivent à se mettre ensemble et repousser les frontières politiques alors cela donne des idées à d’autres peuples.

Les grands empires ont quand même tenus la position d’empire englobant, multiethniques et multilingues jusqu’à la fin de la première guerre mondiale.

Comme réalité politique ce sont les empires qu’il faut prendre au sérieux. La première guerre mondiale est une guerre interimpériale.

Evidemment, les belligérants ont toujours nationalisés les causes des guerres. Il y a déjà le langage du nationalisme qui est dominant mais du point de vue d’un observateur, il faut dire que ce sont des ensembles politiques beaucoup plus larges, c’est pourquoi il est tout à fait justifié de parler dès le début d’une guerre mondiale.

Dans un certain sens, les possessions coloniales étaient déjà disponibles comme ressources matérielles et humaines. L’un des enjeux de la guerre était les puissances coloniales, on est dans une globalisation des intérêts de la compétition.

Le cas de l’Empire Allemand[edit | edit source]

Carte du Reich allemand sous l’Empire

L’Empire Allemand qui s’appelle lui-même Empire Allemand depuis 1871 est un mixe entre un État national et un empire. Il y a des groupes non-allemands sur le territoire de ce pays comme les polonais, des danois et des français mais ce sont des minorités. La plupart du peuple allemand sur le territoire de l’empire allemand est germanophone.

C’est un ensemble politique avec beaucoup d’autonomie pour les parties de cet empire allemand. Les juristes parlaient d’un État fédératif, d’une confédération, c’était une décision volontaire de ces différents princes de se mettre ensemble. La Prusse est tellement dominante faisant que le système politique est dominé par Berlin.

L’Empire Allemand était dans un certain sens entre des ambitions de nationalisation de son territoire jusqu’à des tentatives de germaniser ces petits peuples qui ne parlaient pas allemand ; c’est entre une nation nationale et une structure d’empire. Du point de vue de la structure constitutionnelle entre les Habsbourg et l’Empire Allemand il n’y a pas beaucoup de différences.

Les empires coloniaux typiques sont sur le territoire européen des États-Nations, la France est le modèle d’un État-Nation et d’un empire colonial. C’est pourquoi il faut distinguer les empires multiculturels, en vérité c’est multiethniques et multilingues.

Les empires coloniaux sont plutôt des pays en Europe mais pas des empires continentaux. Les Habsbourg, les turques ont déjà suffisamment occupés leurs provinces et leurs possessions en Europe et en Asie.

L’Empire Allemand est le cas entre les deux. Cela a un certain trait de l’empire continental mais on voulait aussi devenir une puissance coloniale, l’ambition de Guillaume II était d’avoir « une place au soleil »[1] en faisant comme les grands. C’est la compétition avec la France et l’Angleterre qui pousse l’Allemagne à devenir empire colonial. Les Habsbourg et les ottomans n’avaient pas cette ambition.

Cette structure est un peu double, il y a des « matadors » de l’État-Nation en Europe mais qui ont ces grands empires globaux, mais d’autres empires sont parfaitement satisfaits de leurs possessions. La Russie reste continentale mais est empire colonial fantastiques et énorme.

La colonisation, colonialisme et impérialisme[edit | edit source]

Coloniser d’autres peuples, de les mettre dans une subordination même pour les transformer en esclaves est quelque chose qui est avec l’histoire de l’humanité.

Nous parlons d’une période très spécifique dès les années 1820 et 1830 du XIXème siècle où les anciens colonialistes sont déjà un peu en perte de vitesse. C’est un nouveau colonialisme qui est lié à la construction des nations modernes à l’intérieur de l’Europe.

C’est la France qui commence avec ce nouveau colonialisme qui est plus ciblé avec l’Algérie qui est l’une des premières terres d’extension de l’influence de cette France qui se reconstitue notamment après la révolution de 1789 et la révolution de 1830.

Avec les révolutions nationales sur le territoire européen on a l’extension coloniale de dernière génération.

C’est une nouvelle chose que ces nations en compétition intense veulent aussi des ressources, des possessions et des extensions à l’extérieur. Cela commence lentement au début du XVIIIème siècle, ce sont les années surtout à partir de années 1800 que des petits pays comme la Belgique essaient de se tailler des empires.

C’est un concept bien contextualisé dans le contexte de la deuxième moitié du XIXème siècle et un impérialisme qui est une période de colonialisme compétitif et d’extension des zones d’influence intensifié dans cette période entre 1880 et la première guerre mondiale.

