« Aux origines de la Société des Nations » : différence entre les versions

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Le XIXème siècle est appelé le « long XIXème siècle ». Ce siècle est marqué par des nombreux éléments qui peuvent le caractériser de la manière suivante. Il y a un affrontement idéologique entre libéralisme, le conservatisme et le socialisme aboutissant en 1917 à la Révolution d’octobre qui va jouer un rôle important au sein de la Société des Nations concernant l’Union soviétique. Il y a l’adoption de l’idée de l’État de droit et de l’établissement d’un devoir étatique basé sur des lois et de constitutions de plus en plus développées qui commencent aussi à protéger la vie privée. Le XIXème siècle est un siècle fortement marqué par le processus d’industrialisation. L’apparition des nouvelles structures au niveau économique va mener à la l’émergence de la lutte de classe, à la consommation et à la mobilité sociale. Le XIXème siècle est aussi marqué par un processus de démocratisation et de parlementarisation comme en Grande-Bretagne. Il y a un fort mouvement vers la démocratisation qui est un processus à la base touchant seulement les hommes dans cette période. La formation scolaire devient obligatoire et de nouvelles couches sociales sont intégrées dans le système politique. Le XIXème siècle est aussi marqué par une globalisation des communications avec l’invention de la télégraphie et la construction d’un réseau mondial télégraphique. Cela amène à une dominance européenne sur ce monde marqué par le colonialisme. La rivalité entre les États va croissante qui n’est pas forcément conçu comme guerre. Le XIXème siècle est le siècle des sciences aussi avec l’invention de produit national brut qui permet de faire des comparaisons dans le cadre d’une compétition.
Ce sont des éléments nouveaux parce que l’État qui se conçoit comme État-nation à plus de légitimation non plus à travers la grâce de dieu, c’est une nouvelle conception de la nation. Les grands empires comme l’Autriche-Hongrie mais aussi l’Empire allemand avaient beaucoup de minorités, l’Empire ottoman mais aussi l’Empire russe contenaient beaucoup de peuples différents. Le réveil du nationalisme et des nations amène une explosivité énorme sur le développement qui va se retrouver dans la deuxième moitié de la Première guerre mondiale avec une implosion des grands empires mis en cause par la force disruptive du réveil de ces petites nations. Les chercheurs parlent du réveil des petit peuples en particulier Miroslav Hroch qui voit trois phases séparées pour la création d’une nation dans le contexte du nationalisme du XIXème siècle : la création d’une nation du point de vue de la culture qui est la phase du réveil intellectuel des nations à savoir les historiens qui inventent un passé souvent imaginaire afin de créer une identité à un groupe culturel et linguistique [1], phase d’agitation politique [2] et la création d’une nation comme entité politique [3]. Le peuple va internationaliser la notion de nation à travers l’école mais aussi à travers des institutions comme l’armée. Aujourd’hui on pourrait ajouter les médias qui amènent à une homogénéisation des langues. La notion du nationalisme dans cette vision double de la création du concept même d’une nation qui se base sur l’idée de l’État national qui est un État homogène à l’intérieur et en concurrence vers l’externe amenant à la course pour les colonies comme pour le commerce. Les sciences historiques parlent pour ce XIXème siècle d’un siècle de la modernisation.
Des grandes changements se trouvent au sein de la société mais aussi touchent la communauté des États. À côté du concert européen qui s’établit comme une gouvernance globale, il y d’autres éléments qui s’établissent. La phase de 1815 à 1923 est une phase répressive où les grandes puissances concisément une restauration des régimes renversés au terme de la Révolution française, de 1823 à 1848 il y a une phase pragmatique et de 1848 à 1914, il y a des révolutions libérales. Le concept de la « terra nullius » est une doctrine européenne qui va ouvrir la porte aux puissances européennes pour l’établissement d’un gouvernent européen pratiquement dans tout le monde.
Dans la seconde moitié du XIXème siècle se constitue un nouvel institutionnalisme gouvernemental. Ce mouvement parallèle installe une coopération entre les États. C’est un paradigme à côté du paradigme traditionnel. Dans la plus grande partie des cas, il s’agit de zones d’ombre semi-officielles entre activités officielles et privées. Il y a aussi des interférences dans ces différents secteurs. Les recherches de Madeleine Herren montrent que la séparation typique pour la science-politique ne marche pas pour le XIXème siècle.
Le nouvel internationalisme a créé un politique extérieure moderne. Jusqu’à là, la politique extérieure était la politique des rois qui faisaient des guerres pour rendre leur empire plus grand. Ce nouvel internationalisme reflète un nouveau processus moderne qui va s’imposer de manière claire au XXème siècle avec la création de la Société des Nations. Ce mouvement n’était pas seulement lié au mouvement libéral mais il était aussi attaché à tous les autres champs politiques, non seulement au libéralisme mais aussi au conservatisme et au socialisme. L’affirmation que l’internationalisme n’est pas seulement lié à la force libérale est très importante parce qu’il va y avoir entre les deux guerres un mouvement internationaliste sous le contrôle des fascismes et de l’international socialiste. Ces pays vont essayer d’établir des réseaux en concurrence directe avec le réseau de la Société des Nations. Pour la période entre les deux guerres, il y a un système international marqué au moins par trois galaxies différentes. En 1946, l’ONU sera capable d’attirer tous ces différents univers et de les mettre au centre du réseau des organisations spécialisées des Nations Unies. Dans la période de l‘entre-deux-guerres, il y aura un vieux système des relations internationales qui va rester en dehors de la Société des Nations notamment parce que les États-Unis ne vont pas y adhérer.
Au XIXème siècle, il y a un nouveau développement mais en même temps que l’idée de la nation et du nationalisme reste très fort déterminant le développement des relations internationales avec la Première guerre mondiale. Il faut comprendre que les idées de l’internationalisme n’étaient pas que des idées intellectuelles pacifiques et cosmopolites. On a souvent tendance à interpréter ces idées comme des idées de philosophes contraires aux nationalismes avec par exemple l’idée de paix universelle. Il est vrai qu’il y a un discours très marqué et très fort mais relevant d’intérêts très puissants comme l’expression d’un capitalisme qui avait besoin de créer de nouvelles règles et de nouveaux standards. Il y a des racines différentes pour un phénomène qui selon l’optique utilisée mais au premier plan des éléments différents.
= Précurseurs de la Société des Nations =
= Précurseurs de la Société des Nations =



