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==== '''Unification géo-culturelle et contrôle social''' ====
==== '''Unification géo-culturelle et contrôle social''' ====
Pour contrer les tendances centrifuges du système-monde, Wallerstein souligne l’existence d’un processus d’'''homogénéisation géo-culturelle'''. Ce processus s’articule autour de trois axes principaux :
Pour Wallerstein, le système-monde capitaliste, bien qu’hégémonique, est marqué par des tendances centrifuges susceptibles de le fragiliser. Afin de maintenir sa cohésion et de contenir les forces de fragmentation, le capitalisme s’appuie sur un processus d’'''homogénéisation géo-culturelle'''. Ce processus vise à unifier les cadres idéologiques, scientifiques et sociaux tout en incorporant, voire en neutralisant, les mouvements opposés à l’ordre établi. Wallerstein identifie trois axes principaux dans ce mécanisme de stabilisation et de contrôle social.


# '''L’idéologie : le triomphe du libéralisme''' Le libéralisme, en tant qu’idéologie dominante, s’oppose aux conservateurs et aux radicaux-socialistes. Il promeut la liberté individuelle et le libre marché tout en consolidant les bases du capitalisme mondial.
===== '''L’idéologie : le triomphe du libéralisme''' =====
# '''La science comme moteur de légitimité''' La science, notamment dans les domaines liés à la gestion de l’État, remplace la philosophie comme outil principal de compréhension et de contrôle de la société. Par exemple, des disciplines comme la ''Staatistik'' (mesure des forces et faiblesses de l’État) ou la ''Polizeiwissenschaft'' (science politique orientée vers le maintien de l’ordre) contribuent à renforcer l’efficacité et la légitimité de l’État capitaliste.
Le libéralisme, en tant qu’idéologie dominante du capitalisme mondial, joue un rôle central dans l’unification géo-culturelle. Il se positionne comme une alternative modérée face aux conservateurs, qui défendent les hiérarchies traditionnelles, et aux radicaux-socialistes, qui remettent en cause les fondements mêmes du système. En promouvant la liberté individuelle et le libre marché, le libéralisme crée une illusion d’égalité et d’autonomie tout en consolidant les bases du capitalisme.
# '''L’incorporation des mouvements nationalistes et radicaux-socialistes''' Le capitalisme parvient à intégrer ses opposants potentiels à travers des mécanismes institutionnels et culturels :
 
#* '''Le suffrage universel''' (limité aux hommes dans un premier temps) permet de donner une illusion de participation politique tout en préservant les bases du système.
Cette idéologie fournit un cadre normatif qui légitime les structures économiques et politiques existantes. En insistant sur des principes tels que la propriété privée, la concurrence et la liberté de choix, le libéralisme masque les inégalités structurelles du système-monde et naturalise les mécanismes d’exploitation. Il devient ainsi un outil puissant d’uniformisation culturelle, façonnant les attentes sociales et économiques à l’échelle mondiale.
#* '''Le patriotisme populaire''', renforcé par l’éducation nationale et le service militaire, consolide l’unité nationale et détourne l’attention des conflits de classe.
 
#* '''L’État social''', qui offre des aides aux populations défavorisées, agit comme un mécanisme de pacification sociale. En fournissant un filet de sécurité minimal, il neutralise les contestations tout en renforçant la légitimité du système.
===== '''La science comme moteur de légitimité''' =====
La science, dans les systèmes modernes, remplace progressivement la philosophie comme principal outil de compréhension et de gestion de la société. Wallerstein met en lumière le rôle des disciplines scientifiques qui émergent au service de l’État et de l’organisation capitaliste. Par exemple, la ''Staatistik'' (science de la mesure des forces et faiblesses des États) et la ''Polizeiwissenschaft'' (science politique axée sur le maintien de l’ordre) jouent un rôle clé dans le renforcement de l’efficacité et de la légitimité des gouvernements.
 
Ces disciplines ne se contentent pas de décrire la réalité : elles fournissent les outils nécessaires pour contrôler et stabiliser les sociétés. En institutionnalisant des approches scientifiques de la gestion sociale et économique, le capitalisme parvient à standardiser les pratiques administratives et politiques, tout en neutralisant les discours critiques qui pourraient émerger d’autres cadres intellectuels, comme la philosophie ou la théologie. La science devient ainsi un vecteur d’homogénéisation, légitimant les structures du pouvoir et consolidant leur hégémonie.
 
===== '''Incorporation des mouvements nationalistes et radicaux-socialistes''' =====
Le capitalisme ne se contente pas de neutraliser ses opposants : il les incorpore au sein de son système grâce à des mécanismes institutionnels et culturels qui transforment les revendications en outils de stabilité.
 