Cet impérialisme global n’est pas seulement les européens. Ce sont aussi les nouvelles puissances à savoir les États-Unis, le Japon et la Russie c’est-à-dire des puissances qui veulent jouer dans le grand jeu de la compétition internationale. C’est vraiment une période de compétition internationale intensifiée, dans les manuels c’est très souvent dans la rubrique de « l’ère de l’impérialisme ».

Par rapport au colonialisme, l’impérialisme est transhistorique.

À la fin de cette période de plusieurs décennies de compétitions impériales et d’extension des zones d’influences, cette guerre est une guerre entre empires où les puissances non-européennes commencent à jouer un rôle pour notre histoire.

Bismarck était contre le colonialisme, il pensait qu’il était trop tard et qu’il n’avait pas assez de connaissances de ces régions et ne pouvait savoir quoi en tirer.

Des États impérialistes ont toujours essayés avec un corridor influent mais il y a un anticolonialisme fervent dans les élites politiques de ce temps là aux États-Unis.

Il y a de nombreux motifs, religieux, culturels mais aussi politiques dans le cadre de la compétition politique.

Les ensembles politiques multiculturels[edit | edit source]

Empire d’Autriche en 1815 – 1848[edit | edit source]

L'Empire d'Autriche en 1815 - atlas-historique.net

L’empire autrichien probablement à son extension la plus grande, c’est probablement l’empire des Habsbourg qui a commencé à s’appeler « empire » seulement au début du XIXème siècle. C’était une concurrence avec Napoléon qui s’était déclaré Empereur de France en 1804.[2]

La monarchie autrichienne, les Habsbourg se sont déclarés elle-même « impériale », c’est quelque chose de moderne dans un certain sens.

Vienne est au centre qui est la capitale. Si on regarde par rapport à l’Autriche actuelle qui est assez petite comparée à l’empire, démographiquement c’est une minorité, il n’y a pas de peuple majoritaire dans l’empire des Habsbourg.

Prague est en république Tchèque actuelle, Cracovie est ville de l’actuelle Pologne. L’empire s’étend en Roumanie, en Hongrie mais aussi dans les provinces de cet empire qui ont profitées du déclin et du recul de l’empire ottoman à savoir une partie des Balkans.

On est avant le risorgimento, l’autre est en Italie, ce sont des peuples qui commencent à avoir notamment en 1848 une conscience de leur valeur et de leur ambition de devenir plus ou moins indépendant. C’est lâche et grand.

L'Empire ottoman en 1878[edit | edit source]

Cette carte date d’après l’unification de l’Italie et de l’Allemagne. L’empire Russe borde au nord, tout le Maghreb sauf l’Algérie, le Machrek et la Turquie actuelle et d’une bonne partie des Balkans est sous emprise ottomane.

Certains de ces territoires vont devenir des colonies. L’Empire Ottoman comprenait aussi les lieux Saints de l’Islam, l’Irak et jusqu’au Qatar.

C’est un empire qui s’est développé par extension du pouvoir de Constantinople mais dans un certain sens ce sont les terres de l’islam. La structure existait, c’est un empire continental. Le sultan de Constantinople était le prince le plus important de l’islam à ce moment.

L'Empire ottoman en 1878 - atlas-historique.net

L’Empire russe[edit | edit source]

Carte de l'expansion de la Russie et de l'URSS de 1812 à 1945

L’empire du tsar a aussi cette qualité de s’étendre sur plusieurs continents mais c’est quand même un empire continental dans le sens ou c’est un empire continu. Ces peuples ont été colonisés dans le sens large de la colonisation mais c’est quand même un processus de formation d’empire lié à l’histoire de l’Europe depuis le moyen-âge.

Beaucoup de dates du XIXème siècle sont des dates d’extension de la domination du tsar sur des peuples voisins, parfois comme en Finlande où ce sont de vraies invasions.

L’empire du tsar est aussi un cas hybride entre empire traditionnel continental avec cette multitude de peuples et de nationalités, mais tout ce qui se fait en Sibérie à l’est peut être considéré comme de l’impérialisme comme en Asie ou en Afrique avec les autres grandes puissances. Les russes, à ce moment, sont les planificateurs de cette extension : on cherche à accéder à des matières premières, à peupler l’est.

Les russes appelaient la Sibérie « notre Brésil ». Ils pensaient à une sorte de territoire qui leur appartient mais qui est à exploiter par une couche assez limitée de gens qui se sentent européens mais qui dominent cette autre partie. C’est un empire colonial mais comme c’est continu et qu’il y a des essais de russification on peut voir aussi des espaces d’empire continental.