Version du 27 avril 2015 à 00:08

Le XIXème siècle est appelé le « long XIXème siècle ». Ce siècle est marqué par des nombreux éléments qui peuvent le caractériser de la manière suivante. Il y a un affrontement idéologique entre libéralisme, le conservatisme et le socialisme aboutissant en 1917 à la Révolution d’octobre qui va jouer un rôle important au sein de la Société des Nations concernant l’Union soviétique. Il y a l’adoption de l’idée de l’État de droit et de l’établissement d’un devoir étatique basé sur des lois et de constitutions de plus en plus développées qui commencent aussi à protéger la vie privée. Le XIXème siècle est un siècle fortement marqué par le processus d’industrialisation. L’apparition des nouvelles structures au niveau économique va mener à la l’émergence de la lutte de classe, à la consommation et à la mobilité sociale. Le XIXème siècle est aussi marqué par un processus de démocratisation et de parlementarisation comme en Grande-Bretagne. Il y a un fort mouvement vers la démocratisation qui est un processus à la base touchant seulement les hommes dans cette période. La formation scolaire devient obligatoire et de nouvelles couches sociales sont intégrées dans le système politique. Le XIXème siècle est aussi marqué par une globalisation des communications avec l’invention de la télégraphie et la construction d’un réseau mondial télégraphique. Cela amène à une dominance européenne sur ce monde marqué par le colonialisme. La rivalité entre les États va croissante qui n’est pas forcément conçu comme guerre. Le XIXème siècle est le siècle des sciences aussi avec l’invention de produit national brut qui permet de faire des comparaisons dans le cadre d’une compétition.

Ce sont des éléments nouveaux parce que l’État qui se conçoit comme État-nation à plus de légitimation non plus à travers la grâce de dieu, c’est une nouvelle conception de la nation. Les grands empires comme l’Autriche-Hongrie mais aussi l’Empire allemand avaient beaucoup de minorités, l’Empire ottoman mais aussi l’Empire russe contenaient beaucoup de peuples différents. Le réveil du nationalisme et des nations amène une explosivité énorme sur le développement qui va se retrouver dans la deuxième moitié de la Première guerre mondiale avec une implosion des grands empires mis en cause par la force disruptive du réveil de ces petites nations. Les chercheurs parlent du réveil des petit peuples en particulier Miroslav Hroch qui voit trois phases séparées pour la création d’une nation dans le contexte du nationalisme du XIXème siècle : la création d’une nation du point de vue de la culture qui est la phase du réveil intellectuel des nations à savoir les historiens qui inventent un passé souvent imaginaire afin de créer une identité à un groupe culturel et linguistique [1], phase d’agitation politique [2] et la création d’une nation comme entité politique [3]. Le peuple va internationaliser la notion de nation à travers l’école mais aussi à travers des institutions comme l’armée. Aujourd’hui on pourrait ajouter les médias qui amènent à une homogénéisation des langues. La notion du nationalisme dans cette vision double de la création du concept même d’une nation qui se base sur l’idée de l’État national qui est un État homogène à l’intérieur et en concurrence vers l’externe amenant à la course pour les colonies comme pour le commerce. Les sciences historiques parlent pour ce XIXème siècle d’un siècle de la modernisation.