* '''Le suffrage universel''', bien qu’initialement limité aux hommes, donne l’impression d’une participation politique généralisée tout en préservant les bases du système. Cette inclusion relative des masses détourne les aspirations révolutionnaires vers des formes institutionnalisées de contestation.
* '''Le patriotisme populaire''', cultivé par l’éducation nationale et le service militaire, consolide l’unité nationale en focalisant l’attention sur des enjeux extérieurs ou symboliques, plutôt que sur les conflits internes de classe.
* '''L’État social''', qui offre un filet de sécurité aux populations défavorisées, agit comme un instrument de pacification. En répondant partiellement aux besoins fondamentaux des plus pauvres, il neutralise les mouvements contestataires tout en renforçant la légitimité du système. Loin de remettre en question les inégalités structurelles, ces politiques sociales participent à la perpétuation du capitalisme en achetant littéralement la tranquillité sociale.


== Exemple : Révolution française ==
== Exemple : Révolution française ==

Version du 28 décembre 2024 à 19:50

Le globalisme d'inspiration marxiste
Professeur(s) Pierre Allan

Lectures

Le marxisme s'inscrit dans une opposition dialectique au libéralisme, qu'il considère comme la structure idéologique centrale du capitalisme moderne. Le libéralisme, en défendant l'État bourgeois, les droits de propriété et l'individualisme, garantit la pérennité du capitalisme tout en masquant ses contradictions internes. Marx dénonce cette façade idéologique en révélant les inégalités fondamentales qu'elle dissimule, notamment entre dominants et dominés, riches et pauvres, exploiteurs et exploités.

L’analyse marxiste de la réalité sociale repose sur une lecture des dynamiques de classe. Pour les marxistes, l’histoire humaine est une succession de luttes, façonnée par les changements dans les modes de production et les relations économiques. Ce récit historique met en lumière non seulement les mécanismes d’oppression, mais aussi les possibilités d’émancipation collective. En ce sens, le marxisme ne se limite pas à une critique de l’ordre existant : il aspire à son dépassement.

Dans cette lignée, Immanuel Wallerstein décrit la crise actuelle du capitalisme comme une crise structurelle. Selon lui, « le système [capitaliste mondial moderne] est en réalité incapable de survivre », marquant la fin inéluctable du capitalisme et l'émergence d'un système post-capitaliste. Ce diagnostic soulève une question essentielle : quelles forces façonneront ce nouvel ordre mondial, et quelles en seront les implications pour les sociétés humaines ?

Dans un contexte de mondialisation accélérée, où les inégalités sociales et économiques se creusent à l’échelle globale, le globalisme d’inspiration marxiste offre une critique puissante et nécessaire de l’ordre établi. Ce cours explore les fondements théoriques de cette perspective, ses implications pratiques et les débats qu’elle continue de susciter, en invitant à une réflexion sur l’avenir du système mondial.

La réflexion sur l'inégalité et le marxisme

Rousseau et la critique de l’État comme origine de la guerre

Jean-Jacques Rousseau, dans sa critique des théories de Thomas Hobbes, propose une vision profondément différente de la nature humaine et de l’origine des conflits. Là où Hobbes voit l’état de nature comme une condition de guerre perpétuelle, un « chacun contre tous », Rousseau défend l’idée que la guerre n’est pas une condition inhérente à l’humanité, mais une création des institutions étatiques. Pour lui, « il n'y a point de guerre entre les hommes : il n'y en a qu'entre les États », soulignant ainsi que le conflit armé est indissociable de la construction politique.

Dans la conception rousseauiste, l’état de nature correspond à celui du « bon sauvage », où les individus vivent dans une relative harmonie, guidés par leurs besoins simples et leur instinct de préservation. Ce n’est qu’avec l’émergence de la société organisée et des États que la guerre devient un outil institutionnalisé. Les États, en cherchant à affirmer leur pouvoir et à protéger leurs intérêts, transforment la violence en un mécanisme collectif et systémique, dépassant les volontés individuelles et les besoins naturels des hommes.

Ainsi, pour Rousseau, la guerre est intimement liée à la consolidation des structures étatiques. Elle n’est pas le produit des relations humaines, mais le résultat d’un système politique conçu pour dominer et rivaliser. Cette critique du rôle de l’État ouvre une réflexion sur la nature artificielle de nombreux conflits et sur les liens entre pouvoir politique, inégalités et violence organisée.

Marx et Engels : la lutte des classes comme moteur des relations internationales

Karl Marx et Friedrich Engels proposent une vision révolutionnaire des relations humaines et internationales, fondée sur l’idée que l’histoire est avant tout déterminée par les conflits de classe. Ils affirment que « le jour où tombe l'antagonisme des classes au sein d'une même nation, tombe également l'hostilité entre les nations », liant la dynamique des conflits nationaux à celle des antagonismes de classe.