L’extension de l’empire du tsar vers l‘Asie rencontre les intérêts des autres puissances notamment au niveau des Indes avec l’Angleterre mais aussi en Iran où il y a des intérêts anglais.

Déjà avant la première guerre mondiale et en Afrique et en Asie il y a les grands empires des grands empires coloniaux qui se rencontrent aux quatre coins du monde par les intérêts et par le colonialisme.

Il est nécessaire de fixer une frontière, cela n’est pas paisible mais on a évité l’éclatement des grandes guerres entre les pays européens.

Les autres pays comme le Japon ont fait des guerres coloniales.

Le modèle multiculturel de l’Empire ottoman[edit | edit source]

L’Empire Ottoman et l’Empire d’Autriche avec leur intérêt sur les Balkans ont menés à la première guerre mondiale. Les Balkans étaient déjà une poudrière.

Les ottomans qui n’étaient pas seulement des turcs n’avaient pas seulement comme politique de créer une religion d’État, il y a parfois des minorités religieuses qui étaient sous protection du sultan. Il y a, dans un certain sens ; des exceptions : l’Albanie était un pays d’intense colonisation, c’est pourquoi l’Albanie est largement musulmane à la fin du XVIIIème siècle.

Les autres possessions étaient terre d’islam mais l’expansion de l’islam date du VIIème et VIIIème siècle. Quand les ottomans ont essayés encore d’agrandir leur empires ils ne voulaient pas missionner les chrétiens mais juste contrôler les territoires.

Il y avait même à l’intérieur de ce grand empires des situations privilégiées, ce sont les dhimmis. Les minorités religieuses jouaient parfaitement le jeu de l’empire.

Le modèle multiculturel de l’Empire des Habsbourg[edit | edit source]

La question religieuse est importante mais il y a aussi la question linguistique parce que seulement 23% des personnes sont germanophones. À Prague, dans les villes polonaises, il y avait une bourgeoisie commerciale et académique très ancienne qui était d’origine allemande. Les villes de l’empire étaient des centres de multiculturalisme. Des villes de synergie et de culture sont des villes comme Trieste et Prague.

Ce n’était pas toujours amicale et paisible mais ce modèle culturel à marché. On a toléré la langue et la religion mais évidemment la langue enseignée dans les écoles était toujours un grand enjeu politique. Les mouvements nationalistes et nationalisant veulent toujours avoir un contrôle sur la culture.

Les gens diplômés et éduqués arrivent à s’insérer dans la bureaucratie. Les empires ont essayés de partager le pouvoir avec des privilégiés et des non-privilégies, au contraire les empires coloniaux ont beaucoup hésités à intégrer des élites locales dans le service de la fonction dominante.

Les élites veulent participer aux décisions politiques. Il y a une comparaison entre les peuples qui devient un marché de nationalisme, si les uns sont privilégiés les autres veulent un peu la même chose.

Carte de la répartition des diverses nationalités en Autriche-Hongrie (recensement de 1890) avec les frontières de l'Empire en 1914.

C’est une carte de style ancien où on a cartographié les peuples. C’est mixte et hétérogène, toutefois, ce n’est pas correcte car les interconnexions, la mixité de langues et des religions se retrouve sur un niveau local et communal.

C’était un problème pour beaucoup de gens. Les gens ne se sentaient pas toujours membre de l’une des nationalités, il est possible de voir cela à travers les recensements.

Toutes les régions frontalières entre communautés laissaient les gens indifférents à la question de la nationalité. Dans un certain sens on ne pouvait imaginer l’idée d’un territoire nationalisé.

Après la première guerre mondiale les États eux-mêmes voulaient séparer les nationalités.

Depuis 1781 et la proclamation d’un édit on pratique la tolérance religieuse dans l’empire mais il faut attendre 1861 pour avoir une véritable égalité religieuse.

Il y a seulement 23% de germanophones (« Allemands ») à la fin du XIXe siècle. En Galicie les élites administratives sont polonaises ce qui leur permet d’obtenir une relative autonomie administrative. En Bohème Moravie, les élites tchèques demandent leur autonomie tout comme les Hongrois tandis qu’en Galicie, les polonais sont mêlés avec des ukrainiens, des roumains, des ruthènes à la campagne. Dans les villes aussi juifs et « Allemands ».