Des grandes changements se trouvent au sein de la société mais aussi touchent la communauté des États. À côté du concert européen qui s’établit comme une gouvernance globale, il y d’autres éléments qui s’établissent. La phase de 1815 à 1923 est une phase répressive où les grandes puissances concisément une restauration des régimes renversés au terme de la Révolution française, de 1823 à 1848 il y a une phase pragmatique et de 1848 à 1914, il y a des révolutions libérales. Le concept de la « terra nullius » est une doctrine européenne qui va ouvrir la porte aux puissances européennes pour l’établissement d’un gouvernent européen pratiquement dans tout le monde.

Dans la seconde moitié du XIXème siècle se constitue un nouvel institutionnalisme gouvernemental. Ce mouvement parallèle installe une coopération entre les États. C’est un paradigme à côté du paradigme traditionnel. Dans la plus grande partie des cas, il s’agit de zones d’ombre semi-officielles entre activités officielles et privées. Il y a aussi des interférences dans ces différents secteurs. Les recherches de Madeleine Herren montrent que la séparation typique pour la science-politique ne marche pas pour le XIXème siècle.

Le nouvel internationalisme a créé un politique extérieure moderne. Jusqu’à là, la politique extérieure était la politique des rois qui faisaient des guerres pour rendre leur empire plus grand. Ce nouvel internationalisme reflète un nouveau processus moderne qui va s’imposer de manière claire au XXème siècle avec la création de la Société des Nations. Ce mouvement n’était pas seulement lié au mouvement libéral mais il était aussi attaché à tous les autres champs politiques, non seulement au libéralisme mais aussi au conservatisme et au socialisme. L’affirmation que l’internationalisme n’est pas seulement lié à la force libérale est très importante parce qu’il va y avoir entre les deux guerres un mouvement internationaliste sous le contrôle des fascismes et de l’international socialiste. Ces pays vont essayer d’établir des réseaux en concurrence directe avec le réseau de la Société des Nations. Pour la période entre les deux guerres, il y a un système international marqué au moins par trois galaxies différentes. En 1946, l’ONU sera capable d’attirer tous ces différents univers et de les mettre au centre du réseau des organisations spécialisées des Nations Unies. Dans la période de l‘entre-deux-guerres, il y aura un vieux système des relations internationales qui va rester en dehors de la Société des Nations notamment parce que les États-Unis ne vont pas y adhérer.

Au XIXème siècle, il y a un nouveau développement mais en même temps que l’idée de la nation et du nationalisme reste très fort déterminant le développement des relations internationales avec la Première guerre mondiale. Il faut comprendre que les idées de l’internationalisme n’étaient pas que des idées intellectuelles pacifiques et cosmopolites. On a souvent tendance à interpréter ces idées comme des idées de philosophes contraires aux nationalismes avec par exemple l’idée de paix universelle. Il est vrai qu’il y a un discours très marqué et très fort mais relevant d’intérêts très puissants comme l’expression d’un capitalisme qui avait besoin de créer de nouvelles règles et de nouveaux standards. Il y a des racines différentes pour un phénomène qui selon l’optique utilisée mais au premier plan des éléments différents.

Précurseurs de la Société des Nations

Les idées fédératives

Le concert européen

Conférences et congrès internationaux et la coopération technique

Le mouvement pacifique

La Première guerre mondiale comme mère de la Société des Nations

La naissance de la Société des Nations

Aux origines était Versailles

Buts et structure de la Société des Nations a changer

Buts et structure de la Société des Nations

Les buts de la Société des Nations

Structure de la Paix

Les principaux organes de la Société des Nations

Une autre interprétation de la paix de Paris

Notes

Références


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