Contrairement aux libéraux classiques, qui attribuent la paix à la généralisation des systèmes républicains et démocratiques, Marx et Engels soutiennent que seule l’abolition des classes et le dépassement du capitalisme permettront d’éliminer les conflits entre nations. Pour eux, les divisions nationales et internationales sont une extension des rapports de domination inhérents au système capitaliste. Tant que la lutte des classes persiste au sein des nations, les rivalités internationales, alimentées par les intérêts économiques des élites, continueront à générer des tensions et des guerres.

Les marxistes rejettent donc l'idée que les relations internationales soient simplement des relations entre États souverains. Ils les interprètent comme des relations interclasses, où les mécanismes de domination et d’exploitation économique se transposent à l’échelle mondiale. Ainsi, les nations riches et industrialisées représentent les classes dominantes globales, tandis que les nations pauvres ou en développement incarnent les classes exploitées et dominées. Ce schéma reflète à l’échelle internationale la dynamique des centres et des périphéries, dans laquelle les pays capitalistes avancés exploitent les ressources humaines et naturelles des périphéries pour maintenir leur hégémonie.

Cette transposition de la lutte des classes sur la scène internationale met en lumière les inégalités structurelles du système économique mondial. Elle offre également une critique radicale des institutions internationales, souvent perçues par les marxistes comme des outils au service des intérêts des classes dominantes. En cela, Marx et Engels appellent à une transformation systémique, non seulement au niveau national, mais aussi global, afin d’éradiquer les sources mêmes des conflits et de l’exploitation.

Analyse du capitalisme et ses contradictions

Pour Marx, l’infrastructure économique d’une société est composée de deux éléments interdépendants : les forces productives et les rapports de production. Les forces productives englobent l’ensemble des moyens matériels et humains nécessaires à la production : les technologies, les outils, les machines, mais également la force de travail des individus, qu’il s’agisse de sa quantité ou de ses qualités (compétences, savoir-faire). Ces forces productives définissent le niveau de développement économique et technologique d’une société. Cependant, elles ne fonctionnent pas indépendamment, car elles sont encadrées par les rapports de production, qui déterminent la manière dont la production est organisée et contrôlée. Ces rapports incluent les relations sociales établies entre les individus au sein du processus productif, ainsi que les structures de propriété qui régissent l’accès aux moyens de production.

Dans le capitalisme, ces rapports de production sont caractérisés par une division fondamentale entre deux classes sociales principales : les capitalistes, qui possèdent les moyens de production (usines, machines, capitaux), et les travailleurs, qui n’ont que leur force de travail à offrir en échange d’un salaire. Cette structure repose sur une logique d’exploitation où les capitalistes s’approprient la plus-value générée par le travail des ouvriers. Cette appropriation ne fait qu’amplifier les inégalités, car la richesse produite se concentre entre les mains d’une minorité, tandis que la majorité reste soumise à des conditions précaires.

Cependant, le capitalisme contient en lui-même une contradiction fondamentale entre les forces productives et les rapports de production. Les forces productives, en évoluant, tendent à dépasser les cadres imposés par les rapports de production. Par exemple, les avancées technologiques permettent une productivité accrue, mais elles réduisent simultanément le besoin de main-d’œuvre, entraînant chômage et insécurité économique pour une partie croissante de la population. De plus, la propriété privée des moyens de production, pilier du capitalisme, devient une entrave au développement matériel global. Les biens produits ne sont pas distribués en fonction des besoins, mais selon des logiques de profit, ce qui engendre des crises périodiques de surproduction : les produits s’accumulent sans trouver preneur, faute de pouvoir d’achat suffisant chez les masses laborieuses.

À mesure que ces contradictions s’intensifient, les rapports de production deviennent obsolètes, incapables de soutenir le potentiel des forces productives. Marx décrit ce processus comme un frein au développement matériel. Dans un système capitaliste avancé, les innovations technologiques, au lieu de profiter à l’ensemble de la société, servent à maximiser les profits d’une minorité, exacerbant ainsi les inégalités sociales. Cette incompatibilité croissante entre forces productives et rapports de production atteint un point critique lorsque le capitalisme lui-même devient incapable de maintenir sa propre dynamique de croissance.

Selon Marx, cette situation mène inévitablement à une révolution sociale. Lorsque les rapports de production deviennent insoutenables, un changement radical du système économique et social s’impose. Ce changement affecte également la superstructure, c’est-à-dire les institutions politiques, juridiques, idéologiques et culturelles, qui doivent s’adapter aux nouvelles conditions matérielles. La révolution, en abolissant la propriété privée des moyens de production, permet de libérer les forces productives et de les réorienter vers une satisfaction collective des besoins humains. Ce processus ouvre la voie à une transition vers le socialisme, marquant la fin de l’exploitation de classe et l’établissement d’une société plus équitable.