Le multiculturalisme comme modèle[edit | edit source]

Les intellectuels de ce moment ont déjà largement théorisés et écrits sur la question des nationalités. Un sociologue nommé Oszkár Jászi (1876 – 1957) militant libéral afin d’une entente entre les peuples devient après la fin de la guerre avec l’indépendance de la Hongrie ministre des nationalités en 1918.

Le dirigeant social démocrate autrichien Otto Bauer (1881-1938) écrit en 1907 La Question des nationalités et la social-démocratie[3].

On voit bien que la question des nationalités est un enjeu majeur pour l’État. Le mouvement des ouvriers juifs, lituaniens, polonais et russes se posait la question de la nationalité remettant en cause le nationalisme.

Affaiblissement des État multiculturels à la fin du XIXème siècle[edit | edit source]

Les nouveaux États des Balkans[edit | edit source]

La situation des Balkans en 1914 - atlas-historique.net

On peut voir le territoire des futurs pays des Balkans qui vont poser problème aux puissances européennes. Il y a eu trois guerres balkaniques concernant le contrôle de ces minorités.

En 1821 les guerres d’indépendance des Grecs débutent. Le Traité d'Andrinople (Turquie et Russie) de 1829 consacre l’autonomie grecque et serbe. Il faut attendre le Traité de Constantinople de 1832 afin que leur indépendance soit garantie sous l’égide de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la France.

Le Congrès de Berlin. Tableau d'Anton von Werner (1881).

La Guerre de Crimée donne lieu au traité de Paris signé en 1856, le Congrès de Berlin de 1878 voit le règlement occidental de la question de l’Orient après défaite de l’Empire ottoman face à l’Empire russe.

La Bulgarie obtient l'indépendance au congrès de Berlin en 1878. La Roumanie obtient l'indépendance complète en 1881 parachevée par la création d’une Église nationale en 1885. La Serbie obtient l’autonomie de la principauté de Serbie reconnue en 1830 puis son indépendance le 13 juillet 1878.

En 1913, après la signature des traités de Londres (mai) et de Bucarest (10 août) à l'issue des deux guerres balkaniques, il ne subsistait plus de l'empire en Europe des ottomans que la Thrace orientale et Istanbul.

Les colonies en 1914[edit | edit source]

Le monde en 1914, l'apogée de l'Europe - atlas-historique.net

L’empire britannique a des possessions qui ont déjà une certaine autonomie comme le Canada qui était un dominion sous l’autorité de la monarchie britannique mais avec un gouvernement indépendant assez poussé. Cela vaut aussi pour l’Australie.

Les indes n’étaient pas quelque chose de cohérent politiquement, culturellement et socialement avant l’arrivée du colonisateur. La création de l’Inde comme une nation imaginée est l’œuvre des colonisateurs et après au XXème siècle des mouvements nationalistes. Pour rendre compte de cette réalité hybride qui est une unification des indes par la force coloniale on a appelé les indes un empire. Le vice roi britannique qui régnait sur l’Inde était le représentant de la couronne britannique et notamment la reine Victoria qui a présidée cette extension impériale de la Grande-Bretagne était aussi impératrice de l‘Inde.

Les contemporains voulaient dire qu’il y a avec une structure hétérogène sur ce semi-continent mais on y règne ensemble. Afin de rendre compte de cette réalité, on utilise le terme empire.

À l'intérieur de l’empire britannique il y a un autre empire qui est l’Inde. Ce sont des ensembles politiques et culturels, religieux et linguistiques qui sont unis par une certaine volonté politique mais pas par la cohérence des personnes qui sont dedans.

L’Amérique latine est constituée d’États indépendants depuis longtemps mais ils sont sous influence. L’impérialisme de cette époque n’a pas nécessairement besoin de colonie, on peut faire de l’impérialisme commercial et militaire. Les États-Unis ont toujours préférés un empire informel et pas de domination de colonie directe.

Il y a très peu de parties du monde qui ne sont pas colonisées et cela s’aggrave dans les années 1920 lorsque les français et les britanniques prennent des protectorats, la politique de l’extension colonialiste sont les années 1920.

La Thaïlande n’a jamais été colonisée mais aussi l’Éthiopie qui vont tirer une certaine fierté de cela. Peu d’ensembles politiques indépendants peuvent se targuer de n’avoir été colonisé.

Les autres territoires comme la Chine étaient indépendant mais sous tutelle des grandes puissances.

Les empires coloniaux[edit | edit source]

La course aux colonies[edit | edit source]

Le partage de l'Afrique avant 1914.jpg

La course à l’Afrique ne concerne pas seulement les français et les britanniques mais aussi d’autres puissances européennes comme la Belgique au Congo belge et l’arrivée des allemands dans le sud ouest africain et en Afrique orientale, tout autant que dans une partie du Cameroun.

La politique brève des allemands depuis les années 1890 seulement a menée à des possessions. Il y a des possessions allemandes dans le pacifique également ainsi que sur le territoire chinois. Il faut noter que la brasserie Tshin Tao a été fondée par les colons allemand.

La division de l'Afrique[edit | edit source]

À un moment dans les années 1880, il fallait avoir un pied en Afrique. Les français étaient présent en Afrique du nord, les britanniques dans le sud tout comme les néerlandais. Les anglais étaient intéressés déjà par l’Égypte mais autrement c’était un continent largement inconnu et non gouverné par des européens. Cela change rapidement.

Cela est fait par la politique internationale et pas seulement de la compétition sauvage. Cela était lancé par des aventuriers, des géographes, des ethnologues, des missionnaires qui voulaient diffuser la religion chrétienne, des aventuriers militaires mais pas nécessairement les États eux-mêmes.

Très souvent on a suivi des initiatives privées quand il y avait des problèmes. Ces privés sont les « men on the spot », des personnes sur le terrain qui ont poussés les limites de la domination coloniale. Lorsqu’il y avait des problèmes, ils ont fait appelle à leur nation respective en augmentant la gloire nationale.

Il y avait beaucoup de doutes mais évidemment ces aventuriers ont très souvent justifiés l’implication européenne par la présence de matières premières. On a essayé d’intéresser le pouvoir.

L’autre niveau mène à l'intérieur de cette Europe qui est quand même pacifiée. Il n’y a pas de conflits armés en Europe sauf sur les Balkans mais sur le territoire depuis la guerre franco-allemande de 1870 – 1871 et la fin de l‘unification italienne il n’y a pas de guerres, soit plus de 40 ans de paix jusqu’à la première guerre mondiale.

Les nations européennes ont des ambitions mais ne veulent pas risquer la paix en Europe, c’est pourquoi les rencontre mêmes entre troupes comme à Fachoda donnent lieu à des résolutions diplomatiques.

La conférence de Berlin[edit | edit source]

Lors de la conférence de Berlin on divise le continent sous la médiation de Berlin alors que l’Allemagne ne possédait pas encore de colonies. Les européens vont se partager des zones d’influences.

On voulait éviter dans cette course vers l’Afrique qu’il y ait des accrochages et c’est pourquoi il y a de la politique internationale à ce moment, de la politique multilatérale afin de régler le problème.

À ce moment, on donne des consignes pour ces corridors d’influence. Il y a une distribution géographique entre les français et les britanniques et il y a des possessions individuelles. à ce moment les allemands ne veulent pas aller dans ce sens mais c’est la première fois que l’Allemagne est considérée comme arbitre pour les conflits entre les très grandes puissances, c’est le signe d’être admis dans la cour des grandes puissances.

L’impérialisme américain[edit | edit source]

Les américains commencent non pas seulement à coloniser mais aussi à étendre leur zone d’influence à de grandes distances. C’est une extension vers l’Asie afin de ne pas laisser les autres se distribuer une région précieuse, porteuse et intéressante.

L'expansion américaine de 1867.

Expansion du Japon depuis 1875[edit | edit source]

Le Japon est un pays qui a juste ouvert ses portes à la modernisation économique à partir de l’ère Meiji. Dans les années 1870, les japonais commencent à s’étendre, ils ont intensément regardé ce qu’on fait les européens.

Cette extension s’est faite surtout vers la Corée et les territoires de la Chine mais cette extension est freinée par la zone d’influence russe créant des problèmes.

L'expansion japonaise depuis 1875.

La colonisation comme instrument de grandeur national[edit | edit source]

Avec Paul Broca, il y a le développement d’une science-sociale sur les pays non-civilisés. Il y le lien entre le projet de domination géopolitique et les savoirs, connaissances ainsi que les dogmes et les idéologies avec le racisme scientifique qui était l’idéologie la plus néfaste et la plus influente.

La société pour la colonisation allemande fondée en 1884 était une association populaire afin d’inciter l’Allemagne à se lancer dans des conquêtes coloniales.

Ce sont les « men on the spot » qui avancent avant les puissances européennes et essaient de s’implanter tout en produisant un savoir sur les peuples, la nature, la faune et la flore. C’est une découverte profonde sans prendre les peuples autochtones au sérieux.