Marx considère le capitalisme comme un système dynamique mais fondamentalement instable. Ses contradictions internes, entre innovation technologique et organisation économique, conduisent à son propre dépassement. Cette analyse scientifique des dynamiques sociales fait du matérialisme historique une méthode puissante pour comprendre les mécanismes qui régissent l’évolution des sociétés humaines et les conditions nécessaires à leur transformation.

La superstructure et les rapports de propriété

Dans la pensée marxiste, la superstructure désigne l’ensemble des institutions et des formes idéologiques qui s’élèvent au-dessus de l’infrastructure économique. Elle inclut les systèmes juridiques, politiques, religieux, culturels et philosophiques qui structurent la société. Ces éléments ne sont pas indépendants mais déterminés par l’infrastructure, c’est-à-dire par les forces productives et les rapports de production. Marx affirme que ce ne sont pas les idées ou les valeurs abstraites qui façonnent la société, mais bien les conditions matérielles qui influencent la manière dont les individus pensent et agissent. Comme il l’écrit en 1859 : « Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être : c’est leur être social qui détermine leur conscience. »

La superstructure joue un rôle crucial en légitimant et en perpétuant les rapports de production dominants. Dans le capitalisme, par exemple, les institutions juridiques et politiques protègent la propriété privée et les droits des capitalistes, tandis que les systèmes religieux ou philosophiques contribuent souvent à naturaliser ou à justifier les inégalités sociales. Ces mécanismes permettent de maintenir l’ordre établi et de préserver les intérêts de la classe dominante en présentant les rapports de production comme normaux ou immuables.

Cependant, cette relation entre infrastructure et superstructure n’est pas figée. Lorsque les rapports de production deviennent un frein au développement des forces productives, l’ensemble du système entre en crise. Les rapports de propriété, qui sont la traduction juridique des rapports de production, illustrent cette contradiction. Dans le capitalisme, la propriété privée des moyens de production est essentielle à l’accumulation de richesse, mais elle finit par limiter la capacité des forces productives à répondre aux besoins de la société. Par exemple, les avancées technologiques pourraient théoriquement produire une abondance de biens, mais elles sont entravées par la logique du profit et par la concentration des ressources entre les mains d’une minorité.

Lorsque les forces productives atteignent un niveau où elles ne peuvent plus se développer à cause des contraintes imposées par la propriété privée, le système capitaliste entre dans une phase de déclin. Cette contradiction fondamentale, entre le potentiel des forces productives et les limites des rapports de production, entraîne une transformation radicale non seulement de l’infrastructure, mais aussi de la superstructure. Les institutions juridiques et politiques, qui reflètent et renforcent l’ordre économique, doivent alors s’adapter ou être remplacées pour correspondre à un nouveau mode de production. Ce processus de transformation est ce que Marx décrit comme une révolution sociale, où les bases économiques de la société sont redéfinies, entraînant une refonte complète des structures idéologiques.

La superstructure n’est pas un simple reflet passif de l’infrastructure, mais elle joue un rôle actif dans la perpétuation du système et dans sa crise éventuelle. En légitimant les rapports de production dominants, elle contribue à la stabilité du système jusqu’à ce que les contradictions internes le rendent insoutenable. À ce moment, la superstructure elle-même devient un champ de bataille idéologique où se dessinent les contours d’un nouvel ordre social.

Une question fondamentale : la validité de la théorie marxiste

L’une des interrogations majeures concernant la théorie marxiste réside dans sa prétention à dépasser le système capitaliste à partir d’une analyse élaborée depuis l’intérieur de ce même système. Comment Marx, lui-même immergé dans une société capitaliste, a-t-il pu développer une théorie qui se projette au-delà du capitalisme et prédit son dépassement ? Cette question soulève des enjeux épistémologiques et méthodologiques qui interrogent la validité et la portée de la pensée marxiste.

Pour Marx, la clé réside dans l’analyse scientifique des contradictions internes du capitalisme. Contrairement aux approches idéalistes ou spéculatives, il fonde sa réflexion sur une observation systématique des conditions matérielles de production et des rapports sociaux qu’elles engendrent. En identifiant les tensions entre les forces productives et les rapports de production, Marx montre que ces contradictions ne sont pas des accidents ou des anomalies, mais des mécanismes inhérents au fonctionnement du système capitaliste. Ces contradictions, selon lui, mènent inéluctablement à des crises périodiques qui affaiblissent les fondements du capitalisme et rendent son dépassement non seulement possible, mais nécessaire.

Cette capacité à théoriser un avenir post-capitaliste repose sur la conception marxiste de l’histoire comme un processus dialectique. Pour Marx, chaque mode de production porte en lui les germes de sa propre transformation. Les avancées technologiques et les forces productives, en atteignant un certain degré de développement, entrent inévitablement en conflit avec les rapports de production existants, créant les conditions d’un changement systémique. Ainsi, le capitalisme lui-même, par son dynamisme et sa capacité d’innovation, prépare sa propre obsolescence. Marx ne prétend donc pas s’extraire totalement de son époque, mais se situe dans un cadre d’analyse où les dynamiques internes du système fournissent les outils pour envisager son dépassement.

Le marxisme se présente alors comme une science totalisante, c’est-à-dire une méthode permettant non seulement de comprendre les dynamiques historiques, mais aussi d’identifier les conditions de leur transformation. Cette approche dépasse la simple description des phénomènes sociaux pour en révéler les lois sous-jacentes. En ce sens, Marx ne se contente pas d’analyser le capitalisme en tant que système économique : il cherche à mettre en lumière les processus qui permettent d’envisager un monde post-capitaliste. Toutefois, cette ambition totalisante soulève des critiques, notamment quant à sa prétention à prédire l’évolution historique et à universaliser ses conclusions.

La validité de la théorie marxiste repose sur sa capacité à démontrer la logique interne des transformations sociales. En identifiant les contradictions inhérentes au capitalisme, Marx propose une grille d’analyse qui demeure pertinente pour comprendre les dynamiques économiques et sociales contemporaines. Cependant, la question de savoir si ces contradictions mènent inéluctablement à un dépassement du capitalisme ou si elles peuvent être contenues par des ajustements internes reste un sujet de débat. Cette tension entre déterminisme et contingence continue de nourrir les discussions sur la portée et les limites du marxisme dans un monde en constante évolution.

Postulats ontologiques du globalisme

L’ontologie, en tant que science de l’être, questionne la nature de la réalité. Dans le cadre des approches néomarxistes, cette interrogation se concentre sur la structure et les dynamiques du système international, tout en mettant en évidence les interactions entre économie, politique, et société. Ces postulats fournissent une base théorique pour comprendre le globalisme d’inspiration marxiste.

D’abord, le système international est conçu comme anarchique et fondamentalement inégalitaire. Contrairement à l’idée d’un ordre mondial homogène ou équilibré, les néomarxistes voient dans les relations internationales une hiérarchie dominée par des structures économiques qui reproduisent les inégalités entre le Nord et le Sud. Ce schéma reflète une division fondamentale entre les centres, où se concentrent les pouvoirs économiques et politiques, et les périphéries, qui subissent une exploitation systématique de leurs ressources et de leur main-d’œuvre.

Un autre postulat essentiel est que les phénomènes économiques jouent un rôle central dans la structuration de la réalité sociale et politique. Dans cette perspective, la superstructure (les institutions politiques, juridiques, et culturelles) est dominée par l’infrastructure (les modes de production et les relations économiques). Les néomarxistes insistent sur l’interdépendance entre ces deux niveaux, affirmant que les dynamiques économiques déterminent les configurations idéologiques et institutionnelles qui légitiment et perpétuent le capitalisme à l’échelle mondiale.

L’analyse néomarxiste met également en avant une perspective historique, s’appuyant sur une lecture critique des étapes du capitalisme et des économies-monde. Cette démarche explore les processus de domination et d’exploitation, notamment l’histoire du colonialisme et du néocolonialisme, pour expliquer comment les relations économiques globales ont consolidé une dépendance structurelle des pays du Sud vis-à-vis du Nord. Les relations internationales sont ainsi interprétées comme une extension des conflits de classe internes, transposés à une échelle mondiale.

Pour expliquer ces dynamiques, les néomarxistes adoptent une approche basée sur les intérêts des classes économiques, divisées entre capitalistes et travailleurs. Ces classes sont définies par leur position dans les processus de production, tant au niveau national qu’international. L’analyse politique commence donc au niveau économique, en examinant comment les structures capitalistes façonnent les relations sociales et internationales. Le mode de production capitaliste est intrinsèquement lié à l’idéologie du libéralisme économique, qui masque les inégalités et justifie l’exploitation au nom de la liberté des marchés et de la concurrence.

Enfin, les néomarxistes s’opposent à la vision réductionniste de l’homo economicus, cet individu rationnel et utilitariste guidé uniquement par son intérêt personnel. Ils proposent de dépasser cette conception en introduisant la notion d’un homo sociologicus, un individu dont les actions sont influencées par des normes et des valeurs sociales. Ces normes définissent des attentes intersubjectives et des comportements jugés appropriés dans un contexte donné. Cette perspective souligne que les choix humains ne sont pas seulement économiques, mais aussi sociaux, et qu’ils sont façonnés par les structures idéologiques et culturelles dans lesquelles les individus évoluent.

En somme, les postulats ontologiques du globalisme néomarxiste offrent une grille de lecture systémique qui met en lumière l’interaction entre économie, politique et société. En insistant sur la centralité des classes économiques, la domination des périphéries par les centres, et le rôle structurant des normes sociales, cette approche propose une critique radicale des inégalités inhérentes au système mondial capitaliste et invite à repenser les bases de l’organisation internationale.