Guerres coloniales autour de 1900[edit | edit source]

Le continent européen sauf les Balkans, tout ce qui se passe militairement et des confrontations importantes entre des puissances nouvelles ou entre puissances européennes et peuples autochtones, est cruel et meurtrier. Tout se passe hors de l’Europe.

Tout ce qui est militaire comme les expérimentations avec les nouvelles armes, les nouvelles stratégies militaires se font dans les colonies. On ne peut savoir avant 1914 la puissance des autres nations.

A mené à l’occupation de Taïwan par les japonais.

Le Japon a énormément industrialisé son pays, a une organisation copiée des européens, a de armes modernes et une organisation beaucoup plus efficace que les russes, gagnant contre la puissance russe qui est une masse démographique et territoriale fantastique. Cette Russie perd une guerre contre une jeune nation ambitieuse.

1905 est aussi la première révolution russe mais il y a déjà une révolte interne, un soulèvement notamment de la bourgeoisie libérale qui critique le règne du tsar comme n’étant plus adapté à l’époque.

Cela amène à une contestation du règne du tsar. C’est dans un certain sens comparable à ce qui s’est passé en 1948 en Europe. C’est une révolution qui n’aboutie pas totalement mais mène a des changements internes.

La guerre contre l’Espagne et les États-Unis a choquée les gens dans le cadre d’une guerre coloniale. Pour la région c’était très important, ce fut une guerre cruelle et meurtrière. Il y avait beaucoup de critiques de ce que faisaient les américains sur les philippines. C’est la première fois qu’on a utilisé contre les populations civiles des camps de concentration.

La guerre des Boers est un guerre entre colons néerlandais anciens car les anglais veulent le contrôle total de ce pays avec l’attrait des mines et des diamants, la valeur stratégique du Cap Horn. Les anglais voulaient homogénéiser la structure.

La guerre des boers est intéressante parce qu’elle fut meurtrière et cruelle. Les anglais ont mis en place des camps de concentration entre les soldats noirs des deux côtés.

La guerre des boers était très populaire en Angleterre, il y avait une propagande chauviniste et militariste qui a soutenue le gouvernement anglais. C’est le va et vient entre métropole et périphérie qui est intéressant.

Tout autour de 1900 les grandes puissances sont intervenues ensemble faisant constamment des décisions sur les conflits coloniaux.

Les combats entre Héréros et Allemands.

C’est l’une des dernières colonies de l’Allemagne dans le sud-ouest africain où les hereros résistent contre les colonisateurs. Les allemands envoient beaucoup de troupes, ce sont des guerres non-formelles. Les troupes allemandes réagissent contre la résistance de la population civile par des regroupements mais aussi par des stratégies de délocalisation de population et en ce processus massacre plusieurs milliers de hereros soit 80% de la population. C’était un génocide même si le mot de génocide n’existait pas alors.

L’Europe pacifiée, l’Europe paisible, civilisée ; là où la vraie compétitions autour des ressources est déjà extrêmement militarisée et violente pose l’interrogation de savoir si cela est une préparation pour la première guerre mondiale. Il y a des liens mais on ne peut pas dire que c’est vrai ou faux.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]

  1. Le 6 décembre 1897, le prince von Bülow, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, déclare au Reichstag que « l'Allemagne veut une place au soleil »
  2. Le 11 août 1804, François II du Saint-Empire joint à son titre d'« Empereur élu des Romains » (en allemand : erwählter römischer Kaiser ; en latin : electus Romanorum Imperator) celui d' « Empereur héréditaire d'Autriche » (en allemand : erblicher Kaiser von Österreich ; en latin : haereditarius Austriae Imperator). Lorsque Napoléon Ier proclama la fin du Saint-Empire germanique en créant de nouveaux royaumes et principautés, comme la Bavière, le Wurtemberg, la Saxe, la Hesse, le grand-duché de Bade et bien d’autres qu'il regroupa au sein de la Confédération du Rhin, les possessions des Habsbourg s'en trouvèrent exclues. François II, le dernier empereur romain germanique, devint ainsi le premier empereur d'Autriche sous le nom de François Ier, en 1805. source : Empire d'Autriche. (2014, février 9). Wikipédia, l'encyclopédie libre.
  3. Bauer Otto (trad. Nicole Brune-Perrin, Johannès Brune et Claudie Weil), La Question des nationalités et la social-démocratie, Paris, Éditions EDI, 1987, 592 p.