La théorie des économies-monde d'Immanuel Wallerstein

Immanuel Wallerstein, dans son analyse du système-monde capitaliste, propose une approche holistique pour comprendre les dynamiques économiques et sociales globales. Sa théorie des économies-monde repose sur une lecture néomarxiste des relations internationales et des structures économiques, mettant en lumière les mécanismes d’exploitation et d’accumulation du capital à l’échelle mondiale.

Analyse du système-monde capitaliste

L’accumulation du capital comme moteur du système-monde

Au cœur de la théorie d’Immanuel Wallerstein réside l’idée centrale que le système-monde capitaliste est fondé sur l’accumulation du capital. Ce processus constitue la dynamique essentielle du capitalisme, agissant comme le moteur du développement des forces productives. L’accumulation du capital n’est pas simplement une tendance économique : elle définit l’organisation et l’expansion du système capitaliste à l’échelle mondiale.

Pour Karl Marx, ce mécanisme repose largement sur le rôle de la science et de la technologie, qui permettent d’accroître la productivité du travail tout en intensifiant l’exploitation des travailleurs. En introduisant des innovations techniques, le capitalisme cherche à réduire les coûts de production, à maximiser les profits et à maintenir son cycle d’expansion continue. Cependant, cette intensification s’accompagne également de l’extraction de la plus-value, c’est-à-dire la part du travail produite mais non rétribuée aux travailleurs. Ce processus d’exploitation constitue le fondement des inégalités systémiques propres au capitalisme.

Wallerstein prolonge cette analyse en insistant sur la dimension globale de l’accumulation du capital. Dans le cadre du système-monde capitaliste, l’expansion économique dépasse les frontières des États individuels. Les chaînes de production s’étendent à travers plusieurs pays, reliant les économies nationales dans un réseau globalisé de flux économiques. Cette configuration permet le transfert de la richesse et de la plus-value des périphéries vers les centres. Les pays situés à la périphérie fournissent des matières premières, de la main-d’œuvre bon marché et des produits à faible coût, tandis que les centres accumulent les profits, concentrant ainsi les bénéfices de la production mondiale. Cette exploitation asymétrique structure les relations économiques internationales et renforce les inégalités entre le Nord et le Sud.

En outre, Wallerstein souligne que ce modèle d’accumulation ne peut fonctionner sans le maintien de mécanismes économiques et politiques qui garantissent sa pérennité. Le libre-échange, par exemple, n’est jamais totalement libre : les marchés sont partiellement régulés pour protéger les intérêts des grandes puissances et des entreprises multinationales. Les monopoles temporaires et relatifs, soutenus par les États et leurs capacités politiques, militaires ou économiques, permettent d’assurer la rentabilité des centres tout en consolidant leur domination sur les périphéries.

L’accumulation du capital, à la fois moteur et objectif du capitalisme, s’articule dans le système-monde autour d’un réseau globalisé de production et d’échanges. Ce processus, tout en favorisant l’innovation et le développement des forces productives, repose sur des inégalités structurelles qui rendent l’exploitation et la domination inhérentes au capitalisme mondial.

Le rôle des chaînes de production et des flux de plus-value

Le capitalisme moderne, selon Wallerstein, repose sur des chaînes de production multinationales qui facilitent le transfert de la plus-value des régions périphériques vers les centres. La plus-value, définie comme tout ce que le travailleur produit mais ne reçoit pas sous forme de salaire, est extraite par le capitalisme pour alimenter l’accumulation du capital. Ce processus illustre l’exploitation structurelle des pays du Sud par les pays du Nord, où les centres capitalistes concentrent la richesse produite dans les périphéries. Cette dynamique asymétrique constitue l’un des piliers du système-monde capitaliste.

Les « deux faces d’une pièce de monnaie » : marchés et monopoles

Dans l’analyse d’Immanuel Wallerstein, les chaînes de production multinationales occupent une place centrale dans le fonctionnement du système-monde capitaliste. Ces chaînes, qui s’étendent à travers plusieurs États, permettent une organisation mondiale de la production où les différentes étapes — extraction, fabrication, assemblage et distribution — sont réparties géographiquement en fonction des coûts et des avantages offerts par chaque région. Ce modèle globalisé n’est pas neutre : il reflète et perpétue des rapports d’exploitation entre les centres capitalistes (situés principalement dans les pays du Nord) et les périphéries (les pays du Sud).

L’un des mécanismes clés de cette exploitation est le transfert de plus-value des périphéries vers les centres. La plus-value, concept central dans la pensée marxiste, désigne la richesse créée par le travailleur au-delà de son salaire, qui est captée par le capitaliste sous forme de profit. Dans une perspective mondiale, Wallerstein montre comment ce surplus de richesse est systématiquement extrait des périphéries pour alimenter l’accumulation du capital dans les centres. Les périphéries, caractérisées par une main-d’œuvre bon marché, des ressources naturelles abondantes et une réglementation laxiste, sont intégrées dans les chaînes de production comme des zones d’extraction et de fabrication à bas coût. Les centres, en revanche, concentrent les activités à forte valeur ajoutée, notamment le design, la finance, et la gestion des chaînes de distribution.

Cette dynamique asymétrique reflète une exploitation structurelle des pays du Sud par les pays du Nord. Les périphéries subissent les coûts sociaux et environnementaux de la production (travail précaire, dégradation écologique, faible protection sociale) tandis que les centres accumulent les profits. Cette organisation globale de la production et de la distribution n’est pas seulement économique, mais elle est soutenue par des mécanismes politiques et institutionnels qui favorisent les intérêts des centres. Les accords commerciaux, les institutions financières internationales et les politiques protectionnistes des pays développés renforcent cette inégalité structurelle, verrouillant les périphéries dans un rôle de dépendance et de subordination.

Le transfert de plus-value des périphéries vers les centres constitue l’un des piliers fondamentaux du système-monde capitaliste décrit par Wallerstein. Ce processus ne se limite pas à une simple inégalité économique : il façonne les relations internationales, les dynamiques sociales et les hiérarchies géopolitiques. L’organisation des chaînes de production multinationales illustre comment le capitalisme mondial repose sur des mécanismes d’exploitation intégrés à la fois au niveau local et global, consolidant une hégémonie économique et idéologique des centres sur les périphéries.

Unification géo-culturelle et contrôle social

Pour Wallerstein, le système-monde capitaliste, bien qu’hégémonique, est marqué par des tendances centrifuges susceptibles de le fragiliser. Afin de maintenir sa cohésion et de contenir les forces de fragmentation, le capitalisme s’appuie sur un processus d’homogénéisation géo-culturelle. Ce processus vise à unifier les cadres idéologiques, scientifiques et sociaux tout en incorporant, voire en neutralisant, les mouvements opposés à l’ordre établi. Wallerstein identifie trois axes principaux dans ce mécanisme de stabilisation et de contrôle social.

L’idéologie : le triomphe du libéralisme

Le libéralisme, en tant qu’idéologie dominante du capitalisme mondial, joue un rôle central dans l’unification géo-culturelle. Il se positionne comme une alternative modérée face aux conservateurs, qui défendent les hiérarchies traditionnelles, et aux radicaux-socialistes, qui remettent en cause les fondements mêmes du système. En promouvant la liberté individuelle et le libre marché, le libéralisme crée une illusion d’égalité et d’autonomie tout en consolidant les bases du capitalisme.

Cette idéologie fournit un cadre normatif qui légitime les structures économiques et politiques existantes. En insistant sur des principes tels que la propriété privée, la concurrence et la liberté de choix, le libéralisme masque les inégalités structurelles du système-monde et naturalise les mécanismes d’exploitation. Il devient ainsi un outil puissant d’uniformisation culturelle, façonnant les attentes sociales et économiques à l’échelle mondiale.

La science comme moteur de légitimité

La science, dans les systèmes modernes, remplace progressivement la philosophie comme principal outil de compréhension et de gestion de la société. Wallerstein met en lumière le rôle des disciplines scientifiques qui émergent au service de l’État et de l’organisation capitaliste. Par exemple, la Staatistik (science de la mesure des forces et faiblesses des États) et la Polizeiwissenschaft (science politique axée sur le maintien de l’ordre) jouent un rôle clé dans le renforcement de l’efficacité et de la légitimité des gouvernements.

Ces disciplines ne se contentent pas de décrire la réalité : elles fournissent les outils nécessaires pour contrôler et stabiliser les sociétés. En institutionnalisant des approches scientifiques de la gestion sociale et économique, le capitalisme parvient à standardiser les pratiques administratives et politiques, tout en neutralisant les discours critiques qui pourraient émerger d’autres cadres intellectuels, comme la philosophie ou la théologie. La science devient ainsi un vecteur d’homogénéisation, légitimant les structures du pouvoir et consolidant leur hégémonie.

Incorporation des mouvements nationalistes et radicaux-socialistes

Le capitalisme ne se contente pas de neutraliser ses opposants : il les incorpore au sein de son système grâce à des mécanismes institutionnels et culturels qui transforment les revendications en outils de stabilité.

  • Le suffrage universel, bien qu’initialement limité aux hommes, donne l’impression d’une participation politique généralisée tout en préservant les bases du système. Cette inclusion relative des masses détourne les aspirations révolutionnaires vers des formes institutionnalisées de contestation.
  • Le patriotisme populaire, cultivé par l’éducation nationale et le service militaire, consolide l’unité nationale en focalisant l’attention sur des enjeux extérieurs ou symboliques, plutôt que sur les conflits internes de classe.
  • L’État social, qui offre un filet de sécurité aux populations défavorisées, agit comme un instrument de pacification. En répondant partiellement aux besoins fondamentaux des plus pauvres, il neutralise les mouvements contestataires tout en renforçant la légitimité du système. Loin de remettre en question les inégalités structurelles, ces politiques sociales participent à la perpétuation du capitalisme en achetant littéralement la tranquillité sociale.

Exemple : Révolution française

Wallerstein illustre ces dynamiques à travers des événements historiques comme la Révolution française, qui, bien qu’apparaissant comme une rupture politique, reflète les transformations économiques et sociales profondes du système-monde capitaliste. La Révolution marque le triomphe du libéralisme sur les formes traditionnelles de pouvoir, tout en intégrant de nouveaux mécanismes pour renforcer l’accumulation du capital et l’exploitation des périphéries.

Analyse du système inter-étatique (inter-"classes")

Deux cycles se renforçant mutuellement :

  1. cycle économique de Kondratieff (50-60 ans) :
  • expansion par création de marchés partiellement libres : monopoles relatifs.
  • avec le temps, déclin des monopoles relatifs : par concurrence.
  1. cycle politique par États hégémoniques se succédant : primauté dans l'efficacité de la production, pas nécessairement par puissance militaire.
  • chaque cycle hégémonique débute par « une guerre de trente ans » : casse l’ancienne hégémonie permettant à une nouvelle puissance hégémonique de se développer.
    • 1618-1648 : Traité de Westphalie => Provinces-unies
    • 1792-1815 : Congrès de Vienne => Royaume-Uni
    • 1914-1945 : ONU, Bretton-Woods => États-Unis

La Révolution française d’un point de vue marxiste est le changement de mode de production. On passe d’un mode de production féodale, avec une allégeance à l’église mais à la noblesse, au mode de production capitaliste avec l’avènement des bourgeois.

  • chaque puissance hégémonique crée un ordre institutionnel du système international qui la favorise par :
    • ouverture des marchés là où elle est efficace (sinon fermeture) : recherche de la maximisation des profits libre là où ça nous arrange.
    • transactions économiques et financières passent par elle :
    • création d'une monnaie de transaction mondiale (gulden; £; $) : ceci permet le développement du capitalisme financier.
    • implication non réciproque dans les affaires politiques des autres

Comment la puissance est-elle hégémonique ? Il faut distinguer trois moyens :

  • force : utilisation de la coercition.
  • alliés : rémunérés, corruption.
  • persuasion idéologique :
  • contradiction dans (à l'intérieur du) système : l'utilisation des moyens d’hégémonie => déclin de l'hégémonie.
    • force : coûte, car elle délégitime son utilisateur hégémonique.
    • alliés : leur renforcement diminue la puissance relative hégémonique.
    • persuasion idéologique : idéologie perd son efficacité avec le temps.
  • nouveau cycle politico-économique débute par une « guerre de trente ans » sauf maintenant :
    • nous sommes à la fin du système d'économie-monde capitaliste.
    • nous devons agir pour aller vers un système plus démocratique et égalitarien.

On distingue trois grandes étapes à partir du XVIIème siècle mais à chaque fois il y a un déclin et donc un nouveau cycle politico-économique.

Wallenstein argumente que nous sommes à la fin du mode de production capitaliste. Il ne nous dit pas comme Marx ce qui a suivre, il faut s’engager pour que le nouveau système soit plus juste que l’ancien.

Fin du système actuel de l'économie-monde capitaliste : pourquoi change t-on de système ?

Ce système dépend de 3 phénomènes internationaux

  1. un système inter-étatique relativement stable avec son système de cycles hégémoniques
  2. un système mondial de production très profitable fondé sur des cycles de monopoles (Kondratieff)
  3. un système interne cohésif des États souverains, avec des sentiments de supériorité raciale et nationale de leurs citoyens :
  • capitalisme social en Europe (État-social)
  • capitalisme libertaire dans le monde anglo-saxon
  • capitalisme autoritaire en Chine

Actuellement : contradiction du système lui-même ! Résultant des tendances séculaires allant à l'encontre de ce système.

Peu de chances que la structure inter-étatique survive, du fait d'au moins 7 tendances

  1. développement capitaliste polarise => inégalités économiques et sociales croissent ; pressions migratoires croissantes de la périphérie au centre.
  2. urbanisation croissante => développement de populations marginales (pas de solution structurelle).
  3. l'illusion développementaliste libérale est dévoilée : les inégalités internes et internationales s'accroissent.
  4. désillusion avec les mouvements anti-capitalistes classiques : mouvements nationalistes.
  5. le libéralisme a encouragé les demandes démocratiques et sociales => crises budgétaires et fiscales.
  6. problèmes écologiques croissants
  7. confiance dans la science décroissante => intégrismes religieux, relativisme et déconstructivisme.

Notes

Références